Tag: territoire

  • L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    L’écloserie, un outil précieux pour la pêche et la biodiversité

    Truites fario et brochets. à l’écloserie de Meyrargues, dans les Bouches-du-Rhône, les œufs sont choyés pour devenir alevins, jeunes poissons, et repeupler les différents cours d’eau du département. Un travail réalisé par la Fédération départementale de pêche, qu’Yves Vidal, conseiller départemental (Provence Unie) en charge de la pêche, tenait à féliciter jeudi dernier.

    « Avec cette écloserie, la Fédération fait un travail merveilleux pour la pêche et pour le milieu aquatique. En remettant dans les ruisseaux de nombreux poissons », s’enthousiasme Yves Vidal. Construite il y a plusieurs dizaines d’années, elle a été remise aux normes européennes il y a deux ans pour pouvoir pérenniser ses diverses productions. Seule infrastructure de cette ampleur dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, elle sert de nurserie à différentes espèces de poissons afin de les réintroduire dans les milieux aquatiques, tant dans les cours d’eau que dans les étangs, pour compléter la reproduction naturelle.

    Une fois grands de quelques centimètres, les poissons sont soit relâchés directement dans des cours d’eau soit dans des ruisseaux d’élevage. « L’intérêt de cette étape est de permettre aux poissons de grandir dans un milieu semi-naturel sans intervention humaine. Ils développent un comportement sauvage tout en bénéficiant d’une relative tranquillité loin des prédateurs », indique le site de l’écloserie.

    En 2020 et 2022, grâce en partie au soutien du Département, le centre a construit un nouveau bassin de reproduction et acheté du matériel d’incubation d’œufs. Un partenariat entre le Département et la Fédération qui, pour Yves Vidal, « bénéficie directement au territoire. Chaque année, des milliers de poissons sont déversés dans les cours d’eau des Bouches-du-Rhône. »

    Pêche et préservation

    Un exemple pour l’élu départemental de « lieu où l’on voit comment la passion de la pêche rejoint les enjeux de préservation de la biodiversité et de gestion durable des milieux aquatiques ». Si la Fédération a en charge de l’écloserie, c’est pour un soutien halieutique avant tout. Cependant, cela permet de rééquilibrer le fragile écosystème des rivières et des étangs. Comme chaque maillon de la chaîne, ces poissons sont essentiels pour l’auto régulation. La réintroduction de chaque espèce est d’ailleurs surveillée pour que leur nombre ne dépasse pas un seuil qui pourrait causer des déséquilibres. Les truites étant particulièrement sensibles aux pollutions de l’eau, la Fédération de pêche fait de la prévention pour la qualité de l’eau des rivières afin de pouvoir pêcher de la truite. La Fédération nationale a par exemple développé un programme de sensibilisation intitulé « Sauvons nos rivières ».

    C’est pourquoi, l’élu du Département a annoncé reconduire les 25 000 euros d’aides annuelles à la Fédération départementale de pêche. « Derrière la pêche, il y a une filière, des bénévoles, des passionnés, des familles, des jeunes… Le Département est fier d’être à leurs côtés. »

  • [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    [Entretien] Christophe Madrolle : « Si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète »

    La Marseillaise : Quels sont les enjeux de cette 4e édition de « Nettoyons le Sud » qui se déroule ce samedi 30 mai ?

    Christophe Madrolle : Nous avons créé cette opération parce qu’il y avait beaucoup d’associations qui organisaient leurs propres nettoyages et on s’est dit, vis-à-vis de l’urgence de protéger notre belle région, que mobiliser l’ensemble des associations autour d’une date que nous avons fixée au 30 mai serait beaucoup plus impactant pour la population. Nous avons eu plus de 100 tonnes de déchets ramassés l’année dernière, une mobilisation de 400 collectivités et de 22 000 bénévoles qui se sont mobilisés ce jour-là. C’est une opération qui est construite avec les associations environnementales, les associations de défense de l’environnement, celle de l’espace marin, des collectivités et des entreprises. Nous espérons atteindre et doubler le nombre de bénévoles pour cette année.

    Cette opération porte aussi sur les enjeux autour des déchets sur le territoire ?

