Tag: saison

  • Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Avant la réception du Racing 92, le RC Toulon doit apprendre à vivre sans Pierre Mignoni

    Le séisme provoqué par la démission de Pierre Mignoni mardi a fait trembler le sol du campus RCT toute la semaine durant. « Pour tout le monde, c’est dur. C’est une surprise, un choc », avoue David Ribbans, l’un des capitaines et hommes de base du désormais ex-homme fort du RCT, qui a « signé ici aussi pour lui » au moment de quitter Northampton en 2023. Et c’est visiblement ce qu’a tenté de provoquer l’ancien demi-de-mêlée toulonnais avec ce départ que le président Bernard Lemaître, et le désormais seul entraîneur Franck Azéma, ont tenté d’empêcher, en vain. « Ce n’est pas ce que je souhaitais, mais je peux comprendre ce qu’il veut faire », commente ce dernier. « Quand tu es chez toi, que tu as démarré le rugby ici, joué ton premier match en première à Mayol, entraîner ce club, c’est particulier. Plus qu’à l’équipe, tu as envie de donner à ta région, à ta ville. Je pense que c’est une façon pour Pierre de secouer tout le monde. J’espère que ça va avoir cet effet. »

    Malgré le presque prophétique burn-out de Mignoni en février dernier, cette décision était donc inattendue. Mais les joueurs, Baptiste Serin en tête, en assument la responsabilité, après la rouste reçue à Montpellier dimanche, épilogue d’un début de saison raté (4 défaites en 5 matches) et de huit derniers mois compliqués : « Je pense que ça nous pendait au nez. On n’a pas fait assez pour garder Pierre, mais c’est à la hauteur de la personne que c’est, il ne faut pas qu’on oublie qu’il se sacrifie pour nous. »

    « Se concentrer sur nous »

    S’il est trop tôt pour observer les effets de ce bouleversement, Franck Azéma voit déjà « des attitudes chez certains joueurs sur l’engagement, sur la prise de conscience. Mais ce sont les performances qui vont donner une indication sur ce qu’on est capable de réaliser. » Celle-ci arrive rapidement, avec la réception du Racing 92 ce samedi, que l’entraîneur toulonnais aborde avec l’objectif de revenir à l’essentiel : « En se concentrant sur nous, notre jeu, sur ce qu’on va être capable de maîtriser, les fondamentaux, la construction du match. En essayant d’avoir un socle solide pour bâtir dessus ». Car en face, le club francilien, qui se remet tout juste d’un début de saison guerre plus brillant que celui des Rouge et Noir, arrive avec l’envie de profiter de la situation : « C’est une belle équipe qui a beaucoup de qualités physiques. Dans leurs têtes, ils se disent certainement “ils ont un genou à terre, il faut les finir“. On en est conscients », analyse l’entraîneur varois. Un appel à faire preuve de fierté pour relever l’étendard. Car une chose est sûre : « On ne peut pas se satisfaire de voir Toulon comme il est en ce moment », appuie Baptiste Serin. Ses coéquipiers et lui ont les cartes en main.

    Décrié depuis le début de saison, notamment pour son manque d’efficacité au pied, encore visible face à Montpellier, Melvyn Jaminet, l’arrière du RCT, n’est pas dans le groupe convoqué par Franck Azéma ce samedi. Ce dernier s’en justifie : « Sur son début de saison, il n’est pas au rendez-vous. Il a besoin d’aller chercher au plus profond de lui pour trouver d’autres ressources. Il y a des choses qu’il peut mieux maîtriser. Il fait partie de ces garçons qui ont un niveau, un standard international. Il est largement capable d’aller chercher ce niveau-là. Encore faut-il qu’il fasse l’effort de le faire. Il y a la concurrence. Nous, on a besoin de performance le week-end. »

    RC Toulon –Racing 92 – 6e journée de Top 14

    Samedi 10 octobre, 16h35

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : M. Marbot

    RCT : Gros, Baubigny, Sinckler ; Kpoku, Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer ; Serin, Albornoz ; Ferté, Fickou, Brex, Tuicuvu ; R. Rebbadj.Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke, Escobar, Bamba ; Lainault, Taofifenua ; Diallo, Manyarara, Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.). Entraîneur : Patrice Collazo

  • Toulon à Montpellier pour confirmer sa première victoire de la saison

    Toulon à Montpellier pour confirmer sa première victoire de la saison

    Le premier succès de la saison face à Vannes (28-10), samedi dernier, a permis au RC Toulon de sortir de la zone rouge, et a, forcément, fait du bien dans les têtes. « Une victoire, c’est toujours positif et stimulant pour le groupe dans la préparation du prochain match », confirme Franck Azéma, avant d’aborder le 5e round du Top 14, dimanche, à Montpellier.

