Tag: Transition écologique

  • Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Dans un contexte économique et institutionnel tendu, marqué par l’inflation persistante, les incertitudes sur les dotations de l’État, ce budget primitif 2026 entend affirmer une trajectoire de continuité et d’engagement. Il s’élève à près de 2,16 milliards d’euros, dont 1,58 en fonctionnement et 582 millions en investissement.

    Les recettes de fonctionnement progressent modérément (+2,7%), portées notamment par les produits des services municipaux et une fiscalité à taux constants. La Dotation globale de fonctionnement atteint 248,9 millions, en légère hausse, mais la Ville alerte sur un effet de ciseaux à moyen terme lié à l’évolution des critères de richesse.

    Côté dépenses, l’effort est assumé sur les priorités du mandat. Les charges de personnel (841 millions, +5,7%) traduisent la poursuite du rattrapage des effectifs, notamment pour la police municipale et les services de proximité. L’éducation reste la boussole municipale, avec des moyens renforcés pour les écoles, la restauration scolaire et la petite enfance. La Ville confirme aussi ses engagements en matière de sécurité, de logement et de lutte contre l’habitat indigne.

    Protéger, investir, préparer

    L’investissement demeure à un niveau élevé (473 millions), orienté en priorité vers les écoles et crèches (près de 59 millions), le logement et la rénovation urbaine (48 millions), la transition écologique, la sécurité et les équipements sportifs. La dette consolidée poursuit sa baisse par rapport à 2020, malgré un recours à l’emprunt d’équilibre de 277 millions.

    En dépit d’un cadre national contraint, la majorité municipale revendique un budget « qui protège, qui investit et qui prépare l’avenir », en maintenant les services publics et les politiques de justice sociale au cœur de l’action municipale.

    La séance abordera aussi le Plan Écoles, avec des acquisitions foncières et des ajustements financiers, ainsi que des mesures éducatives : dotations par élève, carte scolaire, aides à la Caisse des écoles. Côté cadre de vie, les élus sont appelés à se prononcer sur les taxes publicité et nettoiement et des travaux (stades, patrimoine municipal, immeubles communaux). La culture et la vie associative ne sont pas en reste, avec des conventions d’expositions, des restaurations d’œuvres et des subventions urgentes. Enfin, plusieurs délibérations concernent le logement social, la mer et le littoral.

  • Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Les 72 heures de l’écologie de retour pour la 3e édition

    Pas moins de dix lieux totems accueilleront les 72 heures de l’écologie à Aubagne et à Marseille, un événement porté par La Cité des Transitions.

    Cette nouvelle édition rassemble de nombreuses associations, avec la participation des villes de Marseille et d’Aubagne, ainsi que d’acteurs de la Métropole Aix-Marseille‑Provence. L’accès est gratuit et ouvert au grand public.

    L’événement se veut engagé

    « C’est un événement important parce que la filière de tous nos acteurs est particulièrement dynamique et c’est l’occasion d’aller à leur rencontre et de connaître leurs actions », explique Marianne Morini, responsable de la Cité des transitions. L’événement permet également de faire redécouvrir des lieux parfois oubliés des Marseillais, comme le stade nautique Florence-Arthaud, ancienne marina olympique habituellement fermée au public.

    Marianne Morini annonce : « C’est aussi l’occasion de faire changer un peu les regards, parce qu’on fait souvent croire que l’écologie et la solidarité sont des façons un peu austères d’aborder le changement qui est nécessaire, et là on montre que c’est tout l’inverse. »

    Ce rendez-vous annuel est proposé par des organisations engagées avec des associations locales, des structures de l’ESS (l’économie sociale et solidaire), des collectifs et des institutions. Des noms comme les Shifters, Enercoop Paca et Banlieue Santé.

    « Notre association est un réseau d’acteurs engagés dans les transitions écologiques et sociales. Ces mêmes acteurs qui organisent les 72 heures de l’écologie », explique-t-elle.

