Tag: Services publics

  • Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    Le 4e village santé de la Ville s’installe à Gèze

    À la sortie du métro Gèze, à gauche du magasin Lidl, se tient ce mercredi et jeudi un drôle de village dans les locaux de l’association Banlieue Santé. Pendant deux jours les habitants du quartier peuvent se faire vacciner, faire faire leurs lunettes, prendre rendez-vous chez des professionnels de santé ou encore actualiser leurs droits.

    C’est le 4e événement de ce type que la ville de Marseille organise cette année. Après Air Bel, Belle de mai et les Rosiers, c’est donc à Gèze que se retrouvent service de la Ville, assistance publique et hôpitaux de Marseille (AP-HM), sécurité sociale et associations. « La genèse de ce projet, c’est l’ambition de lutter contre les inégalités d’accès à la santé, explique Michèle Rubirola, première adjointe (EELV) au maire chargée des questions de la promotion santé. Parce que dans ces quartiers il manque de tout : praticiens, services publics… ». à l’entrée du bâtiment, des « passeports santé » sont distribués à toutes les personnes qui arrivent pour qu’elles puissent y inscrire leurs informations. Dans la première salle, les stands sont plutôt dédiés aux questions d’accès aux droits. La sécurité sociale y tient par exemple un stand pour aider ceux qui en ont besoin à faire leurs démarches.

    Préventions, vaccins et lunettes

    à côté, la maison des femmes est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence. Souad Falhi, bénévole et diplômée en prévention en santé est là pour bien orienter celles qui seraient intéressées. « On fait de la prévention sur la santé, notamment sexuelle et reproductive. Quand il y en a besoin on peut les rediriger vers la maison des femmes ».

    Dans la cour, à l’arrière, d’autres associations sont présentes pour faire de la prévention, vacciner ou s’équiper en lunettes. Jeunes, personnes âgées, parents avec enfants, ils sont nombreux à s’arrêter au stand du centre de vaccination international de Marseille. Certains sont de passage sur leur pause de travail et en profitent pour faire un bilan de prévention. Nadia, la cinquantaine, est tombée sur le village santé par hasard. « Je ne connaissais pas l’endroit, mais en faisant mes courses, on m’en a parlé, explique-t-elle. Comme j’ai beaucoup de maladies chroniques, je voulais voir si tout allait bien. » Un peu plus loin, sur le stand de « droit de regard », les visiteurs choisissent leurs lunettes. « On est un opticien classique mais on pratique le 0 reste à charge, donc les clients repartent en ayant rien à avancer », explique l’opticien derrière des centaines de montures exposées.

    « Aller vers » les habitants

    Un village santé organisé par la Ville en partenariat avec l’AP-HM. « Les hôpitaux ont toujours été très concentrés à l’intérieur de leurs murs, explique François Crémieux directeur de l’AP-HM. Notre but est de sortir de cela pour aider à l’accès au soin et à la prévention. » L’organisation de ces villages répond à un besoin « d’aller vers » des populations qui peuvent être éloignées du système de soin. Mais pour l’adjointe au maire chargée de la santé ce n’est pas suffisant : « on ne fait pas que des événements one shot. On a ouvert 3 centres de soin avec l’AP-HM aux Aygalades, aux Flamants et à André Roussin pour avoir une meilleure couverture de soins à l’année car la santé devrait être un bien commun. » Un dernier village santé est prévu à Littoral Sud du 15 au 17 octobre.

    « La santé devrait être un bien commun »

  • La gauche resserre l’étau sur Matignon

    La gauche resserre l’étau sur Matignon

    Après avoir consulté les partis de son « socle commun », du centre macroniste à la droite LR, puis les syndicats et organisations patronales, Sébastien Lecornu reçoit les responsables des partis de gauche pour poursuivre les discussions budgétaires, exception faite de la France insoumise.

    Comme avec Bayrou, LFI a refusé l’invitation, a indiqué la cheffe des députés insoumis Mathilde Panot. « Monsieur Lecornu cherche dans le champ politique une forme de non-censure (…). Nous voterons la censure », a répété Manuel Bompard sur RTL. « L’attitude du Parti socialiste est consternante », déplore au passage le coordinateur insoumis, regrettant des propositions qui « envoient valdinguer le programme du Nouveau front populaire ».

