Tag: Transition écologique

  • La Région Sud dévoile deux initiatives à l’intention du secteur agricole

    La Région Sud dévoile deux initiatives à l’intention du secteur agricole

    Le renouvellement des générations constitue un enjeu majeur pour l’agriculture, en des temps particulièrement difficiles pour ses filières, accablées par les accords de libre-échange et les politiques d’abattage concernant la dermatose nodulaire. C’est pourquoi, pour favoriser l’attrait des professions agricoles et poursuivre l’accélération de la transition écologique, la Région Sud a annoncé, lundi au Salon de l’agriculture, deux initiatives.

    La première, le prêt d’honneur régional, vise à renforcer les projets agricoles dès leur lancement. Sans intérêt ni garantie personnelle, il permet aux porteurs de projets de consolider leurs fonds propres et de sécuriser leur installation ou la reprise d’une exploitation. D’un montant compris entre 5 000 et 30 000 euros, il facilite l’accès au financement bancaire et crédibilise les démarches auprès des partenaires financiers. Particulièrement pensé pour les jeunes agriculteurs, il contribue à la transmission des exploitations.

    Dans la région française comptant le plus grand nombre d’exploitations agricoles biologiques (5 042 exploitations certifiées ou en conversion, ce qui représente 36% de la surface agricole utilisée [SAU] régionale), la seconde, le Plan bio régional 2026-2028, s’inscrit dans la logique des évolutions du marché et des attentes des consommateurs. Il s’articule autour de trois priorités : stimuler la demande et renforcer la consommation de produits biologiques, consolider et développer des filières biologiques résilientes, et accompagner les opérateurs face aux enjeux sociétaux et environnementaux.

  • Les communes face au défi de la voiture

    Les communes face au défi de la voiture

    Au rayon des sujets épidermiques, le stationnement figure en tête de gondole. Tarif prohibitif en surface ou en parking souterrain, galère pour trouver la seule place disponible du quartier quand les communes en réduisent sans cesse le nombre dans les rues… Ce sujet du quotidien soulève en creux des problématiques bien plus vastes quand il s’agit, de fait, de questionner la place de la voiture en ville. Le stationnement devient ainsi un levier de poids dans les politiques d’aménagement de la ville.

    D’abord parce que l’automobile reste « un objet de clivages et de polarisation », note une en quête menée par Roole et l’Institut Bona Fidé auprès de 1 500 Français et plus de 500 maires, rendue publique le 12 février. Pas moins de 70% des sondés et 63% des maires considérant que la voiture sera un enjeu « important » des élections municipales.

    Si plus de 70% des personnes interrogées et des maires considèrent que les politiques de réduction de la voiture en ville « constituent des leviers efficaces pour réduire la pollution de l’air, les nuisances sonores et favoriser la promotion des mobilités douces », que 55% approuvent cette politique dans les grandes métropoles, c’est tout l’inverse dans les villes moyennes et petites. Et ce qui peut être considéré comme positif pour les autres ne l’est pas forcément pour soi. Testée à l’échelle de la vie quotidienne, la volonté de réduire la place de l’auto en ville est considérée comme négative par 57% des personnes interrogées. Ces dernières pointant notamment l’absence de mode de transports et de déplacement alternatifs. Un sondé sur deux estimant que, là où il habite, il n’y a pas assez de transports en commun et de pistes cyclables, que ce soit à la campagne (87%), dans les villes moyennes (75%) ou les grandes villes (53%).

    Penser global

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », rappelait dans nos colonnes Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF (Union des transports publics ferroviaires), les transports s’avérant être un sujet phare pour 94% des personnes interrogées par l’UTPF en Paca.

