Tag: syndicats

  • Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    Une mobilisation inédite des salariés du Crédit Agricole

    C’est une première, j’ai 20 ans de Crédit Agricole et cela ne s’est jamais fait. » Alexandre Ferretti, secrétaire général de Sud Crédit Agricole Alpes-Provence, relaie, avec le Sneca/CGC, le mouvement de grève national prévu ce jeudi 22 janvier sur les caisses de la région. Date à laquelle se tient un comité social et économique. Débrayage ou journée de mobilisation selon les agences, ce mécontentement fait suite « à l’échec des négociations salariales, dans un contexte pourtant marqué par des résultats économiques solides », indique une intersyndicale dans un communiqué CGT-Sneca-Sniam-Sud-Unsa. De « 16 à 17 euros bruts par mois » à mettre en regard de résultats nets au troisième trimestre de plus de 3 milliards d’euros, détaille Alexandre Ferretti. Pour lui, « on ne peut pas demander de l’excellence relationnelle, de l’engagement aux salariés et ne pas les augmenter dans une région où le coût de la vie est plus important qu’ailleurs ».

    Les syndicats dénoncent également une dégradation de leurs conditions de travail. « On se rend compte avec une intelligence artificielle de plus en plus présente, la concurrence des banques en ligne, la demande croissante de nos clients, on doit être encore plus réactifs qu’avant », explique Alexandre Ferretti.

    « Le sang vert »

    Si l’engagement et « l’appartenance à l’image » restent « très forts », « on a des éléments qui nous sont présentés dans les CSE, sur l’absentéisme notamment. Nous sommes inquiets de la santé de nos collègues », témoigne le représentant syndical. Par-dessus tout ça, les réformes organisationnelles menées par le Crédit Agricole ajoutent à l’angoisse. Le projet « Efficacité » prévoit de réduire « les coefficients d’exploitation ». « On commence à perdre certains services au niveau de certaines caisses », précise Alexandre Ferretti. Si chaque caisse régionale est indépendante avec des services dits « support », dédiés par exemple à l’assurance emprunteur, ces derniers sont regroupés. « L’objectif, c’est de faire des économies d’échelle dans le temps », poursuit le syndicaliste, inquiet pour les « emplois de demain ». Si aucune suppression d’emplois n’est prévue au sein du Crédit Agricole Alpes-Provence qui rassemble quelque 2 200 salariés, les non-remplacements commencent déjà dans d’autres caisses, assure-t-il.

    « Ce qui fait notre force c’est la proximité et pour que ça tienne, il faut que les gens soient heureux », martèle Alexandre Ferretti, « les salariés ont le sang vert mais il faut voir comment on va vers ce nouveau projet d’entreprise ». Raisons pour lesquelles des « points conviviaux » sont organisés dès 8h30 ce jeudi 22 janvier sur les sièges de Gap et Aix-en-Provence pour échanger avec les salariés.

    Contactée, la direction régionale n’a pas donné suite. Une prochaine réunion de négociation au niveau local est prévue début février.

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • Dans l’Hérault, Charles Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public

    Dans l’Hérault, Charles Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public

    L’audiovisuel public, ce repère de gauchistes vivant inlassablement d’argent public. Cette vision, on ne peut plus fantasmée et fallacieuse, est celle portée par l’extrême droite. En ce sens, une commission d’enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été créée en octobre 2025, à la demande d’Éric Ciotti. Celle-ci a désigné le député UDR héraultais Charles Alloncle comme rapporteur qui, depuis novembre 2025, interroge – ou plutôt accuse – différentes personnalités liées à l’audiovisuel public afin de prouver la défaillance du système.

    Audiences suspendues

    Mais tout ce tintamarre de l’extrême droite s’apparente plus à une « guerre idéologique  » qu’à une véritable enquête parlementaire. Pour preuve, face au comportement inquisitoire d’Alloncle, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a suspendu l’envoi des convocations pour deux semaines, le temps de « retrouver de l’apaisement ». Après avoir rappelé à l’ordre Charles Alloncle, le député Horizons a annoncé la reprise des auditions pour le 19 janvier tout en posant quatre règles à respecter : pas « de communication en temps réel sur les réseaux sociaux pendant les auditions (pas de live tweet) » -une vilaine manie qu’avait l’Héraultais- ;
    « pas de travestissement, de déformation des propos des personnes auditionnées » – Alloncle avait notamment tronqué les propos du journaliste Patrick Cohen lors de son audition pour les diffuser sur ses réseaux – ; la communication de tous les documents évoqués par le rapporteur en audition ainsi qu’une discrétion et la modération des membres de la commission. Autant de dérapages montrant qu’Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public. « Ces critiques sont portées par des gens qui veulent privatiser l’audiovisuel public, changer la société. C’est une guerre idéologique, ils visent à détruire notre institution », soupire Thierry Will, délégué syndical SNJ à France Télévisions Languedoc-Roussillon. Ainsi, tous les coups sont permis.

