Tag: températures

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Un deuxième gymnase ouvert pour les sans-abri

    Le gymnase Ruffi accueille les SDF depuis ce mardi. Dimanche déjà, un premier gymnase, Vallier, avait été désigné comme centre d’hébergement. Il a pu accueillir jusqu’à 80 personnes lundi soir. Mais il était insuffisant face à la situation d’urgence. « Nous avons estimé dès mardi que les capacités étaient quasiment atteintes et que la baisse des températures se maintenait, il était nécessaire d’ouvrir un deuxième équipement », indique Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire de Marseille déléguée à la solidarité. La capacité d’accueil du gymnase Ruffi sera sensiblement la même que celle de Vallier, soit une centaine de personnes.

    « Le manque de places est structurel », s’offusque l’élue, constatant le fossé phénoménal entre le nombre de places d’hébergement à Marseille et le nombre de sans-abri. Le bilan fait froid dans le dos : près de 7 000 places pérennes contre un flux de 16 000 personnes ayant déclaré avoir été au moins une fois en situation de sans-abrisme. Aussi, pour contrer le froid, la fraternité Belle de Mai donne des vêtements chauds toute la semaine à partir de mardi dans ses locaux.

    Le Samu social œuvre toujours

    « Dès que le froid commence à arriver dans la ville, nous renforçons les moyens propres de la Ville de Marseille dans nos maraudes, dans les distributions de couvertures, etc. », précise Audrey Garino. En partenariat avec les structures et associations œuvrant sur le terrain. À Marseille, le Samu social est municipal et donc financé par la Ville, une spécificité. Les équipes interviennent 365 jours par an en maraude et en gestion d’équipements (douches municipales). « Un engagement du quotidien », souligne Audrey Garino.

  • A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    A Marseille, Martigues, Toulon ou La Seyne-sur-Mer, le premier bain de l’année se fête

    Marseille : jeudi 1er janvier 2026 à 12h. Plage Prado-Nord, lieu dit plage du Petit-Roucas blanc (13008).

    Organisée par les Libres nageurs et les Nageurs du Prado, un bain populaire, gratuit et festif, accessible à tous, attend les plus courageux pour sa 2eme édition.

    Bain de pieds, trempette ou petite baignade, rien de tel pour « réveiller les sens et la santé, et se serrer les coudes pour l’an qui vient », annonce l’association, sur le ton joyeux qui les caractérise.
    Un détail ? C’est « esprit carnaval » ! Les bonnets de bain de « Papa Noël » ou chapeaux pointus, langues de belles mères sont les bienvenus. Plumes et paillettes aussi !

    Un pique-nique sur les estrades en haut de la plage après le bain clôture l’initiative. A chacun d’amener des victuailles.

    Attention, aucun encadrement n’est prévu dans l’eau, aucune nage loin du rivage n’est autorisée.

    Marseille: jeudi 1er janvier à 12h. Plage des Catalans (13007)

    Comme chaque année, les Fronts runners Marseille (FRM) association sportive LGBT+ se réunissent à la plage des Catalans pour le premier bain de l’année !

    Pour commencer cette nouvelle année sous le signe du partage, un apéro festif est prévu sur la plage.
    Boissons chaudes et variées. De quoi grignoter aussi pour tous les goûts.

    Marseille : samedi 3 janvier 2026 à 12h. Cercle des nageurs. 140-150 Bd Charles Livon (13007).

    Le bain du 1er samedi de l’année au CNM est un des plus anciens, et des plus renommés de la ville. Il est suivi d’un verre de vin chaud bien mérité.
    Attention seul les membres du cercle sont invités pour ce bain un brin select.

    Martigues : dimanche 11 janvier 2026 à 11h – Plage de la Couronne.

    Soupe, et échauffement en musique, pour une ambiance festive.

    Toulon : 1er janvier à 10h30. Anse des Pins, plages du Mourillon. Séance d’échauffement et top départ du Grand bain.

    Venez- vous jeter à l’eau dans la joli anse des Pins et profiter des bienfaits de la mer poussé par l’élan collectif. Un diplôme attestant de la participation sera remis à tous, avant de partager un chocolat chaud, un café et une petite collation pour se réchauffer.

    La Seyne-sur-Mer: samedi 3 janvier 2026à 10h – Esplanade Boeuf – les Sablettes.

    Vin chaud et récompenses à la clé.

  • Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Le Mont-Ventoux fait face au changement climatique

    Si nombre de suiveurs du Tour de France ont toujours en tête la victoire du Français Valentin Paret-Peintre au sommet du mont Ventoux en juillet dernier, le Géant de Provence est avant tout un écosystème à part et fragile. Menacé par le changement climatique, le Parc naturel régional (PNR) du mont Ventoux a commandé au Groupe régional d’experts sur le climat en Provence-Alpes-Côte d’Azur (GREC-SUD) un cahier territorial faisant état de la situation ainsi que des pistes à explorer pour sa préservation.

    Une menace avérée

    En ouverture du document, Jacqueline Bouyac, présidente du PNR, assure que le site « aspire à devenir un site pilote dans la lutte contre le changement climatique » et que « cette ambition se concrétise par des actions dans divers domaines ».

    Car quelques degrés en plus, et c’est tout l’écosystème qui est menacé. Avec un réchauffement estimé à 0,4 degré Celsius par an, le climat du Parc naturel régional « ressemblera probablement à celui de Séville », peut-on lire. « La sapinière du mont Ventoux est, par exemple, particulièrement exposée et menacée. Elle disparaîtra quasiment si le réchauffement global n’est pas contenu à +2 °C », précise le GREC-SUD par la suite. L’agriculture locale serait également mise à rude épreuve. L’augmentation des températures signifierait des « besoins en irrigation renforcés, une perte de rendement, une modification des profils aromatiques ou encore une plus forte pression des ravageurs ».

    Les cultures « emblématiques », telles que la cerise ou la vigne, seraient alors en danger. Le GREC-SUD estime qu’une perte économique de 30 à 50% est « possible » dans ces filières.

    Des actions concrètes

    L’organisme liste ensuite des pistes et une stratégie pour s’y adapter, notamment à travers le Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, ou encore la charte du PNR. Plus concrètement, sont évoqués pour le maintien de la biodiversité le respect des aires protégées ou des solutions « fondées sur la nature », telles que l’agroécologie, le pastoralisme ou la conservation des milieux ouverts.

    Pour la forêt, « identifier les peuplements les plus vulnérables par des modélisations prospectives permet de renforcer leur surveillance et d’anticiper les modifications », tout en évoquant la possibilité de l’« exclusion de certaines espèces déjà fragilisées ». Et côté pratiques agricoles, la « diversification des systèmes agricoles est une étape clé pour maintenir et développer l’agriculture locale et faire face à l’évolution des aléas climatiques », assure le GREC-SUD, tout en alertant sur la nécessité d’optimiser le rendement des réseaux d’eau. Mais aussi des actions autour du tourisme ou encore l’urbanisme.

    Document a lire en intégralité
    sur parcduventoux.fr

  • La Région met sur rails la résilience climatique

    La Région met sur rails la résilience climatique

    Le campus Biaggi, à la porte d’Aix à Marseille accueillait ce jeudi le Forum « Résilience climatique et infrastructures ». Un rendez-vous ouvert par Matthieu Chabanel, le PDG de SNCF Réseau, et Jean-Pierre Serrus, vice-président (Ren.) de la Région chargé des transports. « Les discours fatalistes ne servent pas à grand-chose… Le climat nous impose d’être lucides, les usagers nous imposent d’être courageux », a martelé ce dernier.

    La collectivité régionale a lancé en août 2024, une étude sur la vulnérabilité des infrastructures et services de transports face au changement climatique. Coût de l’opération : un million d’euros, co-financés avec l’État. Les objectifs : éditer un guide méthodologique, cartographier l’exposition aux risques, produire des analyses fines et élaborer un plan d’adaptation multipartenarial. Il est attendu pour 2026.

    Démarche pilote

    Une « démarche pilote » à l’échelle nationale. Alors que la France a connu en 2024 sa première année à 1,5 degré, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est particulièrement concernée par une exposition « à tous les extrêmes ». Une ville comme Avignon connaît ainsi une augmentation des températures de +2,3 degrés par rapport aux années 60. Les conséquences sont connues : « Vagues de chaleur, cycle de l’eau perturbée, augmentation des variabilités annuelles, risques incendie », rappelle Antoine Nicault, le coordinateur général du Grec Sud, la déclinaison régionale du Giec.

