Tag: Transition écologique

  • Pour adopter les bons réflexes en cas d’inondation à Marseille

    Pour adopter les bons réflexes en cas d’inondation à Marseille

    Premier risque naturel en France par le nombre de personnes exposées, les inondations menacent 9 millions d’habitants sur le pourtour méditerranéen, en particulier en automne. La saison est en effet propice à l’apparition d’« épisodes méditerranéens », autrement dit des épisodes de très fortes précipitations où peuvent tomber l’équivalent de plusieurs mois de pluie en seulement quelques heures ou quelques jours. De quoi motiver le gouvernement à lancer une nouvelle campagne de prévention, dont le coup d’envoi a été donné vendredi, au Centre zonal opérationnel de crise (10e). « L’été 2026 a été celui de tous les superlatifs et le rôle de l’État est d’anticiper les prochains risques, qui sont des risques fréquents sur l’arc méditerranéen, actifs du fait du dérèglement climatique, a noté en introduction Mathieu Lefèvre, ministre délégué auprès du ministre de la Transition écologique. Nous venons avec plusieurs messages (…) [dont celui] de la prévention et de la préparation à la fois collective et individuelle, en rappelant les bonnes conduites à adopter ». Parmi les bons réflexes à adopter en cas de fortes pluies : laisser ses enfants en sécurité à l’école, ne pas prendre sa voiture, car seuls quelques centimètres d’eau peuvent suffire à l’emporter, couper, si possible, les réseaux de gaz, d’électricité et de chauffage, ne pas descendre en sous-sol ou dans les parkings souterrains, ou encore s’éloigner des cours d’eau, des berges et des ponts… « Dans notre pays, beaucoup de moyens sont déployés pour assurer la sécurité de nos compatriotes, a souligné Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur. Mais au-delà de ces moyens, il faut que nos compatriotes deviennent eux-mêmes acteurs de leur sécurité. (…) Par une bonne pratique, ils peuvent sauver leur vie, mais également celles des autres Français ». À voir ce qu’en pensent les sapeurs-pompiers, qui annoncent une mobilisation historique le 29 septembre pour dénoncer la saturation du système de secours.

  • À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    Lundi 31 août, 12h52, voie E de la gare de Nîmes-Centre. Extérieurement, la rame rouge et grise qui s’apprête à partir vers Vauvert a tout d’un train liO ordinaire. Sous ses planchers, pourtant, une petite révolution ferroviaire est en marche. Pour la première fois en France, un TER dont les moteurs diesel ont été entièrement remplacés par des batteries prend son service commercial. « Nous écrivons aujourd’hui à Nîmes une nouvelle page du transport ferroviaire », résume Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie.

    Une première française, donc, mais pas un train flambant neuf. C’est même tout l’intérêt du projet : cet Autorail grande capacité, âgé d’une vingtaine d’années, a été transformé plutôt que remplacé. Ses moteurs diesel ont laissé place à seize batteries lithium-ion, représentant environ huit tonnes. Rechargée en environ une heure sous les caténaires, notamment lors de ses passages en gare, la rame peut ensuite poursuivre sa route sur les portions non électrifiées. L’énergie produite au freinage est elle aussi récupérée et stockée.

    « C’est à l’État de suivre l’exemple »

    Résultat annoncé : plus de 80 kilomètres d’autonomie, jusqu’à 20% d’économies d’énergie et, sur les tronçons parcourus grâce aux batteries, ni émission directe de CO₂ ni particules fines liées à la combustion du diesel. Avec, en prime, moins de bruit pour les voyageurs et les riverains. « C’est une solution qui permet de nous affranchir petit à petit des énergies fossiles », souligne Olivier Delecroix, vice-président d’Alstom France.

    Entre Nîmes et Vauvert, le laboratoire grandeur nature durera au minimum deux ans. Sur cette ligne de 21 kilomètres, la rame effectuera trois allers-retours chaque jour en semaine. Son arrivée accompagne surtout deux allers-retours supplémentaires par rapport à septembre 2025, portant l’offre à onze trains liO quotidiens. Une manière, pour la Région, de lier transition écologique et renforcement du service public plutôt que d’opposer les deux.