    Première accusation, la prétendue absence de neutralité d’un audiovisuel public gauchisé, avec pour preuve – ce qui a conduit à la création de cette commission – la conversation entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen avec les responsables du PS Pierre Jouvet et Luc Broussy. « Cela a été monté en épingle, ce type de rencontres est monnaie courante. Cela fait partie du métier, on parle avec tous les politiques », soutient Thierry Will. Et la pluralité et le temps de parole sont respectés sur l’audiovisuel public. « Tout le monde a la parole et de plus en plus la droite et l’extrême droite, du moins sur France Inter », observe de son côté Régis Taillandier, délégué syndical CGT à Ici Hérault.

    Charles Alloncle s’en prend également aux finances du service public, un rapport de la Cour des comptes faisant état d’une dette dépassant les 80 millions d’euros. Mais là encore, le député préfère enchaîner les approximations, évoquant notamment « plusieurs centaines de millions d’euros » gagnés par Nagui. « C’est l’ironie de l’histoire : notre actionnaire, c’est l’État, donc c’est lui qui nous met dans cette situation budgétaire impossible », soupire Thierry Will.

    Peu de chances qu’Alloncle, dans sa croisade contre l’audiovisuel public, entende ces objections. À moins que le coup de pression de Jérémie Patrier-Leitus ne le fasse redescendre de son piédestal ? Réponse le 19 janvier.

    * Contacté, Charles Alloncle n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Du soutien pour les agents de sécurité de Grand Littoral

    Les militants de la CGT ont répondu présents pour soutenir les agents de sécurité de Grand Littoral, ce mardi. Le rendez-vous, le troisième depuis leur première mobilisation début décembre, était fixé aux abords du centre commercial des quartiers Nord tôt le matin. Ils se mobilisent toujours afin d’obtenir « une reconnaissance salariale » et la fin d’une « répression syndicale » sur le site de la part de l’entreprise Triomph Sécurité, qui assure la sécurité de Grand Littoral. Pour rappel, le conflit a débuté avec un mouvement de grève inédit pour les petites mains de la sécurité, sur fond de demande de revalorisation et de prise en compte de « l’insécurité » particulière du lieu. Lequel s’est suivi d’un autre rassemblement, au lendemain de Noël, mais en soutien à des agents proches de la CGT menacés de mutation « à l’autre bout du département ».

    Une « série d’agressions »

    Rebelote donc ce mardi, avec une mobilisation liant les deux problématiques. « Les agents sont agressés au quotidien, les alertes sont ignorées par la direction, les syndicats de terrain sont écartés », dénonce le syndicat CGT Prévention-Sécurité du département.

    L’organisation énumère plusieurs agressions et incidents qu’auraient vécus les agents, allant de 2022 jusqu’à récemment : « Coupure à la main suite à une agression à l’arme blanche d’un agent », puis en 2024 « l’utilisation de bombe lacrymogène contre les agents lors d’une interpellation », ou encore en juillet 2025 « une altercation physique avec jets de tables et chaises à Starbucks ». D’où le constat : « Ces incidents montrent l’exposition quotidienne au danger des agents, sans protection ni reconnaissance par la direction. » Et d’où l’appel des militants : « L’heure n’est plus à subir. »

  • [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    [Rétrospective social 2025 1/2] Mobilisations et victoires au rendez-vous

