Tag: Société

  • [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    [Digne-les-Bains] Une prépa publique pour accéder aux écoles d’Art

    Si je n’avais pas eu cette prépa publique, je n’aurais pas eu les moyens de payer une prépa privée, impossible ! ». À Digne-les-Bains, l’école d’art IDBL propose une classe préparatoire publique qui aide les étudiants à préparer les concours des grandes écoles d’art. Entre 50% et 80% de ses élèves sont boursiers. Elle fait partie des 24 classes préparatoires publiques d’art en France, alors qu’une prépa privée coûte entre 7 000 et 8 000 euros l’année. Elle est gérée par Provence Alpes Agglomération. À la création de l’école, « c’était une initiative privée, puis la Ville de Digne a décidé politiquement d’investir dans ce service public », explique la directrice d’IDBL, Émeline Eudes. L’agglomération, formée en 2017, a ensuite récupéré la gestion de l’école.

    Peu de chances de réussir sans prépa

    « Un jeune qui sort du bac a très peu de chances de réussir les concours des écoles supérieures artistiques tout seul, sans prépa », précise la directrice. Beaucoup de jeunes se tournent d’ailleurs vers sa prépa après avoir échoué les concours une première fois. De nombreuses disciplines y sont enseignées : photo, vidéo, histoire de l’art, dessin, peinture, gravure, graphisme, céramique ou encore scénographie. « Il y a un tel flux vers le privé qu’on n’arrive plus à remplir les formations publiques. Les étudiants et les parents se disent que ça coûte tellement peu cher que c’est forcément moins bien que le privé », regrette Émeline Eudes. Pourtant, la prépa de Digne affiche un taux de réussite de 100%, selon sa directrice, grâce à un accompagnement personnalisé qui permet aux étudiants d’être orientés vers l’école qui leur correspond le mieux et qui a le plus de chances de les prendre. « Cela montre qu’on n’a pas besoin de faire une prépa privée pour réussir », témoigne Lucie Jeandot, étudiante de 18 ans. « Quand on dit qu’on étudie dans une prépa à Digne, les gens sont surpris qu’il y en ait une ici », ajoute sa camarade, Estelle Chaminas, elle aussi âgée de 18 ans.

    Journée spéciale ce samedi de 10h à 17h avec des témoignages d’anciens élèves à 11h et 14h. Portes ouvertes toute la semaine jusqu’à vendredi.

  • Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    Une maison devenue « refuge » pour 340 femmes en un an

    En un an, cette maison est devenue exactement ce que nous avions rêvé qu’elle soit : un refuge, un repère, un tremplin. » Les différents acteurs qui ont participé à la création de la maison des femmes de Manosque, le CIDFF, la mairie, l’hôpital, la Région et le Département, se sont félicités de son bilan pour son premier anniversaire jeudi. « Un grand merci aux femmes qui franchissent la porte de cette maison. Leur confiance nous rappelle chaque jour pourquoi elle existe », a déclaré Laetitia Serena-Bidalot, directrice du CIDFF 04 (centre d’information sur les droits des femmes et des familles).

    « Ce lieu a été placé sous l’égide de Simone-Veil. Porter son nom pour une maison des femmes et de l’égalité n’est pas qu’un symbole. C’est une boussole », a lancé Lila Desjardins, présidente du CIDFF 04. « En ouvrant nos portes il y a un an, nous lui avons fait une promesse : celle de ne jamais reculer, de ne jamais détourner les regards face aux violences, aux inégalités et au silence qui étouffent encore trop de parcours de vie », a-t-elle ajouté.

    En un an, la maison des femmes a accompagné « plus de 340 femmes, dont 65% de victimes de violences conjugales, intrafamiliales, sexistes ou sexuelles », s’est réjouie la directrice sortante du CIDFF. Dans ce lieu d’accueil, d’écoute, d’entraide et de relaxation, les femmes peuvent « fuir les violences, venir chercher un conseil juridique, un soutien psychologique ou simplement briser l’isolement et trouver un espace bienveillant », a rappelé Lila Desjardins.

