Tag: solidarité

  • Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une comédie musicale, un goûter de Noël, une distribution de cadeaux et de nombreuses animations en présence de personnalités engagées qui soutiennent l’association. C’est ce qu’ont contribué à mettre dans la hotte de ce père Noël solidaire, les bénévoles d’Enfance et Partage, pour la plupart éducateurs dans des foyers et maison d’enfants.

    Cet après-midi réunira des enfants issus de plusieurs maisons d’enfants du département, dont le plus jeune, âgé de 2 ans et demi. « Les enfants placés que nous accompagnons ont tous vécu des histoires marquées par la violence, le manque, les abandons, les déplacements incessants et l’insécurité affective, explique Corinne Aiache, la responsable de l’association, beaucoup n’ont jamais connu un vrai anniversaire, un Noël serein, une fête familiale ou un simple moment où ils pouvaient être des enfants comme les autres. Ils arrivent souvent avec peu d’affaires, peu de repères, peu de confiance, mais énormément de courage. » Ainsi les moments de joie, de respiration et de reconstruction que permet de leur procurer les actions de Sourire et partage se révèlent essentiels à leur équilibre. D’autant que « pour beaucoup, ce sera leur premier vrai Noël ».

    Une parenthèse dans un contexte dramatique

    L’opération intervient dans un contexte alarmant pour la protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, les professionnels de la protection de l’enfance, sclérosés par les injonctions contradictoires et le silence du Département, alertent : manque de moyens humains et matériels, structures saturées, difficultés à répondre aux besoins fondamentaux des jeunes, personnels épuisés, difficultés à recruter, situations de détresse qui se multiplient. « Et les enfants placés sont les premiers à en payer le prix », regrette Corinne Aiache. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine de la création de l’association, il y a un an et demi.

    Pour que l’événement soit des plus réussi, et qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles, Sourire et Partage lance un appel urgent à la solidarité. « Chaque geste compte. Chaque don transforme réellement le quotidien d’un enfant. Sans la solidarité des citoyens, des entreprises et des médias, cet Arbre de Noël ne pourrait tout simplement pas exister. » Car c’est par des collectes réalisées toute l’année auprès d’entreprises et de particuliers pour réunir de quoi répondre aux besoins des enfants accueillis dans les Mecs, que fonctionne la jeune association.

    C’est ainsi qu’en mai dernier une grande fête avait pu avoir lieu dans le parc de Château-Fontainieu, réunissant près de 120 minots dans le 14e arrondissement. Sourire & Partage « remercie par avance toutes les personnes qui contribueront à offrir un Noël à ceux qui n’en ont jamais eu. Grâce à vous, nous pouvons écrire avec eux des pages plus douces, plus belles, plus humaines ».

    Pour des raisons de sécurité, de confidentialité et de protection des enfants placés, l’accès se fait uniquement sur confirmation préalable : corinne.elvi@hotmail.fr

  • Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Le Gard célèbre l’économie sociale et solidaire

    Vos enfants font du sport avec une association, vous cotisez à une mutuelle ou fréquentez la recyclerie du coin ? Sans le savoir, vous participez déjà à l’économie sociale et solidaire (ESS). Dans le Gard, ce secteur emploie plus de 24 000 personnes et regroupe près de 2 300 structures : coopératives, associations, fondations ou mutuelles qui, chaque jour, placent l’humain avant le profit.

    Depuis le 1er novembre, le Mois de l’ESS bat son plein à travers tout le département. Organisé par le conseil départemental du Gard, en partenariat avec la Cress Occitanie et la Maison de l’ESS, il a débuté avec le festival Mouvemen’T(é) à Junas, porté par l’association Les Survoltés. S’y sont déjà succédé un séminaire régional des ressourceries à Uzès, un webinaire du CNFPT sur les tiers-lieux et un atelier autour du numérique responsable à la Filature du Mazel. Les prochains rendez-vous se tiendront notamment à Nîmes, pour aborder les liens entre ESS, banque et achats responsables : le 14 novembre, les Rencontres de l’achat responsable réuniront associations, mutuelles et acheteurs publics à l’Hôtel Mouret. Plus tard dans le mois, une formation à la gestion comptable associative est prévue le 21 novembre.

