Tag: santé publique

  • Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Pour les écolos, l’incinérateur est inadapté aux polluants éternels

    Un incinérateur qui ne chauffe pas assez fort pour détruire les Pfas. Entendre les composés « per » et « polyfluoroalkylés », présents notamment dans les textiles, emballages alimentaires, mousses anti-incendie ou encore les revêtements antiadhésifs. Pour Sébastien Barles, conseiller communautaire écologiste, responsable du collectif écolo-citoyen Vaï Marseille, et Paul Poulain, ingénieur prévention, le centre Évéré, basé depuis 15 ans à Fos-sur-Mer, n’est pas adapté à l’élimination de certains déchets devenus omniprésents dans les ordures ménagères.

    « En chauffant à 850 degrés, il ne prend pas en compte la résistance au feu des Pfas qui, pour être détruits, doivent brûler entre 1 100 et 1 400 degrés », pose Paul Poulain. De quoi garantir une minéralisation de ce genre de déchets, précise une étude de l’Ineris parue en 2023.

    L’ingénieur prévention dans les assurances et auteur de Tout peut exploser, Enquête sur les risques et les impacts industriels (Fayard), insiste sur la dangerosité de ce polluant méconnu. « 4 700 substances au total listées par l’OCDE », précise-t-il, citant une étude de 2018, mise à jour en février 2025. Si un plan d’action interministériel sur les Pfas a été mis en place en 2024, la réglementation au niveau national et européen de ces substances reste embryonnaire.

    Des bases de données limitées

    Paul Poulain entend alerter et sensibiliser le grand public aux risques sanitaires de ce genre d’installation et au-delà des émissions des zones industrielles. « Ce n’est pas comme si on avait des doutes », considère-t-il, se basant sur une étude de Santé publique France, parue ce 4 décembre, sur l’état de santé des populations autour des grands bassins industriels où la zone de Berre, Fos et Marseille a été prise en compte. Les conclusions de l’établissement public ne sont pas aussi tranchées. Ce dernier indiquant que « des résultats ont montré une association entre une exposition liée à des industries (…) et des surrisques pour certains indicateurs de santé », mais qu’ils sont à « mettre en perspectives, au vu des limites identifiées des bases de données utilisées et du design même de l’étude, qui ne permet pas d’établir de lien causal entre l’exposition industrielle et l’apparition des pathologies étudiées ». Il souligne néanmoins « l’importance de maintenir et renforcer la surveillance environnementale des installations industrielles ».

    Concrètement, « nous avons écrit au préfet de région sur la question du contrôle et de l’accès à l’information », indique Sébastien Barles, pour qui cette question s’inscrit également dans un contexte électoral. « Ce sera un sujet de l’élection métropolitaine, niveau auquel nous comptons organiser des états généraux des déchets », espère l’élu. Paul Poulain ne cache pas non plus ses ambitions. « Je vais rejoindre Vaï pour les municipales, je serai sur la liste dans les 15e et 16e arrondissements, secteur de Marseille le plus impacté » par la pollution estime-t-il, dénonçant au passage une « inégalité territoriale ».

  • Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Violences faites aux femmes : à Martigues, une semaine pour sensibiliser

    Il y a des rendez-vous qu’on préférerait voir disparaître. C’est le cas de la semaine dédiée à l’élimination des violences faites aux femmes, qui marque chaque année la fin du mois de novembre dans les communes membres du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) – Martigues, Port-de-Bouc Châteauneuf-les-Martigues et Saint-Mitre-les-Remparts.

    Car les chiffres sont alarmants. L’an passé, le nombre de féminicides a augmenté de 11%, passant de 96 victimes en 2023 à 107 en 2024. La région Sud, avec 20 féminicides recensés dont 6 dans les Bouches-du-Rhône, demeure la plus touchée. « Et notre commune, Martigues a elle-même été marquée par un tel drame cette année », rappelle le maire (PCF) Gaby Charroux. En effet, dimanche 3 août dernier, Sylvia Iannello, rouée de coups par son compagnon, décédait à son domicile à l’âge de 43 ans.

