Tag: Services publics

  • FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    FO réclame la sécurisation des hôpitaux marseillais

    Un cri d’alarme. « Nous comprenons la détresse des parents mais rien, absolument rien, ne peut justifier qu’un soignant soit insulté, humilié ou frappé alors qu’il tente simplement de sauver une vie », glisse Cindy, la gorge nouée. Cette infirmière en réanimation pédiatrique à la Timone est venue témoigner de l’insécurité touchant les hôpitaux marseillais. Il y a une semaine, un père de famille et des proches ont voulu en découdre avec le personnel et ont menacé de mort le chef de son service. Ce week-end, « une bande » a débarqué pour frapper le personnel de neurochirurgie.

    « Droit vers un drame »

    « Depuis un an, malgré les mesures insuffisantes prises par la direction générale, l’insécurité s’aggrave avec des incidents de plus en plus graves », note Audrey Jolibois, secrétaire générale de FO AP-HM, qui a déposé en novembre 2024 un préavis de grève reconductible sur le sujet. « Je croise vraiment tous les doigts pour ne pas avoir raison, mais on va droit vers un drame qui risque de tous nous marquer. »

    De janvier à septembre 2025, 47 faits de violences physiques ont été recensés sur la Timone. Une augmentation de 52% par rapport à la même période de 2024, selon le syndicat, qui déplore la présence de seulement 13 agents de sécurité pour un site de 18 hectares. « La Timone est une vraie passoire », reprend la secrétaire générale du syndicat, évoquant la « circulation de personnes étrangères » ou la présence « de SDF qui errent dans les couloirs, peuvent se coucher dans les lits, se servir des plateaux-repas, s’installer dans les offices du personnel paramédical… C’est devenu une auberge ».

    Jeudi, des représentants de l’ensemble des sites hospitaliers étaient présents pour témoigner du même constat : à l’hôpital Nord, certains accès ne sont toujours pas verrouillés la nuit malgré un plan de prévention de la violence mis en place il y a dix ans. À la Conception, les violences et agressions en psychiatrie et en urgences obstétriques sont en augmentation, des véhicules dégradés dans les parkings, des vols dans les bureaux…

    Force ouvrière exige donc auprès de la direction et des autorités de tutelle, État et l’Agence régionale de santé, des moyens supplémentaires pour la sécurité. Il pose sur la table plusieurs revendications : accélération des travaux de sécurisation et fermeture de tous les services de nuit avec digicode ou moyen d’appel au personnel, augmentation du nombre d’agents de sécurité. S’inspirant du CHU de Nice, le syndicat majoritaire de l’AP-HM envisage aussi l’installation de portiques de sécurité, ainsi que de nouvelles caméras de vidéosurveillance et la fermeture de l’ensemble des bâtiments et des accès de tous les sites la nuit.

  • La région frappée de plein fouet

    La région frappée de plein fouet

    La journée du refus de la misère éclaire de manière crue la prégnance de ce fléau qui ne doit rien à la fatalité. Les inégalités dans le partage des richesses dans l’une des économies les plus riches au monde s’aggravent. Si le projet de budget de l’État n’est pas radicalement amendé, la machine à appauvrir va s’accélérer. C’est une question de choix de société : l’individualisme ou la solidarité. Le libéralisme ou des services publics renouvelés et musclés.

    Accès au logement, à l’éducation, aux soins, à la formation, à l’emploi : les personnes dans la misère ne veulent pas l’aumône mais la dignité. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est très concernée et l’Insee fournit des données précises. Nul ne peut dire qu’il ne sait pas. Nul ne peut ignorer l’urgence.

    17% de la population

    « En 2020, près de 850 000 personnes, soit 17% de la population, vivent dans un ménage dont le niveau de vie se situe sous le seuil de pauvreté. La région est particulièrement touchée par la pauvreté : le taux de pauvreté est le 3e le plus élevé des régions de France métropolitaine. » Première salve.

    « 260 000 enfants sont pauvres en 2018, soit un quart des habitants de moins de 18 ans. C’est la deuxième région de province la plus touchée après les Hauts-de-France. » Deuxième salve.

    « 9% des travailleurs sont pauvres soit 172 000 personnes (..) Ils vivent plus fréquemment seuls ou au sein d’une famille monoparentale », comprendre que ce sont essentiellement des femmes. Troisième salve.

    Derrière les chiffres, des vies qui ne sont pas marginales mais marginalisées par des politiques antisociales. Il est grand temps de tout faire pour en changer.

  • Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Lecornu recule sans renoncer, CGT et FSU restent à l’offensive

    Entre « une vraie victoire » saluée par la CFDT, « un premier pas » apprécié par FO et l’appel à « un blocage immédiat de l’application de la réforme » de la CGT qui continue d’exiger son abrogation immédiate, l’annonce de la suspension de la réforme des retraites, mardi, par Sébastien Lecornu devant l’Assemblée, a été diversement apprécié du côté des syndicats.

    Sur la même ligne que la CGT, la FSU tout en saluant « un premier recul » infligé à Emmanuel Macron et son gouvernement par le mouvement social, appelle à « pousser l’avantage ! ». La fédération « continue d’exiger l’abrogation de la réforme, la revalorisation des carrières, l’augmentation des salaires et des pensions des agent·es de la fonction publique et des mesures d’égalité salariale ».

    Et de rappeler son rejet du gel du point d’indice, de l’année blanche pour les pensions, du remplacement de l’abattement de 10% pour les retraités par un plafond de 2 000 euros, du gel des prestations sociales, du doublement des franchises médicales, des 3 000 suppressions de postes envisagées notamment dans les agences de l’État… « Et ce n’est pas l’ersatz de taxe Zucman assortie de toutes les exonérations possibles qui fera illusion ! », tance la FSU en regardant vers le PS.

    « La FSU continue d’exiger un tout autre budget pour 2026. Les défis auxquels notre pays est confronté, la crise sociale, la crise climatique, la crise démocratique exigent de mieux répartir les richesses, de renforcer les services publics, de reconnaître le rôle incontournable des agent.es publics, de mieux rémunérer le travail de se doter d’une protection sociale de haut niveau et d’en garantir l’accès universel. »

    De « la cohésion sociale »

    Mercredi, le Premier ministre a lui ouvert une nouvelle porte en proposant de « confier la gestion » du système de retraites aux partenaires sociaux, attendant des propositions « d’ici le printemps ». « J’ai confiance dans la démocratie sociale », a-t-il expliqué lors de sa déclaration de politique générale devant le Sénat. Et de citer en exemple la gestion par les syndicats et le patronat du système de retraites complémentaires Agirc-Arrco. « Pourquoi ne pas développer ce qui fonctionne ? C’est le bon sens », a-t-il souligné. Il y a deux jours, la CGT a pourtant appelé à une mobilisation le 17 octobre, jour où le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco doit statuer avec une « marge d’appréciation » sur la revalorisation des retraites complémentaires…

    Le chef du gouvernement lors de son intervention devant l’hémicycle du palais Bourbon a également répété son intention d’installer une conférence des partenaires sociaux sur les retraites et le travail qui puisse rendre des propositions « d’ici le printemps » : « Toutes les propositions sont à étudier. Certains veulent les systèmes par points, d’autre part capitalisation, d’autres veulent abandonner toute référence d’âge. Mais ces propositions ne valent que si l’on sait qui est responsable ».

    La CGT avait souligné la veille que sa participation « dépendrait de l’ordre du jour et des modalités ». Une réserve d’autant plus justifiée que face à la chambre haute où sa proposition de suspendre la réforme des retraites, n’a pas les faveurs de la majorité de droite, le Premier ministre a assuré que « suspendre, ce n’est pas renoncer, ce n’est pas reculer non plus ». Pour faire passer la pilule, lui met en avant la stabilité générée par cette mesure, en échange de laquelle le PS ne voterait pas la censure. « La cohésion sociale, l’unité du pays et donc sa stabilité sont une force », a-t-il fait valoir, face aux protestations suscitées par l’évocation d’une suspension de la réforme. « Le budget de l’État et le budget de la Sécurité sociale déposés aujourd’hui, réaffirment clairement le choix politique de l’austérité et le refus d’augmenter les recettes de l’État par des mesures de justice fiscale. Ces choix sont dangereux pour la cohésion sociale », répond la FSU.

  • Accès aux droits : pour ne pas qu’à la galère s’ajoutent les soupçons

    Accès aux droits : pour ne pas qu’à la galère s’ajoutent les soupçons

    Les militants associatifs du Comptoir des idées ont repris, ce jeudi, leur bâton de pèlerin, ou plutôt leur seau de colle, pour interpeller une nouvelle fois les Toulonnais, par affichage interposé, sur des sujets qui dérangent et sur lesquels les citoyens ne peuvent pourtant fermer les yeux. Cette fois, c’est sur la pauvreté que leur réflexion est sollicitée. Celle que l’on voit dans nos rues et, plus sournoise, celle qui se cache dans des logements insalubres et (ou) qui vient grossir les rangs des bénéficiaires de l’aide alimentaire, qu’ils soient étudiants, chômeurs, retraités ou même salariés.

