Tag: scientifique

  • #DisMoiPourquoi : Qui a été le tout premier scientifique ?

    #DisMoiPourquoi : Qui a été le tout premier scientifique ?

    Cette question demande qu’on définisse ce qu’est un ou une scientifique, avant de pouvoir répondre. Si c’est quelqu’un qui se pose des questions sur le monde, puis fait des expériences ou des hypothèses pour essayer de trouver des réponses, alors le premier scientifique était sans doute parmi les tout premiers humains. Mais tu voulais peut-être savoir qui est le premier à s’être appelé “scientifique” ; et là, c’est une autre question philosophique, qui touche à la mémoire et à la dénomination. À partir de l’Antiquité, après l’invention de l’écriture, on a gardé une trace des noms et des actions humaines ; il y avait alors des “savants”. Le mot “science” existe depuis longtemps comme synonyme de “savoir”. Toutefois, le terme “scientifique” n’est apparu que récemment, depuis 150 ans, pour désigner les personnes qui se consacrent à la recherche et à l’invention avec une méthode et dans une discipline précises : chimie, biologie, économie, géographie… »

    Caroline Antherieu-Yagbasan, chercheure en philosophie AMU
    au centre Gilles-Gaston-Grange

  • Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Une éolienne en papier à la main, des écoliers de primaire quittent, le sourire aux lèvres, la place Bargemon. Derrière eux, un village des sciences, organisé par l’association des Petits débrouillards, a pris place tout autour de la mairie centrale de Marseille, depuis vendredi matin. Réservés vendredi aux scolaires, de la primaire au BTS, les stands montés à l’occasion de la fête nationale de la science ouvrent gratuitement leurs portes au public, ce week-end.

    Reconstitution de crânes, éprouvettes, microscopes et camp de base pour aller sur la Lune ont envahi l’hôtel Puget, la place et l’espace Bargemon jusqu’à dimanche. La soixantaine de stands, tenus par des laboratoires, associations ou entreprises innovantes sont réunis par thématiques. « Il y a d’abord un pôle autour du thème de la fête de cette année, qui est “intelligences”. Il y a des neurosciences, l’étude des intelligences animales ou sur l’intelligence artificielle, explique Lucille Rombi, chargée de mission fête de la science de l’association des Petits débrouillards. Il y a ensuite un pôle environnement, astronomie, mathématiques, santé et sciences sociales. »

    Chaque stand propose des activités différentes et ludiques en rapport à son domaine. La classe de CM1 de l’école de la Corderie (7e) a, par exemple, pu sentir et observer des champignons grâce à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). « C’était la première fois que je regardais dans un microscope, sourit l’une des écolières. C’était trop cool. »

    « Le but de cet événement organisé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est de regrouper autour d’événements des acteurs du monde scientifique et le grand public de façon ludique, explique Lucille Rombi, de l’association de médiation scientifique des Petits débrouillards. Les stands sont faits pour tout le monde : les enfants, avec des espaces pour les tout-petits, mais aussi les adultes. C’est vraiment pour tous les curieux », insiste l’organisatrice. En plus des activités proposées sur les stands, des spectacles et des visites sont prévus, avec des inscriptions sur place. L’espace agora permettra également la tenue de conférences et d’une émission radio.

    L’année dernière, le village des sciences avait réuni environ 10 000 personnes sur les deux jours, à Marseille.

    Plus d’info sur fetedelascience.fr

  • #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    #DisMoiPourquoi dit-on que quand nous tombons dans le triangle des Bermudes, nous ne pouvons plus remonter à la surface ?

    À ma connaissance, aucune anomalie de nature scientifique n’a été mesurée dans le triangle des Bermudes : ça reste un mystère ! Peut-être que le témoignage d’un « survivant » permettrait de nous éclairer ! Certains évoquent une réponse beaucoup plus terre à terre : s’il y a autant de disparitions de navires et d’avions perdus dans le triangle des Bermudes, c’est peut-être que la zone est un carrefour très important de circulation aérienne et navale… et donc que le risque d’accident y est plus élevé ! Ça fait moins rêver… »

    Didier Vandamme. Maitre de Conférences au Centre de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (AMU, CNRS, IRD, INRAE, Collège de France).

  • Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une heure de cours en plus par semaine pour apprendre à lire des cartes maritimes, les vents ou découvrir les métiers de la mer. C’est ce à quoi se sont engagés les élèves de troisième de cette première classe baptisée Bimer, au collège Vieux-Port. Créé en 2018 au sein de l’académie de Nice, ce Brevet d’initiation à la mer (Bimer) veut faire découvrir aux collégiens les métiers de la navigation, ainsi que la base scientifique et technique maritime.

    Cette année, c’est au collège Vieux-Port qu’a ouvert la 28e classe Bimer de l’académie Aix-Marseille. Cette classe « est aussi le moyen de montrer que sur notre territoire, à 500 mètres du collège, il y a le Grand Port maritime (GPMM) qui propose un vaste panel de métiers inconnus, explique Patrick Maddalone, directeur des ressources humaines du GPMM. L’idée est aussi de leur montrer toutes les opportunités qu’ils pourraient avoir sur leur projet professionnel et leur vie future. » Ainsi, à la fin de l’année, les collégiens passeront un examen sur les connaissances acquises au cours de l’année autour de la construction des navires, la météo, les réglementations maritimes et enfin les enjeux géopolitiques.

    « Ce type de brevet vous différenciera par rapport aux autres élèves », insiste le recteur de l’académie Aix-Marseille, Benoit Delaunay, devant une vingtaine d’élèves. Le brevet peut d’ailleurs être repassé plusieurs fois pour avoir des qualifications différentes : débutant, maîtrise, avancé et expert. Des élèves qui ne semblent pourtant pas novices : quand le recteur présente des questions types, ils sont deux ou trois à lever le doigt pour répondre.

    Des activités ludiques

    C’est grâce à une classe ouverte, en avril dernier, que les élèves ont pu découvrir la classe Bimer. Ils ont notamment pu voir le Port center, lancé en septembre 2024 par le port. Un moyen pour le Grand port de faire connaître aux scolaires et au grand public le travail qui est fait chaque jour. « On a pu découvrir la carte du port, un conteneur et les différents postes qui existent », explique Sarah, élève dans la classe. C’est lors de cette visite, que le Port Center a pu fêter sa 10 000e visiteuse, Mélissa, maintenant inscrite pour passer son Brevet d’initiation à la mer.

    C’est cette journée découverte et la diversité des activités proposées qui ont motivé la plupart des élèves. « Je suis venu pour les sorties bateaux et le voyage à Barcelone », s’amuse Mamadou. Une raison partagée par Sarah et Yannis. Un moyen de faire connaître de façon ludique un univers qu’ils et elles ne connaissent pas encore.

  • Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    Les épaves romaines du Rhône livrent leurs secrets

    C’est une phase de chasse aux trésors du Rhône un peu particulière qui se termine, ce week-end. Les rives arlésiennes du fleuve sont passées au peigne fin des plongeurs de l’opération Fouilles du Rhône 2025, depuis le 25 août et jusqu’à ce 3 octobre. Cette mission archéologique est conduite par le Musée départemental Arles antique et un consortium scientifique comptant l’Université d’Aix-Marseille et le CNRS, avec une équipe d’une quinzaine de spécialistes en plongée, en céramique ou encore en topographie.

    La cible principale des chercheurs est l’épave « Arles Rhône 15 », une chaloupe du Ier siècle de 4,70 m de longueur, découverte en 2009. Lors d’un point presse, le 30 septembre, le responsable de l’archéologie subaquatique du musée, David Djaoui, détaille l’opération : « une prospection de 900 m2 autour de l’épave pour inventorier des trouvailles, parmi lesquelles des amphores datant de 100 après JC, à l’âge d’or d’Arles. » Et plus encore, avec la découverte d’un « madrier de 15 m », un morceau de bois qui « signe l’assemblage d’un bateau », selon l’archéologue.

