Tag: spectacle vivant

  • Un solo d’acteur pour Alexandre Marius Jacob

    Un solo d’acteur pour Alexandre Marius Jacob

    Il s’agit d’abord d’une gageure et des performances d’un acteur polyphonique, capable de changer de sexe et de jouer successivement plusieurs rôles. Dans ce spectacle court, proche d’une scène de cabaret, exactement comme dans la « commedia dell’arte », ou bien dans les pièces de Philippe Caubère, avec maquillage et changements de mimiques, avec des transitions souples et des enchaînements rapides autour d’une chaise et de deux gradins, le comédien Franck Vrahidès n’évoque pas uniquement les épisodes de la vie du braqueur cambrioleur idéaliste Alexandre Marius Jacob dont l’éthique et les contradictions font penser à Ravachol, à Jules Vallès ou bien à Arsène Lupin.

    Il incarne avec une sobre distance la frénésie et les survivances de plusieurs fantômes : une mère envahissante et hystérique, un responsable de Mont-de-Piété balourd, des militants qui débattent à propos de comment faire la Révolution, un procureur de tribunal, un clone de TV qui explique que « la France a peur », ou bien des malfrats et des anodins plus ou moins burlesques qu’on croise dans la rue.

    Avec Annie Ernaux,

    pour « venger sa race »

    La seconde performance de ce spectacle, le deuxième coup de chapeau qu’on adressera, revient à l’auteur et metteur en scène Jérémy Besson. Précis dans son déroulement tout en étant capable d’anachronismes, à la fois rageur, tragique et plein d’humour et d’autodérision, son texte condense plusieurs âges de la vie d’un insurgé-autodidacte qui cessa d’être naïf. Jérémy Besson est ardent lecteur de Bakounine, de Rimbaud, de Pessoa, de Bourdieu ou d’Annie Ernaux. En 2025, il a publié chez l’éditeur Quiero basé à Forcalquier un montage de récits titré L’éclat des Fracas. En ricochet, ce texte écorché et sauvagement radical, écrit voici 15 ans, finement adapté et maquetté par Samuel Autexier, laisse entendre en dépit des différences d’époque comment le transfuge marseillais Alexandre Marius Jacob s’extirpa de son statut de prolétaire pour devenir l’inventif organisateur du gang des Travailleurs de la Nuit : il voulait « venger la race » des êtres que les injonctions et les hiérarchies de la société capitaliste n’ont pas cessé de briser.

    *Mardi à 18h30, bibliothèque
    de l’Alcazar, 58, cours Belsunce, Marseille 1
    er. Entrée libre.

  • « Thélonious et Lola », fable humaniste à Aix

    « Thélonious et Lola », fable humaniste à Aix

    « C’est l’histoire d’une petite fille qui rencontre un chien sans collier, qui chante, philosophe, parle chien, chat et français. Mais une nouvelle loi vient d’être votée : les chiens sans collier doivent être expulsés », situe Agnès Régolo. Avec Thélonious et Lola, elle met en scène cette drôle de fable au Théâtre du Jeu de Paume, les 29 et 30 avril, qui « aborde les questions de la différence et du racisme », imageant des réponses face à une inhumanité qui peut ressurgir à tout moment, comme le monde en recèle bien des exemples. Ce texte a été écrit il y a 15 ans par l’auteur belge Serge Kribus. Selon lui, cite-t-elle, « le théâtre et les histoires que nous racontons ne sauvent pas le monde. Elles n’apportent même aucune solution et je ne crois pas qu’elles sont faites pour ca. Mais elles nous permettent l’essentiel : échapper à la solitude, à l’isolement, à la honte parfois ».

    « Joie de survivre »

    « Lola tombe sous le charme du chanteur et compositeur Thélonious », un chien chanteur errant, rappelle Agnès Régolo au sujet de ce duo burlesque incarné par Ligia Aranda Martinez et Antoine Laudet qui communique des attitudes face à la morosité ambiante. Avec pour « ciment de leur amitié », une musique composée par le violoncelliste Guillaume Saurel. Comme l’espère la femme de théâtre, « nous voilà plongé dans la fantaisie et la beauté des fables enfantines qui n’hésitent pas à faire dialoguer humains et animaux, comme issus d’un même moule. À la découverte du monde, Lola observe tout vivant comme son égal. Personnage au charme vivifiant, elle nous donne de l’air, la joie de survivre ».

  • Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pour sa 60e, le Festival Off se veut convergeant et stable

    Pas moins de 1 780 spectacles différents animeront les planches de la Cité des Papes du 4 au 25 juillet prochain pour le Festival Off d’Avignon, plus grand événement dédié au spectacle vivant francophone. Pour un total de 27 000 représentations et 2,6 millions de billets mis à la vente.

    Des chiffres « qui montrent une convergence », analyse ce lundi 27 avril Laurent Domingos, co-président d’Avignon festival & compagnies, qui tenait sa conférence de présentation. Car, en fin de compte, les visiteurs de la Cité des Papes en juillet auront le choix entre 1 250 représentations par jour à travers les 141 lieux de spectacles, soit des chiffres similaires à 2025. « On a tous les ans des phrases du type “le Festival grossit ou converge”, ce qui n’est pas vrai. Cela converge car le nombre de salles converge, le nombre de créneaux par salle converge, le nombre de jours est le même », explique Laurent Domingos. Les dates étant à nouveau alignées avec celles du In. « On est cependant le plus gros festival du monde, et même de la galaxie, du spectacle vivant pour la jeunesse », ajoute avec humour Raymond Yana, autre co-président d’AF&C. Avec au total environ 1 500 spectacles « tous publics ». D’autant que de plus en plus de compagnies ne restent pas pour toute la durée de l’événement : 12% d’entre elles restent moins de six jours et 18% entre six et onze jours.

    Sans oublier que l’invitée d’honneur est cette année la Méditerranée, avec des compagnies venues de Chypre, d’Espagne, d’Israël, d’Italie, du Maroc ou encore de la Palestine. « On invite les compagnies, pas les pays », insiste Raymond Yana, souhaitant sans doute s’éviter une polémique après les propos du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD), également présent ce lundi, qui affirmait sur les antennes de France Inter que « le festival n’est pas là pour sortir le drapeau palestinien ».

    Faire face à la crise

    D’autant que le ciel n’est pas tout bleu dans le monde du spectacle vivant. Laurent Domingos a notamment chargé « la baisse en catimini de la moitié » du Fonpeps, à savoir l’aide à l’emploi du plateau artistique donnée par l’État, qui passe donc d’une enveloppe de 40 à 20 millions d’euros, d’après le responsable associatif. « Le Festival Off a beaucoup progressé et s’est beaucoup professionnalisé avec ça. Des compagnies ont pu progresser et faire des spectacles plus solides », regrette-t-il. En réaction, la structure tente tant bien que mal d’y faire face, notamment en augmentant de 60 000 euros son fonds de soutien à l’emploi artistique, qui monte ainsi à 310 000 euros, soit 10% de son budget. « Cela ne remplace pas le Fonpeps. Mais on accompagne une centaine de structures émergentes », précise Harold David, directeur d’AF&C.

    Plus d’infos sur festivaloffavignon.com

  • La Citadelle lance sa nouvelle saison artistique

    La Citadelle lance sa nouvelle saison artistique

    « Nous voulions ouvrir la saison avec un événement destiné aux familles, qui parle à tout le monde. Pas seulement aux visiteurs qui s’intéressent à l’histoire du Fort, mais aussi à ceux qui cherchent à se divertir. » Alors qu’elle tente de se couvrir du soleil qui frappe sur le fort, Mathilde Rubinstein, directrice déléguée de la Citadelle de Marseille explique ainsi ce qui l’a motivé à accueillir le projet. Au programme de la journée : solo de guitare, spectacle d’acrobatie, une exposition, et plusieurs visites « flash » dans l’après-midi. L’objectif : faire d’un monument historique, un lieu qui continue de « vivre et de bouger » poursuit la directrice. Un pari réussi puisque le site affichait complet ce samedi. En famille ou entre amis, les Marseillais et visiteurs ont répondu en nombre pour suivre le circuit culturel proposé. Des propositions motivantes car « accessibles pour découvrir une partie du patrimoine », déclare Alice.