    « Nommer ce qui fait mal »

    « Il faut un courage immense pour demander de l’aide, nommer ce qui fait mal et oser revendiquer ses droits. À chacune d’entre vous, votre résilience force mon admiration », a salué la présidente du CIDFF 04 en s’adressant aux femmes accompagnées par la maison Simone-Veil.

    Le président du groupement hospitalier territorial, regroupant notamment les hôpitaux de Digne-les-Bains et de Manosque, a rappelé que la maison des femmes avait ouvert ses portes « avec une conviction simple mais essentielle : aucune femme ne doit rester seule face aux violences ». « Dans les Alpes-de-Haute-Provence, les distances et l’isolement rendent l’accès aux dispositifs plus difficile », a regretté Gilles Duffour. En un an, 153 patientes âgées de 15 à 79 ans ont été accueillies pour des consultations médicales au sein de la maison Simone-Veil. Elles ont pu y rencontrer une assistante sociale, une psychologue ou encore une sage-femme.

    Hausse des violences

    Le maire sortant de Manosque Camille Galtier s’est réjoui d’avoir apporté avec cette maison des femmes « un nouveau service public à la population ». Il a fait le vœu de pouvoir la fermer, espérant que « les violences, les inégalités et les discriminations disparaissent ». Il a regretté que « les violences intrafamiliales et les violences faites aux femmes et aux enfants dans le cadre familial » aient « augmenté » dans la ville de Manosque.

    « Protéger une femme, c’est aussi très souvent protéger un enfant. Une mère sécurisée, c’est un enfant que l’on préserve de l’ombre des violences », a rappelé Stéphanie Colombero, vice-présidente du conseil départemental en charge des affaires sociales et des solidarités.

    La directricedu CIDFF 04 s’est vue remettre la médaille de la ville par le maire sortant, « symbolisant son engagement pour la maison Simone-Veil ».

  • [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    [Entretien] Karen Sadlier : « Les enfants sont co-victimes des violences dans le couple »

    La Marseillaise : Comment et pourquoi êtes-vous devenue marraine de la maison des femmes à Manosque ?

    Karen Sadlier : La maison des femmes de Manosque m’a invitée à être marraine, et j’étais très contente de le devenir parce que je trouve que toutes les maisons des femmes sont extrêmement importantes pour le suivi, l’accompagnement et la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants. Je pense qu’ils m’ont connue parce que je donne beaucoup de conférences et j’écris des livres sur le sujet, surtout sur l’impact des violences au sein du couple sur les enfants. L’agresseur peut utiliser son autorité parentale et son droit de visite pour continuer à exercer les violences.

    Pourquoi le sujet de la conférence, l’impact des violences au sein du couple sur les enfants, est-il important pour vous ?

    K.S. : C’est un sujet très important parce que les enfants sont co-victimes des violences dans le couple. Les violences continuent après la séparation et s’exercent dans la parentalité. 80% des enfants sont témoins oculaires ou auditifs des violences au sein du couple. 50% sont aussi victimes de maltraitances physiques de la part de l’auteur. 60% de ces enfants ont présenté des troubles post-traumatiques en lien avec les violences dans le couple. En France, pendant longtemps, on avait l’idée que l’enfant restait indemne, alors que les enfants sont en grande souffrance par rapport à ces violences et doivent être vus comme des victimes.

    De quoi allez-vous parler à la conférence ?

    K.S. : Je vais parler de comment la violence au sein du couple va s’exercer dans la parentalité. L’idée « ça peut être un mauvais conjoint, mais un bon parent », on a des centaines d’études qui montrent le contraire. Ils sont en difficulté sur la parentalité.