    Une nouveauté permet aussi d’augmenter l’ampleur de l’événement. En effet, la Cité des transitions s’est associée avec le Jour de la Terre, le 22 avril, qui est aussi une journée primordiale pour les acteurs engagés dans l’écologie, notamment à Marseille. « Entre la thématique et les lieux, c’est obligé de trouver un intérêt, en plus c’est gratuit », insiste Marianne Morini.

    Les 72 heures de l’écologie
    à Marseille et Aubagne,
    du vendredi 24 au dimanche 26
     avril. Programme
    sur citedestransitions.org

  • Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Les militants socialistes vont plancher sur leur projet

    Le texte de 144 pages, rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel, proche du premier secrétaire Olivier Faure, a vocation « à nous identifier sur le long terme », au-delà de l’élection présidentielle de 2027, a précisé Chloé Ridel à la presse. Il part du principe que le modèle de la social-démocratie « a permis des progrès sociaux considérables » mais « n’a jamais pris en compte les limites planétaires, n’a pas effacé les inégalités entre femmes et hommes ni les discriminations racistes et s’est progressivement fissuré sous l’effet de la mondialisation libérale ». Il doit désormais « être dépassé ». Le texte doit être enrichi par les militants, qui ont six semaines pour l’amender, pour un vote avant l’été.

    Tous les courants du PS ont été associés à la rédaction mais, lors d’un bureau national mardi soir, les opposants à Olivier Faure se sont désolidarisés, déplorant que ce projet soit présenté à la presse avant la consultation des militants. Cette présentation est une réponse de la direction du parti, souvent accusée par ses détracteurs de ne pas avoir « travaillé » sur le fond. « On nous a reproché de ne rien produire, là on a 144 pages qu’on peut amender », défend un proche d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du PS est notamment contesté sur sa volonté de faire participer le PS à une primaire de la gauche et des écologistes, qu’il souhaite soumettre au vote des militants. Ses opposants réclament eux un vote pour désigner rapidement le candidat des socialistes pour 2027. Le projet fait la part belle à la notion de liberté, que le PS veut « reprendre à la droite et l’extrême droite ». Pour la droite et l’extrême droite, la liberté, « c’est l’absence de règles communes, c’est la fin de l’État et des services publics, c’est le règne du tout marché », a détaillé Chloé Ridel. Pour les socialistes, « pour que la liberté soit réelle pour tous, il faut des règles communes, des sociétés solidaires, une puissance publique forte ».

    Le projet entend aussi répondre à Jean-Luc Mélenchon, et à sa notion de « nouvelle France » qu’il semble opposer à « une ancienne France », selon Chloé Ridel. Le PS veut plutôt « réconcilier les Français » par « des politiques de justice radicales en matière de fiscalité, de réforme démocratique, de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, pour les services publics, pour les transports ».

    Smic à 1 690 euros net

    Parmi les mesures, le PS veut rehausser le Smic à 1 690 euros net, instaurer la taxe Zucman de 2% sur le patrimoine des fortunes de plus de 100 millions d’euros et créer un « impôt sur les grandes successions ». Il prévoit aussi d’abroger la réforme Borne sur les retraites et de conserver un régime par « répartition », avec une durée de cotisation de 43 annuités « réductible en fonction de la pénibilité » et des carrières hachées, et « un âge légal de départ ramené à 62 ans » mais qui ne constituera « pas le critère central du système ».

    Concernant l’immigration, autre thème monopolisé par la droite et l’extrême droite, le PS propose une régularisation par le travail, avec un titre de séjour pour toute personne étrangère ayant un contrat de travail depuis au moins 6 mois. En matière de bifurcation écologique, le PS, veut « sortir l’électricité de la logique de marché » et planifier la sortie des énergies fossiles et la transition vers « un mix énergétique 100% décarboné en 2050 ». Le parti à la rose développe aussi de nombreuses mesures pour le logement, les transports, le grand âge (création d’un service public de l’autonomie), l’enfance et l’école (avec un objectif de 19 élèves par classe en 10 ans par exemple). Le projet fait aussi de la réindustrialisation une priorité, et propose « un plan de prises de participation minoritaires ou de nationalisations en dernier recours » sur des filières stratégiques comme « la sidérurgie, l’énergie et la chimie ».