    Un lancement inédit

    Mère de deux enfants en bas âge, elle affirme s’être déplacée « pour assister aux différentes performances », une bonne occasion pour « profiter de la vue imprenable et découvrir l’architecture du site ». Un événement inédit puisque pour la première année, les artistes ont « carte blanche » sur leurs productions artistiques. Une manière de « lancer différemment la saison portée par un programme assez dense », annonce Benjamin Lengagne, directeur de la communication de la Citadelle de Marseille. « Nous accueillerons, en mai, les festivals Marsatac et Basse Fréquence, ainsi que l’événement Résistance et Désobéissance porté par Saison Méditerranée », énonce-t-il. Des manifestations que certains des visiteurs ne comptent pas manquer comme Mathieu et sa compagne Clara, bien décidés à « suivre de près les événements culturels qui rythmeront la saison ».

    plus d’infos sur : citadelledemarseille.org

    Légendes photos

    1 – Mathilde Rubinstein, la directrice déléguée de la Citadelle, en pleine visite express du site.

    2 – Le guitariste Benjamin Dupé, artiste résident à la Citadelle s’est produit sur la scène du site, samedi après-midi.

    3 – Un spectacle d’acrobaties aériennes intitulé « Li(e)n » a été donné par la compagnie Appesa devant un public aussi surpris de la proposition que séduit.

    4 – La Citadelle, classée monument historique et surplombant le port de Marseille a fait l’objet d’un très important chantier de restauration conduit par l’association spécialisée dans l’insertion Alta Vista.

    PHOTOs C.S. et Pierre Gondard/La Citadelle

  • À Marseille, le festival de Flamenco confirme son succès

    À Marseille, le festival de Flamenco confirme son succès

    Cela fait plus de trente ans que Maria Pérez dirige le centre Solea situé rue Sainte. Passionnée de Flamenco, elle ouvre son école de danse en 1994 avec son mari Marc Bamoudrou pour transmettre la culture andalouse. En cette 8e édition, son festival reçoit, cette année, une attention particulière. « Le maire de la Union, en Espagne, Joaquin Zapata, animera la soirée de samedi. C’est un honneur ainsi qu’une grande marque de reconnaissance de l’accueillir en nos lieux », annonce-t-elle fièrement.

    Populaire et solidaire

    Le maire et directeur du Festival international espagnol du Cante de las Minas prendra la parole à 18h30, pour une conférence sur l’histoire, l’identité et l’évolution du Flamenco. Intervention qui sera suivie d’un concert du guitariste Joaquín Muñoz Fernández. Plus de place disponible pour cette soirée, qui promet d’être « explosive », selon la directrice.

    Un engouement qui s’accélère depuis trois ans et se confirme une fois de plus cette année. Une réussite due, selon Maria Pérez, aux « valeurs populaires et solidaires » que prône le Centre. « Nous avons à plusieurs reprises travaillé avec T’Cap 21, pour les jeunes trisomiques. Mais aussi pour A Pulso, un cycle d’ateliers de danse flamenca avec des femmes réfugiées ou en difficulté sociale, à Marseille et à Arles. » Une volonté donc d’unir à travers la danse, mais aussi de « combattre les préjugés », selon Claude Freissinier, directeur de la société Arts et Musiques. « La programmation de vendredi est aussi une manière de valoriser le Flamenco de nos quartiers. Mettre en lumière la communauté gitane de notre région avec, par exemple, l’intervention de Manuel Gomez, un guitariste de Martigues », confie-t-il.

    Quelques places sont encore disponibles pour la soirée de vendredi, qui s’ouvrira sur un bal sévillan à 19h. Au menu : des spectacles de Flamenco traditionnel puis la projection d’un film dédié au guitariste Yerai Cortés.

    Renseignements sur festivalflamenco-azul.com

  • Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    Le tour du Festival d’Avignon en 80 interrogations

    « Va-t-on pouvoir voyager en Corée sans sortir d’Avignon ? », s’interroge, devant plusieurs centaines de personnes installées dans les fauteuils rembourrés rouges de la FabricA, Fatima, animatrice à l’espace pluriel d’Avignon, en présentant Kim : Yeonshee, spectacle au programme du Festival d’Avignon IN lors de cette 80e édition qui se tiendra du 4 au 25 juillet prochain. Une interrogation parmi les 80 formulées par des festivaliers sélectionnés ce mercredi 8 avril en début de soirée lors de la présentation du programme de l’événement, avec pour thème, donc, le questionnement.