    Ce fléau n’est pas « inéluctable », affirme l’édile, qui pointe la responsabilité de l’État, des institutions et des collectivités territoriales, mais aussi la responsabilité citoyenne. Pour donner de la visibilité aux actions menées au quotidien par les associations et les acteurs locaux, la Ville et ses partenaires du CISPD ont construit un programme riche et ambitieux.

    Aller vers

    Jeudi, le van Nina Simone du CIDFF PACA sera stationné au marché de Jonquières puis devant le centre social du Mas de Pouane pour aller au-devant de celles qui n’osent pas franchir une porte ou demander de l’aide. Rebecca Guyot-Kaboré, la conductrice du véhicule, explique : « Ma mission est de sillonner le territoire pour sensibiliser les publics à l’égalité entre les femmes et les hommes et d’orienter les victimes vers les partenaires adaptés si elles se présentent à moi. La lutte contre les violences faites aux femmes est vraiment un enjeu sociétal et de santé publique. L’aller vers est indispensable. »

    Des actions de sensibilisation auprès des jeunes, des temps d’échanges et des expositions sont également proposées. Le film Black box diaries sera par exemple projeté ce mardi à La Cascade devant des lycéens. La population pourra se retrouver vendredi soir à 19h au centre social Jacques Meli pour discuter. Une exposition conçue comme un outil pour comprendre les mécanismes de violence au sein du couple est également visible au sein de l’hôtel de ville jusqu’au 28 novembre. Le programme complet est à retrouver sur le site de la Ville.

  • Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Relancer la vaccination pour les personnes à risque en Vaucluse

    Le retour du froid est synonyme de retour des pathologies hivernales telles que la grippe ou la bronchiolite. Face à ça, comme le rappelle l’ARS de Vaucluse, la vaccination permet de protéger les plus fragiles. Mais le message ne passe pas forcément.

    « Il y a eu une baisse de 49% de vaccinations pour la population à risque », déplore ainsi Loïc Souriau, directeur départemental de l’ARS Vaucluse, ce mercredi 19 novembre depuis ses bureaux à Avignon. Le taux étant descendu en dessous des 50% en 2024 pour les catégories à risque, à savoir les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes atteintes d’affections de longue durée et de maladies graves. Tout en précisant que l’idéal pour réellement freiner serait un taux de 75% pour ces populations. Un geste qui a toute son importance en termes d’impact sur la santé publique. En effet, toujours d’après l’organisme de santé, deux tiers des personnes admises en réanimation à cause de ces maladies hivernales n’étaient pas vaccinées. Tout en rappelant que le spectre du Covid plane toujours au-dessus de nos têtes et qu’il est possible de se vacciner simultanément pour les deux maladies, et d’ainsi éviter de surcharger le personnel de santé.

    Pourquoi ce recul ? « Il y a malheureusement des croyances erronées à ce propos. Les fake news ont la vie dure. Alors qu’on se pose beaucoup moins de questions lorsque l’on prend un Doliprane et des antibiotiques, alors qu’il y a un risque hépatique pour l’un et que cela crée des bactéries résistantes pour l’autre », embraye le directeur de l’ARS. Pour y remédier, la campagne a démarré plus tôt, soit avant le 14 octobre cette année. Tout en insistant sur les gestes barrières, notamment à l’approche des fêtes et l’inévitable brassage de la population.

    Papillomavirus

    Autre vaccin pour lequel l’ARS est mobilisée : celui contre le papillomavirus, en particulier dans les collèges du territoire. Depuis trois ans désormais, l’organisation s’associe avec le centre hospitalier d’Avignon afin d’organiser une campagne dans les établissements pour les élèves de 5e, avec deux doses nécessaires données à plusieurs mois d’écart. Mais souvent, très peu de jeunes sont vaccinés « alors que c’est une question de santé majeure », regrette Loïc Souriau, le virus pouvant dégénérer en cancer de l’utérus, de la gorge, des testicules ou encore de l’anus. Et surtout pour les jeunes hommes, pour lesquels le taux de vaccination ne dépasse pas encore les 20%. Le directeur de l’ARS prend exemple sur l’Australie et la Nouvelle-Zélande où « la dynamique très engagée a permis une disparition des lésions précancéreuses pouvant dégénérer », assure le responsable. Pour rappel, d’après une étude publiée en 2023, près d’un tiers (31%) des hommes de plus de 15 ans serait atteint par au moins l’un des variants du virus.

