Tag: Services publics

  • À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    Pas de cours en présentiel dans 47 lycées des Bouches-du-Rhône, ce vendredi. À cela s’ajoutent quatre arrêtés préfectoraux interdisant « toute manifestation revendicative non déclarée dans les communes de plus de 10 000 habitants », « la vente de carburant au détail », « le port d’équipements de protection individuelle » ainsi que « la détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme ». Une série de mesures prises en réaction à l’ampleur qu’a prise, jeudi, le mouvement social des lycéens.

    À Marseille, la mobilisation s’est en effet emparée de toute la ville, avec des blocus organisés notamment, devant les lycées Victor-Hugo (3e), Saint-Exupéry (15e), Thiers (1er), Montgrand (6e), Marseilleveyre (8e), Diderot (13e) ou encore Artaud (13e). Lancé par la mobilisation nationale de mardi centrée sur la défense des services publics, le mouvement a poursuivi sa course toute la journée de jeudi, porté par des élèves qui exigent plus de moyens dans l’éducation.

    Ils étaient, selon la préfecture, plus de 1 000 à camper devant les grilles de leur lycée pour être entendus. « Nos lycées sont en ruines. Les conditions ne sont plus acceptables. Au lycée Marie-Curie, il y a de l’amiante dans les murs, s’est indignée Rose, élève au lycée Montgrand. On a juste envie d’avoir des conditions de travail qui soient stables ».

    Au-delà de l’état des locaux, c’est aussi le manque de personnel qui est pointé du doigt, « avec des classes de 35 élèves » et des spécialités « surchargées depuis que des classes ont été supprimées » déplorent les jeunes. Les lycéens, qui n’ont de cesse de répéter qu’ils « ne veulent pas faire la guerre », dénoncent également l’augmentation du budget alloué à la défense.

    Dégradations et violence

    Les mobilisations ont donné lieu à plusieurs dégradations et débordements, notamment l’incendie d’un bus RTM et d’un véhicule des marins-pompiers devant les lycées La Floride (14e) et Saint-Exupéry (15e). Deux proviseurs, une journaliste violemment agressée, un marin-pompier et dix policiers ont été blessés dans le département, d’après la préfecture. 29 manifestants ont par ailleurs été interpellés à Marseille.

    « Vous savez quelle est la pire violence ? 120 000 lycéens n’ont eu aucune affectation Parcoursup cette année, s’est révolté Eustache, élève au lycée Montgrand et militant au Poing levé. Ça fait 10 ans que ce gouvernement mène une politique contre la jeunesse, contre les enseignants, contre l’ensemble de la population. (…) On se mobilise pour que nos services publics soient en meilleur état, et la seule réponse du gouvernement, c’est d’envoyer la police pour nous taper ».

    Lundi, dans le Val-d’Oise, un lycéen a perdu des dents à la suite d’un tir d’un policier en direction de son visage. Mercredi, à Tours, un élève a été blessé à l’œil, probablement par un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.

  • Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Une belle démonstration de force et d’unité autour des services publics

    Ce 29 septembre, les cortèges ont fait le plein dans l’Hérault et le Gard
    à l’appel d’une large intersyndicale de la fonction publique (la CGT, FO,
    la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFE-CGC et la FA-FP). Un coup de pression à la veille des arbitrages du gouvernement pour le prochain budget – dont la présentation avait lieu le 1er octobre – afin de protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.
    À Montpellier, 7 000 personnes ont défilé selon les syndicats, 4 500 selon la police. La manifestation nîmoise, elle, a rassemblé 2 500 manifestants selon les syndicats. Des cortèges denses qui ont réuni des agents des trois fonctions publiques (État, collectivités, hôpital), auxquels se sont joints
    de nombreux jeunes, étudiants mais aussi lycéens, mobilisés dès le début de la journée avec le blocage de leurs établissements.

    Philippe Enjelmann, Infirmier aux urgences psychiatriques du CHU de Montpellier :
    « J’ai des collègues à l’hôpital qui dorment dans leur voiture »

    L’hôpital est attaqué et déconstruit méthodiquement depuis des années par le gouvernement main dans la main avec la direction de l’hôpital, si bien qu’on a de moins en moins de budget pour prendre en charge les patients. En psychiatrie, où je travaille, deux unités entières ont fermé ces 7 dernières années. Ce qui conduit à des situations comme samedi dernier [26 septembre, NDLR] : aux urgences, on avait un patient qui devait être hospitalisé rapidement, mais sa prise en charge a tardé faute de place et un collègue infirmier a été victime d’une agression qui lui a valu 10 jours d’ITT.