    Pas l’adversaire le plus évident pour confirmer, même si les hommes de Joan Caudullo ont chuté d’entrée à domicile, face à Pau, et que la rencontre sera délocalisée à la Mosson, en raison de l’état de la pelouse du Septeo Stadium. Et ce, même si le terrain de l’antre habituel du MHSC, club de foot de la ville, souvent victime de problèmes d’inondations par le passé, risque d’avoir souffert des intempéries qui ont copieusement arrosé l’Hérault cette semaine. Le MHR n’y a, en tout cas, évolué qu’une seule fois dans son histoire (en 2011), et n’y a donc guère plus de repères que le RCT. « C’est l’affluence qui importe, mais c’est excitant de voir ce stade. Ce sera un match stimulant, aussi pour la qualité de l’équipe en face », affirme Franck Azéma.

    Car se présente le finaliste du dernier championnat, vainqueur de la Challenge cup, et qui poursuit sa progression, selon l’entraîneur des Rouge et Noir : « Ils repartent sur les mêmes standards, sur la conquête, avec une grosse défense, mais ils sont aussi en train d’étoffer leur jeu. Ils ont pris des certitudes ».

    « On a besoin de gagner

    et d’un peu de temps »

    Des certitudes que ses hommes n’ont pas encore emmagasinées. Car les cinq points pris samedi et la solidité défensive retrouvée depuis le début de saison (2e défense du championnat) n’ont pas masqué les manques offensifs, matérialisés par les trop nombreuses maladresses, alors qu’on avait vu du mieux de ce côté-là, à Castres, il y a deux semaines. « Il faut déjà trouver pourquoi. On a toujours envie que ça aille vite, mais on a besoin de gagner pour valider ces choses-là et d’un peu de temps », tempère Franck Azéma. « On change beaucoup de système, ça demande des automatismes, de la répétition », justifie le centre toulonnais Mathieu Smaïli. « On a plus de liberté, même si ça ne se voit pas trop pour l’instant. C’est frustrant car on n’arrive pas à mettre ce qu’on veut en place. Il va falloir mettre la disquette (sic), car si tu perds trop de points d’entrée, c’est difficile de les rattraper. »

    Autre axe de progression : enfin gagner à l’extérieur, ce qui n’est arrivé que deux fois l’an passé, dont une à… Montpellier, où le RCT reste sur deux victoires. « On a montré notre caractère, car à chaque fois, on a perdu que d’un ou deux points », affirme le technicien varois, qui prévient toutefois : « Je ne veux pas voir une pièce de théâtre, mais qu’on soit dans le vrai sur ce qu’on a travaillé ».

  • Les seniors en forme à la Vieille Charité

    Les seniors en forme à la Vieille Charité

    « J’ai trouvé ce dispositif qui est gratuit et qui a l’air génial ! » s’exclame Anne-Marie, 67 ans et retraitée depuis le 1er septembre, qui a découvert le dispositif cet été. Elle fait partie des plus de 1 000 seniors qui bénéficieront de séances hebdomadaires gratuites de sport-santé sur neuf sites de la ville, notamment au parc Longchamp ou à l’Espace Mistral, à l’Estaque.

    Cette matinée marquait donc la rentrée sportive pour ces seniors qui, après avoir partagé un petit-déjeuner offert et un temps d’échange, se sont mis en mouvement sous la conduite des six coachs présents. De la danse, de la marche à pied au sein du bâtiment historique de la Vieille Charité et plusieurs ateliers motricités étaient proposés.

    Pour Faty Maoulida, coach sportive pour l’organisation depuis quatre éditions, cet événement est indispensable : « J’avais vraiment envie de cibler ce public car il est super intéressant. On fait beaucoup d’agilité, de motricité, d’équilibre, de la coordination aussi. On voit l’évolution chaque année pour les personnes qui reviennent ».

