L’espoir reprend vie. Montpellier n’est pas encore redevenu l’équipe de la précédente décennie, où son absence dans le Top 6 était une anomalie, mais il avance depuis l’été 2024 et l’intronisation de Joan Caudullo au poste de manager. À mi-saison, il s’autorise l’espoir d’être en phase finale quatre ans après son unique titre. Et, il légitime une question : peut-il préserver la 6e place qui est la sienne avant un double test samedi 24 janvier (16h30) au stade Mayol de Toulon et le 31 devant le Stade français ?
« C’est encore trop tôt pour se prononcer car il y a tellement d’équipes qui veulent y être », prévient Didier Bès, adjoint de Caudullo en charge de la mêlée. À l’aube des douze ultimes journées, le Top 14, qui s’autoproclame meilleur championnat au monde, offre une incertitude presque absolue. Du Stade français (3e) au Racing 92 (11e), neuf équipes avancent au coude à coude. Et ne comptent que six points d’écart (une victoire sans bonus vaut quatre points) pour quatre places qualificatives.
Montpellier cernera un peu mieux son champ des possibles fin mars. Il se lance dans la seconde moitié de son marathon avec un calendrier compliqué. Dans un championnat très serré, il devra se déplacer à sept reprises lors des douze ultimes matchs.
Le MHR, qui a seulement gagné chez les Catalans de l’Usap, devra vraisemblablement s’imposer à Toulon, La Rochelle, Clermont, Castres ou Lyon. Les voyages à Toulouse ou Bordeaux, hors doublon, ressemblent à une voie sans issue.
Certes, Montpellier sera contraint à un exploit face à un adversaire direct pour décrocher treize voire quatorze victoires. Toutefois, il avance aujourd’hui dans une autre dynamique que la saison passée. Et possède peut-être plus d’arguments pour reconquérir une place tout en haut du championnat.
« Pour y être, il est probable que tout se jouera sur la profondeur de l’effectif, l’unité et la fraîcheur physique », éclaire Didier Bès. « L’an passé, on était cuit au moment d’aborder les dernières échéances, qui seront à nouveau décisives, et nous qualifier pour la Coupe des champions », rappelle-t-il, faisant référence à la défaite concédée à domicile devant Clermont, fatale à une qualification.
« Notre jeu est
plus complet »
D’une saison à l’autre, Montpellier a élargi ses angles d’attaque. Jusque-là, l’équipe de Caudullo s’appuyait sur une défense très compacte, la plus efficace du championnat, et un paquet d’avants très solides sur ses bases. Un système de jeu minimaliste et surtout très énergivore pour son pack.
« Il y a quelque chose qui est un peu différent dans notre jeu. Devant Bayonne (62-22), par exemple, l’équipe a joué à l’unisson, c’est-à-dire devant comme derrière. Il n’y a pas eu de déséquilibre. Notre jeu est plus complet », décrypte le technicien montpelliérain. « Quand il y a trop de différences entre les lignes, tu ne peux pas te qualifier pour la phase finale du championnat. »
Montpellier défend mieux que l’an passé, mais surtout attaque beaucoup mieux (29 points en moyenne au lieu de 24). Le rendement du 3e ligne Lenni Nouchi, le recrutement ciblé à l’intersaison sur les trois-quarts avec les arrivées conjuguées de l’ailier Maël Moustin, des centres : Justo Piccardo ou Lennox Anyanwu, de l’arrière Tom Banks, et la stabilité nouvelle de la charnière redessinent la force de frappe d’une équipe concentrée sur la puissance de ses avants.
Depuis plusieurs rencontres, Joan Caudullo a confié les clés de l’équipe à la paire formée du demi de mêlée écossais Ali Price, de plus en plus influent, et à l’Argentin Domingo Miotti, sorti de l’ombre après une première saison contrariée par les blessures.
« Dès que l’on a commencé à régler nos directeurs de jeu, que sont nos demis de mêlée et d’ouverture, dès lors notre jeu est devenu plus fluide. On n’utilise pas à outrance nos avants qui savent où se déplacer. Cela nous permet d’être plus efficaces sur les ballons portés et de marquer des essais. Si on demande trop à nos avants, ils seront moins performants sur les phases de conquête directe. Tu peux le tourner comme tu veux », remarque Didier Bès.
Montpellier est-il en train de trouver un ouvreur fiable à un poste maudit depuis quasiment une décennie et le départ de François Trinh-Duc, formé au Pic Saint-Loup au côté de Fulgence Ouedraogo ? « Toutes les grosses écuries possèdent une belle charnière. On a stabilisé un peu ces postes-là. C’est essentiel car ce sont eux qui gèrent la stratégie de l’équipe », relève Didier Bès, au moment où le MHR reprend espoir en ses lendemains.