  • À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau irrigue toute une saison culturelle

    À Nîmes, l’eau ne coule pas seulement dans les canalisations : elle irrigue désormais toute une saison culturelle. Après La Contemporaine puis Textiles, la Ville tient son fil rouge annuel avec « L’Eau, source d’inspirations », un cycle d’expositions, d’ateliers, de visites et de conférences déployé jusqu’au 22 novembre dans les musées municipaux. Objectif : faire dialoguer sciences, histoire et arts autour d’une ressource à la fois familière, vitale… et de plus en plus fragile.

    Le lancement a eu lieu au Muséum d’histoire naturelle, première étape d’un parcours pensé comme une traversée. Colin Gril, adjoint à la Transition écologique, insiste sur la méthode : croiser les regards pour sensibiliser « aux enjeux existentiels » de la raréfaction de la ressource, et faire de l’art un outil d’implication citoyenne.

    L’eau, du savoir au sensible

    Au cœur du dispositif, « Eau, l’expo » (galerie Jules-Salles, jusqu’au 22 novembre), conçue par le Muséum de Toulouse, propose un voyage immersif et pédagogique. Trois chapitres structurent la visite pour relier origines du vivant, usages humains et défis contemporains. Scénographie dynamique, dispositifs numériques et jeux interactifs côtoient maquettes, spécimens et même un moulage de tortue luth, pour rendre la complexité accessible sans l’édulcorer. En parallèle, le Muséum met en valeur ses collections avec « Aquamuséum  » (galerie Courbet) : poissons naturalisés, focus Méditerranée et une proposition plus ludique encore, avec casques de réalité virtuelle pour « nager » avec requins et dauphins.

    La saison, elle, s’étend bien au-delà du boulevard Amiral-Courbet. Au musée des Beaux-Arts, Lumières et ténèbres, la fascination de l’eau (17 avril-17 novembre) explore mythes, peurs et émerveillements, avec un parcours sonore. Au musée du Vieux Nîmes, Résurgence, l’eau à Nîmes (14 mai-22 novembre) raconte comment la ville s’est bâtie, protégée, au rythme de l’approvisionnement comme des excès. Au musée des Cultures taurines, Camargue, terre d’eaux (21 mai-31 octobre) rappelle qu’un territoire réputé « sauvage » est aussi une construction humaine, faite de digues, d’arbitrages et de tensions. Enfin, au Carré d’art, le photographe Sébastien Arrighi investit le Mur Foster avec Fall Off (4 juillet-4 octobre) : une réflexion en images sur la présence, l’absence et les conflits d’usages autour de l’eau. Point d’orgue annoncé : la Nuit de l’eau, le 27 juin, de 20h à minuit, avec animations, médiations et visites dans plusieurs lieux. Une invitation à s’immerger dans cette évidence : l’eau n’est pas inépuisable.

  • Le Jour de la Terre pour une « transition douce »

    Le Jour de la Terre pour une « transition douce »

    « Depuis le 16 mars, nous menons une campagne de sensibilisation dans tout le pays pour montrer que la sobriété peut être heureuse et accessible. Il n’est pas question de privation mais de transition douce. Revoir ses habitudes de consommation et s’adapter aux enjeux climatiques actuels », explique Dianeva Gerard-Parmentier, responsable de la communication du Geres qui pilote depuis près de cinq ans le Jour de la Terre en France.