    Il y a tout de même un certain nombre de certitudes sur le déroulement. À commencer par le nombre de représentations, avec pas moins de 47 spectacles mais aussi 2 expositions pour près de 300 représentations et plus de 136 000 places à la vente. Avec, en ouverture dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, « Maldoror » de Julien Gosselin, adapté de l’écrivain chilien Roberto Bolaño. Un questionnement, forcément, sur la présence de la violence dans la société.

    Se mêlent ensuite, pendant les trois semaines de l’octogénaire du Festival In, des grands noms tels qu’Isabelle Huppert, Valérie Dréville, Denis Podalydès ou encore Éric Ruf. À noter que 67% des artistes invités sont programmés pour la première fois sur les planches de la Cité des Papes.

    Corée à l’honneur

    Un air d’Asie va donc également souffler sur Avignon pendant ce mois de juillet. Plusieurs œuvres de la prix Nobel de littérature Han Kang seront ainsi présentées, dont son dernier roman Impossibles adieux. Mais aussi, parmi d’autres, Island Story de Kyung-Sung Lee, qui conte, au gymnase du lycée Aubanel, l’histoire du massacre de Jeju en 1948, où des dizaines de milliers de personnes avaient été tuées suite à une rébellion contre le pouvoir anticommuniste mis en place. « Comment donner la voix à ceux qui sont réduits au silence ? » demande ainsi à ce propos Jeffrey, un festivalier habitué de nationalité américaine, qui rappelle la responsabilité de son pays dans ce conflit.

    L’occasion également, pour le maire nouvellement élu, Olivier Galzi (DVD), d’assurer qu’il promeut « une culture partout et pour tous » et qu’Avignon sera « une capitale » et, dans une longue tirade, d’appeler à « abattre des remparts d’ignorance » et à « éveiller les esprits sans attiser le bruit et la fureur ». Et ce, quelques minutes après des applaudissements nourris pour sa prédécesseuse à la tête de la ville, Cécile Helle (PS), qui n’était pas présente ce mercredi.

    Les différentes billetteries et l’accès au festival

    Un nouveau système d’ouverture des ventes sous forme de créneaux « afin de garantir un accès fluide et d’éviter toute saturation du site » a été présenté ce mercredi. Ceux-ci, déjà tous complets, permettent d’acheter ses places lors d’un horaire dédié entre le lundi 13 et le samedi 18 avril. Pour le reste, la billetterie en ligne, pour tous et toutes, sans inscription préalable, ouvrira le samedi 18 avril à 13 heures. Puis, à partir du 20 juin, par téléphone au 04.90.14.14.14 ou au guichet, 20 rue du portail Boquier. Et à partir du 27 juin à la boutique du Festival, située sur la place de l’Horloge. Avec, comme toujours, un guichet de la dernière chance sur les lieux du spectacle, une heure avant le début de ceux-ci, dans la limite des places disponibles. Tout en sachant qu’il y en aura 136 000 à la vente, soit 14 000 de plus que l’an dernier.

    Pour se rendre sur place, le dispositif exceptionnel de trains et bus mis en place par la Région Sud est maintenu, avec des lignes depuis plusieurs communes vauclusiennes. Mais aussi des trains et bus jusqu’à 23h30 « pour un retour facilité et un hébergement en périphérie » précise l’organisation, notamment vers Arles, Carpentras, Cavaillon ou encore Orange.

    Infos et billetterie sur festival-avignon.com

  • [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    [Vidéo] Les yeux pleins d’étoiles pour les petits bouts à l’Opéra

    Devant des tout-petits, c’est une première. Ça m’a beaucoup touchée, car j’ai majoritairement bien senti les enfants dans l’histoire et les parents aussi », relate tout sourire Muriel Tschaen, récitante du spectacle. Elle poursuit : « Au vu des retours faits à la sortie, on sent que tout le monde a passé un excellent moment. Je trouve ça génial ! »

    Les enfants, leurs parents ainsi que les professionnels des crèches accompagnants, soit environ 400 personnes, ont profité de cette matinée artistique. Une deuxième édition pour ce dispositif remarquable, axé sur le développement de l’éveil des enfants, le renforcement des liens familiaux et les échanges avec les crèches.

