Tag: souffrance

  • Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    Appel à la grève à l’hôpital de Toulon-La Seyne le 18 juin

    L’hôpital public est en souffrance, et le centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) ne déroge pas à ce triste constat. Alors que la mobilisation, menée depuis de longs mois, reste importante au sein du pôle psychiatrie face à la perspective imminente d’une perte de moyens (notamment celle de trois de ses quatre médecins), c’est cette fois l’ensemble de l’établissement qui est appelé à se mobiliser pour défendre son droit à exercer dans des conditions dignes.

    Soumis à une « activité qui ne cesse de croître » et « des conditions de travail qui s’effondrent », l’ensemble des personnels sont appelés à faire grève, le 18 juin. Un mouvement initié par Force ouvrière, syndicat majoritaire de l’établissement, pour qui « le point de non-retour a été atteint ». L’organisation dénonce ainsi « une réalité de terrain devenue insoutenable : difficultés d’accès aux remplacements et aux heures supplémentaires, manque criant de matériel, lits fermés par manque d’effectifs, services d’urgences saturés, sous-effectif, épuisement des équipes et perte de sens au travail ». En particulier dans certains services, marqués par la « fermeture d’unités cruciales faute de médecins : les soins palliatifs, l’hôpital de jour pour enfants en pédopsychiatrie et des services sous contrainte en psychiatrie adulte ».

    Le projet social « instrumentalisé »

    Malgré cette situation, « l’information aux agents est réduite au minimum et l’accompagnement fait cruellement défaut, plongeant les personnels dans une profonde insécurité professionnelle », appuie le syndicat, qui déplore le choix de la direction « de passer en force, multipliant les décisions unilatérales et ne prenant pas en compte systématiquement les revendications ». À cet égard, FO pointe notamment le nouveau « plan de formation et les nouvelles modalités d’accès au financement des études promotionnelles », « l’instauration de quotas arbitraires sur l’évaluation de la valeur professionnelle des agents », « un dispositif de mobilité des agents mis en place sans aucune évaluation » et, plus généralement, « un déni des instances démocratiques ».

    Autant de constats qui mettent en branle « le projet social de l’hôpital », établi à l’horizon 2027, censé « sécuriser les organisations pour améliorer l’équilibre vie privée-vie professionnelle avec la mise en place des cycles de travail ».

    Un « accord local garant de l’équilibre social de l’établissement, seul levier d’attractivité et de fidélisation pour des agents hospitaliers touchés de plein fouet par une smicardisation rampante », sans avantages sociaux. Mais que « la direction instrumentalise pour déconstruire le référentiel du temps de travail en place depuis 25 ans », estime le syndicat, qui appelle, en conséquence, à se réunir devant l’hôpital Sainte-Musse, le 18 juin, à 12h.

  • [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    [Quoi de neuf] Camille, Liès et Sophie Nigon : « Le soin psy doit être fait par et avec les personnes »

    Le système psychiatrique, outre son manque de moyens humains et matériels structurel dans le secteur public, est source de violences pour de nombreuses personnes, notamment les plus vulnérables et marginalisées dans notre société. Quelle place pour les citoyens qui ont besoin de soins et d’accompagnement ? Qu’en est-il de la reconnaissance véritable, c’est-à-dire citoyenne, de leur parole et de leur vécu ? Alors que le gouvernement avait fait de la santé mentale une « grande cause nationale » en 2025, les attentes ne sont pas honorées. Rencontre avec Camille et Liès, bénévoles de l’association Democrapsy à Montpellier, qui œuvrent pour un changement total de paradigme, et la psychanalyse montpelliéraine, Sophie Nigon.

    Françoise Verna : Qu’est-ce qui a motivé votre choix d’être bénévole au sein de l’association Democrapsy à Montpellier ?