    Hôpital d’Apt et médecins volontaires

    Loïc Souriau a également confirmé l’arrêt de la chirurgie à Apt, assurant que l’hôpital a besoin « d’un nouvel élan » et que les équipes de Cavaillon « sont prêtes depuis des années » à accueillir l’activité. Concernant l’accueil de médecins volontaires sur les zones en manque, les débuts « restent timides », mais confie que de nouvelles permanences ont été ou vont être assurées à Lapalud, Sault et Valréas ces prochaines semaines.

  • Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    Une plainte inédite contre l’amiante dans le bâti scolaire

    « L’omerta, le déni et les mensonges, ne peuvent plus durer. » Devant le palais de justice de Marseille, Nathalie Laclau, présidence de l’Avalé 13 (Association des victimes de l’amiante dans les locaux de l’éducation des Bouches-du-Rhône) tire la sonnette d’alarme sur un « scandale sanitaire » dans le bâti scolaire. Entourée de représentants syndicaux d’enseignants, d’agents territoriaux, d’association de parents d’élèves, elle dénonce : « Il n’y a jamais eu de politique d’éradication de l’amiante dans les locaux scolaires depuis son interdiction. Mais le bâti s’est usé et libère immanquablement des fibres d’amiante. »

    D’où un dépôt de plainte inédit, contre X pour mise en danger de la vie d’autrui, auprès du procureur de la République du pôle santé publique de Marseille, ce mercredi par la dizaine d’organisations et les plusieurs dizaines de parties civiles réunies sous la même bannière pour cette action. L’objectif affiché est simple : « Demander justice et faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles. Que plus personne ne puisse se défiler sans rendre des comptes », résume Arnaud Dupleix pour la FCPE 13. Pour les travailleurs des établissements scolaires comme les parents d’élèves, la présence d’amiante et leur exposition ne font aucun doute. « Il y a eu des droits de retrait et des mobilisations d’ampleur dans plusieurs établissements sur la question », rappelle Laurence Rouvière, pour le Snudi-FO. « L’éducation et les collectivités territoriales refusent de se confronter à l’ampleur du phénomène », abonde Sébastien Fournier, pour la FSU-SNUipp.

    « Des expositions passives et actives »

    Et s’ils posent la question de la responsabilité, c’est car le collectif fait face à un labyrinthe institutionnel où se mêlent l’intervention de l’Éducation nationale et les compétences des collectivités territoriales sur le bâti scolaire : les écoles dépendent des communes, les collèges du Département et les lycées de la Région. « On a 12 exemples : des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et un lycée dans les Bouches-du-Rhône où il y a une défaillance dans la production et la communication des diagnostics techniques amiantes. Ils sont parfois inexistants, parfois incomplets », précise Me Julie Andreu qui porte le dossier. Avant de conclure : « Il y a des expositions actives et passives : quand on est enseignant et qu’on perce un mur, on peut être exposé à l’amiante. Quand on est élève et qu’on dort dans une salle où il y a des dalles de plafond dégradées et amiantées, on n’est pas informé.»

  • Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Repenser ensemble les politiques autour de la drogue

    Alors qu’il y a moins d’un mois, le procès du point de deal du Ponzo, dans le quartier de Monclar à Avignon, rappelait la violence, l’ampleur et la professionnalisation du trafic de drogue, la LDH de Vaucluse organise ce samedi 15 novembre une journée de débats afin de « repenser les politiques des drogues », de 8h30 à 17h30, à La Scierie à Avignon.

    « Force est de constater que la France continue de traiter les conséquences visibles du trafic de drogue sans s’attaquer à ses causes profondes, alors que la France figure parmi les plus gros consommateurs de cannabis », précise Fabienne Haloui, vice-présidente de la section LDH Avignon Orange Carpentras et membre du comité national de la LDH, lors de la présentation de cette journée. Localement, il y a eu en 2025 quinze fusillades liées au trafic, qui ont causé la mort de huit personnes.