    C’est catastrophique en premier lieu pour les patients, qui voient leur prise en charge dégradée et sont accueillis dans des locaux qui ne sont pas adaptés, avec des personnels pas formés comme il faudrait. Et nous, en tant que travailleurs, non seulement on perd le sens de notre travail mais on se demande comment on va rentrer le soir… Quelle est la prochaine étape ? Se faire tuer au travail ? Tout ça pour un salaire qui fait que le 10 du mois, j’en suis déjà à attendre ma paie ? Et encore, je ne suis pas le plus mal loti : j’ai des collègues à l’hôpital qui n’ont pas un salaire assez important pour payer un loyer, si bien qu’ils dorment dans leur voiture et se douchent discrètement dans les vestiaires… On en est là. La réalité de l’hôpital aujourd’hui, c’est que les gens qui vous soignent galèrent à vivre. C’est cet avenir de précarité et de déconstruction du service public qu’on combat. »

    Audrey Amiel, Sapeur-pompier à Lunel
    « On n’a pas les moyens de faire bien le travail qu’on devrait faire »

    On n’a pas les moyens de bien faire le travail qu’on devrait faire. Ça m’attriste car c’est la population qui est touchée en premier. Manque de moyens financiers, humains, matériels : tout est imbriqué. Il y a une espèce d’étouffement général de la fonction publique, qui se ressent au quotidien.

    Je suis sapeur-pompier professionnel depuis 2010. Les conditions de travail ont beaucoup évolué, notamment avec ces départs de carence d’ambulances privées, qui se sont multipliés. Ce sont des interventions qui, normalement, ne font pas partie de notre travail. Mais quand vous avez un problème en France et que personne ne peut y répondre, on envoie les pompiers. Donc quand il n’y a plus d’ambulanciers privés pour emmener quelqu’un à l’hôpital, c’est nous qu’on sollicite. Or quand on fait ça, on ne peut pas faire une vraie urgence derrière. On nous sollicite tellement qu’on se retrouve en manque d’effectifs, parce qu’on ne peut pas faire le travail des autres et le nôtre. On a juste envie de revenir aux fondements de notre métier : faire du secours, de l’urgence. Pas du transport.

    Outre des recrutements, on voudrait également avoir des outils de travail qui permettent de protéger notre santé. Depuis des années, on intervient sur des feux de forêt sans se protéger… Enfin, s’agissant des salaires, le dégel du point d’indice des fonctionnaires est un des mots d’ordre de la mobilisation auquel nous nous associons en tant que fonctionnaires territoriaux. »

    Corinne Place, Enseignante dans le 1er degré à Nîmes

    « On encaisse, on encaisse, mais là ce n’est plus possible »

    Je suis enseignante dans le premier degré, avec une classe de CP, CE1 et CE2 dans le nord du Gard. Si je suis là aujourd’hui, c’est pour défendre le service public, mais aussi nos conditions de travail et notre pouvoir d’achat. Cela fait des années que nos rémunérations stagnent et que notre niveau de vie se dégrade. On encaisse, on encaisse, mais à un moment, ce n’est plus possible.

    Dans les écoles, ce manque de moyens se voit partout. Le symbole qui parle pour tous les autres, c’est les AESH, indispensables pour accompagner les élèves en situation de handicap mais qui restent dans une très grande précarité. Nous demandons qu’elles aient enfin un véritable statut, qu’elles soient formées, reconnues et suffisamment nombreuses.

    Et puis il y a l’état des bâtiments. Cette année encore, avec les fortes chaleurs dès le mois de mai, certaines classes sont devenues très difficiles à supporter. On sait depuis des années qu’il faut adapter les écoles au réchauffement climatique. Parfois, il suffirait déjà de choses simples : des stores, des volets, des brasseurs d’air, la possibilité d’aérer les bâtiments tôt le matin. Les collectivités font avec leurs moyens, mais ils sont limités. Au bout du compte, ce sont les personnels et surtout les élèves qui subissent. Défendre une école publique forte, cela suppose de lui donner réellement les moyens de fonctionner. »

    Francis Foussard, Ingénieur hydraulique au CD30 à Nîmes.
    « Par ces chaleurs, c’est surtout le point d’indice qu’il faut dégeler »

    Nous sommes là pour défendre le service public, les conditions de travail de ses agents et leurs rémunérations. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est la perspective d’un nouveau budget d’austérité qui viendrait encore réduire les moyens de la fonction publique. Mais cet été a aussi montré très concrètement ce que signifie le manque de moyens face au dérèglement climatique. Au Conseil départemental, on le voit notamment pour les collègues qui travaillent sur les routes. Lors des épisodes de canicule, certains se retrouvent exposés à des températures très importantes et nous demandons encore qu’un véritable plan de travail adapté soit mis en place. On ne peut pas demander aux agents d’assurer leurs missions en mettant leur santé en danger.