    Le Parti socialiste

    Le Premier ministre « aura devant lui ni des partenaires, ni des soutiens, ni des supplétifs », mais « une opposition déterminée », a répondu le sénateur PS Patrick Kanner sur Public Sénat. Il sera reçu en matinée avec le premier secrétaire socialiste, Olivier Faure.

    « Nous répondons toujours aux invitations au dialogue ce qui ne préjuge pas de l’issue. En République, on se parle même en partant de points de vue opposés », assume ce dernier. « Le plan Bayrou est tombé avec Bayrou. Si la vision Lecornu est la même, notre réponse sera rapide : les mêmes causes produisent les mêmes effets, nous censurerons. »

    Le socialiste pose un « contre plan » réduisant le déficit de 22 milliards, et relançant l’activité, notamment dans des secteurs à décarboner (logement et transport), et en donnant les moyens aux services publics (hôpital, éducation, sécurité) de fonctionner. Le plan prévoit de « rendre 6 milliards de pouvoir d’achat », aux Français aux revenus inférieurs à 1 920 euros par un taux différencié de CSG : « Le gain serait de 900 euros par an pour une maman célibataire ou 1 500 euros pour un couple. »

    Les Écologistes

    Également « prêts à censurer le futur gouvernement avec un ministre de l’Intérieur comme Retailleau », les Écologistes, aussi, seront à Matignon dans l’après-midi. « Nous sommes respectueux des institutions de ce pays », assure Marine Tondelier, la secrétaire nationale, « ce sont des rendez-vous où on se dit les choses et on fait connaissance. Malgré tous nos désaccords, il n’y aurait rien de pire pour la démocratie que l’incommunicabilité ».

    Considérant que « Monsieur Lecornu est illégitime et qu’il ne doit pas rester Premier ministre », Marine Tondelier ne présage de rien : « Nous voterons la censure et si après ce vote il est encore Premier ministre, alors nous discuterons avec lui du budget comme nous avons discuté avec ses prédécesseurs. C’est le travail de nos parlementaires. On a notamment proposé un plan de sortie de crise écologique, proposé un contre-budget et aussi des propositions sur l’environnement, le social, la démocratie. On sera ravis de pouvoir présenter ces propositions. »

    Le Parti communiste

    Secrétaire national du PCF, Fabien Roussel rencontrera le Premier ministre non « pas pour négocier mais pour mettre sur son bureau quatre propositions simples et claires », et censurera « sans état d’âme » un budget qui fera mal au pouvoir d’achat des Français. Lui demande l’évacuation de toutes les mesures toxiques du budget Bayrou (deux jours fériés supprimés, doublement des franchises médicales, non-indexation des pensions…), une augmentation des salaires avec leur indexation sur l’inflation, et du Smic, l’abrogation de la réforme des retraites. Et enfin de la justice fiscale : « Nous sommes sérieux budgétairement, devant les dépenses nous mettons des recettes. Et elles doivent provenir des plus riches, du capital qui a bénéficié depuis huit ans de toutes les exemptions imaginables », martèle Fabien Roussel. « C’est fini, les travailleurs, les retraités, la jeunesse, nous avons assez donné… C’est même une question prioritaire pour l’économie. Nous avons besoin de relancer la consommation par le pouvoir d’achat. Il faut rompre avec la politique de l’offre. »

  • Un millier de tracts distribués à Martigues

    Un millier de tracts distribués à Martigues

    À Martigues, l’Union locale CGT s’organise et mobilise. Ce mardi, les militants étaient sur le pied de guerre dès 6h30 sur un rond-point du complexe pétrochimique de Lavéra pour appeler à la grève et à la manifestation. Au total, un millier de tracts ont été distribués aux travailleurs de la zone. Ce jeudi, un bus collectif partira à 9h du parking de la Halle en direction du Vieux-Port.

    Le syndicaliste Fabien Rangade affirme : « Le capitalisme organise la casse de nos vies : salaires bloqués, retraites attaquées, services publics démantelés, industries bradées, précarité généralisée… Pendant que nous, travailleuses et travailleurs, subissons l’austérité, les actionnaires s’enrichissent toujours plus. Face à la barbarie de ce système, seules l’unité et la lutte peuvent inverser le rapport de force. »

  • L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    L’intersyndicale au complet appelle à un 18 septembre massif

    Si bien des syndiqués se sont joints à l’appel citoyen du 10 septembre pour « tout bloquer », les syndicats n’étaient pas vraiment partie prenante, même si le mouvement était soutenu par la CGT et SUD. « Le blocage du pays ne peut se faire que par la grève, pas en bloquant des ronds-points », estime pour sa part Gilbert Fouilhé (FO 34).