    Liès : Parce que libérer la parole des personnes concernées, cela ne suffit pas. Nous, on milite pour que cette parole soit prise en compte. Quand nous parlons de personnes concernées, ce sont les premiers et premières opprimés. Les prendre en compte c’est demander que les pouvoirs publics soutiennent des créations d’espaces pour ces personnes et que ces espaces soient gérés par ces personnes.

    Camille : L’idée serait d’élaborer un soin qui parte de la base, de la parole des personnes les plus violentées et marginalisées, pour avoir un soin collectif qui ne soit pas défini par l’altérité, la marge. Et par cette idée qui consiste à dire : « Vous êtes dehors, on va vous guérir et vous rencontre productif. »

    Olivier Nottale : Qui sont « ces personnes concernées », notamment dans l’association Democrapsy ?

    Liès : On réunit des personnes concernées par la psychiatrisation et/ou la vulnérabilité psychique sans forcément passer par un parcours de psychiatrisation. Nous, nous sommes concernés. Nous sommes une association de soins communautaire. On travaille en commun avec des personnes concernées, par exemple, par un trouble du spectre autistique, la psychiatrisation sous contrainte, y compris avec le fait d’être amenée par la police. On a réuni une communauté depuis un an et demi autour de plusieurs d’événements.

    Camille : L’idée c’est de montrer que la problématique de santé est aussi sociale. Traversée par des enjeux de féminisme, de racialisation, de colonialisme. Il faut prendre en compte toutes les formes d’oppressions, tout le système.

    Françoise Verna : Est-ce que cela vous parle que des jeunes gens, comme Liès et Camille, veuillent être les acteurs de leur bien-être et de ne pas être mis dans des cases ?

    Sophie Nigon : Cela me parle tout à fait. Dans l’approche lacanienne, qui est la mienne, ce qui compte effectivement c’est la question de l’individu, du sujet, de la spécificité. C’est-à-dire ne pas mettre les personnes dans des petites cases. Cocher des cases sur tel symptôme ou tel comportement, etc. Il s’agit de prendre en compte ce qui est la dimension du sujet, ce qui est sa subjectivité. Et ça, cela demande du temps et de l’écoute.

    Olivier Nottale : Or nous sommes dans un système de soins et une société où des personnes en besoin de soins vont buter contre ce système ?

    Camille : Je pense que la psychiatrie est un système fou, un pompier pyromane. Si la psychiatrie m’a sauvé la vie, elle m’a aussi rendue malade, handicapée. Je suis très critique de la psychiatrie comme institution mais au regard de l’urgence actuelle, c’est une des seules ressources que l’on a pour sauver les personnes parce qu’on n’a pas une remise en question totale de nos approches du soin et des problématiques sociales qui engendrent la folie. Les violences psychiatriques forcent les gens à rentrer dans la norme.

    Françoise Verna : Vous êtes psychanalyste et vous intervenez aussi auprès de professionnels. Vous avez donc cette double expérience, côté patient et côté soignant ?

    Sophie Nigon : Je suis psychanalyste en libéral où j’accueille des personnes et j’interviens aussi, toujours en tant que psychanalyste, dans différents services hospitaliers, institutions, associations qui ont tous en commun d’accueillir des personnes en souffrance : des enfants, des personnes handicapées, à la rue, en souffrance psychique, psychiatriques. J’accompagne aussi une équipe qui va dans des prisons. Du côté des professionnels il y a aussi de la souffrance parce qu’ils sont contraints par des injonctions, des règles, un manque de moyens et de temps. Pour un rendez-vous dans un centre médico-psychologique, un CMP, il faut six, huit voire plus d’un an. Et s’agissant d’enfants, pour un premier rendez-vous, c’est un an à dix-huit mois d’attente !

    Camille : J’aurai des recommandations : une réattribution des budgets répressifs pour faire de la prévention et de l’accompagnement aux soins. Et bien sûr des actions conjointes avec les premiers concernés pour élaborer une méthodologie de soins qui soit inclusive pour les soignants et les patients. Et avoir accès à des formations spécifiques sur le racisme, les violences sexuelles, l’inceste etc. Pour que l’on puisse nous accompagner au mieux.

