Tag: sans abris

  • Le Département contraint d’héberger une mère et son fils

    Le Département contraint d’héberger une mère et son fils

    Les conclusions du tribunal administratif de Marseille sont claires : le Département des Bouches-du-Rhône se trouve dans l’obligation de trouver une solution d’hébergement pour Mme B., mère isolée, et son enfant de moins de 3 ans. Ressortissante mauricienne née en 1990, Mme B. dit être arrivée en France en février 2025, accompagnée de son fils né en octobre 2023. Dans un premier temps hébergée par un proxénète jusqu’à sa mise à l’abri par l’association Amicale du Nid à partir du 27 février, la jeune femme a demandé le 9 février aux juges des référés d’ordonner au Département des Bouches-du-Rhône sa prise en charge et celle de son enfant. Une requête à laquelle le tribunal administratif a accédé, obligeant la collectivité à agir, sous astreinte (150 euros par jour tant que le département ne s’est pas justifié de l’exécution de l’ordonnance). Établie le 12 février, la décision du tribunal a abouti au prolongement de l’hébergement de Mme B. et de son enfant à la Draille (1er), centre d’accueil pour les sans-abri, faute de solution plus pérenne. « On a quand même une ordonnance très motivée, avec astreinte. C’est très satisfaisant, s’est enthousiasmée Clara Merienne, avocate de Mme B. Ça montre que le juge administratif a pris la mesure du fait que le département a du mal à exécuter les décisions du tribunal. » De son côté, le Département se défend : « Cette dame ne s’est jamais retrouvée à la rue. (…) Le Département a pris ses responsabilités, comme il le fait systématiquement, en décidant son maintien exceptionnel à la Draille dans l’attente d’une orientation adaptée. » Et d’ajouter : « L’accompagnement [de Madame B.] est pleinement assuré. Une solution en centre maternel est en cours de finalisation et devrait aboutir d’ici la fin de la semaine. »

  • À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    À Aubagne, un groupe sonde les candidats sur le logement

    « Nous voulons interpeller les candidats sur la place qu’ils font à ce sujet majeur, désormais première source de dépenses des Français », écrit, dans sa lettre ouverte envoyée la semaine dernière, le groupe logement solidarité Aubagne. Le courrier a été adressé aux candidats Gérard Gazay (LR), maire sortant, Mohammed Salem (SE), Giovanni Schipani (SE), Jean-Pierre Squillari (gauche, citoyens et écologistes), et Elodie Malek (LFI). À Aubagne, ville de 47 529 habitants, les problématiques de logement sont bien identifiées par ce groupe, créé il y a deux ans. Ce jour-là, autour de la table, figurent Roland Bourglan, référent à Aubagne de la Fondation pour le logement (anciennement Abbé Pierre), Christine Vandrame, Carmen Heuman, Cristel Migliaccio.

    « Le besoin local est immense »

    Et la situation est plutôt effrayante. Si la ville se trouve dans les clous du taux de logement social voulu par la loi, avec 27,4% et 5 500 logements sociaux selon le groupe ; 60% des demandes à Aubagne le sont « pour du logement très social, pour un public en grande précarité, dont les revenus sont en deçà de 13 000 euros par an », éclaire Roland Bourglan. Par ailleurs, 72% des Aubagnais sont éligibles au logement social. « Le besoin local est immense : 10 000 demandes de logement en cours à Aubagne, dont un peu plus de 3 000 concernent le logement social », cite Christine Vandrame. Aussi la lettre interroge : « Quel type d’offre de logements sociaux avez-vous l’intention de favoriser, en direction de quelle population ? » L’autre problématique majeure est celle du logement indigne. « Aubagne compterait le chiffre record de 21% de logements privés potentiellement indignes, soit environ 2 700 logements sur la ville », expose la lettre. Dans « logement indigne », on trouve le péril (danger pour la vie), et l’insalubrité (danger pour la santé). D’où la question aux candidats : « Quelles sont vos préconisations ? » Reste « le scandale des familles sans solutions de logement », épingle le groupe. Ils seraient 40 à 60 dans la ville, qui dorment dans la rue, dans des voitures ou des abris de fortune. Ouvrir une pension de famille serait une solution pour héberger, de façon pérenne, des personnes qui ne peuvent pas vivre seules. Gérard Gazay tout comme le candidat Jean-Pierre Squillari en souhaitent une. Le groupe voudrait savoir où elle serait localisée. Encore faudra-t-il se pencher sur le cas des personnes en situation de mal logement extrême.

  • Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    Aubagne : Giovanni Schipani éreinte la gestion de Gazay

    «Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour construire une ville plus à l’écoute, plus humaine et plus forte », déclare, devant un auditoire de 364 personnes réunies à l’Espace des libertés, le candidat de « Aubagne mérite mieux ».

    Juste avant, l’Aubagnais de 35 ans, qui fut adjoint à la jeunesse durant le 1er mandat du maire (LR) Gérard Gazay a dit vouloir porter la voix des électeurs « autour d’un projet à la fois réaliste et réalisable ». Dans son équipe, Wahiba Thiery (finances) a constaté qu’il y avait aujourd’hui « moins d’agents municipaux, mais une masse salariale qui a explosé » sous la gestion du maire Gérard Gazay.

    « Le social sera protégé »

    Or « cette gestion-là, ça veut dire plus de strates hiérarchiques. Plus de cadres très bien payés. Et pendant ce temps, le terrain se vide », a-t-elle relevé. Au contraire, a développé la jeune femme, avec le programme de Giovanni Schipani, « le social sera protégé ». Le candidat, selon « la conviction que personne ne doit plus être laissé de côté », veut par exemple « une meilleure coordination entre les associations, les services de la Ville, les acteurs sociaux, notamment pour les personnes sans domicile et les situations de grande précarité. » Il défend le projet, dénommé Aubagn’elles, de « créer une maison municipale dédiée à la protection des femmes victimes de violence ». Mais aussi « une équipe de médiation sociale ». Il promet la cantine à 1 euro pour les enfants scolarisés. Le budget du Centre communal d’action sociale sera « augmenté de 10% ». Giovanni Schipani s’engage par ailleurs « à baisser de 10% les indemnités du maire et de ses adjoints ».

    Il entend également « mettre fin à la bétonisation », « classer les meilleures terres agricoles en zones protégées, et sécuriser l’eau ».

  • Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    Nuit de la solidarité : un couteau suisse pour répondre à tous les besoins

    « Petite structure, mixité, c’est très symbolique de ce que l’on veut développer ! », s’enthousiasme Audrey Garino devant l’entrée d’un immeuble en copropriété à la Capelette. Dans le cadre d’un partenariat de la Ville avec l’État, en rez-de-chaussée et au 1er étage, le centre de vacances du boulevard Saint-Jean a cédé la place à une unité d’hébergement. La Digue, gérée par Saralogisol, accueille 46 personnes, en famille, depuis 2021.

    « On nous avait annoncé qu’en copropriété ce serait complexe », se souvient l’élue. Pari gagné. Le bail de 7 ans vient d’être renouvelé. « Il y a eu quelques ajustements à faire, sur le bruit, car il y a une cour intérieure et on a 20 enfants de moins de 6 ans. Mais on est dans une relation de voisinage apaisé », témoigne Julie Jaffro, directrice du pôle social. Si l’accueil est inconditionnel, « il y a une vigilance sur la question de la parentalité ou sur le cadre à respecter dans le contrat de séjour », précise Aurélien Sibba, chef de service. Dans la grande cuisine, la vie des 14 familles, dont dix monoparentales, orientées sur La Digue par le 115, tourne autour d’un rythme collectif. Les repas du midi et du soir sont portés par l’Armée du Salut. « On y fait aussi des ateliers cuisine, les anniversaires, Noël… », ajoute Marie, éducatrice spécialisée.

