Tag: sans papiers

  • Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Des droits des étrangers « chaque jour plus bafoués »

    Ce 10 juin, en fin de journée, un rassemblement s’est déroulé devant la préfecture de l’Hérault, à Montpellier, comme devant de nombreuses préfectures de France. Organisées à l’appel des collectifs BougeTaPréf, rassemblant de nombreuses organisations (La Cimade, Réseau universités sans frontières 34, réseau éducation sans frontières 34, Mrap, LDH…), ces actions simultanées visaient à défendre « les droits et la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués ».

    « Maltraitance institutionnelle »

    Depuis plusieurs années déjà – mais la situation s’est encore aggravée ces derniers mois – les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches… « Ce qu’on dénonce, c’est la maltraitance institutionnelle », explique Thierry Lerch, Montpelliérain militant à la fois à La Cimade et à RESF.
    « Il y a un dysfonctionnement informatique permanent, au point que dans nos permanences on ne fait plus de juridique, on se concentre uniquement sur l’administratif. On essaye de faire en sorte que les personnes arrêtent de perdre leur travail parce que leur carte de séjour est périmée faute d’avoir réussi à la renouveler pour des questions purement administratives. C’est totalement inadmissible », s’indigne Thierry Lerch, qui dénonce « une fabrique de sans-papiers ». Plusieurs institutions ont d’ailleurs émis des signaux d’alerte : « La Défenseure des droits constate que les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croître, le Conseil d’État, dans son arrêt du 5 mai, donne 6 mois à un an à l’État pour mettre fin à certaines carences de l’Anef (Administration numérique des étrangers en France) et les syndicats de magistrats et avocats dénoncent l’engorgement des tribunaux avec des procédures liées à des OQTF (obligation de quitter le territoire français) qui tombent sans arrêt », illustre le militant.

    Autre point noir unanimement dénoncé par les organisations mobilisées : les frais d’inscription différenciés à l’Université pour les étrangers. Dès la rentrée de septembre, les nouveaux étudiants internationaux hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par année de licence et de 3 941 euros par année de master, soit 16 fois le tarif que ces étudiants payaient jusqu’ici. Une mesure jugée « antisociale et xénophobe ».

  • La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    La CGT comme rempart aux guerres et à l’extrême droite

    « Face au capitalisme qui se nourrit des guerres et des idéaux de haine, la question que nous devons nous poser aujourd’hui, c’est que doivent faire les organisations syndicales, associatives, politiques ? » C’est par ces mots que Julien Bouillé, co-secrétaire de la CGT 05 a ouvert le débat de ce mercredi dans la Salle des Arcades de Veynes. Le syndicat y a convié des représentants du Mouvement de la Paix, de la Cimade, de VISA (association intersyndicale antifasciste) et des cheminots de la région Paca. La discussion a commencé au sujet de la montée des guerres et des armements, et la façon dont celles-ci servent les intérêts capitalistes dans le monde et la division des peuples.

    « Il y a les utopistes, ceux qui pensent qu’on fait la paix en préparant la guerre, une ânerie dite il y a 2 000 ans qui n’a jamais été démontrée, et ceux qui pensent qu’il faut agir sur les causes de la guerre. Or, s’il y a des guerres, c’est qu’il y a des inégalités, et qu’il y a des gens qui ont des intérêts à cela », a argumenté Pierre Villard, du Mouvement de la Paix, qui a par ailleurs relevé avec humour que la table ronde, réunissant six hommes, était peu représentative de la société française. Or, face à ces guerres et ces inégalités qui produisent des migrations, la réponse des autorités nourrit la division, selon Patrick Marsauche, représentant de la Cimade : « Le plus intolérable, c’est la façon dont ces personnes sont reçues. Depuis décembre 2015, la France a de nouveau fermé la frontière dans les Alpes, et refoulé des demandeurs d’asiles, alors qu’elle a déjà été condamnée pour cela, c’est illégal ! », s’est-il indigné. Pour les débattants, le syndicalisme doit être au cœur de la riposte collective. « Les syndicats ont pour responsabilité de faire obstacle à l’extrême droite, il en est l’ennemi comme on l’a vu à Carcassonne où le maire RN veut interdire à la CGT l’accès à la Bourse du travail », a alerté Jean-Albert Guidou du pôle CGT sans-papiers.