    Retrouvez l’émission en cliquant sur le lien.

    * Democrapsy sur instagram @democrapsy_mtp34

    Samedi 21 mars scène ouverte au Quartier Généreux, 18h30.

    Mardi 24 mars à La Base, 19h :

    cercle en non-mixité HP-police.

    * *acfvoiedomitienne.fr

    sophienigon_psy-montpellier.com

  • Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    Les policiers manifestent à Marseille pour réclamer des moyens et « du respect »

    « C’est inédit, c’est une marche citoyenne », assure Sébastien Greneron, secrétaire départemental Alliance 13, qui dénonce une police « à bout de souffle ». Sous l’Ombrière, les agents ont commencé à se rassembler, ce samedi 31 janvier, à l’appel du syndicat, dans le cadre d’un mouvement national. Manque de moyens humains, de respect, commissariats insalubres « avec des cafards et dont les plafonds s’écroulent », véhicules qui ont plus de 200 000 kilomètres au compteur… « On en a marre », s’indigne le responsable syndical.

    À Marseille, « on fait la une des journaux tous les jours avec le narcotrafic et le développement de la violence », recontextualise-t-il. Et d’évoquer le manque d’effectifs dans la filière judiciaire, « 20 millions de plaintes en souffrance ». Il appelle aussi à un « choc d’autorité » tout en affirmant que « chez Alliance, on ne fait pas de politique politicienne ».

    En attendant, élus et candidats aux municipales de droite et d’extrême droite n’ont pas manqué de tenir la banderole. Du conseiller régional et candidat Franck Allisio aux députés José Gonzales et Monique Grisetti pour le RN, à Martine Vassal (DVD) présidente de la Métropole, du Département et candidate à la Ville de Marseille, sa directrice de campagne, Laure-Agnès Caradec (LR), les maires LR des 11-12 et 13-14, Sylvain Souvestre, Marion Bareille ou encore Catherine Pila, référente de sa campagne pour les 6-8. Même si cette dernière assure que sa présence n’est pas un soutien de « circonstance ». Munie d’un drapeau, on retrouve aussi Nora Preziosi, ancienne alliée de Martine Vassal, de la liste « citoyenne » d’Erwan Davoux…

  • Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Les personnels de l’abbaye du Thoronet en grève

    Alors que le Centre des monuments nationaux s’est targué ces derniers jours d’un nouveau record de fréquentation (12 millions pour l’année 2025), la réalité du terrain n’est pas toujours aussi reluisante. La CGT-CMN pointe ainsi « des moyens humains et matériels insuffisants et des équipes en souffrance ». Des difficultés qui touchent les agents de l’abbaye du Thoronet, l’un des plus emblématiques monuments varois, qui revendiquait plus de 84 000 visiteurs en 2025. Ils ont ainsi déposé un préavis de grève, qui court du 19 au 31 janvier.

    Discussions infructueuses

    En cause : des conditions de travail dégradées, notamment dues au manque d’effectif, de rémunération et à la non-prise en compte du temps de travail. Les grévistes réclament ainsi « la création de postes (a minima un en billetterie et un en accueil) afin de pallier l’accroissement des missions » ; « une révision de l’effectif minimum de sécurité, tenant compte des contraintes pour le passer de 3 à 5 ou 6 agents » ; « l’attribution d’une enveloppe de vacations » ; « la reconnaissance financière et la valorisation des missions annexes (pratique des langues étrangères, référent RH…) » ; « la prise en compte dans le temps de travail des déplacements pour les séminaires, formations et réunions » et « le réaménagement du comptoir billetterie datant de 1994 attendu depuis des années. » Des travaux sont prévus pour 2027, sans plus de précision.

