Tag: subventions

  • [Tribune] L’alerte de 28 structures culturelles publiques sur le financement

    [Tribune] L’alerte de 28 structures culturelles publiques sur le financement

    Au 2 juillet 2026, les 28 théâtres, opéras et institutions culturelles que nous dirigeons sur l’ensemble du territoire national se trouvent dans une situation d’incertitude sans précédent. À ce jour, les subventions de l’État pour l’année en cours n’ont été versées que partiellement, sans aucune garantie quant au versement du solde. Cette situation est, à elle seule, inacceptable pour des établissements publics auxquels l’État demande simultanément d’assumer pleinement leurs missions.

    Nous apprenons désormais que de nouvelles coupes budgétaires pourraient intervenir sur l’exercice 2026. Si elles étaient confirmées, elles ne constitueraient pas un simple ajustement budgétaire : elles reviendraient à rompre unilatéralement les engagements de l’État alors même que nos saisons sont engagées, nos contrats signés, nos artistes recrutés et nos dépenses déjà réalisées.

    Nos établissements construisent leurs programmations dix-huit à vingt-quatre mois à l’avance, parfois davantage. Depuis plusieurs années, nous absorbons seuls les effets de l’inflation, de la hausse des coûts de l’énergie, de l’augmentation des salaires et de l’ensemble des charges de fonctionnement, sans que nos subventions suivent cette évolution. Nous avons réduit nos marges, différé nos investissements, comprimé nos dépenses et rationalisé nos organisations. Aujourd’hui, il n’existe plus aucune réserve. Nous sommes arrivés au point de rupture.

    Toute nouvelle diminution des crédits aurait des conséquences immédiates et irréversibles. Plusieurs établissements seraient placés en procédure d’alerte. Certains seraient contraints d’annuler une partie de leur saison avant même son ouverture. D’autres ne pourraient tout simplement plus ouvrir leurs portes. Les contrats conclus avec les artistes et les producteurs ne pourraient être honorés. Les remboursements de billetterie se multiplieraient. Le recours au chômage partiel deviendrait inévitable. L’État déplacerait alors une dépense qu’il prétend économiser, tout en provoquant une désorganisation profonde de l’ensemble de la filière.

    Mais les conséquences dépasseraient largement nos seules institutions. Elles frapperaient les compagnies indépendantes, les ensembles, les artistes, les techniciens, les prestataires, les entreprises culturelles, les associations, les établissements scolaires et universitaires, les collectivités partenaires, ainsi que les centaines de milliers de citoyens qui fréquentent nos lieux. C’est toute une économie, tout un écosystème et une mission de service public qui seraient déstabilisés.

    Nous refusons que les établissements culturels deviennent la variable d’ajustement des finances publiques. La culture ne peut être célébrée dans les discours et sacrifiée dans les arbitrages budgétaires. Une telle décision porterait gravement atteinte à la crédibilité de la parole de l’État et remettrait en cause des décennies de politique culturelle fondée sur la confiance, la continuité des engagements et la responsabilité partagée.

    Comme l’écrivait Victor Hugo, il ne faut pas consentir « de bien maigres économies pour de bien grands dégâts ». Chaque euro investi dans nos établissements produit de l’emploi, de l’activité économique, de l’attractivité territoriale, de la cohésion sociale et de l’émancipation citoyenne. Les économies envisagées seraient dérisoires au regard des dommages humains, artistiques, économiques et symboliques qu’elles provoqueraient.

    Nous demandons solennellement la confirmation immédiate du maintien intégral des crédits 2026, le versement sans délai des subventions restant dues et l’ouverture d’une concertation urgente sur les perspectives budgétaires pour 2027.

    Il y va désormais de la survie de nombreuses institutions culturelles. Plus largement, il y va de la crédibilité de l’engagement de l’État envers le service public de la culture.