    Une journée qui sera partagée en 4 tables rondes animées par des intervenants de tous milieux. Comme par exemple Anthony Caille, secrétaire général de la CGT Intérieur et enquêteur à la Police judiciaire de Paris, Christian Ben Lakhdar, professeur d’économie à l’université de Lille et spécialiste de l’économie des drogues et des conduites addictives, ou encore Michel Antoni, médecin addictologue. « Nous voulons traiter le sujet dans sa globalité », précise Fabienne Haloui. La LDH avance ainsi plusieurs propositions sur le sujet : concentrer les moyens répressifs sur le haut du spectre de la criminalité ou en ouvrant le débat sur la légalisation encadrée du cannabis.

    Inscription souhaitée mais non obligatoire sur urlr.me/xUTPdE. la Scierie 15 boulevard
    Saint-Lazare, Avignon.

  • « La douleur chronique coûte cher à la société »

    « La douleur chronique coûte cher à la société »

    La Marseillaise : Comment définissez-vous les douleurs chroniques ?

    Éric Viel : Si l’on s’en tient à la définition des sociétés très savantes, c’est une douleur qui dure plus de six mois même si dans certains pays c’est à partir de trois mois. Mais il y a des douleurs chroniques continues, c’est-à-dire que les gens ont mal 24 heures sur 24, et il y a des formes de douleurs marquées par des accès douloureux et des périodes d’accalmie d’une ou deux heures ou de plusieurs jours. On distingue trois grandes entités pour ces douleurs. La première, ce sont les douleurs musculo-squelettiques donc colonne vertébrale et les membres, qui représentent 30 à 35% des patients. Ensuite il y a les douleurs neuropathiques, c’est-à-dire une douleur liée à l’atteinte du système nerveux. Cette douleur peut être causée par des médicaments comme dans le cas des traitements du cancer par exemple. Enfin, il y a toutes les douleurs de l’extrémité céphalique, c’est-à-dire de la tête et du cou, comme les migraines par exemple.

    Quelles sont les conséquences pour ces patients ?

    E.V. : La première, c’est une réduction d’activité physique. La deuxième, c’est l’absentéisme professionnel qui peut avoir des conséquences économiques si le patient perd son boulot par exemple. Le troisième, c’est l’isolement social parce que si vous ne travaillez plus, si vous ne sortez plus, vous finissez par vous isoler. Ça, ce sont les grands aspects. Mais il y a aussi tous les aspects de la vie de tous les jours, c’est-à-dire des troubles du sommeil, une anxiété qui se développe ou des syndromes dépressifs qui apparaissent. La vie quotidienne est impactée, les tâches domestiques ne sont plus possibles à faire, c’est très difficile de s’occuper d’enfants en bas âge par exemple et les relations sexuelles sont souvent très perturbées. Mais ce ne sont pas les seules conséquences. La douleur chronique coûte aussi très cher à la société parce que souvent il y a une errance, le diagnostic n’est pas fait, ou les traitements spécialisés ne sont pas mis en œuvre, donc ce sont des patients qui vont consommer beaucoup de médicaments, qui vont aller en consultation très souvent, qui vont aller aux urgences. Tout cela a un coût très important.

    Comment fonctionne le Centre d’évaluation et de traitement de la douleur de Nîmes ?

    E.V. : Déjà, tous les patients que l’on reçoit sont envoyés par un professionnel de santé. Il y a des pathologies prioritaires comme toutes les douleurs liées aux maladies cancéreuses, soit à cause du cancer lui-même, soit à cause des traitements. Ensuite, soit le diagnostic est déjà posé et les patients sont en échec de traitement. On nous les adresse alors pour des traitements plus spécialisés ou pour la mise en œuvre d’une technique qui ne se fait pas ailleurs. Soit on ne connaît pas la cause et il y a alors toute une démarche diagnostique pour comprendre la cause de la douleur et surtout le mécanisme de la douleur qui nous permettra d’identifier le meilleur moyen de la traiter. À Nîmes, on reçoit presque une centaine de patients par jour. Il y en a une cinquantaine qui viennent en consultation et nous avons aussi dix lits d’hospitalisation de jour permettant d’administrer certains médicaments en perfusion. Ils accueillent entre 30 et 40 patients tous les jours. En volume, c’est un des plus gros centres de traitement de la douleur de métropole.

