Tag: second tour

  • À Aix, la configuration du second tour se dessine

    À Aix, la configuration du second tour se dessine

    Au lendemain du premier tour, Sophie Joissains, maire sortante (DVD), est placée largement en tête pour le second tour avec 39,41%. Derrière elle, Marc Pena, à la tête d’une union des forces de gauche et écologistes obtient 20,15% des voix. « Notre score est celui auquel on pouvait s’attendre », rapportait ce dernier, qui maintenait dans la foulée, n’envisager aucune fusion, (le parti Rev, menée par Mounir Ben Ammar n’ayant pas passé la barre des 5%) mais rencontrait les représentants de la France insoumise (8%), pour expliquer son positionnement. « Les conditions que (LFI) posent est un accord technique », justifiait le candidat. Mais, « l’électorat va se retrouver orphelin de ces listes mais il faut qu’on soit dans une dynamique pour attirer, faire en sorte que cet électorat puisse trouver dans cette liste ce qu’il a trouvé dans ce premier tour », détaillait Marc Pena. Ce lundi matin, la France insoumise informait avoir rencontré Marc Pena pour réaffirmer sa « disponibilité à la conclusion d’un accord technique pour le second tour ». « À leur demande, précise Marc Pena. On a discuté d’autres alternatives mais je leur ai expliqué qu’il était impossible que l’on accepte leur proposition, surtout dans une quadrangulaire où le nombre d’élus d’opposition serait moins important et en se retrouvant divisés avec deux élus un peu partout ».

    Joissains « constante »

    Cette même journée, dans l’après-midi, l’équipe de campagne de Sophie Joissains indiquait « que la liste Passionnément aixois vient d’être déposée pour le second tour. Il n’y a pas de nouveauté, il y a de la constance. Il y a une équipe qu’elle a su à la fois renouveler, conserver et construite comme elle l’a souhaité (…) ». La maire sortante estimait, à l’issue de l’annonce des résultats, que « l’intérêt de la droite et du centre serait sûrement que (Philippe Klein) se retire, en effet ». Toujours à droite de l’échiquier, les listes de Jean-Louis Geiger (RN), atteint 15,91%, tandis que celle de Philippe Klein, investit par Horizons, se maintenait elle aussi au second tour, avec un score de 11,80%. « Ces 12% que je représente sont 30% de ceux qui ont voté Joissains, ce n’est pas rien, rapporte Philippe Klein. J’ai toujours été un homme d’union, je suis toujours resté ouvert, à cette heure, j’ai une réunion avec des militants (ce lundi soir), pour savoir quoi faire, je n’ai pas eu de sollicitation concrète, ni eu de démarche concrète. Il y a des petits messages qui viennent de part et d’autre, mais qui ne sont pas entamés, non officiels », confie Philippe Klein, sans plus de détails. Il affirme, à ce stade, ne pas envisager de se retirer.

  • Le baron d’Istres, François Bernardini, en difficulté face à la percée de Prétot

    Le baron d’Istres, François Bernardini, en difficulté face à la percée de Prétot

    Arrivé en tête avec 42,6% des suffrages exprimés, Robin Prétot (LR) a une belle avance sur le maire sortant d’Istres, François Bernardini (DVG), et ses 32,25% des voix.

    « Les urnes ont parlé et le message est clair : le changement n’arrive pas, il est déjà là ! », se félicite le premier. Quand le deuxième accuse le coup : « Le premier tour s’est exprimé. Il a parlé avec la clarté propre aux rendez-vous démocratiques. Je l’entends avec gravité et respect. » C’est l’extrême droite qui conclut le podium avec Damien Broc (RN) à 18,63%. La liste divers gauche conduite par Stéphane Pailhous, avec 7,06% des voix se retire de la bataille. Ce dernier explique, sur les réseaux sociaux : « Ce n’est malheureusement pas suffisant pour nous maintenir au second tour et nous avons pris collectivement la décision responsable de ne fusionner avec aucune des autres listes. » Concrètement, pas de consigne puisqu’il appelle à « voter dimanche prochain en votre âme et conscience ».