    Jeudi 18 septembre, ce sera justement au tour des syndicats d’entrer pleinement dans la contestation sociale. Une journée de grèves et de manifestations* à l’appel d’une intersyndicale pour la première fois au complet depuis 2023 et le grand mouvement contre la réforme des retraites finalement passée en force via le 49-3. Si à l’époque l’épisode jugé anti-démocratique avait amené démobilisation voire résignation l’année suivante, il semble avoir été digéré et les troupes semblent à nouveau gonflées à bloc. « Une journée intersyndicale aussi tôt à la rentrée, c’est le signe de quelque chose qui va durer », professe Sébastien Audebeau, secrétaire de la FSU 34.

    Rien que dans l’Hérault, une cinquantaine d’appels à la grève public/privé sont déjà recensés le 18 septembre. De là à dire que des débrayages reconductibles vont s’enchaîner et réussir à faire fléchir le nouveau gouvernement Lecornu, il y a un pas. « Nous n’avons pas de bouton pour déclencher les grèves. Ce serait présomptueux d’annoncer tel ou tel mot d’ordre. Nous attendons les remontées de terrain, nos bases nous diront », tempère Franck Mary-Montlaur (FO 34). « L’intersyndicale a déjà prévu de se revoir. Mais ce n’est pas une journée de grèves qui suffira à faire plier le gouvernement », prévient le Sébastien Boudesocque pour la CGT 34.

    Ce qui est sûr c’est que tous les ingrédients de la colère sont là : une précarité grandissante et des solutions toujours plus austéritaires proposées par les gouvernements d’Emmanuel Macron au mépris du résultat des urnes. Mais plutôt que de réclamer le départ du chef de l’État ou de cibler son nouveau Premier ministre, l’intersyndicale appelle à un changement de leurs choix politiques.

    Redistribution des richesses

    À commencer par la question des salaires et des pensions à revaloriser. « Depuis 2010 et le gel du point d’indices des fonctionnaires, les collègues ont perdu 15 à 20% de pouvoir d’achat », calcule Sébastien Audebeau (FSU 34). Même tendance baissière du côté des cadres, insiste Frédéric Thieffy, président de la CFE-CGC 34. « Les entreprises privilégient l’actionnariat à l’encadrement. Le ruissellement à la baisse touche aussi les cadres. Il faut aussi arrêter de taper sur les retraités qui ont travaillé et cotisé toute leur vie. »

    Bref, « Les sacrifices pour
    le monde du travail, ça suffit
     ! », synthétise Sébastien Boudesocque. À la récurrente problématique de la dette, le cégétiste répond que des alternatives existent à l’image des 211 milliards d’euros annuels distribués aux entreprises sans contrepartie. « La part du PIB passé de la poche des travailleurs à celle du patronat est passée de 6 à 40%. » « La France est l’un des pays qui compte le plus de milliardaires où la rémunération du CAC40 est le plus élevée. Le monde du travail en a marre d’être les vaches à lait », abonde Franck Mary-Montlaur (FO 34). « De moins en moins de gens vivent dignement de leur travail. On a besoin d’une autre répartition des richesses, marre des miettes plutôt que la baguette », illustre Marie-Pierre Zabalète, co-secrétaire de Solidaires 34.

    Services publics à l’os

    L’inquiétude est tout aussi grande sur l’avenir des services publics. « Il y a une déconnexion entre les gouvernants et la réalité du terrain. Ils mettent en difficulté de fonctionnement les services publics, ce qui génère un sentiment de manque de reconnaissance », déplore Grégoire Delattre, secrétaire académique de l’Unsa. L’école et l’hôpital se disent particulièrement à l’os. « Certaines AESH sont rémunérées sous le seuil de pauvreté. On nous parle de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite », s’indigne Sébastien Audebeau (FSU) sans parler de la crise des vocations dans l’Éducation nationale qui a besoin « d’emplois pérennes ». Au CHU, « tout va mal, la colère monte. On a eu le Ségur, il faut passer à autre chose, on a besoin de ratios soignants/soignés », abonde Pierre Renard (CGT). Du côté de la CFTC enfin, Sylvie Bernard alerte aussi sur le besoin de justice sociale. « Pendant le Covid, on a vu le rôle d’amortisseur de la Sécu. Depuis 2019, il y a un durcissement des conditions d’accès à France Travail. Or, le chômage nous pend au nez à tous. »

    * À 10h30 place Albert 1er
    à Montpellier.

