Tag: séniors

  • Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    Le salon des seniors de La Ciotat sait allier l’utile à l’agréable

    « Le salon est un lieu où les seniors peuvent retrouver toutes les informations qui les concernent, délivrées par les services de la Ville, et des exposants. On met aussi en évidence des associations ciotadennes pour que les seniors découvrent leurs activités », présente Patricia Tudose, adjointe à la vie du Bel âge. Dans une ville qui compte près de 36% de plus de 60 ans, ce salon, où l’entrée est gratuite, qui propose aussi des ateliers a attiré l’an dernier 2 500 personnes. À la fois pratique et ludique, le salon est scindé en deux espaces.

    Initiation à l’escrime

    La salle Paul-Eluard réunira 60 exposants. Des acteurs institutionnels tels que le Centre communal d’action sociale (CCAS), la Maison des seniors, guichet unique créé par la Ville en 2016, la Maison du Bel âge ainsi que le pôle infos seniors « Garlaban-Calanques » tiendront des espaces dédiés pour orienter les familles. L’offre sera complétée par les associations. L’antenne ciotadenne de l’action coordination de lieux d’accueil aux personnes âgées (Aclap), par exemple, « s’occupe de personnes âgées isolées à domicile. Nous avons une vingtaine de bénévoles et nous en recrutons pour aller leur rendre visite, les accompagner dans leurs tâches administratives, les écouter, les distraire », explique une dame. Une asso de professionnels de santé libéraux se propose « de repérer les points d’alerte » en matière de santé chez les visiteurs du salon. Le Pôle animation s’installera salle St-Marceaux. Le 6 février de 10h à 12h, Georges Nagy animera un atelier de prévention en matière de vols (escroquerie par internet, vols par ruse…). De 16h à 18h, l’infatigable Caro (asso As de Caro) initiera le public à la danse en ligne. Le 7 février, de 10h à 12h, Maxime Schneider fera découvrir l’escrime aux seniors (club de Gémenos). De 14h à 18h, découverte du jeu de poker, par une asso ciotadenne.

  • Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Finir en beauté. Quelque 168 délibérations sont présentées, ce jeudi, pour le dernier conseil municipal du mandat. De quoi faire aboutir des projets menés au long terme et d’afficher avant les municipales de nouvelles ambitions. C’est le cas pour le centre Bourse, en ouverture du conseil avec le rachat du foncier des Galeries Lafayette et le lancement d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition sur trois ans.

    Mais au fil des rapports, c’est surtout la mise en place de nouveaux services publics qui structure l’ordre du jour. À commencer par la préemption signée le 4 décembre de la résidence autonomie du Roy d’Espagne (8e) pour 6 millions d’euros, afin d’y créer une résidence autonomie portée par le centre communal d’action sociale (notre édition du 03/12). Rue de Lyon dans le 15e arrondissement, c’est l’acquisition de l’immeuble de la Caisse primaire d’Assurance-maladie au numéro 450 qui va permettre d’installer, à la place de la CAF, une antenne de la police municipale ainsi qu’un centre municipal d’activités. Le reste de l’immeuble accueillera un centre de santé privé ainsi que des services du centre hospitalier Edouard-Toulouse, pour renforcer sur le secteur l’offre en matière de santé mentale. Boulevard Charles-Moretti, aux Rosiers (14e), l’ancien Casino doit quant à lui se transformer en halle sportive et culturelle, moyennant un investissement de 4,9 millions d’euros. De quoi répondre aux besoins des écoles voisines : face à l’augmentation du nombre d’écoliers, celles-ci ont dû fermer leurs salles de motricité, leurs bibliothèques, leurs espaces sportifs.

    Clivage politique

    À travers ces nouveaux investissements programmés, c’est le travail réalisé pour la reconstruction d’un service public municipal qui s’affiche. « Nous sommes très vite rentrés dans le dur avec des travaux titanesques pour remettre les services publics sur pied », reconnaissait lundi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, énumérant les 1 000 agents de plus dans les écoles, 400 policiers municipaux supplémentaires, 120 agents pour le logement. Un bilan à mettre en avant alors que les « trois premières années compliquées » ont retardé les projets en dur, assainissant les finances de la ville. La droite ne s’y trompe pas, en s’en prenant depuis la rentrée aux 569 millions d’euros supplémentaires de masse salariale sur le mandat : patrimoine de ceux qui n’en ont pas, le service public ne reste qu’un coût pour certains.

