Tag: Services publics

  • La 50e maison du Bel Âge ouverte à Gardanne

    La 50e maison du Bel Âge ouverte à Gardanne

    « Objectif atteint ! En 2017, nous lancions l’idée d’un réseau inédit de 50 maisons du Bel Âge sur l’ensemble du territoire provençal, afin d’accompagner nos aînés au quotidien. » La présidente du Département, Martine Vassal (DVD), a inauguré, vendredi, la 50e Maison du Bel Âge.

    Ce dispositif proposent un accompagnement gratuit aux personnes de 60 ans et plus, pour leurs démarches administratives, notamment dématérialisées. Aujourd’hui, 47 000 seniors provençaux bénéficient de leurs services, assure l’institution départementale.

    Sur les 50 structures désormais recensées, 28 sont situées hors de Marseille. Parmi elles, les 18 installées dans les communes les plus éloignées des services publics assurent des opérations postales (achat de timbres, retrait et dépôt de colis ou recommandés, retrait d’argent) en partenariat avec La Poste.

    En période de fortes chaleurs, ces structures offrent des espaces d’accueil climatisés et les agents réalisent une veille sociale permanente afin de repérer et d’accompagner les personnes fragilisées.

    Au total, près de 20 000 appels téléphoniques sont passés aux 7 000 personnes isolées de plus de 85 ans pour s’assurer de leur bien-être.

  • « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    « Une fête qui crée de l’intelligence collective »

    Il y a ceux qui font la fête pour « oublier », pas nous. Nous, nous la faisons pour nous rassembler, nous organiser, réfléchir et lutter pour ne pas rester seul dans cette société où l’individualisme et la compétition entre les citoyens sont érigés en valeurs suprêmes. Cette société où la culpabilité est renvoyée à celui qui est en difficulté. Tu ne trouves pas de travail ? C’est de ta faute. Tu n’arrives pas à boucler ton budget, c’est de ta faute. Ton gamin ne s’en sort pas, c’est de ta faute. La planète brûle, c’est de ta faute…

    Si les services publics, la santé, la justice dysfonctionnent, c’est sûrement de la faute de certaines personnes et on ne remet jamais en cause ce système ultralibéral.

    Alors non, ce n’est pas notre faute à nous si la société va mal, très mal. En revanche, c’est notre responsabilité collective de faire face. Ce ne sera jamais une réponse individuelle qui pourra résoudre quoi que ce soit.

    Voilà pourquoi nous sommes communistes et pas populistes et que nous luttons depuis toujours contre les forces d’extrême droite.

    Si nous sommes ici aujourd’hui, c’est pour faire la fête, une fête qui crée de l’intelligence collective, une fête de luttes, une fête de fraternité. »

  • La FSU dénonce les coupes budgétaires métropolitaines

    La FSU dénonce les coupes budgétaires métropolitaines

    Le conseil métropolitain s’est tenu il y a deux jours. On voit que l’irresponsabilité est toujours de rigueur et que les conséquences seront dramatiques pour les services publics », commence Virginie Akliouat, secrétaire départementale FSU 13. Ce vendredi 26 juin, la FSU s’est réunie à la Bourse du travail pour faire un point, suite aux discussions du budget de la Métropole d’Aix-Marseille et le recul du vote à l’automne prochain. Le syndicat fait part de ses inquiétudes concernant les conséquences des économies budgétaires proposées par la Chambre régionale des comptes (CRC) à la Métropole, à la fois sur les services publics et sur les moyens humains. Parmi les points évoqués ce vendredi figure celui de la baisse des subventions réservées aux communes sur le budget de la Métropole. « Ce budget de solidarité sert à garantir une égalité d’accès aux services publics partout sur le territoire. Vouloir le couper, c’est forcément détériorer les services publics sur certaines communes, notamment plus pauvres. Pour nous, ça fait partie des éléments qui sont indispensables au bon fonctionnement des services publics de proximité », précise Virginie Akliouat.