    Une réunion s’est tenue entre la direction et les syndicats mercredi dernier. Mais si « des discussions sont ouvertes » concernant « les déplacements et la reconnaissance des missions annexes, aucune réponse n’a été apportée sur les questions d’emplois, de reconnaissance salariale, et le renforcement de la sécurité », pointe la CGT-CMN. « Sur les créations de postes, la direction se retranche derrière la contrainte du plafond d’emplois du CMN insuffisant pour répondre aux besoins », poursuit le syndicat, qui fustige la proposition « d’externalisation du poste Vigipirate, pour un coût prohibitif, au prétexte de libérer un poste en accueil et surveillance, tout en restant à effectif constant ». « Les agents ont fait part des difficultés auxquelles ils sont confrontés. La direction doit les entendre ! », conclut la CGT-CMN.

  • La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    La ferme abattait la volaille avec un agrément sanitaire suspendu à Aubagne

    Une ferme d’Aubagne et leurs deux gérants ont été condamnés lundi en correctionnelle à Marseille pour mise en vente de découpe de volailles malgré la suspension de l’agrément sanitaire suite au constat de nombreuses non conformités. Ils encouraient 6 mois de prison et 15 000 euros d’amende.

    « La ferme avicole des Espillières est surtout un abattoir de volailles produites dans la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence », décrit la présidente Liselotte Poizat avant d’exposer les faits reprochés aux deux gérants, père et fille, et à la société familiale. Le 6 juin 2023, des inspecteurs du service vétérinaire de la direction départementale de la protection des populations constataient la présence de cages à poules souillées de fientes hémorragiques, d’un vestiaire en désordre, de l’absence de mesures pour éviter les contaminations croisées et éviter les souffrances des poules et pintades lors du choc par électronarcose pour étourdir la volaille suspendue par les pattes, la tête plongée dans l’eau avant le saignage, le défaut de mise à jour du dossier d’agrément, etc. 4 mois plus tard, ils revenaient constater l’insuffisance des mesures correctives demandées sur les chocs électriques, l’absence de traçabilité de volailles, de plan de nettoyage, de vérification des carcasses et d’analyses microbiologiques. Une suspension d’agrément était notifiée le 24 février 2024 avec cessation immédiate d’activité.

    Près de 14 000 poulets écoulés

    Cinq mois plus tard, le 25 juillet suivant, des inspecteurs trouvaient à Marseille chez un distributeur de produits de la région du pays d’Aubagne des lots de la ferme d’Espillières mentionnant toujours le numéro d’agrément suspendu. Ils retournaient à Aubagne pour découvrir que la ferme avait continué à abattre et vendre 13 792 poulets pour une valeur marchande totale de 91 000 euros. Des rappels de produits étaient ordonnés.

    « Je me suis embrouillée. Je n’avais pas compris que c’était suspendu. Je pensais qu’on avait encore un délai. C’était flou pour moi », explique Stéphanie, 42 ans, la gérante. « C’est une profession très réglementée avec des lourdeurs administratives. L’échange a été très compliqué. On n’arrive pas à être aidé. Je n’ai eu aucun retour et j’ai sous entendu que les mesures correctives étaient valables », dit-elle pour invoquer au final « des contraintes économiques et sociales. C’est toute une filière qui est touchée quand on arrête. Aujourd’hui on est 5 salariés, avant on était 11. On ne fait plus d’abattage, que de la vente de poulets vivants », conclut-elle en réprimant les larmes. Sa ferme est désormais en redressement judiciaire. La présidente précise que ses demandes d’agrément ont reçu des réponses négatives sur les questions du bien-être animal.

    « Quand il y a un scandale sanitaire, on se retourne toujours vers les services de l’État », expose le procureur Guillaume Bricier pour souligner l’importance des contrôles vétérinaires sur cette filière sensible. « La suspension n’est pas tombée subitement d’un coup. Elle est intervenue après un long processus de demandes correctives. Ici, les mises en demeure de régulariser sont restées vaines. De février à juillet, 13 792 poulets ont été abattus sans agrément sanitaire. Ce ne sont pas des petits volumes et cela pose un risque sanitaire. » De rappeler que ce ne sont pas des oies blanches au vu de condamnations antérieures. La ferme et les gérants ont déjà été condamnés pour pratiques commerciales trompeuses en 2020 tandis que le gérant – à la retraite depuis – a été condamné pour abandon d’un animal domestique et mauvais traitements dans les années 2013-2014. De requérir 5 000 euros d’amende contre les deux et 15 000 euros contre la société.