    Nouveaux parcs pour les quartiers Nord
    Un accent prononcé est mis ce jeudi sur la création de nouveaux parcs. A Frais Vallon (13e), la municipalité doit acquérir 6 hectares auprès du bailleur social Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour un espace vert s’étendant jusqu’au pied de la colline, avec les usages plus urbains (jeux, jardins) concentrés près de l’avenue. 4,3 millions d’euros seront investis à partir de 2028. La municipalité doit approuver aussi l’achat du parc Foresta et ses lettres Marseille, tandis que les marchés publics vont pouvoir être lancés pour aménager le parc de l’Annonciade (15e) à compter de 2026, sur 2 hectares. Enfin, les financements sont bouclés (2,7 millions d’euros, la moitié pour la Ville) pour le parc belvédère de Campagne L’Évêque (15e).
    Y.S.
  • Le dernier conseil municipal de l’année à Martigues sera dense

    Le dernier conseil municipal de l’année à Martigues sera dense

    Le conseil municipal promet d’être long. Ce jeudi 4 décembre, les élus de Martigues se réunissent à 17h45, comme à l’accoutumée, pour la dernière séance de l’année. À l’ordre du jour, 98 délibérations qui augurent des débats animés, à quelques mois des élections municipales.

    Parmi les points importants, plusieurs concernent le logement. Une délibération risque d’électriser les discussions : la cession de parcelles à la société Quartus, qui avait été retenue en juin pour la réalisation d’une résidence seniors de 163 logements dont 70% de logements sociaux sur le site de Figuerolles. À l’époque, le conseiller d’opposition (DVD) Jean-Luc Di Maria avait affirmé qu’il s’agissait « d’un choix discutable », pointant la distance du site, situé à l’angle de l’avenue Auguste-Baron et de la traverse Berthet, avec le centre-ville, « éloigné des commerces de la vie quotidienne est tout sauf adapté aux besoins de nos aînés ». Loin d’être un Ehpad, le projet, qui s’adresse aux personnes âgées autonomes, comprend des services de proximité, des salles de vie commune et des activités.

    Les élus devront également rendre un avis sur l’enquête publique du contournement autoroutier de Martigues/Port-de-Bouc, qui devait initialement s’achever le 29 octobre après un mois de discussions mais qui avait été prolongée par le préfet jusqu’au 13 novembre vu les nombreuses questions et inquiétudes que suscite l’ouvrage. Les réserves des uns et des autres seront débattues lors de la séance.

  • Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    Association Dar Yumi : la maison qui rassemble les mémoires

    La porte grande ouverte est une invitation à entrer. Les têtes passent. Promettent de ne pas rester trop longtemps et finalement s’installent autour de la table baignée de soleil, juste derrière la baie vitrée, avec un thé à la menthe. À peine rouverte après plus de six mois de fermeture, la boutique Dar Yumi, inaugurée par Amel Ben Messaoud en 2021 sur la place du Docteur Igonet, redevient un lieu de vie où les visiteurs se sentent comme à la maison. C’est d’ailleurs la signification de Dar Yumi. « La maison de ma mère », traduit la Port-de-Boucaine.

    À l’intérieur, des tapis amazighs chatoyants jonchent le sol, de la vaisselle en céramique faite à la main garnit les armoires, des livres et des affiches de calligraphies arabes habillent les murs. « Au départ, je voulais absolument remettre en lumière les objets avec lesquels j’avais grandi, qui m’ont été transmis par ma mère et ma grand-mère, qui étaient vraiment issus de mon patrimoine culturel », raconte Amel, qui s’est donc associée avec des coopératives de femmes au Maroc et en Algérie pour mener à bien ce projet.

    Une culture populaire vivante

    Pour la jeune mère de famille, ces artefacts ne sont pas de simples biens matériels. Ils sont le témoin d’une histoire intime, familiale tout en étant universels. Ils appartiennent à la culture, celle du geste du quotidien. « Pour moi, le devoir de mémoire se fait aussi par l’objet », confie-t-elle.