    Les signataires :
    Hortense Archambault, directrice, MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis ; Frédéric Bélier Garcia, directeur, La Commune, Aubervilliers ; Jean Bellorini, directeur, TNP Villeurbanne ; Pierre Brouchoud, directeur général, Orchestre national d’Île-de-France ; Richard Brunel, directeur général et artistique, Opéra de Lyon ; Émilie Capliez et Matthieu Cruciani, codirecteurs, Théâtre de la Cité – CDN Toulouse Occitanie ; Valérie Chevalier, directrice générale, Opéra Orchestre National Montpellier ; Chloé Dabert, directrice, Comédie de Reims ; Fanny de Chaillé, directrice, TNBA – Théâtre national de Bordeaux Aquitaine ; Laurence de Magalhaes, directrice, Théâtre du Rond-Point, Paris ; Nicolas Droin, directeur général, Orchestre national de Lyon ; Chrysoline Dupont, directrice générale, Opéra national du Rhin ; Matthieu Dussouillez, directeur général et artistique, Opéra national de Nancy-Lorraine ; Aurore Fattier, directrice, Comédie de Caen ; Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, codirecteurs, Théâtre des 13 Vents – CDN Montpellier ; Jean-Baptiste Henriat, directeur général, Orchestre national de Lille ; Emmanuel Hondré, directeur général, Opéra National de Bordeaux ; Loïc Lachenal, directeur général, Opéra Orchestre Normandie Rouen ; Guillaume Lamas, directeur général, Orchestre national des Pays de la Loire ; Benoît Lambert, directeur, Comédie de Saint-Étienne ; Isabelle Melmoux, directrice par intérim, Théâtre Gérard-Philipe, CDN de Saint-Denis ; Arnaud Meunier, directeur, MC2 Grenoble ; Arthur Nauzyciel, directeur, Théâtre national de Bretagne ; Olivier Poubelle, directeur, L’Athénée ; Christophe Rauck, directeur, Théâtre Nanterre-Amandiers ; Claire Roserot de Melin, directrice générale, Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national ; Robin Renucci, directeur, La Criée – CDN, Marseille ; Julie Sanerot, directrice, MAC – Maison des Arts de Créteil, Scène nationale.

  • À Avignon, la baisse des subventions aux associations irrite la gauche

    À Avignon, la baisse des subventions aux associations irrite la gauche

    « Avignon possède une densité d’acteurs associatifs avec 2 000 structures, un pilier essentiel de la vie de la cité auquel nous réaffirmons avec force notre attachement. » En conseil municipal ce mardi soir, Vincent Fuchs, nouvel élu délégué à la vie associative, cajole les acteurs dont il a la charge. Ce qui ne l’empêche pas de leur réduire la voilure financière. Là où la Ville consacrait 10 millions d’euros par an, la majorité a sabré de 10% en moyenne les subventions pour le reste de l’année.

    « On revient à la normale d’il y a deux ans », justifie Vincent Fuchs, relevant « qu’avant les élections municipales les subventions avaient augmenté de 11%. » « À la veille d’une année électorale, c’est vrai que ce n’est pas du clientélisme », ironise le maire Olivier Galzi (DVD). Car l’octroi de subventions revêt souvent un caractère politique. Le planning familial, qui a vu le RN lui couper son soutien à Carpentras, ne dira pas le contraire. À Avignon, c’est « le budget contraint », selon Laurent Rochut adjoint au spectacle vivant, qui justifie cette baisse. Un mantra brandi tout au long des interventions des élus de gauche.