    Opposés « largement à toutes les mesures de restriction du stationnement », les sondés réclament aussi des mesures d’accompagnement pour se passer de leur voiture. Des mesures « incitatives » plutôt que « punitives ». On se souvient, par exemple, de la tentative de mise en place des ZFE (Zone à faibles émissions) dans les grandes villes de la région. Une mesure jugée discriminatoire par certains, qui pointent la relégation des classes populaires en périphérie, ces dernières n’ayant d’autre choix que la voiture pour se déplacer. Effective à Marseille pour les véhicules munis de vignettes Crit’Air 3 et davantage, mais uniquement en cas de pic de pollution sous peine d’amende, minimaliste dans le Grand Avignon car elle ne concerne que les poids lourds, reportée à Toulon… Le gouvernement a repoussé le vote définitif sur cette mesure sine die, faute de majorité assurée à l’Assemblée nationale.

    Reléguer la voiture aux abords des villes reviendrait aussi à tuer le petit commerce pour bon nombre des sondés. Une préoccupation qu’ils placent, pour 60% d’entre eux, devant celle de la pollution de l’air. Les maires suivent leurs administrés : 68% estiment que ne plus permettre l’accès au cœur de ville en voiture est dangereux pour l’attractivité commerciale… Une idée reçue. Le Cerema, établissement public pour la transition écologique et la cohésion des territoires, qui a analysé les déplacements des ménages, a établi que 74% des clients des commerces de centre-ville dans les grandes agglomérations s’y rendent à pied, à vélo ou en transports en commun. Mieux, la création de parkings relais judicieusement placés pouvant même faciliter la vie des habitants, estime le Cerema, qui cite l’exemple du P+R Krypton à Aix-en-Provence, avec 900 places et une mini-gare routière de 12 quais.

    « Pour les élus, il s’agit donc d’être en mesure de faire bouger les lignes pour créer davantage d’espaces publics de proximité dans leurs centres, et de déplacer du stationnement plutôt que d’en créer », notent, dans un article du Cerema, Nicolas Pelé, responsable d’études foncier et territoire, et Sylvain Michelon, chef du groupe aménagement urbain. Aménagement du territoire, mobilité, cadre de vie, lutte contre la pollution… Réfléchir à la place du stationnement, c’est finalement « changer de système de pensée », résume le Cerema.

    En chiffres

    1,5

    euro de l’heure à Marseille,

    1 euro dans le centre d’Avignon, 3,8 euros de l’heure à La Ciotat après deux heures gratuites… Les tarifs varient du simple au double dans les grandes villes de Paca.

    8, 3

    millions d’euros. C’est ce qu’ont rapporté, en 2024, les forfaits de post-stationnement (FPS), en clair les PV, à la Ville de Marseille. Depuis 2018, ce sont les communes qui décident du montant du FPS.

    15

    fois plus cher… Selon les professionnels du secteur, le prix d’une place de parking en surface était de 2 000 euros en 2025, hors acquisition du terrain, contre 30 000 euros en parking souterrain.

  • Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Var : Un comité de lutte contre les espèces envahissantes

    Dans un département à la biodiversité remarquable (50% des espèces de l’hexagone y sont présentes, dont 61% des espèces végétales), et qui offre un cadre propice à la prolifération des espèces exotiques envahissantes (EEE), la lutte contre ces dernières demeure un enjeu important, tant en matière de préservation des écosystèmes que de santé publique. C’est pourquoi le Préfet du Var a organisé, le 13 février, le premier comité départemental de lutte en la matière, avec l’ensemble des services de l’État concernés. Celui-ci était présidé, en visioconférence, par la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat, Monique Barbut.

    Quatre espèces dans le viseur

    Ce premier comité a permis de faire un point de situation dans le département, de recenser les dispositifs existants, et d’engager une organisation pour une réponse plus cohérente et réactive. Quatre espèces ont fait l’objet d’une attention particulière. Pour la première, le frelon asiatique à pattes jaunes, le préfet devra coordonner la stratégie visant, notamment, à mieux protéger la filière apicole.