    C’est ce que rappellent, devant le panneau d’expression libre du boulevard Tessé, les défenseurs des droits humains à nouveau mobilisés. L’occasion pour Guy Cochennec de rappeler que 15,3% des Varois vivent sous le seuil de pauvreté et que 22,8% de ménages pauvres sont locataires du parc privé à cause de la pénurie de logements sociaux.

    Un difficile accès aux droits

    Face à cette situation et à l’occasion, la semaine prochaine, de la Journée mondiale du refus de la misère, le Comité du 17 octobre organise deux rencontres pour donner la parole à ceux qui ne l’ont pas, et alerter le plus grand nombre sur l’urgence qu’il y a à respecter la dignité de ceux qui vivent la galère au quotidien et qui ont de plus en plus à supporter un regard pas toujours bienveillant.

    « On part du constat que non seulement être pauvre est déjà un combat en soi, mais qu’en plus, il y a une vraie maltraitance de la part des institutions due à un manque de moyens des services publics pour accomplir leur mission, ou à des directives qui font peser le soupçon sur ces personnes que normalement on devrait aider », commence Michèle Monte d’ATD Quart-Monde.

    Avec un accès aux droits rendu difficile. Des obstacles, ajoute-t-elle, aggravés « par la dématérialisation des services, par l’absence de contact humain, donc qui se révèle vraiment dramatique ». Et de poursuivre : « On a également des gens qui sont à la rue et qui n’arrivent pas à avoir le 115. À 6h du matin, c’est déjà complètement saturé pour la nuit à venir. »

    Plusieurs associations seront présentes pour témoigner, lors de la table ronde organisée à partir de 18h le 16 octobre à l’Hélice*, de ces situations multiples qui demandent un accompagnement spécifique. Le Mouvement du Nid sera là par exemple pour évoquer la sortie de la prostitution et le manque de moyens, en termes de logement notamment, pour les soustraire à l’emprise des réseaux.

    Un comptoir des idées qui compte bien aussi mettre en avant le rôle indispensable que joue le monde associatif pour faire vivre la solidarité et pallier les carences de l’État dans l’urgence sociale. Afin de susciter des vocations et recruter des bénévoles.

    La deuxième manifestation se déroulera le 18 au 55 rue de Dakar, à Saint-Jean-du-Var. Une journée conviviale d’échanges et de rencontres avec un repas partagé et l’après-midi, des jeux et des animations sur les Droits de l’homme et les enjeux de notre temps.

    L’association Kaïré offrira une représentation sur le thème de l’avenir et de l’écologie : « l’Espoir vert ».

    *68 rue Victor-Agostini, à Toulon

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.

  • Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Des gares sans guichet et des billets TER vendus à La Poste

    Sisteron, La Brillanne, Aspres, Serres, Chorges, Veynes, Cros de Cagnes, Breil-sur-Roya, Tende, La Trinité, L’Escarène, Sospel, Villeneuve-Loubet, Biot, Martigues, Cassis, Istres, Sausset, Vitrolles, Tarascon, Salon, Port-de-Bouc, La Garde, Sorgues, Bollène et Pertuis. Progressivement, dans ces communes aux gares dépourvues de guichet SNCF ou à amplitude limitée, il faudra se rendre au bureau de Poste pour se voir délivrer son billet de train.

    Une nouveauté orchestrée par la Région Sud et la SNCF qui ne va pas dans le sens de la réhumanisation des gares et qui fait bondir le syndicat cheminots. « Les guichets ne sont pas seulement un point commercial de vente, réagit François Tejedor, secrétaire général CGT des cheminots de Paca. Les cheminots rendent aussi un service après-vente, une aide et une information en cas de situation perturbée, une orientation aux usagers ». Pour le syndicat, cette mesure est un nouveau pas vers la fin du service public du rail engagé par le président de Région Renaud Muselier (Ren) avec « l’ouverture anticipée des lignes TER à la concurrence, la fermeture massive des guichets et la suppression de la présence des cheminots dans les gares ».

    Aller chercher son colis à Monoprix, passer son code de la route ou prendre un billet de train à La Poste… La casse des services publics, en plus de tuer les métiers, a de quoi déboussoler l’usager devenu client. La CGT cheminots de Paca demande la réouverture des guichets en gare.