  • La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    La première cantine solidaire à prix libre ouvre ses portes à Digne-les-Bains

    Créer du lien et permettre à tous d’accéder à une alimentation saine à prix abordable, en fonction de ses moyens : tels sont les objectifs de l’association Chiche, qui a organisé mercredi sa première cantine solidaire à Digne. « Pour l’instant, on a essentiellement des personnes qui ne sont pas en précarité », regrettent les organisatrices. La cantine est ouverte à ceux qui ont les moyens, essentiels pour l’équilibre économique. « Pour que le modèle économique fonctionne, il faut toujours un tiers des repas réservé pour les personnes en précarité », explique Gitanjali Picovschi, l’une des trois fondatrices de Chiche. Les sommes plus importantes données par les personnes qui ont les moyens permettent de financer les repas de celles qui sont dans le besoin, les ingrédients et les locaux. « Si une personne ne paye pas, il faut derrière qu’une personne paye », précise Gitanjali Picovschi. « Si on a que des personnes qui ont les moyens, ça devient un entre-soi, un restaurant, ce n’est pas l’intérêt », ajoute-t-elle.

    L’association Chiche a été créée en juillet 2024 avec l’objectif d’ouvrir la première cantine solidaire de Digne. « Pendant un an et demi, en attendant d’avoir nos locaux, on a participé à des actions culturelles, fait des buffets et structuré un réseau de bénévoles », explique Fanny Lorgeron, une autre des trois femmes à l’initiative du projet. « Depuis des mois, on travaille et rencontre les services sociaux du département, les associations locales », pour faire connaître la cantine et ramener un public précaire.

    À la recherche d’un local

    Six travailleurs du CADA sont d’ailleurs venus tester la première cantine mercredi midi, pour ensuite la faire découvrir aux demandeurs d’asile bénéficiaires. Chiche loue un local partagé à l’association étudiante Pan’IUT et cherche à en acquérir un nouveau, toujours dans le quartier prioritaire de la ville du centre ancien. Au menu pour ce premier jour : au choix, boulettes de viande ou steak de butternut, houmous, salade composée et moelleux au citron avec sa sauce à la lavande. Ce jeudi, pour le deuxième, ce sera tarte aux poireaux, avec une version aux lardons, velouté de courge et crème au chocolat. En cuisine, plusieurs bénévoles, parmi lesquels « un monsieur qu’on a croisé tout à l’heure dans la rue », lance Gitanjali Picovschi. « N’importe qui peut venir cuisiner » et bénéficier d’un repas gratuit pour le remercier de son aide. « On a même des personnes précaires qui viennent cuisiner, voir du monde, mais ne mangent pas car elles ont besoin de collectif plus que de repas », explique Fanny Lorgeron. L’idée est aussi de « permettre à tout le monde d’apprendre de nouvelles choses et partager des nouvelles recettes ». Des demandeurs d’asile maliens ont déjà réalisé des recettes de leur pays lors de l’inauguration de l’ancien local de Chiche, que l’association n’a finalement pas pu garder. « Au début, on avait peur de pas avoir suffisamment de monde, mais en fait on a été complet en trois jours ! », se réjouit Fanny Lorgeron.

  • Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    Alpes-de-Haute-Provence : un bus santé au plus près des habitants des villages isolés

    « Habituellement, je dois faire 30 km pour aller voir ma sage-femme. Là, c’est elle qui se déplace pour me voir. » Partiellement en invalidité, Marie Grégoire doit d’habitude monter au fin fond de la vallée du Haut Verdon, en prenant une route difficile à pratiquer, gelée l’hiver, pour aller voir sa praticienne et faire sa rééducation du périnée. Mais lundi, c’est sa sage-femme, Nelly Vial, qui est venue à elle à Saint-André-les-Alpes à bord du tout nouveau bus santé, qui permet aux habitants de villages isolés de consulter des professionnels de santé.

