Tag: Sapeurs-Pompiers

  • [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    [Entretien] Éric Brocardi : « On attend de l’État une politique ambitieuse »

    La Marseillaise : Vous alertez sur une chaleur précoce propice aux incendies, la saison estivale sera-t-elle compliquée ?

    Éric Brocardi : Effectivement cette hausse des températures brutales fait qu’on peut être amené à s’inquiéter. Vous avez la pluie en profondeur et puis le reste du couvert végétal en surface… Dans les Bouches-du-Rhône, on sait très bien qu’à partir du moment où il y a des vents chauds et ces températures, ça fait effet sèche-cheveux, la strate arbustive va être fortement impactée.

    En déplacement à Nîmes et dans les Bouches-du-Rhône, le ministre de l’Intérieur annonce l’achat de deux Canadair. Des moyens, c’est ce que vous demandez ?

    E.B. : Bien sûr. On peut saluer effectivement la signature de nouveaux moyens de lutte contre les incendies de type Canadair. Ce que l’on regrette simplement, c’est que dans cette commande, il n’est pas prévu une véritable impulsion sur un choix stratégique, industriel et économique pour l’avenir, avec les prochains constructeurs européens et même français, que sont Hynaero et Kepplair. Acheter un avion ce n’est pas comme une voiture, il faut parier tout de suite. On aurait pu essayer d’apporter un soutien à ces deux constructeurs. On risque d’entendre de nouveau la musique d’il y a 5 ou 6 ans, c’est-à-dire l’arrêt de la chaîne de la société qui construit les Canadair qui pendant un moment n’a plus pu fournir des appareils à la France. Alors est-ce que c’est un investissement durable ? On l’espère. Est-ce que c’est un investissement qui défend les intérêts français et européens ? Non.

    Vous réclamez également
    la pérennisation des moyens terrestres…

    E.B. : Les avions seuls n’éteignent pas les incendies, et ça dans les Bouches-du-Rhône, vous le savez très bien. Ce sont les forces terrestres qui permettent de compléter le dispositif d’attaque massive sur un feu naissant, en se déployant sur l’ensemble du territoire. Or la première chose, c’est que dans le cadre du projet de loi de finance, le budget alloué aux collectivités territoriales pour l’achat d’engins supplémentaires a été divisé par deux. Après il faut aussi des gens à mettre dedans. Nous, à la Fédération, on attend du gouvernement une véritable politique ambitieuse et de valorisation sur le sujet du volontariat. On a certes obtenu la bonification des retraites pour ceux qui sont en fin de carrière. Désormais le sujet ce sont les nouveaux entrants. Il faut voir comment on peut se rendre plus attractif, essayer d’enlever toutes les frictions dans le cadre de l’engagement, du recrutement et des mutations.

  • Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Nuñez muscle la flotte contre les incendies

    Sous le soleil de Nîmes-Garons (Gard), là où les avions jaunes et rouges de la Sécurité civile attendent la saison comme d’autres attendent l’orage, Laurent Nuñez a lancé depuis le tarmac, jeudi 4 juin, la campagne nationale 2026 de lutte contre les feux de forêt. Aux côtés de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, et de la commissaire européenne Hadja Lahbib, le ministre de l’Intérieur est venu donner corps à une promesse présidentielle née après les incendies ravageurs de l’été 2022 : renforcer les moyens aériens français face à un risque qui ne cesse de gagner du terrain.

    L’annonce tient en une signature : l’État commande deux nouveaux Canadair DHC-515 au constructeur canadien De Havilland, pour près de 200 millions d’euros. Ils s’ajouteront aux deux appareils déjà commandés en 2024, attendus en avril et novembre 2028. Les deux nouveaux, eux, ne devraient arriver qu’en 2032 ou 2033. À terme, la flotte française doit compter 16 Canadair amphibies, en plus des huit Dash, trois Beechcraft, hélicoptères Dragon en renouvellement, dix hélicoptères bombardiers d’eau et six Air Tractors loués chaque été.

