Tag: spectacles

  • La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    La Grande Parade Métèque : dix ans à fêter la diversité

    « Il y a dix ans naissait, à Montpellier, la toute première édition de la Grande parade métèque, d’un rêve un peu fou : célébrer le métissage et l’interculturalité, dans un pied de nez joyeux et déterminé au racisme et aux replis identitaires. Le contexte dans lequel nous célébrons cette 10e édition rend ce travail plus nécessaire que jamais », estime Ademass, association culturelle à dimension sociale et citoyenne qui porte la manifestation. En effet, « partout, les discours de peur se banalisent, le racisme se décomplexe, les fractures sociales se creusent et polarisent notre société », déplore l’association. Ce 10e anniversaire se veut donc synonyme de « résistance joyeuse » : « nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas (…). Affirmons par la fête, la culture, la musique et les gestes partagés, qu’un autre monde est possible ».

    Du 5 au 9 mai, le quartier Figuerolles-Gély, où le projet est implanté depuis ses débuts, va vivre au rythme des nombreuses animations – spectacles d’arts vivants, débats, concerts, village associatif – proposées autour de la traditionnelle « grande parade ».

    La journée du 7 mai sera réservée aux scolaires, avec l’accueil de 300 enfants des écoles du quartier. À la fois spectateurs et acteurs, ils présenteront des spectacles créés durant l’année avec des artistes partenaires. Le reste du festival sera ouvert à tous et entièrement gratuit. Le coup d’envoi sera donné mardi 5 mai à 18h avec une représentation de Souki, spectacle de théâtre-danse, dans une salle du collège Fontcarrade. Suivra, à 20h30 à la maison pour Tous Joseph-Ricôme, l’Odyssée d’un départ, où seront égrenés, en musique, les souvenirs d’un enfant d’origine algérienne né en France.

    La grande parade aura lieu samedi 9 mai à 17h

    Mercredi 6 mai, le festival s’installe place Salengro, au cœur de Figuerolles, pour une après-midi de jeux, danse et musique (14h-18h) avant un spectacle de cirque acrobatique proposé par la compagnie Zid à 18h30 suivi, à 20h30, d’un DJ set « percussif et libérateur » de Kbira, qui fusionne les sonorités du Maghreb avec des styles urbains.

    Vendredi 8 mai, rendez-vous au parc de la Guirlande pour une après-midi « décolonisons nos imaginaires ». Dès 14h, des ateliers créatifs et des performances seront proposés, la Bouscule viendra avec sa « bibliothèque décoloniale ». À 15h30, une table ronde sera consacrée à la thématique « Décolonisons le langage ». À 17h, cap sur le théâtre voisin de La Vista, pour la conférence dansée « Décolonize the dancefloor » de Habibitch, nourrie de références politiques et historiques. La journée se clora à 20h30 avec Hermance DJset, « un set émergent qui valorise des voix de femmes et des discours de femmes marquantes ».

    Samedi 9 mai, enfin, le parc de la Guirlande accueillera, de 14h à 18h, un village associatif mettant en valeur une trentaine d’associations du territoire. Des expositions autour des questions de féminisme et de migrations, d’exil et de lutte contre le racisme y seront proposées. Deux spectacles de cirque auront lieu à 14h30 au gymnase Ramel (Routine, au croisement du cirque et du parkour) puis à 16h au parc de la Guirlande (Maiador, expérience inspirée de la culture populaire brésilienne où se mêlent acrobatie, danse contemporaine, mât chinois et musique live).

    Temps fort de la journée : la grande parade métèque, déambulation déguisée dans le quartier, mélange de carnaval et de manifestation célébrant l’interculturalité, partira à 17h du parc de la Guirlande au son des batucadas, emmenée par un char à chimères. Le festival se clora par une soirée de concerts au parc où se succéderont, à 19h30, l’enfant de la Paillade Manuela Diaz (pop urbaine – flamenco) et à 21h30 la chanteuse réunionnaise Maya Kamaty (maloya – pop urbaine créole).

  • Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pas moins de 1 780 spectacles différents animeront les planches de la Cité des Papes du 4 au 25 juillet prochain pour le Festival Off d’Avignon, plus grand événement dédié au spectacle vivant francophone. Pour un total de 27 000 représentations et 2,6 millions de billets mis à la vente.

    Des chiffres « qui montrent une convergence », analyse ce lundi 27 avril Laurent Domingos, co-président d’Avignon festival & compagnies, qui tenait sa conférence de présentation. Car, en fin de compte, les visiteurs de la Cité des Papes en juillet auront le choix entre 1 250 représentations par jour à travers les 141 lieux de spectacles, soit des chiffres similaires à 2025. « On a tous les ans des phrases du type “le Festival grossit ou converge”, ce qui n’est pas vrai. Cela converge car le nombre de salles converge, le nombre de créneaux par salle converge, le nombre de jours est le même », explique Laurent Domingos. Les dates étant à nouveau alignées avec celles du In. « On est cependant le plus gros festival du monde, et même de la galaxie, du spectacle vivant pour la jeunesse », ajoute avec humour Raymond Yana, autre co-président d’AF&C. Avec au total environ 1 500 spectacles « tous publics ». D’autant que de plus en plus de compagnies ne restent pas pour toute la durée de l’événement : 12% d’entre elles restent moins de six jours et 18% entre six et onze jours.

    Sans oublier que l’invitée d’honneur est cette année la Méditerranée, avec des compagnies venues de Chypre, d’Espagne, d’Israël, d’Italie, du Maroc ou encore de la Palestine. « On invite les compagnies, pas les pays », insiste Raymond Yana, souhaitant sans doute s’éviter une polémique après les propos du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), également présent ce lundi, qui affirmait sur les antennes de France Inter que « le festival n’est pas là pour sortir le drapeau palestinien ».

    Faire face à la crise

    D’autant que le ciel n’est pas tout bleu dans le monde du spectacle vivant. Laurent Domingos a notamment chargé « la baisse en catimini de la moitié » du Fonpeps, à savoir l’aide à l’emploi du plateau artistique donnée par l’État, qui passe donc d’une enveloppe de 40 à 20 millions d’euros, d’après le responsable associatif. « Le Festival Off a beaucoup progressé et s’est beaucoup professionnalisé avec ça. Des compagnies ont pu progresser et faire des spectacles plus solides », regrette-t-il. En réaction, la structure tente tant bien que mal d’y faire face, notamment en augmentant de 60 000 euros son fonds de soutien à l’emploi artistique, qui monte ainsi à 310 000 euros, soit 10% de son budget. « Cela ne remplace pas le Fonpeps. Mais on accompagne une centaine de structures émergentes », précise Harold David, directeur d’AF&C.

    Plus d’infos sur festivaloffavignon.com

  • Arlette ton cirque plante son chapiteau à la Mosson

    Arlette ton cirque plante son chapiteau à la Mosson

    Arlette ton cirque ! » fait son retour avec le printemps pour proposer, le 18 avril, une après-midi et une soirée de cirque et de son dans le parc Sophie-Desmarets*, quartier de la Mosson.

    Les « cabarets-jardin » impulsés en 2018 par une bande de copains sont devenus un rendez-vous attendu, qui accueille environ 2 000 personnes chaque année pour une journée festive. Entièrement gratuit et porté par une équipe bénévole, le festival a tissé des liens avec les acteurs associatifs du quartier où il est désormais implanté, lesquels participent à la manifestation à travers de nombreux stands de restauration ou d’animations.

    Nouveauté cette année, outre une scène extérieure en plein air sous les arbres, Arlette étrenne son nouveau chapiteau, acquis grâce au budget participatif de la Ville en 2024. C’est là, à partir de 14h, que débutera le traditionnel « Cab’arlette », cabaret-cirque où se succèdent des formats courts mêlant du clown, de la danse, des acrobaties et autres surprises, proposés par des artistes émergents ou amateurs rémunérés au chapeau.

