Tag: Services publics

  • À Martigues, la santé publique sous pression

    À Martigues, la santé publique sous pression

    Le lieu était symbolique. C’est devant l’entrée de l’hôtel de ville de Martigues que l’Union locale CGT a choisi d’organiser le rassemblement pour cette journée de grève au sein de la fonction publique, comme pour signifier que l’administration ne tournerait pas sans ses agents. Mais la manifestation aurait très bien pu se tenir devant le centre hospitalier des Rayettes.

    « Les services publics sont partout soumis aux mêmes logiques : réduire les dépenses, supprimer des moyens, rechercher des économies et faire payer les agents et les usagers », dénonce Laure Privat. Pour la représentante syndicale CGT de l’hôpital, la logique financière s’applique à la santé depuis la mise en place de la tarification à l’acte, en 2004. « On parle d’efficience, de mutualisation, d’externalisation, de restructuration… Mais derrière ces mots, ce sont des agents, des services et des patients qui sont concernés. »

    Cette recherche de rentabilité, les aides soignantes de l’Ehpad les Magnolias de Port-Saint-Louis-du-Rhône, un établissement rattaché à l’hôpital de Martigues, la ressentent au quotidien. Deux d’entre elles, qui souhaitent garder l’anonymat, témoignent : « Le matin, on est quatre pour faire la toilette de 46 résidents, qui sont soit grabataires, soit valides mais avec des troubles cognitifs. On essaye de faire de notre mieux, mais il faut aller vite, donc le travail est forcément bâclé. On nous demande aussi de les stimuler et de favoriser leur autonomie, mais pour ça, il faut des moyens humains et du temps. » Les deux collègues plaident pour un changement de prisme au sein de l’Agence régionale de santé, qu’elles pointent comme déconnectée des réalités de terrain. « Il faut qu’on parle d’humain, pas de chiffre. »

    À l’hôpital de Martigues, au-delà du sous-dimensionnement des infrastructures, ce sont les conquis sociaux des personnels qui sont menacés, en raison de mesures d’économie portées par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes. « Aujourd’hui, il y a une crise des vocations parce qu’il n’y a plus de perspectives qui donnent envie de travailler dans le public, dénonce Nathan Cabiac, représentant CGT. Les salaires sont très bas, il n’y a plus de compensation humaine, on vient attaquer notre temps de travail, nos heures supplémentaires, nos RTT, notre pause méridienne… Dans quelque temps, si on va au bout de ce genre de chose, des agents vont fuir l’hôpital comme c’est déjà le cas pour les infirmiers, qui ont le libéral en face. »

    Le syndicat demande l’abrogation de toutes ces mesures. Au niveau national, « la priorité est l’augmentation des effectifs et la revalorisation du point d’indice, parce qu’on est pratiquement à 20% de perte de pouvoir d’achat depuis le début des années 2000 sur des salaires qui sont déjà très faibles, puisque la catégorie C représente la grande majorité des salariés ».

  • À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

    « On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

    Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

    Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

    La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

    « Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

  • À Avignon, le cri d’alarme du monde culturel

    À Avignon, le cri d’alarme du monde culturel

    Au sein du long cortège de plus de 2 000 personnes ce mardi 29 septembre, à l’occasion de la manifestation des agents du service public à Avignon, il était difficile de manquer les pancartes rappelant que la culture, elle aussi, doit « être accessible à tous ». Pourtant, elle figure souvent parmi les premiers secteurs à pâtir des restrictions budgétaires. Et dans la ville du Festival d’Avignon, où Jean Vilar défendait l’idée d’un théâtre au service de l’intérêt général et assumant des missions de service public, le symbole est fort.

    « Le problème est le même que dans l’ensemble des services publics. Comme les enseignants artistiques qui sont confrontés au gel du point d’indice ou encore les attaques permanentes contre le système d’intermittence du spectacle, alors que beaucoup de collègues galèrent à boucler leurs heures », rappelle au sein du cortège Ghislain Gauthier, secrétaire général de la CGT Spectacle.

    Comme chaque été ces dernières années, le syndicat a organisé des mobilisations à Avignon pendant le Festival pour alerter sur le sujet. Plusieurs personnalités politiques nationales et locales s’y sont rendues, parmi lesquelles François Ruffin (Debout !), Alexis Corbière (L’Après), Olivier Faure (PS) ou encore Jean-Luc Mélenchon (LFI). Des débats avec les candidats à la présidentielle avaient d’ailleurs été organisés par le Off sur la place de la culture dans leurs programmes. « Pour l’instant, très peu se sont emparés du sujet », regrette Ghislain Gauthier.