    Le club de volley

    en liquidation

    « Quels ont été les critères pour les associations qui ont été écartées ou ont connu une baisse plus drastique », demande Anne Gagniard (PS). Laurent Rochut assure qu’il s’est fondé sur les « suggestions du service culture » n’ayant pas encore eu le temps « de construire des indicateurs de critérisations ». « On ne peut pas sabrer comme ça et se défausser sur les services sans explication », se désole Anne Gagniard, ce mercredi lors d’un point presse. Certaines structures comme le Parcours de l’art ou l’Institut supérieur des techniques du spectacle sont impactées de plusieurs dizaines de milliers d’euros. « Les indicateurs ne sont pas clairs, vous coupez les pattes en pleine année sans livrer d’explication, il aurait fallu attendre l’année prochaine et prendre le temps de les rencontrer », déplore Rémy Blanc (PCF).

    Pour l’Avignon volley-ball, l’an prochain sera trop tard. Le club se voit amputer de 115 000 euros et devrait mettre la clé sous la porte. « La jurisprudence interdit toute collectivité locale à soutenir une association qui a des difficultés financières », se retranche Xavier Bourgue, adjoint aux sports, quand l’AVB avait mis en place un plan de redressement. Mais sans subvention, il n’est plus viable. « On aime les associations mais on ne peut pas donner de l’argent qu’on n’a pas, si ce n’est pas -10% aujourd’hui, dans deux ans ce sera -100% pour tout le monde », menace Olivier Galzi.

    Le maire s’agacera aussi de l’intervention de Khalid El Yousoufi (LFI), qui s’interroge sur le fait que les petites associations soient soumises « à un critère de laïcité et de neutralité » qui instaure, selon lui, « un pouvoir discrétionnaire et le retour du fait du prince ». « Balivernes », réplique le maire qui érige « en vertu cardinale » la laïcité mais ne répondra pas sur la neutralité.

  • À Aubagne, la cohésion sociale au cœur des projets du Charrel

    À Aubagne, la cohésion sociale au cœur des projets du Charrel

    Alors qu’un appel à projets a été lancé le 18 juin dans le cadre du Contrat de Ville – dispositif alliant l’État et les collectivités territoriales et cherchant à améliorer la cohésion sociale, l’insertion professionnelle et le cadre de vie dans les quartiers prioritaires – plusieurs rencontres sont prévues entre habitants, acteurs associatifs et représentants institutionnels pour identifier les besoins concrets des territoires concernés.

    Lundi matin, c’est dans la maison de quartier du Charrel, seul quartier prioritaire d’Aubagne, qu’associations et collectivités se sont réunies pour échanger sur les actions susceptibles d’être mises en place dans le secteur. « On entre dans la phase de coconstruction, qui correspond à la suite de l’appel à projets, explique Karim Bentahar, chargé de mission politique de la Ville d’Aubagne. On va dans chaque quartier [concerné par le Contrat de ville, Ndlr] pour reconstruire avec les habitants et les associations la future programmation de 2027. Ce matin, nous étions au Charrel, cet après-midi, nous serons en centre-ville et mercredi matin à la Tourtelle [qui entre dans des poches de précarité, Ndlr]. »

    L’objectif du représentant de la Ville est également d’évaluer les niveaux de subventions à accorder aux différentes associations, en fonction des besoins identifiés.

    Au cœur des échanges de la matinée : la volonté d’adapter l’offre associative afin d’inciter les résidents à davantage vivre leur quartier. « Nous sommes passés par des périodes où un sentiment d’insécurité a poussé les habitants du quartier à se replier chez eux », juge Miguel Nosibor, installé au Charrel depuis 30 ans et fondateur de la compagnie En phase, association culturelle imaginée pour créer du lien social grâce à la danse hip-hop. « Mais je constate, depuis un certain temps, que les familles s’emparent de nouveau des espaces communs. Les questions à se poser sont les suivantes : qu’est-ce qui a permis ça ? Comment faire grandir cette dynamique et s’assurer qu’elle ne retombe pas ? »