    Se succéderont ensuite, le reste de l’après-midi, trois spectacles de cirque de compagnies professionnelles. De 16h à 16h40, la compagnie Das Arnak proposera, en extérieur, « Bakana », un spectacle de danse et mât chinois sur une musique bien rock n’roll ; entre 17h10 et 18h, la compagnie Shreu présentera sous le chapiteau « Imbroglio », porté par « une acrobate loufoque et bourrée de vie » ; enfin de 18h30 à 19h15, place à « Vilain chien », concert acrobatique et gesticulé de la Générale Posthume.

    Concerts et boum !

    À partir de 19h30, la musique prendra le relais pour une soirée en plein air, éclectique, festive et ouverte à toutes les générations. Au programme : un concert afrobeat d’Ina’timbô (19h30-20h45) ; un show case rap avec Taliano (21h-21h30), artiste d’origine italo-marocain « qui transforme les galères en lumière et les langues en passerelles » ; un concert afro-rock du quintet Saf Feh, soudé autour de la voix de sa chanteuse Sabrina (21h45-22h45) ; la soirée musicale se clora sur le DJ set de Marina Rabita (23h-00h), à la fois DJ, danseuse et chorégraphe.

    Les plus jeunes pourront eux aussi se déhancher sur la piste, avec, pour la première, une boum proposée à 18h. Tout au long de la journée, ils pourront également profiter des ateliers de découverte des arts du cirque (dès 3 ans) encadrés par des animateurs de l’école Balthazar (15h30-18h). Un atelier écologie « Au fil de l’eau de la Mosson » sera également proposé de 14h à 19h, sous une forme ludique. Sans oublier le concert participatif de la violoncelliste Sara Valero, à 16h40, accessible dès le plus jeune âge.

    * Tram ligne 1 direction Mosson, arrêt Halles de la Paillade

  • Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    « Va-t-on pouvoir voyager en Corée sans sortir d’Avignon ? », s’interroge, devant plusieurs centaines de personnes installées dans les fauteuils rembourrés rouges de la FabricA, Fatima, animatrice à l’espace pluriel d’Avignon, en présentant Kim : Yeonshee, spectacle au programme du Festival d’Avignon IN lors de cette 80e édition qui se tiendra du 4 au 25 juillet prochain. Une interrogation parmi les 80 formulées par des festivaliers sélectionnés ce mercredi 8 avril en début de soirée lors de la présentation du programme de l’événement, avec pour thème, donc, le questionnement.

    Il y a tout de même un certain nombre de certitudes sur le déroulement. À commencer par le nombre de représentations, avec pas moins de 47 spectacles mais aussi 2 expositions pour près de 300 représentations et plus de 136 000 places à la vente. Avec, en ouverture dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, « Maldoror » de Julien Gosselin, adapté de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Un questionnement, forcément, sur la présence de la violence dans la société.

    Se mêlent ensuite, pendant les trois semaines de l’octogénaire du Festival In, des grands noms tels qu’Isabelle Huppert, Valérie Dréville, Denis Podalydès ou encore Éric Ruf. À noter que 67% des artistes invités sont programmés pour la première fois sur les planches de la Cité des Papes.

    Corée à l’honneur

    Un air d’Asie va donc également souffler sur Avignon pendant ce mois de juillet. Plusieurs œuvres de la prix Nobel de littérature Han Kang seront ainsi présentées, dont son dernier roman Impossibles adieux. Mais aussi, parmi d’autres, Island Story de Kyung-Sung Lee, qui conte, au gymnase du lycée Aubanel, l’histoire du massacre de Jeju en 1948, où des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées suite à une rébellion contre le pouvoir anticommuniste mis en place. « Comment donner la voix à ceux qui sont réduits au silence ? » demande ainsi à ce propos Jeffrey, un festivalier habitué de nationalité américaine, qui rappelle la responsabilité de son pays dans ce conflit.

    L’occasion également, pour le maire nouvellement élu, Olivier Galzi (DVD), d’assurer qu’il promeut « une culture partout et pour tous » et qu’Avignon sera « une capitale » et, dans une longue tirade, d’appeler à « abattre des remparts d’ignorance » et à « éveiller les esprits sans attiser le bruit et la fureur ». Et ce, quelques minutes après des applaudissements nourris pour sa prédécesseuse à la tête de la ville, Cécile Helle (PS), qui n’était pas présente ce mercredi.

