Tag: salariés

  • Les salariés en lutte font front commun pour le 2 décembre

    Les salariés en lutte font front commun pour le 2 décembre

    « Combattre les stratégies destructrices en matière d’emplois et ne pas laisser les Bouches-du-Rhône devenir une zone de non-droit du travail », résume Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT 13.

    L’organisation réunissait des travailleurs de luttes emblématiques et de « dossiers stratégiques », ce mardi en conférence de presse. Avec la ferme intention de rappeler les réalités auxquelles ils font face en lien direct avec les politiques budgétaires libérales prises par les différents gouvernements. « Deux ans de combat syndical et juridique » pour les salariés de la blanchisserie Pamar à Marseille, qui dénoncent « l’absence de respect de l’hygiène » sur leur site et une situation intenable au niveau managérial. Quelques années de lutte de plus pour les travailleurs de la Centrale de Gardanne, qui se battent toujours « pour le développement du site » depuis l’annonce de la fermeture des centrales à charbon et l’aboutissement du projet industriel porté par les salariés et la CGT. Leurs homologues du secteur de l’énergie rappellent leur grève reconductible d’il y a quelques semaines pour des revalorisations salariales, ciblant une grille qui débute « en dessous du Smic »… À chaque fois, les mêmes maux et les mêmes conséquences. « Les politiques nationales ont des conséquences sur nos vies et notre travail quotidien », comme le résume Hélène Honde, pour la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM). Et elle est bien placée pour le savoir puisque la coopérative est issue d’un vif combat pour le maintien de l’emploi des ex-salariés de la SAD, filiale de Presstalis, messagerie de distribution de presse, liquidée judiciairement en 2020.

    Des milliers d’emplois menacés

    Si l’entreprise des travailleurs se développe depuis, reste que « la distribution de la presse est en danger ». La faute aux aides de l’État pour la filière « qui ne ruissellent pas et qui sont accaparées par une poignée d’éditeurs ».

    Autre dossier qui résume bien les conséquences des budgets d’austérité libéraux : celui des marins de Marseille. Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille, tient à remettre les points sur les i : « Il faut savoir qu’on paie, avec nos impôts, des subventions pour les transports low cost alors qu’on fait face à une concurrence déloyale de compagnies maritimes où tous les salariés sont en statut précaires. » Dans son secteur, la menace est claire : « Pour le transmanche, Brittany Ferries passe des navires sous pavillon des Bahamas et nous, on fait un chantage à l’emploi pour qu’on s’aligne, sans contrats de travail français. » Avec la menace d’une vente de la Méridionale et de la libéralisation à tout va du secteur maritime, 600 à 700 emplois sont menacés. Même calcul pour la distribution de la presse : entre les diffuseurs, points de vente et chauffeurs, la CPMM estime à près de 700 le nombre de postes en jeu sur la région. Avec à chaque fois, des emplois indirects et induits avec des conséquences bien plus graves à venir. D’où le message commun de battre le pavé, le 2 décembre, à Marseille et à Arles, pour la journée de grève intersyndicale. Car pour le cas des marins de Marseille, comme celui des salariés de la Centrale thermique de Gardanne ou de la CPMM, les conséquences dépassent la question des conditions de travail des salariés. « La distribution de la presse est une question de démocratie et d’accès à l’information », note Hélène Honde. Les marins rappellent que la continuité territoriale via les délégations de service public de la Corse est aussi remise en cause avec ces politiques libérales. Et que dire du lien entre la production d’une centrale thermique et
    la précarité énergétique. Kalathoumi Ibouroi pour les salariés de Pamar conclut : « On se bat pour notre réintégration mais on lutte aussi pour les salariés qui souffrent en silence. »

  • Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    Narcotrafic : les salariés d’Orange pris en étau

    « Ici, c’est pire que la Banque de France. » Sur le parking d’Orange, à Saint-Mauront (3e), les trois gardiens qui assurent la sécurité ne sont pas tranquilles. Leur responsable a pris la décision, ce mardi 25 novembre à midi, de confiner durant une demi-heure tous les salariés, potentiellement 1 200, dans les faits de 400 à 450 en présentiel chaque jour, pour éviter les « dommages collatéraux ».