    De quoi créer du lien entre des personnes venues d’horizons différents. On y partage les fêtes et les corvées. Dans le couloir, un planning affiche les tours de ménage pour les communs. Avec dix nationalités différentes, le français est la langue partagée. « Pour l’apprentissage, on oriente sur les associations. Il y a aussi une formation FLE via France Travail, mais avec de moins en moins de financement », regrette Marie. Sonia bénéficie de l’accompagnement social de Sarlogisol depuis 5 ans. « J’étais à l’hôtel, mais on ne peut rien faire. Ici c’est comme une petite maison, avec une grande famille », explique la jeune mère Albanaise en ouvrant la porte de la chambre familiale dont un pan de mur a été tapissé de photos de Jul par sa fille de 13 ans et son fils de 4 ans, tous les deux scolarisés dans le quartier. Réorganiser sa vie pour Sonia, passe par la commission Dalo. Elle avoue : « J’ai hâte d’avoir mon propre logement, de trouver un travail. » Chacune des familles restera à La Digue le temps nécessaire. « On a déjà quatre sorties positives, une sur du privé, les autres dans des logements sociaux », peut s’enorgueillir l’association, qui ne connaît aucune vacance sur cette structure tant la demande est forte.

    Décloisonner

    La Nuit de la Solidarité a fait apparaître d’autres besoins que le logement. Rue Saint-Basile, La Bonne adresse s’évertue à y répondre. Dans ce deuxième lieu appuyé par la Ville, sur 200m2, une équipe de 6 salariés propose aux sans-abri et aux personnes hébergées en hôtel, en plus de l’accès aux droits, un service courrier pour 585 domiciliations, une bagagerie de 23 grands casiers, une laverie, deux douches, une cuisine partagée, des colis alimentaires et des produits d’hygiène, un vestiaire et du soutien scolaire. « C’est l’originalité de ce tiers lieu, lance dans un large sourire Mourad Fennas, directeur de l’Arme du Salut. C’est la ligne qu’on s’est donné, de décloisonner les activités. »

    Derrière l’ordinateur, à l’accueil, Shaïma, 24 ans, hébergée en hôtel avec sa fille de deux ans, est « usagère et bénévole ». Elle indique la prise électrique à Salem, 47 ans, les cheveux encore humides après sa douche et lui propose un café en attendant que son téléphone portable soit rechargé. « Je suis dehors depuis trois mois. Quand il a fait très froid je suis resté une semaine au stade Vallier. On m’a fait une proposition d’hébergement, à Arles. J’ai refusé. Je suis inscrit à France Travail et j’ai mes rendez-vous à l’hôpital ici », justifie-t-il.

    Des rires parviennent du centre névralgique de la structure. Quatre femmes sont aux fourneaux. Taguée sur le mur au-dessus d’elles, la formule « des choses magiques se produisent dans cette cuisine », annonce la couleur. « Je viens chaque mardi, explique Ibitissam, et je repars en chantant. Mon linge est propre, mon mari et ma fille sont contents de me voir rentrer à l’hôtel avec des plats cuisinés pour la semaine. Et ils sont tellement gentils ici ! » Faïza, tout aussi radieuse, remonte de la buanderie par l’escalier décoré d’une guirlande de photos, scènes joyeuses de la vie du site. « On a aussi accès à des produits d’hygiène. Il y a un gros congélateur pour tuer les punaises de lit dans les textiles. C’est une vraie bonne adresse ! » Elle participe à l’animation du lieu, « avec les enfants », indique-t-elle en passant devant la salle de jeu.

    Là encore, le planning cuisine affiche complet. « On est à 40 places, avec une liste d’attente de 2 mois », regrette Anaïs Beringer, coordinatrice. Pour ceux qui ont la possibilité de cuisiner, « le vendredi matin est consacré à la distribution de denrées alimentaires pour une trentaine de familles ». Le soir de la Nuit de la Solidarité, « on sera ouvert, avec une grande soupe à partager », annonce Mourad Fennas.

    La préfecture récupère mille logements

    Pour Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la DDETS (direction départementale de l’Emploi, du Travail et des Solidarités), « un tiers des personnes en centre d’hébergement sont en attente d’un logement. Les bailleurs sociaux ont des obligations réglementaires pour attribuer 25% des logements aux ménages qui ont les plus bas revenus. Et 30% au contingent préfectoral. En 2024-2025, on a demandé à 20 d’entre eux de rendre des logements parce qu’ils n’avaient pas respecté ces critères. On a récupéré presque mille logements ».