    « Le risque incendie ne cesse d’augmenter et nous devons l’intégrer », a martelé Laurent Nuñez, rappelant qu’en 2025, près de 15 000 départs de feu ont été recensés en France, pour 30 000 hectares brûlés. Parmi eux, 1 800 feux de forêt ont ravagé près de 20 000 hectares, avec le traumatisme encore vif du massif des Corbières, dans l’Aude. En Europe, ce sont environ un million d’hectares qui sont partis en fumée l’an dernier. Dans l’Aude, le mégafeu des Corbières a rappelé combien le Sud reste en première ligne, du Gard aux Bouches-du-Rhône, même si le danger s’étend désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen.

    Le gouvernement met en avant une stratégie en trois temps : « Mieux prévenir, mieux combattre et mieux reconstruire. » La ministre Monique Barbut a insisté sur la prévention, avec les obligations de débroussaillement et les gestes du quotidien, rappelant que « neuf incendies sur dix sont d’origine humaine ». Laurent Nuñez a aussi annoncé le renforcement des véhicules terrestres, avec un parc qui doit passer d’environ 541 unités à 1 200 d’ici 2028.

    Des avions, mais

    quels moyens au sol ?

    Mais derrière la mise en scène ministérielle, la question sociale demeure brûlante. Car les avions ne suffisent pas à éteindre la colère des soldats du feu. La Fédération nationale des sapeurs-pompiers alerte : « La France ne peut pas attendre la livraison de nouveaux appareils étrangers pour préparer l’avenir. » Elle réclame une capacité française et européenne de production d’avions bombardiers d’eau, et s’inquiète de la baisse de 54,7% de la dotation de soutien à l’investissement structurant des Sdis.

    Quelques jours plus tôt, neuf syndicats de pompiers interpellaient déjà le gouvernement sur un financement des Sdis « au bord de la rupture ». Dans les casernes, la saison des feux commence rarement avec des discours : elle débute avec des effectifs tendus, des matériels vieillissants, des volontaires épuisés et des territoires qui brûlent plus vite que les budgets ne suivent.

    À Nîmes-Garons, l’État a donc affiché ses ailes. Reste à savoir si, sur le terrain, les femmes et hommes du feu auront les bras, les camions et les budgets pour tenir jusqu’à l’arrivée des avions.

  • Cassis : éboulement rocheux à Cap Canaille

    Cassis : éboulement rocheux à Cap Canaille

    Un bruit de détonation accompagné d’un nuage de poussière qui a inquiété les clients en terrasse sur le port de Cassis. Alertés, dès 21h40, des effectifs de la gendarmerie de Cassis ainsi que sept sapeurs-pompiers du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) se sont rendus sur le site pour effectuer une reconnaissance « terre et mer ». Aucune victime n’était heureusement à déplorer.

  • Une nouvelle génération de pompiers à l’honneur

    Une nouvelle génération de pompiers à l’honneur

    Célébrer une nouvelle génération de sapeurs-pompiers. Ce samedi, la cérémonie de remises de casques mettait à l’honneur une centaine de jeunes sapeurs-pompiers brevetés. Ont suivi des prises de paroles puis la remise de l’Ordre du Mérite à Corinne Maurel du Sdis par le contrôleur général, Jean-Luc Beccari, directeur départemental du service d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13).

    C’est d’abord le Colonel Philippe Petit, président de l’école départementale des jeunes sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône, qui a pris la parole pour féliciter l’investissement de ces jeunes. L’école fête, cette année, ses 25 ans et pour l’occasion, le président rappelle « les socles d’une école d’exigence et d’autorité ».

    Un engagement fort

    Richard Mallié, conseiller départemental et président du Sdis 13 a salué également ces « quatre années de dépassement de soi. (…) Vous devenez les femmes et les hommes de l’incertain (…) mais vous découvrirez aussi des moments de grâce, dit-il avant de conclure par, restez réceptifs et éveillés, restez engagés et fidèles ».

    Un accent mis sur l’engagement, c’est une pensée qui se retrouve dans le témoignage de Maxime Rousier, jeune sapeur-pompier breveté de
    la section Châteauneuf-les-Martigues. « Notre formation a fait naître en vous des valeurs de la rigueur, la détermination, l’humilité et la cohésion », souligne-t-il. Cette cohésion, « une réussite collective », dont il témoigne disant : « J’ai toujours pu compter sur la main tendue d’un membre de ma section ».