    Selon lui, une bagarre entre dealers au moyen d’un club de golf qui aurait pu dégénérer : « Une kalach, c’était pareil. » Il a préféré fermer le site « le temps que ça se calme ». Depuis une semaine, toujours selon lui, la venue des ministres de l’Intérieur et de la Justice, suite à l’assassinat de Mehdi Kessaci par un commando à moto, a « mis de l’huile sur le feu ». « C’est un quartier défavorisé, on n’a pas tous les tenants et les aboutissants, mais on pourrait aussi choisir d’éteindre l’incendie », estime-t-il.

    Concrètement, de nouvelles inscriptions sont apparues sur le mur de la sortie du métro National, indiquant que le point de deal voisin, au cœur de la cité de Félix-Pyat, était ouvert H24. Sur les grilles du siège d’Orange, ou sur les immeubles en face, il suffit de suivre les flèches blanches ou rouges pour y arriver. On arrive au pied des barres, avec un petit comité d’accueil où des minots encagoulés essaient de se réchauffer au soleil. Même si dans le quartier, entre mamans qui discutent, minots qui sortent du bus et ouvriers qui rentrent après une journée de travail, la vie s’écoule… paisiblement.

    Laurent, délégué syndical CFE-CGC d’Orange, raconte, lui, les emballages de médicaments jetés par-dessus la clôture, direct dans la pelouse. « On a aussi retrouvé des douilles suite à une fusillade au bar d’en face », ajoute le syndicaliste. Résultat, « les salariés ont peur, ils ont développé des stratégies pour ne pas venir, en recourant au télétravail, en multipliant les missions de terrain ». Il poursuit : « En tant que salarié d’Orange, on n’est pas là pour vivre ça. » Nexity, qui avait son siège juste en face, a aussi « déménagé parce qu’il y avait trop de problèmes », témoigne-t-il, « ils ont vendu ça avec l’espoir de la revitalisation, mais c’est trop tôt, on est un peu des spécimens d’expérience avec eux, ce n’est pas encore un quartier de droit. On vit dans une citadelle assiégée. »

    Une direction

    qui se dit mobilisée

    Il dénonce également le manque de sérieux de sa direction. Pour badger, il faut rentrer dans un sas « un peu sombre », qui « doit faire 30 m2 et dont la porte reste ouverte ». C’est « Riri, Fifi et Loulou qui gèrent la sécurité », ironise-t-il.

    Si un cap a été franchi, le phénomène n’est pas nouveau. « On ne voulait pas venir là et, d’ailleurs, on devait intégrer les bâtiments de Nédélec, à côté de la gare, mais Orange a préféré vendre, en partie à l’Agence régionale de santé », croit savoir le responsable syndical, « et nous rapatrier tous ici il y a deux ans ». CGT, FO, SUD et CFE-CGC s’étaient mobilisés en 2022 contre la fusion et le transfert des salariés de Nédélec, Réattu et la tour La Marseillaise, bref tous les sites marseillais, sur la rue Félix-Pyat. La sécurité du site n’est pas le seul point noir. « On a aussi eu des punaises de lit, avec des fermetures de plateaux entiers pour la fumigation », indique-t-il.

    La direction arguait, elle, de sa volonté de mettre en place un campus à Saint-Mauront pour « maîtriser [son] empreinte immobilière par la restitution d’immeubles à Marseille ». Sur « l’incident » survenu ce mardi, elle indique avoir « constaté un attroupement inhabituel d’une vingtaine d’individus proche de la sortie du métro National, à l’extérieur de l’entrée du site Massalia ». Afin de « préserver la sécurité des salariés et du site, Orange [leur] a demandé de ne pas quitter le site pendant 30 minutes, le temps que cet attroupement extérieur se disperse ». Et la direction d’assurer qu’elle est « en lien avec les forces de l’ordre pour toutes les questions liées à la sécurité de [ses] sites », que « la sécurité de [ses] salariés est une priorité ».

    Côté CFE-CGC, un courrier devait partir, ce mercredi, pour réclamer des mesures et des explications sur les raisons du déménagement à Saint-Mauront.

  • Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Mobilisation des agents de la sûreté aéroportuaire à Marignane

    Perturbations à venir ce mardi du côté des agents de sûreté à l’aéroport de Marignane. Deux syndicats, CGT et CFDT, organisent un rassemblement dans le terminal 1 doublé d’un appel à la grève. Le tout répondant à une colère sociale des salariés pour une multitude de problématiques, allant du chauffage sur les lieux de travail à des questions d’accords d’entreprise. « On demande l’application des accords d’entreprise pour tous les salariés. Certains y dérogeraient, notamment les nouveaux entrants, et n’ont pas un week-end sur deux de repos », campe Jean-Marc Cortiana, délégué syndical CGT de l’entreprise ICTS, qui assure la sûreté à l’aéroport Marseille-Provence. Alain de Gennaro, pour la CFDT ICTS, dénonce aussi « des salariés qui travaillent dans le froid notamment sur le terminal 2 ».

    Autre « point d’achoppement » avec la direction : le recrutement à venir de plusieurs CDI alors que « plusieurs salariés, actuellement en temps partiel, souhaitent passer en temps plein ». « On demande simplement l’application de la loi sur le sujet », insistent Jean-Marc Cortiana et Alain de Gennaro, d’une même voix.

    Les deux organisations syndicales ont aussi dans le viseur une revalorisation salariale au regard des résultats de l’aéroport : une prime de 1 000 euros pour la CFDT quand la CGT revendique une hausse globale des salaires ainsi qu’un élargissement de la prime d’ancienneté au-delà de 15 ans. Contacté, l’aéroport assure qu’ils bénéficient des mêmes températures que les voyageurs, du chauffage l’hiver comme de la climatisation l’été. Et explique qu’il y a des mesures spécifiques mises en place pour ceux officiant sur le terminal 2.

  • Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Aujourd’hui on ne sait pas du tout vers quel scénario on se dirige, c’est l’inconnu. C’est ce qui stresse un peu les salariés, même si Alinea a été placée en redressement judiciaire et non en liquidation », réagit, vendredi, Sébastien Laisne, délégué syndical. La veille, le tribunal de commerce de Marseille a en effet placé l’enseigne Alinea, qui regroupe 35 magasins et 1 172 salariés, en redressement judiciaire. La période d’observation a été fixée à six mois, jusqu’au 20 mai 2026. Les dettes d’Alinea, propriété de la « galaxie Mulliez », s’élèvent à 10,9 millions d’euros, mais elle dispose encore de trésorerie.

    « Il y a un potentiel »

    Sébastien Laisne reprend : « C’est notre deuxième redressement judiciaire en cinq ans [en 2020, 17 magasins sur 26 avaient été fermés et près de 1 000 salariés licenciés sur 1 800, Ndlr]. Tout au long de ces années, les salariés ont fait des efforts, alors il y a un peu de lassitude. Mais il y a le sentiment dans la société qu’il y a un potentiel, notamment la spécificité de nos produits qui s’inspirent de la Provence. » Parmi les causes qui ont conduit à ce nouveau redressement, il pointe : « L’enseigne fondait de grands espoirs sur l’absorption des magasins Zodio pour avoir la “taille critique” c’est-à-dire être à l’équilibre financier et générer des bénéfices. » Suite à cette reprise, le chiffre d’affaires estimé était « basé à 4 000 euros par mètres carré, mais il est tombé aujourd’hui à environ 1 300 euros ». Le président du tribunal a souligné que « le changement d’orientation marketing, plusieurs fois, a pu brouiller le message auprès de la clientèle. » Il a aussi relevé que « les prix de certains produits étaient un peu élevés, notamment après la conjoncture Covid et la consommation en berne ». D’ici le 12 janvier, l’enseigne devra présenter au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ».

  • La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    La CGT Monop’ en rang serré contre la répression

    « C’est la troisième convocation en 3 mois ! », s’insurge Stéphanie Escamez, déléguée syndicale de la CGT Monoprix du rond-point du Prado à Marseille, ce jeudi matin. Son organisation appelait à un rassemblement devant le magasin pour dénoncer « une tentative manifeste d’intimidation ». En cause ? Une série de convocations d’élus CGT du magasin par la direction. « Pour l’un, on lui reproche de ne pas avoir fait ce qui n’était pas dans son contrat, pour l’autre, on l’accuse à tort de vol… », explique la déléguée.

