Tag: territoire

  • L’Agglo Gap-Tallard Durance veut reprendre la main sur l’aménagement

    L’Agglo Gap-Tallard Durance veut reprendre la main sur l’aménagement

    « Le Schéma de cohérence territoriale (Scot) est certes un vrai outil pour le territoire, mais il ne doit pas être un frein au développement de nos communes », a lancé Rémi Costorier, vice-président en charge de l’aménagement du territoire. Ce Scot est le document qui définit les orientations en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire. Il réunit l’Agglomération Gap-Tallard-Durance et les communautés de communes du Buëch-Dévoluy, du Champsaur-Valgaudemar et de Serre-Ponçon Val d’Avance.

    La sortie de l’Agglomération de Gap était à l’ordre du jour du conseil de la Communauté d’agglomération Gap-Tallard-Durance, ce jeudi soir. Ce retrait est notamment souhaité par le président de l’Agglo et maire de Gap, Roger Didier, qui considère que la collectivité y est sous-représentée.

    « On peut entendre que la situation doit évoluer, a déclaré Élie Cordier, élu d’opposition à Gap. Mais il faut éviter un malentendu : sortir du Scot ne signifie pas automatiquement la liberté de construire. » Il estime que ce retrait impactera de plein fouet les petites communes : « C’est loin d’être une simplification, sortir et recréer un Scot demandera des études, de l’argent et du temps, au moins 2-3 ans ». Rémi Costorier estime quant à lui qu’« une partie du travail est déjà faite », puisqu’une révision du document avait déjà été réalisée il y a peu et que la création d’un nouveau Scot devrait prendre un an et demi. Le maire de Châteauvieux, Jean-Baptiste Aillaud, a par ailleurs estimé que le rapport bénéfice-risque de cette sortie n’était, pour l’instant, pas assez clair pour prendre une décision.

    Les élus ont voté, à 36 voix pour, 12 contre et 5 votes blancs, pour que le syndicat mixte du Scot inscrive à l’ordre du jour de son prochain conseil syndical une délibération prenant acte de la demande de retrait.

    Agathe Di Lenardo

  • Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Véritable « petit Bourget » du Sud, le Salon Aérosud promettait, pour sa quatrième édition, de réunir 850 participants et une quarantaine d’exposants autour des secteurs de l’aéronautique et de la défense.

    Cette année, l’événement a pris place sur l’aérodrome des Milles avec un objectif affiché : « Faire rayonner les forces du territoire sur les filières aéronautiques, sécurité, défense à une échelle nationale », mais aussi faire « connaître les différentes technologies, les innovations et en créer de nouvelles », explique-t-on du côté du pôle Safe (aéronautique, spatial, sécurité, défense), organisateur de l’événement.

    Dans un contexte où plusieurs facteurs pèsent sur le secteur, ces enjeux ont été détaillés dès les premières interventions de la journée. « Aujourd’hui, les questions qui se posent pour l’accompagnement des pôles de compétitivité sont, pour les années à venir, le désengagement de l’état, a priori déjà acté, déroulait Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique, digital et industrie de la Région Sud, elle-même partenaire du pôle de compétitivité Safe. C’est (aussi) l’accompagnement financier de la Région avec des budgets extrêmement contraints et qui se réduisent. »

    Au cœur des premiers débats, consacrés aux « enjeux industriels et projets structurants pour les filières aéronautiques et défense », Pascal Kuhn, directeur du site Airbus Helicopters de Marignane-Vitrolles, rappelait que « l’ambition sur le territoire est à la fois de transformer les entreprises qui existent déjà », tandis que « d’autres vont se créer ». Le tout en « s’adaptant au changement climatique », en naviguant dans un « cycle électoral chargé », et avec des entrepreneurs parfois frileux à l’idée d’investir dans l’industriel, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient. Lui propose « d’investir différemment » et de « nouer des partenariats avec l’écosystème ». Sur le terrain, malgré les incertitudes, certaines perspectives restent prometteuses sur le territoire, notamment pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement (Supply Chain).