    « Un engouement exceptionnel »

    Le dispositif a été perturbé en raison des fortes chaleurs cet été, empêchant la pratique de plusieurs activités en plein air. Eric Méry, adjoint au maire de Marseille délégué au sport, est revenu sur le sujet : « On a clôturé la saison dernière avec un engouement exceptionnel, on en a moins fait cet été à cause de la canicule, mais nous sommes de retour, encore plus nombreux cette année pour vous accompagner et vous écouter ». L’accompagnement s’accentue avec le lancement du pass séniors et la gratuité des piscines municipales pour les plus de 60 ans depuis 2025.

    Détails sur le site marseille.fr

  • Première victoire de la saison pour le RC Toulon face à Vannes

    Première victoire de la saison pour le RC Toulon face à Vannes

    Défaits lors de ses trois premiers matches en prenant à chaque fois le bonus défensif, le RC Toulon devait enfin lancer sa saison ce samedi à Mayol face au promu vannetais qui, de son côté, n’avait pas encore pris le moindre point.

    Approximatifs, auteurs de nombreuses fautes de main et réduits à 14 dès la 10e minute suite au carton jaune reçu par leur capitaine Lewis Ludlam, les Toulonnais ont eu toutes les peines du monde à se mettre dans l’avancée dans le premier acte. Et se sont mis à subir face à des Bretons plus précis et entreprenants, qui ont logiquement trouvé l’ouverture grâce à Hulleu, trouvé en bout de ligne par Kuruvoli (0-7, 22e).

    Alors que Vannes confortait son avantage sur une pénalité de Cotamanac’h (0-10, 30e), pour sanctionner son indiscipline (7 pénalités concédées en première mi-temps, 13 sur l’ensemble du match), le RCT reprenait enfin le momentum. Après un essai refusé à Ametlla pour avoir aplati avant la ligne (27e), Albornoz, sur un coup de pied de 50 mètres, concluait en solitaire pour remettre les siens dans la partie (7-10, 34e).

    Ribbans et Fickou pour la libération, Kpoku pour le bonus

    Toujours handicapé par son déchet et ses trop nombreuses fautes, le RCT démarrait tout de même mieux le second acte. Et finissait par prendre les devants pour la première fois de la rencontre, grâce à David Ribbans, en force, en sortie de maul (14-10, 53e).

    À défaut d’être à leur meilleur niveau ballon en main, les hommes du tandem Mignoni-Azéma se montraient dominants territorialement. Les entrants faisaient du bien, et c’est l’un d’eux, Gaël Fickou, qui, trouvé sur un ballon sauté, donnait un peu d’air à Mayol, grâce à son premier essai en rouge et noir (21-10, 65e), avant que Kpoku ne profite de la fatigue bretonne pour inscrire l’essai du bonus (28-10, 76e).

    Loin de démériter et parfois très intéressant dans le jeu combiné, Vannes n’abdiquait pas, mais ne parvenait plus à faire sauter le verrou toulonnais, à l’image de deux longues séquences de pilonnage infructueuses de la ligne d’en-but dans le dernier quart d’heure, et cela jusqu’après la sirène.

    Résistant sans être pleinement convaincant, le RC Toulon est parvenu à sauver l’essentiel, et à s’offrir cinq point vitaux pour se rassurer, et ne pas plonger dans la crise.

    TOULON 28 – 10 VANNES (MT : 7-10)

    4e journée de Top 14

    Samedi 26 septembre, à 16h35.

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : Evan Urruzmendi

    Points Toulon : 4E Albornoz (33e), Ribbans (53e), Fickou (65e), Kpoku (76e) ; 4T Jaminet (33e, 53e, 65e), Albornoz (76e)

    Points Vannes : 1E Hulleu (22e) ; 1T Cotamanac’h (22e) ; 1P Cotamanac’h

    Cartons jaunes : Ludlam (10e) pour Toulon

    TOULON : Ametlla (Gros, 47e), Baubigny (Damond, 47e), Sinckler (Sorhaindo, 47e) – Mezou (Rebbadj, 54e), Ribbans (Ollivon, 54e) – Abadie, Kpoku, Ludlam (cap.) – White (Serin, 54e), Albornoz – Ferté, Brex, Jones (Fickou, 52e), Cowie – Jaminet (Kaletaona, 67e). Entraîneurs : Pierre Mignoni et Franck Azéma

