« Un mot caractérise ceux qui ont lutté contre cette idéologie nazie : le courage ! (…) En ces temps troublés, restons attentifs à ce que les idéaux nés du Conseil national de la Résistance tels que les services publics, la solidarité nationale, la Sécurité sociale (…) ne soient sacrifiés sur l’autel de la mondialisation, de l’indifférence et du renoncement au combat. »
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À Martigues, la mémoire comme bouclier contre les discours de haine
Un peu après 11h, le son des trompettes et des tambours remonte de l’avenue Pasteur. Le défilé termine sa course devant le Monument aux morts de la place du 8-Mai-1945. « Une date qui marque la victoire de la liberté sur la barbarie, la défaite du nazisme et le retour de l’espérance », rappelle le maire communiste, Gaby Charroux.
Derrière la « joie légitime » des peuples meurtris après six ans de guerre « demeurait une réalité impossible à effacer : celle d’un continent dévasté et d’un bilan humain d’une ampleur vertigineuse », poursuit l’édile. Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale a engendré la mort de plus de 60 millions de personnes, dont la moitié de civils et plus de 6 millions de Juifs.
« Ce qui distingue cette guerre des précédentes, c’est qu’elle fut aussi une guerre idéologique, une guerre pensée, organisée et conduite au nom d’une idéologie raciste, antisémite et profondément inégalitaire », appuie Gaby Charroux, évoquant les camps de la mort, les persécutions et exterminations visant les tsiganes, les opposants politiques, les résistants, les homosexuels et les handicapés.
Que les jeunes participentLe maire s’interroge : « Comment la haine a-t-elle pu devenir un projet politique ? C’est une question essentielle pour comprendre le passé, mais aussi éclairer l’avenir. L’histoire nous enseigne que les grandes catastrophes humaines ne surgissent jamais brutalement. Elles s’installent progressivement à mesure que les discours de haine se banalisent, que les préjugés s’installent, que les discriminations deviennent tolérables et que l’indifférence remplace la vigilance. » À l’heure où l’extrême droite opère une montée dans l’opinion publique, le devoir de mémoire et la transmission sont plus que jamais essentiels.
Jen-Luc Duthoit s’y emploie. Porte-drapeau depuis 28 ans après avoir fait une carrière militaire, il embarque dès qu’il peut son petit-fils de 12 ans, Nathan, dans les commémorations. « Il faut que les jeunes participent. J’essaie de lui rappeler les valeurs de paix pour préserver notre liberté. »
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Un bal patriotique pour commémorer la victoire en toute convivialité
Assise à l’ombre des fanions tricolores, Jeanine observe son amie valser sur la piste au son des trompettes, sourire aux lèvres. « J’adorais danser, mais je n’ai plus les jambes », confie la retraitée de 92 ans. Mais peut-être trouvera-t-elle la force de se lever « si un beau jeune homme », vient le lui proposer, plaisante-t-elle, bien qu’il y ait « plus de vieilles dames que de jeunes hommes ».
Ne pas oublierPeu importe, le bal patriotique du 8-Mai est une bonne occasion de sortir entre amis. « On est huit voisins à être venus manger un bout dans le parc et profiter de la musique, glisse-t-elle. C’est agréable et on a la chance d’avoir le soleil avec nous ! »
Après s’être arrêté dans les villes de Marseille, Arles, La Ciotat et Aubagne, l’événement se tient donc dans le parc municipal François-Mitterrand de Châteauneuf-les-Martigues.
La présidente du Département, Martine Vassal (DVD), détaille : « C’est un moment convivial, mais c’est surtout un moment de mémoire, puisque nous fêtons une fin de guerre. C’est fondamental dans le monde actuel, qui est très anxiogène, de pouvoir faire ce travail de transmission, qui se fait aussi au quotidien grâce aux associations. Il faut expliquer ce qu’il s’est passé pour que les horreurs de la guerre ne se reproduisent plus. Il ne faut jamais qu’on oublie que beaucoup de nos aînés ont sacrifié leur vie pour qu’aujourd’hui, on vive en liberté. »
Venue de Marseille avec ses deux enfants pour profiter des animations gratuites et familiales, Léa a saisi l’occasion pour leur expliquer la Seconde Guerre mondiale. « C’était une bonne opportunité d’apprendre à mon fils de 7 ans ce que c’est que le 8-Mai. Il n’a pas encore vu ça à l’école, mais je pense qu’il a compris grâce au contexte actuel. Je lui ai dit que la guerre qu’il y a là-bas, autrefois, elle était ici. »
Dans le public, Ginette, 100 ans, se rappelle du 8 mai comme si c’était hier : « On a d’abord eu la nouvelle par la radio, puis c’était dans tous les journaux. On était tellement contents que ce soit fini… Impossible d’oublier ! »
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Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de 1943, appelle à la paix
Antoine Mignemi est l’un des derniers survivants de la rafle de Marseille, qui s’est déroulée entre les 22 et 24 janvier 1943, dans le quartier Saint-Jean. Aujourd’hui président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, il témoigne de cette tragédie, un épisode terrible, souvent occulté, dans l’histoire de la ville et qui a vu le dynamitage de tout le quartier par les nazis : 1 500 immeubles, 838 commerces et 82 rues ont disparu.