    Comme chaque année, l’ONG promeut plusieurs initiatives environnementales dans le pays. Découverte des espaces naturels de la Mayenne, randonnée dans Le Mans… Ainsi que des activités dans la région avec une visite guidée au musée de la lavande dans le Luberon. Des ateliers « légers et agréables », pour éveiller les consciences de manière « plus douce » comme le raconte Dianeva. « Le Geres mise sur l’accessibilité, avec des changements d’habitudes à portée de tous. Nous favorisons la régulation de la consommation et les modes de transport verts plutôt que des interdictions ou injonctions qui pourraient peser sur certains », poursuit-elle. Bien que cette journée soit spéciale, c’est tout au long de l’année que la structure mène ses actions en faveur de la transition écologique et solidaire. Implantée à Aubagne, elle intervient en France ainsi que dans différents pays du monde pour les soutenir et les « accompagner dans leur transition énergétique », ajoute la responsable communication.

    Des actions qui dépassent les frontières

    Maroc, Mali, Togo, Cambodge, le Geres déploie ses actions de rénovation dans une partie de l’Afrique et de l’Asie. L’objectif : répondre à des enjeux climatiques et sanitaires. « Certains modèles de cuisson et de chauffage sont sources d’émanations toxiques. C’est sur cela que nous concentrons nos efforts. Afin de diffuser des alternatives moins nocives pour l’humain et plus durables », expose Dianela. Les différentes actions de développement menées par l’organisation seront présentées sous forme de photos vendredi et samedi. À l’occasion des 72 heures de l’écologie coproduites par la Cité des Transitions, l’exposition se tiendra à Marseille, au Fronton rue de Lyon (15e).

    plus d’information : geres.eu

  • La CGT d’Arcelor s’organise face aux décisions de l’État

    La CGT d’Arcelor s’organise face aux décisions de l’État

    La lutte pour pérenniser les outils et les emplois industriels du bassin de Fos-sur-Mer est loin d’être terminée. Le refus du ministère du Travail, à la mi-mars, de classer ArcelorMittal comme site amianté constitue une nouvelle déception pour les travailleurs, qui n’auront pas accès à l’Allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante (Acaata). Et ce, malgré les 600 salariés soumis à un suivi médical renforcé en raison de leur exposition, selon le syndicat CGT de l’usine aux 2 500 salariés et 1 200 sous-traitants.

    C’est entre autres pour cette raison que la CGT appelle à une assemblée générale le 29 avril à la Maison de la Mer de Fos-sur-Mer. Il s’agira d’aborder la question de l’amiante, de la transition écologique et de l’avenir industriel du site, en présence de juristes, parlementaires, acteurs locaux et associations engagés dans cette lutte des travailleurs. Car « ArcelorMittal représente un enjeu national sur les deux plus gros bassins industriels du pays », développe Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Fos.

    Court-termisme

    À l’heure où plusieurs grands projets industriels promettent la création de milliers d’emplois dans le bassin de Fos-sur-Mer, la situation a de quoi surprendre. Le redémarrage du haut-fourneau n°1 incendié à l’automne, promis pour juin, est « une bonne nouvelle » pour Stéphane Martins de Araujo, mais « à très court terme, sur trois ans », dans des installations jugées « vétustes ». Avec aussi l’idée qu’un four électrique envisagé pour décarboner la production « prend 3 ans à être monté », selon le syndicaliste. Et après ? Le responsable explique que « la CGT a construit un projet alternatif concret pour pousser Mittal à décarboner », donc à investir, ou « l’état à nationaliser pour pérenniser l’emploi, l’outil et sécuriser les travailleurs comme les populations ».

    La défiance demeure. « Le Président a remercié Mittal pour la décarbonation de Dunkerque, mais ils ne respectent pas leurs engagements et ont déjà repoussé le chantier », fustige Stéphane Martins de Araujo. Dans le même temps, le syndicat pointe « une décision inacceptable et injuste » dans son communiqué du 1er avril, à propos du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, à qui il est reproché d’« ignorer les preuves et témoignages et passer outre les avis favorables » de l’inspection du travail et de la caisse des maladies professionnelles.