    « On a pu voir la joie et les sourires des bébés et des parents devant ce spectacle vivant, mais aussi la découverte d’un lieu de culture, d’un orchestre, et peut-être des vocations », note Guillaume Schmitt, responsable des relations extérieures et de l’action culturelle de l’Opéra municipal.

    À la sortie, la famille de Coralie, Julien et Li-Anna s’enthousiasme. « Ça lui a plu ! Très enrichissant, merci », dit le papa. « C’est super pour l’éveil musical des enfants », dit la maman. Et « le chaaat » remporte le cœur de la petite fille.

  • La grande fête des enfants de 20 ans pour Festo Pitcho

    La grande fête des enfants de 20 ans pour Festo Pitcho

    Pour son 20e anniversaire, Festo Pitcho, festival de théâtre pour les enfants et adolescents en Vaucluse, mais aussi avec une représentation à Châteaurenard dans les Bouches-du-Rhône et Sauveterre dans le Gard, propose pas moins de 18 spectacles tout public à travers 12 villes du territoire du 28 mars au 12 avril.

    Un événement pour « favoriser l’accès au spectacle vivant pour tous et toutes dès le plus jeune âge », rappelle Mathieu Castelli, directeur du Totem, association scène conventionnée art enfance jeunesse d’Avignon. Une volonté illustrée aussi par les 24 représentations scolaires pendant les deux semaines. Et prône la « visibilité et la diversité de la création contemporaine » qui « font partie de ce festival », insiste-t-il.

    Diversité qui se retrouve dans les spectacles programmés. Que les organisateurs ont voulu illustrer à travers trois spectacles. Zola pas comme Émile, tout d’abord, au théâtre des Halles, joué par Zola Forbon N’Zakimuena, où il incarne son parcours et notamment la bataille autour de son prénom « jugé trop peu français ».

    Ou encore Sensible, de la Compagnie Un Château en Espagne au Grenier à Sel le samedi 4 avril. Les spectateurs seront plongés dans un véritable décor champêtre. « Une expérience sensorielle totale », expliquent les organisateurs car seront installées trois « cabanes », une minérale, une végétale et une avec des animaux pour « prolonger les instants de rêverie », insistent-ils. Et enfin La voix de l’eau, de la compagnie Okkio le mercredi 8 avril à La Gare du Coustellet, à Maubec, qui « invite les enfants à entrer dans un cocon sensoriel où voix, basse, couleurs et reflets se mêlent pour raconter le lien intime entre une mère, son enfant et la mer ».

    Lampion papal

    Le tout sera lancé avec la grande fête d’anniversaire pour souffler les 20 bougies de l’évènement. Et contrairement à d’habitude, le lancement sera plutôt nocturne. Avec le samedi 28 mars à 18h30 sur la place du palais des Papes, une déambulation-spectacle lumineuse, marionnettes géantes et danse aérienne avec Les 4 saisons de petite fleur, de la compagnie Archibald-Caramantran. Le tout avec « un final dansant et participatif ».

    Mais la participation commence dès 16h30 avec un atelier de construction de lampions qui serviront à colorer encore plus la parade. On retrouvera également des jeux géants en bois et un atelier de dessin. Le tout accessible gratuitement, avec un coin goûter et buvette.

    Programme complet et liens vers les billetterie sur festopitcho.com

  • [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    « Plus qu’un spectacle féministe, nous avons voulu faire un spectacle humaniste », assure Lydie Belmonte.

    Née à Marseille, dans une famille d’origine arménienne – ses grands-parents ont survécu au génocide –, Lydie Belmonte, en plus d’être historienne, est autrice, interprète de jazz, actrice, danseuse. Sacrées F’Ames* est un spectacle qu’elle a écrit, mis en scène et qu’elle interprète avec Alina Jamgotchian, Nicole Moreno et Lady Lou, danseuses et chorégraphes, accompagnée par trois musiciens, José Assa (piano), Rémy Chaillan (batterie), Franck Blanchard (contrebasse). Le spectacle est composé de douze tableaux qui campent douze archétypes féminins. Créé en 2021 à Marseille, Sacrées’F’Ames a été joué au festival Off d’Avignon, l’été dernier.