Le survivant de cette rafle, âgé de 88 ans, se souvient : « C’était un quartier très populaire, cosmopolite, il y avait beaucoup de nationalités qui vivaient ensemble, qui s’entendaient bien, quelle que soit leur religion. C’était une population de travailleurs ». Repère de la Résistance, les nazis voulaient la destruction ce qu’ils appelaient « la verrue de l’Europe » en représailles à une série d’attentats.
Antoine Mignemi est né à Marseille en 1937 de parents immigrés d’origines siciliennes. Sa famille fait partie des 20 000 Marseillais arrachés de leur foyer, début 1943. Sous prétexte de « nettoyage du quartier », la police française participe à cette rafle dont les documents décrivent une « évacuation volontaire ». Antoine Mignemi précise : « Ils laissaient entendre qu’on allait revenir rapidement ». Emmené de force au camp de Fréjus, ancien site militaire abandonné, il y passe une quinzaine de jours : « La faim nous a tenaillés les tripes. » Parmi les raflés, 500 Marseillais sont déportés au camp de rétention de Compiègne, avant d’être envoyés dans les camps de concentration de Sachsenhausen, Mauthausen et sur l’île d’Aurigny. Ils sont choisis à partir d’une liste. Le rescapé explique que « sur cette liste, il y avait les gens “indésirables”, notamment des communistes, socialistes, antifascistes ».
À leur retour à Marseille après leur passage à Fréjus, les membres de la famille d’Antoine Mignemi ont l’interdiction de rentrer chez eux. Du 1er au 17 février 1943, le quartier de Saint-Jean est dynamité. Pour Antoine Mignemi, « le drame se poursuit » : « Nous sommes tombés dans une misère complète, en perdant notre logement et notre lieu de travail, un salon de coiffure situé 140 quai du port. Cette misère a duré des années. »
« Soyons vigilants »Il précise : « Il a fallu attendre la plainte déposée par Me Pascal Luongo pour que cette histoire ressurgisse. » C’est en 2019 que la plainte est déposée dans le but d’inscrire cette rafle comme « crimes contre l’humanité ». La même année, le Collectif Saint-Jean est né, avec l’objectif de faire reconnaître cet épisode tragique.
L’exposition « La part visible des camps », proposée jusqu’au 8 mai aux Rotatives de La Marseillaise, présente un panneau dédié au souvenir de cette rafle (notre édition du 5/05). Lors du vernissage, lundi, Antoine Mignemi a pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs, que les guerres ne sont pas une fatalité, que les hommes et les femmes ont le droit à la paix et au bonheur. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir […]. Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre. »
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Les rendez-vous du 8-mai en région Paca
Bouches-du-RhôneMarseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.
Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.
Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille. Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.
Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.
Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.
Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.
Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.
Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.
Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.
Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.
Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,
10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.
La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.
VarToulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.
La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.
Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.
Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.
Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.
Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.
VaucluseAvignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.
Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.
Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.
Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.
Alpes-de-Haute-ProvenceManosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.
Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.
Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.
Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.
Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.
La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.
Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.
Hautes-AlpesBriançon. 11h, au monument aux morts.
Gap. 11h, au monument aux morts.
Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.
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Les cérémonies du 8 mai dans le Gard et l’Hérault
Aussi étrange et inquiétant que cela puisse paraître, ce jour qui a changé la face du monde n’est pas connu de tous les Français. Au travers de plusieurs études, on estime entre 20 et 30% des Français qui ignorent la signification exacte du 8 mai 1945. C’est particulièrement vrai chez les jeunes générations parfois confuses sur le sujet. Preuve que le devoir de mémoire ne doit jamais s’éteindre et qu’il est important d’assister le plus souvent possible, avec ses enfants, à ces cérémonies du souvenir. À l’heure où l’Éducation nationale est décriée et où l’instabilité politique du monde inquiète et où le fascisme fait son retour, rendre hommage à ceux qui ont donné leur vie pour leur pays est un devoir de citoyen.