    Des conditions qui mettent sous tension le réseau ferroviaire. Les rails se dilatent, imposant des ralentissements pour éviter le flambage, les sols argileux déforment les voies, tandis que les inondations endommagent les ouvrages, les feux de forêt menacent caténaires et équipements électriques.

    Dans une région comptant 1 500 kilomètres de rails et 200 gares, empruntés par 85 millions de voyageurs et 4 000 millions de tonnes de marchandises, la hiérarchisation des infrastructures les plus sensibles est devenue une priorité. Pour accroître « la surveillance et la maintenance », explique Matthieu Chabanel, pour « l’adaptation de l’exploitation », et enfin pour « les opérations plus lourdes de modernisation voir de reconstitution du réseau ». Le matériel roulant est lui aussi soumis à un entretien, renforcé avec en période de crises « des stops circulation », note Jérôme Baillarguet, directeur du technicentre SNCF voyageurs TER Sud. Et de rappeler que les choix de centres de maintenances non couverts au début des années 2000 entraînent aujourd’hui des pertes d’activités.

    Pendant que Matthieu Chabanel met en avant le projet Minerve, 35 millions investis dans un jumeau numérique du réseau, Stéphane Lerendu, directeur des grands projets SNCF Gares & Connexions met lui l’accent sur la future gare « bioclimatique » de l’aéroport de Nice. Un espace « démonstrateur sur le plan de l’adaptation », ouvert et surmonté d’une grande canopée adaptée aux vents, entièrement ombragée, avec juste 20% de surface traitée en thermique et 4 200 m2 de surface jardin.

  • Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Ces deux dernières semaines, le froid a fait son retour dans le Var. Localement, le mercure est parfois descendu sous les 0°C et quelques flocons sont tombés à très basse altitude, tandis que les reliefs du Haut-Var ont légèrement blanchi. Une première offensive hivernale qui rappelle que le soleil et la chaleur ne sont pas un apanage annuel. Et qui, surtout, marque le début d’une période particulièrement difficile pour les personnes précaires et sans-abri. En France, depuis le début de l’année, 614 d’entre elles sont décédées.

    C’est pourquoi comme chaque année, la préfecture du Var met en place son dispositif de mise à l’abri hivernal. Piloté par la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) sous l’autorité du préfet, avec le soutien des associations de terrain et du Siao 115, celui-ci est en place depuis le 1er novembre.

    Un plan à deux niveaux

    Un dispositif complémentaire aux 955 places d’hébergement d’urgence mises à disposition toute l’année par les services de l’État et les associations, et qui doit permettre « d’offrir un accueil pour toute personne qui demande à être à l’abri en cas de températures ressenties négatives », affirme la préfecture. Deux niveaux d’alerte sont ainsi établis : le niveau 1 pour les températures comprises entre -1°C et -4°C, et le niveau 2 pour les températures inférieures ou égales à -5°C.

    Le niveau 1 implique l’ouverture de deux accueils de nuit (7 places en file active sur l’agglomération de Hyères et 10 places à destination des femmes seules à Toulon), de 5 salles paroissiales et associatives (44 places) en plus des 8 places déjà ouvertes sans condition climatique sur les agglomérations de Hyères et Saint-Raphaël, des huit accueils de jour avec des extensions horaires, mais aussi des mises à l’abri hôtelières complémentaires au sein de 11 établissements partenaires, et la mise en place d’un tiers-lieu alimentaire pour les familles à la rue ou hébergées à l’hôtel. Le niveau 2 consiste en un renforcement de l’alerte, via l’intensification des maraudes effectuées par les équipes mobiles et les bénévoles. Au total, ce dispositif permet d’accueillir 955 personnes par jour.

    Pour encadrer ce dispositif, le Siao-115 du Var mobilise ses équipes sur le terrain et dans les centres d’appels et informe la DDETS du Var en temps réel de l’évolution des demandes. Un médecin est disponible sur Toulon pour coordonner le parcours de soins des personnes vivant à la rue, avec des interventions du Smur dans le cadre de la régulation médicale du centre 15 suite à un signalement au 15, 18 ou 112. Si une personne refuse la mise à l’abri alors qu’elle semble en danger, il appartient aux agents d’user de toute leur persuasion et, en cas d’échec, de prévenir le Service d’aide médicale urgente (Samu) qui activera les moyens de secours adaptés. La préfecture invite à multiplier les dons matériels (vêtements, nourriture, kits d’hygiène…) et pécuniaires auprès des associations, et à appeler le 115 en cas de repérage d’une personne sans-abri en difficulté ou en danger.

  • Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Vague de froid : le gymnase Vallier devient un refuge

    Alignés les uns aux autres, des lits de camp kaki recouvrent le lino du gymnase Vallier. Samedi, en fin d’après-midi, environ la moitié de la literie est déjà occupée par des hommes isolés vivant à la rue. Face à l’épisode de froid qui sévit actuellement, « la Ville de Marseille a proposé aux services de l’État d’ouvrir un équipement municipal pour les accueillir », explique Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille déléguée aux affaires sociales, à la solidarité, et à la lutte contre la pauvreté (PCF).

    « On a un accord avec la préfecture : on met à l’abri les hommes, avec des associations qui assurent la gestion du gymnase notamment le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), l’Accueil de jour et nuit (ADJ) et la Croix Rouge, et l’État ouvre des places d’hôtel pour les femmes et les familles. » Après une première nuit, du 21 au 22, quasiment complète avec 46 personnes accueillies sur les 50 places disponibles, la Ville a ajouté 40 lits pour les prochains jours, puisque le dispositif s’étendra au moins jusqu’au mardi 25 novembre.

    Pas de sortie sèche

    Pour Thiago, sans domicile depuis 15 jours, cette mesure est un soulagement. Lui a choisi de quitter son appartement par peur de s’endetter auprès de son propriétaire après avoir été arnaqué par son employeur qui lui doit deux mois de salaire. « Quand les températures ont baissé, on a essayé de s’abriter dans un parking du Vieux-Port mais il faisait tellement froid qu’on n’a pas réussi à dormir, même avec des couvertures », raconte-t-il. La faute, aussi, à une hypervigilance qu’il a développée depuis qu’on lui a volé ses papiers alors qu’il s’était assoupi.

    Au gymnase, il est « rassuré » et se sent entouré de « personnes accueillantes et bienveillantes ». « Venir ici m’a aussi permis d’avoir accès au SIAO, qui va essayer de me trouver un logement, poursuit Thiago. Ils doivent me donner la réponse lundi ! »

    Sabine Fabiani, directrice adjointe en charge du pôle « aller vers » de l’ADJ, explique : « Le but, c’est qu’à la sortie, on leur propose quelque chose. En janvier dernier, sur 90 personnes, au moins 70 ont été orientées vers des foyers d’urgence, des Maisons relais, des pensions de famille ou des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale. »

    Environ 7 000 places d’hébergement d’urgence sont ouvertes à Marseille, dont 500 créées par la Ville depuis le début du mandat de Benoît Payan. « On a capté 13 bâtiments municipaux pour le faire et on a un objectif de 500 places supplémentaires », précise Audrey Garino, qui détaille : « Une halte de nuit devrait sortir dans les premières semaines en prévision de l’hiver pour les personnes les plus exclues. »

  • Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    Le plan grand froid activé par la préfecture de Vaucluse

    La préfecture de Vaucluse a activé ce vendredi 21 novembre le plan Grand froid « en raison des tensions sur les dispositifs d’hébergement d’urgence ainsi que des prévisions des températures ressenties en Vaucluse sur les tout prochains jours », précise-t-elle dans un communiqué de presse.

    Des mesures d’accueil d’urgence sont donc mises en place, avec notamment un centre d’hébergement exceptionnel pour les personnes sans abri, mis en place ce vendredi à partir de 15 heures à Avignon. Celui-ci se situe à la maison municipale Mérindol, au 15 rue Paul-Mérindol, et ce grâce à la mobilisation des services de la ville d’Avignon, du Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), de la Croix-Rouge et du Secours populaire, aux côtés des services de l’État. Dispositif déjà activé en début d’année.

    Un lieu d’une capacité maximale de 43 places qui sera ouvert chaque jour de 15 heures à 9 heures le lendemain. « Une évaluation quotidienne des besoins sera conduite par les services de l’État permettant le maintien de cet accueil jusqu’au radoucissement des températures », ajoute la préfecture. L’orientation des personnes en demande d’hébergement d’urgence vers le centre est réalisée uniquement par le SIAO en appelant le 115, joignable 24 heures sur 24. Un numéro qui peut également être utilisé pour signaler une situation préoccupante.