    Avec cette rame, l’Occitanie pousse un peu plus loin sa stratégie de sortie du diesel. Après un Régiolis hybride expérimenté autour de Toulouse, elle doit également accueillir des trains à hydrogène sur la ligne Montréjeau-Luchon. Elle devient ainsi la seule Région française à tester simultanément hybride, batteries et hydrogène.

    Mais derrière la vitrine technologique se pose déjà la question du passage à l’échelle. Le programme national, associant cinq Régions, représente plus de 41 millions d’euros : 30 millions apportés par les collectivités régionales, 6 millions par SNCF Voyageurs et 5,5 millions par Alstom. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des mobilités, l’expérimentation ne peut cependant rester à la seule charge des territoires. « Nous faisons la démonstration que c’est possible. Désormais, c’est à l’État de suivre l’exemple et de prendre le relais pour lancer un grand plan de transformation du ferroviaire », interpelle l’élu communiste, estimant que le ministère de l’Industrie n’a jusqu’ici « pas été au rendez-vous ». « L’État doit aider concrètement ce genre de projet », insiste-t-il.

    Une revendication qui dépasse la seule rame inaugurée lundi. Car si la technologie fait ses preuves, l’élu imagine déjà son déploiement ailleurs en Occitanie. « Le Gardois que je suis pense à la ligne Nîmes-Alès », glisse-t-il.

    D’autres lignes non électrifiées pourraient suivre. Reste désormais à éprouver les batteries dans la durée : autonomie réelle, vieillissement, maintenance, contraintes d’exploitation. « Il s’agit d’une première génération et d’un fonctionnement nouveau pour tout le monde », rappelle Bogdan Vulturescu, chef de projet à la SNCF. Les deux prochaines années doivent fournir ce retour d’expérience.

  • [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    [C’est l’été] Une formation gratuite au court-métrage pour les jeunes à Marseille

    « On fait de l’impro, chacun reste dans son personnage ! » Dans les locaux d’Action Bomaye dans le 15e arrondissement, les apprentis comédiens répètent leurs scènes sous les conseils de l’acteur marseillais Mourad Tahar Boussatha.

    Jusqu’à ce mardi, douze jeunes de 15 à 25 ans, issus des quartiers populaires, suivent gratuitement cette formation au court-métrage organisée par l’association Action Bomaye. Ils découvrent l’écriture, le jeu d’acteur, le tournage ou encore le maquillage d’effets spéciaux. Le but : réaliser deux courts-métrages autour de la transition écologique.

    « On leur fait découvrir des métiers pour lesquels on ne leur donne pas souvent leur chance », explique Mouna, responsable de la formation. Pour elle, travailler sur l’écologie permet aux jeunes de « prendre conscience que les quartiers prioritaires sont les premiers concernés par ces questions ».

    Sortir des clichés

    Pour les accompagner, Action Bomaye mise sur des professionnels aux parcours proches des leurs. « L’idée, c’est qu’ils puissent voir en eux des modèles », souligne Ismaël Cousin, fondateur de l’association. Parmi eux, Mourad Tahar Boussatha. « C’était logique de tendre la main à ces jeunes qui sont laissés pour compte par le système parce que j’étais comme eux », confie-t-il. Originaire du 3e arrondissement de Marseille, Marwa participe à la formation avec l’envie de gagner un milieu encore fermé. « C’est une vraie opportunité parce que je suis passionnée par le cinéma, mais je n’ai ni les moyens ni les contacts pour y entrer », témoigne-t-elle.

    Son groupe a imaginé un scénario de débat entre une militante écologiste et le dirigeant d’une entreprise polluante. « Le message, c’est que tout le monde peut agir pour l’environnement à son échelle », assure-t-elle.