    De quoi brouiller les cartes pour le 2nd tour ? En tout cas, on est bien loin des résultats de 2020 où François Bernardini, maire (ex-PS) depuis 2008, avait été réélu dès le premier tour avec 54,80% (7 912 voix contre 6 297 pour 2026). Il compte pourtant sur le soutien d’une grande partie du champ politique local, du PCF à Renaud Muselier (Ren.)…

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Martigues dimanche soir, Jean-Luc Di Maria est silencieux. Arrivé 3e avec 25,34% des voix, derrière le député RN Emmanuel Fouquart à 28%, le LR meneur d’une liste divers droite a depuis refusé, par deux fois, de nous répondre sur son maintien ou non dans le cadre de la triangulaire qui s’annonce au second tour.

    Mais lundi soir, le jeu de négociations en arrière-plan entre les deux candidats a donné lieu à une rupture, selon nos confrères de Maritima. Emmanuel Fouquart (RN) a proposé une alliance à Jean-Luc Di Maria que celui-ci a refusé après plusieurs propositions, selon le candidat d’extrême droite cité par Maritima.

    Plusieurs signaux avaient filtré en ce sens. Les colistiers de Jean-Luc Di Maria et d’Un avenir pour Martigues ne taisent pas leurs convictions, en ce lundi post-premier tour. « Le 22 mars, on fait la différence avec Di Maria ! » écrit par exemple Marie Fernandez, 16e de liste, sur son réseau social après l’annonce des résultats dimanche. « Le 22 mars, on a une occasion historique avec Jean-Luc Di Maria […] le 22 mars, c’est notre moment décisif, on vote Un avenir pour Martigues […] le 22 mars, on se mobilise, on agit », développe la candidate.

    « Jamais le RN »

    D’autres colistiers se sont aussi exprimés comme Patrick Buscail, (25e). « Martigues réveille-toi, fais confiance à Jean-Luc Di Maria […] tends-lui la main et dimanche le rêve deviendra réalité », a-t-il écrit lundi après-midi.

    Le candidat a entretenu le flou durant la campagne autour de sa position vis-à-vis du candidat d’extrême droite et de son parti, le RN. En 2020 le Républicain assénait en meeting électoral qu’il « ne céderait jamais aux alliances d’intérêt ou aux stratégies de calcul au risque de perdre mon âme, à commencer par une alliance avec l’extrême droite ». « Jamais je n’accepterai de rapprochement avec le RN », parti « de la haine, de l’exclusion, de la dictature […] un parti charognard », tançait le candidat. Mi-mars, Jean-Luc Di Maria répondait à Maritima que cette position était « obsolète » ayant « vieilli, grandi » tout en promettant ne pas avoir changé de position : « Jamais, droit dans mes bottes. »

    Mais le bruit des bottes se fait plus que jamais entendre dans la Venise Provençale. Le Républicain, par cette décision, n’a pas amplifié cette marche funeste.

  • L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    En début de soirée, c’est David Rachline qui, le premier, annonce sa réélection dès le premier tour avec 51,33% des voix. Le ton est donné. Sous le coup de nombreuses affaires judiciaires, l’ancien bras droit de Marine Le Pen s’est vu retirer l’investiture du Rassemblement national, de même que la vice-présidence du parti. L’édile conserve néanmoins ce qui peut désormais être considéré comme l’un des bastions de l’extrême droite dans le département.

    Puget-sur-Argens bascule dès le premier tour de la droite à l’extrême droite, remportée à 51,85% des suffrages par le candidat ciottiste soutenu par la section varoise du RN, Guillaume Decard.

    Un sursaut républicain contre Lavalette

    En 2014, le camp brun avait également ravi Cogolin. Dix ans plus tard, il pourrait perdre la commune. En cause, la guerre de succession que se sont livrés les anciens proches du maire sortant, Marc-Étienne Lansade, condamné à trois ans d’inéligibilité en juillet dernier pour abus de faiblesse. Sur les sept listes présentées aux électeurs, quatre étaient d’extrême droite et de trois listes divers droite. Un cas unique en France. Et c’est celle de d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), élue d’opposition qui fait la course en tête, avec 33,57%.

    L’ombre de la dynastie Le Pen continue de s’étendre sur le département où elle essaye d’asseoir son emprise. Comme à Toulon, où l’amie de Marine Le Pen, Laure Lavalette devance largement ses adversaires. Celle qui a mené campagne sans l’étiquette repoussoir est pourtant militante du parti depuis 1997, catholique intégriste et fervente opposante à l’IVG. Mais un front républicain se prépare (lire p. 13) et pourrait préserver la capitale du département varois.

