Tag: Service public

  • Le bureau de poste ferme, l’engagement se poursuit

    Le bureau de poste ferme, l’engagement se poursuit

    Il est 11h ce vendredi. Le bureau de poste de Biver ferme définitivement ses portes, sous les yeux d’une petite foule venue faire entendre son mécontentement. Il y a deux semaines, après une uestion du groupe d’opposition Collectif Gardanne Biver (CCGB), le maire, Hervé Granier (LR), annonce la fermeture du bureau de poste de Biver. Décision conclue après plusieurs années de négociations, débutées en 2023, selon l’édile. Depuis cette date de fermeture annoncée, les élus d’opposition – issus de la liste de Jean-Marc La Piana (DVG) et de Claude Jorda (CCGB) – les syndicats, l’antenne locale du Parti communiste, et les habitants de la commune ont organisé plusieurs manifestations. Le sénateur Jérémy Bacchi (PCF) et la députée européenne Marina Mesure (LFI) se sont également investis dans la mobilisation, en saisissant la direction nationale de la Poste. Sans réponse, jusqu’ici.

    « On a été mis au courant de ces discussions que cet été. Il n’avait jamais été question de fermeture au mois d’octobre », rappelle Pascal Rosette, élu CGT au CSE pour le service postal. Pour le syndicaliste, le délai entre l’annonce de la fermeture et le début les mobilisations aura été trop court pour que la date du 17 octobre soit au moins repoussée. Dès ce vendredi soir, les usagers devront se rendre au Vival, à 200 m, pour les démarches de service postal. S’il n’y a pas de licenciement, l’unique salariée du bureau sera délocalisée sur un autre poste dans le secteur de Gardanne.

    « Par expérience, lorsque des commerçants reprennent les activités postales, ça ne dure jamais très longtemps », se désole Pascal Rosette. « Nous allons relancer, avec la CGT, la direction de la poste à ce sujet, nous ne les lâcherons pas. Par ailleurs, nous avons une réflexion collective, avec les acteurs intéressés, en cours pour mettre en place un Comité de vigilance des Services publics. La lutte n’est pas finie », annonce Claude Jorda.

    E.B.-G.
  • La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    La Région poursuit sa « révolution du ferroviaire »

    « On garde le cap et on assure la stabilité. » À la veille de la plénière du conseil régional, le président de la Région Sud, Renaud Muselier (Ren.), ne semble pas perturbé par l’instabilité politique nationale et internationale. Au contraire, il y oppose « son fil conducteur : la COP d’avance, la préparation des JO d’Hiver et une politique financée et finançable, opérationnelle avec un calendrier rigoureux ».

    Le tout, symbolisé par la poursuite de sa « révolution ferroviaire », alias l’ouverture à la concurrence des lignes TER dans la région. Après l’attribution de deux premiers lots en 2021, les lignes de l’étoile niçoise à une filiale de la SNCF (Sud Azur) et Marseille-Toulon-Nice à l’opérateur privé Transdev, il annonce la mise au vote de l’attribution d’un nouveau lot lors de la séance plénière du conseil régional, ce vendredi. « Pour le 3e lot, on va avoir 30% de trains en plus et 30% moins cher », promet-il. « Dans cet appel à manifestation d’intérêt, le vainqueur est la SNCF, face à Transdev. La SNCF arrive en tête dans 4 critères sur 5, et ex æquo pour le 5e. » Sans surprise, il se dit « satisfait » des résultats de l’opérateur privé pour le Marseille-Nice, mais il note tout de même que « la SNCF, quand ils accélèrent, ça marche ».

    Des investissements massifs en lien avec les JO

    Comme quoi le service public a bon dos. « Dans la compétition qui a été engagée grâce à l’appel à projet, on se retrouve avec une SNCF qui est imbattable pour ce 3e lot », développe-t-il. Concrètement, ce lot concerne cinq lignes d’importance, dont la fameuse ligne des Alpes, qui est au cœur de la desserte des prochains JO d’hiver et qui va bénéficier de centaines de millions d’euros d’investissements, en vue de l’événement. Dans le détail, les lignes concernées sont donc celles de Marseille-Aubagne-Toulon-Hyères, de Marseille-Toulon-Les Arcs, de Marseille-Aix-Pertuis, de Marseille-Gap-Briançon et enfin celle de Briançon-Gap-Valence.