    Des conditions difficiles

    La mission revêt quelques difficultés, particulièrement pour les plongeurs, comme l’explique Sabrina Marlier, du Musée Arles antique. « Les conditions de travail sont dures. Le courant est fort, la visibilité faible et on fait des otites à répétition », indique l’archéologue, pour qui « le dérèglement climatique ne facilite pas la prévision des sorties en raison du temps ». S’il pleut en amont du Rhône, les alluvions viennent logiquement troubler l’eau plus qu’elle ne l’est déjà.

    Les objets présents dans l’eau aussi posent question, relève Louise Contant, du Musée national de la marine. « Les strates historiques se mélangent et il est surprenant d’observer des objets historiques à côté de canettes de boisson », ironise la cheffe des collections, quand il n’y a pas de verre brisé pouvant blesser les plongeurs. Entre 7 et 14 m de fond au maximum, les poubelles côtoient les trésors, ironiquement.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • [Entretien] « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 dans les nappes de la Crau»

    [Entretien] « À horizon 2050, un déficit de 90 millions de m3 dans les nappes de la Crau»

    La Marseillaise : Quel est l’état de la nappe actuellement ?

    Céline Tramontin : La nappe se recharge à 70% par l’irrigation gravitaire nécessaire à la production de foin de Crau, donc de l’eau de Serre-Ponçon qui arrive par la Durance, et à 30% par les eaux de pluie. Elle se vidange l’hiver et se remplit l’été, avec l’arrosage des agriculteurs, de mars à octobre. Ce qui soutient l’étiage, c’est-à-dire le niveau minium pour assurer l’ensemble des usages sur le territoire, ce sont les eaux de pluie. Depuis Serre-Ponçon, il y a 1,5 milliard m3 d’eau dérivée vers les Bouches-du-Rhône, dont 420 millions vers la Crau. Cette année, il y a eu de l’eau, le barrage était plein. Par contre, on a eu un hiver relativement sec. On est donc partis en début de saison avec des niveaux très hétérogènes en fonction des secteurs, avec des zones comme les Coussouls qui étaient bien remplies, avec des niveaux supérieurs à la moyenne, et d’autres avec les niveaux historiques les plus bas qu’on ait jamais relevés depuis dix ans. On a pu stabiliser le niveau grâce aux eaux de la Durance.

    Avec le réchauffement climatique, la sécheresse des hivers risque de devenir monnaie courante. Comment y faites-vous face ?

    C.T. : On a mené une étude scientifique dont l’objet était l’évolution du changement climatique et des besoins en eau sur ce territoire, puisque la nappe alimente 300 000 habitants en eau potable, l’agriculture, l’industrie de Fos et les bases militaires d’Istres et de Salon-de-Provence. Le résultat est sans appel : à horizon 2050, on aura un déficit de 90 millions de m3 au niveau du remplissage de la nappe, si on continue comme ça. Pour ne pas en arriver là et devoir faire des choix qui auront des impacts sur notre cadre de vie et le développement du territoire, on a lancé un Schéma d’aménagement des eaux avec les collectivités locales et les acteurs qui est élaboré dans le cadre d’une Commission locale de l’eau, installée fin août.

    L’idée est de prioriser les usages ?