    Justement, sur quoi vous appuyez-vous pour traiter ces douleurs ?

    E.V. : Il n’y a pas que des médicaments à avaler. Il y a aussi des techniques interventionnelles comme de la kinésithérapie qui est souvent indispensable. Les gens qui ont mal ont tendance à ne plus bouger ou à bouger de moins en moins. Or, ça aggrave les choses. Le mouvement, c’est la clé, en particulier pour les douleurs musculosquelettiques. On peut aussi infiltrer, utiliser des techniques dérivées de l’anesthésie, comme la péridurale ou la neurostimulation électrique. Plus rarement, il y a aussi des techniques chirurgicales.

    Beaucoup de patients concernés disent avoir manqué d’écoute de la part des médecins. Les médecins doivent-ils être plus formés aux douleurs chroniques ?

    E.V. : Oui. Comme je suis responsable de l’enseignement de la douleur à la Faculté de médecine de Montpellier, je ne peux qu’être d’accord. Il existe des diplômes d’université complémentaires mais encore faut-il que le médecin ou l’étudiant s’y inscrive. Ce n’est pas obligatoire. Aujourd’hui nous travaillons aussi à en faire une spécialité à part entière. Car pour l’instant, ce sont des médecins issus d’autres disciplines qui s’occupent de traiter ces douleurs chroniques. Le maillage des centres de la douleur en France n’est pas non plus suffisant en France. Il y a Nîmes et Montpellier mais après, autour de chez nous, les centres les plus proches sont à Lyon, Marseille et Toulouse.

    Quels conseils donneriez-vous à des personnes qui souffrent de douleurs chroniques et qui ont arrêté de chercher un traitement ?

    E.V. : J’ai beaucoup entendu : « Pour moi, il n’y a pas de solution, on m’a tout donné et ça ne marche pas. » Quand on a erré pendant des mois ou parfois des années, quand on a essayé je ne sais combien de traitements et que ça n’a pas fonctionné, on cherche dans tous les coins ce qu’on pourrait faire, on cherche sur internet, on cherche le coupeur de feu…parce que c’est désespérant. Ça mange la vie. Mais je dirais qu’il ne faut pas lâcher. Il faut discuter avec son médecin, qu’il soit spécialiste ou pas, et peut-être venir dans un centre de la douleur. Et rien n’empêche de mixer les médecines dites conventionnelles, c’est-à-dire les médicaments et les techniques interventionnelles avec des médecines dites complémentaires. Il ne faut pas négliger l’hypnose, l’acupuncture, la sophrologie, la méditation, les techniques de relaxation qui sont efficaces. Quand l’indication est bien posée, ça marche. Ce n’est pas l’hypnose, l’ostéopathie, l’acupuncture ou même les médicaments qui vont tout régler, mais c’est l’association de toutes ces techniques.

  • [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    [Exclusif] Les contrats d’Eurolinks avec Israël jugés à Marseille

    Le fabricant marseillais de maillons pour munition, Eurolinks, est assigné depuis la semaine dernière en justice à Marseille par l’association des Juristes pour le respect du droit international (Jurdi). Cette équipe de juristes chevronnés soulève la nullité du contrat de livraison passé avec deux entreprises israéliennes d’armement, IMI Systems, filiale du groupe de défense israélienne Elbit systems, prestataire du ministère de la Défense de l’État hébreu, en raison des violations du droit international et du risque génocidaire dans sa réponse aux attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.

    « Au regard de l’ampleur et le schéma des attaques menées par les forces israéliennes en violation du droit international pénal et du droit international humanitaire, il existe un risque extrêmement élevé que des composants, et au surplus des armes, livrés à des sociétés liées par une relation commerciale avec l’État d’Israël, soient utilisés en violation du droit international », dénonce l’assignation consultée par La Marseillaise qui cible la société Eurolinks installée dans la ZAC de Château-Gombert (13e).