    Une feuille de route jusqu’en 2028

    Pour la présidente socialiste du Département, Françoise Laurent-Perrigot, « l’Économie sociale et solidaire ne cherche pas à supplanter le modèle économique général, elle lui est complémentaire et souvent palliative ». Des propos confirmés par la vice-présidente Hélène Meunier, qui voit dans ce modèle « une redistribution plus équitable des richesses et une participation citoyenne renforcée ».

    Le Schéma départemental de l’ESS 2024-2028, voté ce printemps, prolonge cette ambition. Coconstruit avec plus de 200 acteurs gardois, il fixe une feuille de route : soutenir les coopérations locales, valoriser l’innovation sociale et renforcer les liens entre institutions et structures solidaires. Le mois de l’ESS se clôturera le 28 novembre avec les Rencontres du mécénat aux Archives départementales, avant un dernier rendez-vous, le 6 décembre à Castillon-du-Gard, pour célébrer cette économie du sens et de la proximité.

  • Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Renoncer aux soins, un véritable fléau de la précarité

    Voilà 33 ans qu’Accueil Santé Béziers est au chevet des plus démunis en assurant des consultations aux personnes n’ayant plus ou pas de droits, à savoir les sans-abri, les migrants, les touristes ou encore les étudiants sans mutuelles. Pas moins de 33 professionnels de santé bénévoles : généralistes, dentistes, infirmiers, psychologues ou encore coordinateurs médicosociaux, se relaient quotidiennement. « Le but de l’association était au départ de permettre aux gens de récupérer leurs droits. Le soin étant juste une roue de la charrette. Dès que les patients ont récupéré leurs droits – CPAM, C2S [Complémentaire santé solidaire, Ndlr], AME – on ne les suit plus et ils repartent dans le domaine libéral », détaille Nicolas Breton, président d’Accueil Santé Béziers.

    Mais avec l’explosion de la précarité ces dernières années, de plus en plus de Bitterois poussent la porte du centre de soins. « Alors que nous suivons entre 2 000 et 2 500 patients chaque année, nous avons eu 200 consultations supplémentaires en 2025 », fait valoir Nicolas Breton. Si les ressortissants étrangers constituent la majeure partie de la patientèle de l’association, le nombre de Français accueillis s’envole aussi. « En 2024, 4% des gens qui ont consulté étaient Français. Cette année, ils représentent 17%. Ce qui montre que la précarité s’accroît », observe Nicolas Breton.

    Plus de social

    Un renoncement aux soins généralisé dû en premier lieu à des raisons financières, l’inflation ayant considérablement réduit le pouvoir d’achat de la majorité de la population. Ce qui impacte notamment les jeunes et les femmes. « Nous nous occupons beaucoup de précarité menstruelle. Nous avons vu 400 femmes de plus cette année. et nous avons distribué 4 000 éléments de protection contre 2 000 en 2024. Les règles coûtent 10 euros par mois et par femme, ce qui représente 120 euros par an. Avec deux, trois filles dans une famille, c’est un budget conséquent », soupire le généraliste.

    Secondes victimes collatérales, nos aînés. « On a aujourd’hui de plus en plus de personnes âgées, notamment les petits artisans qui n’ont pas de complémentaire et n’arrivent plus à se soigner. Ils sont juste au-dessus des plafonds et prendre une mutuelle coûte trop cher quand on est âgé », poursuit Nicolas Breton. À cela s’ajoute la dématérialisation administrative, qui fait des démarches de certains patients un véritable parcours du combattant.