    « Les agents n’ont pas vu tout ce qui a été mis en place ? 100 000 euros ont été investis. Toutes les machines d’électronarcose sont conformes, tout est respecté sur la chaîne de l’abattage. Qu’est ce qu’il faut faire ? C’est profondément injuste », plaide la défense qui réfute toute souffrance animale. A l’entendre si la fermière a poursuivi l’abattage, c’était aussi pour limiter ses souffrances des volailles confinées. « Qu’aurait-elle fait de tout son stock ? »

    Serge, le père, gérant à la retraite, a écopé de 3 mois de prison avec sursis et 2 000 euros d’amende. Sa fille est condamné plus légèrement à 3 000 euros d’amende. La ferme avicole se voit infliger 10 000 euros d’amende, sans interdiction d’exercer comme requis par le parquet pour lui permettre de se relancer.

  • Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    Un an ferme requis pour son « trou à rats » à Marseille

    « C’est au-delà d’un marchand de sommeil car on ne dort pas là-dedans. L’indignité ne fait pas débat. C’est pire qu’une bête dans un trou ! » a vivement lancé la procureure Anne-Sophie Larrouy au procès de Christian Castel, 67 ans, un agent immobilier et contrôleur de gestion qui loue une cave comme habitation au 48 rue Curiol (1er).

    C’est un lot en sous-sol de 17 m² avec une pièce principale de 9 m² sans fenêtre, sans chauffage, acheté il y a 15 ans pour 15 000 euros et estimé à 23 000 euros. Un sbire récupère pour lui le loyer en espèces : 300 euros par mois et 40 euros en plus pour l’électricité. C’est tout moisi, la porte trop petite laisse passer l’air. Aucun éclairage naturel. L’horreur. Le parquet demande 2 ans de prison : un an ferme et un an de sursis probatoire avec injonction de soins « pour travailler la problématique de la compréhension de la souffrance aux autres ». La procureure ajoute une amende de 20 000 euros pour lui, 40 000 euros pour sa SCI, 5 ans d’interdiction d‘acheter un bien immobilier et d’exercer la profession d’agent immobilier, plus la confiscation de la cave.

    Des habitants de l’immeuble avaient dénoncé cette situation scandaleuse à la mairie dès 2018. Il faudra attendre juillet 2024 et un constat de police qui lançait les poursuites pénales pour soumission d’une personne vulnérable à des conditions d’hébergement indigne et refus de reloger le jeune locataire de cette cave moisie, frappée d’un arrêté préfectoral d’insalubrité en 2024 doublé, en février 2025, d’une astreinte de 200 euros par jour de retard à le reloger.

    La victime, absente et pas constituée partie civile, est un jeune homme de 22 ans, dans une grande précarité sociale, économique et physique. C’est un ancien mineur de l’Aide sociale à l’enfance parfois hospitalisé en psychiatrie. « Je m’y sens mal, mais c’est quand même mieux que le 115 » a-t-il dit. Il travaille dans la restauration, gagne 716 euros par mois, ne touche pas d’aide.