    C.M. : Absolument, elle a un rapport sur un véritable point, un point politique puisque cette opération permet de sensibiliser nos citoyens sur les moyens que met en place la région en matière de protection de l’environnement. On veut aussi rappeler que la Région Sud s’est dotée du premier budget vert européen, donc toute aide donnée par la région à une entreprise, une collectivité ou une association est acceptée à une seule condition : répondre à un cahier des charges avec la baisse d’émissions de carbone sur leur traitement de déchets.

    Au-delà de la sensibilisation, est-ce que cette opération peut donner un message d’espoir aux habitants ?

    C.M. : C’est ce qu’on cherche en tout cas, si tout le monde joue le jeu, on peut sauver la planète, grosso modo. On a une action à la région que nous portons pour que les entreprises réduisent les déchets à la source, mais ce n’est pas suffisant. Il faut aussi continuer à amener nos concitoyens à faire le tri sélectif et avoir de la transparence dans la chaîne de traitement des déchets. C’est un message qui nous amène à prendre conscience qu’un déchet, depuis sa fabrication jusqu’à sa destruction, c’est quelque chose que nous devons traiter.

    Selon l’Insee, en 2021, la quantité de déchets dans la région s’élevait à plus de 638 kg par habitant, soit 16% de plus qu’en France métropolitaine, on peut donc faire mieux.

    C.M. : Exactement, cette opération permet de porter un discours : que l’on habite dans une grande ou petite ville, le tri sélectif se fait différemment. Il faut alors une vraie sensibilisation et permettre à tous de pouvoir réduire ses déchets ménagers.

    Entretien réalisé par Noa Armony

  • Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Dans le Var, le projet Geopark avance avec l’inauguration de la salle scientifique de la Maison de la Nature du Plan

    Porté par les Départements du Var et des Alpes-Maritimes, le projet de création du géoparc du Socle de la Provence et d’obtention du label mondial « Géopark Unesco », à cheval sur les massifs des Maures, de l’Estérel et du Tanneron, continue de se construire, à quelques mois du dépôt de candidature, prévu pour début 2027. « Zone géographique unifiée où des sites et des paysages d’importance géologique internationale sont gérés selon un concept holistique de protection, d’éducation et de développement durable », selon la définition donnée par l’institution, il s’étend sur 1 600 m², entre le Var et les Alpes-Maritimes, du Cap Sicié jusqu’au plateau de Vallauris, constituant la « Provence Varisque ».

    Ce vendredi a été inaugurée la salle scientifique de la Maison départementale de la nature du Plan, à La Garde, ainsi que son exposition permanente. Un lieu qui n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il fait partie intégrante du projet de géoparc, dont il sera l’un des points d’entrée. Il constituera ainsi l’un des 18 sites informatifs, en complément des 63 géosites qui composeront le géoparc. L’exposition a pour but de présenter ses aspects géologiques à travers plusieurs outils : vidéoprojection, panneaux explicatifs, modélisations, cartes, microscopes…

    Un lieu essentiel pour obtenir le label « Géoparck », comme l’explique Jean-Marc Lardeaux, docteur en géologie, l’un des porteurs du projet : « L’Unesco veut que la valeur scientifique du territoire soit de niveau international, mais aussi que les habitants s’approprient cette connaissance et comprennent comment la ressource géologique a permis le développement des sociétés. » Dans cette optique, « la vulgarisation est capitale. Il ne faut pas se perdre dans des vocabulaires trop précis, tout en restant rigoureux. » Car, finalement, « le projet du géoparc doit incarner la simplicité, la mise à disposition, mais aussi la rigueur scientifique. »

  • Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Une douce musique de flûte accompagne la lecture d’un livre pour enfants. L’atelier intitulé « Des livres et des bébés », organisé à la médiathèque Salim-Hatubou (15e), ce mardi, a lancé l’inauguration de la 4e édition du festival « Mots d’ici, mots d’ailleurs ». Des ateliers gratuits d’écriture et de création manuelle sont également proposés, durant les dix jours du festival, aux habitants des 15-16.