    Les deux courts-métrages seront projetés fin août lors de la 5e édition du festival Happy End. Une façon, pour l’association, de faire naître de nouveaux récits. « Les jeunes des quartiers ont les mêmes rôles clichés au cinéma. Là, ils racontent leurs histoires à leur manière », conclut Ismaël Cousin.

  • Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    Piste cyclable à Toulon : qui cherche à faire dérailler l’intérêt général?

    « Après plus de vingt ans, nous avons enfin obtenu ce que nous réclamions : une traversée cyclable sécurisée du centre-ville sur l’avenue de la République », explique très enthousiaste le président de Toulon Var Déplacement (TVD) Daan Wynen, en notant que « Toulon vit actuellement un moment particulier et positif ». Un avis partagé par l’ensemble du monde associatif qui milite pour une diminution de la part de l’automobile dans la ville, donc de la pollution et des embouteillages.

    Une immense satisfaction quelque peu ternie par ce qui ressemble à une véritable campagne de dénigrement visant à faire capoter le projet en phase de test cet été. À voir le nombre de commentaires sur les réseaux sociaux on peut en effet s’interroger sur qui est à la manœuvre pour attiser les mécontentements et jouer la carte de la division. Pour les observateurs éclairés, il va sans dire que l’attaque semble être menée en sous-marin par l’opposition municipale RN.

    Éperdument climatosceptique, l’extrême droite n’a en effet que mépris pour la transition écologique comme le démontrent ses élus dans leurs interventions en séances publiques. Ainsi la création de cette voie réservée très attendue a largement été décriée prétextant que ce n’était pas le bon endroit, pas le bon moment. Bref, que le mieux était de tout laisser en l’état. C’est-à-dire sans véritable solution.

    Pour le président de TVD, les réactions des internautes sont complètement « déconnectées de la réalité et souvent inacceptables dans leur tonalité ».

    Stop au vélo bashing

    Parmi ces milliers de commentaires, poursuit-il, se retrouvent mêlés mauvaise foi, hostilité pure et simple envers les cyclistes, mensonges et idées reçues. Mais aucun des arguments ne résiste à un examen approfondi, souligne le représentant associatif qui reste persuadé que c’est en créant les conditions du changement qu’il peut advenir. Ainsi, permettre une pratique sécurisée du vélo en milieu urbain permet non seulement de répondre aux droits des usagers actuels, mais aussi d’attirer de nouveaux adeptes de ce mode de déplacement vertueux, bon pour la planète, la santé et l’intérêt général.

    D’autant que c’est aussi une façon de lutter contre les embouteillages avec un meilleur report modal.

    Qu’en est-il justement des bouchons déplorés sur l’avenue de la République ? La circulation devient en effet difficile aux heures d’embarquement des ferries. Mais il faut avoir la mémoire courte pour ne pas se souvenir qu’il en était de même l’été dernier, comme les précédents. Compliqué donc d’en rendre responsable la perte d’une voie de circulation au profit d’une piste cyclable bidirectionnelle.

    Tout cela pour souligner le courage politique de la maire de Toulon Josée Massi (SE). Courage qui a tant manqué à son prédécesseur Hubert Falco, abandonnant le projet tramway après l’avoir fait voter à l’unanimité par crainte d’être vilipendé.

  • La France brûle, les moyens manquent

    La France brûle, les moyens manquent

    Posté devant les flammes de l’incendie hors-norme de Gironde, qui a brûlé 50 000 hectares et coûté la vie à deux pompiers depuis le 22 juillet, un sapeur témoigne sur France 3 Aquitaine : « On essaie de dormir 3 ou 4 heures par nuit, mais les organismes commencent à être touchés. Pour moi, comme pour les collègues, ça commence à tirer ». Le même jour sur franceinfo, un autre s’indigne : « Non, on n’est pas assez nombreux. Mais on fait comme on peut, parce que c’est la guerre. »