    « J’évoque la déesse, la mère, la femme et le cycle de la lune, la jeune fille, la femme amoureuse, la femme de pouvoir, la sorcière, la sainte, la femme de lettres, la femme mariée, la séductrice, la fille de joie, la femme emprisonnée, la femme libre, la guerrière », retrace Lydie Belmonte. Le spectacle aborde la transmission des droits des femmes et la lutte contre les violences qui leur sont faites, tout en conservant une dimension sensible, poétique et parfois pédagogique.

    Hommage à Joséphine Baker

    L’autrice s’appuie sur l’histoire de femmes qui ont marqué leur époque. Par exemple Hildegarde de Bingen (XIIe siècle), thérapeute, médecin, poétesse, compositrice. Ou Suzanne Valadon, d’abord modèle pour des peintres comme Renoir, Puvis de Chavanne, et qui deviendra peintre. Mais aussi Joséphine Baker, Mélinée Manouchian… Dans Sacrées F’Ames, Lydie Belmonte incarne ces différents « visages » de la femme, par le jeu, le chant et la danse, entourée de danseuses.

    Elle-même marquée par une histoire douloureuse, Lydie Belmonte confie : « à travers ce spectacle, je voulais honorer le combat au quotidien de toutes ces courageuses et leur donner peut-être un peu d’espoir. Malgré le temps et l’espace, il existe une sororité. J’aime bien ce terme. Ce spectacle rend hommage aux porteuses de l’humanité, à toutes les guerrières d’hier et d’aujourd’hui, connues ou inconnues, ici et ailleurs, qui se sont battues, et se battent toujours, pour leur liberté, leur indépendance, leurs droits civiques, économiques et leur droit d’exister. » Elle continue : « “Sacrées F’Ames” vise aussi à dénoncer cette violence physique et psychologique des hommes à l’encontre des femmes. »

    Lydie Belmonte a dédié Sacrées F’Ames à la soldate Anush Apétyan. Cette mère de trois enfants, militaire dans l’armée arménienne, a été capturée en 2022 près de Djermuk par les Azéris, et torturée à mort. Les tortionnaires ont diffusé les images de leurs actes barbares sur les réseaux sociaux…

    * À 20h30, 200 rue Jean-Ferrat. Tarif : 15 euros. Détails au 04.84.83.07.43.

  • Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    Charles Berling : « La scène nationale doit rester un service public »

    La Marseillaise : Après 15 années passées à Châteauvallon, vous avez décidé de prendre votre retraite. Qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

    Charles Berling : Je pense que 15 ans c’est bien. Cela fait très plaisir d’avoir construit quelque chose, mais il est temps de passer la main. C’était en même temps une grande joie et une charge, avec plein de devoirs. Je n’étais pas directeur avant, je ne le serai pas après. Je veux continuer ma carrière artistique, ce qui était le deal au départ, même s’il a parfois fallu faire des choix. Je retourne à ma liberté, car quand on dirige une scène nationale, on a une responsabilité publique et sociale très forte. Quand on est artiste aussi, mais ce n’est pas la même chose. Je ne suis pas pour la direction à vie. Je crois qu’en démocratie, il faut que le pouvoir tourne.

    Quel bilan tirez-vous de votre gouvernance ?

    C.B. : On a commencé en 2010, on a créé le théâtre Liberté. On est devenu scène nationale en 2015, sous la direction de Christian Tamet. Je suis très heureux et fier, d’avoir noué une relation de confiance avec un large public. D’avoir participé à une sorte d’émancipation de la métropole toulonnaise, qui l’a vue sortir de son enclave entre Marseille et Nice depuis les années 2000. Et je suis très heureux d’avoir bâti, avec la soixantaine de personnes qui composent l’équipe, une hiérarchie plus horizontale qu’habituellement. Cette équipe est autonome, responsable, passionnée. Je suis également très heureux d’avoir été vers tous les publics, dans les quartiers, d’avoir rempli ce qu’est la signature d’un service public. On a aussi lancé le festival LGBT+ « In&Out », qui a ramené la gay pride à Toulon. J’ai connu Toulon il y a longtemps. C’était un désert culturel, on allait à Marseille, Avignon… Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.