    « J’ai aidé et c’est tout

    pour ma pomme »

    Présent ce mardi matin à l’audience, le prévenu n’a pas daigné attendre sa comparution vers 16h. Se disant « angoissé », il a quitté le tribunal en laissant une lettre qui reprend son audition devant les services de police. Le couplet du bon Samaritain mal informé. « J’ignorais que je n’avais pas le droit de la louer. C’est correct et habitable. Je m’en servais à l’origine comme bureau. C’est vrai qu’il y a des traces de moisissures, mais c’est le locataire qui a dégradé. Je ne suis pas un marchand de sommeil. J’ai aidé comme j’ai pu des personnes dans le besoin réel. Résultat des courses, c’est tout pour ma pomme. »

    « L’indignité, c’est le logement que nul ne mérite », dénonce Me Jorge Mendes, conseil de la Ville de Marseille, partie civile dans tous ces dossiers d’habitat indigne. Il demande 1 154 euros pour le temps engagé par les services municipaux et 1 000 euros de préjudice moral. L’avocat fustige « l’immoralité des locations de ce genre de trou à rats, qui dégage 25% de rentabilité annuelle à son propriétaire ». La Ville a depuis relogé de façon pérenne la victime. Le prévenu est par ailleurs mis en cause pour location de caves au 100 rue Saint-Savournin.

    Délibéré le 6 janvier.

  • Nihon Hidankyo, Prix Nobel de la paix 2024, en visite dans le Var

    Nihon Hidankyo, Prix Nobel de la paix 2024, en visite dans le Var

    Fondée en 1956 pour défendre les victimes des attaques d’Hiroshima et Nagasaki, et réclamer des droits en leur nom auprès du gouvernement japonais, Nihon Hidankyo mène un combat de toute part contre l’utilisation du nucléaire militaire et son financement. Ses actions lui ont valu de recevoir le Prix Nobel de la paix 2024, pour « ses efforts en vue d’un monde sans armes nucléaires et pour avoir démontré par des témoignages que les armes nucléaires ne doivent plus jamais être utilisées ».

    Accompagnée de l’association Gensuikyo (Conseil japonais contre les bombes A et H), avec qui elle formera une délégation de sept membres, Nihon Hidankyo sera présent sur le sol français du 20 au 29 novembre, pour une tournée qui fera la part belle à la Provence. Et particulièrement au Var, samedi. D’abord à Carnoules, à 10h, au Monument aux Morts, avant une rencontre avec le conseil municipal jeunes à la salle du moulin à huile. Ensuite, direction Toulon (Bourse du travail, 15h), puis La Seyne-sur-Mer (18h, salle Billaud).

    « C’est un événement construit avec nos partenaires, représentants des partis politiques progressistes, de la CGT et de la FSU Var, et des responsables associatifs », se félicite Christian Goron, président du comité varois du Mouvement de la paix, porteur de l’événement. « Leur témoignage est la lumière qui perce les ténèbres de la tragédie nucléaire, que le comité Nobel a qualifiée “d’éclaireuse dans la nuit la plus sombre”. Ils ont choisi de transformer leur souffrance en combat universel pour l’humanité. À travers eux, ce sont toutes les victimes des armes nucléaires, les hibakusha, trop souvent réduits à de simples dommages collatéraux, qui prennent la parole. »

  • Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Villa Valmer : un permis modificatif encore en suspens

    Un an après la médiation réussie entre la Ville de Marseille et les promoteurs hôteliers de la Villa Valmer qui a relancé le projet enlisé de transformation de la bastide balnéaire en un ensemble hôtelier de luxe de 35 chambres, un 5e permis modificatif reste en suspens. Son « rejet tacite » purement technique qui vient d’intervenir, ne compromet pas l’avenir du projet, nous dit-on en mairie. Les pétitionnaires ont devant eux 4 mois pour le décrocher.

    Ce permis « M5 » est nécessaire pour valider les retouches convenues en juin 2024 au terme de la médiation des parties. Le projet reste basé sur le permis initial d’août 2019. Le modificatif en discussion redéfinit l’accès au futur hôtel qui ne se fera plus par le grand portail de la corniche Kennedy que la ville doit d’ailleurs refaire dans les règles, mais par la rue des Flots bleus.