    L’extrême droite en tête

    à La Seyne et Six-Fours

    Pour ce second tour, les regards seront tournés sur des communes où l’extrême droite peut l’emporter comme la Seyne-sur-Mer, où le parti nourrit de grandes ambitions. Le candidat Dorian Munoz, bien implanté localement, est largement en tête avec plus de 30% des suffrages exprimés à l’heure où nous écrivons ces lignes. Un duel très serré opposera le député Frédéric Boccaletti – connu pour avoir tenu une librairie négationniste à Toulon dans les années 1990 – candidat pour la quatrième fois à la mairie de Six-Fours au maire LR sortant Jean-Sébastien Vialatte. À ce stade seuls 66 bulletins séparent les deux hommes, qui comptabilisent respectivement 45,23% et 44,86% des voix.

    Le député lepéniste Philippe Schreck arrive légèrement en tête à Draguignan devant le maire sortant 44% contre 40%. Julien Argento, le candidat d’union des extrêmes droites (UDR-RN) est en tête à La Valette avec 38, 28% des voix.

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    À Arles, de Carolis est en tête et la gauche en phase de reconquête

    Victoire en demi-teinte pour le maire sortant d’Arles. Patrick de Carolis (Horizons) obtient 34,09% des voix à l’issue du premier tour, après six années d’une gestion vivement critiquée, tant par son opposition que par sa majorité, fragilisée par douze départs. Le candidat, qui a présenté une équipe renouvelée à 60%, s’est tout de même réjoui : « Notre liste est nettement en tête avec près de 9 points d’avance. Elle est en première position dans 29 bureaux sur 35. »

    Avec une ombre au tableau néanmoins pour le macroniste : le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), arrivé en deuxième position en améliorant son score par rapport à 2020 avec 25,38% des suffrages, contre 21,16% il y a six ans. « Un score plus qu’honorable dans un contexte national marqué par une droitisation et une poussée de l’extrême droite », que souligne la tête de liste en question, alors que Rémy Benson, éleveur investi par le RN, a obtenu 16,37% des voix. Pour rappel, le parti de Marine Le Pen n’avait fait que 8,5% avec la candidature de Jean-Louis Limonta en 2020. « La gauche résiste, nous avons résisté, nous sommes sur des ratios qui ne correspondent pas aux sondages qu’avait pu sortir La Provence il y a quelques semaines », assure Nicolas Koukas, saluant au passage le score de Jecilla Regad (LFI), 9,81%, qui ne lui permet cependant pas de se maintenir.

    La France insoumise a fixé lundi dernier ses conditions pour d’éventuels rassemblements avec d’autres listes de gauche au second tour, évoquant la possibilité d’une « fusion technique à chaque fois que le risque de la droite et de l’extrême droite existe ». Au niveau local, la candidate a cependant affirmé qu’elle ne donnerait pas de consigne de vote.

    « Ce sont les électeurs qui décident, pas les têtes de liste, réagit Nicolas Koukas. Moi j’ai toujours dit que si j’arrivais derrière Jecilla Regad je voterais pour elle, parce que je suis un homme de gauche et que je ne veux ni de l’extrême droite ni de la macronie. Pour moi, le choix est simple. Je fais confiance aux électeurs de gauche. »

    De Carolis appelle Jalabert à se retirer

    De son côté, Patrick de Carolis s’inquiète d’un « éparpillement des voix au second tour » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de notre ville ». Il appelle donc Jean-Michel Jalabert (DVD), son ancien premier adjoint ayant mené une liste dissidente que les Arlésiens et Arlésiennes ont placée en quatrième position avec 13,69% des voix, à « rester fidèle à ses propres valeurs ». Il lui demande de « faire preuve de responsabilité en se retirant afin de ne pas servir de tremplin au candidat communiste ».