    Jennyfer, maman d’une petite fille de 10 mois, assiste à la séance de lecture. « La directrice de la crèche du Plan d’Aou est très investie et nous a encouragés à participer aux activités. L’initiation aux mots dès le plus jeune âge est primordiale », partage-t-elle. Elle ajoute : « Comme d’autres structures, la médiathèque est très dynamique, les jeunes du quartier viennent souvent. »

    Une dynamique

    collective locale

    Un cadre structurant également salué par Lola Burette, référente lecture et coorganisatrice du festival au sein de la Ligue 13 : « Sur les 15-16, il y a deux bibliothèques très structurantes et des centaines d’associations, des centres sociaux et des habitants très actifs. »

    Le projet est né d’une organisation conjointe menée par les Cités éducatives et la Ligue de l’enseignement, un « temps fort pour relier les écoles, les bibliothèques, les collèges, les centres sociaux et tous les acteurs éducatifs territoriaux ».

    Le festival répond à l’un des axes de travail principaux de la Cité éducative des quartiers Nord : « Favoriser la lecture et l’écriture », en réponse à « un besoin territorial lié aux lacunes en écriture et en lecture », explique Daniel Duthoit, animateur territorial des Cités éducatives.

    Dans le hall de la médiathèque, les travaux des enfants sont exposés, autour du thème « Croisons nos mondes », écho aux parcours multiculturels et multilinguistiques des familles du quartier. On peut notamment y lire le récit intime d’Eleyjah, 14 ans : « Je ne suis presque jamais sorti de mon quartier. Pour moi, Marseille… c’est juste un nom qu’on entend partout. »

  • La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue lève les yeux vers l’Unesco

    La Camargue ne veut plus seulement être regardée comme une carte postale. Marais, taureaux, chevaux, flamants roses, salins, rizières, roselières : derrière les images connues, c’est tout un territoire vivant, fragile et menacé qui cherche aujourd’hui une reconnaissance internationale. Portée par l’association « La Camargue à l’Unesco », créée fin 2023, la candidature du delta du Rhône au patrimoine mondial naturel se structure pas à pas. Avec une conviction martelée par ses promoteurs : il ne s’agit pas de mettre la Camargue « sous cloche », mais de mieux organiser sa protection.

    Réunis en avril à Vauvert, au siège du Syndicat mixte de la Camargue gardoise, les membres de l’association ont présenté l’avancée du dossier devant élus, associations et habitants. À leur tête, Stanislas Blohorn, président, et Véronique Jullian, vice-présidente, portent une ambition de long terme. « On avance », résume cette dernière. Une première étape a déjà été franchie avec un courrier adressé au ministère de la Transition écologique pour formaliser la démarche. Le territoire figure d’ailleurs depuis 2002 sur la liste indicative française de l’Unesco, passage obligé avant toute candidature officielle.

    Un delta, cinq arguments

    Pour convaincre, l’association a défini cinq grands axes. Le premier tient au delta du Rhône lui-même, l’un des plus vastes d’Europe, né d’un fleuve prenant sa source dans les Alpes suisses avant de rejoindre la Méditerranée. Un espace façonné par l’eau, les sédiments, les crues et les vents. Un « laboratoire à ciel ouvert » face au changement climatique.

    Le deuxième axe met en avant les processus naturels rares : lagunes, cordons littoraux, dynamique sédimentaire, interaction permanente entre le fleuve et la mer. Le troisième insiste sur la biodiversité exceptionnelle du territoire, tandis que le quatrième valorise son rôle de carrefour migratoire majeur. Quelque 350 espèces d’oiseaux y trouvent refuge ou passage, entre Afrique et Europe du Nord. Enfin, le dernier pilier du dossier concerne la relation ancienne entre l’homme et la nature : riziculture, salins, élevage de taureaux et de chevaux, récolte de la sagne. Ici, les activités humaines font partie du paysage.

    C’est un point sur lequel les porteurs du projet insistent. Une inscription à l’Unesco ne signifierait pas l’arrêt de la vie locale. « L’Unesco n’interdit pas, elle organise », rappellent-ils. L’enjeu est au contraire de concilier protection de la nature, agriculture, tourisme et activités économiques. Dans une Camargue déjà confrontée à la salinisation des eaux, à l’érosion du littoral, à la pression touristique, aux projets industriels ou d’infrastructures, la reconnaissance mondiale pourrait permettre de mieux coordonner les réponses.