    Ces renoncements aux soins ne sont malheureusement pas sans incidence sur le patient. « C’est catastrophique, ça traîne, les pathologies ont tendance à s’accroître et s’aggraver. Si cette population n’est pas prise en charge, cela va coûter plus cher à la société », insiste Nicolas Breton. Pourtant, des solutions existent. « Tout notre système de santé est à revoir, la Sécu n’en peut plus. Il faut arrêter le paiement à l’acte et rouvrir des dispensaires. Car ils ont l’avantage de permettre aux gens d’avoir accès – comme en Espagne – à des médecins, à des médicaments mais surtout, les médecins s’occupent des problématiques sociales des patients. Dans nos études, le social n’existe pas. Ça ne sert à rien de faire des diagnostics, de prescrire des médicaments si les gens ne peuvent pas les acheter. » Plus de social et aussi moins d’administratif. « On perd du temps, ce qui revient à payer le travail de secrétaire très cher, c’est idiot. Chacun doit faire son boulot », souligne le généraliste biterrois.

  • [EQDD Journal de la Haute-Marne] Un Domaine pour relier les générations à Rives Dervoises

    [EQDD Journal de la Haute-Marne] Un Domaine pour relier les générations à Rives Dervoises

    Le nom s’est très vite imposé dans le paysage local. Le Domaine des quatre rivières est une réhabilitation emblématique dans la commune de Rives Dervoises, en Haute-Marne. L’ancien lycée agricole a été métamorphosé en une résidence partagée. Elle est constituée de plusieurs bâtiments qui sont un trait d’union entre les générations et offrent un lieu de vie commun.

    Choisi par les habitants, le nom fait écho aux cours d’eau qui sillonnent les quatre villages des communes associées : les quatre rivières. Le Domaine comprend vingt logements, les locaux de l’école élémentaire du village, un bâtiment dédié aux activités artistiques et sportives, un restaurant ouvert à tous, un verger, des jardins partagés, ainsi que des espaces prévus pour accueillir un maraîcher et même quelques chevaux appelés à être employés pour des activités de médiation.

    Vingt logements intergénérationnels

    Pensé comme un véritable lieu de vie intergénérationnel, le concept repose sur la philosophie d’habitat partagé, avec l’ambition de permettre à chacun de « bien vivre et de bien vieillir au pays ». L’équipe municipale s’est démenée pour donner vie à cette belle idée sur le papier. Sous la férule de la maire Christiane Welti, les élus sont allés à la chasse aux subventions auprès de tous les partenaires possibles.

    Dix des vingt logements – studios et T2 – sont ainsi destinés à des célibataires ou couples, apprentis, stagiaires, salariés en contrat temporaire ou encore parents isolés, désireux de s’installer dans un cadre verdoyant et convivial, à loyer modéré. Moitié de ceux-ci sont déjà occupés. À noter que les locataires viennent avec leurs meubles.

    Les dix autres logements, de même composition, accueillent des personnes de plus de 65 ans souhaitant bénéficier d’un environnement sécurisé et stimulant, tout en conservant leur indépendance. Les résidents ont l’option de partager des repas au restaurant ouvert à tous, de participer à des activités culturelles et sportives, de profiter de services à la personne ou simplement d’échanger avec leurs voisins dans un cadre apaisant et solidaire.

    Constituée de deux classes, la nouvelle école a ouvert ses portes sur site à la rentrée. Parents comme élèves étaient ravis : salles lumineuses et insonorisées, matériel renouvelé et ergonomique et un agencement optimisé. Le Domaine des quatre rivières a aussi une dimension sociale forte : dix enfants de l’Institut Médico-éducatif (IME) et dix enfants de l’Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (Itep) sont scolarisés sur site. Les élèves disposent de deux salles spécialement aménagées pour un enseignement adapté et des ateliers éducatifs. Des temps d’inclusion avec les enfants de l’école élémentaire de Droyes sont organisés, notamment pour le sport, en fonction des compétences sociales et scolaires évaluées par l’équipe pédagogique.