    À 14h30 haut des allées
    Jean-Jaurès à Nîmes.

  • TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    TER à 1€ : bénéfices et limites du dispositif

    Quelles sont les forces et les faiblesses du TER à un euro ? Depuis que feu Christian Bourquin a concrétisé cette promesse de Georges Frêche, par la suite étendue à l’Occitanie par Carole Delga, c’est la première fois qu’un regard indépendant se pose sur cette mesure phare de la Région.

    Dans le cadre d’un audit flash (4 mois seulement), la Chambre régionale des comptes (CRC) a passé au crible ce choix politique fort et unique en France. « Seuls les Hauts-de-France ont une offre restreinte pour les 4-12 ans », renseigne Valérie Renet. Et la présidente de la CRC de préciser aussitôt : « Le but n’était pas d’évaluer la politique ferroviaire de la Région mais de poser des constats. »

    De quoi parle-t-on ? L’offre dite du TER à un euro est composée de 4 dispositifs. D’abord 5 lignes historiques proposent des billets à ce prix. Ensuite un million de billets à l’euro symbolique sont contingentés chaque année. S’ajoutent des promotions tous les premiers week-ends du mois ainsi qu’une remise estivale (14 juillet-15 août) pour les moins de 25 ans.

    Toutes mesures confondues, le TER à 1 euro représente 2,7 millions de billets annuels vendus (dont la moitié sur les dispositifs week-ends et jeunes), soit environ 13% du total des voyages des trains régionaux d’Occitanie. L’impact n’est donc pas négligeable pour un coût chiffré à 9 millions d’euros annuels, ce qui représente 2% montant total dédié à l’exploitation des TER (environ 3,4 euros par billet). « L’usager ne paye jamais la totalité du service. Ici 23% et 77% pour les contribuables », calcule Valérie Renet.

    +68% de fréquentation

    Quoi qu’il en soit, une statistique plaide en faveur du succès des politiques régionales. Entre 2019 et 2024, la fréquentation globale du réseau ferroviaire d’Occitanie a bondi de 68%. Et un quart de cette croissance provient des deux principaux dispositifs du TER à un euro. La Région comptait l’an passé 80 000 voyageurs et en vise 100 000 d’ici 2032. Autre indicateur favorable : le taux de remplissage des TER d’Occitanie, s’il peut paraître faible (39%), est nettement meilleur que la moyenne nationale (32%).

    L’idée de Carole Delga est à la fois de soulager le portefeuille des ménages et de favoriser le report modal vers le ferroviaire. Sur ce point, le bilan est plus contrasté, selon la CRC. Avec un ratio de 248 km voyageurs par habitant, notre région se classe toujours en avant-dernière position. Une étude de 2022 évaluait la part du report modal de l’ensemble des voyageurs vers le train à seulement 12% grâce au TER à 1 euro. Selon Valérie Renet, le prix du billet n’est pas le seul facteur de décision. « Les taux de fiabilité et de ponctualité des TER sont plus faibles en Occitanie (80-85%) », avance la présidente.

    Magistrat à la CRC, Fabrice Ribet précise que « dans les régions du Sud, il y a une habitude à davantage utiliser la voiture ». Il ajoute que « la situation dégradée de certaines infrastructures n’incite pas certains voyageurs à choisir le TER ». Lequel est parfois concurrencé par la route, par exemple sur la ligne de l’Aubrac (Béziers-Neussargues) qui longe l’A75. « Son taux de remplissage (10-12%) est le plus faible et la ligne nécessite 375 millions d’euros d’investissement d’ici 2027  ». Valérie Renet ne va « pas jusqu’à dire que des lignes historiques devraient être fermées » mais souligne que « leur impact environnemental est parfois limité lorsqu’elles ne sont pas électrifiées ». « Il y a besoin d’une étude comparative en fonction des besoins en investissements. » On peut aussi miser sur l’incitation au changement des comportements à long terme et se dire que le service public n’a pas pour vocation première d’être rentable.