    Amel veut désormais aller plus loin. Elle qui a vécu au Canada, à New York et qui a fait ses études à Montpellier puis à Paris explique : « J’ai voulu rentrer à Port-de-Bouc parce que c’est un des rares endroits où le multiculturalisme a un vrai sens. La proximité avec les gens ici est dingue, c’est un village et les personnes de différents milieux sociaux, de différentes origines évoluent ensemble. Je le vois dans ma boutique, où les gens de tous horizons s’installent et me racontent leurs histoires. Maintenant il faut que je fasse quelque chose de ces récits, c’est plus possible que je les garde pour moi. » Pour y parvenir, le statut de Dar Yumi change pour passer de commerce à association.

    Désormais, la trentenaire veut travailler avec les différentes structures et associations présentes à Port-de-Bouc et encadrer des projets culturels intergénérationnels, à mener sur une année entière, pour aboutir à une exposition. Amel illustre : « Ça peut être une maman sénégalaise et un jeune d’origine marocaine qui travaillent ensemble sur un livre de recettes qu’ils ont chacun l’habitude de faire chez eux, avec des ateliers cuisine pour échanger et se transmettre leurs secrets. Ça peut aussi être un projet musical, dans lequel le rap old school et le rap actuel se répondent. La culture populaire doit être vivante. L’idée c’est que les adhérents se nourrissent les uns des autres. Chacun a un patrimoine culturel, a une mémoire individuelle qui, mis en commun, devient une mémoire collective. »

    La Port-de-Boucaine veut faire rayonner sa ville et son histoire ouvrière liée à l’immigration, mais cette association est aussi pour elle un moyen de rompre l’isolement des personnes âgées et d’aider la jeunesse à ne pas céder à l’appel du narcotrafic. « Il faut les faire sortir des quartiers, assène-t-elle. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Ça nous donne de la valeur. Et souvent, on apprend de nos aînés, qui représentent la sagesse et sont parfois un refuge. »

    Les premiers événements de Dar Yumi auront lieu le 10 décembre, avec un petit-déjeuner offert aux seniors à partir de 8 heures, puis un goûter à destination des jeunes à partir de 15 heures.

    Le prix de l’adhésion varie en fonction de paliers, voir sur place à la boutique Dar Yumi.

  • [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    [Entretien] Hervé Cilia : « Nous voulons maintenir l’activité de l’Entraide »

    La Marseillaise : Le tribunal des affaires économiques a placé l’Entraide en redressement judiciaire, le 15 octobre dernier. Quelle est la suite pour vous ?

    Hervé Cilia : Il faut remonter au début. Il y a d’abord eu une conciliation qui n’a pas fonctionné. Ce que nous demandions, c’était de vendre notre établissement du Roy d’Espagne pour une somme aux alentours de 12 millions d’euros, afin de sauver L’Entraide et de pouvoir effectuer tous les investissements qu’il fallait. Si cela avait marché, nous n’en serions pas là maintenant. Nous avons basculé sur une procédure de sauvegarde de justice qui aurait pu aller jusqu’au mois de janvier 2026, mais nous ne l’avons pas souhaité. Le fait que le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille nous empêchent de vendre notre bien au Roy d’Espagne, et des visites de l’Agence régionale de santé (ARS) sur certains de nos établissements qui nous ont obligés à réduire notre activité tout en maintenant les personnels, ont fait qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Cela avait un deuxième intérêt, de pouvoir renouer un dialogue avec nos autorités de tutelle, l’ARS et le conseil départemental. D’après ce que nous avons cru comprendre, ces deux autorités auraient une « perte de confiance » vis-à-vis de l’Entraide. Je ne comprends pas pourquoi. Nous sommes historiquement un partenaire, nous nous occupons d’un service public de santé vis-à-vis de nos seniors. Ce qui se passe aujourd’hui, c’est qu’un appel d’offres a été fait, soit pour assurer un partenariat avec notre association et redresser l’Entraide, soit pour pouvoir racheter tout ou une partie de notre activité. Ce qui nous importe, c’est de maintenir les 900 résidents sur place et les 700 salariés, de pérenniser leurs emplois. Que ça s’appelle Entraide ou autre, peu nous importe : nous voulons maintenir l’activité, qui est nécessaire et utile au département. C’est pour cela que nous ne comprenons pas la position du Département.

    En juin, le conseil départemental évoquait des solutions, et au mois d’octobre, il ne veut rien d’autre qu’un repreneur. Que s’est-il passé entre-temps ?