    Plusieurs projets en vue

    La région compte plus de 250 petites et moyennes entreprises. Une convention a d’ailleurs été signée entre le pôle Safe et Airbus Helicopters. Parmi les mesures, « celle en faveur du développement de la “Supply Chain” pour la rendre plus robuste et plus agile », indiquait Pascal Kuhn. Parmi les exposants, Antoine Cascone, fondateur et dirigeant du groupe B.E.C, développeur d’outils industriels pour l’aéronautique, estime que le secteur « se porte très bien. Regardez autour de vous ! Il y a eu un coup d’arrêt au moment du Covid, mais depuis, les commandes sont reparties et ça n’arrête pas, notamment avec Airbus Helicopters. »

    Du côté de MX Engineering, bureau d’études spécialisé dans la structure, dont le champ d’intervention reste « transversal », pour l’aéronautique, « on voit beaucoup de petites boîtes pousser, qui font des levées de fonds et ont des programmes de développement », observe Yacine, l’un des cofondateurs. Parmi lesquels Ascendance, Aura Aéro, mais aussi Hynaéro, qui porte le projet du Fregate F-100, bombardier d’eau destiné à renforcer la lutte contre les incendies.

  • Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Installé à l’entrée
    du pôle d’activité d’Aix (PAAP), proche du quartier de la Pioline, de l’aérodrome d’Aix-Les Milles et du quartier de La Duranne, le « projet bénéficie également de la proximité de plusieurs opérations structurantes du territoire, dont Tech Valley, future Cité de la Défense et du Spatial », indique CS Invest, qui porte le projet. Le lot n°1 du chantier prévoit 20 000 m² de surface de plancher, et 6 bâtiments. La première phase du programme accueillera notamment une concession Ferrari sur 5 000 m².

  • [Sénatoriales] Le candidat LFI Michel Pons souhaite conforter la place des communes

    [Sénatoriales] Le candidat LFI Michel Pons souhaite conforter la place des communes

    « Je n’ai pas forcément rêvé d’être sénateur », amorce Michel Pons, le candidat de La France insoumise (LFI) pour les élections sénatoriales. Originaire de la commune de Manteyer, ce fils d’agriculteurs a travaillé près de quarante ans en tant que physicien. Il a rejoint LFI à sa création en 2016 et a été à plusieurs reprises conseiller municipal à Manteyer, poste qu’il occupe aujourd’hui dans l’opposition. Il a également été maire de la commune de fin 2024 à 2026.

    S’il se présente aux élections, avec comme suppléante Andrée Resterenko, c’est parce qu’il trouve important de faire progresser LFI dans ce territoire où le parti « n’est pas implanté », mais aussi parce qu’à 72 ans, il estime n’avoir « rien à perdre ». Il ne se fait pas d’illusion : « On ne va probablement pas gagner ! C’est un peu un système féodal, certains maires peuvent avoir peur de penser différemment des barons locaux, et de perdre ainsi des subventions ».

    « On souhaite répondre à l’urgence écologique, sociale et démocratique », explique-t-il. Concrètement, il aimerait remettre les communes au centre de l’action publique, renforcer le statut des élus, développer les transports en commun ou encore rapprocher les citoyens des élus en créant le référendum d’initiative citoyenne. Il considère « l’attelage des Écologistes, du PCF et du PS », porté par le candidat Jean-François Baudin, comme « un ovni », même s’il admet avoir des engagements communs avec les Écologistes et le PCF. Quant au grand favori, le sénateur sortant centriste Jean-Michel Arnaud, il ne lui « donne pas la moyenne ».

    Agathe Di Lenardo

  • Une convention pour conjurer les cyberattaques d’entreprises

    Une convention pour conjurer les cyberattaques d’entreprises

    L’Office anticybercriminalité (Ofac) et le Campus Cyber IA Euromed ont signé, ce mercredi à l’évêché, une convention de coopération pour mieux prévenir et combattre les cybermenaces qui ciblent les entreprises et les acteurs publics.

    Cette alliance de la police judiciaire et du monde économique doit renforcer la cybersécurité du tissu économique local. Piratage, vol de données, hameçonnage, rançongiciel, cryptorap, hacking… : face à l’essor et la variété des cybermenaces, l’Ofac et le Campus, qui se veut un consortium d’entreprises (CMA CGM, Cepac, Aéroport Marseille Provence, etc.) s’associent pour accompagner les acteurs économiques dans la prévention des risques cyber, la protection de leurs systèmes numériques et l’amélioration de leur résilience.