    Un appel du pied qui restera sans réponse. Jean-Michel Jalabert se satisfait de son résultat et confirme qu’il sera bien sur la ligne de départ du second tour, tout en renvoyant la balle à son ancien patron, dont le score montre selon lui un « désaveu d’une grande partie de la population ». « Si notre équipe s’est montée, il y en a un qui porte une lourde responsabilité. Et le résultat de dimanche prochain, ce sera la responsabilité de Patrick de Carolis. On ne pourra pas me reprocher de ne pas être en accord avec moi-même, avec mes valeurs, et avec la façon dont tout le monde devrait faire de la politique », attaque-t-il.

    Nicolas Koukas, sourit devant la stratégie de Patrick de Carolis : « Ça prouve bien qu’il sent la difficulté qui est la sienne. » « C’est vraiment ce système-là mis en place depuis six ans qu’il faut aujourd’hui abattre et proposer une gestion qui soit encore plus près des Arlésiennes et des Arlésiens. »

    Aller convaincre

    Le candidat sera au travail dès ce matin, avec la reprise des porte-à-porte. « On a une semaine pour aller convaincre, notamment ceux qui ne se sont pas exprimés, particulièrement dans les quartiers populaires », affirme-t-il. En fin de journée, la participation à Arles était de 56,42%. Une progression de dix points par rapport à 2020, année Covid, où seuls 46,58% des habitants s’étaient déplacés aux urnes lors du 1er tour, mais qui n’atteint pas le niveau de 2014 (61,37%). En tout cas, à gauche, la motivation est là. « Rien n’est perdu, bien au contraire. J’ai fait beaucoup d’élections, et elles se gagnent aussi au second tour, assène Nicolas Koukas. Ce qui compte c’est le local, la manière de travailler, et nous on veut proposer une autre méthode. »

    « La gauche résiste, nous avons résisté »

  • À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    À Martigues, Gaby Charroux tient bon dans la tempête

    Martigues la républicaine tient bon dans la tempête ! » lance le maire (PCF) et candidat à sa réélection, au moment de proclamer les résultats définitifs du 1er tour des élections municipales pour la ville de Martigues dimanche soir.

    Devant la foule réunie au sein de l’hôtel de Ville, l’édile a annoncé dans l’ordre les 3,04% récoltés par Anne-Marie Sudry (DVG) ancienne adjointe (GRS) de la majorité, 7,9 % pour Frédéric Grimaud (DVG), tête de liste insoumise du Collectif citoyen martégal, suivi de 25,3% pour Jean-Luc Di Maria (DVD), candidat LR et de 28% pour le député RN Emmanuel Fouquart. Enfin, Gaby Charroux annonce que la liste d’union de la gauche et citoyenne qu’il conduit récolte 35,71% des voix, pour une participation de 57,55%, qu’il considère comme « pas très fameuse ». Et rajoute : « Mais il y a sans doute des raisons et c’est à nous d’aller chercher ceux qui ont manqué » remarque-t-il. Des résultats définitifs sous réserve de modification ultérieure.

    Triangulaire en vue

    Le maire sortant a fait part de sa « satisfaction et du plaisir » qu’il retient de la campagne. « Nous avons travaillé dur et nous sommes très contents des résultats qui nous placent en tête. On nous annonçait une vague RN mais on résiste ! Nous sommes devant le RN », jubile le candidat devant une assistance soulagée, répondant par des applaudissements et clameurs.

    Mais la campagne n’est pas terminée, avec le second tour déjà en tête pour le candidat communiste. « Il est très probable qu’il ne restera que 3 listes, nous allons mener bataille contre le RN et la droite », annonce Gaby Charroux. S’agissant d’éventuelles discussions avec d’autres candidats, le maire indique que « nous restons sur nos objectifs », estimant qu’il est « un peu tôt à peine après avoir annoncé les résultats ». « Nous avons besoin de réfléchir », considère-t-il, la nuit portant conseil, en attendant de « voir ce que les autres vont faire ».

    C’est peut-être là l’enjeu du second tour : les abstentionnistes. « Nous sommes en tête dans beaucoup de quartiers populaires mais avec une forte abstention », relève le maire sortant, se disant que c’est « à nous de travailler ceux qui n’ont pas voté ».

    Forte abstention

    D’autre part, l’édile pense aux voix issues des deux autres listes de gauche. « À nous d’aller chercher leurs électeurs pour qu’ils nous accompagnent pour faire barrage au RN. À eux de dire ce qu’ils veulent : le pouvoir au RN ou défendre les idées de la gauche comme ils l’ont affirmé dans leur campagne », tranche Gaby Charroux.