    Une cérémonie qui salue l’engagement des familles aussi. Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, confie : « Remettre les casques sous le regard des familles est toujours un moment très fort, émouvant et symbolique. »

  • Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Le PPESU prépare les soldats du feu aux défis de demain

    Un caisson de fumée, des échelles à 24 mètres, des feux de véhicules en conditions réelles : les stagiaires qui passent par le Pôle de préparation à l’engagement aux situations d’urgence (PPESU) de Gignac ne font pas semblant. Depuis son inauguration le 3 février 2025, ce site de 33 hectares installé aux portes du chef-lieu de la Vallée de l’Hérault s’impose comme un centre de formation d’exception, unique en France par son ambition et la diversité de ses publics.

    L’idée a germé en 2018, après le décès d’un sapeur-pompier en intervention en 2016. Face au drame, le président du Département, Kléber Mesquida, et le directeur du Sdis 34, Éric Florès, tirent la même conclusion : il faut investir massivement dans la formation. Résultat : 27 à 32 millions d’euros mobilisés, et un outil pensé pour préparer les secouristes aux situations qu’ils ne rencontreront parfois qu’une ou deux fois dans leur carrière. Concrètement, le PPESU dispose d’une aire de feux de 700 m², d’espaces dédiés aux nouvelles technologies (batteries au lithium, véhicules à hydrogène), d’un anneau d’entraînement au secours routier, et d’un simulateur numérique intégrant l’IA.

    L’immersion totale

    Les stages d’une dizaine de jours qui s’y déroulent sont d’une intensité rare. Au programme : découverte du matériel, interventions simulées en appartement, maniement des moyens élévateurs aériens, etc. Des manœuvres réalistes, encadrées par des formateurs aguerris. Le clou de la formation reste le caisson de fumée : vision réduite, odorat neutralisé, bruits étouffés, 30 kg d’équipement sur le dos : l’exercice soumet les stagiaires à des contraintes physiques et psychiques qui reproduisent fidèlement les conditions d’un incendie réel.

    Le PPESU est ouvert à tous : pompiers professionnels et volontaires, mais aussi gendarmes, policiers du Raid, agents d’Enedis, de Vinci Autoroutes, jeunes sapeurs-pompiers, ou encore des maires formés à la gestion de crise. Des profils très divers qui se côtoient sur le terrain. En 2025, 258 stages ont été programmés pour plus de 3 600 stagiaires issus de toute la France, mais aussi de Suisse, de Grèce, de Roumanie ou du Kurdistan. À l’heure où le Sdis 34 réalise 87 165 interventions par an, une toutes les 6 minutes 30, se former ne relève plus du perfectionnement. C’est une nécessité vitale.

  • Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Les pompiers en exercice déblaiement à Aix

    Sur un vaste terrain ou trônent des bâtiments d’apparence abandonnés, l’équipe départementale de sauvetage déblaiement (USAR 13, certifiée par l’ONU), se déploient, aux côtés de l’équipe cynotechnique et des sauveteurs en milieu périlleux où des sapeurs pompiers des Bouches-du-Rhône (Sdis 13) sont dispersés. Depuis 8h du matin ce mardi, jusqu’à minuit, soit seize heures, les sapeurs pompiers se livrent à un exercice de sauvetage et déblaiement d’ampleur dans le cadre de leur formation de maintien des acquis. Au total, quatre-vingts hommes et de femmes, dispatchés sur différents « chantiers » de ce terrain désaffecté, près de l’Ensosp, simulent un sauvetage qui aurait eu lieu après un séisme majeur, émis à cinq heures du matin dans la Région d’Aix-en-Provence. « Les Pompiers 13 ont nécessité à se former et acquérir du matériel pour le sauvetage déblaiement puisque le territoire est soumis aux risques sismiques, au-delà du bâtimentaire qui avec le temps s’use et parfois tombe, ce risque est présent, le Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques le redit à chaque fois, on a donc nécessité à se former à ça, explique le colonel Franck Briend, directeur départemental adjoint au sein du Sdis 13. Notre intérêt, au-delà des recherches, est aussi d’assurer la sécurité de l’ensemble des sapeurs-pompiers. C’est pour ça qu’on organise cet exercice trois à quatre fois par an pour permettre de s’entraîner un maximum pour être prêts en situation », explique-t-il.