    La préfecture assure ensuite dans le même communiqué que le SIAO « continue d’assurer la coordination, le suivi des capacités d’hébergement d’urgence ainsi que l’orientation des demandes d’hébergement vers l’ensemble des structures adaptées » et appelle les maires « à la plus grande vigilance et à faire preuve de solidarité en accueillant toute personne en difficulté qui leur serait signalée ».

  • [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    [Entretien] Jean-Marc Groul : « Les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses »

    La Marseillaise : Dans quels cas parle-t-on de canicule marine ?

    Jean-Marc Groul : Il faut bien faire la différence entre le réchauffement climatique dû au réchauffement global de la planète, qui est quelque chose de lent et continu (0,4 degré en 10 ans environ) et les canicules marines, qui sont des phénomènes exceptionnels et ponctuels. On parle de canicule marine lorsque la température moyenne de la mer est dépassée d’environ 5 ou 6 degrés pendant une période d’au moins 5 à 6 jours. La canicule marine est le plus souvent liée à une canicule terrestre, les fameux dômes de chaleur comme on a eu cette année. La canicule qui a eu lieu fin juin-début juillet était de ce point de vue caractéristique : les nuages ne faisaient pas trop écran, il n’y avait pas de vent donc il y avait une énorme masse de chaleur au-dessus de la mer, qui a transmis, sur les 50 premiers mètres d’eau, une température très forte (l’eau était à 29,5°C).

    Fin juillet, c’est le phénomène inverse qui s’est produit : le thermomètre n’affichait plus que 17,5°C à la surface de la Méditerranée. Comment l’expliquer ?

    J.-M.G. : Ce qui arrête la canicule, c’est un mécanisme appelé « upwelling », dû au vent. Dans le golfe du Lion, la tramontane et le mistral ont une fonction très importante qui est de brasser les eaux. Sous l’effet de ces vents, les eaux de surface s’éloignent au large, celles de profondeur, plus fraîche, remontent. Ce mélange est essentiel à la vie de la Méditerranée. Lorsque la tramontane s’est levée, ce phénomène bien connu ici s’est produit et l’eau a plongé en température, ce qui a stoppé l’épisode de canicule. S’il n’y avait pas eu ce gros coup de tramontane, ça aurait été une catastrophe. Mais c’est propre au golfe du Lion. Au large de la Corse ou aux Baléares, la canicule marine peut s’installer et être beaucoup plus sévère.

    Globalement, les canicules marines sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses. On sait, grâce à des études très poussées, que le réchauffement climatique de la planète est responsable de plus de 80% des canicules marines. Il y a 40 ans, il y avait une canicule par an sur une zone précise. Depuis quelques années, il y en a sur tout le bassin méditerranéen et c’est 2, 3 ou 4 fois par an. C’est très préoccupant.

    Quelles sont les conséquences de ces canicules sur la biodiversité marine ?

    J.-M.G. : C’est dans les cinquante premiers mètres d’eau depuis la surface que l’impact de la canicule se fait sentir. Lorsque le décalage de température entre la surface et les profondeurs devient trop important, une séparation complète se produit : les deux zones ne se mélangent plus, un peu comme de l’eau et de l’huile. L’eau chaude reste au-dessus, l’eau froide en dessous. Or le mélange de l’eau est vital, car les eaux de surface apportent l’oxygène en bas grâce au brassage et les eaux du bas apportent les éléments minéraux pour enrichir les eaux de surface pour le plancton.

    Les espèces impactées sont celles qui se trouvent dans les 50 premiers mètres et ne peuvent pas aller plus profond. La plupart des animaux marins sont des animaux à sang froid, ce qui signifie que leur température se calque sur celle du milieu, quand celle du corps humain, par exemple, se régule. Si bien que si la température idéale pour un animal est de 20°C et qu’il fait 30°C, à moins qu’il ne puisse plonger, il meurt. Les animaux les plus menacés sont donc tous les animaux fixés : éponges de mer, gorgones, bivalves (moules, etc.), herbiers, notamment de Posidonie. Mais aussi le plancton, qui évolue essentiellement dans ces fameux 50 premiers mètres. Il y a des études menées par des scientifiques qui suivent des zones bien délimitées. Deux mois après une canicule marine, ils vont constater les dégâts : certaines zones sont entièrement détruites, comme s’il y avait eu un incendie sous-marin.