    Côté chiffres, Renaud Muselier annonce un coût de « 2,5 milliards d’euros ». Lesquels se décomposent en 1,8 milliard pour l’exploitation, 328 millions pour l’achat de 25 rames neuves, mais aussi « 48 millions pour la rénovation des centres de maintenance de Marseille-Blancarde et Briançon », toujours selon le président de Région. Il prévoit 4 ans de préparation jusqu’en décembre 2029, pour 10 ans d’exploitation. Reste à connaître la réaction des cheminots et de leurs organisations syndicales, bien peu friands de la filialisation de la SNCF, qui va de pair avec l’ouverture à la concurrence.

    De quoi faire le lien avec les Jeux d’Hiver 2030, chers au président de région, et d’autres mesures qu’il va mettre au vote ce vendredi : « Je suis content car j’ai le plan trains qui arrive avec, ça me permet de justifier la baisse du versement mobilité des entreprises. »

  • Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Aux Flamants, le service public sous la pression du narcotrafic

    Drones, chiens, menaces, check-points pour récupérer sa voiture dans le parking le soir… Excédés et inquiets de la présence d’un réseau de narcotrafic, les agents de la Maison départementale de la solidarité des Flamants (14e) se sont mis en grève à l’appel de la CGT, ce lundi 13 octobre. « Il y avait déjà eu des problèmes il y a trois ans avec une intrusion », rappelle une syndiquée.

    Cette fois, c’est une assistante du service social qui a été menacée de mort le 3 octobre, après avoir eu des mots avec un dealer. « Nous sommes le seul service public qu’il reste et nous ne pouvons plus l’assurer », déplore notre syndiquée. La CGT a bien « demandé des solutions alternatives », quitte à déménager. « on nous répond que les recherches sont en cours pour un lieu, mais que cela prendra quelques années… », indique-t-elle dans un communiqué. Le syndicat organise un rassemblement devant le Département, ce mardi 14 octobre entre midi et deux.

    Sur site, des « volantes » sont venues remplacer les grévistes pour « assurer les urgences ». Elles témoignent de la « très grande précarité » d’habitants sous la coupe du réseau, « ils supportent. ».

    Forte présence policière

    De fait, peu de monde accepte d’évoquer le sujet. « Ma mère habite là, oui, le réseau c’est un problème effectivement », nous confie du bout des lèvres un visiteur. La forte présence des cars de CRS et de la police nationale a visiblement découragé les dealers ce lundi. Même si, entre les immeubles réhabilités, les traces des feux allumés par les choufs pour se réchauffer ou encore un fauteuil sur le trottoir restent bien visibles.

    La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a donné des instructions. « La cité des Flamants fait l’objet d’une présence policière renforcée afin de lutter contre la délinquance, les trafics, ainsi que leurs conséquences pour ceux qui y vivent et y travaillent » indique-t-elle, avec « des effectifs locaux qui interviennent nuit et jour ». Et d’évoquer l’interpellation d’un trafiquant, il y a quelques semaines, avec la saisie de près d’1,5 kg de cannabis, 500 euros et deux armes et ce dimanche soir, après un refus d’obtempérer, l’interpellation de sept personnes. Et la préfète d’asséner : « là-bas, comme ailleurs, force restera à la loi. »

    Du côté du Département, on précise que « le directeur général des services délégué et le directeur de la sécurité sont immédiatement allés à la rencontre des agents » et « plusieurs actions correctives » ont été engagées. Comme le renforcement de la police donc et « un agent de sécurité mobile supplémentaire affecté sur les périodes d’affluence. » Il assure aussi « l’ensemble des personnels de [son] soutien. » « Tout doit être mis en œuvre pour les protéger », ces « piliers de la solidarité » et « leur offrir des conditions de travail dignes de leur engagement au quotidien », estime-t-on à la direction de la collectivité.

