Tag: salariés

  • Amiante à Arcelor : la CGT interpelle l’État

    Amiante à Arcelor : la CGT interpelle l’État

    La CGT d’ArcelorMittal Fos passe la seconde. Après avoir demandé le classement du site comme amianté, le syndicat avait été reçu au ministère du Travail le 17 novembre et avait obtenu un délai pour apporter des pièces justificatives supplémentaires prouvant l’exposition « quasi quotidienne » de près de 600 travailleurs au matériau cancérogène.

    Ces documents ont été envoyés le 2 décembre. « Ils ont accusé réception le 5 décembre par mail », détaille Stéphane Martins De Araujo, représentant CGT de l’aciérie.

    En attendant la décision, l’organisation syndicale n’est pas restée les bras croisés. Elle a adressé une lettre au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, lue dans l’hémicycle par la députée LFI Alma Dufour lors des questions au gouvernement, mardi 9 décembre.

    Des preuves

    Elle rappelle que, « depuis près de trente ans », les travailleurs du site « ont œuvré dans l’ignorance du danger, contraints par la nécessité de faire fonctionner l’usine, tandis que la protection élémentaire qui aurait dû leur être garantie était systématiquement absente », accusant : « Aucune cartographie fiable n’a été produite avant 2025, aucun repérage systématique avant 2019, les documents techniques dérayent et sont incomplets et les fiches d’exposition n’ont été délivrées que très tardivement et à trop peu de salariés. »

    La CGT affirme que les éléments remis à la direction générale du Travail « comprennent des attestations de salariés, des rapports de désamiantage lourds, des données médicales attestant d’expositions intermédiaires répétées, ainsi que des constats établis par l’inspection du travail ». « Si, malgré ces preuves, le ministère devait s’orienter vers une décision défavorable, elle ne pourrait reposer ni sur le droit, ni sur l’expertise technique », et serait « en opposition complète avec l’avis favorable de l’inspection du travail (…) à classer notre site », prévient-elle, arguant : « Elle ne pourrait être que
    politique.
     »

  • Les salariés de Pamar obtiennent gain de cause

    Les salariés de Pamar obtiennent gain de cause

    Vous ne pouvez pas savoir comme l’on se sent. Cette victoire, c’est celle de deux ans de lutte. On était confiants, mais on restait discrets, on a défendu depuis le début une vérité. On avait confiance en ce que l’on disait, on avait des preuves concrètes, malgré notre angoisse », lâchait, soulagée, Khalathoumi Ibouroi au téléphone.

    Ce vendredi, la déléguée syndicale CGT de la blanchisserie, sous le giron du GIE Sainte-Marguerite, apprenait, comme une dizaine d’autres collègues, son retour en poste au sein de la blanchisserie, reconfirmée par la cour d’appel. Le rappel des salaires du mois de mai 2024 a également été ordonné pour les salariés concernés. L’UD CGT 13, intervenue dans la procédure, est en revanche déboutée.

    En toile de fond de ce conflit judiciaire : des menaces de mort, des tensions internes majeures et une série de défaillances de l’employeur quant à la prévention des risques psychosociaux. « Après le conseil des prud’hommes de Marseille, c’est au tour de la cour d’appel d’Aix-en-Provence de s’opposer aux licenciements des salariés et d’ordonner la réintégration de chaque salarié au sein de l’entreprise, a rappelé Me Steve Doudet, représentant des salariés de la blanchisserie. Les salariés doivent pouvoir désormais retrouver leur emploi dans des conditions qui assurent la préservation de leur vie et de leur santé (…). C’est une grande victoire et un immense soulagement pour les salariés, leurs familles et le syndicat CGT qui les soutient depuis deux ans. »

    Soit depuis le 19 décembre 2023, jour où une « dizaine de salariés a été victime de menaces de mort et de violences explicites sur le parking de l’entreprise par le mari d’une chef d’équipe », a précisé Me Doudet.

    Célébration prévue

    Dans la foulée, les salariés ont fait valoir leur droit de retrait. « Un droit de retrait transformé en conflit social », a estimé Me Nicolas François, avocat de la blanchisserie, au cours de l’audience en appel, en octobre. Le 22 mai 2024, l’employeur décidait de licencier ces mêmes employés pour « refus abusif de reprendre le poste ». Une justification jugée irrecevable par les prud’hommes, qui demandent alors la réintégration des travailleurs de la blanchisserie, avant que le GIE ne fasse appel de la décision.