    Une année marquée par un front syndical mobilisé contre les différents budgets austéritaires. Débutée avec François Bayrou comme Premier ministre, l’année commence avec des grèves chez les syndicats des services publics (CGT et FSU notamment) dès février contre ses projets de réformes. Rebelote le 20 mars avec une large intersyndicale appelant à la défense de la Sécurité sociale, à l’initiative des organisations de retraités. Des actions pas que symboliques puisque 2025 marque le 80e anniversaire de la Sécu. Et le 3 avril, les syndicats de l’État, se remettent en grève à l’appel de la CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires, toujours pour la défense des services publics sur fond de potentielle casse à venir, alors que François Bayrou prépare des milliers de suppressions d’emplois chez les fonctionnaires. Le début de l’année est donc placé sous le signe de la défense de conquis sociaux principalement. La CGT lance également une alerte sur la destruction de l’industrie française, énumérant les milliers de pertes d’emplois dans le secteur. Le Premier ministre palois joue la montre avec un « conclave » sur la réforme des retraites : un cycle de réunion, qui réunit une partie des syndicats et organisations patronales pendant des mois. Les représentants des travailleurs dénoncent des discussions qui n’aboutissent à rien et quittent peu à peu la table des négociations. Et justement, le 5 juin, le combat contre la réforme des retraites est ravivé avec des mobilisations à l’appel de la CGT. C’est aussi le jour de la niche parlementaire du Parti communiste français où l’abrogation de la réforme de 2023, qui place l’âge de départ à 64 ans, est au programme.

    Un septembre chaud
    Piquet pour le plein d’énergie
    Dans le cadre du mouvement social du 10 septembre, et prévu pour 3 jours, le piquet de grève des énergéticiens de Marseille sur le site du boulevard Gueidon dans le 13e arrondissement aura tenu jusqu’au 18 septembre, où les grévistes gagnent une entrée en négociation sur la base de leurs revendications. Jours et nuits, ils se relaient sur le site et organisent des soirées concert ou projections de films, des repas à partager, et invitent les habitants à un débat pour décrypter leurs factures. « On tient ce piquet de grève depuis le 2 septembre pour revendiquer des hausses de salaires et la baisse des factures d’électricité pour les usagers », explique Renaud Henry, secrétaire général du syndicat CGT Énergie de Marseille. Rechargé à bloc, on le retrouve le 2 octobre perché sur le camion des énergéticiens d’où il lance un discours enflammé sur l’état des services publics en France.
    M.G.
    Le 12 décembre – Pour les salariés de Pamar, la lutte jusqu’à la victoire

    La cour d’appel a confirmé, ce vendredi 11 décembre, la décision du conseil des prud’hommes de réintégrer les employés de la blanchisserie du groupe Sainte Marguerite. Défendus par Me Doudet, les petits salariés obtiennent une victoire juridique qui vient couronner deux ans de lutte, soutenus par la CGT quartiers Nord de Marseille, contre un employeur qui les avait menacé de mort parce qu’ils avaient alerté sur des conditions de travail et d’hygiène indignes. Un marathon juridique et un conflit social exemplaire.

    M.G.

    Le 22 janvier – ArcelorMittal menacé de fermeture

    Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, annonce devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, que « tous les sites européens d’acier sont à risque » de fermeture en 2025.

    Le 22 janvier – Négociations tendues pour les salaires chez Technic Atom

    Devant le site des Milles, plus de 200 salariés ont rejoint le piquet de grève de l’intersyndicale CGT, CFDT et la CFE-CGC. La société spécialisée en réalisation et maintien de réacteurs nucléaires proposait moins de 3% d’augmentation lors des NAO alors que les syndicats en demandaient 4. Ils estimaient : « On génère 90 millions de bénéfices. L’argent est là. On voudrait qu’il profite aux salariés. »

  • [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    [Rétro 2025] Alerte rouge sur l’éducation inclusive dans l’Hérault

    Depuis la rentrée de septembre, les mobilisations se sont multipliées dans l’Hérault pour protester contre le manque d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).

    « Jamais nous n’avons recensé autant de manquements », dénoncent dans un communiqué commun la FSU-SNUipp 34, le Snes-FSU 34, le Snep-FSU 34, le SNnuep-FSU 34 et SUD Éducation 34, qui ont déposé le 6 octobre une alerte sociale. Certains Pial (Pôles inclusifs d’accompagnement localisé, chargés de gérer les besoins d’accompagnement des élèves en situation de handicap) auraient notamment décidé, depuis la rentrée, « d’accompagner uniquement les élèves à fort besoin, donc relevant d’un accompagnement individuel
    – obligation légale – au détriment de ceux censés bénéficier d’un accompagnement mutualisé
     », assure Clémence Cimier, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 34 et AESH.

    42 000 enfants sans solution en France

    « Parfois l’enfant se retrouve avec 1h d’accompagnement par semaine. En classe, c’est de la souffrance pour tout le monde : les enfants qui souffrent de handicap, les autres et les enseignants », dénonce Marie Nikichine, présidente de la FCPE de l’Hérault. Plusieurs mobilisations ont eu lieu, dans l’Hérault comme dans le Gard (la dernière date du 16 décembre) pour défendre les AESH, désormais le deuxième corps de métier de l’Éducation nationale, trop peu nombreux et toujours privés de statut. En Octobre, le ministère convenait que 42 000 enfants étaient sans accompagnants.