    Une gouvernance

    à inventer

    Car le territoire souffre aussi d’un morcellement institutionnel. Grande et Petite Camargue, Gard, Bouches-du-Rhône, Occitanie, Paca, communes, syndicats mixtes, parcs, propriétaires privés, acteurs économiques : chacun gère une partie du puzzle. Pour l’association, la candidature doit permettre de dépasser ce millefeuille. Elle se présente comme un facilitateur et plaide pour une gouvernance partagée, autour d’un organe juridique nouveau et d’un plan de gestion sur dix ans. « On doit montrer qu’on est capable de fédérer tous les acteurs », insiste Véronique Jullian.

    Le chemin reste long. L’État devra actualiser l’inscription sur la liste indicative, puis décider de porter officiellement le dossier devant l’Unesco. Études, concertation, financements : plusieurs années seront nécessaires, avec un horizon de
    « 5-6 ans ». Mais pour ses défenseurs, l’enjeu dépasse le prestige. Il s’agit de faire de l’Unesco non pas une médaille, mais un outil : pour mieux protéger la Camargue, renforcer sa visibilité internationale et construire un développement durable à la hauteur de ses fragilités.

  • Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Le Département met à l’honneur les vins de Cassis

    Les vins de Cassis, ce sont dix domaines familiaux et 220 hectares pour une production annuelle environnant un million de bouteilles. Après avoir célébré le vin à l’occasion des 90 ans de l’appellation, Lisa Genovesi ouvre, ce mardi 19 mai, les portes du domaine familial. Lors de l’échange, le savoir-faire local est mis en avant. « Les vins de Cassis, c’est une communauté d’une nouvelle génération de vignerons soudés », explique Lisa Genovesi.

    La viticultrice définit son vin comme « un produit de terroir gourmand ». Aux côtés des autres domaines, les dix domaines œuvrent à promouvoir un savoir-faire caractéristique de la région. « Terre, mer et vin ont toujours été liés sur ce territoire », raconte-t-elle. Selon Lisa Genovesi et ses collègues, le vin est aussi un « levier de promotion d’une culture provençale ». Les vignerons promeuvent « les danses folkloriques et l’usage de la langue provençale » dans la région.

    Malgré la crise du secteur à l’échelle nationale, Lisa Genovesi affirme : « On s’en sort, on va ni mal, ni bien. Puis chacun sa stratégie, soit on fait avec, soit on s’adapte. » La principale problématique de la région proviendrait des variations climatiques intenses, de la baisse de consommation et de la maladie de la flavescence dorée. Les échanges sont restés assez vagues sur les problématiques propres au territoire, bien qu’Hervé Garnier mentionne certains arrachages qu’il considère comme « un véritable échec ».

    « 136 000 euros alloués

    au secteur »

    Dans un contexte en crise où la consommation a baissé de 3% selon l’élu, il n’est pas question de changer les habitudes. « Afin de conserver l’appellation, on respecte un cahier des charges très strict. On veut garder l’essence de notre produit et on n’a jamais cédé sur l’identité de notre appellation », insiste la viticultrice.

    Une prise de position permise grâce au soutien incontestable du Département. Hervé Granier, déléguée à la viticulture, réaffirme ce lien : « On veut soutenir les viticulteurs. Au total, ce sont 136 000 euros alloués au secteur. »

  • Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Les organisations économiques avec Olivier Galzi pour la LEO

    Un « pack territorial », comme le qualifie le premier édile, afin de poursuivre « une priorité absolue pour l’attractivité, la compétitivité et le développement du bassin de vie avignonnais », explique le Grand Avignon dans un communiqué de presse. « Après l’union politique, l’union économique derrière un projet crucial pour notre territoire ! », se félicite le maire de la Cité des Papes sur ses réseaux sociaux. « L’État doit impérativement se saisir du projet des tranches 2 et 3, majeures pour l’économie locale, l’attractivité et le développement du territoire », assure la CPME de Vaucluse.

  • Le maire d’Ollioules Robert Bénéventi à la tête du SCoT

    Le maire d’Ollioules Robert Bénéventi à la tête du SCoT

    L’élection du président et de ses sept vice-présidents s’est déroulée à bulletins secrets, la semaine dernière, en préfecture, lors de l’assemblée du comité syndical du SCoT Provence-Méditerranée.