    Entre la première audience en appel et la décision rendue ce vendredi, la procédure aura été longue pour les salariés de Pamar. L’audience avait notamment été renvoyée, à la demande de Me Doudet, alors qu’une enquête interne permettant d’évaluer les risques psychosociaux au sein de l’entreprise n’avait pas été réalisée en temps voulu. En parallèle, les mobilisations et piquets se sont poursuivis. Un dernier rassemblement, festif celui-ci, sera organisé ce vendredi 19 décembre, avenue de Boisbaudran, avant le retour au travail des mains de Pamar.

  • La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    La Fondation SNCF fête ses 30 ans

    « Tout a commencé avec l’engagement des salariés. » Pour le 30e anniversaire de la Fondation SNCF, Laetitia Gourbeille, déléguée générale de la Fondation, n’a pas manqué de saluer le travail des petites mains de l’entreprise historique du rail français. Un travail en faveur du monde associatif qui dure depuis 30 ans au travers de la Fondation. Et qui a été mis en avant lors d’une matinée d’échanges et de présentation des associations partenaires de la Fondation, au Campus Biaggi dans le 3e arrondissement de Marseille, ce jeudi.

    « On fait le pont entre une entreprise d’utilité publique et le monde associatif depuis 30 ans », martèle la déléguée générale. « En région Paca, ces 5 dernières années, l’accompagnement des associations était de l’ordre de 120 000 euros par an. Et 70 salariés ont porté des projets », explique Delphine Couzi, coordinatrice régionale du groupe SNCF. De quoi mettre en avant « l’entreprise avec des valeurs autour de la solidarité, de l’inclusion, de la création de lien dans les territoires » qu’est la SNCF. Et surtout, les projets réalisés par les associations soutenues par la fondation, à l’image de Sourire à la vie, qui aide à la pratique sportive d’enfants et adolescents atteints de cancer et qui a une base à l’Estaque.

  • Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Vers une réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront

    Le retour du calme après la tempête ? La réouverture du site d’Orange à Saint-Mauront, le campus Massalia, dans le 3e arrondissement de Marseille, est prévue à partir de ce lundi 15 décembre. Une annonce officiellement faite aux salariés à la suite d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire qui s’est tenu ce jeudi. « Le retour sur site est prévu à partir de ce lundi 15 décembre », explique l’entreprise, en fin d’après-midi.

    Pour rappel, le site de l’opérateur télécom avait ses portes closes depuis le 27 novembre dernier. Une fermeture qui a fait suite à des soupçons de rixes dans le quartier pendant plusieurs jours consécutifs, des confinements temporaires des salariés et plusieurs alertes syndicales. La CFE-CGC avait dénoncé un « affrontement entre deux bandes rivales cherchant à contrôler des points de deal », des salariés avait évoqué des tirs à proximité. Le tout, avant que la Préfecture de police ne nuance : « Nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange, (…) pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang. » La CGT Télécoms avait aussi déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent ». L’entreprise justifie avoir « mis en place des mesures de précaution, notamment le télétravail ».

    La préfète de police attentive

    « En étroite collaboration avec les forces de l’ordre, nous avons préparé le retour de nos salariés sur site dans les meilleures conditions, autour de la mise en place de plusieurs dispositifs, dont une présence policière renforcée », détaille l’entreprise. Avant de préciser : « Les échanges privilégiés avec les services de l’État se poursuivent très régulièrement et permettront d’adapter le dispositif. » La préfète de police déléguée, Corinne Simon, expliquait, la veille, qu’elle sera présente « sur place pour une rencontre avec les différents managers, car les salariés sont un millier ».