  • [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    AESH

    Comment résorber la pénurie d’AESH ?

    Carole Drucker-Godard : Il en manque parce qu’il y a des notifications de la MDPH qui croissent plus vite que notre augmentation d’emplois AESH. À la rentrée, on a recruté 95 AESH dans l’Académie. Nous en avions déjà 7 000. C’est beaucoup. Donc, lorsqu’un élève a une notification individuelle de 24h par exemple, on va peut-être faire que 18h voire 12h et le reste du temps on va mutualiser l’accompagnement. Donc oui, il y a des cas d’élèves en situation de handicap qui ne sont pas encore accompagnés. Mais on fait quand même, je trouve, notre possible aussi pour améliorer le travail des AESH, pour les intégrer beaucoup plus comme membre à part entière de l’Éducation nationale.

    Choc des savoirs

    Le choc des savoirs a été beaucoup critiqué, notamment les groupes de niveaux…

    C.D.-G. : Le choc des savoirs est surtout caractérisé par les groupes de besoins en 6e et 5e mis en place il y a un an. Ça a été effectivement très critiqué parce que de toute façon, dès qu’on opère un changement, ça ne contente jamais tout le monde et c’est normal. Ça a été décrié parce qu’il était compliqué pour les chefs d’établissement d’organiser des enseignements « en barrettes » afin d’avoir des groupes à effectifs réduits. Globalement, c’est quand même plutôt positif. Ce qui plaît beaucoup, c’est qu’on a offert la possibilité à des enseignants d’avoir des effectifs réduits. On le sait, l’hétérogénéité dans les classes est nécessaire. Mais, quand elle est trop importante, on ne fait plus avancer personne, ni ceux qui ont des facilités, ni ceux qui sont en fragilité.

    Plusieurs dispositifs ont été abandonnés par Élisabeth Borne, n’est-ce pas un aveu d’échec ?

    C.D.-G. : La ministre a proposé aux chefs d’établissements d’ajuster ces groupes. Certains n’ont rien bougé parce que ça fonctionne très bien. Pour d’autres, c’était trop compliqué en termes d’organisation. On leur a donné la possibilité d’ajuster différemment en gardant les mêmes moyens. C’est quand même une bonne chose. Et pour les 4e, 3e, de toute façon, sur un plan ressources humaines, c’était difficile d’organiser exactement la même chose. Donc a été proposé aux chefs d’établissements d’organiser un « plan réussite ». En 6e et 5e, on a les groupes de besoins et en 4e, 3e, il y a moins de moyens mais en fonction des collèges et des résultats, on a parfois permis aux chefs d’établissements d’avoir un groupe supplémentaire.

    Professeurs

    Il manquait 2 500 profs pour cette rentrée en France, qu’en est-il dans l’Hérault et le Gard ?

    C.D.-G. : Je n’ai pas eu une rentrée difficile sur le plan des effectifs enseignants. La réunion avait été très bien préparée, bien avant mon arrivée. Donc, on avait dans le premier degré un enseignant devant chaque classe, une rentrée sereine avec une brigade de remplaçants assez conséquente quand même. Il en manquait un peu dans le second degré mais ça reste quand même assez faible c’est-à-dire que ce sont des formations de niche dans les lycées professionnels ou alors des disciplines en tension comme les langues, les mathématiques, les sciences. On a encore des ajustements qui se font : quand les enseignants ont des services partagés sur plusieurs établissements, parfois, il peut manquer 9 heures de mathématiques par-ci, 3 heures de physique par-là. Ce n’est pas idéal. Mais globalement, l’Académie est vraiment très attractive.