    Dans le fond, elle dénonce « une chasse aux sorcières et une politique de répression syndicale » alors que l’organisation est à l’origine de mouvements sociaux réguliers sur le magasin. « Au travers des représentants syndicaux, ce sont les salariés qu’ils attaquent », développe-t-elle. Avant de préciser : « On conteste et contestera toutes les sanctions ! C’est la CGT qui dérange mais on ne lâchera rien. » En tout cas, les militants d’organisations homologues ont répondu présents à l’appel au soutien : Union locale (UL) CGT des quartiers Sud de Marseille, UL Centre ou encore UL Saint-Lazare et de l’UD CGT 13.

    « Aujourd’hui, on est plutôt calme mais on montera d’un cran le rapport de force si cela se poursuit », prévient Guillaume Algrin, secrétaire général de l’UL CGT Marseille Sud. Il fait le lien entre « la forte activité syndicale de l’organisation » et cette « forme de représailles sur le site ».

  • Les missions locales en action face à l’austérité

    Les missions locales en action face à l’austérité

    « On est la voix des jeunes les plus fragiles ! ». Devant la préfecture de la région Sud Paca à Marseille ce mardi, Daniel Wehrle, secrétaire régional de la CGT Missions locales, tient à rappeler le rôle essentiel de ces structures dans l’accompagnement des jeunes vers l’emploi. « On fait un accompagnement intensif, qui prend en compte les problématiques globales des jeunes. On ne s’arrête pas uniquement à la demande d’emploi, on voit aussi les besoins périphériques du jeune : mobilité, logement, santé mentale… », développe le syndicaliste. Devant lui, des salariés de structures de toute la région, d’Avignon à Aubagne en passant par Carpentras et Martigues, ont fait le déplacement pour cette mobilisation à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, SUD et CFDT). Et ils donnent de la voix à grands coups de slogans maison : « Plus de budget, jeunesse en danger ! Investir dans les jeunes, pas les ignorer ! ».

    Il faut dire qu’il y a urgence pour les petites mains de l’insertion des jeunes vers l’emploi : une baisse de 13% des financements des missions locales est prévue dans le projet de loi de finances 2026 (lire notre édition du 18/11). Laquelle s’ajoute à une diminution de la dotation étatique de 5,6% pour les contrats d’engagement jeunes (CEJ) et une baisse de plus de 6% du budget des missions locales l’année passée. Bien qu’amendé en commission des finances et pas encore voté, l’inquiétude est vive. « C’est le coup de trop ! Qu’est-ce qu’on va faire de notre jeunesse sans ces moyens ? », s’insurge Isabelle Urbano, déléguée régionale pour la CFDT-Synami (Syndicat national des métiers de l’insertion). In fine, elle craint une forme d’arrivée de la politique du chiffre dans les structures : « On est déjà en état de saturation, il y a bon nombre de missions locales qui sont déjà en difficulté… Faire rentrer les jeunes dans des cases, ce n’est pas notre travail ! ». Elle dénonce : « Moins de moyens, ce sont des territoires qui seront pas, ou moins, couverts. Et donc des jeunes à l’abandon ! ».

    « Un impact pour les jeunes les plus éloignés »

    Car concrètement, cette baisse équivaudrait à « 1 100 fins de contrats ou contrats non renouvelés, selon l’UNML [Union nationale des missions locales Ndlr] », précise Daniel Wehrle. Soit entre 120 et 200 salariés en moins au niveau régional selon les calculs syndicaux, qui estiment à 25 pertes de contrats pour les antennes marseillaises. Un comble à l’heure où le chômage des jeunes est en constante augmentation. « On essaie de maintenir un accompagnement humain, mais sans moyens ça va devenir impossible », déplorent deux salariées de la mission locale de Marseille. Avant de faire un triste constat : « Ça va aboutir à moins d’équité et il y aura un impact pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. »