    Pourtant, les cris d’alerte ne datent pas d’hier. En 2021 déjà, dans le cadre d’un conflit social porté par les sapeurs-pompiers pour obtenir une meilleure rémunération, la CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) pointait la perte de 1 000 camions dédiés à la lutte contre les incendies entre 2000 et 2020. « Le problème en France c’est que, schématiquement, nous n’avançons que lorsqu’on affronte une catastrophe. Un an plus tard, après les mégafeux de 2022 [60 000 hectares de forêt ont brûlé cette année-là dans le pays, ndlr], le Président a fait de grandes annonces et a promis de 1 080 nouveaux véhicules », note Sébastien Delavoux, sapeur-pompier et représentant syndical de la CGT Sdis. Des annonces positives, mais tardives et insuffisantes selon le syndicaliste : « D’abord parce qu’il faut attendre 2027 et 2028 pour que tout soit livré, ensuite parce que cette nouvelle flotte ne comblera pas le vide, car elle remplacera une partie des engins aujourd’hui devenus trop vétustes ».

    Penser une réponse durable

    Les déficits d’effectifs humains ont eux aussi été signalés par la CGT Sdis, dans un communiqué d’octobre 2025. Le document indique, notamment, que le nombre d’hommes de rang volontaires, regroupant les grades de sapeur et de caporal, est passé de 161 230 en 2002 à 123 453 en 2023. Une évolution préoccupante alors même que le risque incendie s’est étendu dans l’espace comme dans le temps depuis les années 2000, sous l’effet du changement climatique, selon le ministère de la Transition écologique. « Il faut interroger la centralité des pompiers volontaires et embaucher davantage de professionnels qui puissent garantir une disponibilité sur tout le territoire », souligne Sébastien Delavoux.

    Mais ces perspectives d’embauche restent limitées par les moyens des Départements, en charge d’une large partie du financement des Sdis. De quoi pousser l’association des Départements de France à réclamer, lundi, dans un communiqué, « l’ouverture immédiate d’une réforme du financement des Sdis, assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ».

    Au-delà des manques de moyens constatés directement chez les pompiers, Sébastien Delavoux dénonce des coupes budgétaires chez d’autres acteurs de la prévention : « Le nombre d’agents de l’Office national des forêts (ONF) est passé de 12 500 à 8 000 en vingt ans. Évidemment que ça dégrade l’entretien de la forêt. Leur travail ne se voit pas, mais est essentiel ».

    Dans un communiqué, mardi, la CGT nationale, qui souhaite « rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs pendant les interventions », plaide elle aussi pour « renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels ». Le syndicat réclame par ailleurs la sortie d’une logique de gestion de crise et l’engagement de véritables politiques de prévention, d’adaptation et de renforcement des moyens publics face à une crise climatique devenue durable.

    D’après les projections de Météo France, au sujet des feux de forêts, le nombre de jours à risque élevé devrait être multiplié par deux d’ici 2050, du fait du réchauffement climatique.

  • Dans le Var, les collectivités face à l’adaptation au changement climatique à court et moyen terme

    Dans le Var, les collectivités face à l’adaptation au changement climatique à court et moyen terme

    La chaleur estivale n’est pas un phénomène nouveau pour les départements méditerranéens. Ce qu’il est en revanche, comme sur l’ensemble du territoire, c’est l’intensité et la multiplication des épisodes caniculaires. Une donnée avec laquelle il faut composer, en veillant à ne pas l’aggraver à coups de pansements vénéneux, comme le plan massif de climatisation promis par Marine Le Pen et le RN s’ils arrivaient au pouvoir. Depuis 2023, le Fonds Vert a ainsi vocation à soutenir la transition écologique des collectivités locales dans cette entreprise. « On dit que les dotations sont en diminution, mais la partie rénovation énergétique et lutte contre les îlots de chaleur est constante », défend Simon Babre, préfet du Var, qui a réuni les représentants de différentes collectivités pour aborder le sujet mercredi.