    Les différentes billetteries et l’accès au festival

    Un nouveau système d’ouverture des ventes sous forme de créneaux « afin de garantir un accès fluide et d’éviter toute saturation du site » a été présenté ce mercredi. Ceux-ci, déjà tous complets, permettent d’acheter ses places lors d’un horaire dédié entre le lundi 13 et le samedi 18 avril. Pour le reste, la billetterie en ligne, pour tous et toutes, sans inscription préalable, ouvrira le samedi 18 avril à 13 heures. Puis, à partir du 20 juin, par téléphone au 04.90.14.14.14 ou au guichet, 20 rue du portail Boquier. Et à partir du 27 juin à la boutique du Festival, située sur la place de l’Horloge. Avec, comme toujours, un guichet de la dernière chance sur les lieux du spectacle, une heure avant le début de ceux-ci, dans la limite des places disponibles. Tout en sachant qu’il y en aura 136 000 à la vente, soit 14 000 de plus que l’an dernier.

    Pour se rendre sur place, le dispositif exceptionnel de trains et bus mis en place par la Région Sud est maintenu, avec des lignes depuis plusieurs communes vauclusiennes. Mais aussi des trains et bus jusqu’à 23h30 « pour un retour facilité et un hébergement en périphérie » précise l’organisation, notamment vers Arles, Carpentras, Cavaillon ou encore Orange.

    Infos et billetterie sur festival-avignon.com

  • De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    De nouvelles expériences à la Foire de Brignoles

    C’est un événement attendu à chaque début de printemps. Pendant neuf jours, la Foire de Brignoles en Provence Verte – événement centenaire créé en 1921, initialement comme exposition consacrée aux vins du Var et aux innovations liées au monde viticole – va animer le territoire.

    Au total, près de 270 exposants locaux seront de la partie pour proposer une véritable vitrine du terroir, entre habitat, gastronomie, agriculture, loisirs et innovation.

    Tradition et modernité

    Les gourmands se donneront rendez-vous dans la traditionnelle Halle des Saveurs, où seront regroupés des exposants venus partager leurs spécialités et leurs savoir-faire culinaires (vins, produits du terroir, douceurs sucrées…). En complémentarité, le Marché des producteurs proposera de découvrir des spécialités issues directement des exploitations et ateliers artisanaux, en présence de ceux qui les font vivre.

    Plusieurs nouveautés seront également au programme. Les amateurs de vins sauront apprécier un hall dédié aux vins du terroir, avec à l’honneur, cette année, l’appellation Coteaux Varois en Provence. Pendant une journée, le 12 avril, plusieurs vignerons de l’appellation viendront présenter leurs cuvées et leur savoir-faire.

    Côté modernité, l’événement s’est doté d’une application mobile, qui présente les temps forts, les exposants, le plan de la foire, les espaces restauration… Toujours au rayon numérique se tiendra, pour la première fois, le salon gaming, du 17 au 19 avril, avec au programme des tournois, démonstrations et animations dans une ambiance conviviale. Les sportifs, eux, se tireront la bourre sur le Run de la foire, le 18 avril. Une course originale au cœur de l’événement, qui associe sport, convivialité et découverte de la Foire dans une atmosphère accessible à tous. Enfin, les soirées des 11, 17 et 18 avril offriront des instants plus festifs, avec, entre autres, des animations musicales.

  • À Toulon, le monde de la culture fait barrage au RN et soutient Josée Massi

    À Toulon, le monde de la culture fait barrage au RN et soutient Josée Massi

    Alors le 23 mars au matin, nous, Toulonnais et Toulonnaises, amoureux de notre ville, serons fiers de dire tous ensemble : Toulon a tenu ». C’est dans cet objectif, que plus de 230 professionnels de la culture ont publié une tribune pour inciter les Toulonnais à faire barrage à l’extrême droite.

    Le texte revient sur les multiples raisons qui poussent le monde de la culture à faire barrage à la marée brune incarnée par Laure Lavalette : « Parce que bâtir dans la joie ce futur désirable et tisser des liens entre les cultures et les générations sont définitivement incompatibles avec la vision étriquée et réactionnaire de l’extrême droite ».