    Si vous ne deviez conserver qu’un souvenir, lequel serait-ce ?

    C.B. : Ce serait dommage de n’en garder qu’un, mais je dirais l’inauguration du théâtre Liberté, avec Fanny Ardant, le ministère de la Culture, Falco… Fanny m’avait dit : « La première chose que tous ces officiels vont faire, c’est regarder du théâtre et écouter Marguerite Duras. » Ça me restera, c’était une très belle inauguration, un très beau souvenir. Mais on en a tellement, un magnifique festival d’été, les 60 ans de Châteauvallon, avec le film réalisé par des enfants. Pour moi, la jeunesse d’aujourd’hui doit imaginer les 60 ans à venir de Châteauvallon-Liberté. Ça m’a bouleversé, et je crois que c’est ce qu’il faut que nous fassions plus dans la société : croire en les enfants.

    Comment voyez-vous en l’avenir pour Châteauvallon ?

    C.B. : Dans des lieux où on fait du spectacle vivant, on peut faire du business. Mais la première chose, c’est qu’il faut qu’une scène nationale reste un service public, vecteur de lien social. Elle ne doit pas rentrer dans la violence du mercantilisme et du business. Avoir fait de la culture un service public, c’est l’exception culturelle française. À l’heure des réseaux sociaux, il est fondamental que nos lieux fassent la différence, car ce n’est pas du virtuel. Je veux que Châteauvallon-Liberté continue de se développer dans cette relation magnifique entre ville et campagne, mais au sein d’un service public. Il ne faut pas vendre son âme, il ne faut pas vendre Châteauvallon. Et aussi la Cité des sciences et de la Nature. On a besoin de marier les arts, les sciences et le soin de la nature. Châteauvallon doit rester au cœur de cette ambition, et que des jeunes s’en emparent pour continuer de défendre ce supplément d’âme, non pas comme un business mais comme un bien commun.

    L’avenir de la culture est menacé, avec des financements en chute libre et un mouvement réactionnaire qui vise à le défaire. Êtes-vous inquiet ?

    C.B. : Oui, car quelque chose de très irrationnel se produit. Des gens votent pour des politiques qui les arnaquent totalement. C’est un rapport au totalitarisme qui est délirant pour moi. Je ne comprends pas comment les Américains pauvres peuvent faire confiance à Trump, alors qu’ils sont en train de se faire voler comme le dit Robert de Niro. C’est pareil en France avec le RN, qui prétend s’appuyer sur le populaire, le social, mais qui est soutenu par des Bolloré, des Stérin, qui manipulent avec de l’information abominable. C’est comme un torrent de boue qui nous arrive dans la gueule (sic) et on a nos petits canoës pour essayer de remonter le courant. Mais en même temps, quand on mène des événements participatifs, et qu’on voit cette population française très diversifiée qui a la volonté de raconter la nation ensemble, ça donne du baume au cœur. Certaines chaînes TV font de la désinformation à dessein, ou en tout cas appuient sur les mêmes boutons à des fins électorales. La population est beaucoup plus unifiée et forte qu’on le dit. Mais il y a à nouveau un affrontement direct entre des forces réactionnaires, fascistes, et des forces progressistes. Il faut se battre de façon positive en essayant de bâtir ensemble.

    Quels sont vos projets pour les années à venir ?

    C.B. : Je suis Varois, Toulonnais, je vais continuer à l’être. Je vais continuer de traîner par là dans les deux ans qui viennent, y compris au théâtre, puisqu’on a produit des spectacles qui tournent beaucoup. Après, je vais pouvoir tourner un peu plus au cinéma et à la télé mais je vais travailler et rester dans la région tant que je le pourrai. Ce n’est pas une rupture, même si je laisse la place à d’autres pour la direction, en espérant que ce sera quelqu’un qui continuera à respecter le passé de l’institution, pas un Bolloré (rires).