    H.C. : Rien justement. Les réunions prévues n’ont jamais eu lieu. Nous avons fait un plan avec nos administrateurs judiciaires, avec différentes options à proposer. Ce n’est que la veille de la séance que le Département nous a envoyé un courrier pour nous dire qu’ils réfutent toutes les options proposées et refusent de nous parler. Et on arrive comme ça au tribunal des affaires économiques. Le président était furieux, le procureur encore plus !

    Comment l’expliquez-vous, ce revirement ?

    H.C. : Je pense que le Département des Bouches-du-Rhône se ment à lui-même et n’a pas les moyens. En revanche, ce qu’ils peuvent faire, c’est nous autoriser tout simplement à augmenter le prix de journée. Non seulement on nous interdit de vendre nos propres biens, mais en plus, c’est le Département et l’ARS qui nous fixent nos tarifs, et à chaque fois qu’on demande une augmentation, ils refusent.

    Vous avez aussi évoqué la situation de l’Ehpad de Pélissanne, dont l’ARS demande la fermeture…

    H.C. : Nous avons appris la nouvelle par une publication Facebook du maire de Pélissanne qui, lui, a prévu un Ehpad privé dans son plan local d’urbanisme. Nous avons des résidents qui sont là depuis plus de vingt ans, nous avons une résidente de 104 ans ! Est-ce que vous pensez vraiment qu’on peut déplacer une dame de 104 ans sans qu’il n’y ait des conséquences dramatiques ? Personne n’a compris. L’ARS dit qu’il y a une urgence à fermer, mais on se donne six mois. Alors, je ne vois plus le caractère d’urgence ! Ils parlent de maltraitance institutionnelle, parce que le jour où ils sont venus, il y avait moins de personnel avec les vacances et des arrêts maladie. Mais les soins étaient assumés dans la journée. Et ils se basent sur cette unique journée pour nous faire fermer six mois reconductibles !

    L’ARS parlait quand même de trois décès « potentiellement évitables » en un été…

    H.C. : Nous ne sommes pas en prison, nous ne fliquons pas les résidents ! Le fils d’un autre résident a ouvert le portail et l’a laissé partir. Quand on s’en est aperçus, on a immédiatement appelé la gendarmerie, ils ont fait une battue et ils l’ont retrouvé le lendemain, décédé. Pour le deuxième, est-ce que c’est évitable un suicide, quand une personne l’a décidé… Ceux-là, on n’a pas pu les éviter, mais il n’y a pas eu de négligence ou de maltraitance de notre part. En revanche, ce qui va être entraîné par le déplacement des personnes, là, c’est évitable ! Les familles sont remontées et nous sommes main dans la main avec les syndicats, nous sommes dans la même galère.

    Que va-t-il se passer après l’audience du 7 janvier ?

    H.C. : Le redressement court jusqu’en juillet. En janvier, on verra les offres sur la table. Elles vont être soumises à l’agrément du conseil départemental. Même là, on ne peut pas choisir qui va reprendre ! Si tout était refusé, le bout du bout, c’est une liquidation. Mais nous avons 50 millions d’actifs, nous serions les morts les plus riches du cimetière ! Si le conseil départemental et sa présidente souhaitaient mettre 700 personnes au chômage du jour au lendemain, ils auraient affaire aux syndicats. En pleine campagne des municipales, ce serait maladroit.

  • Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Le groupe Entraide placé en redressement judiciaire

    Moins de neuf mois après l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, le groupe Entraide a été placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Marseille le 15 octobre dernier. Un jalon de plus pour l’association qui gère sept Ehpad et autant de résidences autonomie dans les Bouches-du-Rhône. Grevée aujourd’hui par une dette de 37 millions d’euros, celle-ci devait assumer ses lourds investissements alors que l’activité s’était effondrée avec le Covid, s’alarmait le commissaire aux comptes qui avait rendu une « opinion avec réserve » sur le bilan de l’année 2023 face à une « incertitude significative liée à la continuité d’exploitation ».

    Pour le groupe Entraide, cet automne avait été fixé comme la période ultime pour recevoir un projet de plan de sauvegarde en raison des délais légaux, retraçait lors de l’audience du 6 octobre dernier l’administratrice judiciaire nommée au début de l’année. « Malgré des relances avec une certaine insistance, les administrateurs judiciaires n’ont pas été destinataires d’un projet de plan à ce jour », s’alarmait-elle. Et pour cause. Alors même que le conseil départemental assurait au mois de juin, au travers d’une délibération pour rembourser des dettes de l’Entraide, que « des scénarios sont désormais à l’étude pour une pérennité du groupe » à travers des cessions, des revalorisations des prix, de nouvelles subventions (notre édition du 27/06), celui-ci semble avoir changé de braquet.