    Autre conséquence à craindre : « La hausse des délais d’attente pour un accompagnement », selon Fouzia Staali, salariée de la mission locale de Martigues et déléguée CGT. Laquelle insiste sur le travail effectué au quotidien : « Des jeunes à la rue, des jeunes qui ne mangent pas, c’est ça la réalité de notre accompagnement. Notre but c’est de les sortir du marasme. » D’où le débrayage du jour, avec maintien de salaire pour la plupart des travailleurs des structures de la région. Le tout, permis grâce à une alerte commune avec les directions et présidences des missions locales qui se mobilisaient devant l’Assemblée nationale à Paris, au même moment. Si une délégation syndicale a été reçue en préfecture à Marseille, « tout se jouera lors de l’examen final de cette loi de finances », conclut Daniel Wehrle.

  • L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    L’éducation populaire comme rempart à la casse de la Sécurité sociale

    « La Sécu c’est pas seulement une institution, c’est nos corps, nos têtes, notre quotidien », lance l’ancien député PCF Pierre Dharréville à l’assistance, dans la salle Gagarine lundi soir. L’ancien membre de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale est invité par le PCF de Port-de-Bouc à animer un débat sur les 80 ans de la Sécurité sociale, avec le secrétaire général de la CGT CPAM des Bouches-du-Rhône, Jean-Marie Angeli.

    En syndicaliste, ce dernier insiste sur « le rapport de force à double face syndicale et politique qui a permis de gagner la Sécu », qui doit aujourd’hui affronter le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (PLFSS) prévoyant « 7 milliards d’euros d’économies sur la santé ».

    Jean-Marie Angeli avance qu’« il faut faire revenir ce sujet politique qu’est la Sécu dans les entreprises, alors que la majorité des salariés ne savent pas lire leur fiche de paye ». Une forme d’éducation populaire face au discours austéritaire « quand il y a 80 milliards d’euros d’exonération de cotisations sociales et 250 milliards d’aides patronales sans contrepartie », rappelle le syndicaliste.

    « La Sécu est un instrument de justice »

    Pierre Dharréville, auteur d’une proposition de loi pour constitutionnaliser la Sécurité sociale, analyse le discours « de Gabriel Attal qui dit que le système de retraite par répartition prend l’eau ». « Mais les voies d’eau sont organisées, car lui veut la retraite par capitalisation. C’est une attaque contre la Sécu pour un projet politique inégalitaire qui va alimenter la finance », juge l’ex-député.

    En filigrane, la cotisation sociale. « L’entourloupe du Rassemblement national est de supprimer les cotisations pour gagner du pouvoir d’achat. » En clair, « leur projet de société est de ne pas partager le pot commun au prétexte qu’il y en a qui profitent. Nous, nous voulons partager car il y a besoin de justice dans ce pays et la Sécu en est un instrument », estime Pierre Dharréville.

    Ce dernier indique que « le système est solide et des leviers existent pour le financer. La CSG n’est pas mon amie mais le PLFSS prévoit de l’augmenter sur les revenus du capital ». Jean-Marie Angeli réaffirme que « de l’argent, il y en a. Il faut supprimer les exonérations de cotisations et revoir les impôts quand l’évasion fiscale atteint 100 milliards d’euros », rappelle le syndicaliste.

  • [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    La Marseillaise : Pourquoi les missions locales se mobilisent aujourd’hui ?

    Claude Fournet : Dès la parution du projet de loi de finances 2026, nous avons vu qu’il était prévu une baisse significative de 13%, qui représente 77 millions d’euros de moins sur l’ensemble des missions locales. C’est énorme, d’autant que l’an dernier nous avions déjà eu une baisse, le tout arrivant à 20%. Les organisations syndicales de la région organisent notamment ce rassemblement à la préfecture. C’est complémentaire avec la mobilisation nationale impulsée par les présidents et conseils d’administration des missions locales notamment pour mobiliser les élus contre cette baisse.

    Quelles conséquences de ces baisses ?