    Parmi les solutions envisagées : renforcer la présence des associations afin de créer, avec les habitants, une relation de confiance durable. « La base de tout est le lien que l’on arrive à établir avec les habitants », insiste une représentante de l’École des parents et des éducateurs (EPE) 13, structure d’éducation populaire au service des parents, des jeunes, des familles. « Sur tous les quartiers où l’on intervient, c’est un travail de longue haleine. Il faut être patients et occuper l’espace, déambuler dans le quartier et poser des tables en pied d’immeuble. »

    « Il ne faut pas les décevoir »

    Réfléchir aux méthodes qui permettent de « rencontrer un quartier », c’est ce pour quoi ont plaidé de nombreux participants. L’une des clés réside, selon Slimane Boughanemi, directeur de Contact Club, une association de prévention accompagnant les jeunes et les familles, dans la mise en place d’actions concrètes répondant aux premières demandes exprimées. « La semaine dernière, on a pu rencontrer une cinquantaine de jeunes. C’était un vrai plaisir car on a pu recueillir des demandes concrètes. Il y a une véritable dynamique sur le territoire que je n’observe pas ailleurs. Mais il ne faut pas les décevoir, car s’ils se prennent un mur, nous perdrons le lien », souligne-t-il.

  • Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Des subventions européennes pour les projets solidaires à Digne-les-Bains

    Dans le contexte actuel de baisse des financements publics, les subventions européennes peuvent être un levier de diversification du modèle économique, pour autant c’est des financements qui peuvent être complexes », explique Mathilde L’Hôte, directrice de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire (Cress).

    C’est la raison pour laquelle la Chambre a organisé, vendredi, une matinée pour aider les entreprises, associations ou coopératives sociales et solidaires des Alpes du Sud à identifier et demander des subventions européennes adaptées à leur structure. Ces acteurs de l’économie sociale et solidaire ont des projets « d’utilité sociale, avec des modes de gouvernance démocratiques (un homme = une voix) et un principe de lucrativité limité », précise Mathilde L’Hôte.

    Thibault Dingreville, qui accompagne ces structures dans leur recherche de fonds européens, a expliqué que cela pouvait être pour certains « un enfer administratif ». Il a cependant appelé à « ne pas les essentialiser : ils ne sont pas tous complexes ».

    « Travailler ensemble pour trouver des solutions »

    Il existe deux catégories d’appels à projets européens : les projets de développement local, avec des gestionnaires provençaux ; et les projets de coopération internationale, qui incitent à travailler avec des homologues européens. « L’idée est de travailler ensemble pour trouver des solutions à des enjeux communs de part et d’autre de la frontière et échanger des pratiques », avance Thibault Dingreville.

    Certains fonds, comme le Fonds européen de développement régional (Feder), visent à réduire les écarts de développement entre les différentes zones de l’UE en fonction du PIB (produit intérieur brut) par habitant, a expliqué le chargé de mission Europe. D’autres soutiennent notamment les projets pour les quartiers prioritaires de la ville, les communes rurales, les familles monoparentales ou encore contre le décrochage scolaire et la pauvreté.

    Un autre projet européen appelle à revitaliser les territoires ruraux. « Les Français sont en retard par rapport à d’autres pays. L’Italie prend la moitié des enveloppes de l’UE », a lancé Thibault Dingreville. Le programme européen Citoyenneté, égalité, droits et valeurs (Cerv) permet lui de financer des projets luttant contre les violences faites aux femmes ou encore les discriminations homophobes. Un appel à projets en cours appelle à soutenir la charte des droits fondamentaux de l’UE.