    Pour rappel, à Toulon Laure Lavalette (RN) est arrivée en tête avec 42,05% des suffrages exprimés. Son opposante Josée Massi (DVD) est arrivée deuxième avec 29,54% des voix. Michel Bonnus (LR), arrivé troisième avec 15,71% s’est retiré du second tour. Une situation qui devrait profiter à Josée Massi dans une dynamique de barrage contre l’extrême droite, portée aussi par la gauche et le monde de la culture. Dans ce cadre un appel au rassemblement contre l’extrême droite, samedi 21 mars à 14h, place de la Liberté a été diffusé.

    Parmi les signataires de la tribune, des figures de la culture comme Charles Berling, acteur, réalisateur et directeur du théâtre Liberté à Toulon. L’artiste avait déjà appelé au barrage contre l’extrême droite durant les législatives en juillet 2024. La Tribune est également signée par de jeunes artistes comme Killian Chapput, le comédien qui joue le personnage principal de la pièce « La Métamorphose » (inspirée du récit de Kafka) au théâtre Liberté, le peintre Benoit Olive ou encore la chanteuse Elodie Frégé.

    La culture, levier du vivre ensemble

    La tribune rappelle que « la culture est un levier de transformation urbaine et du vivre ensemble » et que « Josée Massi a su offrir aux artistes des espaces de travail et un maintien des subventions, aux quartiers des ateliers et des spectacles pour toutes et tous. ».

    « Le repli sur soi et le rejet de l’autre ne doivent pas diriger à nouveau la ville que nous avons vu grandir après avoir été si meurtrie » affirment les professionnels. Les plus de 230 signataires refusent « que l’extrême droite dicte ce que nous pouvons ou devons créer ou programmer. » Ils concluent : « nous lançons un appel à tous les citoyens et citoyennes, aux personnes ayant voté ou s’étant abstenues pour un sursaut démocratique. »

  • [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    Macha Makeïeff est metteuse en scène, autrice, cinéaste. Femme de théâtre, elle a notamment dirigé pendant 11 ans le théâtre de la Criée à Marseille, sa ville de naissance. Dans cette exposition, elle propose de mettre à l’honneur des reliques de pièces de théâtre, d’opéras, de ballets.

    La Marseillaise : Vous créez une exposition, « Inventaire onirique ». Pouvez-vous nous parler du projet ?

    Macha Makeïeff : L’exposition est une mise en scène. Je ne vais pas mettre des œuvres comme dans une galerie. C’est vraiment un spectacle immobile que je propose. C’est à la fois excitant et un vrai tourment, parce que c’est un lieu très grand et il faut quand même que le récit se développe. Et ce récit sera plutôt un cadavre exquis qu’une histoire, car on va de lieu en lieu, avec trois séquences. On n’est pas assujettis à aller à un endroit, au contraire, chacun a sa trajectoire, a un point de vue différent. Ça me plaît beaucoup l’idée que personne ne voit la même chose en même temps.

    Pourquoi avoir voulu exposer des décors, des peintures de théâtre ?

    M.M. : Je fais du théâtre depuis si longtemps que je voulais l’évoquer par sa part plastique, mais aussi par ce qui me hante, c’est-à-dire « que deviennent les spectacles une fois qu’ils sont défaits ? ». Quand les pièces sont finies, il y a quelque chose qui vous serre le cœur : ces caisses dans lesquelles on emporte tout, le plateau vide. J’ai voulu ressortir ça et aller chercher des choses qui ne sont jamais plus revues. Je garde toujours les choses un peu comme des reliques. Donc quand on me propose le Palais des Papes, pour mettre ces choses, pour les célébrer, je trouve ça magnifique. Les faire venir, les revoir alors que tout ça était invisible, c’est quelque chose de fou. Ça ne sera pas « Ma vie mes œuvres », je ne vais pas raconter ma carrière. Je veux vraiment honorer ces objets.

    Pourquoi traiter ce sujet par les thèmes de l’onirique, de la fantaisie ?