    Pour la CGT, cette décision relève d’« une volonté politique ». Le syndicat annonce son intention de la contester devant le tribunal administratif.

  • Saint-Cyr à gauche dévoile son programme de rupture

    Saint-Cyr à gauche dévoile son programme de rupture

    Dernière répétition pour Sylvie Vinceneux et Saint-Cyr à Gauche. Mercredi, la candidate a notamment présenté une partie de ses colistiers, et rappelé les grands axes de son programme, lors d’une ultime réunion publique à quatre jours des élections.

    Un programme « de rupture », que la liste veut concrétiser de manière participative, « en écoutant les habitants, en répondant à leurs besoins, en les associant aux décisions », martèle Sylvie Vinceneux. « Le maire ne répond pas aux questions. Il y a de nombreux sujets sur lesquels on a aucune information. Celle-ci doit être sérieuse et documentée, c’est le premier prérequis de la démocratie locale », appuie le numéro 2 de la liste, Dominique Olivier (PS), conseiller municipal d’opposition depuis 2015.

    Un budget qui réduit les marges de manœuvre

    Priorité : le logement, « votre préoccupation première, pour vous ou pour vos enfants et petits-enfants », soutient la responsable de la commission nationale logement du PCF. « Combien sont obligés de quitter notre ville faute de logements abordables ? C’est l’envers de la carte postale du tout-tourisme. Même les salariés essentiels pour le faire tourner ne peuvent se loger. »

    Solution proposée : taxation des 45% de résidences secondaires, lutte contre les Airbnb et la spéculation foncière, rénovation des passoires thermiques, mise en place du bail réel solidaire et atteindre les 25% de logements sociaux – « accessibles aux foyers ayant jusqu’à 4 900 euros de revenus », rappelle Sylvie Vinceneux, qui prévient que « le manque de logement génère une diminution de la population, et aura des impacts sur les services publics, l’accès au travail, et l’attractivité ».

    La candidate a, comme lors de son dernier meeting, abordé la question des transports, réitérant sa proposition de mise en place d’un « schéma de transports en commun cohérent », avec entre autres la réactivation de la ligne St-Cyr – La Ciotat et la mise en place d’une navette gratuite pour les PMR et les seniors. Celle de la santé aussi, avec la création d’un centre de santé et d’une mutuelle municipale « abordable », ou encore, pêle-mêle, la sécurité, avec une politique « préventive et répressive », la transition écologique qui « impacte tous les aspects de la vie quotidienne », la jeunesse, avec une tarification juste pour les écoles et la gratuité des fournitures scolaires, et le soutien au monde associatif, à la culture et au développement du sport santé.

    Sylvie Vinceneux promet aussi de porter « une attention particulière à une meilleure gestion de l’agglomération sud Sainte Baume, élément essentiel de notre vie quotidienne » et de « défendre des services publics de qualité », dans un contexte « de baisse de 2,5 milliards des dotations aux collectivités locales dans le budget 2026 de l’État, voté par les forces politiques du centre, de droite et bien sûr du RN, qui va réduire de façon drastique les marges de manœuvre ».

  • Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    1. Réunir une ville jugée « à deux vitesses »

    Premier objectif affiché, martelé : rééquilibrer les politiques publiques entre les quartiers. La liste estime que certaines zones populaires souffrent d’un manque d’équipements et de services. Pour y répondre, elle propose la création de « Places communes » dans chaque quartier, des lieux de proximité mêlant services publics, activités associatives et espaces de rencontre. Ces structures pourraient accueillir, par exemple, des permanences d’élus, des jardins partagés, des ateliers associatifs ou des équipements sportifs ouverts aux habitants.

    2. Redonner du pouvoir aux habitants

    La question démocratique constitue un autre pilier du projet. La liste promet de renforcer la participation citoyenne avec des conseils de quartier plus décisionnels et des budgets participatifs. L’idée serait de permettre aux habitants de décider directement d’une partie des investissements municipaux : rénovation d’une place, aménagement d’un square ou création d’équipements de proximité.