    Priorité aux scolaires

    et aux personnes fragiles

    Cela, bien que le Fonds Vert, devenu une variable d’ajustement du budget de l’État, ait été divisé par 2,5 depuis sa création (de 2 milliards à 837 millions, après avoir atteint 2,5 milliards d’euros en 2024). Dans le Var, 19,5 millions d’euros ont été octroyés à plus de 100 projets d’adaptation (dont 46 établissements scolaires) du bâti au réchauffement climatique, notamment à travers la désimperméabilisation, la végétalisation et l’isolation des bâtiments publics. D’autres projets sont en cours pour 2026, avec encore un million à distribuer.

    Les collectivités bénéficient également de deux dispositifs de financement d’EDF : à court terme, le dispositif été 2026, à l’intention des bâtiments dédiés au jeune public (établissements scolaires, centres de loisir, crèches), qui permet de rembourser 400 euros sur l’achat de 10 équipements (ventilateurs, brasseurs d’air…) maximum par établissement. À moyen terme, le dispositif solution durable, doté de 80 millions, octroie aux collectivités une prime de 10 000 euros pour financer des projets de rafraîchissement au sein d’établissements scolaires et publics. Dans la même optique, le programme « Édurénov », piloté par la Banque des Territoires, depuis 2023, accompagne les collectivités dans la rénovation des bâtis éducatifs et sportifs, via des conseils et des financements. Enfin, les collectivités peuvent aussi récupérer jusqu’à 15% de leurs factures de travaux auprès de leurs fournisseurs d’énergies, grâce aux certificats d’économie d’énergie (CEE). La protection des publics vulnérables fait également partie des priorités, suite à une circulaire du Premier ministre demandant la création de centres d’accueil. À ce titre, si les problèmes de fraîcheur dans les Ehpad « ne sont plus qu’anecdotiques désormais » selon le préfet, il convient de recenser les personnes vulnérables, ce qu’a demandé ce dernier aux maires varois, avec l’objectif d’une couverture exhaustive d’ici l’été prochain.

    REPÈRES

    Vigilance

    Météo France a placé 72 départements en vigilance orange canicule pour la journée de jeudi. Parmi lesquels : les Bouches-du-Rhône, les Alpes-de-Haute-Provence et le Vaucluse, avec des températures pouvant aller jusqu’à 37°C dans l’après-midi à Carpentras, par exemple. La vigilance jaune reste de mise dans les Hautes-Alpes et le Var.

    Piscines

    La Ville de Marseille annonce la gratuité de ses piscines municipales à partir du 8 juillet en raison d’une vigilance orange canicule dans le département des Bouches-du-Rhône. Une solution de rafraîchissement qui sera maintenue jusqu’à la fin de l’épisode caniculaire. Autre réponse : la mairie propose l’ouverture 24 h/24 de la plage des Catalans.

    Réquisition

    Ian Brossat a déposé mercredi une proposition de loi visant à réquisitionner les lieux climatisés en cas de canicule. « Quand certains disposent de lieux climatisés et que d’autres étouffent dans leur appartement, l’accès à la fraîcheur devient une question de justice sociale. La fraîcheur est un droit, pas un privilège », estime le sénateur communiste de Paris.

    Incendies

    Environ 7 800 hectares ont brûlé en France au cours des huit premiers jours de juillet, contre un peu plus de 4 400 sur la totalité du même mois en 2025, selon les données du Système européen d’information sur les incendies de forêt (Effis) analysées par l’AFP. L’année 2026 est déjà la 4e année avec le plus d’hectares brûlés depuis le début des statistiques en 2006.

    « Il n’a jamais fait aussi chaud tous mois confondus à la station historique de Marignane, atteignant pour la première fois le seuil des 40°c, tout comme à Cassis avec 39.7°c. » Le bulletin de vigilance canicule de Météo France, publié ce mercredi, est sans appel. Les départements des Bouches-du-Rhône, des Alpes-de-Haute-Provence et du Vaucluse restent en vigilance Orange, le Var et les Hautes-Alpes sont en vigilance jaune… Et les températures devraient encore augmenter sous l’effet d’un anticyclone associé à des masses d’air très chaudes, et cela pourrait se prolonger jusqu’au week-end. Pour faire face à cette troisième vague de chaleur les municipalités redoublent d’efforts à court et moyen terme.