    L’extrême droite visée

    À ses côtés, Fabrice Durand, alto solo à l’Orchestre national Avignon Provence et membre de la Snam CGT, fulmine. « Là, la culture est une variable d’ajustement pour éponger les dettes créées par le gouvernement actuel, alors que c’est une part essentielle dans la communication et dans les relations entre les individus, notamment pour se battre contre la xénophobie et toutes les exclusions », souligne-t-il, entouré de plusieurs membres de l’orchestre.

    Lors du concert d’ouverture, il y a quatre jours à la FabricA d’Avignon, une prise de parole a d’ailleurs permis d’alerter le public sur la situation. Notamment à propos de la baisse de la part du budget alloué à la culture par l’État, qui est passée du 1% symbolique à 0,7%. Une diminution qui se traduit également dans les collectivités locales. « Ici, les associations, dont les associations culturelles, ont perdu en moyenne 5% de leurs aides. Alors qu’Avignon, sans culture, n’existe pas. C’est se tirer une balle dans le pied. Non seulement c’est faire fi de tout ce qui est l’histoire, les gènes de la ville, mais c’est en même temps nier les besoins de la population et augmenter les clivages, et donc pousser au corporatisme, aux enfermements, plutôt que d’avoir un lien pour enrichir les cultures diverses qui font ce qu’est la France. Une nation qui est capable d’intégrer toutes les cultures et de relier les gens au bonheur », poursuit avec passion Fabrice Durand.

    Un combat partagé par l’intersyndicale (hors FO), qui s’est exprimée en fin de manifestation sur la place du Palais des Papes. Le discours, prononcé par Alice Raimundo, secrétaire adjointe de la FSU, alerte que la « logique d’abandon est aggravée par les choix de l’extrême droite et des droites extrêmes. » « À Carpentras, Monteux ou encore Avignon, la gestion des municipalités RN ou affiliées montre ce que signifie concrètement leur politique », insiste-t-elle, en pointant les diverses suppressions de subventions aux associations décidées par les édiles lepénistes.

    Pour Étienne Raoul, secrétaire départemental FO, qui s’est ensuite exprimé à part, la culture est également « essentielle ». « Le fait de précariser encore les professions dans la culture, comme on le voit pour les intermittents du spectacle mais pas que, c’est toucher à un secteur qui permet l’émancipation. C’est encore plus vrai à Avignon avec son Festival, mais pas uniquement, avec un grand nombre de musées et d’actions qui s’en retrouvent fragilisés », poursuit-il.

  • Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    « Ce n’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », n’ont cessé de scander les lycéens, mobilisés mardi pour protester contre la dégradation du service public. Selon la préfecture, près de 350 d’entre eux ont pris part au cortège et en ont occupé la tête afin de dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation nationale.

    « Si on est là aujourd’hui, c’est qu’on en a ras-le-bol que des milliards soient dépensés dans l’armée alors que nos profs sont sous-payés et nos classes surchargées. On veut des conditions décentes pour étudier », s’est indignée une étudiante au pied des Réformés (1er), avant le départ de la marche. À quelques mètres, Yasmine et Juliette expriment la même colère : « On ne peut plus faire de sorties, on est trop dans les classes, les conditions sont difficiles pour nous comme pour les profs. Macron donne des sous pour la guerre alors que nous n’avons plus de moyens. Pourtant, c’est nous le futur ! »

    En mars dernier déjà, lycéens, enseignants et parents d’élèves s’étaient mobilisés pour dénoncer une baisse des moyens dans l’éducation, illustrée par la fermeture de 143 classes dans le premier et le second degré, contre 88 ouvertures, soit un solde négatif de 55 fermetures dans l’académie d’Aix-Marseille. Un choix à l’époque justifié par la baisse démographique.

    Plusieurs établissements sont par ailleurs restés portes closes mardi, bloqués par les jeunes militants en colère. Parmi eux, sept lycées marseillais : Saint-Charles (1er), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Jacques-Chirac (2e), Marseilleveyre (8e) et Marie-Curie (5e). Trois autres établissements ont aussi été concernés dans le reste du département, à Martigues et Miramas. L’occasion, aussi, d’exprimer une vive opposition aux répressions policières survenues lundi en Île-de-France, où 12 jeunes, 8 enseignants et 12 policiers ont été blessés. « Ici, ça se passe bien, mais ce n’est pas le cas partout à l’échelle nationale, note Eustache, élève du lycée Montgrand. Dans le 93 et le 94, les lycéens se sont fait frapper et gazer par la police. Un jeune a perdu ses dents de devant après un tir [dans le Val-d’Oise]. La répression a été immense ». Quatre lycéens ont tout de même été interpellés à Miramas, mardi, selon la préfecture.