    VANNES : Beria (Djehi, 52e), Sanerivi (El Bibouji, 52e), Bourgeois (Schonert, 56e) – Marks (Kalamafoni, 64e), Desjeux (Mézou, 52e) – Blanc-Mappaz (cap.), Pedemonte (Augry, 52e), Ishagashvili – Kuruvoli (Le Bail, 48e), Cotarmanac’h – Hulleu, Tabuavou, Stevenson, Surano – Jonas (Benmegal, 69e). Entraîneur : Jean-Noël Spitzer

  • [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    [Rugby – Top 14] Toulon ne cède pas à l’urgence

    Il n’y a pas le feu à la rade. C’est en substance le propos que l’on entend dans les couloirs de Mayol, où les hommes de Pierre Mignoni se sont entraînés, jeudi matin, comme pour se rassurer et se réapproprier leur antre, autrefois imprenable, et dans laquelle ils ont déjà chuté, samedi dernier, pour leur premier match à domicile de la saison face au Stade Rochelais (20-21). Un deuxième revers d’un point en autant de matches, après celui concédé en ouverture de la saison, à Bayonne (27-26), qui vient déjà mettre en branle les objectifs de solidité à la maison annoncés avant le début du championnat.

    « Ce n’est pas le départ qu’on voulait faire. Seul le résultat compte, j’aurais préféré gagner ce match, mais ce n’est pas la fin du monde, on va se reprendre le plus vite possible », tempère le directeur du rugby toulonnais, qui ne veut pas céder au catastrophisme : « Il ne faut pas faire l’erreur de tout dramatiser, de tout vouloir révolutionner après deux matches. On n’a perdu que d’un point. Peut-être que si on avait eu le ballon à la dernière touche, on aurait levé les bras à la fin. Il en manque sur des secteurs précis, mais on n’est pas à 10 km, sur des défaites qui font mal. On prend à chaque fois un point qui va compter. » Cela, face à « l’équipe qui est, pour moi, la plus en forme du moment ».

    Le constat sera-t-il différent si le RCT (2 points au classement) venait à enchaîner un troisième revers, ce samedi, à Castres (4 points) ? Peut-être, d’autant que les Toulonnais ne sont plus imposés à Pierre-Fabre depuis 2019. « Ce n’est pas un club qui nous réussit ces dernières saisons. C’est une équipe dure à jouer, très complète. On sera attendu, eux aussi ont besoin de se racheter. Ce sera un match très disputé, comme d’habitude », prévoit Pierre Mignoni.

    Albornoz de retour

    Pour répondre à ce défi, Franck Azéma et Pierre Mignoni vont opérer plusieurs changements dans le quinze de départ, confirme ce dernier : « Certains étaient prévus car des garçons méritent de jouer, d’autres car on n’était pas contents des prestations. Avec ces changements, on doit continuer à s’accrocher, même encore plus fort, pour rivaliser avec Castres. »

    L’un d’entre eux est très attendu : le retour de Tomas Albornoz, suspendu lors des deux premiers matches pour un comportement intimidant envers l’arbitre d’Argentine-Angleterre, cet été. « J’en ai parlé avec lui. C’est un garçon calme à l’intérieur, mais c’est un gros compétiteur. Il a mal réagi, ça nous arrive à tous », le défend son entraîneur, avant tout heureux de retrouver un joueur qui « dynamise l’équipe, accélère le jeu. On essaie de jouer pareil avec ou sans lui, mais on est content de le récupérer. Il a beaucoup d’excitation. Il a eu une semaine de plus pour travailler et se régénérer, il est en forme ». Une éclaircie dans un ciel toulonnais quelque peu nuageux.

    Ludlam capitaine

    En l’absence de David Ribbans, toujours trop juste, et de Gaël Fickou, laissé au repos, Lewis Ludlam sera le capitaine toulonnais, ce samedi. « C’est important d’officialiser ce capitanat, car il est très légitime. Il parle français, il est très bien intégré. Après cinq mois sans jouer, il a joué 70 minutes contre La Rochelle, sans préparation, c’est remarquable. Il va amener beaucoup d’énergie. Quand il est là, il est écouté et suivi. Quand il n’est pas là, il impacte les autres », ne tarit pas d’éloges Pierre Mignoni. « Le plus important, c’est la performance sur le terrain. En tant que capitaine, il ne faut pas juste parler, il faut faire », a rappelé le principal intéressé.

  • [Entretien] Luc Tardif, entraîneur des Spartiates : « C’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs »

    [Entretien] Luc Tardif, entraîneur des Spartiates : « C’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs »

    La Marseillaise : Vous vous apprêtez à débuter votre quatrième saison à la tête des Spartiates, en Ligue Magnus. Comment s’est déroulée la préparation sur la glace ?