  • Cédric Riot et Caroline Regad (Université de Toulon – Assemblées de la Terre) : « Ne plus considérer l’humain au-dessus d’une pyramide du vivant »

    Cédric Riot et Caroline Regad (Université de Toulon – Assemblées de la Terre) : « Ne plus considérer l’humain au-dessus d’une pyramide du vivant »

    La Marseillaise : Comment ont été lancées les Assemblées de la Terre ?

    Caroline Regad : On a été désignés, grâce à nos travaux, pour coordonner des Assemblées de la Terre en France, qui réunissent citoyens et personnalités qualifiées. L’objectif, c’est de réécrire les ODD, les objectifs de développement durable, de façon écocentrée. Donc arrêter de considérer l’humain au-dessus d’une pyramide des vivants, mais dans une communauté qui inclut la nature et les animaux. Cédric Riot : Maria Mercedes Sanchez, la fondatrice du programme Harmonie avec la Nature, voulait des personnes dotées des critères académique et citoyen, et du statut d’expert d’Harmonie avec la Nature, que nous avons acquis grâce à la Charte du droit du vivant, conçue en 2021 à l’Université de Toulon, et à la Déclaration de Toulon de 2019 sur la personnalité juridique des animaux, désormais connues internationalement.

    Quel bilan tirez-vous de cette première année ?

    Cé.R. Nous avons travaillé sur les ODD en lien avec la nature. On a auditionné des institutions publiques et privées, des collectivités, des personnalités du monde scientifique ou médiatique… Deux chercheurs du CNRS vont intégrer notre conseil scientifique, où sont présents des représentants du ministère de la Transition Écologique. Au niveau citoyen, on va lancer une enquête publique. On a des liens avec les établissements universitaires et scolaires.

    Ca.R. : En termes de développement, on est sur les principes directeurs sur lesquels on souhaite baser les ODD, avant de les développer d’ici 2028, pour l’étape régionale européenne de 2029.

    Les premières Assises du droit de la nature accueillaient les Assemblées de la Terre mais aussi les 3es rencontres de l’Association Internationale des Procureurs et des Poursuivants Francophones (AIPPF).

    Cé.R. : C’est un événement institutionnel et scientifique unique. Jamais des hauts magistrats de l’espace international francophone n’avaient discuté ainsi avec des universitaires sur le droit de la nature. L’AIPPF, c’est plus de 3 000 procureurs répartis dans 34 pays. C’est quelque chose de très fort et une résolution a été signée, avec plusieurs recommandations pour les États et institutions, et l’adoption de la Charte du droit du vivant par l’AIPPF.

    Quels sont les projets pour 2027 ?

    Ca.R : On va continuer à travailler, dès fin septembre, sur la réécriture des ODD en lien avec les objectifs sociétaux, en vérifiant que ce qu’on fait reste cohérent avec ce qui a été fait. Lorsqu’on fait un pas en avant, on réalise qu’il y a beaucoup à balayer, avec toutes les compétences et énergies qui sont en train de se fédérer autour de l’Assemblée de la Terre France.

    Infos et inscriptions citoyennes : univ-tln.fr

  • Fos-Salon : le passage à l’autoroute à péage critiqué

    Fos-Salon : le passage à l’autoroute à péage critiqué

    Les associations dénoncent un simulacre de concertation. Alors que le deuxième atelier sectoriel dédié au tracé nord de la liaison Fos-Salon a lieu ce soir, à 18h30, dans la salle Gérard Philippe à Grans, un collectif composé de sept organisations affirme que « le choix de transformer cette nationale en autoroute à péage confiée à un concessionnaire privé est, lui, déjà acté ».