    Pour la deuxième, la fourmi électrique, le Var est le seul département présentant deux foyers détectés à Toulon et à La Croix-Valmer. La ministre a demandé la création d’une zone réduite exempte de risques pour la santé humaine et permettant le saupoudrage du produit Campaign, qui a prouvé son efficacité. Après une analyse intégrant l’avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), émis en septembre 2025, son utilisation pourrait être autorisée avant la période d’activité de la fourmi. S’agissant de la troisième espèce, la cochenille tortue du pin, il convient d’accélérer la recherche de nouveaux traitements, dont l’expérimentation pourrait être conduite dans le Var.

    Rien n’a encore été évoqué concernant la quatrième espèce, le crabe bleu. Ce sera peut-être le cas lors du prochain comité, au début du printemps, qui sera élargi aux collectivités territoriales et au monde associatif afin de fédérer l’ensemble des compétences.

  • Gard : Domessargues, la petite commune qui voit grand

    Gard : Domessargues, la petite commune qui voit grand

    À Domessargues, on comprend vite que le mot « ruralité » ne rime pas avec sommeil. Ici, ça bouge, ça s’organise, ça s’entraîne, ça répète, ça se retrouve. « Le mercredi, le village grouille d’activité », sourit Bernard Clément, maire depuis 1989. À 800 habitants, la commune nichée entre Nîmes et Alès a le tempo d’une petite ville. Une énergie qui ne doit rien au hasard.

    À Domessargues, on compte plus de 400 adhérents associatifs, soit la moitié de la population. Foot, danse, musique, arts martiaux, pétanque, chasse, théâtre… « Toutes les associations sont subventionnées, sans exception. Et elles disposent gratuitement de tous les locaux », souligne l’édile. Résultat : des habitants des villages voisins viennent s’inscrire ici, faute d’équipements chez eux. Et des équipements, Domessargues en regorge. Deux stades éclairés, un city stade, un court de tennis flambant neuf, trois foyers communaux, une bibliothèque rénovée, une école de musique, une maison des jeunes, une maison des chasseurs. Une école maternelle neuve, une crèche communale, un centre de loisirs en régie publique. « Sur les vingt dernières années, nous sommes la commune de notre taille qui a réalisé le plus gros volume d’investissement… avec une dette quasi nulle », insiste Bernard Clément.

    « Chaque projet est un combat »

    Le cœur ancien a été entièrement réaménagé : rues pavées, plantations d’oliviers, abords de la chapelle romane du XIe siècle soigneusement valorisés. En flânant, on traverse la rue Jean-Jaurès, on longe Louis-Aragon, on coupe par la rue du 21 septembre 1792, comme un fil républicain inscrit dans l’espace public. Autour du village, la ceinture verte de 11 hectares -rebaptisé parc Ghyslaine Papa, du nom d’une ancienne adjointe disparue- forme un véritable écrin. Théâtre de verdure, parcours de santé, aires de jeux pour enfants, plantations récentes… « Des urbanistes étrangers sont venus voir notre démarche. Le dernier en date est un néerlandais », affirme le maire, pas peu fier. Côté transition écologique, tous les bâtiments communaux, dont les 28 logements sociaux de la commune, sont désormais équipés de pompes à chaleur. L’éclairage public passe intégralement en LED. Les réseaux seront entièrement enfouis d’ici fin 2026.

    Mais le chantier le plus stratégique est invisible au premier regard : l’eau potable. Président de deux syndicats intercommunaux, Bernard Clément pilote un investissement de 3 millions d’euros, qu’il qualifie lui-même de « chantier du siècle ». Nouveau forage, sécurisation de l’alimentation, modernisation des réseaux, futurs châteaux d’eau… « Nous venons de recevoir les analyses ARS : pas de PFAS. C’est une très bonne nouvelle. » Dans un contexte de sécheresses à répétition, plusieurs communes voisines pourraient rejoindre le dispositif.