    Même constat pour les services d’incendie et de secours. Cet été a montré jusqu’où peut aller cette impréparation : en Gironde, les incendies ont entraîné le plus grand déplacement de population depuis la seconde guerre mondiale, tandis que plusieurs agents ont perdu la vie et que des dizaines d’autres ont été blessés lors des interventions. On demande des moyens humains, des conditions de travail dignes et, évidemment, une revalorisation salariale. Le dégel du point d’indice est indispensable. Et par ces fortes chaleurs, c’est peut-être bien le dégel que les fonctionnaires attendent le plus ! »

  • A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    A Nîmes et Montpellier, la quasi totalité des lycées sont bloqués

    à Nîmes, le mouvement touche quasiment tous les lycées ce jeudi 1er octobre. Il y a eu des blocages ou tentatives de blocage à Camus, Daudet, Mistral, Voltaire, Saint-Vincent, Lamour, Hemingway, Raimu ou encore Gaston-Darboux. La situation a été assez tendue par endroits, avec feux de poubelles et de palettes. Face à quelques dégradations la police est intervenue, notamment à Camus et Saint-Vincent où il y a eu usage de gaz lacrymogène. À Mistral, le portail a été dégondé et les cours ont été annulés. Les groupes de lycéens se déplacent aussi d’un établissement à l’autre, ce jeudi.

    Mercredi 30 septembre, le maire de Nîmes Vincent Bouget (PCF) est allé à la rencontre des jeunes. « Les lycéens nîmois, comme dans de nombreuses autres villes du pays ont manifesté un profond mal-être sur leurs conditions d’apprentissage et sur les perspectives d’avenir», a déclaré le maire dans un message sur les réseaux sociaux. «Je suis allé à leur rencontre en début d’après-midi pour écouter leurs revendications. Ils dénoncent, comme leurs professeurs, les moyens alloués au service public d’éducation. Ils doivent être entendus », ajoute Vincent Bouget. « Quelques violences, qui relèvent d’une minorité, ont émaillé la mobilisation et je le regrette. Dans le même temps, il faut garantir la liberté de manifestation et l’expression pacifique des revendications. Entendre notre jeunesse et investir dans sa formation doit être une priorité nationale », conclut le maire de Nîmes.

    Dans l’Hérault, selon la préfecture une quinzaine de lycées du département de l’Hérault étaient concernés ce jeudi matin par le mouvement. Au cours d’une conférence de presse organisée ce matin, la préfète Chantal Mauchet a fait un point de situation.

    «Le phénomène est inquiétant et prend de l’ampleur. Il y a plusieurs points de blocages, notamment à Montpellier. Des interventions de la police ont eu lieu. C’est une situation très délicate que je suis attentivement. Il faut que les forces de sécurité agissent fermement pour débloquer mais avec tact méthode et proportionnalité, selon les mots du ministre de l’Intérieur, pour que cela soit efficace. Il faut que nous protégions tout le monde, y compris ces lycéens qui vont au contact, sont assez déterminés et dont certains sont déterminés avec cagoules et jets de pierre. C’est une intervention particulièrement délicate.»

    Le témoignage de l’Observatoire des libertés

    Dans un communiqué, L’Observatoire des libertés publiques de Montpellier rapporte que dés le mardi 29 septembre, des actes de violences policières ont été constatées : « Au lycée Jean Monnet, les lycéennes et lycéens ont entrepris le blocage des deux accès aux bâtiments vers 6 h 30. La mobilisation était pacifiste : toutes les personnes impliquées étaient non-violentes. Vers 7 h 35, deux équipages de la police nationale de l’Hérault sont intervenus sur site. Sans sommation, ils ont entrepris le déblocage physique d’un des deux accès : des lycéennes et lycéens ont été violemment poussés, tirés, frappés voire violemment projetés au sol. De nombreux fonctionnaires de police ne disposaient pas de RIO visibles.»