    « Une habitude à davantage utiliser la voiture »

  • « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

    Vivre bien de son travail et être au service des usagers : les travailleurs du secteur de l’énergie, en grève depuis le 2 septembre, notamment à Marseille, conjuguent défense des salaires et du pouvoir d’achat. Un combat essentiel alors que, comme l’a révélé
    le Secours populaire, 39% des Français ont du mal à payer leur facture d’électricité.

    Cette lutte, déterminée et joyeuse, pétrie de générosité et de solidarité, les énergéticiens l’inscrivent dans la durée, au moins jusqu’au 18 septembre. Une journée où l’ensemble des syndicats appellent à
    la grève, dans les entreprises et les services publics, et aux manifestations dans la rue.

    Provocation

    Une date décidée après l’annonce, au mitan de l’été, d’un budget 2026 frappé du sceau de l’austérité : quelque 44 milliards d’euros d’économies à trouver au prétexte d’une dette insoutenable selon l’ex-Premier ministre François Bayrou, remplacé cette semaine par un macroniste pur jus, Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées.

    Cette antienne de la dette est une provocation inouïe pour les travailleurs et leurs représentants. Elle est aussi l’illustration de l’échec cuisant de la politique pro-business d’Emmanuel Macron. Car l’assèchement des budgets publics et, par conséquent
    le creusement de la dette publique, sont
    le direct des cadeaux fiscaux faramineux aux possédants, au détriment des travailleurs.

    En réponse,
    le mouvement social, méprisé par la macronie, exige la justice sociale, la justice fiscale et veut faire plier ce pouvoir minoritaire. Il incarne parmi les plus beaux vers de Victor Hugo : « Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »

  • La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    Inquiets, mais combatifs. En cette rentrée politique agitée, Alain Gargani, le président de la CPME Sud, installé dans un fauteuil de salon, au 7e étage du Sofitel Vieux-Port de Marseille, prend le pouls des adhérents de l’organisation patronale défendant les intérêts des très petites et moyennes entreprises.

    « Jusqu’en juin, le moral de nos entrepreneurs affichait des indicateurs plutôt positifs », rappelle le conseiller régional (DVD) de la majorité de Renaud Muselier (Ren.). Mais selon lui, le vent tourne : les chiffres sont en baisse dans plusieurs secteurs – bâtiment et travaux publics, immobilier, restauration « jusqu’à -25% par endroits », automobile ou habillement.

    Au mois de juin, en France, les tribunaux de commerce ont enregistré 68 000 défaillances, « un niveau assez historique », avec 18% de déclarations de cessation de paiements et 31 000 procédures collectives ouvertes, une augmentation de 3% sur les cinq premiers mois de l’année. Avec 1 540 plans de sauvegarde, de redressement ou de liquidation, un chiffre en baisse de 4,7%, la région se portait jusqu’ici pourtant bien, à rebours de la tendance nationale (+1,3%).

    Coup politique

    Alain Gargani pointe, parmi les principaux défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs, des problèmes de trésorerie, des investissements au ralenti ou les difficultés de recrutement des patrons confrontés à une forme de « zapping des salariés ». Un contexte aggravé par l’instabilité gouvernementale de ces deux dernières années, assure le responsable de la CPME, fustigeant le « coup politique et médiatique » du Premier ministre François Bayrou, exécuté au détriment de « l’intérêt général ». Un intérêt qui se cantonne ici, surtout, à celui des entrepreneurs.

    « On veut un gouvernement rapidement parce que chaque jour perdu ne se regagnera plus. La priorité, c’est de regarder les économies pas d’augmenter les impôts », martèle le représentant d’un petit patronat « aligné sur 99% des sujets » avec les positions du Medef. Et peu importe le Premier ministre, ou presque. « Le seul critère que nous souhaitons, c’est qu’il soit pro-entreprise, qu’il allège les charges et les normes », poursuit Alain Gargani. Après huit années de gestion du pays par la droite et des décennies de politique libérales qui ont totalement démembré les services publics de la santé et de l’éducation, et plombé la dette de l’état, il met en garde contre un scénario à la grecque.

    Et de mettre sur la table les propositions de la CPME : suppression de la fiscalité sur les quatre dernières heures des 39 heures hebdomadaire, suppression de l’impôt sur les sociétés si l’argent reste dans l’entreprise, suppression des « normes abusives », telles les « normes poissons » lance-t-il en amusant l’auditoire, ou faciliter de l’accès aux prêts bancaires.