    Un radar de pointe pour détecter les survivants

    Fixation des priorités et évaluation des risques, stabilisation des structures et balisage des zones dangereuses et du bâti, repérage des zones de survies, extraction de victimes… Les équipes sur place, qui travaillent en simultané, se relaient toutes les quatre heures : la passation, fait de rapporter en détail les éléments repérés sur le terrain aux équipes de relais, est l’un des points de travail majeurs de la journée. Ce jour, en plus des chiens, des drones, des techniques d’étaiement sur lequel les sapeurs pompiers s’appuient, un nouvel outil intervient dans l’exercice de sauvetage déblaiement. Acquis en novembre 2025 pour « une quarantaine de milliers d’euros », un radar de pointe permettant de détecter des « poches de vie » sous les décombres, intègre désormais les équipes de l’USAR. « Nous avons acheté un radar extraordinaire qui arrive à repérer une respiration, souligne Richard Mallié, président du Sdis 13. Nous le mettons en œuvre aujourd’hui pour la première fois, c’est un équipement qui peut être projetable dans toute la France comme dans le monde entier. Nous avons 22 [agents] spécialisés dans le maniement du radar. » Apposé contre un épais mur en béton d’une des bâtisses désaffectées, le radar, dans sa boîte orange, les sapeurs pompiers analysent, depuis une tablette « au niveau de l’oscillogramme, s’il y a une courbe qui s’apparente à une respiration. Au plus il va y avoir de décombres, au plus l’analyse va être longue », explique l’un des opérateurs. « On estime qu’il faut lancer deux à trois analyses pour être certains d’avoir une victime réelle. » Le Sdis 13, est d’ailleurs le seul en France à être doté de ce matériel, en dehors de la Formation Militaire de la Sécurité Civile (FORMISC).

  • À Aubagne, la gauche rompt avec la chape de béton

    À Aubagne, la gauche rompt avec la chape de béton

    Je suis venu voir ça de mes yeux. Le retour d’Aubagne à gauche ! », lance un jeune homme en se frayant un chemin pour accéder à la salle du complexe du Bras d’Or, archi-comble. Josette, septuagénaire, préfère regarder la séance d’investiture du nouveau conseil municipal sur le grand écran installé à l’extérieur, « au soleil ! Car oui, c’est une belle journée, le signe du renouveau, je suis tellement soulagée. Enfin, c’est fini le bétonnage ! »

    Dans cette ancienne mairie communiste, la parenthèse de droite semble avoir été longue. Ils étaient près de 500 Aubagnais à venir assister au conseil d’installation du nouveau maire, de ses adjoints et conseillers municipaux, visiblement heureux de voir la page se tourner. Une défaite d’autant plus difficile à encaisser par la candidate du RN. Faisant fi des huées du public, Joëlle Mélin s’est estimée « très légitime » à se présenter lors du vote pour le poste de maire, comptant sur les voix de la droite pour soutenir sa candidature, « ce serait la moindre des choses ». Elle prévenait déjà, dans « le cas contraire » être « la seule garante » contre les projets « néfastes ».

    Une conférence des agents

    Mais Gérard Gazay et son groupe n’ont pas pris part au vote. L’ancien maire, prenant seulement « acte » de l’expression des urnes, a mis au défi son successeur : « Vous êtes désormais en responsabilité. Viennent vite les devoirs et les exigences, le temps des actes et non plus des promesses. » Déclenchant des rires dans la salle, il assurait aussi du devoir de son groupe « de surveiller, de proposer ». Jean-Pierre Squillari a été crédité de 28 voix contre 7, soit autant que de conseillers RN, en faveur de Joëlle Mélin, un bulletin nul et les six abstentions de la droite. Le maire a endossé son écharpe sous de longs applaudissements.