  • Pour la mairie des 9-10 à Marseille, la LPO est « une officine d’extrême gauche »

    Pour la mairie des 9-10 à Marseille, la LPO est « une officine d’extrême gauche »

    Ainsi pour les Petits débrouillards, « une structure hautement politisée qui sous couvert d’animation scientifique s’est illustrée à maintes reprises par des campagnes de militantisme de gauche », expliquait Guil Darmon. Ou de Rencontres tziganes, « qui s’illustre en encourageant l’occupation illégale de terrains publics », selon Rahym Debiane. Et même de la Ligue de protection des oiseaux, « qui s’est éloignée depuis longtemps de sa mission d’observation de la faune pour se transformer en officine d’extrême gauche », assure très sérieusement Yannick Drayon. « Une association politisée quelle qu’elle soit ne doit pas recevoir de subventions », défend la maire (RN) Eléonore Bez. « En bloquant ces délibérations, le RN ne pénalise pas seulement les structures visées : il sanctionne tout un ensemble d’associations », dénonce l’opposition de gauche dans les 9-10. « Les subventions publiques doivent être attribuées dans l’intérêt général, non en fonction d’opinions réelles ou supposées », abondent les Amis du Printemps marseillais dans les 9-10. Quoi qu’il en soit, les abstentions de la mairie de secteur ne bloqueront pas la validation des subventions en conseil municipal vendredi.

  • En colère contre la baisse des subventions des associations

    En colère contre la baisse des subventions des associations

    Cette mesure risque à terme de faire disparaître certaines associations et va porter un coup fatal à l’âme de notre village » : l’argument du collectif d’associations qui appelait dimanche à se rassembler sur le marché pour dénoncer la baisse des subventions attribuées aux associations décidées lors du dernier conseil municipal.

    Quelque 250 personnes ont répondu à l’appel, sachant que la pétition qui demande au maire de revoir sa copie a déjà rassemblé près de 900 signatures dans un village qui compte 1 700 habitants. « Rien ne justifie une coupe de 35%, soit 15 000 euros dans un budget de 2 millions d’euros. La commune à un endettement très faible, une situation financière saine », dénonce un participant. Un autre souligne que les associations culturelles sont prioritairement touchées. Et de demander une table ronde rassemblant élus, associations et population pour une réflexion collective. Les élus de l’opposition Simonne Chagniard, Marion Andlauer, Kamal Lorenzo, Florent Mongin participaient à la manifestation.

  • [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    [Entretien] Éliane Barreille : « Je me bats pour avoir des subventions pour la Rochaille »

    La Marseillaise : Pourquoi ce projet concernant le Pas de la Rochaille, que vous surnommez « le chantier du siècle », est-il si important pour le département ?

    Éliane Barreille : C’est un projet qui mûrit depuis longtemps, parce que c’est un secteur qui est un couloir d’éboulement. Il a été répertorié six couloirs d’éboulement et la nécessité absolue de conforter et la paroi et le soutien de la route. Nous avons décidé de passer à la réalisation, parce que c’est une route extrêmement importante, qui relie l’Italie à la France avec un trafic élevé, en moyenne 832 véhicules par jour et un pic estival à 2 000 véhicules par jour avec les touristes. Le trafic venant de l’Italie est plus important que celui français.

    En 1992, il y a eu des éboulements importants et des accidents mortels. Ce secteur a été classé à un niveau de risque très élevé. Depuis, on étudie ce risque, on met en place des capteurs, des filets. Il y avait une urgence. Il a été proposé de faire des galeries par bloc, qui vont protéger des éboulements. Il faut aussi renforcer la route, puisqu’avec le passage des camions, elle est très affaiblie. Donc il s’agit là de faire sur six endroits des murs de soutènement et de sécuriser la montagne. C’est un projet lourd.

    Quelles seront les conséquences du chantier sur les habitants
    et les usagers ?

    E.B. : Les nuisances et les contraintes portent sur la longueur du chantier avec des alternatives très contraignantes pour les usagers. Je pense que pendant cinq ans, on va gérer le mécontentement des utilisateurs de la chaussée.

    Un itinéraire alternatif sera-t-il disponible pour les travailleurs qui empruntent cette route
    au quotidien
     ?

    E.B. : Les services ont beaucoup planché sur une possibilité d’utilisation d’une chaussée existante en fond de vallon, qui aujourd’hui est une voie communale qui ressemble plus à un sentier qu’à une route, puisqu’elle n’est même pas goudronnée, et sur laquelle il y a un pont très fragile et nécessitant beaucoup de travaux.