  • Nicolas Féraud mandaté par le PCF pour rassembler les gauches

    Nicolas Féraud mandaté par le PCF pour rassembler les gauches

    Intitulé « Fos 2050 », le document dessinant l’avenir de la « capitale populaire de l’industrie du XXIe siècle » est dense : 38 pages. « L’idée générale de ces propositions, c’est que nous ayons une vision à long terme », explique Nicolas Féraud (PCF). L’adjoint au maire de Fos-sur-Mer délégué à la médiation, la prévention et la sécurité a été désigné par la section locale pour porter ce programme et devenir tête de file du parti à l’approche des municipales.

    Chef de file « et non pas tête de liste », précise l’élu. « Mon mandat se situe dans la capacité qu’il m’est donné de rassembler les forces de gauche pas encore engagées officiellement et essayer de trouver toutes les sensibilités qui pourraient nous apporter du soutien et de l’appui dans ces propositions. Il est possible, au vu des échanges, que je ne devienne jamais tête de liste. Le sujet n’a pas été abordé et ce n’en est pas un actuellement. »

    Industrie, emploi, santé

    Parmi les priorités fléchées par la section, l’industrie et l’activité qu’elle engendre. Si « la création de 15 000 emplois directs apparaît comme une annonce positive pour l’avenir », le PCF préconise une anticipation autour « d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) de grande échelle en recensant ces futurs besoins afin d’y adosser les structures éducatives en correspondance ». Sans compter une politique ambitieuse en termes de prévention des accidents de travail, des investissements dans des infrastructures de transport modernes et écologiques en partie financées par la participation des entreprises, avec le renforcement de la taxe transport et la création d’une redevance sur les industries polluantes ou encore le redimensionnement des services publics.

    « L’axe de la santé est aussi primordial, poursuit Nicolas Féraud. La municipalité actuelle a travaillé sur la mutuelle communale, qui est une belle démarche, reste à travailler plus largement pour donner les moyens aux habitants de recourir à des spécialistes facilement. »

    Si l’horizon que se donne le PCF dans son document de travail est celui de 2050, « l’échelon municipal aura son poids dans ces échanges ». La section a d’ailleurs détaillé son projet de mandature pour 2026, avec un budget fléché en face de chaque action proposée.

    L’élu affirme : « J’ai hâte de rencontrer Rémi Esnault [e directeur de cabinet désigné par René Raimondi pour prendre sa suite en 2026, Ndlr] lorsqu’il se sera officiellement déclaré, et toutes les forces de gauche qui souhaiteront s’engager sur ce programme. On a un bon travail à faire. J’attends dans les semaines à venir d’être contacté par les candidats. »

  • Comment concilier industrie et services publics ?

    Comment concilier industrie et services publics ?

    Réconcilier les usines polluantes avec la protection de l’environnement tout en créant 10 000 nouveaux emplois : c’est la promesse du grand mouvement de réindustrialisation qui anime l’ouest du département depuis la fin de l’année 2023. Mais pour le Parti communiste français et la CGT, ce développement économique doit impérativement être indissociable d’un élargissement des services publics.

    Daniel Bretonnès, secrétaire général de l’Union locale du syndicat CGT, affirmait dimanche, lors du débat du festival Terres de résistance : « L’industrie a besoin de services publics, de routes, de fluvial, de fret ferroviaire… C’est quand même incroyable que l’un des plus grands ports d’Europe, Marseille, ne soit alimenté que par une voie ferrée quand Rotterdam en a douze et Le Havre cinq. »

    Sur ce plan, une première étape historique a été franchie avec le financement du contournement autoroutier de Martigues et de Port-de-Bouc, dont le chantier démarrera en 2027 pour s’achever en 2030. « Un premier maillon vient d’être posé, reconnaît le maire (PCF) Gaby Charroux. Mais il y en a bien d’autres. Nous nous battons depuis des années sur la question des besoins en moyens publics pour la santé des habitants du territoire, je veux parler de l’hôpital de Martigues. »

    « Rétablir la taxe professionnelle »

    Josie, retraitée de l’établissement, témoigne : « L’hôpital est exsangue malgré toutes les interventions qu’on a pu faire, il y a une fuite des effectifs, on ferme des lits, le personnel fait 14 heures de travail en chirurgie… C’est du jamais vu. » Le maire de Martigues admet : « Il nous manque des moyens financiers, des moyens en termes de locaux, des moyens technologiques et des moyens humains. Les urgences sont submergées, ce n’est pas possible. Je suis en contact avec beaucoup de chefs de pôle qui me disent leur dégoût de ne pas voir un schéma directeur se mettre en place. Les choses n’avancent pas, il va falloir peut-être trouver des moyens de pression auprès de l’Agence régionale de santé. » La CGT revendique 170 millions d’euros d’investissements et la création de 90 emplois statutaires, « le minimum pour se remettre à flot » selon Josie.