    Trois jours par semaine, le bus santé, lancé lundi, fait sa tournée et dessert des villages isolés du Haut Verdon, d’Allos à Rougon. À son bord, un praticien différent à chaque passage. L’équipe médicale est pour l’instant composée de trois médecins généralistes, une infirmière en pratique avancée, deux orthophonistes, une opticienne, un kinésithérapeute et une sage-femme volontaires.

    « On doit prendre une demi-journée à chaque fois qu’on va voir le médecin », déplore Béatrice Sindres, heureuse de découvrir le bus santé, elle aussi venue consulter la sage-femme. « Pour voir un cardiologue, il faut faire 1 heure de route », ajoute-t-elle. « Je dois prendre un jour à chaque fois pour aller à Manosque pour le suivi de ma thyroïde », abonde Céline Tissier, secrétaire du bus santé et habitante de Castellane. Dans cette commune, les délais sont généralement de quatre semaines pour voir un médecin généraliste. « L’été, c’est encore pire avec tous les vacanciers, la population passe de 1 500 à 25 000 habitants », ajoute la secrétaire. Marie Tani, autre patiente du bus santé, a elle dû aller à Nice pour se faire opérer la main. Lundi, pour la première tournée du bus, une patiente est même venue de Digne-les-Bains, à 45 minutes de route, ayant du mal à trouver des médecins même dans le chef-lieu du département.

    « On en a besoin, c’est bien de venir aux gens et de ne pas avoir des délais excessifs », se réjouit Karine, habitante de Castellane qui doit aller jusqu’à Draguignan, à plus d’une heure de route, pour consulter. Le bus permet notamment aux personnes âgées ou à mobilité réduite, qui ne sont plus en capacité de se déplacer, de consulter. Lundi matin, une patiente de 85 ans a pu consulter la sage-femme, sans rendez-vous, voyant le bus garé devant chez elle à Allons. « Bravo, c’est bien ! », lance une travailleuse du centre médico-social voisin, venue se renseigner sur la manière dont les personnes qu’elle suit peuvent prendre rendez-vous.

    Premier du département

    « Le bus santé est en phase d’expérimentation pour trois ans. Les communes desservies, majoritairement sur la communauté de communes Alpes Provence Verdon, ont été sélectionnées selon un diagnostic prenant en compte l’offre de soins locale », explique Vincent Kaskarian, coordonnateur du bus. Pour mener le projet a bien, l’association CPTS (Communauté professionnelle territoriale de santé) a eu des financements importants de la Région, de l’ARS, du programme européen Leader, de l’Assurance maladie, de la MSA et de la communauté de communes Alpes Provence Verdon. « L’objectif est que le bus puisse passer un ou deux jours de plus par semaine », ajoute le coordonnateur.

    Jeudi 12 mars, infirmière en pratique avancée à Rougon et à Trigance. Précisions, autres dates et prise de rendez-vous en ligne ou au 03.10.45.63.66.

  • [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    [Tribune] L’Alliance de la presse d’information générale condamne les atteintes à la liberté de la presse

    Par l’ensemble des titres de l’Alliance dont « La Marseillaise » est membre

    Des attaques verbales et des agressions physiques contre les journalistes dans l’exercice de leur mission, des dégradations sur les locaux de nos médias, des campagnes de harcèlement orchestrées sur les réseaux sociaux… Ces dernières semaines, la presse d’information, de Midi Libre à la Voix du Nord, de Libération au Télégramme, de L’Ardennais à La Nouvelle République, de La Montagne à ICI Touraine, a fait l’objet d’attaques récurrentes et croissantes. En cette période électorale, les médias doivent faire face au quotidien à la polarisation d’un débat public, alimentée par une parole politique parfois violente et décomplexée.

    Nos médias assistent à une lente dérive, à un transfert de toutes les colères vers un bouc-émissaire : les médias et les professionnels de l’information. Instrumentalisées sur les réseaux sociaux, de plus en plus violentes sur le terrain, ces poussées de fièvre se traduisent régulièrement par des mises en cause physiques et verbales de nos journalistes.