    Rien de magique, selon lui : « Chaque projet est un combat. On a passé un temps fou à aller chercher les subventions, à monter les dossiers. » Une ténacité qui porte ses fruits : Domessargues figure même, selon ses calculs, parmi les toutes premières communes de France en part de budget consacrée à la politique enfance-jeunesse. À 72 ans, après un cancer dont il est aujourd’hui guéri, Bernard Clément a choisi de se représenter. « La fonction rime avec passion. Si on n’a pas la passion, ce n’est pas la peine. » À Domessargues, la passion a laissé des traces très concrètes dans le paysage.

    Maxime Clément, éducateur football au FCOD

    « Je suis originaire du village et le club fait partie de mon histoire familiale. Mon grand-père, Raymond Barlaguer, a fondé le club en 1970, et mon père faisait partie des premiers joueurs. J’ai repris le flambeau en 2020, après l’arrêt des équipes seniors, en relançant le club autour des jeunes. Aujourd’hui, nous comptons près d’une centaine de licenciés. Tous les éducateurs sont bénévoles, personne ne touche d’argent ici, et c’est une valeur à laquelle on tient. Le FCOD organise aussi la fête de Paquettes, la plus grande festivité du village, ce qui permet de faire vivre le club. Ici, le foot, c’est d’abord une histoire de transmission, de lien et de village. »

    Frédéric Dumont, président de la STE de chasse « La Protectrice »

    « On chasse sur la commune, gros et petit gibier, et on est aussi très attentifs à ce qui se passe dans les bois. Quand on voit quelque chose d’anormal, on le signale. On travaille avec l’ONF, on participe aux réunions sur l’aménagement du territoire. La mairie nous a prêté un local et nous a aidés à l’aménager : salle de découpe, chambres froides, sanitaires. On partage même le matériel avec d’autres assos. Il y a un vrai respect entre tout le monde. On s’est aussi regroupés avec quatre autres villages pour mieux gérer les battues, renforcer la convivialité. Ici, il y a une bonne mentalité. Si le village est aussi vivant, c’est aussi grâce au boulot du maire et de son équipe. »

    Marie-Madeleine Ranc, asso de sauvegarde de la chapelle St-Étienne

    « Je fais partie de l’association depuis mon arrivée au village, il y a une quarantaine d’années. Notre église romane du XIe siècle a une particularité rare : elle est partagée entre protestants et catholiques. Une fois par an, nous organisons une célébration œcuménique qui rassemble les fidèles des paroisses voisines. L’offrande est intégralement reversée à l’entraide œcuménique, qui soutient aujourd’hui près de soixante familles. Le mot d’ordre ici, la solidarité entre toutes les assos impulsée par le maire : on se soutient, on participe aux événements des autres, on partage les locaux quand il le faut. »

  • Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Des portuaires qui défendent leur force de travail

    Lors de ses vœux, ce jeudi 22 janvier, Pascal Galéoté, secrétaire général CGT du Grand Port maritime de Marseille, a tenu à rappeler que son activité relevait avant tout du « fruit du travail des travailleuses et travailleurs du port ».

    S’il convient que « le port dispose d’un modèle économique robuste », il s’interroge sur l’avenir de cet outil de développement crucial du territoire, notamment « sur la finalité de certains projets sur les segments à la fois liés à la décarbonation et soumis à une concurrence exacerbée ». Pour le responsable syndical, « les prochaines élections municipales sont un laboratoire politique ». Et de souligner que « depuis plusieurs semaines, nous voyons fleurir des discours d’équilibrisme électoral, le fameux “en même temps” ». 

    Décarbonation sans ligne THT ?

    À savoir : « Un emploi industriel mais en même temps sans industrie, pour la souveraineté énergétique mais avec une baisse de la production, pour la décarbonation mais contre la ligne à très haute tension, pour la transition écologique mais contre le transport ferroviaire, pour la qualité de l’air mais contre le branchement des navires à quai. » Et au final, des positionnements « toujours contre les industries des activités portuaires, qu’il s’agisse des passagers, de la réparation navale ou du transport des marchandises », résume-t-il. Autant d’éléments qui poussent le syndicat à la plus grande prudence.

  • Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des vœux revendicatifs pour les portuaires CGT

    Des portuaires de Marseille mais aussi de Fos-sur-Mer ont assisté nombreux ce jeudi 22 janvier aux vœux de la CGT. L’occasion pour leur secrétaire général, Pascal Galéoté, de contextualiser ce traditionnel exercice. D’abord, la situation internationale qui concerne au premier chef un port ouvert sur le monde.

    Santé, paix, solidarité, « ces mots peuvent paraître simples mais ils prennent aujourd’hui une résonance toute particulière dans un monde traversé par l’instabilité, les conflits et les dérives autoritaires » pose-t-il. Et de revenir sur un « Donald Trump qui se pose en arbitre du monde et en tuteur autoproclamé des nations ». Il rappelle à quel point le « discours politique s’est décomplexé, glissant sans retenue d’une droite conservatrice vers une extrême droite agressive, autoritaire et prédatrice ». Déplorant la multiplication des interventions militaires, en dehors « du droit international, du rôle de l’ONU et de la souveraineté des peuples », le syndicaliste souligne le cas du Venezuela, revient sur les velléités de Trump de capter les ressources fossiles du Groenland.

    La domination par la force. Une logique « que nous retrouvons en France » décline Pascal Galéoté déplorant « la concentration des pouvoirs, l’arrogance et l’autoritarisme » qui entraîne le pays vers « l’impasse démocratique ». Jusqu’à user du 49-3 faute de pouvoir voter un budget, après avoir « refusé de nommer un Premier ministre issu du Nouveau front populaire pourtant arrivé en tête aux dernières législatives ».

    Remise en cause du 1er mai

    Et de dénoncer le creusement des inégalités, les aides aux entreprises qui atteignent des sommets « sans aucune contrepartie sociale, salariale, environnementale ou industrielle ». Il enchaîne sur la remise en cause des « repères sociaux, des droits collectifs et de nos symboles ». Il entend par là le détricotage du 1er mai avec une proposition de loi LR, soutenue par les macronistes et le RN, pour autoriser ce jour-là le travail de certains secteurs, restaurants, fleuristes ou culture, en débat ce jeudi à l’Assemblée nationale. Pas question pour lui de « s’attaquer aux droits sociaux et à l’histoire ouvrière ».

    En matière de dérive, il revient aussi sur cette Une du journal La Provence le 14 janvier, sur les « grands procès de 2026 », le mettant au même niveau notamment que le chef du clan Yoda. Si depuis, le directeur de la rédaction, Olivier Biscaye, s’est fendu d’une adresse aux lecteurs, réfutant « l’idée d’avoir voulu porter atteinte à l’honneur » du responsable CGT, une rencontre a eu lieu ce jeudi matin indique Pascal Galéoté, entre « notre fédération, l’Union départementale » et « la numéro 2 de CMA et le directeur du pôle média ». « Profondément attaché à la liberté de la presse », il estime qu’elle « implique des responsabilités ».

    Fort de 42 500 emplois portuaires pour 54 métiers, soit « des dizaines de milliers de familles », il s’inquiète aussi de l’avenir, alors que la campagne des municipales bat son plein. « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs », assène-t-il. Sans industrie, le port deviendrait « une coquille logistique fragile, soumise à la volatilité des trafics et à une concurrence internationale féroce », prévient-il, « la transition écologique ne peut se résumer à une opposition simpliste entre la fin du monde et la fin du mois ». Malgré un chiffre d’affaires en hausse de 245 millions d’euros, le bilan d’activité reste contrasté analyse-t-il, « le port doit beaucoup à ses activités passagers, à la réparation navale et à la fourniture de ses services essentiels comme l’eau et l’électricité ».