    Des conséquences directes

    La FSU Métropole parle d’une crise structurelle du financement des collectivités territoriales. « Le service public est attaqué, on touche véritablement aux services de demain », affirme Serge Tavano, secrétaire général de la FSU Métropole. Il s’inquiète pour les agents de la fonction publique, qui risquent d’être impactés par le gel des recrutements. « Cette crise budgétaire va mener à la destruction d’emplois publics », ajoute-t-il. De son côté, Charlotte Bourgougnon, co-secrétaire départementale FSU-SNUipp, évoque les conséquences directes sur les habitants du territoire. « Ces économies, qui ont été demandées à la Métropole, vont avoir des conséquences directes sur les écoles, les piscines et sur les équipements publics du quotidien. » Elle rappelle l’urgence à la fois climatique et sanitaire à laquelle font face les communes. « La question de l’amiante par exemple, est particulièrement prégnante dans les Bouches-du-Rhône. Ça fait des années qu’il y a des alertes sur un patrimoine scolaire vieillissant qui nécessite des opérations de désamiantage. C’est encore un exemple d’investissement qui ne peut pas être repoussé », dit-elle.

    « On tient à rappeler qu’il y a des services publics indispensables partout, à la fois à la métropole et dans les communes », conclut Virginie Akliouat. La FSU 13 a également annoncé qu’un mouvement de grève national de la fonction publique est prévu pour le 29 septembre prochain.

  • La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    Avant d’entamer l’examen du compte financier, un nouveau pacte de gouvernance à élaborer entre la collectivité et les communes qui la composent était à l’ordre du jour. La présidente de TPM, Josée Massi, proposant une méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la décision, donnant ainsi une place pleine et entière aux vice-présidents, maires et élus de la collectivité.

    Les maires RN qui n’ont toujours pas digéré d’avoir été écartés des vice-présidences ont affirmé leur souhait justement que soient respectées les particularités et les aspirations de toutes les communes « C’est tout à fait ce que je vous propose de faire », leur a-t-elle répondu.

    Sur la partie finances ensuite, la patronne de la Métropole a décrypté le document compatible, qui reflète « une situation saine et maîtrisée ». Avec des recettes de fonctionnement en progression qui permettent de couvrir les dépenses, elles aussi, sous contrôle. Et ce malgré un contexte encore marqué par des tensions sur les prix.

    L’épargne de 59 millions d’euros dégagée, poursuit-elle, permet de financer les investissements tout en maintenant un recours raisonnable à l’emprunt. « Notre capacité d’endettement est autour de six années, et ça reste largement en dessous des seuils d’alerte. Surtout, nous continuons à investir massivement », précise Josée Massi.

    L’occasion de mettre en avant les 216 millions d’euros d’investissement au service de la mobilité, l’aménagement, la transition écologique et le cadre de vie. « Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont au prix de gestion rigoureuse, de pilotage attentif, et d’une stratégie financière cohérente depuis plusieurs années », ajoute-t-elle.

    Une situation saine

    et maîtrisée

    Mais le satisfecit s’arrête là. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une lecture uniquement positive, car derrière ces résultats apparaissent des signaux de fragilité structurelle », tempère la présidente de TPM. Les dépenses progressant plus vite que les recettes. « Si cette tendance se prolonge ça aura pour conséquence mécanique, l’érosion massive de notre épargne », pointe-t-elle.

    En cause, entre autres, la baisse des dotations et un environnement inflationniste.

    Et de prévenir : « Si nous ne faisons rien, cette situation entraînera une dégradation progressive de nos capacités d’action. Moins d’épargne, en effet, c’est moins de capacité à financer nos investissements. C’est plus de retours à l’emprunt et à terme une tension sur la solvabilité. »

    Rien de tel dans l’immédiat, rassure la présidente de Toulon Provence Méditerranée. Mais tout faire pour éviter cet écueil doit être « un enjeu stratégique pour les années à venir ». « Il faut anticiper plutôt que subir », insiste-t-elle.