    Ces atteintes à la liberté de la presse et au libre exercice du métier d’informer sont d’autant plus intolérables qu’elles sont parfois le fait d’élus de la Nation qui écartent nos journaux de leurs collectivités, nous dénigrent ou font pression sur nos rédactions.

    Remparts face aux fausses nouvelles, artisans de la vérification des faits, nous refusons la posture du silence. Nos médias interrogent chaque jour l’action publique et collective, essaient autant de la mettre en perspective que d’en pointer les dérives ou les mauvaises gestions. Ils contribuent ainsi à la vie démocratique locale et nationale, dans le respect de la place des élus, des partenaires sociaux, des acteurs de la société civile. Ils ne peuvent accepter de telles agressions et de telles mises en cause publiques.

    Sous d’autres cieux moins cléments en termes de libertés publiques, on dénoncerait ces excès et ces violences. En France, l’opinion publique a pris la mesure du danger : 65 % des Français estiment que la liberté de la presse est menacée. L’inquiétude citoyenne est là. Ce sont les relais politiques qui manquent.

    À quelques jours des élections municipales, nous demandons à chaque candidat, responsable syndical ou associatif un engagement clair : défendre publiquement la liberté d’informer et condamner toute forme de pression sur les journalistes. Car là où l’information disparaît, c’est la participation démocratique elle-même qui recule.

  • Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé de Manosque inquiets

    Les salariés du centre de santé Oxance de Manosque se sont réunis mardi avec la CGT pour discuter de leurs inquiétudes concernant une potentielle fermeture du centre, le réseau mutualiste Oxance étant en procédure de sauvegarde. « Confronté à des contraintes économiques durables, nées lors de la crise sanitaire, le groupe a engagé une démarche de sauvegarde afin de stabiliser sa situation financière, rééchelonner sa dette et se donner le temps nécessaire pour construire un plan de redressement », a indiqué Oxance.

    L’avenir d’Oxance en suspens

    Les salariés attendent de nouvelles mesures d’Oxance qui doivent être annoncées en CSE le 26 mars. La CGT a insisté sur sa volonté de préserver l’offre de soins abordable pour tous et les emplois, alors que plus de 20 000 personnes n’ont pas de médecin traitant dans le département. Certains patients viennent de Digne-les-Bains ou des Hautes-Alpes pour se soigner au centre Oxance de Manosque. « Si le centre de Manosque ferme, comment la population sera-t-elle prise en charge ? », se sont interrogés les participants à la réunion.

    Les salariés ont déploré le fait qu’Oxance « ne donne pas suite à de jeunes médecins qui veulent venir y travailler ». Avec la CGT, ils ont évoqué le besoin de soutien des collectivités aux centres de santé. Ils ont reproché au maire de Manosque de ne pas les soutenir. « La municipalité actuelle considère que contrairement à l’hôpital, la collectivité n’a pas vocation à financer directement un centre de santé privé », a répondu le cabinet du maire.

    Les syndicats prévoient des rassemblements vendredi à Marseille et mercredi à Lyon et doivent être reçus par les ARS à cette occasion. Ils ont également rédigé des pétitions.

    Rassemblement devant l’ARS de Marseille, 132 bd de Paris, le 6 mars à 11h30.

  • L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    L’Entraide 13 passe la main à Habitat et Humanisme

    Le sort de l’association Entraide des Bouches-du-Rhône a été scellé, lundi 2 mars, devant le tribunal des activités économiques de Marseille, qui a validé l’offre d’Habitat et Humanisme Soin et ordonné la cession de l’intégralité des établissements exploités, à ce jour, à cette association lyonnaise. Les six Ehpad et quatre résidences autonomie sont cédés pour 7,48 millions d’euros, dont 6,8 millions d’actifs immobiliers. La valeur très théorique du parc immobilier était estimée à 33 millions d’euros.