    Et de développer sa démarche : « L’idée est de vraiment travailler sur ce sentiment de l’insécurité. On ne nie pas les faits, mais l’objectif est de rassurer les salariés. Plus il y aura de communication avec eux, mieux on pourra adapter le dispositif. » Concrètement, le retour sur site va se faire à partir du 15 décembre pour les salariés n’ayant pas de voitures, et à partir du 17 pour ceux ayant un véhicule quatre roues. De son côté, la CFE-CGC maintient sa position. « On refuse toujours la réouverture en tant quel telle. En 15 jours, les problématiques de sécurité n’ont pas été solutionnées », juge un délégué syndical CFE-CGC du site, souhaitant rester anonyme. La CGT tient une position tout autre, en faveur d’une réouverture, avec de la nuance puisqu’elle « était contre le “Tous à Saint Mauront” dès le départ ».

  • Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Une grève à Ducros pour l’équité salariale

    Un peu moins de 90 salariés des sites de production des épices Ducros et des ingrédients pour desserts Vahiné étaient sur le piquet de grève, ce mercredi, pour « une meilleure répartition des augmentations de salaires », précise Denis Chauvy, délégué syndical CGT Ducros-Vahiné.

    à l’issue des négociations annuelles obligatoires (NAO), terminées ce lundi 8 décembre, une augmentation générale des salaires a bien été obtenue. Cependant, la CGT demande à ce que cette enveloppe soit « divisée de façon égalitaire entre l’ensemble des salariés ».

    « Les deux tiers de l’enveloppe partiront vers l’encadrement, et aux ouvriers, les miettes », assure le syndicat, dans un tract distribué depuis ce mardi 9 décembre. Pour les ouvriers, l’augmentation ne représente ainsi, en moyenne, que 19,50 euros par mois, hors mesures sur la mutuelle, soit une revalorisation située entre 1,6% et 3%. Alors que si l’enveloppe était répartie en parts égales, celle-ci serait d’environ 80 euros, d’après la CGT. La grève est reconduite ce jeudi 11 décembre.

    « On ne demande même pas plus d’argent. C’est simplement que c’est plus avantageux pour les hauts salaires. C’est la première fois qu’on demande ça et on ne le fera pas à chaque fois », ajoute Denis Chauvy, qui regrette que la direction n’ait toujours pas contacté le syndicat depuis l’annonce de la grève, ce mardi midi.

    « On ne jalouse pas »

    « Ce mouvement ralentit fortement la production, avec certaines lignes qui ne tournent pas. Cette semaine, le résultat risque d’être fortement impacté », ajoute Gilles Cargnino, représentant de la CGT sur le site de Monteux. « On ne jalouse pas leurs salaires, car ils sont diplômés. Mais on n’est pas récompensés, alors que les chiffres sont toujours dans le vert », poursuit Tom*, conducteur de ligne de production depuis plus de dix ans.

    Du côté de Ducros-Vahiné, qui appartient à la multinationale américaine McCormick, on assure que « les mesures proposées par la direction visaient à préserver le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés, et particulièrement celui des ouvriers ». Et d’ajouter qu’ils respectent le droit de grève tout en réaffirmant leur « volonté de poursuivre un dialogue social constructif pour trouver une solution satisfaisante pour tous ».

    *Prénom modifié

  • La santé des habitants au menu de l’Après M

    La santé des habitants au menu de l’Après M

    « Quand José Bové démolissait les fast foods, j’étais contente. » Si Michèle Rubirola, première adjointe au maire de Marseille et en charge de la santé, rappelle son combat contre les chaînes de restauration rapide, elle ne cache pas non plus son attachement à l’Après M.

    « Un lieu emblématique de lutte, de résistance et de solidarité », comme elle le qualifie, et qui a accueilli toute une journée sur les thèmes de la « santé et de l’alimentation » avec une série d’animations et d’ateliers. Paradoxal pour un fast food, ancien McDonald du quartier de Sainte-Marthe (14e arrondissement), repris par ses anciens salariés au terme d’une longue et âpre lutte ? « Justement, avec la volonté de l’Après M de prendre soin de la population, on travaille avec son équipe pour proposer aux habitants du quartier une réflexion sur ce qu’est une bonne alimentation pour la santé, et la santé globale », développe l’adjointe et médecin de profession. Par « santé globale » entendez par-là qu’elle développe une « approche transversale ». « On parle d’équilibre alimentaire, mais si on mange des fruits et légumes bourrés de pesticides… Il faut donc travailler sur quels aliments on peut prendre : l’assiette dépend du champ ! », poursuit Michèle Rubirola. Elle prend des exemples concrets du travail de la Ville sur le sujet : « Tout autour de l’Après M, il y a des expériences pour des produits sains : on a installé des agriculteurs, il y a des jardins partagés. » Et le lien est tout trouvé avec l’événement du jour au fast food solidaire : on y retrouve la compagnie de théâtre-forum Force Nez pour des animations qui mettent à contribution les clients. Plusieurs professionnels du centre de santé Mareposa et de la Maison de l’infirmière sont également présents pour aiguiller le public.