    Ce qui suppose reprend Josée Massi de « maîtriser durablement les dépenses », sans rogner sur les services publics. Mais aussi en sécurisant les recettes, « en envisageant tous les leviers et priorisant les investissements pour concentrer les moyens sur les projets structurants du territoire ».

    Et de conclure : « Ce travail, nous l’avons engagé et nous le poursuivrons. C’est précisément en ces moments où la situation est encore favorable que les décisions les plus utiles doivent être prises. »

    Pour continuer à avancer.

    EN BREF

    Ligne Nouvelle, à quand le RER métropolitain ?

    Après le compte rendu de la situation d e la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur pour l’année 2025 dont le conseil métropolitain a pris acte, l’élu d’opposition RN Amaury Navarranne a déploré « l’entêtement initial à ne faire que de la grande vitesse », avec le projet LGV. « Le résultat aujourd’hui, c’est que les phases 1 et 2, qui sont très positives pour notre territoire métropolitain, sont encore très poussives », insiste-t-il.

    Et de poursuivre : « Si on n’avait pas perdu autant de temps avec des majorités régionales, départementales et locales arc-boutées, initialement, que sur la grande vitesse, peut-être qu’on aurait pu réaliser plus tôt ce train du quotidien nécessaire et attendu. »

    Josée Massi lui répondra : « Nous avons besoin de ce fameux RER métropolitain cadensé tous les quart d’heure. Et donc, je n’imagine pas qu’on n’arrive pas à trouver un accord pour l’intérêt général. »

    Contrat local de solidarité 2026/2027

    Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée par la Première Ministre en septembre 2023, des contrats locaux de solidarité ont été signés entre des collectivités et les préfets.

    Le conseil métropolitain a voté jeudi matin la délibération ayant pour objet d’autoriser la signature de l’avenant n°2 au Contrat Local des Solidarités 2024-2027 afin de fixer le soutien financier de l’Etat à hauteur de 465 500 euros.

    Ce contrat signé initialement le 11 juin 2024 prévoit en effet une dotation annuelle de l’Etat pour le territoire métropolitain de 465 500 euros maximum par an sur 4 ans. Et selon 4 axes :

    – prévenir la pauvreté et lutter contre les inégalités dès l’enfance ;

    – amplifier la politique d’accès à l’emploi pour tous ;

    – accès aux droits essentiels ;

    -transition écologique solidaire.

  • Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Ça chauffe aussi sur le terrain social

    Tandis que les caméras sont braquées sur le thermomètre qui ne cesse de monter, la température sociale s’élève, elle aussi, dans notre région.

    À l’appel de la CGT, des travailleuses et travailleurs ont convergé sur le Port de Marseille pour sonner l’alarme. Selon l’organisation syndicale 30 000 emplois sont menacés dans les Bouches-du-Rhône dans divers secteurs d’activité qui subissent l’austérité de l’État et les logiques de profit immédiat du patronat.

    Les dossiers chauds ne manquent pas : Fibre excellence, Arcelor, CPMM, Kem One, les inquiétudes sont là aussi dans les services publics, à la Métropole Aix-Marseille-Provence, à La Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux ou encore dans le monde associatif…

    Intérêts du monde du travail

    À cela s’ajoute la criminalisation croissante de l’action syndicale. L’occasion pour la CGT de réaffirmer sa solidarité avec Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du grand port maritime qui a fait appel de sa condamnation en première instance sur la gestion du CSE qu’il dénonce comme « politique ».

    Les participants à ce grand rassemblement ne se sont pas contentés de protester, ils ont aussi développé leur vision de la décarbonation de l’industrie, des relocalisations, des investissements nécessaires dans les services publics.

    Leur voix mérite d’être entendue. C’est celle du monde du travail conscient de ses intérêts.

    Les pouvoirs publics mais aussi les responsables patronaux, s’ils n’entendent pas ces propositions, doivent au moins produire des actes pour répondre à l’alerte sur l’emploi. À défaut, le climat social risque de gravement s’échauffer.

  • Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    Les agents de l’hôpital d’Alès réclament des moyens

    « L’hôpital est en grande difficulté, que ce soit en psychiatrie, dans les maisons de retraite ou à l’hôpital général, à cause du manque de financement permanent qu’on subit depuis des décennies. Sauf qu’aujourd’hui, on est à la corde », alerte Romain Sabran.

    Le secrétaire général de la CGT du centre hospitalier Alès-Cévennes a ainsi rappelé que le gouvernement n’avait apporté aucune réponse aux difficultés des agents de l’hôpital public : « La ministre de la Santé n’annonce rien. Rien sur les salaires. Rien sur l’absence des personnels et leur remplacement. Rien sur les sous-effectifs et leur travail en mode dégradé. Rien sur l’épuisement qui touche maintenant tous les professionnels et rien sur le sous-financement chronique de nos Ehpad et de nos hôpitaux, qui est la cause principale de nos maux ».

    Une centaine de personnes se sont ainsi rassemblées sur le parvis de l’hôpital en début d’après-midi ce 23 juin malgré une chaleur caniculaire, parmi lesquelles la secrétaire de l’union départementale CGT du Gard Marie Dufresne ou la nouvelle secrétaire du PCF alésien, Cécile Alphon-Layre. Christian Cataldo, le directeur de l’hôpital d’Alès, est également venu saluer les agents, avec lesquels les relations sont bonnes « même si tout n’est pas parfait », précise Romain Sabran. « On sait qu’ils sont coincés entre les injonctions ministérielles et le manque de financement. On demande que l’on supprime la taxe sur les salaires, qui représente à Alès 10% de la masse salariale. C’est 6 millions d’euros par an alors qu’on a 10 millions de dette ».

    Le collectif de défense de l’hôpital était également présent et a rappelé que « des dizaines d’établissements sont en lutte sans faire la une des journaux télé » et qu’il fallait « continuer de se battre pour avoir un service de santé de qualité ». Tous ont aussi salué la mobilisation des agents du service chirurgical ambulatoire, qui étaient en grève ce 23 juin.

    La canicule n’arrange rien

    La succession des vagues de chaleur inquiète le personnel hospitalier. Tant pour la population âgée du bassin alésien que pour les personnels, dont les conditions de travail sont plus difficiles. « La ministre nous a dit qu’il fallait qu’on boive… Mais qu’elle commence par ouvrir le robinet ! Avec ces vagues de chaleur, ce sont nos anciens qui vont y rester. On pourrait avoir une vague de chaleur pire qu’en 2003 et on est très inquiet pour les urgences, qui vont connaître un afflux de patients très important », prédit Romain Sabran.

    Une inquiétude partagée par Martine Sagit, de l’UL CGT d’Alès, qui rappelle que dans les années 1970, il y avait deux hôpitaux publics et trois cliniques privées à Alès alors que la population était moins nombreuse : « Aujourd’hui c’est la journée des services publics. Il faut les défendre et les développer. Il y a des moyens pour la guerre, donc on doit trouver des moyens pour la santé, pour l’école, les collectivités locales et pour la justice parce qu’il y aurait moins de souffrance si on remettait de l’argent dans les services publics ».

  • Éducation et services publics en débat en conseil municipal de La Seyne

    Éducation et services publics en débat en conseil municipal de La Seyne

    On s’attendait à un conseil municipal à nouveau tendu mais les débats se sont déroulés dans une ambiance à peu près apaisée. Le maire RN Dorian Munoz ayant manifestement décidé de laisser s’exprimer le débat démocratique. Sans outrances ni invectives. Son opposition de gauche, qui n’a cette fois encore rien laissé passer, a de son côté à nouveau tenté de mettre au clair les dessous de la politique conduite par l’extrême droite dans la 2e ville du Var.