HéraultMontpellier. 9h30, monument aux morts.
Sète. 11h : Cérémonie au monument aux morts du jardin du Château d’eau, au parc Simone Veil.
Béziers. Rassemblement à 11h devant la mairie. Cortège jusqu’au monument aux Morts situé devant l’église pour un dépôt de gerbe. Second cortège jusqu’au cimetière pour un dépôt de gerbe au monument aux Morts.
Lattes. 11h, parvis de la mairie. Lavérune. 11h, place de la mairie.
Lunel. 10h30, parvis du musée Médard : départ d’un défilé ouvert par des véhicules militaires de collection suivi par les portes drapeaux et les associations d’anciens combattants. Cérémonie à 11h au parc Jean Hugo.
Aniane. 11h, place de l’hôtel de ville Lodève. 11h, monument aux morts Balaruc-le-Vieux. 11h, monument aux morts.
Bouzigues. Rassemblement devant l’ancienne mairie à 9h50, avant que le cortège ne se mette en marche à 10h en direction du monument aux morts, place de la Victoire, Bouzigues
Agde. 9h30 – 12h30 / 14h00 – 18h00 : reconstitution de la seconde guerre mondiale et visite des bunkers. parking Antoine Groignard, La Tamarissière. 11h00 : commémoration officielle, monument aux Morts. Cimetière Vieux.
Mudaison. 11h, monument aux morts, situé au cimetière.
Paulhan. 11h : départ du cortège depuis la mairie ; 11h15 : dépôt de gerbe au monument du Général Stefanik ; 11h30 : dépôt de gerbe au monument aux morts.
GardNîmes. 11h30, place du 11-Novembre, monument aux morts.
Alès. 11h, square Verdun, jardins du Bosquet.
Bagnols-sur-Cèze. 10h, Monument Privat, route des Cévennes ; puis 11h, départ place Mallet vers les monuments aux morts.
Beaucaire. 11h, cimetière de la route de Saint-Gilles, monument aux morts, Saint-Gilles. 11h, Place Jean Jaurès, monument aux morts.
Vauvert. 12h, place de la Liberté, monument aux morts.
Aigues-Mortes. 11h, monument aux morts.
Uzès. 11h15, avenue de la Libération, monument aux morts. Pont-Saint-Esprit. 11h30, devant le monument aux morts. Marguerittes. 11h, monument aux morts.
Les Angles. 11h, monument aux morts du vieux cimetière, rue Alphonse-Daudet.
Manduel. 11h, départ de la place Bellecroix vers le monument aux morts.
Caissargues. 9h, monument aux morts.
Cendras. 11h, place SalvadorAllende, monument aux morts.
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L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai
Le 8 mai 1945 marque « la capitulation sans concession de l’Allemagne nazie » et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. « Notre combat est celui pour la paix, la guerre à la guerre, et contre les idées de l’extrême droite », insiste Patrick Saintenoy, président de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) des Bouches-du-Rhône. Elle fut « la seule association d’anciens combattants à dire non à Pétain ». Tous ses dirigeants furent arrêtés et fusillés.
Ce 8-Mai inscrit dans la mémoire collective comme la date de la victoire sur le fascisme et la barbarie reste « une date fragile », note Jean-Marie Guillon. Supprimé en 1959, redevenu férié en 1982, « ce jour est concurrencé dès 1945 par le 11 novembre, il y a le 18 juin pour les Gaullistes, les fêtes de la Libération dans les communes, et cet éclatement du souvenir de la Seconde Guerre mondiale entre diverses mémoires », poursuit le professeur d’histoire honoraire d’Aix-Marseille Université. « Perdus dans les fériés de mai, beaucoup ne savent plus ce qu’il représente, or une commémoration ne tient que s’il y a une adhésion populaire mais le 8 mai n’a jamais joué le rôle rassembleur du 11 novembre ».
Quatre-vingts ans plus tard, cette commémoration ne relève pourtant pas que du souvenir. Ce repère historique et républicain interroge le présent. La défaite militaire du nazisme n’a pas été celle des idéologies autoritaires. Les résistants en avaient conscience et ont accompagné la Libération d’un projet politique et social ambitieux, celui du Conseil national de la Résistance. Le programme des Jours heureux a posé les bases de l’État social français avec un objectif clair : tarir les sources économiques, sociales et politiques ayant permis la montée du fascisme dans les années 1930.