    Néanmoins, beaucoup parlent de crise de la vocation…

    C.D.-G. : De ce que je vois sur le terrain, je crois qu’on ne peut pas parler d’une crise de vocation. Je vous confirme que le métier est difficile, ils le disent tous. Mais l’année dernière, tous ceux que j’ai vus m’ont tous dit : « Par contre j’adore. » Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, on a des jeunes qui n’ont plus du tout envie de rester toute leur carrière dans l’Éducation nationale. Ils ont envie de changer de métier, il ne faut pas les retenir mais les accompagner. Donc la vocation est toujours là. Cependant, on attire un peu moins parce que oui, le métier est certainement plus difficile qu’avant. La réforme de la formation initiale peut pallier aussi ce manque d’attractivité en passant les concours à la fin de la licence, et non en 5e année.

    Sécurité

    Les violences dans les établissements, un phénomène en augmentation ou plus médiatisé ?

    C.D.-G. : Je pense qu’il y a vraiment les deux. On a aujourd’hui une culture du signalement avec des chefs d’établissements qui, dès qu’il y a un incident au sein de l’établissement, font ce que l’on appelle un « fait établissement », selon trois niveaux d’alerte. Aujourd’hui, on est informé de tous ces faits de violence dans les établissements donc forcément on en parle plus. Mais je pense quand même qu’il y en a plus. C’est la société, malheureusement. Les écrans doivent en expliquer une partie, tout comme la crise sanitaire. Il y a effectivement beaucoup de faits de violence. On a obtenu des moyens supplémentaires à la rentrée, 42 postes (32 AED et 10 CPE) qu’on a placés dans les établissements les plus sensibles, qui en avaient le plus besoin. On a donc ces contrôles visuels à l’entrée des collèges.

    Un bilan a été fait de ces opérations ?

    C.D.-G. : Ce sont parfois des ciseaux, des aérosols. Il y a quand même quelques couteaux qui ont été retrouvés. Dans ce cas-là, c’est conseil de discipline et signalement au procureur. Il y a aussi les fouilles de sacs devant les établissements en lien avec la préfecture, la justice. Les forces de police et les forces de sécurité viennent eux-mêmes fouiller les sacs, ils sont habilités. Il n’y a aucun personnel de l’Éducation nationale. Et en complément de cela, au sein même de l’établissement, nos personnels font ces contrôles visuels, ce ne sont pas des fouilles, mais viennent en complément avec vraiment une visée très pédagogique. L’élève ouvre lui-même ses affaires.

    LES SIX PREMIERS MOIS ?

    C.D.-G. : J’ai été vraiment accueillie très chaleureusement. Et puis je me suis assez rapidement insérée dans le territoire. J’ai fait mon bureau sur le terrain, j’ai eu à cœur d’aller 48 heures dans tous les départements dès ma prise de fonction pour essayer de bien comprendre chaque spécificité de chaque département, qui sont tous différents, ce qui fait aussi la richesse de cette académie. Une très grande diversité à la fois géographique, sociale. Je vois mon arrivée depuis six mois comme une grande chance, en fait.

  • Gardanne, un front uni contre la fermeture du bureau de poste

    Gardanne, un front uni contre la fermeture du bureau de poste

    Vendredi, ils étaient une centaine à se rassembler devant La Poste de Biver, dont la fermeture a été annoncée par le maire, Hervé Granier (LR), pour le 17 octobre. Samedi matin, la mobilisation s’est déplacée sur le parvis du bureau de Gardanne. Moins nombreux, pas moins « déterminés ».

    Les élus du Parti communiste, des membres de la CGT des postiers, des élus d’opposition de gauche du Collectif citoyen Gardanne Biver (CCGB) et du groupe de Jean-Marc La Piana (DVG), des écologistes, Marina Mesure, députée européenne (LFI) et des représentants du Parti des Travailleurs (PT) ont participé.