    Pour rappel, la médiation initiée par le tribunal administratif de Marseille pour épargner un long contentieux risqué pour les finances des deux parties, s’est conclue en juin 2024 par un accord qui sauve le bail emphytéotique de 60 ans. Le loyer annuel reste de 330 000 euros pour la Ville de Marseille toujours propriétaire de ce bien immobilier. La Ville a par ailleurs récupéré dans cet accord 1 600 m² de surface d’espaces verts à usage du public. La SAS Valmer a aussi accepté de financer 75 000 euros de travaux sur le parc en souffrance.

    Repositionner la piscine

    Le nouvel accès exige de repositionner et réduire la piscine sur les plans. Le pétitionnaire doit encore offrir des garanties de respect du patrimoine légitimement exigées par l’architecte des bâtiments de France (ABF) dont l’accord express est requis non seulement aux abords du Marégraphe classé au titre des monuments historiques, mais pour les décors intérieurs inscrits aux monuments historiques. Pour rappel, les promoteurs sont tenus de s’entourer des conseils d’un architecte du patrimoine. « On est arrivé en fin d’instruction le 3 novembre 2025, mais on n’est pas en mesure de délivrer le permis modificatif d’où ce refus tacite qui peut encore être levé dans un délai de 4 mois. Le but, c’est bien d’arriver à un accord express de l’ABF », insiste-t-on en mairie. Aucune difficulté n’aurait par ailleurs été relevée dans les travaux en cours.

    Pour rappel, à l’issue de la médiation, un modificatif n°4 a été délivré en août 2024 à la SAS Villa Valmer (Pierre Mozziconacci et Didier Germain) pour permettre la régularisation des infractions commises qui passe par la reconstruction des annexes irrégulièrement démolies en avril 2021, fait majeur qui avait justifié un arrêté interruptif du chantier pendant 4 ans. La route est encore longue avant l’arrivée des premiers clients en 2027 dans l’hôtel-restaurant SPA.

  • Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    Les acteurs de la protection de l’enfance en souffrance

    « On nous tient par l’humain… » Réunies au sein du collectif Alerte protection enfance 13 créé à la mi-septembre, une quinzaine d’associations de la protection de l’enfance, soit 70 à 80% des associations spécialisées du département, tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué cinglant.

    Enfants sans solution, professionnels qui craquent, unités qui ferment… Ils alertent sur une situation catastrophique. « Nous avons dépassé le point de non-retour », nous confie un représentant de l’association Les Dames de la Providence. Une institution dont le siège est installé à Pont-de-Vivaux, à Marseille (10e) depuis 190 ans et qui suit quelque 300 enfants. Il raconte les prises de décisions unilatérales du Département. Où le sort d’un enfant, malgré une décision du juge de poursuivre son accompagnement, se règle en deux jours au motif qu’il n’y a plus de financement. Ou encore ces deux minots qui ont terrorisé toute une unité, entraînant une fugue générale, mais qu’on « ne savait pas où mettre ».

    À ses côtés, un représentant de l’association Serena embraye, témoignant de sa difficulté à opposer un refus à la direction du service de la protection de l’enfance, qui imposait de prendre un mineur soupçonné de viol sur une gamine justement hébergée dans les murs. « Auteurs ou victimes, ces enfants sont en danger, il faut nous faire confiance, entendre notre expérience pour trouver des solutions », analyse-t-il. Depuis 2023, date à laquelle a été rendu le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, qui pointait les lacunes du conseil départemental sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE), « la situation s’est dégradée », considèrent les associatifs. « Au mépris du Code de l’action sociale et des familles, les décisions se prennent avant les commissions, nous sommes considérés comme des prestataires et non des partenaires », constate un représentant de l’association Serena, « on nous demande de gérer des flux, des places ».