    M.M. : D’abord, quand on parle de la perte, ici d’un spectacle, l’humour n’est jamais loin, parce que sinon c’est désespérant. Au théâtre, il y a quelque chose de l’ordre de la rédemption par le rire, le sourire et la fantaisie. Sinon c’est invivable. Dans ce monde sens dessus dessous, délité, où nos valeurs sont complètement inversées, je pense que c’est important de célébrer ce qui est fragile, dire que le théâtre malgré tout persiste dans les consciences, dans la rêverie, même quand il est mis en pièces.

    Vous êtes née à Marseille et avez été directrice de la Criée pendant 11 ans. Quel est votre lien à la région et comment se lit-il dans cette exposition ?

    M.M. : Pour les œuvres, je suis restée beaucoup dans le Sud, je ne suis pas allée chercher les grandes collections parisiennes. Je suis allée au Museon Arlaten, à Arles, au Cirva à Marseille. Je suis allée fouiller dans les stocks de l’opéra d’Avignon, de la maison Jean Vilar. Ce sont des artistes et des collections qui me sont familiers, que j’aime beaucoup. J’aime bien réaliser ça dans une proximité, ça me touche. Il y a un attachement à ce territoire, cette Provence. Il y a une familiarité. Je sais aussi qu’il y a des trésors. Je suis née à Marseille, mais en plus, pendant 11 ans, quotidiennement, j’ai dirigé la Criée où il y avait tout le temps des expositions. J’aimais bien cette idée de circulaire, qui n’aille pas chercher très loin.

  • 3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    3 spectacles pour raconter les sciences autrement à Montpellier

    De l’eau qui file, des moustiques qui piquent la curiosité et des cellules qui dévoilent leurs secrets : quand la science devient une aventure…

    La résidence « La science rend des contes » réunit, depuis septembre 2025, trois conteurs et conteuses au sein de laboratoires de l’Université de Montpellier. En immersion auprès des scientifiques, « les artistes explorent différentes thématiques de recherche et les transforment en récits accessibles à tous, mêlant rigueur scientifique et puissance narrative ».

    Rencontre entre artistes et scientifiques

    Objectif : découvrir les sciences autrement, « sensibiliser les enfants de 6 à 11 ans et leurs familles aux sciences en offrant un espace où la rigueur scientifique dialogue avec la poésie, l’émotion et l’imaginaire ». Un projet construit en partenariat avec le réseau des médiathèques et de la culture scientifique de la métropole, dans le cadre de la labellisation “Science avec et pour la société” de l’UM.

    De cette résidence sont nés trois spectacles, qui seront proposés les samedis 14 février, 14 mars et 21 mars à la médiathèque Émile Zola de Montpellier. « Chaque spectacle est pensé comme une expérience partagée dans laquelle les artistes donnent corps aux savoirs, puis les scientifiques associés au projet prolongent la rencontre lors d’un échange avec le public », explique l’Université.

    Le premier rendez-vous, (« Peut-on conter sur le moustique ? », 14 février 16h–17h) propose de s’emparer d’un sujet familier, le moustique. Le second (« Lokili – Les mondes de l’eau », 14 mars 16h–17h), plonge le public dans une aventure centrée sur l’eau, ressource essentielle et pourtant fragile. Enfin le troisième spectacle (« Le Cosmos des Minus  », suivi de « Lokili – Les mondes de l’eau », 21 mars16h–18h) se déploie sous une forme plus longue, avec deux propositions successives. L’après-midi s’ouvre avec « Le Cosmos des Minus  », consacré à l’infiniment petit. À travers le regard d’un enfant régulièrement renvoyé à sa petite taille, le récit bascule vers une autre échelle du vivant : celle des cellules, des structures invisibles, des mondes microscopiques qui organisent le réel. Cette proposition sera suivie d’une seconde représentation de « Lokili – Les mondes de l’eau ».

