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  • Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    Les profs toujours opposés à la réforme des lycées pro

    L’intersyndicale opposée à la réforme des lycées professionnels ne désarme pas. À Marseille comme à Toulon, les militants syndicaux et enseignants ont fait entendre leur opposition ce mardi, avec un appel à la grève et des mobilisations.

    « La réforme de l’enseignement professionnel est une catastrophe », campe Isabelle Bonnet, pour la CGT Éduc’Action 13 à la Bourse du travail de la cité phocéenne. Elle est entourée de ses homologues d’autres syndicats, qui arrivent à la même conclusion. Nicolas Voisin, secrétaire général du Snuep-FSU Aix-Marseille dénonce « un décrochage général des élèves ». « Les stages réalisés n’ont absolument pas atteint les objectifs du ministère d’une insertion en septembre », développe-t-il. Johanes Togbé, secrétaire académique du SE-Unsa est sur la même ligne : « Le constat est simple : On a fait une étude auprès de 5 000 collègues, on arrive à un taux d’absentéisme autour des 90% pour ceux qui avaient choisi de rester en classe ».

    Pour bien comprendre pourquoi, et comment, les syndicats (CGT, Unsa, FSU, CFDT, Sud, CNT) arrivent à cette conclusion, il faut remonter dans le temps et aux origines de cette réforme. « En 2022, Emmanuel Macron annonce, sans concertation préalable, que les élèves de lycées professionnels doivent avoir plus de formation en entreprise au détriment du temps en classe et en atelier », rappelle Johanes Togbé. Sur le fond, « Depuis 6 ans, nous sommes sous un feu permanent de réformes, on a un ministère de bricoleurs, qui fait des expériences sur le dos d’un tiers des lycéens ! », complète Nicolas Voisin. Concrètement, la réforme a introduit des parcours différenciés pour les élèves des lycées pro. Pour des résultats très peu convaincants selon les acteurs de terrain. Isabelle Bonnet dénonce la « réduction de la formation des jeunes issus de milieux populaires d’un mois et demi ». « C’est une attaque de plus contre une éducation émancipatrice pour les jeunes de milieux populaires. On nous explique que les lycées pro doivent s’adapter aux bassins d’emplois, nous ce qu’on veut, c’est former des jeunes pour la société de demain », développe-t-elle.

    Même analyse pour l’Unsa : « L’année 2024-2025 a montré les limites de la modification dans le calendrier du bac pro. Ce bac avancé a entraîné moins d’heures de cours, passant de 1 300 à 800. En juin, les élèves avaient le choix entre rester à l’école ou partir en stage… ». En clair, « un dispositif qui ne correspond ni aux élèves, ni aux enseignants ». « L’objectif du gouvernement est de dévaloriser, de l’intérieur, la valeur intrinsèque du diplôme. C’est le modèle de l’apprentissage qui se généralise », développe Nicolas Voisin. D’où la demande unanime de l’abrogation de la réforme et d’un retour du bac au mois de juin.

    Un lourd désinvestissement

    À Toulon, c’est sur la place de la liberté que l’intersyndicale avait appelé au rassemblement ce mardi. Devant l’Union Patronale du Var « pour défendre la voie professionnelle qui subit des attaques au long cours depuis une quinzaine d’années », explique Olivier Gérard (CGT Educ’Action). Il pointe en parallèle, « la vingtaine de milliards offerts sans moyens de contrôle aux entreprises chaque année pour recruter des apprentis alors que le financement des lycées professionnels stagne autour de 4,5 milliards d’euros ». Et cela sans grand résultat puisque « le chômage des jeunes sortant de l’apprentissage est en augmentation depuis 2024 ».

    Les syndicalistes varois dénoncent aussi comme leurs collègues des Bouches-du-Rhône, « une perte sèche de quatre semaines d’études pour les élèves », déclare Christian Petit (FSU). « Nous sommes sur 50% d’heures scolaires perdues entre 2009 et aujourd’hui », précise Olivier Gérard, soit une baisse d’un tiers des moyens consacrés aux élèves de lycées professionnels. Il poursuit : « parallèlement, les moyens consacrés à un apprenti sont passés dans la même période de 10 000 euros à 20 000 euros par an. » Le responsable syndical pointe du doigt « une subvention pure et simple au patronat qui est encouragé à exploiter des jeunes à moindre coût, voire à coût zéro ». Pareil pour ces 4 semaines de stage en Terminale. « Il ne faut pas croire, qu’en un mois, il y a une action de formation qui est réalisée».

