Tag: Trafics de drogues

  • À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, une brigade « anti-stup » municipale instaurée

    À Béziers, Robert Ménard est un as de la communication. Notamment dans le domaine de la sécurité, son cheval de bataille. Multiplication des caméras, hausse des effectifs de police municipale après l’avoir armée, etc. Des annonces tonitruantes mais sans grands résultats. Le 22 septembre dernier, le maire d’extrême droite annonçait la création d’une brigade « anti-stup » composée d’une dizaine de policiers municipaux.

    Ces derniers devront donc patrouiller dans les rues afin de lutter contre les dealers et de dissuader le consommateur. Une mission qui n’est pas du ressort de la municipale à l’origine, seule la police nationale est compétente. En effet, les agents municipaux, placés sous l’autorité du maire, exercent principalement des fonctions de préservation de tranquillité publique, de surveillance du bon ordre et de prévention des troubles à l’ordre public. Et ne sont pas habilités à fouiller ou réaliser des contrôles d’identité. Mais des conventions de coordination des interventions de la police municipale et des forces de sécurité de l’État permettent de définir des missions complémentaires pour les agents municipaux.

    Des agents formés ?

    Ainsi, pour nombre de missions touchant à l’usage de stupéfiants et aux contrôles d’identité, la convention établit que « les agents de police municipale doivent pouvoir joindre à tout moment un officier de police judiciaire [OPJ, Ndlr.] », à savoir un policier national. Ou encore elle autorise le travail de nuit des municipaux. « Les conventions font des mises à disposition. Ce qui veut dire qu’ensuite, les policiers municipaux sont directement sous les ordres des OPJ. Ils rendent aussi compte au maire, mais les OPJ peuvent leur donner des missions. Comme ils les secondent dans les missions de police judiciaire, ça peut être sur des affaires de stupéfiants », détaille Sophie Mazas, membre de la LDH de l’Hérault.

    Un transfert de compétences qui s’explique notamment par le sous-effectif de la police nationale. « Sauf qu’il y a une augmentation des prérogatives mais pas des formations. Et donc si on augmente les prérogatives, si les policiers municipaux sont confrontés à une situation inhabituelle, ils ne sont pas formés pour la gérer. Par exemple, pour des techniques d’immobilisation, qui peuvent être dangereuses », poursuit Sophie Mazas. Les policiers peuvent se retrouver en danger ou des bavures arriver. Ce qui pose la question du recrutement, lequel repose sur des critères locaux laissés à l’appréciation des mairies.

    En somme, une brigade aux pouvoirs limités, mal formée, devant être encadrée par des policiers nationaux pour une efficacité restant à démontrer – la nouvelle escouade ne va pas s’attaquer aux têtes de réseau. Mais Robert Ménard aura fait parler une nouvelle fois de lui.

  • Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Avignon : le réseau du Ponzo, où les femmes mènent le jeu

    Le procès de 16 membres du réseau du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, dont notamment trois femmes et une identifiée comme la gérante, Anaïs E., s’est ouvert ce lundi 13 octobre, au tribunal judiciaire d’Avignon.

    Tous sont poursuivis pour des faits d’acquisition, détention, transport, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, et pour la plupart, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime ou encore possession d’une arme de catégorie D.

    Anaïs E., Avignonnaise de 27 ans, se serait occupée du point de deal pendant environ quatre ans, jusqu’au coup de filet des forces de police en juin 2023. Un réseau qui était l’un des plus importants du Vaucluse et qui pouvait rapporter jusqu’à 20 000 euros par jour. Le président, Johan Dennis, évoque également une « guerre des clans » contre le réseau de la Reine Jeanne, avec plusieurs personnes tuées et de nombreux blessés. Des soupçons se portent également sur un règlement de comptes au sein même du réseau du Ponzo.

    Des arrestations qui font suite à des années d’enquêtes et d’écoutes. Ce qui a permis d’identifier la jeune femme comme la gérante, devant tout de même rendre des comptes à un supérieur, identifié comme Faycal J., absent car en fuite, dont le frère, Badr, est lui également sur le banc des accusés. Le procès devrait se tenir jusqu’à ce vendredi 17 octobre. Tous risquent jusqu’à 10 années de prison pour ces faits.

    « Tirer dans les pieds »

    L’après-midi a commencé avec le premier interrogatoire, celui de Camila C., qui est identifiée comme l’ex-compagne d’Anaïs E. pendant plus de huit ans. Elle concède avoir connaissance des activités de sa compagne, sans pour autant y participer activement, assurant qu’elle n’a jamais « touché aux armes ou à la drogue ». Des messages cités par le président, Denis Johan, laissent pourtant penser à une participation plus poussée, en qualifiant ces SMS de « discours qui n’est pas celui d’une figurante », en évoquant un échange autour d’un vol de plusieurs dizaines de milliers d’euros par une troisième femme, Myriam S., qui fut également une membre active haut placée du réseau. Elle évoquera une « euphorie de la situation » à propos de messages où elle dit vouloir « tirer dans les pieds » de celle qui est partie avec la grosse somme d’argent. Elle a elle-même été touchée par des tirs en compagnie d’Anaïs E. Touchée à un bras, elle est aujourd’hui déclarée en incapacité à 80 %. Myriam S., qui s’est présentée en visio, sera entendue ce mardi 14 octobre au matin. L’interrogatoire d’Anaïs E. est prévu le mercredi 15 octobre en matinée.

    Ce fut ensuite au tour de Hamid M., ou « le vieux », notamment soupçonné de servir de nourrice pour le réseau. Plusieurs kilos de résine de cannabis et des sachets de cocaïne ont été retrouvés à son domicile. Diagnostiqué schizophrène, il n’avait pas été interpellé lors de la première vague d’arrestations en juin 2023, car il était hospitalisé. Il assure ne pas avoir stocké de produits chez lui, tout en expliquant avoir « voulu rendre service ».

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.