    Ce choix d’une « offre viable » venue de l’économie solidaire « permet de préserver 448 emplois et de maintenir 725 personnes âgées dans leur lieu de vie actuel, et d’entrevoir des perspectives positives de renouveau avec les différents investissements prévus, notamment pour les travaux de rénovation et de réhabilitation », expose le tribunal dans son jugement de 23 pages.

    Le scénario catastrophe redouté est évité

    La résidence du Roy d’Espagne (dans le 8e à Marseille) ne pouvait être dans le deal puisque fermée en juillet 2024 et préemptée par la Ville de Marseille pour y créer une « résidence autonomie de nouvelle génération », qui sera confiée au CCAS. L’Ehpad du Clos Saint-Martin, à Pélissanne, n’est pas non plus concerné, ayant été fermé par l’ARS en septembre 2025 après le constat de graves dysfonctionnements.

    Malgré un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros en 2024, la situation de l’Entraide 13 n’avait cessé de se dégrader avec un résultat négatif de 4 millions d’euros, qui rendait impossible tout plan de continuation. Huit candidats s’étaient manifestés. Trois offres sérieuses ont été déposées in fine, mais une seule exposée à la barre du tribunal. Le sérieux de l’offre de l’association lyonnaise a convaincu les magistrats. Habitat et Humanisme Soin assure déjà la gestion d’un réseau de 59 établissements d’accueil et de soins de seniors dans 20 départements, soit près de 4 900 lits et emploie environ 2 000 salariés.

    L’Agence régionale de santé et le conseil départemental avaient émis un avis très favorable à cette reprise, qui « n’implique aucune fermeture de site et préserve au mieux les intérêts des résidents et de leurs familles et des salariés ». En effet, 448 des 468 emplois sont sauvés « avec leurs droits acquis », soit 96% des emplois. Les 20 salariés du siège social d’Entraide ne sont pas repris, ce qui doit conduire à 18 licenciements. L’administratrice judiciaire de l’Entraide a été entendue, elle qui soulignait qu’un effort devrait être fait par le repreneur « pour apaiser le climat social concernant les droits acquis des salariés repris ».

    La somme totale déclarée au passif, au jour de l’audience du 17 février, est de 59 millions d’euros, dont 22 millions contestés, soit une somme finale qui avoisine les 40 millions d’euros tout de même, composée à 80% de dettes bancaires et 20% de prestataires. Le Département reste garant de certains prêts bancaires à hauteur de 12 millions d’euros. Si le tribunal se dit conscient de « l’impact économique » de cette cession pour les contrats non transférés, il retient « l’effort financier manifestement réel, même s’il ne permettra pas un apurement direct du passif ».

    Si le prix de cession fixé à 7,48 millions d’euros est « décorrélé de la réalité du passif », le tribunal considère que le coût total de la reprise est en réalité de 32 millions d’euros en tenant compte des congés payés, des départs à la retraite, de l’hypothèque de l’Ehpad La Marylise (dans le 11e à Marseille), des dépôts de garanties et des fonds de roulement à reconstituer, des travaux de réhabilitation et de remise aux normes estimés à 12,5 millions d’euros sur un parc assez vétuste.

    Une trentaine de contrats sont repris. Pas celui de la restauration collective conclu en 2024 avec la société marseillaise Ascent pour 5 ans, ce qui est « de nature à inquiéter tant ses prestations sont essentielles à la poursuite de l’activité », énonce le tribunal, qui prend acte toutefois d’échanges en cours entre les parties. L’ARS et le Départemental se sont engagés à procéder au transfert effectif des autorisations d’exploitation nécessaires au repreneur dans les 48 heures. La période d’observation a été prolongée jusqu’au 22 juillet 2026.