    Un budget en hausse

    Conscients des contraintes budgétaires, les membres du collectif estiment que la protection de l’enfance résulte aussi d’un choix politique et réclament une ligne claire. « On est capable de s’adapter, nous sommes forces de proposition », assurent-ils. En attendant, la baisse du financement ajoute au manque d’attractivité du métier d’éducateur et les arrêts maladie vont croissant. « On a du mal à recruter pour répondre aux besoins et paradoxalement, faute de moyens, on peut être amené à licencier », résume un directeur. Pour briser ce « cercle vicieux », le collectif a interpellé par lettre la présidente du Département, Martine Vassal (DVD), le 21 octobre. Sans réponse à ce jour, assure-t-il.Contactée, la collectivité nous renvoie aux déclarations d’Agnès Amiel (LR), conseillère départementale, déléguée à la Protection maternelle et infantile, à la famille et à l’enfance, lors de la séance publique du 17 octobre.

    L’élue y précisait que le budget dévolu à la protection de l’enfance avait augmenté de 45% en dix ans, passant de 197,2 millions en 2016 à 285 en 2025, de quoi permettre l’accompagnement de plus de 11 000 enfants et leurs familles. Dans un communiqué, le Département assurait aussi de sa volonté d’appliquer une politique « fondée sur la juste équation entre les besoins réels des enfants et des jeunes accompagnés et les moyens alloués ».

  • Au sein de l’institut Sainte-Marie-les Maristes, l’heure est à l’écoute et à la réparation

    Au sein de l’institut Sainte-Marie-les Maristes, l’heure est à l’écoute et à la réparation

    « La sidération. » C’est le mot qui vient au père Bernard Thomasset, prêtre accompagnateur de l’école des Maristes, lorsqu’il évoque sa réaction à la découverte des agissements reprochés à M. Coutendin. « C’est horrible, criminel, d’apprendre que des personnes ont vécu pendant des années dans la souffrance sans parvenir à s’en libérer. De voir les dégâts produits sur une vie. »

    Premiers témoignages il y a quatre ans

    Si diverses dispositions permettent aujourd’hui à la parole de se libérer et de réparer, l’institution est partie prenante de ce processus, assumant les responsabilités liées à son passé. « Je ressens une attention très empathique vis-à-vis des personnes, car je mesure combien elles souffrent. L’écoute est primordiale. Je ne conteste pas ce qu’elles disent, ces personnes sont presque touchées jusqu’à mort. Et il est très important qu’elles soient vivantes, se sentent écoutées, et que la congrégation que je représente entende et reconnaisse », soutient le père Thomasset.

    Ce dernier, comme la directrice Marie-Christine Jolivet, affirme ne jamais avoir entendu parler de M. Coutendin avant les premiers témoignages, qui remontent à près de quatre ans (on en dénombre cinq). Les associations d’anciens élèves non plus. Selon le père Thomasset, « contrairement à Bétharram, ce n’est pas le climat de l’établissement qui est responsable, mais les individus. Prêtres maristes et enseignants n’avaient pas forcément la vocation d’éducateurs et n’étaient pas équilibrés affectivement ». Voir des cas similaires dans d’autres institutions catholiques lui évoque « colère, tristesse, car c’est contradictoire vis-à-vis de l’Église que j’aime, porteuse des valeurs de l’Évangile, du respect de l’autre, du souci du pauvre ».

    « Je ne suis pas naïve au point de dire que tout était parfait, mais la mission est compliquée dans l’enseignement en général, pas que catholique. Comme les enfants parlaient moins avant, on abusait facilement de leur confiance », souligne Marie-Christine Jolivet. Le plus important pour elle est de garder à l’esprit « qu’un enfant, c’est sacré. Ça m’encourage à aller dans le bon sens. On ne tait plus les situations. Le meilleur acte de réparation est d’aller contre ce qu’il s’est passé, faire en sorte que l’enfant soit en sécurité et en confiance, car ça l’incite à parler. On crée ce climat en parlant, en dialoguant avec des associations, en ayant un personnel qui accueille la parole ». À ce titre, le Diocèse organisait, samedi, une journée intitulée « Violence au sein de l’Église, comprendre et avancer ensemble », à l’intention des personnes victimes, dans le cadre de sa démarche de prévention et de lutte.