    Ceci étant, je ne veux pas fermer la porte, et donc lundi après-midi, nous irons sur place avec les services des routes et le maire de la commune pour voir s’il est possible quand même d’utiliser quelque chose. La difficulté est que là, on est sur du communal, plus sur du départemental. Donc c’est compliqué, et si on faisait passer par cette route, ça veut dire que le maire prendrait quand même une grosse responsabilité, puisqu’elle n’est pas prévue pour accueillir du passage.

    Comment s’est passée votre rencontre avec des élus italiens
    il y a deux semaines ?

    E.B. : Je me bats déjà depuis un moment pour avoir des subventions complémentaires. Je suis allée en Italie pour ça, j’ai fait un aller-retour à Aoste, onze heures de route. J’étais déjà allée l’année dernière à Nice au moment du comité du Quirinal, mais je n’avais pas été entendue, donc j’y suis retournée. Là, je crois que j’ai été entendue, je l’espère. J’ai tapé à toutes les portes, je n’arrête pas de saisir un coup le président de la République, un coup le Premier ministre, un coup le ministre des Transports. Là c’était le ministre des Affaires étrangères et de l’Europe français, et son homologue italien. Je leur ai dit que si je n’étais toujours pas entendue, j’envisageais très sérieusement d’interdire le passage des camions sur cette route. Quand je leur ai dit que les camions venaient essentiellement d’Italie, ils ont réagi en me disant qu’on n’allait pas en arriver là.

  • Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Nicolas Meizonnet continue-t-il son instrumentalisation des traditions taurines ? Pour l’opposition, l’annonce effectuée par le nouveau maire de Vauvert le 2 juin d’un retour de la corrida dans les arènes Jean Brunel en est un nouvel exemple. Elle sera organisée le dimanche 9 août en début de fête votive, après neuf ans d’absence.

    Rapidement, les militants opposés à la corrida comme l’Alliance Anticorrida ont fait part de leur consternation et y ont vu un « coup de communication » du nouveau maire. Mais aucune action en justice n’est prévue. En effet, pour que le retour de la corrida soit contesté, il faut une rupture de la tradition tauromachique locale durant plusieurs années. Ce fut par exemple le cas à Pérols qui avait été interdit de spectacle taurin avec mise à mort. Mais à Vauvert, la tradition a perduré durant les mandats de Jean Denat (PS), puisque des novilladas ont continué d’être organisées. Or entre une novillada et une corrida, seul l’âge du taureau diffère.

    Si certains élus d’opposition sont fondamentalement opposés à la mise à mort du taureau, c’est surtout sur l’aspect financier qu’insistent aujourd’hui les opposants à Nicolas Meizonnet. « Le contrat présenté en conseil municipal court sur deux ans et ne concerne que la communication et le conseil d’Hadrien Poujol. C’est tout de même 24 000 euros par an. Pour une mairie qui n’a pas beaucoup de moyens, ça commence à faire cher les festivités. Pour l’instant, on ne connaît même pas le prix de la corrida », fustige Magali Nissard, élue d’opposition.

    Moins de culture,

    plus de corridas

    De plus en plus onéreuses, les corridas représentent en effet un poste budgétaire important dans l’organisation des fêtes votives. Des villes comme Alès ont d’ailleurs réduit la voilure dans ce domaine lors de la feria 2026. Vendredi 5 juin, le maire d’extrême droite a également présenté en conseil municipal la grille tarifaire pour les 4 000 places que comptent les arènes vauverdoises, qui s’étend de 10 à 85 euros.