    A propos du dispositif « Cités éducatives », le conseiller municipal d’opposition de gauche Cédric Turco (PCF) a rappelé l’attachement du groupe à la réduction des inégalités : « Dans une ville populaire comme La Seyne, marquée par des disparités sociales importantes, tout dispositif visant à favoriser la réussite des enfants et des jeunes mérite notre attention et notre soutien de principe », explique-t-il. à condition, précise-t-il, qu’il ne tende pas à se substituer aux politiques d’éducation prioritaire ou à compenser à la diminution des moyens pérennes de l’école publique. L’élu signalant que plusieurs acteurs éducatifs alertent depuis au moins deux ans sur une réduction de l’offre proposée aux écoles dans le cadre de la Cité éducative.

    Le groupe demande donc à pouvoir disposer d’un état comparatif permettant de mesurer l’engagement financier de la commune.

    « Nous allons vous faire passer une évaluation qui est disponible », lui répond le maire de La Seyne.

    Brigades volontaires

    Interrogé dans le même esprit sur le Contrat de ville par Florence Guaddacha (GRS) qui a souligné l’importance et « le rôle essentiel des associations qui œuvrent chaque jour auprès des habitants de notre commune », Dorian Munoz déclare : « Je sais l’implication qu’elles ont et bien évidemment, la municipalité sera un acteur privilégié et un partenaire à l’écoute. » Dont acte.

    Et de poursuivre : « Il y a du mieux à Berthe. Et pour moi, Berthe, je l’ai déjà dit plusieurs fois, ce n’est pas une source d’inquiétude, même s’il faut rester vigilant et ne pas baisser les moyens. Mon souci, c’est le centre-ville, surtout. Et donc, c’est là que l’État doit maintenant mettre les moyens. »

    Égratigné ensuite par Cédric Turco sur la délibération qui prévoit le recours à des bénévoles pour réaliser diverses missions comme de menus travaux dans les bâtiments communaux, l’élu d’opposition rappelant en parallèle la décision de la majorité de ne pas remplacer systématiquement les départs à la retraite des agents territoriaux, le maire RN répond : « Après tout, chacun a droit à penser ce qu’il veut, moi, je n’ai aucun problème avec les brigades volontaires. Si les gens sont motivés pour le bien-être de leur ville, pourquoi je vais leur dire non ? »

    Mais pas de réponse sur le fond, c’est-à-dire comment continuer de répondre aux besoins de la population avec une diminution des effectifs ? Il va s’en dire en tout cas que l’implication de tous les bénévoles imaginables ne pourra suffire.

    Et de toute façon, comme l’a réaffirmé Cédric Turco, « les agents territoriaux ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire mais une richesse pour la commune ». Une évidence à rappeler pour mener à bien la bataille des idées.

  • David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    David Ytier : « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole sinon elle va s’éteindre »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Attributions de compensation

    Didier Gesualdi : Vous êtes le grand argentier de la Métropole…

    En ce moment on m’appelle plutôt Picsou !

    Didier Gesualdi : Et le préfet qui a rendu sa copie sur le budget et a décidé de demander de l’argent aux territoires à travers les attributions de compensation. Comment avez-vous réagi ?

    La première réaction est de dire qu’on est au bout d’une procédure qu’on a choisie volontairement puisqu’il y avait eu un choix collectif des élus de ne pas voter le budget face à des difficultés structurelles et donc de saisir les magistrats de la Chambre régionale des comptes. Il y a eu une petite surprise puisque le préfet s’écarte en partie de ces préconisations et va sur un terrain sur lequel les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas aller puisque ce sont des mesures qui ne relèvent que du conseil de Métropole et pas du pouvoir de l’État.

    Didier Gesualdi : Une volonté politique ?

    Il y a sans doute une volonté politique de l’État d’envoyer un message à ce territoire mais surtout de retenir une préconisation qui en réalité ne peut pas être mise en œuvre techniquement de manière simple. Quand le préfet dit « il faut retirer des attributions de compensation » il soulève un sujet. Pour mettre en œuvre cela, il faut que les représentants des communes valident aux deux tiers dans une majorité qualifiée du conseil de Métropole dit la loi, et ensuite que chaque conseil municipal, dans chacune des communes concernées par la baisse de dotation, le ratifie.