    Un « heureux dénouement » pour le CD 13

    « Je dirais ouf et enfin ! » réagit Jean-Marc Perrin (DVD), conseiller départemental, l’autorité de tutelle. « Nous sommes heureux et soulagés de ce dénouement. C’est la fin d’un long processus judiciaire qui évite une casse sociale terrible et la perte d’une capacité d’un millier de lits en grande majorité habilités à l’aide sociale », salue l’adjoint au bel âge, à l’archéologie et la paléontologie. « Nous avons travaillé main dans la main avec l’ARS pour éviter une catastrophe. Habitat et Humanisme sont de vrais pros compétents qui gèrent déjà 60 établissements, qui ont la fibre des bailleurs sociaux et de l’habitat inclusif. Quand j’entends que les anciens dirigeants de l’Entraide essayent de trouver des responsabilités chez les autres, je rappelle qu’en sortie du Covid et en plein scandale Orpea, et alors qu’ils commençaient à être dans le rouge, deux dirigeants se sont augmentés de presque 30% en 4 ans, alors, qu’ils balayent devant leur porte ! »

  • Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal. La journée internationale de lutte pour les droits des femmes donne lieu à une grande manifestation le samedi 7 mars dans les rues de Nîmes.

    Coup de projecteur sur l’affaire Pelicot

    Un reportage photographique et un récit graphique documentent des aspects différents de ce procès hors-norme, dit « des viols de Mazan », qui s’est tenu à Avignon en première instance puis à Nîmes en appel. Le festival féministe des Amie.s du Prolé met en lumière ces œuvres.

    L’une à Avignon lors du procès en première instance, l’autre à Nîmes lors de l’appel. L’une dans l’enceinte de la salle d’audience, l’autre à l’extérieur du tribunal. Les Gardoises Julie Emile-Fabre et Patricia Hamel ont toutes deux documenté l’affaire dite des viols de Mazan, au retentissement mondial. Elles participent au festival féministe des Ami.es du Prolé, où sont présentés leurs travaux respectifs : un récit graphique et un reportage photographique inscrit dans le cadre d’une exposition collective.

    Le jour de l’ouverture du festival, vendredi 6 mars, l’autrice Julie Emile-Fabre présente à 17h30, sur le stand de la librairie L’eau vive, son ouvrage Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot, publié aux toutes jeunes éditions Morgen. Ce récit graphique, qui paraît le 4 mars, est la première œuvre artistique éditée de cette chercheuse et critique d’art. « Je me questionnais depuis longtemps sur la violence de genre, les violences intrafamiliales, les violences sexistes et sexuelles. » Le procès Pelicot, qui s’est ouvert le 2 septembre 2024 à Avignon, a été un déclic. « J’ai réalisé que le geste de Gisèle Pelicot d’ouvrir l’audience était un geste politique fort. Je me suis dit : il faut que j’y aille. »

    Julie Emile-Fabre, qui dessine depuis l’enfance, parvient à se faire accréditer comme dessinatrice d’audience. Elle s’immerge alors dans le procès, croquant « des portraits d’accusés, de gens de la cour, de Gisèle Pelicot… J’ai aussi pris des notes. J’ai fait une sorte de travail documentaire, tant par l’image que par le texte. Pour moi, c’était comme un terrain de recherche, ce procès ». Sans savoir, à ce moment-là, que cette matière nourrirait un récit graphique « dans lequel je fais des allers-retours entre l’intime et le collectif. Je mêle ma propre histoire, la manière dont j’ai vécu les violences de genre et les violences patriarcales depuis l’enfance, avec des moments du procès où je rapporte des témoignages d’accusés, des propos de témoins, des plaidoiries d’avocats… C’est une audience qui, parce qu’elle a été rendue publique, a permis à énormément de gens qui vivaient des choses de manière isolée de se retrouver et d’écouter ce que la justice allait faire de ces questions. »