Un héritage détricoté depuis des décennies, désormais au cœur d’une autre bataille. Résistance, peuple, patriotes, souveraineté, liberté, ces mots et notions forgés dans le combat contre l’occupant nazi sont aujourd’hui employés à rebours de leur sens originel. Là où la Résistance portait un projet d’émancipation collective, l’extrême droite s’en sert pour légitimer le repli, l’exclusion ou la contestation de l’État de droit.
« Ils captent cet héritage de façon complètement indue. Ce vol a commencé dans les années 90 et n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que l’extrême droite a prospéré et cherché à se donner une image respectable. Le père Le Pen disait qu’il était pour la Résistance. C’était celle à l’immigration, il jouait déjà sur les mots », rappelle Jean-Marie Guillon. Une inversion sémantique qui affaiblit les repères et brouille la mémoire.
Ne pas se laisser voler
le 8-MaiAujourd’hui, les représentants d’un courant dont le principal parti, le Rassemblement national, a été fondé par ses adversaires, vont jusqu’à se ranger derrière la figure de De Gaulle. En nombre et en première ligne lors des commémorations. « Il faut se rappeler l’histoire, ils l’ont condamné à mort quand il était colonel », reprend Patrick Saintenoy. « On parle de ça dans nos commémorations patriotiques où tout le monde est représenté. Ils sont élus, ils n’ont pas fait un coup d’État. Il ne faut rien renier de nos valeurs républicaines mais avec diplomatie. »
L’an dernier lors d’un hommage à la Résistance du maquis de Sainte Anne sur le plateau de Manivert, des anciens combattants ont tourné le dos au dépôt de gerbe du député d’extrême droite. À Marseille, où la mairie des 9e et 10e arrondissements est passée aux mains du RN, les communistes des 9-10, « fidèles à l’esprit de la Résistance » ont choisi de se détourner cette année de la cérémonie. « C’est une insulte que les héritiers du fascisme d’hier puissent rendre hommage à celles et ceux qui les ont combattus. Nous refusons de nous tenir aux côtés des représentants de nos ennemis historiques », justifie le PCF du 10e dans un communiqué listant les noms de rue donnés aux communistes tombés « face aux nazis et à leurs collaborateurs ».
Les « héritiers du parti des fusillés comme il était appelé à la Libération, ne se laisseront pas voler le 8-Mai » et déposeront des gerbes, hors du cadre imposé par le RN. « La gauche a laissé partir le patriote du côté de la droite et de l’extrême droite, laissant une confusion entre nationalisme et patriotisme. Or le patriotisme était intimement lié à l’idée de République », assure Jean-Marie Guillon.
Une bataille idéologique inscrite dans un contexte international marqué par la montée des droites autoritaires poussées par Donald Trump. Dans leur sillage, avec l’invasion russe en Ukraine et l’escalade en Iran signe de l’effondrement progressif du droit international hérité de l’après-guerre, ce
8-Mai ne peut être réduit à un rituel figé. Le Conseil national de la Résistance portait une intuition toujours actuelle : sans justice sociale, sans droits garantis, sans coopération, les idéologies de haine trouvent un terrain favorable.LES RENDEZ-VOUS
Bouches-du-Rhône
Marseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.
Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.
Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille.Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.
Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.
Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.
Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.
Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.
Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.
Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.
Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.
Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,
10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.
La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.
Var
Toulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.
La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.
Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.
Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.
Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.
Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.
Vaucluse
Avignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.
Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.
Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.
Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.
Alpes-de-Haute-Provence
Manosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.
Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.
Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.
Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.
Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.
La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.
Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.
Hautes-Alpes
Briançon. 11h, au monument aux morts.
Gap. 11h, au monument aux morts.
Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.
L’autre 8-Mai, hommages aux victimes des massacres de SétifPlusieurs cérémonies et manifestations auront lieu ce vendredi 8 mai, à Marseille, Martigues et Aix-en-Provence, pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens en 1945, à Sétif, mais aussi Guelma et Kherrata, dans le Constantinois. Le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, un défilé est organisé dans plusieurs villes d’Algérie. La situation dégénère rapidement et les rassemblements sont très férocement réprimés, répression qui aurait fait de 10 000 à 30 000 morts, selon les historiens. La Ville de Marseille organise vendredi 8 mai, une cérémonie au parc de la Porte d’Aix à 15h avec le dévoilement d’une plaque commémorative, la Ville de Martigues est à l’initiative d’un hommage au cimetière de Réveilla, à partir de 10h30 tandis que la France insoumise commémorera les victimes de ces massacres à Aix-en-Provence, place des Martyrs, à partir de 10h30.