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    [Rétro 2025] À Alès, l’année où la rue a dit non à la haine

    L’année 2025 restera marquée, à Alès et plus largement dans le Gard, par une succession de mobilisations citoyennes face aux violences d’extrême droite et à la banalisation des discours racistes.

    Déclencheur : l’attaque du Prolé d’Alès, dans la nuit du 30 au 31 mai, en pleine feria. Une douzaine d’activistes néofascistes ont fait irruption dans ce lieu emblématique de la vie militante et festive alésienne, faisant une vingtaine de blessés. Très vite, l’émotion a laissé place à la colère et à la réaction. Dès le lundi suivant, plus de 1 500 personnes se sont rassemblées devant la sous-préfecture d’Alès à l’appel du Parti communiste français et de nombreuses organisations syndicales, associatives et politiques. Une foule dense, plurielle, déterminée à dire non à la violence politique. À la tribune, élus locaux, responsables syndicaux et militants ont dénoncé une attaque « préméditée » et exigé que les auteurs soient identifiés et jugés. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a fait le déplacement pour apporter son soutien aux victimes et alerter sur une « montée des violences d’extrême droite qui n’a plus rien de marginal ».

    Cette mobilisation ne s’est pas éteinte avec les jours. Tout au long de l’année, le Prolé est resté un point de ralliement. En septembre, une soirée de solidarité, mêlant concerts et prises de parole, a permis de collecter des fonds pour les victimes, alors que l’enquête judiciaire tardait à avancer. En novembre, les avocats des parties civiles ont publiquement dénoncé l’inertie de la procédure, relançant la mobilisation politique et médiatique.

    La peur doit

    changer de camp

    Comme une prémonition, Alès avait déjà pris toute sa part aux manifestations nationales contre le racisme et l’extrême droite, notamment le 22 mars, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Près de 300 personnes avaient battu le pavé dans le centre-ville cévenol, tandis que près de 90 000 manifestants défilaient partout en France. Syndicats, associations, collectifs et partis de gauche ont dénoncé une parole raciste « désinhibée » et appelé à l’unité face à ce qu’ils décrivent comme une menace démocratique majeure.

    De l’attaque du Prolé aux marches antiracistes, 2025 aura ainsi dessiné une ligne claire  : celle d’une riposte citoyenne qui refuse la peur, revendique la fraternité et rappelle que la rue reste un espace central de résistance démocratique.

  • Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    Troisième action des agriculteurs en une semaine en Vaucluse

    « Madame Von der Leyen, le Mercosur, c’est nein », a lancé à de multiples reprises, tel un slogan, Sylvain Bernard, secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles de Vaucluse (FDSEA 84), ce vendredi 19 décembre, lors d’un mouvement de son syndicat. C’est le troisième en une semaine, après celui de la Confédération paysanne lundi et déjà la FDSEA mercredi.

    Dès 6 heures du matin, plusieurs dizaines de camions et tracteurs sont partis de l’Agroparc en direction de la préfecture de Vaucluse, où ont été déversées des tonnes de produits invendus et de déchets agricoles. Les quelques petites collines de détritus ont ensuite été mises en flammes, dont la fumée noire a embaumé toute la Cité des Papes.

    Trêve de Noël

    Outre le Mercosur et la dermatose nodulaire, la FDSEA dénonce aussi l’aménagement de la taxe carbone aux frontières sur les engrais importés. « On ne peut pas prendre de charges supplémentaires car on ne fait pas de marges. Cette taxe n’a aucun sens alors qu’on importe des produits de pays qui ont massivement déforesté pour cultiver », assure le responsable syndical. C’est à quelques centaines de mètres de là, devant la Cité administrative donc, que les responsables syndicaux se sont exprimés, juste après un jet de pommes pourries sur les bureaux. Une action stoppée net après que l’un des fruits a heurté le visage d’un des policiers. « C’est un petit coup qu’on vient de mettre. S’il ne se passe rien, à la rentrée, ce sera un grand coup de pied qui sera mis », lance à la foule Jordan Charransol, président des Jeunes agriculteurs de Vaucluse. Tandis Sylvain Bernard évoque tout de même deux ou trois actions coup de poing pendant les vacances, la « trêve de Noël » demandée par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, devrait bien être respectée.