    L’hommage en images aux soutiens de Gisèle Pelicot

    La photographe nîmoise Patricia Hamel a elle aussi perçu toute la portée de ce procès hors-norme. « L’ampleur du soutien à Gisèle Pelicot m’a énormément marquée au moment du procès d’Avignon. J’ai trouvé ça magnifique et très important. Je savais qu’il allait se passer le même genre de choses à Nîmes en appel. J’ai eu envie de le documenter », explique-t-elle. Dès l’ouverture du procès, le 6 octobre 2025, elle s’est donc postée aux abords du palais de justice, où se retrouvaient chaque jour nombre de collectifs féministes. « Il y avait bien sûr et avant tout cette idée de soutien collectif à Gisèle. D’ailleurs le titre de mon exposition : “Tu en touches une, on répond toutes”, emprunté à un slogan affiché sur une pancarte, l’illustre bien. Mais il y avait aussi une forte attente envers la justice », insiste Patricia Hamel. Une mobilisation qui s’adressait aussi « à tous les passants. Il y a eu de nombreux moments d’échanges avec des personnes lambda, qui revenaient le lendemain pour rejoindre le mouvement », témoigne la photographe.

    À travers la sélection d’images présentées jusqu’au 28 mars dans le cadre d’une exposition collective, Patricia Hamel se fait le relais de ces femmes et de leurs messages. « J’espère que l’intensité, l’énergie du moment et la détermination de ces femmes se percevra dans les photos et fera comprendre à quel point cette intention est positive et progressiste. » La photographe documentera également, sur un panneau composé d’une dizaine de photographies de plus petit format, le happening qui s’est déroulé devant le palais de justice de Nîmes autour du chant chorégraphié dénonçant les violences faites aux femmes « Un violador en tu camino », né au Chili et repris dans le monde entier. À noter que le vernissage de l’exposition, le 6 mars à 19h, se fait en présence des chorales « Les Simones » et « La chorale des luttes », toutes deux présentes en octobre 2025 devant le tribunal de Nîmes au moment du procès en appel dans l’affaire Pelicot…

    Programme

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive.

    19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire.

    20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Samedi 7 mars dans la rue

    Manifestation dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En matinée, Jardins de La Fontaine.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars au lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans.

    16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars au Sémaphore

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • Alpes-de-Haute-Provence : des personnes handicapées en vacances en Espagne

    Alpes-de-Haute-Provence : des personnes handicapées en vacances en Espagne

    Un groupe de 50 personnes des Alpes-de-Haute-Provence a pu partir en vacances, en Espagne, avec l’association Cœur Lavande, dont l’objectif est d’organiser des événements « rassemblant personnes handicapées et lambda pour sensibiliser à la différence », explique le président fondateur de l’association, Jean Tripodi.

    « Les personnes lambda se rendent compte que tout prend plus de temps quand on a un handicap, et cela permet d’avoir accès à la culture, au sport et aux loisirs pour tous », avance le président de Cœur Lavande, association basée à Digne-les-Bains qui organise également des trails, des courses et des défilés de mode autour des différences.

    « Dans la peau d’une personne handicapée »

    L’association est aussi à l’initiative d’une action nommée Handi’ville, qui consiste à se rendre dans différentes villes et villages du département et proposer aux habitants de les « mettre dans la peau d’une personne handicapée » en les asseyant dans des fauteuils roulants, en portant « des lunettes déformantes pour les malvoyants, des bandeaux pour les non-voyants et des casques pour les malentendants », détaille Jean Tripodi.

    Le groupe, en vacances à Barcelone, a notamment pu assister à un spectacle de flamenco, visiter une bodega, faire du shopping et participer à une dégustation de vin. « La différence est une force » est le slogan de l’association, qui organisait ce voyage pour la dixième année.

    Repas dans le noir chez Domitys le 27 mars à 19h pour se mettre dans la peau d’une personne non-voyante, sur inscription, 80 places disponibles, 22 euros.