    Ainsi lors de l’audience, le président de l’association Hervé Cilia craignait qu’il y ait une volonté de « tuer l’Entraide », partageant son sentiment « que l’association est mise à l’épreuve et que des obstacles lui sont ajoutés jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus les relever », comme le reprend le jugement. En filigrane, on retrouve les deux dossiers qui ont mis l’association sous les projecteurs médiatiques. La vente de la résidence autonomie du Roy d’Espagne, dans les pinèdes du 8e arrondissement de Marseille, et la fermeture ordonnée par l’agence régionale de santé de l’Ehpad du Clos Saint-Martin à Pélissanne le 12 septembre après les décès considérés comme « potentiellement évitables » de trois résidents cet été (notre édition du 30/10).

    En face, la représentante du conseil départemental jurait que celui-ci « est très préoccupé par la situation », mais qu’il reprochait à l’Entraide « des carences dans la planification ainsi que la gestion de ses budgets depuis plusieurs années ». De quoi étonner le président du tribunal. Alors que la procédure avait été ouverte au mois de janvier, celui-ci n’entendait que lors de l’audience « qu’un plan de continuation ne serait pas intéressant ». Et de s’interroger ouvertement « sur la vision du donneur d’ordre ». L’administratrice judiciaire elle-même indique qu’elle a sollicité la collectivité pour déterminer le nombre d’établissements à maintenir, sans réponse. La représentante du Département balaie : celui-ci « n’a plus confiance et ne souhaite pas soutenir un plan de continuation ». Ne laissant la porte ouverte qu’à d’éventuels repreneurs.

    Salariés éprouvés

    À l’audience, les administrateurs judiciaires minimisaient la situation à l’Ehpad de Pélissanne avec des mots dans la presse « qui n’ont pas lieu d’être ». Mais sans cacher leurs inquiétudes « sur la situation des autres établissements et sur l’accélération de la dégradation constatée ». « Les salariés se sentent, eux, abandonnés », alertait de son côté la représentante du conseil social et économique. Et de rappeler que la situation de l’association résulte « uniquement des conséquences de décisions politiques » faute de soutien du Département ou de l’ARS.

    Face à « son périmètre humain trop important pour ne pas utiliser tous les outils à la disposition du tribunal afin de trouver des solutions de sortie positive », celui-ci a donc prononcé le redressement judiciaire, donnant un pouvoir de représentation aux administrateurs judiciaires « pour tous les actes de gestion ». Rendez-vous est donné le 7 janvier pour apprécier la capacité de l’association à maintenir son activité. « La liquidation judiciaire potentielle sera également abordée », prévient le jugement.

    Sollicité, le Département n’a pas donné suite. L’association a indiqué qu’elle répondrait ultérieurement.

  • Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Les foyers seniors partagent la recette contre l’isolement

    Attablées autour d’un cassoulet, Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté papotent. « On dit du mal de nos enfants, on critique le gouvernement… On se confie les unes aux autres et on ventile quoi ! », glisse la cadette de 70 ans entre deux bouchées, un air espiègle accroché au visage.

    Le petit groupe d’amies s’assoit toujours à la même table. Celle au fond à droite de la grande salle du foyer Maurin. « On a toutes notre chaise attitrée », affirme Micheline. Les habitudes ont la peau dure. Il faut dire que certaines viennent depuis des dizaines d’années, comme Graziella. « J’ai commencé à venir avant mes 70 ans, j’en ai 95 ! », lâche-t-elle. Ce rendez-vous quotidien, à l’heure du déjeuner, leur permet de sortir de l’isolement. « Maintenant qu’on est seules, ça fait du bien de se retrouver », confie Maïté. Chaque jour de la semaine, environ 180 seniors prennent leur repas dans les trois foyers de la ville. Quelque 160 autres bénéficient du portage.

    Une régie municipale

    Le responsable du service seniors de la Ville, Gabriel Perez, explique : « On pratique des tarifs très accessibles pour permettre à nos retraités inscrits au Centre communal d’action sociale d’accéder à des denrées locales de qualité et à des repas équilibrés. » Car, si le prix réel de ces portions se situe entre 11 et 15 euros, ils ne reviennent qu’à 1,20 euro (en foyer) ou 1,50 euro (à domicile) aux bénéficiaires.