    Par Sylvie C. Staniszewski –Journal de la Haute-Marne

  • [EQDD Corse Matin] Le portage de repas, un service essentiel pour les seniors à Ajaccio

    [EQDD Corse Matin] Le portage de repas, un service essentiel pour les seniors à Ajaccio

    « Heureusement qu’il y a ce portage de repas. On a 92 ans, on ne peut pas courir au supermarché et moi, j’ai une DMLA [maladie dégénérative de la vision, Ndlr], je ne peux plus cuisiner », explique Madame Vargioni qui vit à Ajaccio avec son mari dans un appartement au deuxième étage d’un immeuble, route des Sanguinaires. « Ça nous permet de rester chez nous, ajoute-t-elle. Sinon ça serait l’Ehpad, mais nous n’avons pas les moyens ».

    Il est tout juste 10 heures, elle récupère les deux sacs contenant leurs repas journaliers des mains de Romain Evrard, agent social au centre intercommunal d’action sociale (CIAS), qui fait sa tournée quotidienne de distribution. La Communauté d’agglomération du Pays ajaccien (Capa) mobilise quatre agents pour ce service de portage de repas quotidien dont ont bénéficié 221 personnes en 2024, soit plus de 41 600 repas livrés.

    Ce matin-là, le jeune homme doit se rendre chez une trentaine de bénéficiaires, uniquement des personnes retraitées, handicapées ou à mobilité réduite. La moyenne d’âge oscille entre 85 et 95 ans et le tarif de la prestation varie en fonction des revenus du foyer. « S’il n’y avait pas d’embouteillage, je pourrais livrer au moins dix personnes de plus ». Dans son véhicule réfrigéré, il arpente chaque matin, dès 8 heures, un secteur allant de l’hyper centre-ville jusqu’à la route des Sanguinaires, en périphérie. Sa tournée doit être terminée avant 12h30 mais, entre les embouteillages et le manque de places de stationnement dans les résidences, c’est une véritable gymnastique, dans laquelle chaque seconde compte.

    Un rôle de veilleur social indispensable

    « Je prépare les repas la veille chaque jour, détaille-t-il. Le jeudi, on fait double livraison en comptant aussi les repas du vendredi et, le vendredi, on livre les repas du week-end. S’il n’y avait pas d’embouteillage, je pourrais livrer au moins dix personnes de plus ». À chaque arrêt, Romain doit saisir le bon sac et l’apporter jusqu’au palier des bénéficiaires. Certains repas sont pour des diabétiques, d’autres sont sans sel ou moulinés, etc. Il suffit au livreur de sonner ou de frapper à la porte une seule fois pour entendre la bobinette choir, comme s’il était attendu expressément. « Ça m’aide beaucoup, confie Monsieur Bonelli, 93 ans. Je prends ces repas quatre jours par semaine. Avant, je me faisais à manger seul, mais j’ai mal au dos et aux jambes ».

    Près de 75% des personnes livrées sont en situation de veuvage et dans l’impossibilité de se débrouiller seule. C’est le cas de Monsieur Werner, 83 ans. « Ça me simplifie le quotidien, témoigne-t-il. J’ai perdu mon épouse l’année dernière et je suis obligé de me réorganiser ». Au-delà de ce bref échange, Romain est aussi un visage familier et quotidien dont le rôle va bien plus loin que la distribution de plats. Au milieu de sa tournée, à la résidence des Crêtes, il toque à la porte, un sachet à la main, mais cette fois, personne n’ouvre.

    « Ce n’est pas normal, elle est toujours là et sa porte est souvent ouverte », s’inquiète-t-il. En reprenant la route en direction de son prochain arrêt, il appelle le bureau pour signaler le problème. « Parfois, ce sont des gens qui tombent ou qui ont été hospitalisés. On doit alors pouvoir joindre le référent familial. » L’imprévu n’était finalement qu’une sortie en famille chez le coiffeur. Mais l’agent a été confronté à des situations moins heureuses qui modifient, « assez souvent hélas », ses tournées. « Au début, ça a été très dur, confie Romain derrière son volant. Il y avait des gens à qui je me suis vraiment attaché. Je buvais le café, on discutait. Et puis ils sont décédés. Aujourd’hui, je tente de prendre plus de recul ».