    Vers 8 h, un équipage de la Compagnie Départementale d’Intervention de l’Hérault est arrivée en renfort des effectifs déjà présents, raconte l’Observatoire : « Les lycéennes et lycéens se sont alors assis, sur l’axe sur lequel circulait le véhicule, de manière pacifique. Les fonctionnaires de police sont sortis de leur véhicule, casque en main, en tirant, poussant et projetant là encore les lycéens. L’un d’eux a fait usage de gaz lacrymogène sur les lycéennes et lycéens à très courte distance. Aux lycées Jules Guesde, et Mermoz, les mêmes scènes de violences ont été rapportées. Au lycée Jules Guesde, un lycéen a subi une clef d étranglement par un fonctionnaire de police. Un élu municipal a, lui, été projeté au sol. »

    Du côté de la préfecture, on informe que « la contestation lycéenne a provoqué des blocages et des incendies dans au moins deux établissements de Montpellier ce jeudi 1er octobre. La police est intervenue. Les lycées Mendès-France et Jules-Guesde sont désormais fermés.»

    La CGT 34 réagit et apporte son soutien
  • Pays d’Aix : blocus au lycée Georges-Duby

    Pays d’Aix : blocus au lycée Georges-Duby

    Piquet de grève, 8h30, rapportent les élèves sur place. Parmi les motifs de cette mobilisation, « des conditions de travail et de vie au lycée devenues difficiles à supporter », liste Chloé. Des dégradations matérielles « notamment la chaleur dans certaines salles », des temps d’attente en cantine, sont, entre autres, pointés par les lycéens, qui pourraient de nouveau bloquer l’établissement ce jeudi matin. La mobilisation doit « rester pacifique », rappellent les lycéens. Selon nos informations, le lycée Valabre, à Gardanne, devrait aussi faire partie des établissements bloqués.

  • Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Alors que de nombreuses mobilisations sont prévues, ce jeudi, dans différents lycées de la région, les élèves de Saint-Charles ont poursuivi, mercredi, leur action débutée la veille dans l’élan des manifestations pour le service public, en intersyndicale.

    À leur propre initiative cette fois, une trentaine de lycéens ont bloqué durant toute la matinée l’entrée à leur établissement à l’aide de grandes poubelles, ne laissant passer seulement les professeurs et les élèves en prépa. Ils soulignent l’importance d’une mobilisation qui les concerne tous. « On se bat pour nos droits, on le fait pour nous tous et pour les futurs lycéens », déclare Suzanne, une lycéenne, alors perchée sur une poubelle.

    Ils militent pour de meilleures conditions d’éducation et dénoncent une politique d’austérité pour les services publics, responsable des manques de moyens, de personnels et de matériels qui menacent, selon eux, le bon déroulement de leurs études. « On manque de moyens à cause des coupes budgétaires de Macron. En classe, on est passé de 29 élèves à 35, c’est juste pas possible pour étudier correctement », explique un élève qui a préféré rester anonyme.

    Les lycéens déplorent également la chaleur qu’ils endurent dans les salles de classe, une problématique de plus en plus alarmante avec l’augmentation affolante de la fréquence des canicules, ces dernières années. « On a hyper chaud le matin quand le soleil tape et chauffe les salles à mort, c’est invivable. On a qu’un seul ventilateur par classe, voire aucun. Ça devient tout simplement irrespirable, on ne peut pas se concentrer parce qu’on a trop chaud », se désespère Noé, un autre lycéen mobilisé.

    Ils condamnent par ailleurs la répression policière que rencontrent les actions lycéennes : « Quand on essaie de manifester comme on le fait, ils envoient les policiers. Il y a des jeunes qui se font tabasser alors qu’ils manifestent pour leurs droits », regrette Noé.

    Solidaires des agents publics

    Dans leurs revendications, ils expriment une solidarité ferme avec l’ensemble des lycées, mais aussi avec leurs professeurs et les agents des services publics avec lesquels certains lycéens ont partagé les manifestations de mardi. « On milite à Saint-Charles, mais on reste un lycée du centre de Marseille, on n’a pas toutes les galères que connaissent les établissements des quartiers nord qui sont encore moins pris en considération. On tient à manifester pour tout le monde, dont les professeurs qui sont de moins en moins bien payés et qui ne sont jamais remplacés et les agents d’entretien qui sont surexploités et très mal payés eux aussi », précise une autre lycéenne qui a préféré ne pas donner son nom.