    À quelques pas, Frédéric Grimaud commente les résultats : « On est parti de 0 on fait 8% et c’est bien, on est content, on aurait peut-être préféré 10% mais ce n’est pas ce qui est important » estime le chef de file du Collectif citoyen martégal. « Ce soir je vois la droite cumulée au-dessus de la gauche. On réunit une assemblée ce soir pour une analyse collective » et la rédaction d’un communiqué. En attendant, l’insoumis l’affirme : « Soit le maire appelle à un front républicain et peut-être qu’on répondra, soit on fera un communiqué de second tour ».

    De son côté, Anne-Marie Sudry (DVG) n’a pas souhaité réagir dimanche soir. De l’autre côté, à droite, Jean-Luc Di Maria n’a pas non plus fait de commentaire.

  • [Vaucluse] À Entraigues, Carpentras et Bollène, la gauche en résistance pour se maintenir

    [Vaucluse] À Entraigues, Carpentras et Bollène, la gauche en résistance pour se maintenir

    Si à Velleron, Philippe Armengol (DVG) est seul en lice pour ces élections municipales et est assuré de rester maire, la situation est plus complexe pour la gauche dans le reste de Vaucluse. À Carpentras, Entraigues et Bollène, la gauche devra se battre pour rester au pouvoir.

    À commencer par la capitale du Comtat Venaissin où Serge Andrieu (DVG) se représente en tête de sa liste « Ensemble, fiers de Carpentras ». Maire depuis 2018 (suite à la condamnation du maire de l’époque Francis Adolphe pour violences contre son ex-compagne), il a été élu en 2020 et figure en tête d’après plusieurs sondages. Mais face à lui, Francis Adolphe se représente à nouveau, étant redevenu éligible. Et les deux anciens élus de la même majorité ne s’entendent plus. De là à aller jusqu’à une défaite de la gauche ?

    Car de l’autre côté de l’échiquier politique, les forces progressistes font face à trois listes d’extrême droite. L’élu d’opposition Bertrand de la Chesnais, directeur de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, se représente à nouveau après avoir récolté 39,17% des suffrages au second tour en 2020. Le député RN Hervé de Lépinau s’est lui présenté en urgence après la découverte de tweets racistes du candidat investi initialement par le parti à la flamme, à savoir Christian Richaud Simoni. Mais celui-ci s’est maintenu et présente une liste de son côté. Et selon les résultats, une union au second tour est envisagée selon nos confrères.

    L’héritage
    de Guy Moureau

    Après 42 ans en tant que maire d’Entraigues, Guy Moureau (PCF) ne briguera pas un 8e mandat et passe le relais à William Bouquet, non encarté, qui était pendant les deux derniers mandats adjoint aux sports et aux associations. Celui qui est responsable de formation et auparavant directeur d’un réseau de transport logistique se présente comme un « natif du village » qui n’a « pas envie qu’Entraigues tombe aux mains de personnes qui sont parachutées, qui ne connaissent même pas les rues de ma ville et sont là pour un parti national et pouvoir élire des sénateurs ». Car se présente en face de lui Catherine Chavrier (RN), candidate aux législatives 2022 sous l’étiquette Reconquête dans la cinquième circonscription de Vaucluse.

    Zilio et Barrière

    À Bollène, Anthony Zilio, officiellement sans étiquette mais issu du centre gauche, se représente aussi à nouveau après sa victoire en 2020 contre Marie-Claude Bompard (Ligue du Sud) avec 51,81%. Dans sa liste figurent de multiples sensibilités, de la droite à des proches du PCF. « Dans une ville de 14 000 habitants, il ne s’agit pas d’être de gauche ou de droite mais de bon sens ; ne nous dispersons pas sur les sujets nationaux quand les solutions sont locales », glissait-il. Mais se présente en face de lui le communiste Daniel Barrière qui « relance Bollène à gauche », nous confiait-il en novembre dernier. Ce dernier estime que la politique menée « est insuffisante pour suffisamment pousser à gauche » et regrettait l’échec d’une liste d’union. Car en face, Marie-Claude Bompard va tenter de reprendre la mairie qu’elle a dirigée de 2008 à 2020. S’ajoutent aussi deux listes d’extrême droite supplémentaires, à savoir Franck Marest (RN) et Sophie Lorenzo, actuelle élue RN d’un village en Ardèche.