    Léo Purguette : Donc ça n’arrivera pas.

    Tout le monde a compris que la loi sanctifie les attributions de compensation. L’État a fait, via la signature du préfet, ce que les magistrats disaient qu’il ne pouvait pas faire. Donc ce sujet n’existe pas politiquement.

    Léo Purguette : Pourtant le maire de Marseille en parle beaucoup…

    On peut débattre de tout, et tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de tabou, mais au regard de cet élément technique, on voit bien que le chemin est plus que complexe à prendre.

    Sommes indues

    Didier Gesualdi : Le maire de Marseille défend son territoire, ceux d’Istres, de Martigues, d’Aix-en-Provence… revendiquent eux un héritage du passé, disant on avait des moyens, on nous les a pris pour construire la Métropole. On parle de « sommes indues », ce qui est difficilement audible pour les populations et les élus ?

    À ce stade, aucun juge n’a prononcé l’illégalité de ces sommes et d’ailleurs elles sont revotées mécaniquement tous les ans dans les budgets par délibération et aucun préfet n’a saisi un juge de ce sujet. Il y a un désaccord politique entre l’État et les communes sur le calcul de ces dotations. Ces attributions de compensation représentent une histoire : l’histoire de la taxe professionnelle qui était avant versée aux communes et qui est partie dans le giron métropolitain, l’histoire des transferts de compétences… Donc c’est un dû aux communes. Ce qui est dit « indus » ce sont les mécanismes qui ont été mis en place par toutes les anciennes intercommunalités lorsqu’elles ont de force été intégrées à la Métropole pour geler les acquis de ces anciens territoires. En réalité, personne dans ce territoire ne demandait la Métropole. Elle pouvait être souhaitée, certains la demandaient, mais elle a été faite de force. Donc il y a eu des mécanismes de protection mais personne ne vole rien. On a l’impression que, quand on évoque des attributions de compensation indues, il y a des communes qui volent de l’argent, qu’il y a des gens qui se mettent de l’argent dans les poches. Il n’y a personne qui se répartit des bénéfices et part avec la caisse publique.

    Refus de voter le budget

    Léo Purguette : Vous ne regrettez pas ce choix d’avoir refusé de voter le budget ?

    Non dans le sens où, quand on le fait, il y a 123 millions à chercher et une seule solution sur la table : l’augmentation massive de l’impôt avec en moyenne 200 euros de plus par contribuable foncier. On dit tous qu’il est hors de question d’aller vers cette solution et qu’il est temps que l’État ouvre les yeux sur le financement des transports dans notre Métropole. Donc nous l’avons fait pour interpeller l’État, pour éviter d’aller vers la solution de l’impôt, pour gagner du temps et essayer de regarder dans l’organisation de notre Métropole et dans son budget s’il n’y avait pas des pistes d’économie. Donc malgré tout, une partie du chemin a été faite. Pas la totalité, mais maintenant que l’on a un budget, on a un peu de temps pour y travailler.

    Didier Gesualdi : Mais le préfet dit aussi : non la Métropole n’est pas pauvre. Un effet boomerang ?

    Ce discours est assez incroyable. Les magistrats disent que la Métropole est arrivée au bout dans son modèle financier, qu’elle ne peut plus arriver à assumer le financement des transports dans un territoire où on a besoin de les développer.

    Austérité

    Léo Purguette : Vous dénoncez le choix du préfet de demander de l’argent aux communes. C’est l’austérité. Vous qui appartenez à une famille politique qui l’a souvent prônée, vous en faites le bilan ?