    Créé en 2023, l’Ofac dispose de 45 antennes en France, dont une à Marseille pour lutter contre les cyberattaques complexes, les rançongiciels, le piratage et les trafics sur le dark web. « Pour lutter contre les attaques informatiques, il faut tout faire pour qu’elles n’aient pas lieu, résume Nicolas Guidoux, le patron de l’Ofac. Une entreprise touchée se retrouve souvent seule. Si elle n’a pas de sauvegarde, plus d’annuaire de ses clients, c’est la clé sous la porte. D’où ce réseau pour diffuser une hygiène numérique pour diminuer les points de compromission et donc les cas d’attaque. »

    Un enjeu de sécurité nationale

    « C’est un collectif pour hisser le niveau global de cybersécurité au plus près du tissu économique et des territoires », détaille Clément Rossi, le délégué général du campus qui se veut un guichet d’accompagnement des entreprises. « Une entreprise, c’est un enjeu privé. Demain, vous avez 50 PME et 14 collectivités territoriales qui tombent, c’est un enjeu de sécurité nationale à l’échelle du territoire. »

    Toute une chaîne d’acteurs se fédère : les enquêteurs cyber de l’Ofac, le délégué régional de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information (ANSI), le centre de réponse d’urgence aux incidents de cybersécurité (CSIRT) à Toulon. Tous attendent depuis deux ans l’adoption de la loi pour la résilience des infrastructures critiques et la cybersécurité, qui mettra des obligations fortes pour 20 000 organisations au niveau national dans 32 secteurs importants (santé, transports, communications, logistiques, etc.) et leur chaîne de sous-traitance. « On maille tout cela avec le mouvement autour de l’intelligence artificielle qui vient complexifier tout cela, car les attaquants vont plus vite avec l’IA », ajoute Pierre Boulogone, président de ce campus.

    « Nous, nous sommes le point d’entrée de toute la criminalistique numérique. Et le champ infractionnel est immense », complète la commandante Pozzi. La cheffe de l’antenne de l’Ofac à Marseille a en cours une quinzaine d’affaires d’atteintes d’entreprises de la région marseillaise.

  • Ventoux : les éco-gardes ont sensibilisé 66 000 personnes

    Ventoux : les éco-gardes ont sensibilisé 66 000 personnes

    Mercredi dernier à Carpentras, Jacqueline Bouyac, présidente du parc, a présenté le bilan de cette saison estivale. Près de 66 300 personnes ont été sensibilisées lors de 7 200 heures de patrouille cumulées. 77 foyers de feux ont été circonscrits. « Dans un contexte où le risque incendie était omniprésent, notre territoire a été épargné par les grands feux. Ce n’est pas le fruit du hasard, mais avant tout le résultat d’un travail collectif », salue Jacqueline Bouyac.

  • La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    Dans plusieurs secteurs du département, notamment dans le Briançonnais, il n’est plus possible d’écouter la station de radio publique France Musique en FM sur son poste de radio. Depuis juillet, il faut passer par internet.

    Radio France indique avoir été amenée à restituer une partie de ses fréquences FM pour des raisons d’économie et d’usage : « L’écoute de la musique se fait de plus en plus via des supports numériques. »

    Fracture territoriale

    La députée Valérie Rossi (PS) a saisi la ministre de la Culture dès la fin de l’été : « La transition vers le numérique et le développement du DAB+ sont nécessaires, dit-elle. Mais la modernisation ne doit pas se traduire par un recul du service public dans nos territoires ruraux et de montagne. » Le DAB+, norme de radiodiffusion numérique terrestre en cours de déploiement, permet aussi de recevoir la radio par les ondes. « Mais ce n’est pas encore partout une alternative effective, tandis que l’écoute par Internet suppose une connexion et un équipement adaptés, poursuit la députée. Ce qui risque donc de créer une nouvelle fracture territoriale et culturelle. »

    Le sénateur Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) a également posé une question au gouvernement le 3 septembre : « Cette situation est particulièrement pénalisante pour ce territoire où une partie de la population, notamment les personnes âgées, ne peut accéder facilement aux supports digitaux. La diffusion hertzienne demeure indispensable pour garantir l’égalité d’accès au service public radiophonique. »

    Agathe Di Lenardo

  • Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Tous les Haut-Alpins connaissent le barrage de Serre-Ponçon. Mais ont-ils déjà été attentifs aux paysages qui se déploient autour de cette gigantesque infrastructure ? L’exposition « Côte 780. Regards croisés autour du barrage de Serre-Ponçon et ses infrastructures », pensée par l’artiste Amandine Mohamed-Delaporte, invite les visiteurs à poser un autre regard sur l’ouvrage hydraulique et son environnement. Elle est à découvrir du 19 septembre au 19 mars.

    « Tout commence en 2023, lorsque Amandine nous a sollicités pour entamer des recherches sur les aménagements du lac de Serre-Ponçon et sur les productions d’Henry Baranger », se souvient Pierre Fabry, le directeur des Archives départementales. Henry Baranger était photographe industriel, qui a notamment immortalisé les différentes étapes de la construction du barrage de 1955 à 1961. Certains de ses clichés servent de porte d’entrée à l’exposition. « Une partie d’entre eux étaient enfouis chez EDF, elles n’ont jamais été vues par le public, mais seulement par des ingénieurs ou décideurs », note Pierre Fabry. « Il s’agit de témoignages uniques de la transformation du paysage », explique Amandine Mohamed-Delaporte. Passionnée par la manière dont la modernité a bouleversé nos vies, l’artiste met en perspective ces clichés industriels avec ses propres photographies.