    C.F. : Les premiers touchés seront les jeunes et les salariés des missions locales. On estime à 13 000 jeunes qui seront peu, mal ou pas accompagnés, seulement pour notre région si ce budget passe. Ce sont aussi 120 emplois menacés. Et donc des points d’accueil qui vont fermer ou qui seront moins longtemps ouverts.

    Quelle est votre analyse de cette politique de l’emploi ?

    C.F. : Il y a quelque chose d’antinomique. Il y a trois ans, le Président a fait une loi du plein-emploi et donne des moyens et des mesures pour l’accompagnement des jeunes. Les missions locales ont donc recruté, accueilli beaucoup plus de jeunes. Mais depuis, les financements diminuent ! Alors qu’on est au moment où on en a le plus besoin : le chômage remonte, et c’est celui des jeunes qui remonte le plus fort, avec plus de 20% sur un an.

    Pourtant, vous défendez un modèle d’accompagnement bien spécifique…

    C.F. : Nous sommes un exemple de décentralisation. Nous avons une mission de service public de proximité qui répond aux besoins des jeunes et aux exigences des territoires. Je rappelle qu’on travaille avec 12 000 entreprises dans la région pour les jeunes, nous sommes donc aussi une forme de développement économique. Il faut aussi avoir en tête qu’on propose un accompagnement global. Parfois, avant de parler d’emploi à un jeune, il faut qu’on parle de mobilité, de logement, de santé, de famille. On a une série de dispositifs qui aident à avoir une certaine autonomie, laquelle participe à l’entrée dans le monde du travail. On fait un travail de formation citoyenne, et même plus : culturelle, civique… Nous ne sommes pas une structure d’emploi bis de France Travail. On a une certaine vision de l’emploi pour les jeunes.

    Au niveau du calendrier parlementaire, il y a encore de l’espoir d’amoindrir la baisse prévue ?

    C.F. : Il y a une forte mobilisation des parlementaires, grâce à notre pression, et un certain nombre d’amendements, qui ont été retenus en commission des finances contre cette baisse. Et ça a été relativement transpartisan. Il y a donc des chances.

  • La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    La Poste : le licenciement pour désorganisation ne passe pas

    Après une grève massive, le 4 novembre, contre le licenciement « pour désorganisation » de Gaëtan, facteur du 5e arrondissement de Marseille, la CGT se remobilisait, ce vendredi, toujours en soutien au travailleur. Et l’organisation syndicale est venue avec un paquet d’arguments pour faire « reconnaître l’erreur » de l’entreprise, alors qu’un CSE se déroulait le jour même.

    Elle a notamment présenté une délibération « votée par l’ensemble des élus du CSE », qui réclame « une réintégration des agents licenciés pour le motif de désorganisation de service ». « On demande un plus strict contrôle et un regard des instances représentatives sur ces procédures », explique Karim Bouzana, délégué CGT AP 13.

    Pour rappel, Gaëtan, facteur aux 20 années de service à son compteur, a été licencié pour ce motif pour le moins étonnant. La CGT estime à plusieurs dizaines ce type de procédures dans la région. « On a aussi remis à la direction une partie des dizaines de pétitions signées par les personnels pour sa réintégration. Il y a aussi une cagnotte qui a été lancée par des usagers pour le soutenir », poursuit Éric Chenais, responsable CGT. Autant de points qui vont « à l’encontre des arguments de La Poste qui affirme qu’il est toujours malade et qu’il désorganise le service ». « Les usagers disent au contraire qu’ils étaient contents de son service et qu’ils le voyaient souvent », développe le responsable.

    Préavis de grève pour

    la semaine prochaine

    Sollicitée, La Poste maintient d’ailleurs la même position adoptée depuis le début de l’affaire : « Le licenciement pour désorganisation de l’entreprise est une procédure juridiquement encadrée. Un employeur peut procéder à un tel licenciement pour motif personnel non disciplinaire lorsque les absences, même justifiées par l’état de santé, désorganisent l’entreprise et imposent le recrutement définitif d’un remplaçant. »

    Chacun jugera de la pertinence de telles justifications pour le service public postal, au plus de 230 000 salariés dans le pays. Reste qu’elle affirme que « toute décision d’engager une procédure de licenciement est prise collégialement après un examen rigoureux des éléments objectifs qui fondent un licenciement sur une cause réelle et sérieuse et reste exceptionnelle ». Quoi qu’il en soit, la CGT a « demandé à ce qu’une délégation soit reçue » et a quitté le CSE suite au refus de la demande, de même que les élus de SUD PTT. Et a déposé un préavis de grève pour la semaine prochaine.