    À l’origine, le projet consistait en une deux fois deux voies gratuite, principalement basée sur le réaménagement de la RN569. Le ministère de la Transition écologique avait arrêté cette position dans une décision publiée au Journal officiel le 30 juin, suite au débat public qui s’était déroulé du 1er septembre 2020 au 31 janvier 2021 : « Le principe de la réalisation d’une infrastructure au statut autoroutier sur la totalité de l’itinéraire est écarté. Celui d’un aménagement au statut de route express est retenu, à l’exception, le cas échéant, de la section nord, entre l’A54 et le carrefour de Toupiguières, qui bénéficierait du statut d’autoroute dans l’hypothèse où cette section serait réalisée par adossement à la concession ASF. »

    Un report de trafic

    Alors que la troisième séquence de concertation consacrée au choix des variantes et aux modalités de financement s’est ouverte le 22 juin, la DREAL a annoncé vouloir saisir « l’opportunité offerte par le renouvellement des concessions autoroutières historiques » en 2031 pour boucler ce projet à 566 millions d’euros, après que l’hypothèse d’un financement public à hauteur de 50% a été écartée en 2025.

    « C’est brutal : on ne débat plus, on aura une autoroute. La DREAL nous met devant le fait accompli, le projet est bâclé, il faut aller vite pour intégrer les concessions et le choix des variantes au nord et au sud s’est considérablement réduit », accuse Christian Marquis, représentant du collectif signataire Cistude, qui regrette cette situation alors qu’en 2021 « on s’approchait d’une solution acceptable pour toutes les parties ». « On aurait pu concevoir un projet à moindres frais, plus respectueux de l’environnement et le faire financer par l’État, poursuit-il. On nous dit qu’il n’y a plus de budget, mais c’est un choix politique. Si on choisit de le faire financer par le privé et de le faire reposer sur les particuliers, c’est que l’État se désengage. »

    Avec un tarif estimé à 2,40 euros l’aller en cas de péage sur l’ensemble du tracé de 25 km, les associations s’inquiètent du report de trafic sur les routes secondaires. « Ça va surcharger les autres tronçons, assure Jean-Louis Sanial, représentant de l’organisation Sauvons nos étangs. Ça ne correspond pas aux attentes de la population. On pense plus aux industriels qu’aux habitants. » Le Fosséen estime que « les modes de transports alternatifs sont pas assez exploités », malgré « d’énormes possibilités avec le ferroviaire avec la gare de triage à Miramas, mais aussi avec le fluvial ».

  • À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    À Martigues, les habitants co construisent un projet de transition

    Un chemin serpente derrière les immeubles de Boudème. Là, un QR code attend d’être scanné par les promeneurs. Un clic amène sur une page qui recense la biodiversité communale, entre pins d’Alep, coquelicots et écureuils. C’est l’une des nombreuses actions initiées par Neede, une structure de médiation scientifique qui se donne pour mission d’accompagner les populations méditerranéennes dans leur compréhension des enjeux de la transition environnementale.

    Pourquoi méditerranéennes ? « C’est la zone la plus peuplée au monde qui se réchauffe le plus vite et qui vit, avant toutes les autres, les impacts du dérèglement climatique », explique Cyprien Fonvielle, directeur général de Neede.

    C’est à Martigues que l’organisation s’est lancée dans le tout nouveau dispositif financé par la Métropole Aix-Marseille, « Quartier en transition », qui vise à renforcer le pouvoir d’agir des citoyens et à accélérer les transitions locales grâce à un réseau d’acteurs et une méthode participative.

    Cyprien Fonvielle développe : « L’un des axes d’intervention pour nous est à destination des publics les plus fragiles, notamment les populations des quartiers prioritaires, parce que ce sont ceux qui génèrent le moins d’impact sur l’environnement et ceux qui souffrent le plus des effets induits du réchauffement climatique et de la chute de la biodiversité. (…) On considère que la transition pour être efficace doit être faite territoire par territoire. (…) Il faut arriver à comprendre les actions qu’il faut porter pour que les politiques publiques soient pleinement ancrées dans le réel de ces populations-là. »

    Une feuille de route

    Emma Chatelon et Loren Porée, chargées de projet chez Neede, ont encadré six mois d’ateliers dans les quartiers de Canto-Perdrix/Quatre Vents et de Boudème. Au total, 350 habitants ont participé à 31 rendez-vous. « On a travaillé sur trois axes : la reconnection à la nature, l’ouverture des quartiers et le lien social, puis l’orientation et l’insertion professionnelles », expliquent-elles.