    Jurdi plaidera directement au fond à l’audience fixée au 23 mars 2026 devant le tribunal judiciaire de Marseille. Ces juristes considèrent que les contrats passés par Eurolinks avec ces sociétés israéliennes sont « contraires à l’ordre public français » et demanderont au juge de constater la faute civile de la société et de prononcer l’annulation des contrats, sous astreinte de 50 000 euros par infraction constatée. « On ne peut fournir des armes à un État alors qu’il est en train de commettre des crimes internationaux. C’est évidemment contraire à l’ordre public français. Nous rappelons qu’il y a eu plus de 68 000 morts et 172 000 blessés dans la bande de Gaza » explique à La Marseillaise le magistrat Ghislain Poissonnier, vice-président chargé du contentieux stratégique à Jurdi.

    « L’ordre public français n’accepte pas des contrats qui portent atteinte à la dignité et à la vie humaine, à la santé publique, à la sécurité des êtres humains. On veut transposer cette idée reconnue en général par la jurisprudence aux fournitures d’armes d’un pays qui commet des crimes internationaux », ajoute le juriste interrogé lundi. « Nous irons si besoin en appel et éventuellement devant la Cour de cassation et la Cour européenne des Droits de l’homme, car on ne peut pas à la fois signer des traités internationaux disant qu’on va lutter contre le génocide et livrer des armes à un État qui est soupçonné de commettre des crimes internationaux. »

    La Ligue des Droits de l’homme a été la première à porter plainte en juin mais au pénal avec constitution de partie civile devant le tribunal de Paris contre ses sociétés qu’elle accuse de complicité de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, de crime de génocide dans ce qui serait une « politique intentionnelle de destruction de la société palestinienne » selon les mots de deux ONG israéliennes et alors que la Cour internationale de justice estime depuis janvier 2024 qu’il existe un « risque plausible de génocide ».

    Ces assignations font suite aux enquêtes des médias Disclose et Marsactu qui ont révélé l’expédition le 23 octobre 2023 par la société Eurolinks d’au moins 800 kg de maillons pour armes automatiques à destination d’Israël, puis l’escale d’un cargo israélien le 5 juin dernier à Fos-sur-Mer. Les dockers de Fos avaient alors bloqué les opérations destinées à embarquer en secret 14 tonnes des composants essentiels aux fusils-mitrailleurs de l’armée israélienne et fabriqués dans l’usine de Château Gombert.

    Contactée pour réagir, Eurolinks n’a pas donné suite.

  • Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Un pavé dans la mare. Voilà comment résumer les résultats d’une étude menée par Santé publique France et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publiée le 15 septembre.

    Intitulée PestiRiv, cette dernière montre que les personnes vivant à côté des vignes (4% de la population française) sont les plus exposées aux pesticides. Pas moins de 56 substances -notamment le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou- ont été mesurées dans 265 zones viticoles et non viticoles. Quelque 1 946 adultes et 742 enfants de six régions de métropole -dont une partie vit à moins de 500 mètres de vignes, l’autre à plus de 1 000 mètres de toute culture- y ont participé en répondant à des questionnaires pour décrire leur alimentation, leurs activités à l’extérieur, etc. Des milliers d’analyses d’urine, de cheveux, de poussières, d’aliments du jardin, d’air ambiant et extérieur ont été réalisées entre 2021 et 2022.

    Les résultats sont édifiants. Les échantillons ont montré que les urines des riverains vivant à côté de vignobles contiennent 15 à 45% de pesticides de plus que ceux qui sont éloignés de toute culture. Pire, la contamination des poussières peut être 1 000 fois plus élevée. Un autre objectif de PestiRiv a été de comparer ces contaminations en période de traitement des vignes. Là encore, toutes les analyses confirment la surexposition aux pesticides lors de l’épandage. De plus, les enfants de 3 à 6 ans présentent les niveaux d’imprégnation les plus élevés.

    Reprise du plan Ecophyto

    « Santé publique France et l’Anses recommandent en priorité de réduire l’utilisation de pesticides au strict nécessaire, en s’appuyant notamment sur la stratégie nationale Ecophyto 2030 », conclut l’étude. Cette stratégie prévoyait de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires, mais a été suspendue en février 2024 par le gouvernement Attal, sous pression de la FNSEA et des JA, en pleine crise agricole. Les deux syndicats majoritaires doivent s’arracher les cheveux devant les conclusions de l’étude. De l’autre côté, les associations environnementales, elles, sont soulagées de cette publication. « Enfin ! Cela confirme nos études et nous avions fait campagne là-dessus », sourit Michel Tafon, membre de Générations futures du Gard. Un signal de plus pour mettre en place plusieurs mesures afin d’accompagner la transition écologique. « Il faut instaurer des zones de non-traitement de 100 mètres minimum. Cela peut poser problème, nous en sommes conscients ; auquel cas il faut passer en bio. Ensuite, il faut interdire toutes les substances dangereuses, comme les perturbateurs endocriniens », énumère Michel Tafon. Également revendiquée par Générations futures, la mise en place de ceintures vertes autour des communes.

    Côté Confédération paysanne, les avis sont un peu plus mitigés. « C’est un problème de santé publique mais la profession et le ministère sont dans le déni. Quand j’ai adhéré à la Conf’ en 1999, une étude montrait déjà des traces de glyphosate dans les testicules d’enfants vivant dans les zones agricoles de la Vallée du Rhône. On le savait déjà », soupire Didier Marion, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. « Ils veulent continuer à rester dans le marché mondial spéculatif qui assassine les paysans du monde entier. Il faut changer de logique, on n’a pas le choix », poursuit l’agriculteur. Pour autant, si l’opinion publique est sensible à cette problématique -en témoigne la pétition contre la loi Duplomb- force est de constater que les industriels ont toujours l’oreille de nos responsables politiques. « Nous sommes dans un contexte bizarre : les politiques prennent des décisions dangereuses alors que les gens sont inquiets pour leur santé », observe Michel Tafon. Le vent serait-il en train de tourner ?

  • Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet d’arrêté anti poids lourds entre les mains de la préfecture

    Le projet transmis

    La municipalité d’Avignon annonce, dans un communiqué émis ce mercredi 22 octobre, avoir transmis, ce lundi 20 octobre, un « projet d’arrêté expérimental de limitation de la circulation des poids lourds de plus de 38 tonnes sur la rocade Charles-de-Gaulle ». Cette mesure s’appliquerait de 7h à 19h, du carrefour avec l’avenue Pierre-Semard à celui avec l’avenue de Tarascon, pour une durée d’un an à compter de sa validation par la préfecture.

    La ville d’Avignon précise que ce « projet d’arrêté actuel est le plus proportionné possible, visant la plus haute classe de poids lourds, sur les heures les plus chargées de la journée, lorsque la congestion routière est la plus massive, le trafic piéton et vélo le plus important, lorsque les habitants amènent leurs enfants à l’école ou font leurs courses, et où, en conséquence, l’exposition à la pollution, au bruit et à l’insécurité routière est la plus prégnante ». Un suivi est mis en place, au fil de cette année d’expérimentation, à l’aide de différents indicateurs. Et ce, pour « en apprécier les effets et éventuellement le réajuster ».

    La préfecture attendue

    C’est donc désormais au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, de trancher sur la question. Un dossier de longue haleine, car la préfecture avait déjà refusé un premier projet en 2019, qui s’appliquait, lui, aux poids lourds de plus de 19 tonnes. Contacté, le préfet « ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet à ce stade ». Depuis ce refus, la mairie d’Avignon assure avoir réalisé un « énorme travail d’affinage entre 2022 et 2025 ». Et ce, avec des « dizaines » de réunions politiques et techniques, bilatérales et plénières.

    Motivations sanitaires

    La motivation principale de cette décision est notamment sanitaire. La municipalité explique que, bien qu’il faille « maintenir la desserte économique » du territoire, il faut assurer « la protection des populations, confrontées depuis de trop longues années à la pollution de l’air, aux nuisances sonores et à une insécurité routière ». En effet, plusieurs milliers de poids lourds défilent au quotidien sur l’axe autour duquel vivent plus de 17 000 habitants, « exposés depuis de trop longues années à une circulation routière disproportionnée en cœur de ville », souligne la municipalité.