    Luc Tardif : J’ai beaucoup apprécié l’état d’esprit du groupe tout au long de cette période. Pour moi, les résultats restent anecdotiques. Ce n’est pas ce qui compte le plus pendant la pré-saison. Ce que l’on regarde avant tout, c’est le contenu et la progression de l’équipe dans ce contenu. Il y avait quelques nouveautés à assimiler, avec également l’intégration de nouveaux joueurs. Nous avons apporté deux ou trois changements sur certains aspects de notre système. Il faut mettre tout cela en place et forcément, cela demande du temps. Mais j’ai trouvé que l’équipe et particulièrement les nouveaux joueurs se sont adaptés très rapidement. C’est donc plutôt positif. La pré-saison est désormais terminée. Nous avons encore eu une grosse semaine de travail pour ajuster certains points et insister sur plusieurs éléments. Maintenant, on a hâte que les choses sérieuses commencent.

    Durant l’intersaison, vous avez signé dix nouveaux joueurs, dont huit sur les postes d’attaquants. Quelle a été votre stratégie dans le recrutement ?

    L.T. : Notre idée directrice, cet été, était dans un premier temps de conserver les joueurs qui étaient importants pour nous. Mais la première étape a surtout été de réfléchir à la manière dont on voulait jouer, dans les moindres détails. Et à partir de là, de recruter des joueurs capables d’assimiler ces principes et de s’inscrire dans ce cadre. L’élément clé, ça a été l’intensité. C’est un mot dont on parle beaucoup dans le sport, mais nous l’avons décliné de manière assez précise, et c’est ce qui a guidé notre recrutement cet été. Sur la pré-saison, nous sommes satisfaits. Maintenant, on va voir comment se passe le début de saison. Mais, pour l’instant, nous n’avons pas de déception sur ce point-là.

    À quel point trouvez-vous que
    le niveau de la Ligue Magnus a progressé ces dernières années
     ?

    L.T. : Je trouve que les matches sont de plus en plus serrés par rapport à l’époque où je jouais, où il y avait davantage de scores fleuves. Bien sûr, un classement se dessine toujours, mais il y a encore beaucoup de changements en dehors du top 4. Je trouve que c’est de plus en plus difficile de se qualifier pour les play-offs, avec beaucoup d’équipes qui peuvent y prétendre. Ce sera encore le cas cette année. On l’a vu avec les résultats de la pré-saison : tout le monde est capable de battre tout le monde. C’est vraiment attractif. Aujourd’hui, tous les matches sont difficiles à aller chercher, peu importe l’équipe. Mais notre objectif reste de nous qualifier pour les play-offs. On se concentre là-dessus dans un premier temps.

    En parlant du public, avez-vous le sentiment que le hockey a pris une nouvelle dimension à Marseille grâce à votre club ?

    L.T. : Ça devient de plus en plus un public de connaisseurs. Au tout début de notre arrivée en Magnus, même si nous avions déjà de grosses affluences en Division 1, ça restait surtout un public de spectateurs. Aujourd’hui, on a un vrai kop de supporters, qui est top. L’ambiance est incroyable chez nous et ça nous pousse à chaque match, surtout dans les moments difficiles. Je pense qu’au fil des années, des bons résultats et d’une bonne gestion, on parvient à fidéliser le public. C’est top pour la suite. On est toujours dans l’état d’esprit de vouloir s’améliorer chaque saison. Je pense que le public va, et doit, être un atout pour cette prochaine saison.