    « Une conjoncture instable », qui ne doit pas faire oublier que ce résultat est celui d’une « capacité collective à produire de la richesse » martèle Pascal Galéoté, fier de revendications qui ont permis la création de 37 emplois supplémentaires en 2025, « dont 4 négociés hier soir pour l’activité voyageurs », de « 87 nouvelles adhésions en 2025 pour atteindre les 867 syndiqués ».

    « L’espace portuaire n’est pas un espace de loisirs »

  • Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    Alexis Corbière : « On ne doit pas faire le cadeau de la division »

    La Marseillaise : Laure Lavalette (RN) est désignée comme favorite par les sondages. Quelles sont les solutions pour inverser la tendance ?

    Alexis Corbière : Toulon recense beaucoup de gens issus des milieux populaires. Il faut leur dire que dans le débat budgétaire, le RN a tout fait pour empêcher des recettes nouvelles sollicitant les plus fortunés. Ils ont aussi proposé et voté la suppression de près de 5 milliards d’euros de dotations aux collectivités locales. La gauche, et ici la liste conduite par Magali Brunel, propose des solutions pour vivre mieux, à travers la solidarité, les services publics… L’extrême droite, contrairement à son discours, vise à affaiblir les dépenses publiques, contre l’intérêt des habitants. Ces élections se placent dans le contexte de la grande menace de l’extrême droite pour 2027, et d’une grande menace à l’international. Ce serait un paradoxe de laisser la victoire aux amis de M. Trump. Je suis un unioniste, et on ne doit pas faire le cadeau à nos pires adversaires de la division.

    À ce titre, que pensez-vous du fait que LFI fasse cavalier seul ?

    A.C. : L’union est un combat, et la responsabilité de la division n’est pas seulement portée par LFI, certains au PS refusent aussi toute union. Mais à mes amis insoumis, je dis « comprenez la nouvelle période dans laquelle nous sommes » qui implique une nouvelle stratégie. En 2024, on a mis en place le NFP. Il ne faut pas le saborder et montrer que nous sommes la principale opposition à l’extrême droite et au macronisme. L’exemple récent des législatives partielles dans le Loiret, où la gauche divisée n’a pas pu aller au 2nd tour, montre la conséquence de la désunion, quand droite et extrême droite s’unissent.

    Dans ce contexte, quel rôle peut jouer votre jeune mouvement ?

    A.C. : Nous avons participé à la belle aventure insoumise quand elle était en dynamique et on essaye d’en garder le meilleur, en comprenant que le pays est menacé par l’extrême droite et qu’il faut l’union. C’est pourquoi je souhaite une candidature commune de la gauche et écolos en 2027, on y travaille avec le PS, les écologistes, l’Après, Génération.s et François Ruffin. Nous organiserons une primaire pour y arriver. C’est cette volonté qui nous caractérise, en portant aussi des politiques de rupture avec le macronisme, le partage des richesses, la transition écologique, la rupture avec la Ve République. N’ayons pas peur d’avoir d’un programme de rupture.

  • Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Depuis les années 90, les loups sont de retour en France, dans les Alpes et le Sud-Est, alors que l’espèce avait disparu. à l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité. Ce retour réjouit les associations de protection de l’environnement, mais la réapparition de ce prédateur inquiète les éleveurs, dont le bétail est de plus en plus attaqué. Pour répondre à ces inquiétudes, un arrêté national devait faciliter les tirs de défense et de prélèvement pour les éleveurs, mais sa publication a été repoussée.

    Le projet d’arrêté « fait l’objet de travaux interministériels supplémentaires, incompatibles avec une publication au 1er janvier 2026 comme prévu initialement », a indiqué le ministère de la Transition écologique à La Marseillaise. Cet arrêté devait aligner la réglementation française sur la décision de l’Union européenne (UE).