    Proposer une alternative collective

    Comme exemple d’action collective, il a rappelé que les travailleurs sans-papiers sont régulièrement à l’initiative de luttes victorieuses sur le terrain, citant plusieurs mobilisations récentes réussies. Après avoir discuté de la façon de lutter pour briser les isolements et faire naître la solidarité, Julien Bouillé a ainsi conclu le débat : « Rien ne changera si on reste dans son coin et qu’on accepte d’être mis en concurrence, opposés entre travailleurs, entre précaires, entre français et étrangers. Ce qui change, c’est quand on s’organise, qu’on lutte ensemble, qu’on construit un rapport de force. »

  • À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    À Marseille, une rétention administrative qui a beaucoup de la prison

    Tout autour du centre de rétention administratif (CRA) de Marseille, sur le boulevard des Peintures (14e), les barbelés sont flambant neufs. Installés il y a quelques mois, ils donnent au bâtiment un aspect de maison d’arrêt. à l’occasion de la publication du rapport national de la Cimade sur les conditions en CRA, publié le 19 mai, les sénateurs Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (Écologiste), accompagnés du député (PS) Laurent Lhardit, ont fait valoir leur droit de visite, ce vendredi. C’est d’abord au tribunal, accolé au centre, que se sont retrouvés les parlementaires.

    Menottés pour aller du CRA au tribunal, ce sont pourtant des retenus, et non des détenus, qui comparaissent tous les jours devant le juge des libertés pour savoir si leur rétention sera renouvelée, à la demande de la préfecture. Leur maintien en rétention est censé n’être que transitoire et administratif, en attente d’un renvoi dans un autre pays. Pourtant, seul un sur cinq est effectivement éloigné, d’après le rapport de la Cimade. Pour Marie-Arlette Carlotti, la situation est kafkaïenne : « La procédure est inefficace. Et puis dans ces CRA, on mélange tout : personnes sans-papiers, petits délinquants, ça n’a pas de sens. »

    « Double peine »

    Car entre ces murs bien fermés, certains n’y ont comme faute que celle d’être illégalement sur le territoire et d’avoir été contrôlés. Si d’autres ont été condamnés pour des faits de délinquance, ils ont pour la plupart déjà effectué leur peine de prison. « C’est donc la double peine », se désole un bénévole de la Cimade. Si leur enfermement est censé être purement administratif la cheffe du centre, reconnaît pourtant « avoir les mêmes problématiques qu’en maison d’arrêt ».

    Le centre est divisé en cinq parties distinctes. Les déplacements des retenus ne sont libres qu’au sein d’une de ces zones composées d’une salle télé, de chambres, d’une cour, dont on ne voit le ciel qu’à travers des grillages et d’un petit espace avec une table de ping-pong. Dans les chambres, qu’ils ne peuvent pas fermer, il y a peu de place pour ranger ses affaires : deux lits simples et un cordon pour étendre sa serviette font office de mobilier. Sur les murs, des traces noires témoignent de la crasse accumulée.

    Manque d’activités

    Dans le reste du centre, infirmerie, réfectoire, distributeurs automatiques, ou encore salle commune avec une console de jeux, ne sont accessibles qu’à certaines heures et accompagnés d’une escorte. Et au manque de liberté s’ajoute le manque d’activités. « On organise des choses, mais ils ne peuvent pas être trop nombreux », affirme la fonctionnaire.

    Une oisiveté que l’incertitude sur la date de sortie rend parfois plus difficile à supporter. Car, ici, on peut rester entre 4 et 90 jours suivant les demandes de renouvellement du préfet. à Marseille, d’après le rapport de la Cimade, les retenus restent en moyenne 45,6 jours, contre 33,4 au niveau national. Une durée qui a doublé par rapport à 2016 et qui risque de s’allonger encore. Mercredi 20 mai, le Sénat a voté en faveur d’une proposition de loi permettant l’allongement de la rétention administrative de 90 à 210 jours, pour les personnes présentant des risques de radicalisation.

  • « David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il veut mieux faire »

    « David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il veut mieux faire »

    Après une journée et demie de débats dédiés au système d’exploitation intensive de locations saisonnières mis en place par David Bertin et au constat d’un recours imaginatif et décomplexé à un panel d’infractions, la 6e chambre correctionnelle a mis son jugement en délibéré au 2 juin.