  • [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    [Festival] Du rire et du vin pour réchauffer l’hiver dans l’Hérault

    Durant trois week-ends d’affilée, du 30 janvier au 13 février, les Hivernales du rire et du vin sont de retour dans l’arrière-pays héraultais pour une 35e édition. Organisé par la communauté de communes des Avants-Monts, ce festival original marie, comme son nom l’indique, l’humour et la viticulture. Un beau programme pour réchauffer le cœur de l’hiver, « à une période où il y a très peu d’événements sur notre territoire, qui est plutôt touristique donc s’anime davantage aux beaux jours », explique Olivia Losse, responsable du service culturel de la communauté de communes des Avants-Monts.

    Murviel, Roujan et Laurens

    « Sur chaque commune où nous allons, on invite un vigneron qui y est domicilié à venir présenter ses vins. Le spectacle se déroule et à la fin de la représentation, nous organisons un moment convivial avec dégustation et rencontre avec les artistes et les vignerons », détaille Olivia Losse. « Notre but est que tout le monde puisse accéder à la culture, même en ruralité. On n’a pas de salle dédiée sur le territoire, donc on transforme les salles polyvalentes ou les salles des fêtes des différentes communes pour accueillir les spectacles, afin que les habitants s’y sentent comme dans un vrai théâtre. On favorise aussi l’accès à la culture en pratiquant des tarifs accessibles* », poursuit la responsable du service culturel.

    Pour cette édition 2026, quatre spectacles seront proposés dans trois communes différentes. Entre sketch, stand-up, danse et musique, le Montpelliérain Kevin Levy assurera l’ouverture du festival vendredi 30 janvier à Murviel-lès-Béziers avec son premier seul en scène, « Cocu ». « À la fois drôle et authentique, il séduit un public toujours plus large. Dans son spectacle en solo, il retrace la désillusion amoureuse et en profite pour croquer notre époque. »

    Le lendemain, toujours à Murviel-lès-Béziers, c’est « Madame Fraize » qui investira la salle multi-activités. « Clown lunaire à contre-courant des lois de l’humour et des diktats de l’efficacité, Monsieur Fraize est un personnage culte dans l’univers du one man show. Cette fois, il rend hommage à Madame, avec un spectacle délicieusement drôle et absurde. »

    Le week-end suivant, 6 février, cap sur Roujan avec Amor à mort, de la compagnie Boulègue Production. « Un spectacle d’humour noir cathartique, audacieux. Amor à mort, c’est une série de tableaux féroces, drôles, grinçants et résolument transgressifs sur des histoires d’amour. »

    Enfin, en clôture du festival le 13 février, Bernard Mabille, qu’on ne présente plus, se produira à Laurens avec « Loin des cons », « un spectacle incisif et intimiste démontant politiques et société avec humour et liberté. » Le tout en présence, à chaque représentation, des vignerons du territoire invités pour la soirée.

  • Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    Les Trad’Hivernales font danser l’hiver à Sommières

    À Sommières, janvier rime depuis longtemps avec Trad’Hivernales. Du 15 au 18 janvier, le festival porté par l’association Coriandre revient pour une 27e édition fidèle à son esprit : faire vivre une culture occitane ouverte, joyeuse et accessible.

    Concerts, bals trad, spectacles, contes, actions culturelles… pendant quatre jours, la ville devient un véritable carrefour de rencontres artistiques et humaines.

    « La tradition doit évoluer »

    Près d’une vingtaine de groupes sont annoncés, parmi lesquels Naragonia, Dragon Flowers, Cam & Léo, La Soubirane, Unès ou encore Morenica pour la soirée d’ouverture. Une programmation qui assume la diversité, puisque, comme le rappelle Denis Galvier, fondateur de Coriandre, « la diversité est un gage de possibilité de partage ».

    Une philosophie revendiquée par les organisateurs, pour qui la transmission passe par le mouvement. « La tradition doit évoluer, sinon elle se meurt », insiste le fondateur de Coriandre. Le festival multiplie ainsi les formats : concerts nomades dans la ville, ateliers participatifs, plateau radio, bals pour enfants et une journée du dimanche entièrement gratuite avec repas partagé et bal familial. Un rendez-vous où l’on vient écouter, danser, apprendre… et surtout partager, fidèle à l’esprit de « paratge e convivéncia » cher à la culture occitane.

    Infos et billetterie : tradhivernales.com