    Derrière, c’est la cuisine centrale qui assure la production. La régie, en gestion directe depuis la rentrée dernière, travaille avec une quinzaine de producteurs berrois pour sortir 1 800 repas par jour, destinés aux séniors, mais aussi aux enfants des maternelles et écoles primaires de la commune. « On pratique la politique de la terre à l’assiette », se satisfait le directeur du pôle de restauration, Franck Vivet.

    Habituellement, les employés de la régie préparent les recettes dans leurs locaux. Mais, depuis début octobre, la Ville fait dans l’expérimentation avec des animations type « cuisine spectacle », schématise Franck Vivet : les cuisiniers viennent concocter les repas sur place. « Ça nous permet d’avoir leurs retours directs, d’être au contact, ce qui est rare, et puis ça sort nos bénéficiaires de leur routine », poursuit le directeur de la régie. Un pari réussi, pour Graziella, Micheline, Marylou, Odile et Maïté, qui applaudissent chaudement les restaurateurs à la fin du repas.

  • L’entreprise varoise Atchoum, une solution pour la mobilité des seniors

    L’entreprise varoise Atchoum, une solution pour la mobilité des seniors

    Une belle success-story. Lancé en 2019 par Vincent Desmas, entrepreneur varois, à Méounes, Atchoum ne cesse de s’étendre. Désormais présente dans 800 communes (dont 9 dans le Var, pour près de 4 300 trajets depuis 2019) et 28 départements, cette plateforme (en ligne ou par téléphone) offre aux personnes âgées – et à toute autre personne – des solutions pour les déplacements du quotidien, grâce à deux options : réserver un trajet déjà proposé, ou faire une demande de trajet solidaire précis, à laquelle peuvent répondre les conducteurs. Ceux-ci sont contactés via l’application (ou le site), ou directement par les communes en cas de réservation par téléphone, et défrayés par les usagers.

    Avec une efficacité importante puisque 90% des demandes de trajets sont satisfaites. Pour les communes, le coût de l’abonnement est moindre (de 1 à 0,60 euro par habitant, par an, selon la taille de la commune).

    Plus d’infos sur www.atchoum.eu

  • Chez les seniors, des clés pour ne pas battre en retraite

    Chez les seniors, des clés pour ne pas battre en retraite

    Laurence attend un beau cadeau d’anniversaire. Ce jeudi, cette Avignonnaise fêtait ses 51 ans et espérait retrouver un travail. « Je suis au chômage depuis juin, je n’avais quasiment jamais connu cette situation jusque-là. Je suis assistante polyvalente, on m’avait rassuré en disant qu’il y avait des offres mais c’est compliqué », constate-t-elle. Son âge est un frein selon elle. « Je l’ai enlevé de mon CV depuis peu pour passer un premier filtre et avoir des entretiens », expose-t-elle.

    Des Laurence, le bassin du Grand Avignon en compte 6 400. Autant de seniors, soit plus de 50 ans selon France travail, en recherche d’emploi. Autres éléments chiffrés : 32% des seniors du territoire sont à France travail depuis plus d’un an, contre 21% en moyenne pour les autres catégories. Enfin, 28% d’entre eux ont un taux de retour à l’emploi sur un mois contre 38% pour les moins de 50 ans. Des statistiques éloquentes exposées ce jeudi matin à l’hôtel de ville d’Avignon. Dans le cadre de la Semaine bleue, la municipalité y organisait avec France travail une matinée dédiée à l’emploi des seniors. « Cela conjugue la volonté de la Ville d’offrir ce service à ses habitants, au moment où le gouvernement dit qu’il n’y a pas de fatalisme sur l’emploi et alors que France travail déploie une offre de services renforcée pour les seniors où on met le paquet sur l’accompagnement personnalisé », campe Jean-Louis Peignien, directeur de l’agence France travail d’Avignon.