    Combat pour

    la « fastronomie »

    « C’est essentiel pour notre territoire d’avoir des initiatives comme ça. On a la volonté de transformer la normalité des fast-foods en ce qu’on appelle la fastronomie, avec des produits de qualité », se félicite Abderrahmane Mesbahi, responsable de l’ingénierie sociale à l’Après M.

    Il rappelle le burger étendard de cette politique, « L’ovni » élaboré avec le restaurateur étoilé Gérald Passedat. Et de développer : « Pour la viande, on va voir le boucher d’à côté et on compresse les prix. Sur le bio, il faut qu’on sorte de la périphérie de notre restaurant pour aller chercher des produits frais. Et pour sortir du fast-food classique, on a lancé une gamme de pâtes et de riz et de crêpes maison. » En bref, de la parole aux actes pour les équipes du fast food.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • Des perturbations massives sur le réseau de cars

    Des perturbations massives sur le réseau de cars

    « Le mouvement de grève a bien pris », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement Interurbain de la RTM (Régie des transports métropolitains). Et pour cause : ce vendredi, plusieurs dizaines de lignes de bus verront leur service largement perturbé sur le réseau de la Métropole Aix-Marseille-Provence. De Marignane à Martigues en passant par Aix et Aubagne, moult lignes oscillent entre 30 et 60% du niveau d’offre habituel, quand elles ne sont tout simplement pas en service.

    La RTM évoque « de fortes perturbations » et a dressé une liste longue comme le bras des lignes concernées. L’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC) à l’origine du mouvement, explique que les dépôts de Gémenos, de Châteauneuf-les-Martigues et d’Aix le suivent particulièrement. Elle a notamment dans le viseur « le maintien des accords » qui étaient de mise lorsque les agents interurbains étaient sous le pavillon de la RDT 13 (Régie départementale des transports), avant qu’elle ne fusionne avec la RTM en janvier 2024. « Cela fait plus de 10 mois qu’on négocie mais rien n’avance. Ils veulent même nous enlever des conquis sociaux », développe Marc Garcia, citant par exemple la prime de participation « qui disparaîtrait ». Autre conséquence concrète de la fusion : « Avant, on changeait les cars tous les 5 ans, maintenant c’est tous les 7 ! On roule avec des problèmes de matériel ! » Reste que « les réseaux urbains d’Aubagne, La Ciotat-Ceyreste et Martigues-Port de Bouc-Saint-Mitre-les-Remparts tout comme le réseau urbain Marseille-Allauch-Plan-de-Cuques fonctionnent normalement », selon la RTM.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Des embauches plus que symboliques pour les salariés de la Centrale de Gardanne

    Enfin, la lumière au bout du tunnel pour les salariés de la Centrale de Gardanne. En sous-préfecture d’Aix-en-Provence, ce mercredi, représentants des salariés, de l’État, de l’association des travailleurs du site et de la CGT se sont réunis pour des signatures de contrats de travail inédites. Inédites, car le projet industriel qu’ils portent depuis plusieurs années, fruit d’âpres luttes syndicales et d’innombrables conflits sociaux, devient enfin concret.

    Après la fermeture de la centrale à charbon en 2018, depuis reconvertie en centrale biomasse, l’idée de la création d’une unité de production d’énergie sur le site, qui permettrait la réembauche des salariés licenciés du fait de la fin du charbon, avait germé. Cette idée est désormais une réalité avec la signature des trois premiers contrats de la société d’exploitation Provex, issue du travail de l’Association des travailleurs de la Centrale de Gardanne (ATCG) porteuse du projet « BioMéthane Provence ».