    Après des remerciements pour « l’esprit de corps » dont ont fait preuve ses troupes et à la population « de la ville d’Edmond Garcin » pour la confiance accordée, Jean-Pierre Squillari a réaffirmé sa volonté « d’écrire une nouvelle page avec vous ». Changement de cap et de méthode, pour l’ancien sapeurs-pompiers qui veut être « un maire de terrain qui écoute et agit ». Sur sa feuille de route, figure en premier lieu la volonté de « réparer et protéger : les écoles, les espaces publics le centre-ville qui ont besoin d’investissements. Et mettre fin à la frénésie du tout béton, créer des lieux de fraîcheur, installer des fontaines… ». Garantissant « respect, soutien et renforcement » aux agents municipaux, il leur a proposé « une conférence pour point de départ » dans les 100 premiers jours.

    Sanctuariser les espaces naturels et agricoles

    Le nouveau capitaine de l’union de la gauche aubagnaise a également donné des « signes rapides, concrets et visibles » de ses engagements. « Un moratoire sur le béton pour stopper l’urbanisation et sanctuariser des espaces naturels et agricoles ». Mais aussi « le retour du marché sur le Grand Tertre dès que possible pour revitaliser le centre-ville ». Et encore, la création d’une « grande braderie festive ». Et pour ce faire, les 12 adjoints au maire et les 4 adjoints de quartiers ont été élus.

    Les adjoints

    Les 12 adjoints au maire ont été élus à 29 voix et 7 nuls sur 36 votants, le groupe DVD conduit par Gérard Gazay n’a pas souhaité participer au vote.

    Clémentine Fardoux (première adjointe)

    Giovanni Schipani

    Hélène Di Vita Danchesi

    Denis Grandjean

    Betty Chiquet-Corallo

    Arthur Salone

    Anne-Gaëlle Rodeville

    Pierre Arnoux

    Fadila Teyssier

    François Otchakovski-Lorens

    Sandrine Salemme

    Fabio Chikhoune

    Les quatre adjoints de quartiers

    Les adjoints de quartiers ont été élus avec le même nombre de voix :

    Mickaël Tedesco

    Jean-François Budon

    Soumicha Draoui

    Julianne Bouvot

  • Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Un mort dans la collision entre un TER et un poids lourd à Saint-Raphaël

    Mercredi matin, à 7h45, un TER a percuté un poids lourd sur un passage à niveau situé chemin de Pierre Dave, à proximité de la gare du Dramont, à Saint‑Raphaël. Le camion transportait plusieurs mobil-homes en direction d’un camping des environs. Son conducteur, un homme de 59 ans, est décédé dans la collision.

    Les 263 passagers du train ont été pris en charge. Parmi eux, 96 ont nécessité une assistance, dont 21 blessés légers transportés vers des hôpitaux. Les 40 sapeurs-pompiers dépêchés sur place ont rapidement maîtrisé l’incendie qui s’était déclaré sur la remorque du poids lourd.

    La circulation des trains est interrompue entre Saint-Raphaël et Cannes, ainsi qu’entre Toulon et Nice. Elle doit reprendre progressivement jeudi, mais avait déjà été rétablie entre Marseille et Saint-Raphaël-Valescure. En fin d’après-midi ce mercredi, des expertises étaient en cours pour réparer la caténaire, la voie et le passage à niveau. Les mobil-‑homes ont été évacués, tandis que les opérations de relevage du train se poursuivaient en début de soirée.

    Un passage à niveau qui pose question

    Le vice-président de la Région Sud en charge des transports, Jean-Pierre Serrus, s’est rendu sur les lieux de l’accident en fin de matinée. Il a adressé ses « pensées aux proches de la victime de l’accident et aux passagers, choqués et pour certains blessés ». Il a indiqué qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer les circonstances du drame.

    Selon le président de la Région, Renaud Muselier, « les premières constatations laisseraient apparaître que le camion s’est immobilisé sur la voie ferrée. À la fermeture des barrières qui annonçaient l’arrivée du train, le conducteur est resté dans le camion pour tenter d’extraire son véhicule, qui a alors été percuté. »

    Ce passage à niveau posait-il des problèmes ? Selon un diagnostic de sécurité routière produit par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), établi le 11 juillet 2024, il ne permettait pas « un bon franchissement pour tous les types de véhicule », ni « un mode de gestion permettant d’éviter que des véhicules se retrouvent bloqués ». Le document signalait également des problèmes de visibilité et de signalisation, dus notamment à la présence de végétation et de panneaux publicitaires.