  • À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    À Arles, les manifestants exigent l’égalité fiscale

    Dans les rues pavées étroites d’Arles, les drapeaux créent un ruban coloré. Après la rencontre de l’intersyndicale avec le nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, le 24 septembre, les organisations, qui attendaient « des pistes sur une copie initiale » du budget 2026, une « rupture avec les mesures présentées en juillet » et un « engagement sur ce qui pourrait être des mesures sociales et fiscales » ont appelé à battre une nouvelle fois le pavé, ce 2 octobre, rappellent les représentants des syndicats.

    Les exigences sont connues : « La mise en place de dispositifs qui taxent les gros patrimoines et les très hauts revenus et contraignent le versement des dividendes pour une meilleure répartition des richesses, la conditionnalité sociale et environnementale des 211 milliards d’euros d’aides publiques versées aux entreprises privées, des moyens budgétaires à la hauteur pour les services publics, des investissements dans une transition écologique juste et la réindustrialisation de notre pays avec des mesures pour lutter contre les licenciements. »

    Dans le cortège, fort de 500 manifestants selon les organisateurs, 350 selon la Préfecture de police, Laurie porte un carton sur lequel elle a résumé une proposition de budget : « Taxer les riches pour financer les services publics. » La Salonaise, enseignante en maternelle à Miramas, déplore une inégalité sociale « monstrueuse ». « On est dans une forme d’autisme gouvernemental où les Français approuvent la taxe Zucman de la même manière que l’Assemblée nationale l’a votée [avant d’être rejetée par le Sénat, Ndlr.], et on n’est pas entendus, dénonce-t-elle. Je ne comprends pas comment on peut encore parler de légitimité et de démocratie. On braque le projecteur toujours du même côté, on court après la fraude à la CAF, ce genre de choses qui représentent des sommes infimes, alors que les aides publiques de l’État au privé, sans contrepartie, coûtent et nuisent beaucoup plus au bien commun. »

  • La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    La jeunesse nombreuse d’Avignon fortifie la lutte

    C’est le keffieh autour du cou et l’autocollant CGT collé sur sa chemise que Louis, étudiant à Avignon Université, s’est exprimé devant plus de 2 500 manifestants sur la place du Palais des Papes, ce jeudi 2 octobre, en fin de manifestation, pour réaffirmer « que la jeunesse lutte aux côtés des travailleurs et des travailleuses ». Une scène qui se répète après celle du 18 septembre dernier et qui témoigne de l’importance grandissante que prennent les jeunes générations dans la lutte.

    « L’avenir, c’est la jeunesse. Et elle ne sera pas spectatrice de notre état social. Ce énième gouvernement macroniste, fidèle serviteur du Medef, veut nous soumettre, nous écraser, briser les acquis sociaux et nos services publics. Nous ne laisserons pas le grand patronat l’emporter », poursuit l’étudiant sous les applaudissements. En effet, la rentrée sociale en cité des Papes est marquée par la présence en nombre d’étudiants et de lycéens qui se joignent au cortège de l’intersyndicale, comme on a pu le constater les 10 et 18 septembre derniers. Des journées pendant lesquelles le lycée Mistral avait notamment été bloqué. « On est là pour faire passer le message qu’on est dans une grande colère. On en a marre de l’épée de Damoclès au-dessus de nos têtes et de subir la politique économique et sociale de Macron. Si l’on ne se bat pas aujourd’hui pour nous-mêmes… Personnellement, j’essaie de motiver mes camarades de classe, mes amis et même mes parents à nous rejoindre », confie Nino Martinez, scolarisé au lycée Mistral à Avignon, pendant que le chant « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos » est repris en chœur par ses camarades.

    Quelques minutes auparavant, ce même groupe de plus de 250 jeunes avait bruyamment rejoint la place Jean-Jaurès, point de départ de la manifestation, avant que le cortège complet de l’intersyndicale ne s’élance, comme s’ils étaient attendus. « Il faut absolument que l’on continue ça. C’est avec ce genre d’actions que l’on crée des liens, ce qui permettra à tous de plus nous impliquer », confie Nathan Mahaud, étudiant en sciences politiques à l’Université d’Avignon. Tout en confiant être mobilisé « pour soutenir les actions en faveur de Gaza », mais aussi pour exprimer son « désaccord avec la négation de démocratie d’Emmanuel Macron et les coupes budgétaires ».