    Un projet également soutenu par la section d’Avignon-Morières-Le Pontet du PCF, qui demande, dans un communiqué, que « la santé des habitants devienne une priorité ». « Sur la rocade d’Avignon, où la circulation dense génère des taux élevés de particules fines, les riverains, notamment les enfants issus de familles modestes, sont particulièrement touchés par l’asthme, la bronchiolite et d’autres pathologies chroniques ».

    D’autant que le projet de Zone à Faibles Émissions, dont la mise en place était prévue par le Grand Avignon, est pour l’heure à l’arrêt. En effet, l’Assemblée nationale a voté la suppression de celles-ci, en juin dernier. Et ce n’est pas près de revenir à l’agenda parlementaire.

    Une forte opposition

    Ce projet d’arrêté ne fait pas l’unanimité, avec, en parallèle, l’arrêt de la Liaison Est-Ouest (LEO), que beaucoup estiment être la solution, contrairement à Avignon et au Grand Avignon. À commencer par les organisations syndicales de transporteurs, qui estiment que cette interdiction forcerait leurs engins à un long détour et nuirait aux entreprises locales. Ainsi que les élus des Bouches-du-Rhône, qui ne veulent pas voir un flot de véhicules débouler sur leur territoire.

    La CGT cheminots affiche une position plus nuancée. La mesure « mettrait à l’arrêt le terminal ferroviaire multimodal de Champfleury » pointe le secrétaire général, Loïc Guigou. « Au regard des enjeux de santé publique, cet arrêté est normal », affirme pour sa part Williams Juan, secrétaire CGT cheminots 84 qui estime cependant qu’il « aurait fallu trouver des alternatives en amont ».

    Dominique Santoni, présidente (LR) du Département de Vaucluse, est aussi opposée au projet. « Aujourd’hui, interdire les poids lourds sur la rocade, de la manière dont c’est fait, ça me paraît aberrant. On a quand même trois départements qui ont donné des avis défavorables. Le préfet de région n’a pas l’air d’être non plus pour. Et on force, on force » confiait-elle, en septembre dernier. « Je comprends parfaitement les enjeux de santé publique, mais on va les envoyer où, ces camions ? La solution, c’est la LEO. On met la charrue avant les bœufs. »

  • La tuberculose refait surface dans les écoles de Nîmes

    La tuberculose refait surface dans les écoles de Nîmes

    L’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie a confirmé plusieurs cas de tuberculose dans deux établissements d’enseignement de Nîmes : le lycée et l’institut supérieur d’Alzon. Ces cas, sans lien entre eux, ont conduit à la mise en place d’un dépistage préventif d’envergure, coordonné par le Centre de lutte antituberculeuse (Clat) du CHU de Nîmes.

    Le premier cas a été diagnostiqué en juin 2025 chez un étudiant du supérieur. Trois autres cas ont ensuite été détectés, dont deux formes contagieuses. Fin septembre, un nouveau cas a été identifié chez un lycéen, cette fois sans lien avec les premiers. L’origine serait « importée », à la suite de voyages dans des zones où la maladie reste endémique.

    « La maladie n’a jamais disparu »

    Pour prévenir toute propagation, plus de 1 000 personnes (élèves, enseignants et personnels) vont être dépistées dans les prochains jours directement au sein des établissements. Radiographies et tests sanguins seront proposés. « Les établissements ont déployé toutes les mesures nécessaires », assure l’ARS, tandis que la direction d’Alzon salue « la grande efficacité du CHU ».

    Pour la docteure Myriam Chiaruzzi, du Clat du CHU de Nîmes, ces cas rappellent que la tuberculose, « loin d’être éradiquée, circule encore  ». La maladie, transmise par voie aérienne lorsqu’une personne infectée tousse, « nécessite des contacts prolongés pour être contagieuse ». Les symptômes peuvent passer inaperçus : toux persistante, fatigue, perte d’appétit ou sueurs nocturnes. Malgré sa réputation inquiétante, la tuberculose reste aujourd’hui bien maîtrisée. « On en meurt très rarement en France, à condition qu’elle soit diagnostiquée à temps et correctement traitée », souligne la médecin.