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète – l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État – afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    La Ville d’Aubagne met une dizaine de sans-abri au chaud

    « Le soir on va dans des trous, dans des garages qu’on trouve ouverts », lâche Berny. L’homme, âgé de 69 ans, est assis, mercredi, sur un banc de l’Esplanade de Gaulle, grande étendue de bitume à l’ombre, battue par les vents. Son frère Mokhtar, 61 ans, vomit sa bière. La nuit, continue Berny, « il fait super froid, mais on est bien couverts. On a des couvertures et des coussins que nous a donnés Emmaus ». Un hébergement ? « Il y a le 115*, mais on n’aime pas aller dans ces centres d’hébergement, il n’y a que des voleurs », assure Berny. Algériens, ils sont en France depuis une vingtaine d’années. Ils ont tous les deux bossé, en maçonnerie, électricité, mais « au noir ». Donc pas de retraite. « On est quelquefois un peu désespérés. Il y a des gens qui nous chassent de leur garage, et jettent les matelas, les couvertures et tout ce qu’on a… », raconte Berny. À propos des réfractaires au 115, « certains ne sont pas prêts à aller dans du collectif. Ou bien ils ont un confort précaire auquel ils sont attachés. Certains craignent, s’ils sont hébergés par le 115, qu’au retour on leur ait chipé leurs affaires… », commente Eliès Hannai.

    Les assos sur le pont

    L’homme gère l’accueil de jour « La maison du partage » régi par le Centre communal d’action sociale (CCAS) de la Ville d’Aubagne à l’Espace Ambroise Croizat, au 384 boulevard Marcel-Pagnol. « Depuis que les Bouches-du-Rhône ont été placées en vigilance jaune, on a augmenté l’amplitude horaire de l’accueil de jour, de 7h à 11h (d’habitude 10h), et de 14h à 17h30 (d’habitude fermé). Le matin, les personnes à la rue peuvent venir se doucher et prendre un petit-déjeuner. On a aussi des temps de maraude, de 10h à 12h et de 14h à 16h30 », explique-t-il. La maison du partage reçoit environ 40 personnes par jour. Elle est ouverte toute l’année du lundi au vendredi, et un samedi sur 2 du 1er novembre au 31 mars. « Comme les températures ont chuté rapidement, le maire (LR) Gérard Gazay nous a demandé, mardi, de mettre à l’abri les personnes. Les 10 places ont été pourvues », explique Eliès Hannai. C’est suffisant, affirme-t-il, car des sans-abri ont été orientés vers les gymnases ouverts par la Ville de Marseille. À Aubagne, les assos Urgence et solidarité, Croix rouge, Restos du cœur, Secours populaire se relaient pour s’occuper des sans-abri et leur amener des repas chauds. Ce mercredi soir, les bénévoles de la Croix rouge seront sur place, assure Jean-Pierre Turchaini, président de l’union locale d’Aubagne. « On n’est pas fermés à l’idée de récupérer des couvertures en bon état », glisse Eliès Hannai.

    * Numéro à composer pour demander un hébergement d’urgence.

  • Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Déjà 50 SDF mis à l’abri du froid au stade Vallier de Marseille

    Dimanche, 39 hommes sans abri ont dormi sur ces lits de camp et 38 femmes et enfants qui étaient à la rue ont été hébergés en hôtel. » Au stade Vallier, Audrey Garino est venue faire un point avec les équipes partenaires du SIAO (Ville, Samu social, Croix Rouge et Direction des services de solidarité de la préfecture), soit une vingtaine d’agents qui se relaient sur l’accueil.