    Un service qui va au-delà de la distribution de repas

    Car l’après-midi, une fois la tournée terminée, les agents changent de casquette et rendent visite aux bénéficiaires pour un temps d’échange ou répondre à un besoin, tels de menus travaux ou aller récupérer des courses dans un magasin. Pour Romain, c’est un moment qui permet surtout « de prendre des nouvelles et de discuter. Cela peut être rapide ou durer quelques heures. Ça leur permet de rester à domicile. Malgré les repas livrés le matin, certains, par exemple, veulent quand même aller chercher leur pain à la boulangerie ».

    Selon un guide du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, la qualité de la relation humaine est à l’origine de 30% des variations d’apport alimentaire chez les seniors et permet de lutter efficacement contre la dénutrition et la perte d’autonomie. « Améliorer l’alimentation des personnes âgées, peut-on lire, c’est s’intéresser non seulement au contenu de l’assiette mais aussi à tout ce qui est autour du repas et qui en fait un moment agréable ».

    Par Nicolas Wallon- Corse Matin

  • [EQDD Journal de la Haute-Marne] L’Ehpad Pougny a son bistrot et c’est le quotidien qui va bien

    [EQDD Journal de la Haute-Marne] L’Ehpad Pougny a son bistrot et c’est le quotidien qui va bien

    Imaginé par leur directeur commun, Florent Étienne, ce bistrot de maison de retraite ravive un symbole rural disparu et rouvre les résidents sur le monde extérieur : le lieu est aussi accessible aux habitants du village. Deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, le café devient un repère social et un objectif, offrant aux pensionnaires l’occasion de retrouver les gestes d’autrefois, de bavarder librement et de recréer du lien. Né dans l’ancien hall d’entrée, transformé et décoré par l’équipe de l’Ehpad, l’endroit respire la convivialité. Entre bénévoles, soignants et animatrice, le Ô Convivial accueille jeux, dégustations et lotos : autant d’instants simples qui insufflent chaleur, rythme et fierté à la vie quotidienne des résidents.

    Par Fabienne Ausserre- Journal de la Haute-Marne

  • Migrant’scène, pour porter un autre discours sur les migrations

    Migrant’scène, pour porter un autre discours sur les migrations

    Prendre de la hauteur et remettre de l’humain au cœur de la question des migrations. Tel est le credo du festival Migrant’scène porté par la Cimade, qui revient à Béziers du 11 novembre au 12 décembre. « Il s’agit de lutter contre cet esprit nauséabond où l’immigré est porteur de tous les malheurs. On essaye d’aller à contre-courant de cette perception avec plusieurs événements pour prôner l’hospitalité, la richesse interculturelle et dénouer tout ce qui entraîne le rejet de l’autre avec des discours propageant la peur », détaille Jackie Bost, membre de la Cimade Béziers.

    Pour ce faire, plusieurs projections – suivies de débat en présence de membres des films ou des équipes de la Cimade – sont programmées. Loin des clichés xénophobes et racistes portés par l’extrême droite et une partie (de plus en plus importante) de la droite, le festival met en lumière plusieurs épisodes de la migration. Notamment Nouveau Monde, de Vincent Cappello, qui revient sur l’arrivée d’un jeune réfugié afghan à Paris cherchant un travail pour envoyer de l’argent à sa mère (10.12 à Béziers et une séance unique à Bédarieux le 16 novembre).

    Un film sur les CRA

    Ou encore, Les astres immobiles, dessin animé de Noémi Gruner et Séréna Picques, où l’on suit le quotidien de Chengdua, 9 ans, sollicitée par ses parents comme traductrice (17.11 à 14h30). Car la migration ne se résume pas à la traversée de la Méditerranée. En ce sens, le documentaire Outrepasser d’Elsa Putelat et Nicolas Dupuis s’arrête sur la frontière franco-espagnole (12.12, 16h30). « On voulait faire le parallèle avec la guerre civile espagnole où des réfugiés arrivaient en France en passant la frontière, vue comme un espace de liberté, sans se poser de questions. Aujourd’hui, quand on traverse le Perthus, on est soumis aux contrôles permanents, l’accord de Schengen est bafoué », soupire Jackie Bost.