    3. Renforcer la solidarité

    Face à la précarité, la coalition propose plusieurs dispositifs sociaux. Parmi eux, la création d’une mutuelle municipale négociée par la ville pour permettre aux habitants d’accéder à une complémentaire santé à tarif réduit. Le projet évoque aussi un campus des solidarités, destiné à coordonner associations, services publics et initiatives citoyennes. Des mesures plus concrètes sont envisagées, comme le développement de jardins partagés, d’épiceries solidaires ou de ressourceries.

    4. Une approche de la sécurité mêlant prévention et proximité

    Sur la sécurité, la liste défend une approche combinant présence policière et médiation. La liste propose notamment de renforcer la police municipale de proximité, avec des postes mobiles dans les quartiers, des bornes d’appel et d’augmenter les effectifs de médiateurs urbains chargés de prévenir les conflits. Elle souhaite aussi réaliser un audit du parc de caméras de vidéoprotection pour en évaluer l’efficacité.

    5. Faire de la jeunesse une priorité municipale

    La situation des jeunes à Nîmes constitue un axe central du programme. Parmi les propositions : gratuité progressive des transports publics pour les moins de 25 ans, création d’un pôle ressource jeunesse pour accompagner les jeunes dans leurs démarches (logement, formation, emploi) et renforcement du conseil municipal des jeunes avec un budget propre. Des actions sont également prévues contre le décrochage scolaire, notamment via des dispositifs d’accompagnement éducatif.

    6. Adapter la ville au changement climatique

    Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, la liste met en avant une transformation écologique de l’espace urbain. Elle propose notamment une végétalisation massive de la ville, la création d’îlots de fraîcheur et la désimperméabilisation des sols pour lutter contre les fortes températures et les inondations. Les écoles et les quartiers les plus minéralisés seraient prioritaires dans ce plan d’adaptation.

    7. Développer l’économie sociale et solidaire

    Enfin, le collectif souhaite renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement local. Le projet évoque notamment la création d’une école de la coopération, destinée à former habitants, entrepreneurs et associations aux pratiques coopératives. L’objectif serait d’encourager des modèles économiques plus participatifs, selon le principe « une personne, une voix ».

  • La Région Sud dévoile deux initiatives à l’intention du secteur agricole

    La Région Sud dévoile deux initiatives à l’intention du secteur agricole

    Le renouvellement des générations constitue un enjeu majeur pour l’agriculture, en des temps particulièrement difficiles pour ses filières, accablées par les accords de libre-échange et les politiques d’abattage concernant la dermatose nodulaire. C’est pourquoi, pour favoriser l’attrait des professions agricoles et poursuivre l’accélération de la transition écologique, la Région Sud a annoncé, lundi au Salon de l’agriculture, deux initiatives.

    La première, le prêt d’honneur régional, vise à renforcer les projets agricoles dès leur lancement. Sans intérêt ni garantie personnelle, il permet aux porteurs de projets de consolider leurs fonds propres et de sécuriser leur installation ou la reprise d’une exploitation. D’un montant compris entre 5 000 et 30 000 euros, il facilite l’accès au financement bancaire et crédibilise les démarches auprès des partenaires financiers. Particulièrement pensé pour les jeunes agriculteurs, il contribue à la transmission des exploitations.

    Dans la région française comptant le plus grand nombre d’exploitations agricoles biologiques (5 042 exploitations certifiées ou en conversion, ce qui représente 36% de la surface agricole utilisée [SAU] régionale), la seconde, le Plan bio régional 2026-2028, s’inscrit dans la logique des évolutions du marché et des attentes des consommateurs. Il s’articule autour de trois priorités : stimuler la demande et renforcer la consommation de produits biologiques, consolider et développer des filières biologiques résilientes, et accompagner les opérateurs face aux enjeux sociétaux et environnementaux.

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.