    « La bataille que nous avons engagée n’est pas gagnée, mais nous ne nous arrêterons pas là », rappelle Claude Jorda, élu d’opposition à la tête du CCGB. La décision de fermer La poste a été prise « à l’insu des citoyens », estime-t-il. Claude Jorda rappelle que le sort du bureau est en suspens depuis 2023 : « Le maire a préféré négocier seul, ou mal conseillé, avec la direction de La Poste. Le 25 septembre, en réponse à une question du CCGB, il a presque eu la larme à l’œil pour dire que c’était inéluctable. »

    « Sans transparence »

    « Une fermeture décidée dans l’ombre, sans concertation, sans transparence, comme trop souvent sous cette municipalité », martèle Jimmy Bessaih, représentant des élus du CCGB. « C’est une des occasions où, quels que soient les partis politiques, le maire en présence, on doit être ensemble pour défendre les intérêts de la population. On n’a pas envie d’être dans des villes-dortoirs, pointe Jean-Marc La Piana (DVG), élu d’opposition. La première notion d’un service public est son accessibilité, pas sa rentabilité. »

    Le maire a assuré n’avoir reçu le courrier actant la fermeture qu’à la fin septembre, et assure que « 100% » des services postaux seront repris par la supérette Vival. « Vival ne va pas reprendre les services de la Poste, ce n’est pas vrai. à la poste, il y a des métiers, rappelle Amélie Barbey, secrétaire locale du PCF. Il faut dire au maire qu’on ne veut pas de la casse qu’il accompagne en permanence. »

    Même si le délai jusqu’au 17 octobre semble court pour empêcher la suppression du bureau, Stella Estaque, secrétaire départementale CGT des activités postales, appelle à poursuivre la mobilisation : « à Martigues, nous avons eu gain de cause grâce à la mobilisation citoyenne. » Marina Mesure adressera un courrier à la direction nationale de La Poste. « L’état à réduit de 50 millions l’aide allouée à la présence postale sur notre pays. La bataille que nous menons ici est nationale », souligne la députée.

    Une pétition, qui rassemble près de mille signatures a été déposée en mairie, à l’issue de cette deuxième mobilisation. Eva Bonnet-Gonnet

  • Gardanne, un front uni contre la fermeture du bureau de poste

    Gardanne, un front uni contre la fermeture du bureau de poste

    Vendredi, ils étaient une centaine à se rassembler devant la Poste de Biver, dont la fermeture a été annoncée par le maire, Hervé Granier (LR), pour le 17 octobre. Samedi matin, la mobilisation s’est déplacée sur le parvis du bureau de Gardanne. Moins nombreux, pas moins « déterminés ».

    Les élus du Parti communiste (PCF), des membres de la CGT des postiers, des élus d’opposition de gauche du Collectif citoyen Gardanne Biver (CCGB) et du groupe de Jean-Marc La Piana (SE), des écologistes, Marina Mesure, députée européenne Insoumise (LFI) et des représentants du Parti des Travailleurs (PT) ont participé.

    « La bataille que nous avons engagée n’est pas gagnée, mais nous ne nous arrêterons pas là », rappelle Claude Jorda, élu d’opposition à la tête du CCGB. La décision de fermer la poste a été prise « à l’insu des citoyens », estime-t-il. Claude Jorda rappelle que le sort du bureau est en suspens depuis 2023 : « Le maire a préféré négocier seul, ou mal conseillé, avec la direction de la Poste. Le 25 septembre, en réponse à une question du CCGB, il a presque eu la larme à l’œil pour dire que c’était inéluctable. »

    « Sans transparence »

    « Une fermeture décidée dans l’ombre, sans concertation, sans transparence, comme trop souvent sous cette municipalité », martèle Jimmy Bessaih, représentant des élus du CCGB. « C’est une des occasions où, quels que soient les les partis politiques, le maire en présence, on doit être ensemble pour défendre les intérêts de la population. On n’a pas envie d’être dans des villes dortoirs, pointe Jean-Marc La Piana (DVG), élu d’opposition. La première notion d’un service public est son accessibilité, pas sa rentabilité. »

