En 1943 et 1944, sur le plateau de Brigadel, sur les hauteurs de Puimichel, des agriculteurs acceptent d’arracher leurs amandiers pour créer une piste d’atterrissage pour pouvoir approvisionner en armes et en matériel les résistants qui se préparaient au débarquement de Provence. à proximité, une ferme sert de lieu d’asile et de refuge aux jeunes qui voulaient échapper au Service de travail obligatoire (STO) et au transfert en Allemagne.
Vendredi, une dizaine d’élus, de femmes et d’enfants de ces combattants bas-alpins se sont réunis sur place, où une stèle a été érigée en 2018, pour leur rendre hommage et éviter qu’ils ne tombent dans l’oubli. « Il faut faire circuler le devoir de mémoire. N’oublions jamais le courage, l’abnégation de ces jeunes gens qui n’ont pas hésité à offrir leur vie afin de s’opposer à l’occupation nazie », a souligné Gérard Lazaud, ancien adjoint aux anciens combattants d’Oraison, à l’initiative de cette stèle.
Le maire de Puimichel, également présent, a tenu à insister sur « les résistants de l’ombre, tous ceux qui ont donné à manger, hébergé. Lors des parachutages, à l’aube, ils sortaient tous pour voir s’il n’y avait pas un parachute coincé dans un amandier. La résistance n’aurait rien été sans leur aide », a-t-il avancé.
Jean Banner, à l’initiative de ce rassemblement, a tenu à « remercier ces jeunes qui ont décidé de dire non à la loi du plus fort et à la barbarie nazie ». Il a évoqué André Laurent, ancien résistant et auteur du livre La Résistance sur les plaines entre Asse, Bléone et Durance, décédé en 2022 : « Il a laissé aux générations futures un héritage que nous devons transmettre ». « Cela a scindé une jeunesse en deux, entre ceux qui sont partis travailler en Allemagne et ceux qui ont rejoint la résistance », a témoigné sa femme, Gilberte Laurent, également présente vendredi.
« Il ne faut pas oublier qu’il y a toujours les familles de ceux qui ont combattu », a insisté Jeanine Telme, la fille du résistant Gaston Telme, né en 1907 et décédé en 1992. « Il parlait très peu de la Résistance en famille. Tout ce que je sais, je l’ai retrouvé dans des documents », a-t-elle raconté.
Didier Derupty, vice-président de la Maison du combattant et des familles, récemment créée dans le département, a proposé son aide aux élus et aux citoyens présents pour organiser une cérémonie annuelle sur le lieu de la stèle. « Il faut arriver à fédérer les endroits, les stèles oubliées. La conservation du devoir de mémoire est importante », a-t-il martelé, alors que la stèle de Brigadel est très peu visitée et méconnue des habitants. « Il n’y a plus de résistants, mais il y a des descendants passionnés pour faire vivre le devoir de mémoire. »
élus et familles de résistants présents ont également évoqué l’idée de proposer aux instituteurs et aux écoliers de participer à une cérémonie annuelle en hommage aux maquisards.
Pendant le débarquement de Provence, le 15 août 1944, quelque 100 000 soldats, essentiellement américains, canadiens et britanniques, ont débarqué sur les plages du Var, ouvrant la voie à plus de 250 000 Français qui allaient reprendre Toulon puis Marseille en moins de deux semaines. Cette armée comptait 84 000 Français d’Afrique du Nord, 12 000 soldats des Forces françaises libres fidèles au général de Gaulle et 12 000 Corses, mais aussi 130 000 soldats d’Algérie et du Maroc et 12 000 soldats de l’armée coloniale.