    « L’argent qui est économisé en annulant Jazz à Vauvert sert en réalité à organiser une corrida. Le maire a coupé dans les subventions aux associations à hauteur de 88 000 euros. Il dit que c’est -30% pour tout le monde mais en réalité, certaines associations ont gardé la même subvention quand d’autres ont eu des baisses. Ils ont aussi augmenté les tarifs du centre de loisirs. Ils détricotent tout ce qu’on avait fait pour atteindre un objectif de mixité sociale », ajoute Magali Nissard, qui craint que cette corrida ne dénature la fête votive vauverdoise.

    « Est-ce que les habitants attendent ça ? Je ne suis pas sûre que ceux qui sont attachés aux traditions et à la fête votive à Vauvert soient très intéressés par une manifestation de tauromachie espagnole. Même des personnes de l’électorat de Meizonnet le disent. En plus, la fête commence le samedi soir et le dimanche, c’est la première vraie journée où il y a habituellement le déjeuner au pré, la course camarguaise l’après-midi et de nuit dans les arènes. Comme c’est le week-end, c’est vraiment attendu. Ces animations qui marchaient bien seront placées le lendemain », regrette l’élue d’opposition.

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    Levée de boucliers pour défendre le Planning familial de Carpentras

    « On ne laissera pas tomber le territoire de Carpentras et les personnes vulnérables qui ont besoin que l’on soit auprès d’elles », clame Anne-Lise Nadaud, présidente du Planning familial en Vaucluse, trois jours après que la municipalité RN de Carpentras a voté en conseil municipal la suppression des subventions qu’elle accordait à l’association.

    Une aide de 3 000 euros par an qui ne sera donc plus versée. « Le Planning familial n’arrête pas de taper gratuitement sur le Rassemblement national », reprochait ainsi ce vendredi 5 juin le premier magistrat, qui est aussi député (RN), Hervé de Lépinau. Une somme « qui ne représente pas grand-chose dans notre budget de 900 000 euros. C’est plus symbolique », regrette la présidente, qui rétorque qu’elle ne « tape pas gratuitement » sur le parti à la flamme, mais que « c’est parce que nous défendons les droits fondamentaux que sont pour nous l’IVG, l’égalité hommes-femmes, la contraception, l’éducation à la sexualité. Des droits acquis en termes de santé sexuelle qui peuvent être en danger. On a des idées fondamentalement opposées », pose-t-elle.

    Le maire s’est également permis comme commentaire que la structure « n’est pas là pour pourrir davantage le cerveau » des adolescents « pour aggraver cette question de l’identification de leur identité ». Une référence à une affiche du Planning familial, datant de 2022, présentant un couple au sein duquel un homme transgenre attend un enfant. « Cette affiche peut, sortie de son contexte, questionner », concède la responsable associative. Mais elle explique que cette communication avait été réalisée dans le cadre d’une formation destinée à des personnes déjà en transition de genre. « L’information n’est ni triée, ni sélectionnée, ni expliquée, ni contextualisée. On les accompagne plus qu’on ne les bouleverse », conclut Anne-Lise Nadaud.

    « Conséquences sanitaires »

    Plusieurs formations politiques de gauche ont dénoncé cette décision. Le Parti socialiste regrette dans un communiqué que cela « apparaît comme un mauvais signal envoyé aux acteurs associatifs et à tous ceux qui œuvrent au quotidien pour la cohésion sociale et l’émancipation de chacun ». « En réalité, ce n’est pas le Planning familial qui n’aime pas le RN, mais le RN qui n’aime pas le Planning familial. La liberté pour les femmes, leur libre choix, n’est donc pas dans l’ADN du RN et donc de Monsieur de Lépinau. Chacune, chacun devra s’en souvenir », pointe de son côté la section vauclusienne du PCF. Tandis que la Ligue des droits de l’Homme rappelle que « cette décision ne peut être dissociée des positions publiques du député RN Hervé de Lépinau sur l’interruption volontaire de grossesse. Il a notamment qualifié l’avortement de délit et comparé l’IVG à des génocides tels que la Shoah ».

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