    Le maire a assuré n’avoir reçu le courrier actant la fermeture qu’à la fin septembre, et assure que « 100 % » des services postaux seront repris par la supérette Vival. « Vival ne va pas reprendre les services de la Poste, ce n’est pas vrai. à la poste, il y a des métiers, rappelle Amélie Barbey, secrétaire locale du PCF. Il faut dire au maire qu’on ne veut pas de la casse qu’il accompagne en permanence. »

    Même si le délai jusqu’au 17 octobre semble court pour empêcher la suppression du bureau, Stella Estaque, secrétaire départementale CGT des activités postales, appelle à poursuivre la mobilisation : « à Martigues, nous avons eu gain de cause grâce à la mobilisation citoyenne ». Marina Mesure adressera un courrier à la direction nationale de La Poste. « L’état à réduit de 50 millions l’aide allouée à la présence postale sur notre pays. La bataille que nous menons ici est nationale », souligne la députée.

    Une pétition, qui rassemble près de mille signatures a été déposée en mairie, à l’issue de cette deuxième mobilisation. Eva Bonnet-Gonnet

  • Grève des marins contre le dumping en Méditerranée

    Grève des marins contre le dumping en Méditerranée

    C’est un coup de semonce. Les marins du navire Jean Nicoli de la compagnie Corsica Linea, assurant la desserte entre Sète et Bjaïa en Algérie, ont cessé le travail jeudi 9 octobre au matin. La raison de leur courroux : « nous venons de découvrir qu’après n’avoir rien dit pour l’ouverture de GNV dans ces conditions à Sète en saison sur l’Algérie, notre direction libère à présent sa ligne Sète-Bejaïa au profit de GNV, pour se repositionner sur Marseille et lui laisser le champ libre ainsi qu’à Corsica Ferries », précise dans un communiqué à la presse le responsable du syndicat CGT des marins de Marseille, Frédéric Alpozzo. « Ce repositionnement d’escale à Marseille réduit la fréquence du Service Public de Continuité territoriale entre Marseille et Propriano ». Et de dénoncer « un choix stratégique industriel, économique et social, incompréhensible sauf dans le cadre d’une entente entre armateurs contre l’emploi maritime national et les droits sociaux des marins sous pavillon français 1er registre ainsi menacé de disparaître, afin de se restructurer et de fusionner par la suite avec La Méridionale propriété de CMA CGM, sur la future desserte maritime de la Corse exclusivement et avec moins de Service Public. Des centaines d’emplois sont menacés, en Corse comme sur le continent ». Les marins exigent notamment le maintien de La ligne Sète-Bejaïa et des escales prévues en continu au programme initial 2025 avec le port de Sète et le Port de Bejaïa. »

    Le 2 septembre, des parlementaires des régions Occitanie, PACA et Corse ont signé une tribune transpartisane dans les colonnes du journal Le Marin.

    « Le dumping prédatoire »

    Ils y dénoncent « une guerre silencieuse se joue sur les mers de Méditerranée. Elle n’oppose pas seulement des navires, mais deux visions du commerce : d’un côté, celle des opérateurs maritimes soucieux de rentabilité, d’équité sociale, de souveraineté nationale. De l’autre, celle d’un acteur soutenu par un géant financier qui, ligne après ligne, brise les équilibres des entreprises naturellement durables. Cet acteur, c’est GNV (Grandi navi veloci), filiale du groupe MSC. En trois ans, GNV a perdu plus de 500 millions d’euros, dont 257 millions en 2024, sans jamais freiner sa course à l’expansion. Pourquoi ? Parce qu’elle peut se le permettre : MSC injecte massivement du capital (290 millions d’euros en 2024), couvrant les pertes abyssales sans exiger de rentabilité à court terme. Ce comportement, totalement décorrélé des règles économiques usuelles, a un nom : le dumping prédatoire. », écrivent-ils. Parmi les signataires : Denis Bouard, sénateur du Gard (PS), Hussein Bourgi, sénateur de l’Hérault (PS) et Fanny Dombre-Coste, députée de l’Hérault.

  • Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    Hôpital d’Apt : l’espoir vit pour le maintien du bloc

    « Que ce soit les élus, les usagers ou les syndicats, on ne lâche pas tant que cette fermeture n’est pas annulée », lance Marie-Élodie Pongy, secrétaire générale de la CGT de l’hôpital d’Apt, en fin de manifestation à l’appel du syndicat contre la fermeture du service de chirurgie, qui a rassemblé plus de 400 personnes, ce jeudi 9 octobre.

    Et parmi les manifestants, malgré l’obstination de l’ARS et de l’État à déménager ce service au centre hospitalier de Cavaillon, c’est bien l’optimisme qui accompagnait un sentiment de colère dans les rues de la capitale du Luberon. « Je suis très optimiste sur le maintien de la chirurgie à Apt », confirme ainsi Dominique Thévenieau, président du comité des usagers de l’hôpital d’Apt. Et ce, notamment, car trois référés suspensifs ont ou vont être déposés par la mairie, la CGT et donc le comité des usagers. « C’est très fort, car on pense que les ARS ne veulent rien entendre et, malgré que l’on fasse du bruit, ils ne bougent pas », poursuit celui qui s’occupait auparavant du service de maternité de l’établissement de santé. Une décision des tribunaux est attendue pour la mi-novembre.

    Tous ensemble

    « Cela a aussi permis de ranimer la vie militante à Apt, ce dont on avait grandement besoin. Mais surtout, on voit une vraie unité sur le sujet entre politiques, syndicats, associations et les communes aux alentours. Donc on y croit », confie Thomas Viens, Aptésien présent dans la manifestation. « Le combat sera forcément rude, mais on y croit. Il faut absolument défendre le service public ici, et la mobilisation donne chaud au cœur », lui embraye Jean-Claude Houseaux, également habitant aptésien. « On est passés de la stupéfaction à l’action », analyse de son côté Céline Celce, conseillère municipale d’opposition (Génération·s) à Apt. « On sent que personne ne lâchera. C’est aussi dû à l’histoire de cet hôpital pour lequel on s’est battus à plusieurs reprises. Car tout le monde a conscience qu’après la chirurgie, c’est le reste de l’hôpital qui va être démantelé au fur et à mesure », pousse-t-elle.

    Une conférence-débat sur le sujet est prévue le 24 octobre à la MJC d’Apt à 18h30. Tandis que la prochaine manifestation est prévue le 6 novembre à 15h30 devant l’ARS de Vaucluse à Avignon.

  • Le maire de Gardanne s’explique sur la fermeture du bureau de poste

    Le maire de Gardanne s’explique sur la fermeture du bureau de poste

    La date de fermeture a été révélée il y a deux semaines, lors du dernier conseil municipal. Le Collectif citoyen Gardanne-Biver (CCGB), groupe municipal d’opposition, s’interrogeait sur la diminution des plages horaires du bureau de poste de Biver. Il fermera finalement ses portes le 17 octobre prochain. La nouvelle suscite un tollé chez les oppositions, qui reprochent au maire un manque d’initiative pour sauver le lieu, mais aussi d’avoir tardé a annoncé la nouvelle. « Je n’ai reçu le courrier qu’en septembre », explique de son côté Hervé Granier (LR), qui a tenu, ce mercredi, à établir sa version des faits. Contre la fermeture du bureau de poste, le Parti communiste local (PCF), le CCGB, les salariés de La Poste et la CGT manifesteront vendredi soir devant le bureau biverois et samedi matin devant le bureau gardannais. « Il y a deux façons de se positionner face à la situation. L’une est de manifester devant l’édifice (…) la nôtre est d’essayer de trouver une solution, en partant du principe que la fermeture de La poste est actée aujourd’hui, mais était latente. Dès 2023, les premiers contacts ont été pris avec le directeur régional de La Poste, qui nous a expliqué qu’économiquement, c’était compliqué, déroule Hervé Granier. Je pourrais être le plus grand maire de France et de Navarre, si La poste décide de fermer, elle va fermer. » Désormais, ce sera la supérette Vival qui assurera l’intégralité des opérations postales.