    C.T. : Non. Il faut réduire le prélèvement de la Durance, parce que les effets du réchauffement climatique se feront ressentir aussi au niveau de Serre-Ponçon. On a déjà vécu une situation de sécheresse en 2022. Eux ont élaboré un plan de résilience à leur niveau. Il faut qu’on soit plus résilients aussi de notre côté. Il y a des solutions, comme la réhabilitation des canaux, créés pour les premiers au temps d’Adam de Craponne au XVIe siècle, pour les derniers au XXe siècle. On a aussi lancé une grande étude pour aller chercher des sources profondes en sondant le sol. On a fait trois forages, à Istres, Salon et Saint-Martin-de-Crau avec des pièzomètres profonds, entre 80 et 100m. Les matériaux carottés sont désormais à l’analyse. On sait d’ores et déjà qu’on va laisser tomber le forage d’Istres. Les résultats devraient être connus d’ici la fin 2026.

    Vous réfléchissez aussi à un partage des coûts plus équitable.

    C.T. : C’est la deuxième équation à résoudre. Ce sont les Associations syndicales autorisées intervenant pour l’irrigation collective, donc les agriculteurs, qui payent actuellement l’eau et son transport sur le territoire pour assumer l’usage agricole, mais aussi d’eau potable, d’eau industrielle etc. Il faut que ça évolue, que chaque bénéficiaire supporte ce coût.

    Entretien réalisé par Alice Magar

  • Manger le crabe bleu pour réguler cette espèce invasive

    Manger le crabe bleu pour réguler cette espèce invasive

    Une des pires espèces invasives, animal à l’allure préhistorique, délicieux crustacé bleu éclatant. » Les qualificatifs ne manquent pas pour parler du crabe bleu. Après l’Amérique du Nord, la Tunisie, l’Italie et l’Espagne, il s’est installé progressivement en Méditerranée et dans notre région. Pas vraiment de prédateur si ce n’est le poulpe qui ne vit pas en eau douce et… l’homme.

    Pas de panique ! L’Observatoire des sciences de l’Univers institut pythéas (OSU Pythéas), l’ONG Surfrider Foundation Méditerranée, la Ville de Marseille et la Région Sud s’associent et proposent d’en parler tous ensemble à la brasserie Zoumaï (6e arr). Mercredi, c’est la reprise des soirées Pression Hyperbar, afterworks mensuels animés par Bleu tomate.

    Guillaume Marchessaux, chargé de recherche IRD au MIO, Marina Chiappi, doctorante au CNR d’Ancona, Julie Duley, chargée d’étude crabe bleu et herbiers pour le Gipreb et Matteo Penza, artiste designer sont les intervenants de la soirée.

    Où le trouver dans notre région ?

    Ce crustacé, Guillaume Marchessaux le connaît bien, ce spécialiste du crabe bleu a même écrit un livre intitulé De l’invasion à l’assiette : les recettes à base de crabes bleus, téléchargeable gratuitement. En juin dernier sur Marseille, un premier dîner a été organisé avec la complicité du Cloître ( 13e arr), de Noémie Lebocey la chef des Eaux de Mars (1er arr) et de l’artiste Matteo Penza. « Il est délicieux, sa chair est très délicate et son goût se rapproche de celui du tourteau », assure le spécialiste.

    Le crabe bleu est présent dans l’étang de Berre, où le Gibrep, syndicat mixte ouvert dont les objectifs sont l’amélioration de la qualité écologique des milieux aquatiques de l’étang l’étudie de près. « Mais pas seulement, on le retrouve en Camargue à Beauduc, dans le Var, au salin d’Hyères et vers Fréjus » détaille Guillaume. Et poursuit
    «
     Marina, en se promenant un dimanche au Parc Borely, en a vu un dans l’Huveaune. En septembre, on compte aller poser des nasses, pour en capturer, plus qu’un. » Dans l’année 2026 les recherches devraient s’étendre sur tous les fleuves côtiers de la région.

    Du côté de la commercialisation, on commence aussi à s’organiser. « On peut en acheter sur l’étang de Berre à 10 euros le kilo. À Fréjus, il se vend à 8 euros directement à une conserverie qui le transforme en soupe » détaille le scientifique.

  • Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Premier point d’experts pour les assemblées de la Terre

    Espaces de réflexion et d’échange sur les Objectifs du développement durable (ODD), nés en France avant de s’étendre aux autres États (Allemagne, Brésil, Espagne, Équateur, Mexique et Pays basque prochainement), les assemblées de la Terre, portées par le programme Onusien Harmonie avec la nature, sont vouées à préparer le sommet de la Terre 2030 de l’ONU, qui dessinera les lignes directrices pour l’avenir en matière de développement durable.

    Une restitution par an

    Après un coup d’envoi donné le 2 juillet à l’université de Toulon par Caroline Regad et Cédric Riot, enseignants-chercheurs à l’initiative du projet et responsables de son comité scientifique, elles connaîtront ce jeudi leur première réunion de personnes qualifiées, qui abordera le premier lot d’ODD : santé et bien-être (ODD 3), eau propre (ODD 6), changement climatique (ODD 13), vie aquatique (ODD 14) et vie terrestre (ODD 15) avec des possibilités de transversalité.

    « D’ici décembre, on veut avoir une synthèse concernant le premier lot d’ODD, qui pourra encore évoluer, et qui sera présentée le 2 juillet 2025. Il y aura une restitution par lots d’ODD chaque 2 juillet jusqu’en 2030 », expliquent les deux scientifiques. Des sommets régionaux auront ensuite lieu (2029 en Amérique, 2028 en Europe) en vue du Sommet de la Terre 2030.

    Les citoyens, quant à eux, participent déjà en faisant remonter leurs observations via des formulaires qui leur sont régulièrement adressés. Ils seront auditionnés en novembre et pourront ensuite participer à des ateliers.

  • Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    Le Gyotaku pour mieux connaître les poissons

    On va utiliser des daurades royales car c’est un poisson local. La philosophie de cet art est de célébrer la vie du poisson, remercier l’animal. On utilise l’encre Sumi-e et du papier artisanal Washi et des pinceaux. », détaille Mauro De Giorgi, l’artiste peintre qui anime l’atelier. Et de poursuivre « L’art du Gyotaku en français ichtyogramme, est une technique ancestrale qui permet de prendre l’empreinte d’un poisson sur un support léger. En faisant ça, on donne une seconde vie à l’animal. »

    À l’initiative de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), cet atelier intitulé « Imprime moi un poisson : traces de mer » est une première. Il s’inscrit dans le cadre du projet Biodiversité aquatique dans l’art (BiodivAquArt), une étude en écologie historique, destinée à mieux comprendre les écosystèmes aquatiques du passé. Jusque-là spécialisé dans le décryptage et l’explication des tableaux anciens (XVIe-XVIIIe siècles), l’idée de cet atelier est née d’une rencontre informelle avec l’artiste Mauro De Giorgi. Une approche originale et respectueuse du vivant, qui permet d’explorer autrement la biodiversité marine méditerranéenne. L’encre utilisée samedi est alimentaire et biodégradable, permettant ainsi de consommer le poisson après l’expérience artistique.

    Changer les mentalités

    « Depuis 2017, on développe un travail autour de l’art et la biodiversité aquatique, on monte des opérations qui associent le public et permettent de faire des comptes rendus scientifiques » explique Thomas Changeux, hydrobiologiste (IRD-MIO). La biodiversité aquatique est bien moins connue que celle terrestre. Pour exemple « on n’entretient pas la même relation avec les goélands, les lapins ou les poules qu’avec les méduses ou les poissons », illustre le scientifique. L’objectif des scientifiques étant de mieux cerner ce qui peut faire peur ou dégoûter. Et de poursuivre, « répugnant, sale ou cruel… sont des adjectifs que j’entends encore trop souvent quand on parle des poissons… »

    Plus d’infos sur ird.fr/imprime-moi-un-poisson-traces-de-mer
    L’atelier sera encadré par l’artiste Mauro De Giorgi et des experts AMU et des chercheurs. ce samedi, quai de la Fraternité, Vieux port de Marseille.