  • La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    La CGT se bat contre l’amiante à ArcelorMittal

    Pas plus tard qu’hier, un salarié est venu nous voir au local syndical : il a un cancer dû à l’amiante, à 57 ans. » Le ton grave, Stéphane Martins de Araujo, secrétaire général de la CGT d’ArcelorMittal à Fos-sur-Mer, rappelle les conséquences concrètes de la présence d’amiante dans les sites industriels.

    Son organisation, engagée de longue date dans un combat pour le classement du site de l’étang de Berre comme « amianté », espère prochainement voir le bout du tunnel. Entre un communiqué de presse diffusé cette semaine, qui fait part « d’un scandale sanitaire » et l’envoi d’une délégation syndicale à la Caisse primaire de l’assurance maladie (CPAM), elle met les bouchées doubles avant un rendez-vous déterminant, ce lundi, au ministère du Travail.

    « Ce n’est pas une faveur qu’on demande : quand on est touché par ces maladies, on ne voit pas la retraite, ou on ne la voit que pour quelques années », martèle le syndicaliste. Il donne des chiffres qui font froid dans le dos : « Plus de 150 salariés ont été reconnus et mis en suivi médical renforcé pour l’amiante, seulement pour le courant de l’année 2025. […] 7 maladies professionnelles sur 10 sont en lien étroit avec l’amiante sur le site. » Au total, son organisation dénombre « plus de 600 salariés en suivi médical renforcé ». Pour rappel, le suivi médical renforcé est un dispositif qui prévoit une batterie de consultations médicales. « Il y a des examens à faire régulièrement, au départ, des scanners tous les 6 mois, puis étalés tous les 5 ans. À chaque fois, on a peur d’avoir une mauvaise nouvelle, l’inquiétude est réelle », développe Stéphane Martins de Araujo.

    Un combat pour un départ plus tôt à la retraite

    Contactée, ArcelorMittal précise que « ce suivi médical ne signifie pas que les salariés ont été exposés au risque, mais est mis en place dans un souci de prévention ». Et assure que c’est « conformément à la réglementation et en coordination avec la médecine du travail, pour certains salariés affectés à des postes à risques compte tenu de leur période d’emploi et des postes occupés ». Reste que, pour la CGT, derrière ces chiffres et ces dispositifs, il y a « des familles brisées, des malades, des futurs malades et des morts ».

    Concrètement, l’organisation demande « que le site soit classé amianté, au titre de l’Acaata ». L’Acaata est l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante. Ce dispositif permet aux salariés exposés à l’amiante de bénéficier d’une retraite anticipée. « Si le site est classé, au lieu de partir à 64 ans, c’est 60 ans. Et ensuite, c’est un an de moins d’âge de départ pour tous les 3 ans d’ancienneté sur la période, avec un seuil maximum à 50 ans », explique Stéphane Martins de Araujo.

    Il avance un autre argument : « L’inspection du travail a validé, après enquête cet été, la demande de classement et la période qui va de 1997 à 2025 », explique Stéphane Martins de Araujo. Là encore, ArcelorMittal tient à apporter des précisions : « Le ministère du Travail avait refusé l’inscription de l’établissement de Fos-sur-Mer sur la liste des établissements susceptibles d’ouvrir droit à l’Acaata, pour la période 1972-1997, décision confirmée par la Cour administrative d’appel de Marseille et le Conseil d’État. » Avant de conclure : « Les salariés de l’établissement n’effectuent pas de travaux de calorifugeage sur des matériaux contenant de l’amiante. » Or l’entreprise note que le classement d’un site comme amianté nécessite « une activité significative de calorifugeage à l’amiante », selon « des critères précis qui résultent de la loi et de la jurisprudence ».

    Dans tous les cas, la balle est dans le camp du ministère.