    Sans surprise, puisqu’il était le seul candidat, Robert Bénéventi a été reconduit à ce poste qu’il occupe depuis 25 ans, avec 29 voix sur 31 votants (deux bulletins blancs ont été comptabilisés).

    Pour un aménagement durable

    Pour mémoire, ce Schéma de cohérence territoriale dépasse aujourd’hui largement le périmètre de la seule métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), puisqu’il s’étend également à la communauté d’agglomération Sud Sainte-Baume, à la Vallée du Gapeau et à Méditerranée Porte des Maures. Un document central, précise Robert Bénéventi, pour un aménagement durable des territoires. Il joue ainsi un rôle de pivot entre les politiques publiques et les réalités locales.

    Après sa désignation, ont été élus à ses côtés en qualité de vice-présidents : Josée Massi, maire de Toulon et présidente de TPM, qui a recueilli 28 voix. Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier, et Robert Deledda, maire de La Cadière.

    Arrive ensuite François de Canson, maire de La Londe, qui devient donc le quatrième vice-président, suivi d’Yves Palmiéri, maire de La Farlède, Franck Chouquet, adjoint au maire de La Garde, et Véronique Bernardini, maire d’Hyères, septième vice-présidente.

    Le RN Mathieu Perchoc, adjoint à La Seyne-sur-Mer, avait lui aussi candidaté pour ce poste, mais n’a finalement obtenu que 7 voix contre 23 pour Véronique Bernardini.

  • Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Le moustique tigre sous haute surveillance dans notre région

    Devenu invité permanent de nos jardins ou de nos balcons, le moustique tigre reste surtout un vecteur important de maladies, transmettant aux humains les virus de la dengue, du zika et du chikungunya, rappelle l’Agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), qui a officiellement ouvert la saison de surveillance de la bestiole le 1er mai.

    Avec plus de 97% de la population de la région qui vit au contact de cet insecte, un nombre inédit de cas autochtones a été enregistré en 2025 en Paca. Entre début juin et début novembre, 450 cas de chikungunya et 16 cas de dengue ont été recensés, « répartis en 35 épisodes distincts de transmission, essentiellement dans les Alpes-Maritimes, le Var et les Bouches-du-Rhône », précise l’ARS.

    Un suivi précis des cas

    Ce qui fait de Paca la région la plus touchée, avec près de 60% des cas identifiés en France. Un niveau important comme « jamais elle n’en avait connu », commente l’ARS, même si la tendance est à l’augmentation, depuis 2022.

    Raison pour laquelle la mobilisation des professionnels de santé, des collectivités et de la population demeure essentielle, « pour prévenir la transmission et limiter la prolifération de l’insecte ». D’autant que, suite à la hausse des températures et à l’allongement des journées, les larves sont actuellement en plein développement après avoir passé l’hiver sous la forme d’œufs. Et vont rapidement devenir des moustiques tigres adultes, capables de piquer.

    Pour lutter contre ce fléau, l’ARS recommande d’éliminer les petites réserves d’eau une fois par semaine, notamment les coupelles de plantes, de bâcher ou recouvrir d’une moustiquaire les réserves d’eau, de ranger à l’abri de la pluie tout ce qui peut en contenir, et de nettoyer les gouttières ainsi que de ramasser les déchets verts.

    Grillages et moustiquaires, vêtements couvrants et amples, répulsifs et ventilateurs à fond peuvent aussi permettre de profiter de son extérieur. En cas de symptômes, tels que la fièvre brutale, des douleurs articulaires ou musculaires, des maux de tête et une éruption cutanée, l’ARS recommande de consulter sans attendre son médecin traitant. Chaque cas de dengue, chikungunya ou zika confirmé devant être déclaré pour identifier les lieux de contamination éventuels.

  • L’association des maires passe le message au préfet

    L’association des maires passe le message au préfet

    L’amphithéâtre des archives départementales, à Marseille, n’a pas fait le plein, jeudi, à l’occasion de l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône. Un rendez-vous annuel organisé dans un contexte post-municipales et l’élection de 33 nouveaux maires dans le département. Plusieurs d’entre eux, dont Jean-Pierre Squillari (DVG) élu à Aubagne, avaient répondu à l’invitation.