    Un parcours semé d’embûches dont le calvaire ne prend pas fin une fois arrivé dans le pays d’exil. En effet, nombre de personnes peuvent être enfermées dans des Centre de rétention administrative (CRA). Un sujet au cœur du documentaire d’Annick Redolfi, Devant – contrechamp de la rétention (03.12, 20h). « Ce film montre comment les familles attendent des heures dans des conditions parfois indignes quelqu’un que l’on a enfermé alors qu’il n’a rien commis, à part ne pas avoir de papiers. De ce problème administratif, on fait un contentieux, un délit, mais ce n’est pas du tout le cas. Parfois, cette situation est créée par l’État lui-même qui ne délivre pas dans les temps les documents nécessaires au titre de séjour », observe Jackie Bost. Les personnes se retrouvent alors avec une Obligation de quitter le territoire français (OQTF) pouvant conduire à leur enfermement pendant plusieurs mois dans un CRA. À cela s’ajoute la dématérialisation des procédures, qui rend les démarches encore plus compliquées pour des personnes ne comprenant pas forcément le français.

    Les Biterrois sont on ne peut plus concernés par ce dernier film. En effet, l’édile d’extrême droite Robert Ménard s’est trouvé une lubie avec le projet d’un CRA dans la cité de Riquet – prévu pour 2027. Une occasion de plus pour l’adepte des plateaux télés de recracher son discours xénophobe, associant immigration et insécurité, repris en boucle par une grande partie de la sphère médiatique. « La migration est une richesse pour le pays et non une plaie. L’extrême droite est une frange de la politique française mais il y a tout un réseau associatif local qui montre une tolérance d’un large public, la solidarité existante. Mais tout ça est couvert par l’extrême droite, laissant croire le contraire. C’est une lutte permanente. »

    * Programme complet à retrouver sur migrantscene.org

  • Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    Une exposition à Marseille pour lever des fonds contre le cancer

    En ce mois sans tabac, un laboratoire pharmaceutique, Bristol Myers Squibb France, propose une exposition pour briser le tabou autour de cette maladie. « Tout le monde sera touché par le cancer, de près ou de loin », campe Frédérique Saas, directrice des Affaires Corporates de Bristol Myers Squibb France, laboratoire pharmaceutique à l’origine du projet et qui consacre 80% de ses recherches au cancer, « et le tabac est le premier facteur de risque », 8 cancers sur 10 y étant liés.

    Récolter 100 000 euros pour la recherche

    Une semaine durant, trois espaces mêlant art et sciences sondent les origines de la maladie, l’immersion et l’espoir car d’« incroyables préventions thérapeutiques sont à venir tels que les immunothérapies, les car-T », explique Frédérique Saas. L’artiste marseillais Gaetan Marron y présente des œuvres inédites : « l’inspiration », souffle de vie, devient cellule cancéreuse qui explose, sons, lumières, papillon suspendu dans les airs…

    Chaque entrée, visite sur le site #InspireForCancer et interaction sur les réseaux permettront de mobiliser 0,10 euro. Bristol Myers Squibb France fait le pari de récolter 100 000 euros. Pour Frédérique Saas, l’« objectif financier est atteignable ». « L’opération, certes éphémère, oriente directement vers nos réseaux sociaux. De plus, les visiteurs ont le sentiment de faire une bonne action en entrant dans l’exposition », ajoute-t-elle optimiste. Les fonds seront directement reversés à l’Institut Paoli-Calmettes et à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille pour un projet public de recherche sur le cancer. L’opération prend sa source à Marseille en raison de ces deux centres scientifique d’excellence.

    Gratuit. 10h-17h. 41 rue Montgrand (6e).