    « Depuis 2009, on se retrouve avec deux mois en moins de cours pour les élèves, en particulier dans les matières générales », précise, Françoise Tomsazyk (Snalc). Une situation particulièrement dommageable, insiste Christian Petit, étant donné que le lycée professionnel public est la troisième voie de formation existante en termes d’élèves en second degré.

    Pour ces enseignants, le lycée professionnel doit cesser d’être vidé de ses moyens car il est là aussi « pour former des citoyens éclairés, émancipés » à l’instar des filières générales.

    Olivier Gérard souligne également le désinvestissement de la Région dans la formation publique « au profit des sociétés privées d’apprentissage » , avec un bâti et des plateaux techniques qui ne sont, de son point de vue, plus du tout à la hauteur.

    Pour ce qui de l’État, l’intersyndicale varoise fait remarquer que pour répondre à l’augmentation de 300 élèves en lycée pro dans le Var moins de 10 places ont été créées. Ce qui engendre des problèmes de sécurité dans des ateliers et des orientations subie éloignées des vœux des élèves. Bref la copie est largement à revoir et les enseignants des lycées pro militent pour des priorités orientées vers l’intérêt des élèves.

  • La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    La cinémathèque repère ses futurs locaux phocéens

    Il faut se projeter pour le moment entre les grues, les parpaings et les isolants. Mais c’est bien au 50 chemin de la Madrague-ville à Marseille (15e) que la cinémathèque française posera ses valises, en janvier 2027. Ce mercredi, le président du Centre national du cinéma (CNC), Gaëtan Bruel, le président de la cinémathèque française et réalisateur, Costa-Gavras, et le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud, sont venus visiter ce qui deviendra une salle de projection, un auditorium et une salle d’exposition pour leur antenne marseillaise.

    C’est au sein du campus de 18 000 m2 de l’école d’informatique la Plateforme, fondée et dirigée par Cyril Zimmermann, que l’institution va prendre ses quartiers. Avec une salle de projection de 124 places, une salle d’exposition de 400 m2 et un pôle éducatif, l’institution du 7e art bénéficiera d’un espace de 1 500 m2 sur le campus. Un auditorium pouvant accueillir jusqu’à 550 personnes pourra également être utilisé par la cinémathèque, lors de grands événements.

    Pas de hasard

    « Le but est de faire de cet endroit un village apprenant, explique Cyril Zimmermann. Les projections et les expositions pourront attirer les étudiants, mais aussi les résidents du quartier et tous les habitants de Marseille. » Originalement prévue aux docks des suds, c’est finalement en plein centre du quartier des crottes que l’antenne prendra vie. Ironique pour le réalisateur et président de la cinémathèque, Costa-Gavras, qui aimait beaucoup travailler avec Yves Montand, né dans ce quartier. « J’étais souvent venu le visiter avec Yves Montand », se souvient le cinéaste âgé de 92 ans.

    Créée en 1936, avec comme mission de collecter, restaurer et diffuser le patrimoine cinématographique mondial, c’est la première fois de son histoire que cette institution se délocalise. Et Marseille n’a pas été choisie au hasard.

    « Il y avait un enjeu à reconnaître ce que l’on doit à Marseille dans le domaine du cinéma et de l’image animée, insiste Gaëtan Bruel, président du CNC. C’est une ville, un territoire, qui, de [Marcel] Pagnol à [Jean] Giono jusqu’à [Robert] Guédiguian et [Cédric] Jiménez, a donné à notre pays certains de ses plus grands talents. » Un domaine qui s’est d’ailleurs développé dans la cité phocéenne avec l’arrivée de la Cinéfabrique, une école d’audiovisuel gratuite, ou encore la base logistique créée il y a deux ans, CinéMabase, dans le cadre du plan Marseille en grand.

    Une richesse et un dynamisme que la cinémathèque tient à mettre en avant, en faisant de Marseille le sujet de la première exposition qui aura lieu au 50 chemin de la Madrague-ville. « Le but sera de montrer la ville elle-même à travers le 7e art et la télévision, explique le directeur général de l’institution, Frédéric Bonnaud. Et il y en aura des choses à montrer », s’enthousiasme-t-il.