    Porteuse d’espoir

    Une présence massive qui réjouit aussi les syndicats, comme le confirme en fin de manifestation Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse qui, au nom de l’intersyndicale, quelques minutes auparavant, dénonçait « une politique de classe toujours plus antisociale qui pressure le salariat ». « L’important, c’est que cette jeunesse qui se mobilise aujourd’hui ait conscience des conditions d’études et des mesures d’austérité qu’elle subit depuis de nombreuses années. Et ce qui l’attend avec les prochains budgets du Premier ministre ne va qu’accentuer ces difficultés. Cette mobilisation d’étudiants est le révélateur d’une très grosse colère sociale. Elle porte beaucoup d’espoir, cette jeunesse », poursuit la responsable syndicale. Elle se réjouit également de la présence d’étudiants en alternance d’ores et déjà syndiqués, révélatrice pour elle d’une « conscience politique élevée, tant au niveau de leurs conditions de travail que des conditions de l’environnement ». « Mais il ne faut pas oublier les jeunes travailleurs. Car ce sont eux qui ont le pouvoir de bloquer l’économie demain. Mais ils sont souvent loin du syndicalisme et de la gauche », tempère, tout en se réjouissant de la forte présence de jeunes, Pablo Biancarelli, secrétaire fédéral des Jeunes communistes de Vaucluse.

  • Déterminés

    Déterminés

    La tambouille entre les droites LR et macroniste pour permettre à l’extrême droite RN de retrouver, mardi, deux vice-présidences au bureau de l’Assemblée nationale, illustre le fossé abyssal entre les aspirations à la justice sociale, qui se manifestent avec ampleur depuis la rentrée, et les petits calculs politiciens. Un vote aussi décalé que dangereux, dénoncé par les gauches, intervenu la veille d’une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles à l’appel d’une intersyndicale toujours unie et déterminée pour arracher la justice sociale et fiscale.

    Un plan antisocial

    L’essentiel n’a pas lieu dans les couloirs du Palais Bourbon, mais dans la rue. Rien n’est venu entamer, ces derniers jours, la détermination du mouvement social, qui exige un budget 2026 à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, toujours sans gouvernement, tente de ranimer le « conclave » sur les retraites pourtant conclu sur un échec cuisant. Le voilà qu’il évoque la retraite des femmes sans remettre en cause une réforme inique passée en force. Sur le cœur du budget 2026, aucune réponse. Ni sur les franchises médicales, ni sur les suppressions de 3 000 emplois dans la fonction publique, ni sur le financement de la Sécurité sociale. Ni sur le niveau d’investissements pour les services publics. En repoussant la taxe Zucman sur les très hauts revenus, l’homme lige de Macron a envoyé un message limpide : la politique qui a asséché les recettes publiques va continuer. Un plan antisocial dont les travailleurs ne veulent pas. Ils le diront ce jeudi.

  • Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    La lumière chaude de fin de journée met en exergue le rouge bien présent au tableau du rassemblement organisé par l’union locale CGT du pays martégal, devant l’hôtel de Ville de Martigues, ce mardi soir. Les syndicats des territoriaux, de l’éducation nationale, de Marcegaglia, ainsi que les militants locaux du PCF et de LFI ont répondu à l’appel pour un échauffement avant la manifestation marseillaise, jeudi.

    Le secrétaire général de l’union locale CGT, Daniel Bretonès, place le rassemblement sous le signe « du non des travailleurs aux reculs sociaux et à l’austérité imposée au nom d’un budget injuste », trois semaines après la nomination du Premier ministre (Ren), Sébastien Lecornu. « Son projet budgétaire est le même qu’avant, ses économies se feront sur nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale et nos services publics », augure le syndicaliste. Il rappelle que « chaque année, 211 milliards d’euros sont versés sans contrepartie aux grandes entreprises, sans oublier les 100 milliards de fraude fiscale » . « La CGT a des propositions pour sortir de la crise, comme rétablir l’impôt sur la fortune, taxer les revenus du capital » ou encore « rétablir la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, pour la démocratie locale, et rendre leur liberté aux communes », propose Daniel Bretonès.

    Un bus pour jeudi

    L’adjoint Gérard Frau (PCF) a salué, au nom du maire Gaby Charroux retenu en préfecture, « le travail constant et offensif de l’UL CGT » et témoigné son « soutien à la mobilisation, juste et nécessaire », quand « les Français voient leurs salaires stagner face à l’inflation, les hôpitaux saturés, la précarité et l’injustice fiscale ». L’élu local déplore un Premier ministre « sourd face à l’intersyndicale, la rue et la colère populaire », et promet de « marcher le 2 octobre avec la CGT et l’intersyndicale ».

    Le bus affrété par l’UL CGT part à 9h, jeudi, de la Halle de Martigues pour rejoindre la manifestation marseillaise.