    Je ne prône pas l’austérité, je prône le fait de gérer le mieux possible l’argent public et de faire en sorte d’avoir des modèles qui tiennent, avec des économies quand on doit les faire, avec une rationalisation de nos dépenses… C’est ce qu’on est en train de faire à la Métropole. Faire 90 millions d’économie, c’était attendu par un certain nombre qui se disait que cette Métropole, non qu’elle était mal gérée, mais que peut-être dans des choix du passé, dans des politiques publiques qui s’étaient accumulées et pouvaient faire doublon, dans des dépenses de communication exagérées… Est-ce qu’on avait besoin de lancer un magazine métropolitain distribué à 600 000 exemplaires qui coûtait un million d’euros ? Nous, on dit non.

    Vers la fin ?

    Léo Purguette : À vous entendre, la situation est assez bloquée, est-ce que la Métropole a un avenir ?

    Ce qui est certain est que le modèle est à bout de souffle et fait même sourire ceux qui disaient – et ils étaient nombreux sur le territoire il y a 10 ans – que cette Métropole ne tiendrait pas. On est dans une séquence forte mais quand on va parler du budget 2027, les problèmes seront les mêmes, voire amplifiés. Le modèle financier n’est plus viable. C’est ce que tout le monde s’accorde à dire. Si l’État continue à être aveugle il va y avoir peu de pistes. Mais il y a une volonté dans cette métropole pour dire : essayons de sauver les meubles, de tenir le plus possible, le temps peut-être que dans la loi de Finances à venir il puisse y avoir quelques pistes optimistes pour nous et l’année prochaine il y a une élection présidentielle et il y a aura peut-être une autre majorité qui se dégagera et qui aura d’autres visions. Il faut qu’on arrive à finir 2026 qui est une année compliquée mais il faut aussi qu’on arrive à revoir le modèle financier de la Métropole sans quoi, c’est sûr, elle va finir par s’éteindre.

    Transports

    Didier Gesualdi : Le préfet a dit que l’État n’aiderait pas plus la Métropole ?

    On peut tourner le problème comme on veut : il y a un problème structurel de financement de nos transports. Il y a deux solutions. Soit on dit on revient en arrière, on arrête les plans transport, le plan Marseille en grand, on ferme des lignes de bus… Mais personne n’a envie de ça. Donc si on a besoin de le développer, il faut qu’on parvienne à le financer et que l’État ouvre les yeux sur une chose : notre situation n’est pas propre à la Métropole Aix-Marseille. La région Île-de-France était dans le même cas et l’État a réagi en disant « on ne peut pas laisser la région Île-de-France se tourner soit vers une augmentation massive du pass navigo, ou d’impôt, il faut leur confier des outils de recettes supplémentaires ». Pourquoi les bonnes solutions sont proposées à Paris et pourquoi sur nous l’État reste aveugle.

    Léo Purguette : Si l’État acceptait d’augmenter le versement mobilité, quel devrait être à votre avis, la hausse et à quelle échéance ?

    Le versement mobilité est la piste essentielle et privilégiée. C’est dans le système fiscal en France l’outil financier qui permet de financer le fonctionnement des transports. Si on nous rajoute une carte, on peut imaginer une solution qui permette de dire : on répartit l’effort sur un plus grand nombre, un peu sur les entreprises et les grandes qui nous demandent notamment d’améliorer les transports, un peu sur les contribuables…

    Léo Purguette : Combien et à quelle échéance ?

    Aujourd’hui on applique un versement mobilité plafonné à 2%. 1% de versement mobilité, c’est 220 millions de recettes. Nous n’irons jamais augmenter d’un point le versement mobilité. Mais 0,1% de versement mobilité c’est l’équivalent de 200 euros par contribuables fonciers sur le territoire.Léo Purguette : Allez-vous revenir sur la gratuité pour les seniors ou pour les jeunes ?On est dans l’une des métropoles de France où la participation des usagers au financement des transports est la plus faible : 15 à 18% quand dans les autres Métropoles on est autour de 25%. Quand on demande à l’État de nous donner des cartes supplémentaires, il faut dans le même temps qu’on prenne nos responsabilités en remettant un certain nombre de choses à plat. Qu’est-ce qu’il en sera exactement de la gratuité ? Je ne sais pas, mais on ne peut pas faire l’impasse sur ces sujets, on ne peut pas avoir de tabou.