    Avec beaucoup d’assurance, les avocats du professionnel de l’immobilier, de son ex-compagne et d’un intermédiaire ont tous réclamé en chœur la relaxe de leur client respectif, avançant des arguments qui ne devraient toutefois pas résister à l’analyse pointue d’une chambre aguerrie sur l’habitat indigne et les marchands de sommeil qui, depuis le drame de la rue d’Aubagne, défilent à leur barre. On retiendra l’observation faite par la présidente Lola Vandermaesen au prévenu contrarié que les subventions de l’Anah n’aient couvert qu’un tiers de ses rénovations : « L’argent public n’a pas vocation à ce que M. Bertin s’enrichisse, vous le comprenez ? »

    « Rien ne signalait que l’immeuble était en péril. Il n’y avait pas d’arrêté affiché, et en voyant des étais dans l’appartement, il a pensé que des travaux venaient d’être faits, sinon, jamais il n’aurait servi d’intermédiaire », a plaidé l’avocate d’Omar Mbarki, un ex-associé de David Bertin qui nie avoir mis en danger les deux sans papiers placés par ses soins philanthropiques dans les studios en péril, au 21 rue d’Anvers. « Je me suis laissé entraîner dans cette histoire par sympathie pour Cédric [le frère de David qui est maçon], il m’a dit “va voir mon frère il te donnera les clés” », se défend ce rentier de 61 ans, docteur en physique chimie et propriétaire de 17 appartements. Retenons que c’est lui qui a introduit David Bertin, rue d’Anvers, en lui vendant des appartements qu’il a divisés pour faire fructifier en meublés touristiques plutôt qu’en logements à loyers sociaux.

    « On a parlé de fuite en avant. Oui, David Bertin a voulu trop faire et trop vite, mais il a aujourd’hui une véritable volonté de mieux faire », a dit Laure Saint-Denis, l’avocate de David Bertin, contre qui 4 ans de prison, dont un ferme, ont été requis. Son client a été condamné en mai 2024 par la justice dracénoise pour blanchiment à une peine de jours-amende et surtout à 3 ans d’interdiction de gérer, peine définitive pour laquelle il a été mis en garde de ne pas la contourner en recourant à des gérants de paille.

    Colère à l’évocation du 10, cours Julien, en péril

    Une remise en question à laquelle voudrait croire l’avocat de la mairie, Me Jorge Mendes, s’il n’y avait tous ces dossiers qui s’accumulent et pas seulement des infractions au code de l’urbanisme. « Vous continuez à sous-louer sur Booking. Toute cette activité est illégale depuis le début car vous n’avez pas d‘autorisation de changement d’usage. »« De la location saisonnière, j’en fais un petit peu, mais plus comme avant. J’ai mis en bail mobilité meublé » – « Si, vous continuez au 10, cours Julien qui est aussi un immeuble sous arrêté de péril ! » – « C’est faux, je ne suis pas propriétaire ! » s’emporte le prévenu sous le coup d’une enquête préliminaire ouverte pour ce qui serait de la sous-location saisonnière dans plusieurs studios d’un appartement divisé d’une ex-compagne, qui a porté plainte contre lui.

    Ce mardi, son avocate a voulu déminer une à une les accusations. À l’en croire, la mise en danger ne tient pas car l’arrêté de péril du 17 juin 2019 est illégal du fait de l’illégalité, selon elle, de la délégation de fonction consentie par Jean-Claude Gaudin à son adjoint Julien Ruas. C’est juste oublier les 777 pages du jugement – certes frappé d’appel – des effondrements mortels de la rue d’Aubagne, qui a condamné cet élu précisément pour les fautes commises dans la mise en œuvre des pouvoirs de cette délégation.

    On est prié de croire aussi que le péril grave et imminent au 21 rue d’Anvers est une vue de l’esprit. « Ses appartements ne montraient aucun signe de faiblesse. L’élément matériel n’est pas caractérisé, aucun élément moral ne démontre qu’il a sciemment voulu mettre en danger. » « Des locations ont potentiellement eu lieu pendant le péril, mais la relaxe s’impose dès lors que l’arrêté de péril est illégal. »

    Les abus de biens sociaux ? « L’infraction est très compliquée à caractériser. Rien n’est clair sur les versements. » La dissimulation de huit emplois ? « Il n’avait pas l’intention de se soustraire aux obligations sociales. Il a mal fait les choses, mais il a régularisé tardivement avec des chèques emplois-service. Ça vaut juste une saisine des prud’hommes. » Les escroqueries à l’Anah ? « Il a payé ses travaux et a transmis les sept baux. » L’obtention frauduleuse de crédits immobiliers ? « Un simple mensonge écrit ne suffit pas à caractériser le délit. Les traites ont été honorées. Les banques ne sont pas là. Dès lors qu’il n’a porté préjudice à la fortune de quiconque, il n’y a pas d’escroquerie. » Pour Me Saint-Pierre, « le portrait qu’on fait de lui ne colle pas à la réalité ».

    Le délibéré dans un mois devra, lui, coller à la procédure.

  • [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    [Chroniques méditerranéennes] Être ou ne pas être espagnol

    L’extrême droite par la voix du porte-parole de Vox au Parlement catalan, Joan Garriga, estime qu’être espagnol c’est avoir les deux parents espagnols, ce que ne dit pas la loi. Une déclaration qui se situe dans le contexte du débat sur la priorité nationale que veut imposer le parti pro franquiste dans les régions.