    « On a toujours eu les idées claires pour l’avenir, on avait l’exemple des Fralib… Comme quoi la lutte paie ! », se réjouit Michaël Bounoua, pour la CGT du site. « C’est une journée un peu exceptionnelle qui scelle dans le marbre un combat de 7 ans », renchérit Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Grand port maritime de Marseille (GPMM) et représentant l’UD CGT 13 ce jour. Même le sous-préfet d’Aix, Mathieu Gatineau, s’affiche grand sourire : « c’est la clôture heureuse d’un épisode social douloureux. » Avant de développer : « C’est la fin d’un épisode historique et le début d’une nouvelle ère que nous espérons tous. Les travailleurs de la centrale ont été dans l’innovation. »

    Une nouvelle ère qui devient concrète pour Nicolas, Khalil et Bouziane, qui signent un contrat au statut des travailleurs des Industries électriques et gazières (IEG). Tous ont été licenciés du site, deux sont issus d’un sous-traitant de GazelEnergie, propriétaire de la Centrale, mais ont quand même « subi de plein fouet le plan de licenciement puisqu’ils étaient avec la CGT dans le mouvement social ». Le troisième a directement été visé par le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) mené à la centrale, en 2021, et fait partie des « 27 licenciés » pour lesquels les travailleurs de la Centrale se sont tant battus.

    À l’origine, 90 travailleurs de la Centrale étaient concernés par ce PSE, dont une « quarantaine de licenciés contraints ». Mais, entre les départs à la retraite et ceux qui ont préféré partir pour d’autres horizons, on arrive aux fameux 27. Lesquels ont été soumis à un congé spécifique d’accompagnement (CAS), dispositif mis en place suite à la fin du charbon, qui devait bientôt prendre fin pour la plupart, impliquant donc du chômage pour ces derniers. Mais il faut retenir que tous vont être réembauchés, à terme, grâce à BioMéthane Provence. « Une solution a été trouvée pour chacun », insiste Mathieu Gatineau. « C’est ce qui nous a animés : que chaque salarié retrouve un emploi », abonde Loïc Delpech, président de l’ATCG (lire entretien ci-contre).

    « Décarboner en créant

    de l’emploi »

    Après ces trois recrutements, une deuxième vague de huit autres salariés est prévue, le mois prochain, puis le reste des licenciés d’ici janvier 2027. À terme, le projet prévoit une cinquantaine d’emplois directs. « Même si ça a été un sentier long et tortueux, on salue la responsabilité des autorités, qu’il a fallu bousculer, par des mots et par moments », note Pascal Galéoté. Avant de souligner « le travail colossal » des salariés pour faire aboutir le projet et d’applaudir « l’exemple de ce que peut amener la lutte ».

    Un exemple à plus d’un titre, notamment sur le plan industriel et écologique. Maël Disa, fondateur de Gazotech, entreprise nantaise et associée aux salariés pour la création de Provex, loue une « première étape d’un projet de reconversion sociale qui est bien plus large : un projet industriel neuf sur le site de la Centrale ». Il rappelle que l’industrie à venir est « ambitieuse, quasi une première mondiale », puisqu’elle s’appuie sur de la récupération de bois déchet et un procédé de pyrogazéification pour la création de biogaz et son injection dans le réseau. « Et, ultimement, être liquéfié pour servir de carburant GNL [Gaz naturel liquéfié] pour les navires », développe-t-il. Avant de préciser : « On est sûr un projet circulaire, avec des intrants locaux, qui sinon partiraient ailleurs par camions. Et avec une récupération des cendres pour en faire du biocharbon qui remplace le fossile ». En bref : « Décarboner tout en créant de l’emploi. »

    Encore des étapes à franchir

    « On va continuer à accompagner le projet, sur le plan financier avec une partie des études qui restent à faire et aider à aller chercher des financements auprès de l’ensemble des partenaires institutionnels », précise le sous-préfet, Mathieu Gatineau. Car il reste bien quelques étapes d’importantes. Comme le résume Pascal Galéoté : « On ne parle pas encore de victoire, car le chemin est encore long. » Et notamment « des études qui doivent permettre l’aboutissement total du projet », précise Loïc Delpech. Et aussi une « autorisation environnementale à faire instruire ». Le tout étant intrinsèquement lié à l’activité de la centrale de Gardanne, dont l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploitation avait fait l’objet de débats juridiques et d’une nouvelle enquête publique, cette année.