    Le 5 juin 2025, le Conseil de l’UE a adopté la révision du statut de protection du loup gris, affaiblissant la protection de l’espèce sur le sol européen, passant de « strictement protégée » à seulement « protégée, susceptible de mesures de gestion ». Un changement de statut que de nombreuses associations de protection de l’environnement ont contesté, en août, devant la Cour de Justice de l’UE. Cette modification, soutenue notamment par la France, a été saluée par la Région Paca. « C’est une victoire pour les éleveurs de la Région Sud », déclarait alors Renaud Muselier, président (Ren). Ce changement de statut au niveau européen justifie, selon l’état, cette baisse des réglementations.

    Simplifier les démarches

    Si le texte est publié, il permettra aux éleveurs des principales zones concernées par ces attaques de tirer sur les loups sans avoir le besoin de « démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives ou le risque de dommages importants aux élevages ». Aucune dérogation ne serait donc nécessaire. En dehors de ce cadre, tout abattage d’un loup resterait puni de 3 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour le moment, en l’absence de publication de cet arrêté, c’est bien l’ancienne réglementation qui reste en vigueur. Ainsi, toute démarche de prélèvement de loup doit faire l’objet d’une dérogation que seuls les préfets peuvent délivrer.

    Développer les moyens de protection

    Dans un communiqué commun, France Nature Environnement et d’autres associations de protection de l’environnement, dénonçaient la proposition d’arrêté de l’État. Pour Justine Poncet, directrice du réseau Montagne Paca de FNE : « Cette réglementation ne changerait pas grand-chose sur le terrain car la plupart des éleveurs ont déjà des dérogations. » Pour elle, « il faut accompagner les éleveurs de ces zones, en faisant des efforts sur la cohabitation plus que sur la destruction ». Elle craint notamment que les éleveurs soient abandonnés à leur sort et que l’on reproduise les erreurs d’avant. « Les efforts ne sont pas mis là où il faut », conclut-elle.

  • Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Vaï ! veut aller plus vite, plus loin et plus fort à Marseille

    Rallié à la France insoumise en vue des élections municipales, le collectif écologiste et citoyen, Vaï !, présentait ses vœux et de futurs candidats, jeudi sur le toit de l’Artplex aux Réformés (1er). Ils étaient cinq autour de Sébastien Barles, adjoint (ex-EELV) au maire de Marseille en charge de la transition écologique, à pointer le bilan du Printemps marseillais.

    Pas assez vite, pas assez radical, pas assez démocratique. C’est en substance le fond de la critique ouvertement formulée ici. « Avec en plus à Marseille une approche conservatrice du pouvoir », pousse Sébastien Barles déplorant le manque de « vision et de volonté de transformation de la ville ». Pour lui l’arrivée d’un nouvel acteur (La France insoumise) qui avait enjambé les dernières élections municipales change la donne.

    Maria Mouries Estevens, « artiste-performeuse curatrice et facilitatrice », Lisa-Dounai Soncin, neuropsychologue dans les quartiers Nord, Antoine Bennahmias, enseignant en urbanisme et « fils » de l’ancien député européen (Les Verts), Pierre Brechet, professeur d’occitan, et Elise Méouchy, militante associative engagée dans le Donut Infolab ou le Collectif des écoles de Marseille, l’ont suivi dans son aventure.

    Le programme insoumis dévoilé le 15 janvier

    Tous seront candidats dans un secteur. À l’instar de celle-ci, portée sur les questions d’ouverture des données qu’elle met en lien avec l’engagement citoyen, tous ont fait part de leur sensibilité et décliné la trame de propositions programmatiques devant figurer dans le programme de La France insoumise. Il sera présenté le 15 janvier après une plénière qui permettra aux insoumis, vaïstes et citoyens engagés sur la campagne, de se « l’approprier » a expliqué Hedi Bounouar, directeur de la campagne de LFI, venu assister au point presse.

  • Séverine Dellanegra : « Les communes ne peuvent pas être des variables d’ajustement »

    Séverine Dellanegra : « Les communes ne peuvent pas être des variables d’ajustement »

    La Marseillaise : Samedi 13 décembre, les agriculteurs ont mené une action contre la gestion de l’épidémie de dermatose nodulaire par le gouvernement. Comprenez vous leur colère ?