    Mais sur les siennes, on ne distingue à aucun moment le barrage, seulement son environnement.

    « Une histoire oubliée »

    « Il y a dans ces images des histoires que les locaux pourront comprendre. L’ouvrage a conditionné l’histoire du département, du village englouti, et a eu des effets sur l’environnement et le climat. C’est tout ce que j’ai suggéré à travers l’enquête photo. »

    D’autres formes d’art prennent place dans la salle d’exposition, comme des plaques de métal ou de béton. Certaines, baptisées « Elles » et « Eux », rendent hommage à toutes les personnes qui ont œuvré à la construction de l’infrastructure. « On parle principalement des ingénieurs, mais pas des milliers de personnes qui ont participé », souligne-t-elle. Des sons accompagnent le parcours. « C’est un jeu de tension : on y entend à la fois le calme du lac, mais aussi des bruits industriels, les bruits de l’infrastructure », indique l’artiste. Anthony Aubert, chargé de communication chez EDF, partenaire de l’exposition, souligne la qualité de l’exposition : « Ce travail permet de raconter les ouvrages autrement, de se souvenir de l’aspect patrimonial. »

    Agathe Di Lenardo

    Vernissage le 17 septembre à 18h.

  • Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    Dans les Hautes-Alpes : une rencontre sur la transmission agricole

    À l’heure où le nombre de fermes diminue partout en France, comment assurer la transmission ? La question a animé, vendredi 11, le café-transmission à Guillestre. Organisée par l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural des Hautes-Alpes (Adear 05), la coopérative foncière Terres en Guil et le Parc naturel régional du Queyras, la rencontre s’est concentrée sur le territoire du Guillestrois-Queyras.

    « Pour nous, un territoire qui vit, c’est un territoire avec beaucoup de paysans », a introduit Fanny, agricultrice et bénévole à l’Adear. Autour de la table, plus d’une vingtaine de personnes ont pu échanger. Parmi elles, des exploitants agricoles encore en activité, une paysanne ayant récemment transmis sa ferme à son fils, mais surtout beaucoup de jeunes, encore en formation où à la recherche d’une ferme à reprendre.

    107 agriculteurs actifs

    La rencontre a débuté par une présentation de Tiphaine Combaz, étudiante en master 2 de géographie et aménagement de la montagne, qui a réalisé un stage de six mois à l’Adear. Au cours de sa mission elle a réalisé un repérage des futurs cédants agricoles du territoire, et identifié les potentiels freins à la transmission. « En France, 50% des agriculteurs vont partir à la retraite dans les 10 prochaines années. Sans repreneurs, le nombre d’exploitations agricoles continuera de diminuer », plante la jeune femme. La communauté de communes du Guillestrois-Queyras n’est pas épargnée.

    L’étudiante y a recensé 107 agriculteurs actifs, dont 54 « futurs cédants ». Elle a pu rencontrer 36 d’entre eux, dont plusieurs n’avaient pas pensé à l’avenir de leur ferme. Elle a distingué trois freins principaux à la transmission. À commencer par un frein économique : « Le coût de rachat est généralement trop important pour une personne seule, explique-t-elle. Il y a aussi souvent une surévaluation financière de l’exploitation agricole, nourrie par l’attachement émotionnel du cédant et par la volonté de sécuriser sa retraite ». Viennent ensuite des freins administratifs, mais aussi des freins sociaux et émotionnels. « Il y a souvent une proximité directe entre la ferme et le logement, et ce n’est pas simple de trouver où se loger dans le coin », dit Tiphaine Combaz. Une porteuse de projet, tout juste sortie de formation, qui prévoit de s’installer à plusieurs, confirme : « Comment on se loge, à cinq, en ne gagnant même pas le Smic ? » Il y a aussi une difficulté à se projeter dans un futur à la retraite ou d’arrêter un métier-passion. « Certains attendent qu’un membre de la famille puisse reprendre, car transmettre la ferme est pour eux un devoir mémoriel », poursuit l’étudiante. D’autres ne vont pas forcément avoir confiance en un repreneur non issu du milieu agricole ou du milieu familial. Quoi qu’il en soit, un processus de transmission est relativement long, entre trois et six ans, le temps d’échanger, de définir son projet et de le concrétiser. Au total, elle a estimé à 25 le nombre de fermes sans repreneurs dans les 20 ans à venir dans le Guillestrois-Queyras.