    À Canto, « des habitants nous ont dit qu’il y avait une problématique de moustiques et de chenilles processionnaires, on a donc construit des nichoirs à oiseaux avec eux, qu’on a installés près du centre social », illustre Loren Porée. Neede a aussi proposé un temps sur la gestion des ravageurs et des espèces envahissantes pour les riverains qui ont une parcelle dans les jardins partagés. D’autres sujets n’ont pas pu être traités, à l’instar de la gestion des déchets et des dépôts sauvages. « Dans ce cas, on l’inscrit dans les préconisations qu’on envoie aux pouvoirs publics », précise Emma Chatelon.

    « On travaille avec les services de la Ville et de la Métropole pour définir le pas d’après, souligne Cyprien Fonvielle. L’enjeu, c’est d’essayer de faire un effet boule de neige. (…) On sait aujourd’hui que sur les questions climatiques, un euro investi, c’est cinq euros économisés demain. »

  • L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    L’Atlas de la biodiversité de Miramas clôturé après 3 ans d’inventaires

    À Miramas, l’Atlas de la biodiversité communale (ABC) touche à sa fin. Après trois années d’inventaires, d’observations et d’actions de sensibilisation, la Ville clôture en juillet ce vaste programme mené depuis 2023 avec le soutien financier de l’Office français de la biodiversité. « On a travaillé avec la Ligue de protection d’oiseaux (LPO) Paca et le groupe Chiroptères de Provence, qui sont allés sur le territoire et ont relevé la faune », explique Louise Seguinel, chargée de mission biodiversité au service transition écologique de la municipalité.

    Au total, 831 espèces ont été recensées au cours de 24 inventaires naturalistes consacrés aux oiseaux, amphibiens, chauves-souris, papillons, libellules, criquets et sauterelles. « Le chiffre le plus faramineux, c’est celui qui concerne les papillons de nuit : on connaissait moins de dix espèces, maintenant on est à 198, poursuit la spécialiste. On a aussi découvert la présence d’une nouvelle espèce de mammifère, qui est le lièvre ibérique, au niveau de la Crau. » De nouvelles données concernant certains spécimens bien connus ont aussi été collectées, permettant de montrer l’extension de leur ère d’existence et le renforcement de leur population.

    Un plan d’actions

    L’Atlas a également mobilisé le public à travers 34 actions de sensibilisation réunissant plus de 1 000 participants. « C’était indispensable d’intégrer les habitants à la démarche, affirme le conseiller municipal délégué au pacte de transition Bernard Gaudillère. Si on ne sensibilise pas la population à l’intérêt de ce travail-là, c’est raté. Vous savez ce qu’on dit : on protège ce qu’on aime, on aime ce qu’on connaît. »

    L’ABC se termine, mais le travail se poursuit. La Ville de Miramas travaille à un « plan d’actions pour les dix ans à venir », révèle Géraldine Buti, adjointe au maire déléguée à l’environnement. Louise Séguinel développe : « Ça peut concerner la gestion des espaces verts, avec une fauche tardive, ce qui est déjà fait actuellement mais peut-être pas partout ni systématiquement. On peut aussi faire le choix de laisser une libre évolution de la flore pour certaines parcelles, de créer des mares à certains endroits… On va probablement poursuivre le travail de connaissances sur la faune ou les arachides du sol par exemple, qui n’a pas été étudiée. On aimerait aussi continuer la sensibilisation auprès des jeunes publics et pousser les enseignants à s’emparer des dispositifs comme les aires terrestres éducatives ou les classes engagées… » Les pistes sont nombreuses, mais une chose est sûre : l’Atlas n’était qu’une étape, un outil au service d’une politique publique globale.