  • Marseille fait front pour les services publics

    Marseille fait front pour les services publics

    La rue a repris la parole pour défendre la fonction publique sur les pavés marseillais, ce mardi, à l’occasion d’une journée de grève et de manifestation intersyndicale pour le moins suivie. « Il y a une convergence des colères ! Le gel du point d’indice des fonctionnaires depuis 10 ans n’est pas acceptable et la baisse des salaires concerne tout le monde », gronde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Autour de lui, les manifestants s’amassent aux Réformés, en haut de la Canebière, avant de partir en direction de la Préfecture.

    Et la banderole de tête, derrière laquelle se retrouvent les représentants des trois pans de la fonction publique, agents des collectivités territoriales, des hôpitaux publics et de l’État, délivre un message clair : « Plus de services publics, plus de salaires. » Car cette mobilisation entend remettre en avant le mal-être et les besoins des centaines de milliers d’agents qui portent les différents services publics à bout de bras. « Tout augmente sauf les salaires : le gasoil, le gaz, l’électricité, l’alimentaire… Et au boulot, on nous demande toujours plus, mais on n’est pas payés plus ! », dénonce Marie, une agente territoriale de Port-Saint-Louis qui travaille au centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville et syndiquée CGT.

    « 50% de grévistes

    chez les instituteurs »

    Christophe Martin-Chalamel, secrétaire général de la CFDT Ville de Marseille, abonde : « Le pouvoir d’achat des fonctionnaires baisse de plus en plus. Quand le Smic augmente, nous, on reste au même niveau à cause du gel du point d’indice. On demande simplement une réévaluation avec l’inflation ». Cette question du gel du point d’indice, base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, cristallise l’attention. Mais c’est surtout le symbole d’un manque de moyens durablement imposé aux services publics. « Encore une fois, le budget prévu et les différentes mesures pour la fonction publique s’annoncent rétrogrades et austéritaires. C’est moins d’État, moins de services publics et ce sont les plus fragiles qui paient ! », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13. Syndicat qui évoque le chiffre de « 50% de grévistes chez les instituteurs dans les Bouches-du-Rhône » comme mesure de l’exaspération des fonctionnaires.

    Une chose est sûre, c’est que la colère monte crescendo. Avec 30 000 manifestants décomptés côté intersyndicale et 3 800 côté préfecture de police, on est bien au-dessus de la précédente journée de grève et de manifestation, qui s’est déroulée le 15 septembre dernier. Il était alors décompté 5 000 manifestants côté syndicats, contre 900 selon la préfecture. Il faut dire que les fonctionnaires ont reçu le soutien de nombreuses autres catégories de travailleurs, comme ceux du monde de la culture, les travailleurs de l’énergie ou encore les lycéens. La fougue de la jeunesse a d’ailleurs pris la tête du cortège. « Pour Bernard Arnault et ses collègues, il n’y a pas de crise », lance Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, sur le fameux camion bleu de sa profession. Avant de délivrer un message de soutien à l’adresse des agents : « La fonction publique, les écoles, les pompiers, les infirmières, c’est notre patrimoine ».

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Une voix collective dans la rue

    Une voix collective dans la rue

    À 48 heures de la présentation du budget où 54 milliards d’euros « d’effort » sont déjà annoncés via des coupes dans les dépenses qui vont toucher prioritairement les services publics mais aussi le possible gel du point d’indice des fonctionnaires, une large intersyndicale de la fonction publique appelle à manifester dans la rue.

    Pour faire entendre la voix de ceux qui font « fonctionner le pays », qui en sont l’épine dorsale collective comme on a pu le mesurer durant la pandémie ou les épisodes caniculaires et les incendies. La voix de ceux qui assurent au quotidien la réalité de l’égalité territoriale, qui permettent de se soigner, de se déplacer, de s’éduquer, qui s’occupent des enfants comme des personnes âgées, qui permettent aux salariés d’aller travailler.