    La Méditerranée recouvre 1 à 1,5% de la surface des océans et elle contient près de 10% de la biodiversité mondiale. C’est une mer extrêmement riche. Cette biodiversité va être mise à mal, on le sait. Car les espèces qui y vivent sont adaptées à des eaux tempérées, pas tropicales. Pour autant la vie ne va pas disparaître, ça va laisser la place à des espèces qui aiment les eaux plus chaudes. Ces espèces qu’on appelle invasives ou exogènes. Elles peuvent trouver des conditions de vie assez exceptionnelles car certaines n’ont pas de prédateurs, comme par exemple le poisson-lion. Elles peuvent alors envahir le milieu.

    Ce dérèglement imposé à la mer par le réchauffement climatique entraîne-t-il d’autres perturbations ?

    J.-M.G. : Outre la perte de biodiversité, il faut aussi s’attendre à une perte de production pour certaines régions au niveau de la pêche (le Giec dit qu’il va y avoir près de 30 % de diminution selon les endroits, d’ici 2050) ainsi qu’à la multiplication des tempêtes, typhons, épisodes cévenols… Car toute cette chaleur accumulée, à un moment, ressort. Tout ça parce qu’on ne respecte rien… Les accords de Paris n’ont pas été respectés du tout, le 1,5 degré de plus est déjà dépassé. Les jeunes qui se lancent aujourd’hui dans la biologie marine vont passer leur carrière à constater cet énorme changement. Ça dure depuis des millénaires et là, en quelques dizaines d’années, peut-être une centaine, il va y avoir un bouleversement comme on n’en a jamais connu, qui a déjà commencé.

    Comment faire pour le contenir ?

    J.-M.G. : La seule façon de limiter ça, car on ne peut plus l’empêcher, c’est d’enfin prendre au sérieux le réchauffement climatique et d’appliquer les solutions qui avaient été préconisées. On sait quoi faire, mais on ne l’applique pas. La seule chose qu’on peut recommander à notre échelle, nous biologistes, c’est la mise en place d’aires marines protégées. Là non plus les accords ne sont pas respectés. On s’était engagé à ce qu’il y ait 30% de ces aires à l’horizon 2030. On en sera très loin. Et la plupart de celles qu’on déclare protégées ne le sont pas (moins d’1% le sont vraiment). Or il est plus facile de subir un réchauffement et surtout une canicule marine au milieu d’herbiers, de gorgones, de tout un milieu que sur un rocher nu. Les aires marines protégées sont des endroits très riches et là-dedans, le même poisson, même s’il souffre de la température, sera beaucoup plus apte à lutter et être résilient que dans un endroit surexploité, surpêché, pollué.

  • Toulon en commun veut un « plan canicule ambitieux »

    Toulon en commun veut un « plan canicule ambitieux »

    À Toulon, comme presque partout en France, l’été aura encore été trop chaud. Les deux vagues de chaleur – du 19 juin au 4 juillet, puis du 8 au 17 août, avec des températures autour de 40°C – ont, au mieux, causé de l’inconfort, au pire des problèmes de santé, voire des décès. Santé publique France dresse un bilan provisoire du premier épisode caniculaire faisant état de 480 décès en excès toutes causes confondues, parmi lesquels 410 personnes de plus de 75 ans. « Ces épisodes ne sont pas des événements ponctuels, mais les signes durables d’un dérèglement climatique auquel nos villes doivent s’adapter de manière urgente », alerte le mouvement progressiste Toulon en Commun.

    « Un plan de prévention canicule ambitieux »

    Le rassemblement des forces de gauche toulonnaises fustige une municipalité « silencieuse et insuffisamment mobilisée », malgré l’activation du plan national canicule. Il l’appelle « à mettre en œuvre un plan de prévention canicule ambitieux comprenant l’ouverture de refuges climatisés […] ; un plan de végétalisation en urgence contre les îlots de chaleur […] ; un plan de rénovation thermique des bâtiments publics, notamment l’habitat social, les écoles et les crèches. »

    Toulon en commun estime que « la veille canicule pour les personnes de plus de 65 ans, inaptes au travail ou en situation de handicap » mise en place par la Ville « reste insuffisante » et invite à s’inspirer des « mesures ponctuelles » prises dans d’autres villes : « Gratuité des piscines […] (et) des transports en commun, […] ouverture exceptionnelle des bibliothèques ou musées. Ne pas agir, c’est mettre en péril notre avenir collectif », conclut-il, en espérant être en position de prendre des mesures dès l’été prochain en s’imposant à l’issue des élections municipales.