    Bientôt un actif sur trois

    à plus de 50 ans

    Lors de la table ronde, on cajole ces jeunes seniors à coups de « talents expérimentés » en insistant dans la vie des entreprises à lutter contre les stéréotypes sur l’âge, à encourager le partage des compétences et former sur la 2e partie de carrière. « D’ici à 2030, un actif sur trois aura plus de 50 ans, rappelle Fabrice Greffet, directeur des relations publiques du groupe d’insertion La Varappe, et président du comité inclusion du Medef Sud. On a longtemps perçu les seniors comme trop chers et moins adaptables, or c’est une ressource à ne pas négliger. » « L’âge n’est pas un sujet dans l’entreprise », assure la DRH d’ID Logistics qui constate « un frein » chez les seniors à candidater. Présent au job dating, Rémi Marconnet, directeur de l’agence Laforêt à Avignon, note que « 70% de ses employés ont plus de 50 ans ». Il recherche tous les profils. « Dans l’immobilier, avoir du vécu est rassurant aussi bien pour nos acheteurs que nos vendeurs », plaide-t-il.

    Micro en main, Marie-Ange, « licenciée après 38 ans de boîte au sein d’une entreprise qui a été liquidée », vient apporter des bémols. « L’expérience peut être un moins, j’ai eu de multiples entretiens dont un où on n’était plus que deux et c’est la plus jeune qui a eu le poste, l’âge a pesé dans la balance », témoigne-t-elle et perdant « un peu confiance » au bout d’un an de chômage. Une autre parle « d’une convention d’immersion de 15 jours réussie » qui a débouché sur un emploi pérenne. « On sait qu’après 50 ans ça peut être compliqué quand on est charpentier par exemple mais ces profils-là peuvent ensuite former les plus jeunes », fait valoir Anne Chabrier, chargée de mission chez France travail. Et montrer ainsi que la valeur traverse le nombre d’années.

  • Une application pour dépister les fragilités du vieillissement

    Une application pour dépister les fragilités du vieillissement

    Beaucoup de monde a répondu, ce mardi, à l’invitation lancée par le centre communal d’action sociale de Toulon pour assister à la présentation de l’application gratuite Icope* (Integrated Care for Older People). Elle permet de prévenir la dépendance grâce à un dépistage précoce des vulnérabilités au niveau de la mobilité, de la nutrition, de la cognition, de la vision et de l’audition. Mais, aussi, concernant l’état psychologique. L’objectif étant d’éviter le plus longtemps possible une perte d’autonomie qui fait peur à tout le monde. Et pas uniquement aux aînés, qui représentent l’essentiel de l’auditoire ce matin-là, les professionnels étant attendus dans l’après-midi.

    « Je suis kiné en retraite et je m’occupais justement de personnes âgées en fin de vie, à domicile. Alors, je connais bien le sujet, j’y ai été confrontée pendant des années avec tous les patients », confie avant le début de la conférence Monique Menu, bien décidée à essayer d’appréhender au mieux ce nouvel outil qu’on vient lui présenter, pour elle-même ce coup-ci.

    Prévenir la perte d’autonomie

    « On est tous là pour la même raison, je crois : c’est continuer à vivre en ayant un peu la patate, quand c’est possible », explique plus loin Cathy, une jeune infirmière retraitée. Et d’ajouter : « Comme je vois tout le monde s’écrouler autour de moi, je suis curieuse de tout ce qui peut éviter de prendre le même chemin. Vous savez, La moyenne de vie dans les Ehpad c’est entre 6 mois et 2 ans. »

    Samia, une retraitée de l’hôpital public, le dit avec d’autres mots : « J’ai une voisine qui a perdu du jour au lendemain son autonomie. Alors, on se dit qu’on sera peut-être les prochains… »

    « Le but de cette journée est d’informer la population et les professionnels de santé sur ce nouvel outil, qui permet aux seniors de pouvoir se tester eux-mêmes et être acteurs de leur vieillissement », explique la vice-présidente du CCAS de Toulon, Dominique Andreotti. Et d’insister sur l’importance, là encore, d’un diagnostic précoce.

    C’est un outil disponible sur les smartphones qui permet de s’autodépister afin d’accélérer le cas échéant la mise d’un plan de soins et de prise en charge du sujet âgé à partir de 60 ans, précise Frédéric Rodrigues, le directeur du Gérontopôle du Sud.

    Une autoévaluation déjà expérimentée dans la région de Toulouse, qui est aujourd’hui appelée à se développer sur tout le territoire, « afin d’accompagner au mieux cet axe de prévention nécessaire pour permettre le bon vieillissement de notre population ».