    Argent public

    Face à ce modèle social construit après-guerre notamment par la création du statut de fonctionnaires par le ministre communiste Maurice Thorez et des trois versants de cette fonction publique par un autre communiste, Anicet Le Pors, cette journée est l’occasion de dire que la dérive libérale qui ne cesse de vouloir tout déléguer au privé qui coûte pourtant plus cher et d’exhorter à toujours faire plus avec moins, n’est plus possible. L’occasion de dire à ceux qui vont discuter le budget que non, l’aide publique aux entreprises ne peut pas être le troisième poste de dépense de l’État, que non des grandes entreprises ne peuvent pas engranger des milliards de bénéfices sur le dos des difficultés des citoyens comme TotalEnergies avec la nouvelle crise pétrolière sans qu’on ne leur demande rien.

    À quelques heures de la présentation du budget, cela revient in fine à poser une question simple : que veut-on faire de l’argent public. En l’occurrence, pas ce que prépare le gouvernement Lecornu.

  • La fonction publique, ça se défend !

    La fonction publique, ça se défend !

    Une journée noire : c’est ce que promet l’intersyndicale CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC et FA-FP pour ce mardi 29 septembre. La grève nationale à laquelle ils appellent concerne les trois versants des services publics, soit la fonction publique d’État, territoriale et hospitalière. Et pour cause : pour la quatrième année consécutive, le gouvernement prépare un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, visant une économie de 2 milliards d’euros sur le dos de ceux qui font fonctionner le pays. Un véritable coup de massue au moment où l’inflation ne cesse d’augmenter dans un contexte de hausse des prix des carburants. « Depuis 2017, les fonctionnaires ont déjà perdu plus de 16% de pouvoir d’achat », arguait la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, au lendemain de l’annonce du Premier ministre. C’est ainsi que partout en France, une journée noire se profile. À l’heure où nous écrivons ces lignes, la CGT recense 174 rassemblements dans tout le pays.

    Preuve de la colère qui gronde, les dix syndicats de France Travail se joignent à la grève, une première depuis 2018. De leur côté, les sapeurs-pompiers, éreintés par une saison d’incendie inédite, poursuivent leur mobilisation. Les agents rejettent l’austérité promise par l’exécutif.

    54 milliards d’euros, l’austérité chiffrée

    Alors à deux jours de la présentation du budget, tous les yeux sont rivés sur le gouvernement. Dans l’entretien au Figaro du 18 septembre, le Premier ministre prépare les esprits : « Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, dans la stabilité fiscale. » Et ce, afin de ramener le déficit public à 5% du PIB. Pire que les annonces formulées moins d’une semaine plus tôt par le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui, au journal le Parisien, tablait sur un « effort » d’« au moins 30 milliards d’euros ». Si la macronie s’en prend une nouvelle fois aux services publics et ses agents, il réduit le rendement de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises de 8 à 5 milliards d’euros, et la limitant à celles qui réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an.

    De plus, le gouvernement prévoit, dans la même copie, d’augmenter de 6,4 milliards d’euros l’enveloppe dédiée aux Armées et de 800 millions d’euros celle de l’Éducation nationale. À croire que pour les macronistes, tous les services publics ne se valent pas.

    Les Sages planchent sur les non-remplacements

    Les attaques fusent de toutes parts. Dans une note publiée le 21 septembre, la Cour des comptes appelle à un « effort sur la masse salariale », préconisant notamment de ne pas remplacer les départs en retraite estimés à 408 000 entre 2026 et 2032. Seraient exclus de ce calcul des ministères dont des créations d’emplois sont prévus à travers les lois de programmation à savoir : justice, intérieur, armée et recherche. Et puis, tant pis pour l’hôpital et l’école !

    Dans ce contexte, la rue doit s’exprimer et faire basculer le rapport de force. La dernière mobilisation d’ampleur de la fonction publique remonte au 5 décembre 2024, au lendemain de la chute par la censure du gouvernement de Michel Barnier. Quelque 200 000 personnes s’étaient rassemblées partout en France. Cette journée a valeur de test avant la mobilisation nationale prévue le 17 octobre. Les organisations syndicales veulent maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle, alors que certains des candidats déclarés continuent à taper sur les fonctionnaires, les piliers de notre pays.

  • Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Fonction publique : les rendez-vous pour la manif’ du 29 septembre

    Marseille

    10h30, aux Réformés.

    Martigues

    10h, rond-point de la mairie.

    Miramas

    10h30, devant la mairie.

    Arles

    10h, au kiosque à musique.

    Toulon

    10h30, place de la Liberté.

    Draguignan

    10h30, sous-préfecture.

    Avignon

    10h30, cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains

    11h, place du Général- de-Gaulle.

    Gap

    10h30, devant la préfecture.