  • L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    L’Union pour Arles veut remettre les habitants au cœur des décisions

    Trop plein dans la salle. Les chaises passent de main en main pour se poser là où il reste de la place. Ce jeudi 12 mars, la liste d’union de la gauche (hors LFI et les Écologistes) de Nicolas Koukas (PCF) est rassembleuse pour son dernier meeting avant le premier tour.

    Le processus citoyen de l’Appel d’Arles, qui a mené à l’Union pour Arles, a su fédérer. L’une de ses instigatrices qui figure sur la liste, Lucile Venet-Leduc, rappelle : « On avait pour but de rassembler toutes les gauches d’Arles comme le Nouveau front populaire lors des législatives de 2024. » Après avoir récolté plus de 500 signatures, le collectif s’est réuni régulièrement « pour travailler sur différents thèmes sous forme d’ateliers ». Le projet politique qui en émane a convaincu neuf partis politiques, qui soutiennent une liste composée de 80% de femmes et d’hommes issus de la société civile.

    Cette méthode a aussi remporté l’adhésion de déçus de Patrick de Carolis (Horizons), à l’instar de Sophie Aspord, son ancienne adjointe déléguée à l’urbanisme, qui explique avoir « choisi l’union plutôt que les arrangements (…) la loyauté plutôt que les trahisons », à travers la candidature de Nicolas Koukas.

    Concertation

    et contribution

    Car « l’autocratie » du maire sortant a laissé des stigmates. Richard Vidal, ancien ingénieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique qui deviendra premier adjoint en cas de victoire de l’Union pour Arles, dit s’être « engagé parce que je vois ma ville se dégrader d’année en année : un urbanisme sans direction, chaotique, une voirie déplorable, des caniveaux qui débordent lors d’événements pluvieux, une propreté qui laisse à désirer et surtout ni concertation ni proximité avec la municipalité alors que ce lien est indispensable au bon fonctionnement d’une Ville ».

    Son colistier, Mehdi Herouali, abonde : « De nombreux Arlésiens ont l’impression de ne plus être écoutés et associés aux décisions qui concernent leur quotidien. (…) Une commune ne peut avancer que si ceux qui la représentent restent proches des habitants. » C’est la méthode que promet d’adopter l’équipe de l’Union pour Arles. « Je refuse cette démocratie froide, distante, technocratique », affirme Nicolas Koukas. Concrètement, le candidat souhaite créer une direction municipale dédiée à la démocratie contributive, mettre en place des budgets participatifs dans chaque quartier et chaque village, organiser des conseils municipaux délocalisés, mettre en place le référendum d’initiative citoyenne ou encore créer un observatoire citoyen pour évaluer les engagements municipaux.

    À vingt ans, Maissa Ayad, la benjamine de la liste, assure qu’une frange de la population se sent particulièrement « délaissée » : « Les jeunes. » « On leur a promis des choses qui n’ont jamais vu le jour, poursuit-elle. La jeunesse mérite qu’on lui mette à disposition tous les moyens pour réussir. » Parmi les mesures proposées : la mise en place de Maisons des jeunesses, ouvertes en soirée pour l’étude, la création artistique, les débats et l’accompagnement de projets ; le développement de nouvelles filières supérieures, de formations Bafa gratuites ou encore l’instauration d’une aide au permis de conduire selon les critères sociaux.

    « Une équipe soudée »

    La proximité que porte l’Union pour Arles passe aussi par l’existence de services publics « partout, avec des mairies annexes utiles ». La liste veut renforcer les moyens alloués aux centres sociaux « qui ont beaucoup souffert », mais aussi accroître de la présence humaine « avec des médiateurs et des maisons communes » pour assurer la tranquillité du quotidien.

    Pour assurer la pérennité de ce projet municipal et « avoir une équipe fidèle, soudée, rassemblée », les colistiers ont signé une charte d’engagement. Nicolas Koukas l’annonce : « Cette liste du premier tour, qui s’est construite après tant d’échanges, sera la même que celle du second tour. Parce que lorsqu’on entraîne une équipe on ne la change pas. »