    Au total, 65 étaient présents ou représentés sur les 93 adhérents de l’association d’un territoire comptant 119 communes. Parmi les absents figuraient Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille – représenté par Pierre Huguet (G.S), son adjoint aux relations institutionnelles et 1er vice-président de la Métropole – ainsi que Nicolas Isnard, nouveau président de l’EPCI. En déplacement, il avait donné pouvoir à Georges Cristiani.

    À la tribune, le président de l’association des maires s’est chargé de faire passer les messages. Saluant le soutien de Martine Vassal, présidente (DVD) du Département – « un partenaire privilégié » -, et celui du président de Région (Renaissance), Renaud Muselier, sur lequel il sait pouvoir compter « pour défendre des citadelles municipales », Georges Cristiani s’est montré plus rude envers l’État, qui a retiré 5 milliards aux collectivités, et le Gouvernement qui, citant Beaumarchais, « a l’art de plumer la poule sans la faire crier ».

    Assis à ses côtés, le préfet Jacques Witkowski s’est aussi vu rappeler le bref passage de son prédécesseur, parti rejoindre le cabinet du président de la République. « Il ne nous a pas laissé un souvenir attendri (…), c’est le seul préfet que je connaisse qui a réussi à nous abîmer », glisse le représentant des maires, « avec vous, qui êtes un homme d’action, je sais que nous aurons des gestes, des actes et pas seulement des mots ».

    « Prenons garde »

    Le premier attendu est la formalisation du budget de la Métropole que les maires ont refusé de voter, le 28 avril, sur fond de déficit de 123 millions d’euros imputé aux ponctions de l’État sur les deux dernières années. Les élus redoutent notamment une intervention de la chambre régionale des comptes (CRC) sur les Attributions de compensation, l’un des leviers susceptibles d’être actionnés, au même titre que la fiscalité des ménages (taxe foncière) ou celle des entreprises (versement mobilité). « Les lois de finance rectificatives sont encore plus sournoises, prenons garde à nos attributions de compensations », glisse Georges Cristiani après avoir enjoint le préfet à faire passer le message.

    Avant cela, Martine Vassal avait rappelé l’effort financier du Département – 920 millions reversés aux communes entre 2018 et 2023 -, insistant sur la nécessité d’un « partenariat » et d’un « dialogue républicain » avec l’État. Renaud Muselier, lui, n’a pas caché son inquiétude : « Monsieur le préfet, nous sommes tous rabotés de façon régulière et systématique. À un moment, on est à l’os et on ne peut pas se laisser faire. On vous tend la main, on est avec vous. »

    à l’amorce d’une mandature « particulière » avec les élections nationales à venir et la fin « de la mondialisation bienveillante », le préfet assure que « la commune est l’élément clé », puis glisse quelques « messages de service » sur l’organisation des élections sénatoriales, la sécurité, l’effondrement démographique et son lot de fermetures d’écoles, « l’âme d’une commune ». Et de les prévenir ensuite que les lettres d’objectif triennal de la loi SRU ont été signées et envoyées. Assis au premier rang, le sénateur d’extrême droite, Stéphane Ravier, ricane. En 2026, les municipalités ne respectant pas l’obligation de 25% de logements sociaux vont payer 15,6 millions d’amendes…

    Le préfet assume son « rôle de contrôle des décisions des maires »

    « Les maires sont des chevilles ouvrières sans lesquelles le pays ne fonctionnerait pas comme il le fait. » À l’assemblée des maires des Bouches-du-Rhône, le préfet, Jacques Witkowski, était attendu sur le budget de la Métropole pour lequel il a saisi, lundi, la CRC. Interrogé, il s’est fait discret à la sortie : « Tout le monde exprime dans ces moments des préoccupations et soucis. Les maires sont confrontés à des politiques parfois complexes parce que l’intérêt individuel peut se heurter à l’intérêt collectif. Il est très important d’entendre ce que les maires ont à dire, mais aussi rappeler que l’État est d’abord un État partenaire, d’accompagnement, mais j’ai aussi un rôle de contrôle des décisions des maires, il faut l’assumer. »