  • La viticulture provençale au défi du climat

    La viticulture provençale au défi du climat

    « Les vendanges avancent d’année en année. En 2026, on a commencé le 19 août, du jamais vu. Si je regarde bien en deux ans, on a avancé d’une semaine la récolte » détaille Didier Pauriol, président du vignoble du Roy René, une des plus grosses caves de la Provence viticole. Avec des vendanges qui s’étalent sur 5 semaines, tout le personnel s’active dans la cave qui emploie 18 salariés. « Nous produisons environ 70 000 hectolitres de vins par an, avec une centaine de coopérateurs pour 900 hectares de vignes » poursuit le responsable. Un vin labellisé en appellation d’origine contrôlée (AOP) et indication géographique protégée (IGP) dont 90% de la commercialisation se fait en rosé. Les rouges et blancs se partagent les 10% du marché restant. La coopérative est dynamique et n’a pas hésité à investir 5 millions d’euros dans un nouveau chai de 700 m² dédié à la vinification pour rentrer le plus vite possible une récolte de plus en plus précoce. « Parce que notre production est essentiellement rosé avec un degré d’alcool inférieur à 13 degrés. Il nous faut rentrer un raisin pas trop chargé en sucre, c’est une contrainte supplémentaire. Avec la chaleur qui dure, les cépages mûrissent plus vite, heureusement nous avons un terroir hétérogène qui étale un peu les arrivées » explique Didier Pauriol qui a inauguré le nouveau bâtiment en juin 2025. Autre bonne nouvelle, la cave était vide, soit la récolte dernière vendue « grâce à un directeur et une équipe commerciale dynamique ».

    Cette récolte s’annonce bonne qualitativement et quantitativement. « Des pluies au bon moment cet hiver, une floraison rapide en mai grâce à une période chaude, et pas d’attaque sévère de mildiou ou d’oïdium » résume le président. Le vignoble bénéficie d’un avantage de poids, l’eau du canal de Provence qui permet l’irrigation des vignes au goutte-à-goutte.

    Faire face à la grêle, plus fréquente hors saison hivernale est aussi un fait nouveau. Là encore, le vignoble du Roy René a su s’adapter. « L’association Prévigrêle nous informe des jours à risques. Et nous avons des générateurs que nous activons pour l’éviter ou diminuer la taille des grêlons » expose le président. Il poursuit : « Prouvé ou pas, depuis que nous avons les générateurs, nous n’avons pas eu de souci. Nous mettons en place des outils pour lutter contre ».

    Marchés en chute

    Au vu du dérèglement climatique, le raisonnement voudrait que des cépages nouveaux plus résistants soient plantés. Le président répond spontanément : « La vigne, c’est pas des carottes, on s’adapte pas d’une année sur l’autre ». À ses côtés Raphaël Steff, viticulteur coopérateur, membre du conseil d’administration de la cave, explicite : « Quand on plante une vigne, c’est pour 25 ou 30 ans. Ce sont des investissements qui sont lourds. Le rendement n’est pas immédiat ». Mais la plus grosse inquiétude demeure l’état du marché. Leur vin est vendu principalement en vrac à l’export, pour 50% aux États-Unis et Grande Bretagne, mais aussi Allemagne, Belgique, Suède, Brésil, Australie… « Comme toute la Provence, nous avons perdu des marchés sur le rosé à cause des hausses des taxes. En trois ans, on a perdu un tiers des volumes sur les États-Unis » ne cache pas le président. À cela s’ajoute une tendance générale de baisse de la consommation. « Le vin fait partie intégrante de la culture française. On n’est pas beaucoup aidé comme produit de terroir. Les politiques ne parlent jamais de nous de façon positive » soupire Didier Pauriol. Et de lâcher : « Nos coopérateurs sont à la limite des coûts de production. Ils n’arrivent pas, en sus, à s’investir toujours davantage pour faire de l’œnotourisme ». Il réfléchit et ajoute : « On est mis en concurrence avec des voitures, ou des avions. C’était le cas pour la première taxe Trump en retour d’une taxe sur l’aéronautique, et c’est nous qui avons trinqué. On joue le rôle du fusible, ça nous fait énormément de mal ».

    Perte de 50% du chiffre d’affaires

    Les deux viticulteurs échangent des regards et tombent d’accord. « Il faut que les politiques nous aident, pas forcément financièrement mais par des choix qui ne viennent pas s’opposer à notre production. » Raphaël Steff témoigne à titre personnel : « On a tout vendu à la cave, mais il a fallu faire des concessions. J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires en trois ans. Si on a des crédits, on y arrive plus. À la fin des vendanges, j’arrête mon exploitation pour aller vers une autre activité… qui n’a rien à voir avec l’agriculture ». Implacable.

  • Marseille Provence Athlétisme, le petit nouveau

    Marseille Provence Athlétisme, le petit nouveau

    Vous connaissez sans doute la Sco Sainte-Marguerite, l’ASPTT ou même l’Olympique de Marseille, mais un petit nouveau vient d’apparaître dans le paysage de l’athlétisme marseillais. Marseille Provence Athlétisme vit actuellement ses premières semaines. Une naissance notamment orchestrée par Chloé Maurin, présidente et ancienne spécialiste de saut en longueur (record à 6m33), et Kentin Malcuit, trésorier et adepte du demi-fond.