  • Une semaine pour défendre le droit des enfants

    Une semaine pour défendre le droit des enfants

    C’est au Pont du Gard, site emblématique et symbolique du lien entre les générations, que le Département a lancé, le 5 novembre, la Semaine gardoise des droits de l’enfant. Autour de Maryse Giannaccini, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la Protection de l’enfance, de Bénédicte Quimpert, présidente de Défense des enfants international Gard (DEI 30), et de David Rohi, chef du pôle régional Occitanie du Défenseur des droits, une trentaine d’associations étaient réunies pour sensibiliser petits et grands aux droits fondamentaux inscrits dans la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée il y a 36 ans.

    Le Forum des enfants, organisé ce jour-là, a réuni des centaines de jeunes autour de jeux, d’ateliers éducatifs et de rencontres citoyennes. Le Conseil départemental des jeunes, composé de collégiens engagés, s’est illustré en animant des débats et des micros-trottoirs sur la citoyenneté et le développement durable. Parmi les intervenants, Marine Kedjroub, 21 ans, ancienne bénéficiaire de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a livré un témoignage poignant : « Être placée, ça a été comme une tempête. Mais j’ai compris que c’était pour me donner la chance de devenir la jeune femme que je suis aujourd’hui ».

    Une semaine

    pour sensibiliser

    Dans le Gard, près de 4 000 enfants sont confiés à l’ASE, soit deux fois plus qu’il y a trois ans. « C’est une priorité absolue », souligne Maryse Giannaccini. Le Département mobilise 430 assistants familiaux, 12 Maisons d’enfants à caractère social et une vingtaine de lieux de vie, pour un budget annuel dépassant les 95 millions d’euros. « C’est en les accompagnant aujourd’hui dans leurs apprentissages et leurs libertés fondamentales qu’ils construiront une société plus solidaire demain », rappelle la présidente Françoise Laurent-Perrigot.

    Du 19 au 28 novembre, la Semaine des droits de l’enfant se poursuivra dans onze communes gardoises, de Nîmes à Barjac, en passant par Uzès, Alès ou Pont-Saint-Esprit, avec conférences, spectacles, expositions et projections : le programme est à retrouver le site du département. Temps fort de l’édition : la rencontre Jeunes en lumière, le 19 novembre à Vergèze, où des enfants confiés à l’ASE témoigneront de leur parcours devant des professionnels. « Les enfants ont des droits particuliers parce qu’ils ont une vulnérabilité, conclut David Rohi. Nous avons encore beaucoup de chemin à faire pour que leur parole soit vraiment entendue ».

  • Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Une soirée pour financer les IVG hors délais

    Passé trois mois et demi de grossesse, les Françaises sont obligées d’avorter à l’étranger. Des déplacements qui entraînent des coûts de transport et d’hébergement que toutes les femmes ne peuvent pas se permettre.

    C’est pour aider ces femmes, que le Planning familial 13 organise une journée de soutien pour les avortements hors délais, ce samedi de 16h à minuit, à la Dar. La journée débutera avec la projection d’un documentaire puis de spots de prévention, avant un échange avec des bénévoles. Un goûter à prix libre et un stand de prévention seront également mis en place. à partir de 20h et jusqu’à minuit, des DJ sets sont prévus. Tous les revenus de cette journée seront reversés à la caisse de solidarité IVG du Planning familial 13.

    En France, les interruptions volontaires de grossesses sont limitées à 16 semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire sans règles. Pour les femmes ayant dépassé ce délai, pour diverses raisons, il faut donc se rendre en Espagne ou aux Pays-Bas, où les délais sont plus longs, respectivement 22 et 24 semaines. Pour les Marseillaises, l’Espagne est l’option privilégiée car plus proche, mais les frais peuvent aller de 700 à 2 200 euros.

    « Nous recevons au planning beaucoup de femmes qui n’ont pas les moyens de s’offrir cela entièrement. Nous les aidons à réunir cette somme grâce à cette caisse de solidarité », explique Laurence Buffet, directrice du Planning familial. Depuis 2025, deux personnes ont déjà sollicité cette caisse, dans les Bouches-du-Rhône.