    Les jeunes insistent sur leur légitimité à exprimer des revendications. « On aimerait se faire entendre, on n’est pas des jeunes de 16 ans qui veulent seulement sécher les cours, on est surtout des personnes révoltées. On va continuer notre lutte, même si l’on n’est pas écouté par l’État, car nous sommes les travailleurs de demain », conclut l’élève.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • L’éducation défend ses missions à Gap

    L’éducation défend ses missions à Gap

    « De la naissance à la mort, les fonctionnaires sont présents dans notre quotidien, et l’école représente un bon nombre d’années que l’on doit au service public », lance Mario Brenna, animateur territorial à la Ville de Gap et syndiqué CGT. L’éducation était justement l’un des sujets au cœur de la manifestation intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FO et FSU) de la fonction publique qui a rassemblé, selon la CGT, près de 500 personnes à Gap.

    Yvan Tessier, représentant départemental de Snuipp-FSU, dénonce les suppressions de postes : « On reconnaît qu’il y a une baisse démographique, mais on ne doit pas en profiter pour fermer des classes. Il y a en plus, dans les Hautes-Alpes, plusieurs classes multiniveaux : il faut prendre en compte cette spécificité. » Au niveau du département, tous les postes ont été pourvus à la rentrée. « Mais en ce qui concerne les réseaux d’aides aux élèves en difficulté, il y a eu des suppressions de postes. Et quand un des collègues est absent, il n’y a personne pour le remplacer. »

    Autre sujet, le manque de place dans les centres médico-sociaux. « Il y a des enfants qui reçoivent une notification pour y être orienté, mais ils ne peuvent pas y aller », se désole Yvan Tessier. « Quand j’ai commencé mon métier, on était considéré comme des concepteurs, maintenant, on est juste des exécutants de ce qui vient d’en haut. Et les différentes réformes tendent à prolétariser les enseignants », conclut-il.

    Comme dans les autres corps de la fonction publique, les professionnels de l’éducation dénoncent les salaires trop bas et la crise de vocation qui en découle. « Les professeurs français ont les salaires parmi les plus bas des pays de l’OCDE, et on a des classes parmi les plus chargées, explique Pierre Spitalier, professeur en collège et syndiqué Solidaires. Et on touche près de 900 euros par mois de moins que les autres fonctionnaires de catégorie A ». À ses côtés, une professeure des écoles évoque la dégradation du bâti scolaire. « Il faut aussi penser aux agents d’entretien, de la maintenance, des cantines… On voit qu’ils sont aussi à bout », lance Thierry de la CGT éduc’action, qui trouve normal que certains lycéens bloquent leur établissement. Léo et Evan, 15 ans, ont séché une partie de leur matinée pour se rendre dans le cortège. Un blocus de leur lycée était prévu, mais la présence de la police devant l’établissement a dissuadé les élèves. « On demande plus de temps pour manger à la cantine », dit l’un. « Il y a aussi toujours des profs absents qui ne sont pas remplacés, donc on a des gros trous dans la journée », assure l’autre.

    Agathe Di Lenardo

  • À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    Derrière leurs grandes banderoles, les salariés de l’hôpital psychiatrique de Montfavet ne se sont pas arrêtés, défilant d’abord en centre-ville avant de filer tout de suite 7 km plus loin, devant leur établissement, afin d’alerter sur leurs conditions de travail.

    « Aujourd’hui, on se heurte à une dichotomie entre les directives qui nous arrivent de la direction par manque de moyens et la réalité du terrain et les besoins qu’on a pour pouvoir prendre soin dans de bonnes conditions », résume ainsi Claire Moreno, secrétaire CGT de la structure hospitalière.

    Le tout en lien avec le « manque de reconnaissance » à l’égard des agents du service public de la fonction hospitalière. « En fait, on se bat pour la qualité de vie parce qu’on a tous besoin de se soigner, on a tous besoin des services publics, mais aussi de nos conditions de travail », poursuit la responsable syndicale. Tout en regrettant que si les budgets sont débloqués pour divers projets, « aujourd’hui, on nous retire des postes, on met à la porte des contractuels alors qu’on en a besoin. Et on pêche toujours sur la masse salariale alors que nous, pour prendre soin, on a besoin de moyens humains et de qualifications ».