Carmen Vollenweider
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Le Parti communiste pointe l’imposture du RN à l’approche du 8 mai
« N’ayons pas la mémoire courte ! » Voilà le titre du communiqué réalisé par le PCF Var, à quelques jours des commémorations de la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Comme chaque année, des cérémonies pour rendre hommage aux combattants et à tous ceux qui ont œuvré pour la victoire se tiendront dans l’ensemble d’un département marqué par le sceau de la résistance. De nombreuses figures historiques telles que les communistes Léon et Roger Landini, ou Gabriel Péri, en sont issues et ont combattu au sein des FTPF (Francs tireurs et partisans français) et des FTPF MOI (main-d’œuvre immigrée), créées par le PCF.
Cette année, toutefois, ces commémorations auront une résonance particulière : celles-ci seront présidées par un nombre croissant de maires d’extrême droite, RN en tête, notamment dans deux des cinq plus grandes villes varoises (La Seyne-sur-Mer et Fréjus), et dans plusieurs autres communes (Six-Fours, La Valette-du-Var, Signes, Puget-sur-Argens, La Motte, entre UDR et RN). Ce qui fait dire à Pierre Daspre, secrétaire départemental du Parti communiste du Var, qu’on « ne peut plus se contenter de commémorer la fin de la guerre », eu égard à la montée en puissance d’un parti frontiste « créé par des Waffen SS, en compagnie de Jean-Marie Le Pen, condamné à de multiples reprises pour incitation à la haine raciale et propos négationnistes et antisémites, en agglomérant plusieurs partis d’extrême droite ».
« Le RN est l’ennemi
des travailleurs »Un état de fait « qu’il ne suffit plus de marteler. On n’est plus en 1945, il faut aussi expliquer que le RN est l’ennemi des travailleurs », souligne-t-il. Car, au-delà de la résistance face à la barbarie de l’idéologie nazie, « le programme du Conseil national de la Résistance était très progressiste et les résistants réfléchissaient à une société meilleure. Ils dénonçaient, par exemple, le monopole de la presse et des industries. En son sein, les militants communistes ont porté le combat pour les nationalisations, la Sécurité sociale, ce qui a conduit à un progrès social énorme, encore plus fort que lors des temps du Front populaire », illustre-t-il.
À l’inverse, le secrétaire départemental du PCF dénonce « l’imposture sociale » et « les contradictions énormes » du parti présidé par Jordan Bardella, qui se positionne « en défenseur des travailleurs », quand, dans le même temps, « il est un allié objectif des grands tenants industriels et du monde de la finance, et qu’il déjeune avec le Medef ».
Les élus et militants communistes du département seront, comme le devoir de mémoire leur incombe, présent lors des différentes cérémonies, vendredi. Pierre Daspre les invite cependant à « ne pas être passifs », et à travers leur présence, à « rappeler ces faits et dénoncer la duplicité du Rassemblement national. Tous les camarades dans les sections doivent porter cela dans leurs villes ». Aucune “contre-manifestation” ou mobilisation annexe n’est cependant prévue, mais chacun est appelé « à prendre des initiatives », le 8 mai, et tous les autres jours de l’année.
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Un obus neutralisé par les plongeurs-démineurs au large du Prophète
Une opération de contre-minage a eu lieu, mercredi matin sur la plage du Prophète (7e), après la découverte d’un obus. Repéré par des nageurs lundi, l’engin de 57 mm ne présentait pas de menace immédiate et a permis aux plongeurs-démineurs d’attendre mercredi pour intervenir dans de bonnes conditions météo, d’après la préfecture maritime de la Méditerranée (Premar).
De lourds précédentsClôturée à 11 heures, l’intervention n’a nécessité l’évacuation que d’un seul nageur. Pour rappel, une opération de contreminage consiste à transporter la munition au large avant de la faire exploser afin de la rendre définitivement inoffensive.
Des restes des deux guerres mondiales ont déjà été retrouvés à plusieurs reprises sur le littoral marseillais. En 2016 notamment, le bataillon de marins-pompiers de Marseille avait repéré, lors d’un entraînement, une cinquantaine d’obus à seulement 25 mètres de profondeur, à 700 mètres des côtes, au large de la digue des Catalans (7e). L’opération de contreminage s’était alors déroulée en deux étapes, avec une première phase en février 2016, durant laquelle les démineurs de la Marine nationale avaient fait exploser 30 obus. La même année, en mars, une bombe britannique de 250 kg datant de la Seconde Guerre mondiale avait été retrouvée dans la zone portuaire de Marseille.
Entre 2014 et 2023, le nombre d’interventions réalisées par les démineurs est passé de près de 15 300 à un peu moins de 17 000, soit une augmentation de 10,5% en dix ans, selon un rapport du Sénat.