    Les participants ont ensuite pu partager leurs questionnements et leurs témoignages. « Moi, je n’ai pas eu de problème à tourner la page », assure une ancienne paysanne qui avait pu notamment anticiper la question du logement. « C’est aussi notre rôle, en tant qu’élus, de sécuriser l’agriculture de demain, estime Jean-François Baudin, conseiller municipal à Guillestre, pour aller vers une autonomie alimentaire sur le territoire ». « Et assurer une alimentation de qualité », conclut un maraîcher.

  • Syndicats et patronat pressent l’État pour la ligne haute tension

    Syndicats et patronat pressent l’État pour la ligne haute tension

    « C’est un collectif inédit à la hauteur des enjeux pour le territoire ». L’expression de Jean-Christophe Amarantinis, président de l’Union Pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), pour annoncer la mobilisation du jour n’est pas galvaudée. Car ce mercredi, il se tient aux côtés de Stéphane Benhamou, le président du Medef Sud mais aussi de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’Union Départementale FO des Bouches-du-Rhône et de Jérôme Yvernault, délégué régional de la CFE-CGC Paca. Ajoutez à cela Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes-Méditerranée également directeur du site d’Airbus Helicopters à Marignane et Stéphane Bergamini, délégué général de l’organisation professionnelle France Chimie Méditerranée et vous obtenez un étonnant attelage.

    Un attelage qui vient pourtant délivrer un message limpide et unitaire : « La tchatche c’est bien, mais maintenant on a besoin d’engagements fermes et irrévocables de l’état, d’un calendrier finalisé avec des financements calibrés ! Il faut la ligne très haute tension ! », comme le résume Jean-Christophe Amarantinis.

    En clair, syndicats et patronat s’allient pour mettre un coup de pression à l’adresse de l’état et élus politiques locaux sur le projet de la fameuse ligne à très haute tension (THT) qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer. Une ligne qui doit permettre « l’électrification des processus industriels et donc une décarbonation » des entreprises du pourtour de l’étang de Berre, rappelle Pascal Kuhn. Et qui conditionne l’aboutissement d’une cinquantaine de projets industriels, pour la création de 10 000 emplois directs et des dizaines de milliers induits.

    « Quand on chipote trop,

    le train passe »

    « Si ce projet ne voit pas le jour, c’est aussi de nombreux emplois qui risquent d’être perdus », tonne Franck Bergamini. Avant de développer l’enjeu économique et social que représente cette ligne THT : « L’avenir se joue maintenant, si demain ArcelorMittal n’a pas d’électricité décarbonée, il fermera son haut-fourneau et ira le faire ailleurs, mais ni dans la région ni dans le pays ».

    Si ces acteurs tapent du poing sur la table, c’est que le calendrier pour la prise de décision devient de plus en plus serré, entre élections sénatoriales et présidentielles. « Il faut que ceux qui portent la responsabilité politique aient du courage. On ne peut pas accepter que cette décision soit suspendue à des échéances électorales », martèle Stéphane Benhamou. Plusieurs élus locaux, notamment de Camargue et du Pays d’Arles (lire article ci-dessous) montent aussi au créneau contre un projet qui défigurerait le paysage et questionnent sa nécessité. Pascal Kuhn répond à ces critiques : « Certains diront qu’on n’a pas besoin d’autant d’électricité, qu’il faut enterrer la ligne… On peut discuter encore 3 ans de ce sujet. Mais quand on chipote trop, le train passe sans vous attendre ».

    Concrètement, ces acteurs attendent « une prise de décision claire » de la part de l’État, et donc de la préfecture, avec notamment une déclaration d’utilité publique (DUP) « avant le 1er semestre 2027 ». Une DUP qui est en instruction depuis mai dernier…

    La CGT réaffirme que ce projet est « vital »

    Si la CGT n’était pas présente lors de l’interpellation commune du patronat et d’autres syndicats, Pascal Galéoté, secrétaire de l’UD CGT 13 et secrétaire général de la CGT du Port de Marseille rappelle « l’impérieuse nécessité de la mise en place de la ligne THT ». « Il y a eu des annonces claires de l’État sur l’intérêt national pour le pays que représente cette ligne, nous le saluons. Maintenant il y a une nécessité d’accélérer la prise de décision pour sa mise en œuvre, c’est plus que vital pour l’avenir du bassin de Fos mais aussi pour l’ensemble du territoire », martèle Pascal Galéoté.