    Séverine Dellanegra : Nous étions présents avec eux ce jour-là. Saint-Martin-de-Crau est avant tout une terre d’agriculture et d’élevage. Même si cette maladie n’est, heureusement, pas encore présente sur notre territoire, il y a d’immenses inquiétudes dans un secteur qui est déjà en souffrance. Cette mobilisation est avant tout un signal d’alerte. Il faut une plus grande communication, notamment de la part du ministère de l’Agriculture, parce que le protocole sanitaire mis en place est un couperet. Pour en parler avec des éleveurs et des manadiers du coin, si on devait en arriver à des extrémités pareilles, des races emblématiques pourraient disparaître. Or, c’est notre identité, notre culture, notre patrimoine. Il faut qu’on trouve un terrain d’échanges, on ne peut pas juste nous imposer des décisions qui arrivent du niveau national. J’ai adressé un courrier à Annie Genevard. Mon souhait c’est qu’il y ait un vrai plan de sauvegarde de notre agriculture française.

    Le contournement d’Arles a fait débat lors du dernier conseil municipal. Quelle est votre position ?

    S.D. : Nous sommes pour une solution qui permette de désengorger un axe qui est bien souvent sujet à beaucoup de soucis de circulation. En revanche, notre nouvelle équipe arrivée fin 2024 a découvert des aspects qui ne nous conviennent pas dans le dossier tel qu’il est présenté aujourd’hui à la commission d’enquête publique. Dès 2005 il avait été dit que le contournement se ferait, mais qu’on maintiendrait le principe de gratuité entre Arles et Saint-Martin-de-Crau car c’est un axe très emprunté par nos populations, puisque nos réseaux secondaires ne sont pas adaptés. Quand on a examiné dans le détails le projet, on s’est rendu compte que les trois échangeurs seraient maintenus mais que le dernier, à l’est, ferait l’objet d’un portique à péage. Ce qui veut dire qu’une certaine part des habitants de la commune, pour ne pas s’acquitter de 0,87 centimes sur le tronçon, rentrera sur l’autoroute dans le centre ou l’ouest de la ville, ce qui va créer du trafic supplémentaire en centre-ville. Les autres usagers pourront aussi sortir à l’est de la commune et emprunter nos axes secondaires en passant par le centre. Or, le scénario le plus optimiste prévoit déjà plus de 3 500 véhicules supplémentaires par jour. Ce n’est pas possible. Charge à l’État de trouver d’autres solutions. Oui au contournement d’Arles pour fluidifier le trafic, mais en aucun cas un projet qui va transformer nos villes en voie de délestage.

    Un autre projet structurant divise le territoire : la ligne très haute tension, devant relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) à Fos.

    S.D. : Loin de nous l’idée d’être opposés à la transition écologique, à la poursuite du développement industriel du bassin de Fos et au besoin de sécurisation énergétique de notre région Paca. Simplement, on ne veut pas que ça se fasse au détriment de notre territoire dans toutes ses dimensions, que ce soit la biodiversité, les paysages, le monde agricole, la qualité de vie, etc. Les conclusions du rapport de l’État valident la ligne en aérien, pourtant on ne connaît pas les impacts cumulés de cette infrastructure. Je pense que les choses n’en resteront pas là, on ne va pas laisser faire une ligne de 180 pylônes de 60 mètres de haut. La solution alternative proposée nous semble déployable. La temporalité est un peu différente, et ça peut être un peu plus coûteux, mais est-ce que nos territoires ne le méritent pas ? Les collectifs le mettent en avant : ils sont armés pour lancer des contentieux, ça va faire perdre du temps et de l’argent à RTE, est-ce qu’il ne vaut pas mieux regarder ensemble pour trouver une voie commune ? L’enjeu industriel est réel, mais les communes traversées ne peuvent pas être des variables d’ajustement. On demande une réunion d’urgence avec le nouveau préfet de Région.