    Les personnels

    Léo Purguette : Les agents de la Métropole sont très inquiets. Est-ce que vous allez aussi leur mettre un coup de bambou ?

    Coup de bambou non mais si la masse salariale de la Métropole ce n’est pas l’essentiel de nos dépenses, on est malgré tout sur 25% des dépenses. On est obligé de le regarder. Par exemple, les heures supplémentaires, pas pour les réduire mais peut-être réorganiser le fonctionnement. Mais il n’y a pas de demandes de suppressions massives des postes. Ça n’arrivera pas car il faut bien faire tourner les services publics et encore heureux ! Il n’y a pas des pertes de salaire qui vont arriver, Il y a des petits sujets et ça ne devrait pas se ressentir individuellement par les agents.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marine : On ne comprend plus rien. Pourquoi ne pas taxer les plus riches pour résoudre le problème ?

    Sur cette question de justice fiscale, il faut d’abord se dire que la Métropole ne dispose pas de tous les pouvoirs. Aujourd’hui le seul levier fiscal qu’a la Métropole, c’est l’impôt foncier, les autres sont assez marginaux. Cet impôt touche autant les propriétaires qu’on peut qualifier de riches que des personnes vivant avec des petites retraites ou des jeunes qui ont réussi après un premier CDI à acheter un bien à crédit. Quand on annonce une hausse d’impôt de 150 à 200 euros en plus en moyenne pour les contribuables, ça concerne tous types de propriétaires. Augmenter seulement sur les plus riches, la Métropole n’en a pas le pouvoir, ça relève d’un débat national. La justice, peut être traitée en revanche par le biais de la tarification des transports. Il y a un sujet sur la table : est-ce que la gratuité est une véritable mesure de justice ? Il y a des personnes riches qui en bénéficient autant que des personnes qui ne le sont pas du tout. Des voix commencent à s’élever, notamment celle de Samia Ghali, qui a pris position en ce sens. Je partage son diagnostic : la tarification sociale est plus juste que des mesures de gratuité éparses. Pour le reste, la justice fiscale relève d’un débat national et ne fait malheureusement pas partie de nos pouvoirs.

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    À Cucuron, la fermeture précipitée de l’Ehpad interroge FO

    « On ne manquera pas de s’étonner qu’un orage, phénomène atmosphérique ordinaire, particulièrement dans notre région, puisse faire fermer un EHPAD », regrette le syndicat Force ouvrière des retraités de Vaucluse dans un communiqué ce mardi 9 juin, en écho à la fermeture en urgence de la maison de retraite « L’Âge d’or » à Cucuron suite à un orage fin mai.

    L’endommagement du système de sécurité incendie a poussé l’ARS à décider d’une fermeture anticipée, alors qu’un arrêt était prévu initialement en 2029. « Plusieurs équipements associés à la sécurité incendie ont été impactés, notamment le déclenchement de l’alarme sonore, les portes coupe-feu et le dispositif de désenfumage », précise l’Agence régionale de santé. Les premiers résidents ont déjà pu déménager.

    « Dépérissement organisé »

    L’ARS précise que 22 des 28 résidents disposent d’une solution d’accueil et que « les recherches se poursuivent activement pour les six autres résidents, avec plusieurs visites d’établissements actuellement en cours ».

    Le syndicat estime de son côté que des « explications s’imposent ». Dans son communiqué, FO refait un historique des décisions de ces dernières années, entre travaux d’extension avortés et refus de nouveaux pensionnaires dans l’optique de fermer le site.

    Une partie de l’activité irait vers l’Ehpad de Cadenet, dont les travaux d’agrandissement sont en cours. Et que cette fermeture, « au-delà des explications techniques, s’inscrit dans le virage domiciliaire que l’ARS, au nom du gouvernement, et le Conseil départemental promeuvent », conclut le syndicat.