    Pour un développement économique harmonieux, Daniel Bretonnès préconise le rétablissement de la taxe professionnelle « pour que l’industrie redonne une partie de ses richesses à la région qu’elle impacte et pour qu’on puisse construire du social, du logement, améliorer les écoles, qu’on ait du personnel territorial qualifié ». Le syndicaliste assène : « Les mairies, c’est la démocratie. Si elles n’ont plus la taxe professionnelle ni la taxe d’habitation, elles n’ont plus de pouvoir. Le lien entre industrie et services publics se fera que si on a une réforme fiscale qui va dans le bon sens. »

  • Le PCF appelle à l’union sur un projet citoyen

    Le PCF appelle à l’union sur un projet citoyen

    À sept mois des élections municipales, dont le premier tour est fixé au dimanche 15 mars 2026, le PCF se lance dans la bataille à Cuers où aucune liste de gauche n’avait été présentée en 2020. « On fait partie d’un processus de construction avec l’ensemble de la gauche. Celle-ci a une légitimité importante à Cuers. Aux législatives, le Nouveau front populaire (NPF) est arrivé deuxième derrière le RN » avance Alain Bolla, l’un des initiateurs du projet.

    Pour vaincre l’extrême droite, qui a recueilli 54% des voix sur la commune aux législatives anticipées en juin 2024, les communistes lancent un appel au rassemblement : « On propose de construire des ateliers avec les gens pour monter un projet. À partir de là, on constituera la liste », explique Alain Bolla. Il envoie un message aux élus de gauche présents sur la liste de la majorité actuelle : « S’ils veulent nous rejoindre, il en va de leur responsabilité. Des gens de gauche sur une liste de droite (sic), ça brouille le message. » Et affirme cependant que « l’objectif n’est pas de faire tomber le maire Bernard Mouttet. Il a rattrapé une partie de l’inaction des deux derniers mandats, mais il faut aller plus loin. »

    Relancer des industries sur la commune

    Pour ce faire, le PCF promeut quelques axes de travail, en se basant sur la progression démographique de cette commune de quelque 11 500 habitants (+0,3% chaque année) : « La politique sur les écoles est importante, mais aussi dans le sport, la culture, l’éducation populaire, la citoyenneté. Toutes les politiques municipales doivent être traversées par le bien vivre à Cuers en travaillant les questions de prévention, de médiation, de sécurité et de justice, à travers le tissu associatif, et les services publics tels que l’école » affirme Alain Bolla, tout en précisant être « très réservé sur la sécurité “sécuritaire”. Il y a souvent un décalage entre le sentiment d’insécurité et la réalité. Il n’y a pas plus d’insécurité ici qu’ailleurs. » En filigrane, l’immigration, thème de campagne favori de l’extrême droite : « On en fait toute une histoire alors qu’il n’y en a pas plus qu’ailleurs. Il faut des outils pour accueillir et créer du lien », appuie Amaryllis Cimbron, autre porteuse du projet.

    Parmi les domaines d’actions concrets, est évoqué le renforcement de la politique éducative, avec la création d’un centre aéré et d’une piscine intercommunale « pour le savoir nager », ajoute la militante.

    Autre priorité : du pouvoir d’achat, notamment à travers les services publics (lire ci-dessous), et des politiques en matière d’emploi, via la création d’industries de véhicules anti-incendies, et de déconstruction des aéronefs. « C’est considéré comme non rentable par les industriels, mais c’est vertueux écologiquement et donc, à long terme, économiquement », insiste Alain Bolla.

    La gratuité des transports et la mise en place de moyens doux (pistes cyclables, bus verts…) sont aussi évoquées.

    Des mesures qui seront financées sans renoncer à l’impôt : « Nombre de maires font un budget et n’augmentent pas le taux d’imposition, par populisme. Mais l’augmentation est votée par les mêmes au niveau de la communauté de communes. L’impôt, c’est important, il faut le faire comprendre. C’est le socle de la solidarité », conclut le militant communiste.