    C’est au Parlement de Catalogne que le député d’extrême droite, Joan Garriga, porte-parole de Vox a affirmé récemment « est espagnol celui qui est né de père et mère espagnols ». Le Roi Felipe VI appréciera, lui dont la mère est Sophie de Grèce, elle-même fille de Paul Ier de Grèce et de la princesse Frédérika du Danemark. Plus sérieusement, ces héritiers idéologiques de Franco ne supportent pas la récente décision du gouvernement de régulariser plus de 500 000 étrangers dans des conditions très réglementées. Culturellement, économiquement, humainement l’Espagne a tout à gagner à régulariser les immigrés qui sont exploités par des patrons voyous proches de l’extrême droite. Régulariser ne veut pas dire naturaliser, mais quand bien même, un travailleur qui contribue à la prospérité d’un pays, devrait avoir les mêmes droits qu’un Espagnol « pure souche ». Mais pour ces partis de droite et d‘extrême droite, au service des exploiteurs de main-d’œuvre immigrée, l’étranger n’est bon qu’à permettre d’engendrer du profit et s’il est sans-papiers c’est encore mieux, car plus corvéable à merci comme dans la province de Castellon où un réseau de trafic d’êtres humains a été démantelé par la Guardia Civil courant avril. 70 travailleurs immigrés sans-papiers étaient logés dans des conditions indignes et travaillaient 12 heures par jour sur des exploitations agricoles.

    Pour revenir aux déclarations des députés catalans d’extrême droite, la palme revient à celle d’Alberto Tarradas du même parti que Joan Garriga qui, lui, a fait référence en séance parlementaire, au slogan raciste de supporters, lors du match amical Espagne Égypte : « Qui ne saute pas est musulman. » Ce triste sire de Vox, a ainsi interpellé la députée de Esquerra Republicana Catalana (ERC) Najat Driouech, qui est de confession musulmane au cours d’un débat parlementaire, le député devait ajouter « si vous ne sautez pas ce n’est pas grave, on ne vous déportera pas pour ça, tout au moins pour le moment… ». Pour le moment l’Espagne et son gouvernement de gauche ne sombrent pas dans l’ignominie trumpiste relayée par les sbires de Vox, elle fait preuve d’humanisme et de pragmatisme.

    La nationalité n’exige pas « la pureté du sang ». Si un étranger vient s’installer et répond aux critères légaux, il pourra prendre la nationalité espagnole, comme ça était le cas des parents du jeune et célèbre footballeur du Barça, Lamine Yamal, qui aujourd’hui est espagnol.

    Et puis, rappelons un point d’histoire qui a marqué ce pays. Ces étrangers qui sont venus de 53 pays pour défendre la République, il y a 90 ans, alors qu’elle était agressée par le fascisme, ces femmes et ces hommes des Brigades Internationales qui ont versé leur sang pour la paix, la justice, la liberté, fidèles à ces valeurs universelles, méritaient la nationalité espagnole. Elle fut accordée sous la pression des associations mémorielles, en 1996 par le gouvernement socialiste de l’époque, à 600 brigadistes survivants dont 80 Français. Une décision qui faisait écho 58 ans plus tard au discours d’adieu aux brigades internationales prononcé par Dolorès Ibarruri « la Pasionaria » le 1er décembre 1938 « … Camarades des Brigades Internationales ! (…) Nous ne vous oublierons pas ; et quand l’olivier de la paix se couvrira de nouveau de feuilles mêlées aux lauriers victorieux de la République espagnole, revenez ! ». Je ne sais pas vous, mais moi c’est cette Espagne humaine et chaleureuse que j’aime, vivement des lauriers victorieux pour une nouvelle République espagnole.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)

  • Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    L’heure était au bilan pour les faits de délinquance commis dans le Var l’an passé. Si la délinquance générale (infractions commises contre les personnes et les biens) a progressé de 0,66% en 2025 (45 584 faits contre 45 285 en 2024) après une année 2024 marquée par une baisse de 4,1%, le nombre de faits constatés (45 584) reste inférieur à celui de 2022 (46 076) et de 2023 (47 197). En ce qui concerne leur taux d’élucidation, il se maintient autour de 42%.

    Parmi les principales infractions, les atteintes aux biens sont en légère baisse (-0,5% après -7,3% en 2024). à ce titre, les cambriolages ont reculé de 9,1%. Cela s’explique par une stratégie engagée dès 2023 permettant de cartographier les secteurs les plus touchés, mais aussi par le succès des opérations tranquillité vacances (1 281, +12%). Les vols liés aux véhicules ont en, revanche progressé de 4,3%.

    Plus inquiétantes, les atteintes aux personnes progressent, comme depuis 5 ans (+3% en 2025). Si le nombre d’homicides chute de 80% (5 en 2025), les violences sexuelles stagnent (1 819 faits, +0,2%) et les violences conjugales augmentent (+2,4%). Pour y répondre, les services de l’État affirment agir afin de faciliter les dépôts de plainte et la prise en charge des victimes, notamment grâce au développement des postes d’intervenants sociaux en police et gendarmerie (huit aujourd’hui), à la formation des agents, ainsi qu’à une politique de prévention menée en partenariat avec les associations.

    La sécurité routière inquiète

    En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, la préfecture se félicite de la baisse de 5,4% des infractions, quand on note une augmentation de 7,6% au niveau national. Les saisies de cannabis (+389% sur les plants, -49,4% sur la résine) sont en hausse, comme celles de cocaïne (+133%). Sur le plan pénal, les amendes douanières progressent : 15 818 410 euros en 2025 contre 11 235 140 euros en 2024, soit +40,8%. Enfin, le préfet a décidé de prendre un arrêté annuel concernant la détention et la consommation de protoxyde d’azote.

    Autre volet important : la sécurité routière. Les accidents mortels (65, +3%) et les blessés (1 134, +1%) sont en hausse, mais les accidents corporels (818, -6%) diminuent. L’indice de gravité reste inquiétant : 7,9 personnes perdent la vie tous les 100 accidents. Les causes restent les mêmes : vitesse (32% des accidents mortels, 21% des accidents corporels), alcool (28% et 16%) et stupéfiants (12% et 8%). Les automobilistes sont les plus touchés (23 décès), suivis des usagers de deux-roues motorisés (22) et des piétons (12). En conséquence, les contrôles se renforcent et ont entraîné +18% de suspensions de permis, +14% de dépistages positifs aux stupéfiants, ainsi que plus de 3 800 mises en fourrière pour des infractions graves. Les actions de prévention ont également augmenté de 29,5%.

    Pour conclure, notons que les services de l’État ont abordé la question – souvent démagogique – des OQTF, indiquant une hausse de 9,8% par rapport à 2024 et de 99,3% par rapport à 2022, pour atteindre 1 063 décisions, dont 175 refus de titres pour actes de délinquance. Rappelons toutefois qu’une très large part d’entre elles sont liées à la lourdeur des démarches administratives liées aux titres de séjours, encore renforcées par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, demandant aux préfets de les prononcer automatiquement. Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans-papiers.

  • [Regard sur l’Espagne] 500 000 régularisés par la volonté populaire

    [Regard sur l’Espagne] 500 000 régularisés par la volonté populaire

    Quand les vents mauvais soufflent sur le monde, on apprécie la moindre brise qui amène de l’air pur dans un contexte où la guerre, la haine des autres, le racisme, la xénophobie monopolisent une actualité sombre et désespérante. Il est des moments où la plus petite éclaircie redonne confiance en l’humanité. Cette décision de régulariser 500 000 sans-papiers annoncée le 27 janvier par le gouvernement est un de ces moments. Ce n’est pas une première, différents gouvernements de 1986 à 2005 avaient déjà procédé à des régularisations massives, mais aujourd’hui le contexte est différent et l’Espagne est résolument à contre-courant des nauséabondes politiques anti immigrés, qui s’appuient notamment sur la théorie du grand remplacement. L’Espagne considère les immigrés non pas comme une charge, mais comme une chance pour la croissance économique, la cohésion sociale, la convivialité, les échanges interculturels. À la théorie du grand remplacement, la gauche espagnole substitue la pratique de l’humanité réelle.

    Cette importante décision de régularisation massive a été validée par « Real Decreto ». En amont de « ce moment historique » comme le dit la ministre (PSOE) de l’inclusion et de la sécurité sociale Elma Sainz, c’est l’action citoyenne qui a permis de faire aboutir cette demande de régularisation. Depuis des mois des collectifs, associations, partis de gauche notamment Izquierda Unida, Podemos et la coalition Sumar ont utilisé le dispositif « Initiative législative populaire » qui a recueilli 700 000 signatures dans le pays, et qui permet de présenter une proposition de loi au Parlement. Bien qu’une large majorité y compris avec des députés de droite ait approuvé le processus, le projet de loi a été bloqué systématiquement par la même droite et l’extrême droite. Le gouvernement a donc décidé pour surmonter cette difficulté de prendre un décret comme la loi le permet. « Ce que nous faisons, c’est ne pas détourner le regard : nous reconnaissons la dignité des personnes. Nous plaçons les droits de l’Homme au centre de notre politique et œuvrons en faveur d’une migration régulière… » a expliqué Elma Sainz lors d’une conférence de presse. Cette régularisation est possible, pour les étrangers qui se trouvaient en Espagne avant le 31 décembre 2025 sans antécédents judiciaires et qui justifient d’une présence continue d’au moins cinq mois sur le territoire.

    Ceux remplissant les conditions, pourront demander cette régularisation jusqu’au 30 juin. Lorsque cette demande sera admise pour traitement, toute procédure de renvoi ou d’expulsion sera interrompue et le bénéficiaire se verra accorder un permis de séjour provisoire. Ce droit sera valable un an: à l’issue de cette période, une autorisation ordinaire devra être demandée. L’Espagne, n’a pas la mémoire courte, elle n’oublie pas que 500 000 des siens furent obligés d’immigrer pour des raisons politiques en 1939, puis autant dans les années soixante, ce que l’on a appelé l’immigration économique. Le pays a souffert du départ en terre étrangère d’un million d’Espagnols en quelques décennies. Aujourd’hui émergent à nouveau de belles valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, du coup on se demande : mais que fait encore là la monarchie ?

  • Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    Kamel Fassatoui, l’humain pour horizon

    « Emmaüs a changé ma vie, et celle de mes enfants aussi », livre Kamel Fassatoui lors de son pot de départ. Force est de constater qu’il a aussi changé celle de la communauté de la Pointe-Rouge, nichée dans le 8e arrondissement. Vendredi, pour l’occasion, la salle en amont du réfectoire est bondée. Des compagnons actifs bien sûr, mais aussi les retraités, des responsables d’associations, les administratifs et des amitiés tissées au fil de sa route.

    Fils de diplomate tunisien, diplômé de Sciences Po’ Lyon, Kamel a très vite été élu par ses deux autres co-responsables « attaché de presse de la communauté », relate l’une d’entre eux, Nouara Bernou, en riant. Mais il est bien plus que ça. Militant, éminemment politique, toujours partant pour innover et faire bouger les lignes. « En juin 2003, j’arrive dans une communauté pépère avec 35 compagnons, autocentrée, sur le modèle des années 50 », observe Kamel. Et de poursuivre « en 2025, ils sont 58, la communauté est mixte, et il y a même des enfants. Nous avons deux boutiques en ville, et un camion dit du “Petit Déj” qui offre le café en ville durant toute la période hivernale. Ici, 20 nationalités se côtoient ».

    Jean-Pierre, bénévole de longue date, résume ainsi le personnage : « C’est un homme extraordinaire, très humain, très réfléchi. Pour moi, il a beaucoup de neurones connectés. Ne plus aller me disputer dans son bureau va beaucoup me manquer. » À ses cotés, sa compagne Christelle, a les yeux brillants : « Quelques semaines après mon arrivée je perdais mon papa. Ils m’ont aidé, acheté mon billet pour aller aux obsèques. Je n’oublierai jamais les manifs en ville avec lui, les grandes ventes… »

    Plus loin, devant les bureaux, un petit paquet dans les bras, Anna et Vitali sont venus lui dire au revoir : « Je suis restée 7 ans ici, il m’a aidée pour tout, même trouver un appartement. Maintenant, j’ai des papiers, et je travaille chez Leclerc », témoigne la jeune ukrainienne.

    Un long fleuve

    pas si tranquille

    « Nous avons été la première communauté à être perquisitionnée. Nous sommes des résistants. Une fois libéré, j’ai mesuré l’impact sur l’opinion publique. J’ai été appelé à témoigner à travers touts la France », se souvient Kamel. Le 17 février 2009, suite à un contrôle d’identité en ville d’un compagnon Hamid, Kamel est convoqué par la police. Sa garde à vue s’en suivra pour ne pas avoir donné la liste des sans-papiers de la communauté, avec une perquisition. L’année suivante le 19 février, la première communauté historique à s’être implantée 53 ans auparavant dans le sud, voit son grand hangar de la salle des ventes brûlé entièrement en pleine nuit. Avertis par les compagnons, les trois responsables se retrouvent effarés devant le tas de cendre fumant. Kamel témoigne : « Les compagnons étaient saufs, mais hébétés. J’ai tout de suite pensé, on y est, on y reste…et on est resté 4 ans sous des tentes provisoires à tout reconstruire. » François Lavaud et Nouara Bernou, les deux autres responsables relatent de concert des moments d’exaltation et d’énergie qui ont suivi. La viabilité de la communauté a été alors assurée grâce à la boutique ouverte rue Colbert, quelque temps, avant par Kamel : « J’avais eu le nez fin en créant la première boutique Emmaüs en ville. » En octobre 2011, Emmaüs continue de faire l’actu en organisant un grand repas de rue sous les fenêtres de l’ancien maire de Marseille, à l’origine de l’arrêté anti-mendicité. Éclats de rire à l’évocation de ce souvenir qui a pérenniser un repas de rue de fêtes pour les sans domicile. « On remercie encore M. le maire ! » Au rayon initiative, on retrouve Kamel avec les boutiques éphémères pour les fêtes, les actions pour les mineurs isolés, les migrants, les distributions de vivres pour les étudiants de Saint-Charles durant le Covid, le marché alimentaire tous les samedis pour permettre aux plus démunis de bien s’alimenter. Et en juillet 2024, le choc des révélations sur l’abbé Pierre,
    « la référence c’était lui, la personnalité préférée des Français », poursuit-il. Un constat sur cette société toujours plus difficile pour les plus pauvres, mais aussi l’espoir « même si ce n’est jamais neutre de comprendre la détresse des gens qui arrivent ici, on se doit de résister ». Et de conclure : « Le modèle d’Emmaus est une utopie, un modèle de vivre ensemble, loin du tumulte extérieur… »

  • La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    La CGT du Var mobilisée pour les travailleurs migrants

    Le 23 janvier, alors ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau établissait une circulaire sur les orientations générales relatives à l’admission exceptionnelle au séjour prévue par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda). Une manœuvre ayant pour but de réduire de 30% (de 30 à 20 000) les titres de séjour accordés, et de « discipliner le corps préfectoral », dénonce la CGT. Cela, en conditionnant drastiquement les conditions d’obtention de titres de séjour (7 ans de présence sur le territoire contre 5 auparavant [hors régularisations par le travail, qui restent à 3 ans], maîtrise de la langue…).

    Une orientation qui ne modifie pas la loi, ni les dispositions prévues par le Ceseda : chacun peut demander une CST (Carte séjour temporaire en salarié, ou travailleur temporaire) ou VPF (Vie privée vie familiale), pour des considérations humanitaires, pour les personnes confiées à l’Aide sociale à l’enfance ou à un tiers de confiance entre 16 et 18 ans suivant depuis six mois une formation professionnelle. L’article L-435 traite quant à lui des métiers en tension. C’est sur celui-ci qu’incite à se baser la circulaire Retailleau, alors que la liste « n’est pas finalisée et ne contiendra que très peu de métiers exercés par les travailleurs migrants car occupés et donc pas en tension », pointe la CGT.

    Les OQTF « assimilés

    à des terroristes »

    Une circulaire que dénonce l’UD CGT 83, mobilisée jeudi devant la préfecture dans le cadre de la Journée internationale sur la protection des droits des migrants. « Ces gens fuient la guerre, travaillent, et sont mis en situation de grande précarité. On veut des titres de séjour pour les travailleurs sans-papiers, un accès rapide pour les renouveler et la continuité des droits sociaux », exige Richard Roméo-Giberti, secrétaire général UD CGT 83.

    « La circulaire ralentissant la délivrance, des travailleurs sont licenciés faute de titres de séjour renouvelés à temps. L’objectif est de faire pression sur la préfecture. Les demandes de renouvellement sont réalisées quatre mois en avance, cela laisse largement le temps de les traiter », soutient Patrice Moulun, secrétaire générale de l’UL CGT Toulon. « Des corps entiers dépendent des travailleurs immigrés, comme la propreté, où 85% des salariés ne sont pas nés en France, la restauration, le bâtiment… C’est hypocrite car on les accepte pour travailler, tout en leur mettant une pression inhumaine. Certains sont même victimes de traite d’êtres humains, sans contrat ni salaire » dénonce Sébastien Bois, secrétaire du syndicat de la propreté du Var.

    Derrière tout cela est pointée la réalité de la majorité des OQTF, « souvent assimilés à des terroristes alors qu’ils ne sont pas des criminels, mais subissent la lenteur administrative. D’où leurs difficultés à aller aux prud’hommes, et les hésitations à faire valoir leurs droits, qui ne disparaissent pourtant pas avec l’OQTF », dénoncent de concert les trois syndicalistes. Ces deniers ont demandé une audience « sur les problèmes concrets, au cas par cas » au préfet, avec qui ils travaillent « depuis quelques semaines pour prendre en compte la réalité locale », et espèrent pouvoir mobiliser, par la grève, « afin de faire bouger les choses, comme ça a été le cas en Île-de-France ».

  • Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un patron exploitait une jeune sans-papiers à Marseille

    Un commerçant de Belsunce a été reconnu coupable, ce lundi, d’« aide au séjour irrégulier » et « travail dissimulé commis à l’égard d’une personne vulnérable », en l’espèce une ressortissante des Philippines qu’il avait fait venir en 2014, à Marseille, et qu’il a exploitée sans contrat de travail pour la virer en 2019.

    La 6e chambre correctionnelle de Marseille a infligé à Thomas B., 57 ans, une peine de 180 jours-amendes à 270 euros, ce qui revient à verser 48 600 euros au Trésor public, ou bien à effectuer six mois de prison ferme, le tout assorti d’une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans, « compte tenu de la réitération des faits pendant plusieurs années commis au préjudice d’une personne vulnérable ». Le tribunal a confisqué au prévenu une créance de 28 654 euros saisie sur le produit de la vente d’un immeuble. Constituée partie civile, la victime qui a obtenu depuis un titre de séjour, s’est vu allouer 4 000 euros pour son préjudice moral et 2 500 euros pour ses frais de justice.

    Une vaine promesse d’obtention de papiers

    Après une rencontre sur l’application d’appel vidéo Skype suite à une offre d’emploi qu’il avait diffusée sur son compte Facebook, Thomas B. avait financé le voyage en autocar, depuis Milan, de cette jeune femme de nationalité philippine, alors âgée de 31 ans et qui se trouvait à Dubaï. Il l’avait accueillie à Marseille en avril 2014, promettant de lui obtenir des papiers de régularisation. Au départ, il l’avait affectée à vendre des vêtements dans sa boutique, à Belsunce, la rémunérant 100 euros par semaine tout en la logeant gratuitement. Après un mois, il l’avait affectée, pour les mêmes conditions salariales, au ménage de son domicile, s’occupant aussi de l’enfant du couple, et au nettoyage après travaux d’un appartement détenu par sa mère, allée Léon-Gambetta, destiné à la location Airbnb, dont elle allait ensuite gérer l’aménagement, la propreté et la gestion des clients pendant près de sept mois.

    En janvier 2015, il l’avait affectée au nettoyage, à la gestion et à l’intendance des 23 logements de la résidence universitaire que ce chef d’entreprises gérait au 5 boulevard Dugommier (1er). à l’audience, le prévenu a reconnu qu’elle était la « déléguée de locataires, responsable dans les colocations pour faire régner la propreté » et « faisait du ménage un peu partout ». Il est établi aussi qu’il l’a fait travailler dans son restaurant de la rue Longue-des-Capucins. La victime, complètement isolée en France, expliquait avoir travaillé dans l’espoir d’être régularisée et n’avait jamais obtenu de contrat de travail malgré ses demandes. Le prévenu a fini par la virer en janvier 2019 au motif qu’elle avait passé une nuit ailleurs. Selon la jeune femme, il l’a expulsée, a changé la serrure de sa chambre, a pris tous ses documents et supprimé ses e-mails de son ordinateur.

    Le conseil des prud’hommes, qu’elle a saisi en 2021, a considéré qu’« incontestablement », elle gérait contre rémunération depuis 2015 et sous ses ordres la location en Airbnb, et des appartements de la SCI du prévenu à des étudiants étrangers.

    Entendu par les enquêteurs, le prévenu s’est présenté en bon Samaritain, déclarant avoir sans cesse aidé la jeune femme, présentée comme une « fille au pair », en lui offrant « une chambre qu’elle ne payait pas pendant 5 ans » et un pécule hebdomadaire d’une centaine d’euros en guise d’argent de poche. « Elle a rendu service. Ce n’est pas travailler. » « Je lui ai procuré une vie bien meilleure que ce que l’État offre aux sans-papiers. » Il prétendait l’avoir « entretenue comme une maîtresse », lui avoir permis de mener « une vie de princesse ».

    S’agissant de la résidence étudiante, « elle s’en occupait quand je devais m’absenter. Comme elle vivait dedans, je lui ai délégué la gestion en mon absence. Il n’y avait pas de travail défini. Je lui demandais d’aller récupérer des clés, de changer un nom sur une boîte aux lettres, bref, des petits services. Je la logeais gratuitement et elle me rendait service, c’est tout ». Il ajoute, pour parfaire le cynisme : « Pour moi, j’ai sauvé cette femme de sa situation en Italie, de dormir par terre, de garder un bébé pour 100 euros par mois, de vivre comme une esclave. »

    Le prévenu a revendu en 2021, pour 1,2 million d’euros, sa résidence de locations pour étudiants et réinvestit en Angleterre, où il gère notamment une société qui possède huit appartements de vacances dans le Yorkshire.