    Ouverture prévue pour janvier 2027 pour les séances de cinéma, et au printemps de la même année pour la première exposition de l’antenne marseillaise de la Cinémathèque française.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    L’office HLM 13 Habitat tourne vivement la page

    Le conseil d’administration de 13 Habitat, l’office HLM du Département, s’est réuni vendredi pour valider l’ensemble des réponses apportées aux recommandations et aux observations émises par l’Agence nationale de contrôle du logement social (Ancols) dans son rapport définitif de juin dernier diffusées dans la presse et qui portait sur les exercices 2019-2023.

    La gouvernance de 13 Habitat a été renouvelée le 18 juillet dernier suite au scandale de l’attribution et de la rénovation coûteuse d’un logement social à des proches de la présidente d’alors, Nora Preziosi, dans un contexte de surcroît où 48 000 demandes de logement social à Marseille ne sont pas satisfaites. Une enquête préliminaire du parquet est en cours pour des soupçons de prises illégales d’intérêts.

    Présentées par son nouveau président Jean-Marc Perrin et le nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, ces réponses ont été adoptées à l’unanimité par les administrateurs. Dans un communiqué, l’office HLM dit s’engager « dans la mise en place de nouveaux process et de nouvelles pratiques, et le renforcement de dispositifs existants », pour réduire la vacance et les délais de remise en location et d’attribution des logements vacants, pour renforcer le contrôle interne sur les dysfonctionnements constatés, notamment en matière d’attribution, de marchés et de recrutements, pour prévenir les situations de conflits d’intérêts, notamment par la prochaine nomination d’un « référent déontologie » auprès du directeur général. L’office entend aussi « optimiser les coûts de gestion, en particulier de la masse salariale » ou encore « accroître le nombre de nouveaux logements locatifs sociaux ».

    « Les bases sont saines, la maison est belle, les salariés sont investis », a déclaré au conseil d’administration le directeur général entré en fonction le 22 septembre. « Nous avons à réactiver une chaîne fructueuse : remettre de l’entretien dans notre patrimoine, pour que les locataires soient satisfaits, pour que les salariés soient satisfaits et remplissent leurs missions, et pour que les élus locaux soient satisfaits et travaillent avec nous pour développer le logement social », ajoute Damien Vanoverschelde qui aussitôt arrivé a licencié le directeur des ressources humaines nommé en avril dernier, ce qui a déclenché une vive réaction syndicale de la CFDT Interco et de Sud logement social qui disent leur crainte d’une « chasse aux sorcières ».

  • Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Mobilisés pour les familles d’accueil en psychiatrie

    Ils sont une cinquantaine à s’être rassemblés dans le hall de l’administration de l’hôpital Édouard-Toulouse, ce mardi midi, pour demander le maintien du service d’accueil familial thérapeutique (AFT). à l’appel de la CGT et FO, familles d’accueil, patients et personnels soignants ont fait irruption lors du comité social et économique (CSE) pour témoigner de l’utilité de ce service.

    Créé dans les années 90, ce dispositif permet à des patients atteints de troubles psychiatriques stables d’être hébergés en famille. L’un des membres doit être agréé par l’hôpital et devient donc salarié de la structure. Un service qui permet à quinze patients, accueillis dans huit familles, d’éviter l’hospitalisation.

    En juin dernier, lors d’un CSE, le directeur de l’hôpital, Thomas Acquier, avait annoncé vouloir utiliser les 750 000 euros de ce service pour financer l’unité de remédiation cognitive et évaluation. Une décision qui laisserait donc sur la touche les huit personnes en CDI, et les quinze patients accueillis. « La plupart des patients sont âgés et il n’y a pas de service géronto-psychiatrique. Beaucoup vont donc aller dans des Ehpad qui ne sont pas adaptés. Ils risquent de faire des décompensations psychotiques et donc revenir après à l’hôpital, alors qu’ils étaient stables », craint Pierre-Edouard Thiebaud, représentant CGT de l’hôpital.

    Quatre familles et deux patients ont témoigné ce mardi, devant le directeur, pour insister sur la nécessité d’un tel service, alors que sa fermeture était à l’ordre du jour. FO, qui a demandé que le sujet soit retiré de l’ordre du jour pour gagner du temps, a refusé de siéger au CSE. La CGT et SUD ont voté contre la fermeture du service, mais le directeur ne s’est pas démonté. « Il se cache derrière le choix des médecins, affirme Olivier Boyer, secrétaire général FO d’Edouard-Toulouse. Mais on sait qu’il n’y a pas eu de vote. Notre prochaine action sera d’interpeller les médecins », affirme-t-il.

    Une pétition pour le maintien des AFT a déjà rassemblé 250 signatures.