    Les syndicats cheminots ont présenté leurs « condoléances » aux proches du chauffeur. Sud Rail Paca « apporte son soutien au collègue conducteur du TER Transdev » et salue « les collègues et les secours mobilisés sur l’événement », à l’instar de la CGT Cheminots Paca. « Cet événement tragique doit servir à sensibiliser les usagers sur la dangerosité des passages à niveau », ajoute Steven Croquefer, de la CGT Cheminots des Arcs-sur-Argens.

  • Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    Le Var, département où les pompiers sont les plus sollicités

    En 2023, les sapeurs-pompiers du Var ont réalisé 107 interventions pour 1 000 habitants, contre 69 en moyenne au national, soit le taux le plus élevé de France, selon une étude de la plateforme CRIBL. Cette pression record s’inscrit dans une tendance de fond : à l’échelle nationale, les pompiers ont effectué 4,7 millions d’interventions (une toutes les 6,6 secondes). Depuis 2008, l’activité globale des services d’incendie et de secours a progressé de 19%. Mais la transformation la plus marquante concerne la nature des missions. Les incendies ont diminué de 10% en quinze ans et ne représentent plus qu’une intervention sur 17. À l’inverse, 79% des sorties concernent désormais le secours à la personne, en hausse de 40%.

    Le facteur vieillissement

    Cette transformation s’inscrit dans un contexte de vieillissement démographique et de tension sur l’offre de soins et les services hospitaliers, faisant des pompiers un maillon essentiel de la chaîne sanitaire et sociale. Dans le Var, département à forte attractivité résidentielle et touristique, cette évolution est amplifiée par la saisonnalité, la croissance démographique et un vieillissement supérieur à la moyenne (l’âge médian y est de 44 ans, 2 ans de plus que celui de la région et 4 ans que celui du pays ; les retraités représentent 26,9% de l’ensemble des Varois). À cet égard, les opérations de relevage de personnes ont bondi de 180% en 15 ans. Les ouvertures de porte, souvent liées à des malaises ou à l’isolement, ont bondi de 462%.

    Ainsi, au total, les pompiers français ont réalisé 19% d’interventions supplémentaires en quinze ans, mais leur cœur de métier s’est déplacé. Moins de feux, davantage d’urgences humaines. Cette mutation redéfinit les besoins en formation, en organisation des secours et en articulation avec le système de santé.

  • Avignon : gravir l’Everest en un jour pour la charité

    Avignon : gravir l’Everest en un jour pour la charité

    Si les pompiers ont l’habitude de gravir des montagnes au service des autres, ce samedi 17 janvier, c’est à la plus haute d’entre elles qu’ils s’attaquent.

    Tout du moins sur le papier. Car ce n’est pas dans l’Himalaya, mais bien à la caserne des pompiers de la Cité des Papes que va se tenir l’EveresTour. À partir de 8h, neuf membres de l’amicale des sapeurs-pompiers d’Avignon vont se relayer et monter chacun leur tour d’entraînement de dix étages, afin d’atteindre en fin de journée l’équivalent des 8 848 mètres du toit du monde, soit 5 245 marches et 295 tours montés par participant. « La première édition, je l’avais créée pour un proche qui avait des soucis de santé, pour laquelle j’avais gravi le Ventoux. Là, on veut passer à l’étape supérieure », confie Guillaume Chastel, président de l’Amicale.

    Un événement ouvert au public, avec de la restauration sur place et le tout pour la bonne cause. L’événement étant ouvert à tous. Les bénéfices seront reversés à deux associations. La première est l’Œuvre des pupilles des pompiers, « qui a pour but d’assurer la protection morale et matérielle des orphelins et des familles des sapeurs-pompiers civils (professionnels et volontaires) et militaires (BSPP, BMPM, Sécurité civile) décédés en service commandé ou non », précise l’amicale. La seconde est l’association Sourire à la vie, qui accompagne les enfants malades du cancer dans leur parcours.

    Cagnotte en ligne : leetchi.com/everestour