    Elle appelle à rendre le métier plus attractif pour maintenir à flot le bateau des soins psychiatriques, secteur particulièrement fragile. Elle rappelle également que nombreux sont les établissements qui sont des « passoires thermiques ».

  • FO dans la rue pour un vrai pouvoir d’achat

    FO dans la rue pour un vrai pouvoir d’achat

    « L’inquiétude est générale, elle va au-delà des fonctionnaires. Quand le prix du carburant en fait un produit de luxe et que les services publics se dégradent, et que plus localement, on ne sait pas où on va à la Métropole, car si des économies sont faites, elles vont l’être sur le dos des fonctionnaires… ça fait beaucoup ! », lance Patrick Rué, secrétaire général des Territoriaux FO 13.

    Dans les rangs du syndicat, la colère et les difficultés à vivre s’expriment : « Avec un point d’indice bloqué depuis 10 ans dans la fonction publique, on règle juste nos factures, des agents se cotisent pour payer l’essence afin de venir travailler et on a de plus en plus de demande de mutation », explique Thierry, agent technique. Crèches, écoles, éboueurs, déchetteries : les agents des services municipaux et métropolitains, nombreux derrière leur secrétaire général, sont descendus vers la préfecture, où l’UD FO 13 s’était rassemblée. « Des soignants n’arrivent plus à se soigner », témoigne encore Nicolas, FO AP-HM. Dans la police, le manque d’attractivité amène aussi à des difficultés de recrutement : « La nuit on est 40 pour tout Marseille », déplore Arnaud Blaise, délégué du syndical Un1té. « 1 million de fonctionnaires sont sous le Smic, soit les onze échelons en dessous de la catégorie C », rappelle Franck Bergamini, secrétaire général UD FO 13, avant de rejoindre l’intersyndicale pour y être reçu.

  • L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    L’exigence d’un meilleur accès aux services publics à Digne

    « Avant, on avait des services publics qui étaient organisés en fonction des besoins de la population. Aujourd’hui, ils sont organisés en fonction des besoins du capital. Cela crée une inégalité de traitement des citoyens, puisque les services qui ne sont pas rentables sont fermés », a regretté Cédric Volait de la CGT Santé 04, mardi, en marge de la manifestation organisée notamment pour défendre les services publics, déplorant la fermeture régulière des services d’urgence du département pendant la nuit.

    Le syndicaliste était présent lorsque l’Anap (Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux) a présenté les conclusions de son rapport pour identifier de potentielles mesures d’efficience, le 9 juillet. « L’Anap, qui était là uniquement dans un objectif d’économie, a dit qu’ils recommandaient de ne pas rouvrir les urgences la nuit à Manosque, parce que ça coûtait trop cher », regrette-t-il.

    « Nous ne sommes pas agents de l’hôpital public pour générer des profits ou faire des économies », a ajouté Anne-Laure Collado, la secrétaire de la CGT de l’hôpital de Digne. « L’hôpital de Digne est en déficit, pas parce que nous coûtons trop cher, mais parce que les gouvernements successifs ont tout fait pour ne plus le financer », a-t-elle lancé au micro. « Plutôt que de financer le soin et la vie, Macron décide de financer la guerre et la mort. »

    Une délégation reçue

    par la préfète

    Sylvie Mouffok, la secrétaire de Sud PTT 04, alerte de son côté sur deux bureaux de poste « menacés de fermeture » : celui d’Allos et celui de la Javie. « Cet été à Digne a été catastrophique pour la distribution de courrier. Un jour sur deux, il n’y avait pas de tournée », déplore-t-elle. « On est sur un territoire ultra-rural, qui est pénalisé, comme tous les territoires excentrés. Les différentes réformes n’ont pas aidé », regrette Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF.

    Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, a de son côté déploré le manque d’accès aux cours de français langue étrangère pour les élèves non francophones, pour certains réfugiés politiques. « L’éloignement géographique et les contraintes de transport en milieu rural conduisent à l’affectation de ces élèves dans des établissements de proximité dépourvus » de dispositifs adaptés.

    Une délégation de cinq personnes de FO a été reçue, à midi, par la préfète pour alerter sur « les services publics dégradés » dans le département rural, les fermetures de classe et le manque de moyens de l’hôpital de Digne. « Tous ceux qui dépendent des services publics souffrent, sans parler de l’augmentation du prix du gasoil et de la fermeture des urgences », regrette Agnès Campanella, secrétaire départementale FO 04.