    Les deux amis racontent la genèse de ce projet. « Il y a beaucoup de clubs d’athlétisme à Marseille, mais aucun qui correspondait à notre vision. C’est-à-dire un accompagnement des athlètes et également essayer d’ouvrir le plus possible le monde de l’athlé aux personnes qui n’ont pas la possibilité de s’entraîner et de découvrir notre sport. Par exemple, s’implanter dans les quartiers nord », explique Chloé Maurin.

    Se solidifier et grandir

    Pour grandir, la quête des licenciés est lancée pour le MPA. Pour cela, « une grosse pub sur les réseaux sociaux » a été faite et les réponses sont positives. Le staff se construit, avec trois dirigeants et des coaches pour chaque grande discipline (sprint, demi-fond, lancer, saut, trail). À propos des entraînements, l’envie est de « pouvoir mailler le territoire marseillais », raconte les deux dirigeants. Se focaliser sur les stades Delort et Luminy, mais aussi à Roger-Couderc (15e).

    Pour cette première saison, l’idée est de s’appuyer sur « une base de licenciés corrects, qu’on arrive à fidéliser », mais aussi de monter des projets, comme une course. Ce jeune club souhaite mettre « les athlètes au centre des décisions et créer des pôles », pour que personne ne s’accapare les décisions. Le MPA affiche une identité locale forte, jusque sur le logo, moderne, désigné par l’un de leurs athlètes.

  • Chaleur et œnotourisme, le cocktail ne passe pas

    Chaleur et œnotourisme, le cocktail ne passe pas

    Deuxième département viticole de France et premier département touristique d’Occitanie, l’Hérault accueille chaque année de nombreux passionnés de vin dans le cadre de circuits œnologiques. Mais cette pratique touristique, relativement récente, se retrouve impactée lorsque le mercure s’affole.

    Face à des vagues de chaleur ponctuées par des épisodes caniculaires de plus en plus récurrents, la tendance est à la baisse de la fréquentation touristique dans les vignobles du département. « Il y a moins de gens dans les structures de visites, y compris chez les viticulteurs », explique Magali Boyer, chargée du développement touristique du Département de l’Hérault et responsable de l’Oenotour. Pour tenter de trouver la fraîcheur, les touristes boudent les activités de plein air au profit des musées ou encore des cinémas.

    Conséquences : la baisse des réservations de logements et la diminution du nombre de visiteurs. Un réel manque à gagner pour les structures touristiques, mais également pour les vignerons. Malgré leur fraîcheur, les visites de caves n’attirent pas plus. « Les gens n’ont pas forcément envie de déguster du vin quand il fait chaud », explique Magali Boyer. Une réalité qui peut conduire à une baisse des ventes de bouteilles, la dégustation facilitant l’achat.

    Une ouverture hors saison

    Certaines activités organisées autour des caves et des vignobles sont également impactées par ces chaleurs extrêmes. Le Département a d’ailleurs fait le choix de ne pas communiquer sur les circuits d’oenorando® et d’oenovélo au cours de la période estivale. « C’est quand même beaucoup plus agréable de se promener quand il fait une température correcte », ajoute Magali Boyer. Un choix qui permet de faire d’une pierre deux coups, dans des zones naturelles déjà fragilisées par la chaleur et en proie à un fort risque incendie.

    Du côté des solutions, le Département préconise une ouverture des caveaux et des visites en dehors des périodes de fortes chaleurs. Un certain nombre de vignerons héraultais ont déjà fait ce choix en organisant des circuits et visites au printemps et à l’automne. Les saisons habituellement moins touristiques et leurs vacances scolaires sont alors de nouvelles périodes cibles pour l’œnotourisme. « L’année dernière, il y a eu une bonne fréquentation touristique dans le département aux vacances de la Toussaint », lance Magali Boyer. Un élargissement des périodes d’ouverture au public difficile à assumer dans les petits vignobles familiaux.

    Outre la baisse de fréquentation des circuits, à confirmer à la fin de la saison, l’œnotourisme se confronte à la précocité des vendanges : « J’ai eu une dame qui était débordée parce qu’il fallait qu’elle gère d’un côté, les vendanges précoces et, de l’autre, les touristes », conclut Magali Boyer.