    Il est 10h30 et une dizaine d’hommes y sont encore à se réchauffer. « Il y a déjà 50 inscriptions pour la soirée, précise l’élue municipale (PCF) en charge de la solidarité. On reste ouvert au moins jusqu’à jeudi ou vendredi. » Dans l’ambiance feutrée dans ce gymnase réquisitionné, encore plongé dans l’obscurité, ils sont quelques uns à émerger des couvertures sur les lits de camp. La nuit a été dure. « J’étais depuis une semaine près des Docks, mais avec le vent qui traverse le duvet, on n’arrive plus à dormir », explique Maxime, 43 ans, agent d’entretien intérimaire, qui vit depuis quelques semaines dans la rue, après 3 ans d’hébergement « à droite, à gauche ». Il a fait la route depuis Toulouse avec Ludo, 51 ans, parti se resservir une tasse de café et embarquer une madeleine « pour reprendre des forces avant d’aller faire la manche ». Ils rejoignent Tony, marseillais « à la rue depuis trois ans » à une table. Tous sont chaudement vétus, mais ont encore du mal à se réchauffer.

    « Le 115 n’a pas de place »

    « La douche est glacée », regrette Ludo. Habitué du dispositif d’urgence, Tony les rassure : « Il y a toujours un temps de mise en route. Le disjoncteur pète, après ça va… » Gilles Aspinas, délégué (PCF) aux affaires sociales confirme : « Vous pouvez y aller, tout est rétabli. » Pour Ludo, « le problème c’est le manque de logements sociaux, à la base ». Comme les deux autres, il est célibataire « donc pas prioritaire. Alors difficile de se remettre en selle. D’autant que je me suis fait volé mes papiers ». Tony lui indique les agents à l’accueil : « Les services sociaux sont réactifs, ils vont t’aider. »

    Hamad s’avance sur ses béquilles pour demander « un gros sweat ». Emmitouflé dans une parka élimée et trop large, il décrit : « J’ai tout perdu d’un coup, mon logement, mis en péril. Mon boulot, mis en liquidation. » En un an et demi de rue, il n’a décroché « que des jobs au black, du coup, personne ne me loue ». Comme les trois autres, il « refuse de squatter ». Depuis, sa « bascule », il a tenté comme les autres « le 115, à de nombreuses reprises, mais il n’y a jamais de place ».

    En novembre dernier, durant la première vague de froid de cet hiver, Vallier a abrité 81 personnes. Ces ouvertures récurrentes restent temporaires. Un manque de places structurel sur lequel la Ville alerte depuis des années les services d’un gouvernement loin de son objectif « Zéro SDF ».

  • Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Face au froid, maraudes et solidarité se réactivent

    Depuis le 1er novembre, la préfecture a déclenché plan de vigilance hivernale, qui vise à renforcer la protection des personnes sans-abri en mobilisant l’ensemble des acteurs de la solidarité. Pour l’heure, seul l’épisode du coup de froid, entre le 20 et 25 novembre, a conduit à compléter le dispositif d’hébergement d’urgence de 6 726 places du Département par l’ouverture de 90 places de mises à l’abri dans le gymnase municipal Vallier, à Marseille. Pour autant, « c’est tout l’hiver qu’on se gèle dehors », rappelle Daniel Jacquin, le président de l’association éponyme OSGD.

    Pas encore de grand froid en Provence, mais des températures en nette baisse depuis plusieurs jours. Ce plan hiver comprend trois niveaux de vigilance, en fonction des températures. Jaune quand le mercure indique entre zéro et moins 5°C, orange jusqu’à moins 18°C et rouge quand il vire à l’extrême et s’installe dans la durée. La marge est large et le bouton d’alarme loin d’être pressé dans le département, mais face à un 115 régulièrement saturé, ce dispositif reste insuffisant selon les associations qui interviennent sur le terrain.

    Un manque de places structurel

    « Pour nous, la solidarité, c’est 365 jours par an », explique Daniel Jacquin, qui note : « Heureusement, ces périodes de fêtes sont propices aux élans de solidarité. » Des particuliers appellent « de l’Estaque aux Goudes pour proposer des vêtements, des couvertures, des chaussures… » Et les bénévoles ne sont pas de trop pour aller récupérer ces dons aux quatre coins de la ville. Installée dans ses nouveaux locaux de la rue de Lyon, dans le 15e arrondissement, l’association a aussi bénéficié d’une participation extérieure notable pour organiser deux grands repas solidaires à destination des sans-abri. Le restaurateur Fonfon du vallon des Auffes a concocté de belles marmites pour un déjeuner partagé à l’abri de la paroisse Saint Rose Lima, dans le 13e arrondissement. De même que le jeudi 18 décembre, les associations Entourage et la Cloche ont organisé un grand réveillon solidaire au restaurant le Plan de A à Z, sur la Canebière. « Les associations essaient de mailler au mieux le territoire », souligne Daniel Jacquin, qui regrette cependant qu’une trop grande part de l’aide aux plus démunis « repose ainsi sur la charité, les dons de privés. Ce sont les bénévoles qui pallient les carences de l’état. »