    Pas de DAB pour l’instant

    Seul le distributeur automatique de billets (DAB) ne sera pas remplacé à la supérette, bien que l’édile assure qu’une solution soit en cours de réflexion. Par la même occasion, Hervé Granier répond aux constats des oppositions, qui pointent régulièrement « le délitement » du service public à Gardanne. « Ce Vival se trouve à 200 mètres de La Poste. La dimension éloignement n’existe pas. Deuxièmement, c’est un lieu convivial, amical. Le service public n’est pas supprimé », assure le maire. Avant d’ajouter : « On ne sait pas qui sera le maire dans six mois, mais ils ont besoin de faire ça ? [manifester, Ndlr.]. Ce n’est pas cela qui fera gagner les élections. » Selon le maire, la mise en place d’une antenne Maison France Service serait également un projet en cours.

  • Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Pas prête à battre en retraite, la FSU veut une « rupture claire »

    Du côté de la FSU, l’éventualité de la suspension de la réforme des retraites est aussi vue comme une bonne chose, sans être pour autant un fin en soi. Caroline Chevé, la secrétaire générale, rappelle que le texte promulgué en 2023 est le fruit d’un « passage en force ». Cet épisode, poursuit-elle, est « à l’origine de la crise politique qui culmine aujourd’hui », et « ceux qui veulent en sortir doivent comprendre qu’il n’est plus possible d’opposer une fin de non-recevoir aux attentes du monde du travail ».

    L’extrême droite

    en embuscade

    En ce sens, le syndicat appelle, dans un communiqué sans ambiguïté, à une « rupture claire avec les politiques économiques, sociales et environnementales » et un « changement de méthode ». La FSU pointe aussi la promulgation de la loi Duplomb, l’absence de réponses aux mobilisations des dernières semaines, ou la répression policière des manifestations, et n’envisage rien d’autre qu’une alternative fondée sur la justice sociale, l’égalité et la solidarité.

    Critiquant la « pratique verticale du pouvoir » d’Emmanuel Macron qui, « ignorant délibérément les organisations syndicales, a aussi fragilisé la démocratie sociale, aggravant de fait la crise démocratique », la FSU se dit prête à assumer « toutes ses responsabilités dans la séquence de crise politique et institutionnelle pour faire valoir les intérêts du monde du travail » et s’engager « pour porter des alternatives de justice et de progrès social partout sur les lieux de travail comme dans des initiatives publiques ».

    Dans un contexte de crise politique qui « ne peut que renforcer la crise de confiance dans les institutions et la démocratie », la FSU alerte aussi « solennellement » sur le risque d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite « qui, une nouvelle fois, peut tirer profit de cette crise en se nourrissant du désespoir social et politique né de sept ans de macronisme ».

    « Raciste et xénophobe par nature », l’extrême droite attise les divisions qui peuvent exister dans le monde du travail pour privilégier les intérêts du patronat et « s’oppose à la conception que promeut la FSU d’un service public fort, fondé sur l’égalité et la solidarité ». La FSU y réaffirme sa détermination à poursuivre et amplifier ses mobilisations syndicales pour l’empêcher de parvenir au pouvoir.

    Pour « dénoncer et déconstruire l’imposture du discours d’extrême droite qui (…) se développe sur la misère, le sentiment d’abandon et d’injustice », le syndicat appelle chacun à s’engager.

    Et d’inviter l’ensemble de ses partenaires à construire ces dynamiques dans l’unité avec plusieurs objectifs : faire la démonstration de la nécessité de services publics forts ; Convaincre que d’autres choix de financement sont possibles par un autre partage des richesses ; Prendre des initiatives pour construire des mobilisations dans des cadres intersyndicaux larges et rassembleurs; Peser pour imposer des alternatives politiques répondant aux aspirations du monde du travail ; Et enfin préserver l’État de droit et les libertés fondamentales.