    Un déploiement de solidarité qui ne doit en effet pas masquer une réalité : au regard des besoins, Marseille, où 30% de la population vit sous le seuil de pauvreté, souffre d’un « nombre de places d’hébergement d’urgence structurellement déficitaire, confirme Audrey Garino. Nous continuons de demander à l’état d’augmenter le nombre de prises en charge, notamment en période hivernale », précise l’adjointe (PCF) au maire déléguée à la solidarité.

    Le Samu social est passé d’un véhicule sous l’ère Gaudin à une quinzaine aujourd’hui. à leur bord, les 52 agents des équipes de maraudes se relaient de 7 heures du matin à plus de minuit avec 70 paniers repas chacune, de l’eau, des couvertures, des duvets, des vêtements ou encore des chaussures à distribuer. « Nous continuons à développer de nouvelles solutions, telles que l’ouverture d’un accueil de jour, de douches municipales et d’une halte de nuit dans les prochaines semaines », annonce l’élue.

    En Vaucluse, le plan grand froid actif

    Après un premier épisode entre le 21 et 25 novembre, la préfecture a réactivé son plan grand froid depuis le 26 décembre. Avec des températures tout juste au-dessus de zéro, mais un ressenti bien négatif en raison du mistral, les services de l’État ont « prolongé les mesures d’accueil d’urgence, ainsi que les dispositifs de veille sociale » (maraudes renforcées et plages horaires élargies).Ainsi, un centre d’hébergement exceptionnel de 11 places est mis en place à Avignon, rue Mérindol, ouvert de 18h à 9h. Dans le département, une capacité d’accueil est portée à 333 places pour les pics de grand froid. F.C.

  • Le plan grand froid activé en Vaucluse pour héberger les sans-abri

    Le plan grand froid activé en Vaucluse pour héberger les sans-abri

    « En raison des tensions sur les dispositifs d’hébergement d’urgence ainsi que des prévisions des températures ressenties en Vaucluse sur les prochaines nuits, le préfet de Vaucluse active à compter de ce jour les mesures d’accueil d’urgence : les capacités d’hébergement d’urgence ainsi que les dispositifs de veille sociale sont renforcés dans le département », indique la préfecture dans un communiqué édité vendredi.

    En premier lieu, un centre d’hébergement exceptionnel pour les sans-abri est mis en place à Avignon. « La maison municipale de Mérindol, située 15 rue Paul-Mérindol est mise à disposition par la Ville d’Avignon. Son activation au bénéfice des personnes en situation de vulnérabilité est permise grâce à la mobilisation des services de la Ville d’Avignon, du service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO), de la Croix-Rouge, du Secours populaire aux côtés des services de l’État », souligne la préfecture. Cet accueil à destination des personnes sans-abri est ouvert chaque jour de 18h à 9h. « Une évaluation des besoins sera conduite par les services de l’État permettant le maintien de cet accueil jusqu’au radoucissement des températures », précise-t-elle.

    Appel à la vigilance

    De plus, en parallèle le SIAO va continuer d’assurer la coordination et le suivi des capacités d’hébergement d’urgence ainsi que l’orientation des demandes d’hébergement. Des effectifs du SIAO seront par ailleurs présents, aux côtés des bénévoles de la Croix-Rouge et du Secours populaire, au sein de la salle Mérindol. Et à la préfecture d’appeler « particulièrement les maires à la plus grande vigilance en cette période, en accueillant toute personne en difficulté qui leur serait signalée ».

    Les demandes d’hébergement ou le signalement de personnes en détresse est à signaler au 115, le numéro d’urgence joignable 24h/24 et 7J/7.

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à “l’aller vers“, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »