Tag: routes

  • L’ambition de tendre versun réseau routier plus vertueux dans le Var

    L’ambition de tendre versun réseau routier plus vertueux dans le Var

    La rencontre vendredi matin à l’Hôtel du Département a été marquée par la signature du nouveau pacte d’engagement pour la période 2026-2030, présenté comme une étape importante pour le territoire et la continuité d’un partenariat engagé depuis plus de quinze ans entre le Département, les entreprises de la route, les fédérations professionnelles et le CEREMA. L’objectif affiché étant de concilier sécurité, performance environnementale, innovation et maîtrise des coûts, tout en répondant aux enjeux liés au changement climatique.

    Le pacte 2026-2030 doit surtout permettre de passer « aux actes ». Il repose sur 24 actions concrètes, notamment autour de l’économie circulaire, du recyclage, de la décarbonation, de l’adaptation des infrastructures et de la digitalisation.

    Des engagements pris

    Un volet important concerne la réutilisation des matériaux. Des objectifs sont fixés à l’horizon 2030 pour augmenter la part d’agrégats recyclés et aller jusqu’à la valorisation des matériaux bitumineux. Plusieurs chantiers sont cités comme exemples, notamment sur les RD 97 et RD 554, où des techniques de retraitement à froid sont expérimentées.

    Les intervenants ont également insisté sur la dimension économique et sociale locale de la filière. Avec des entreprises fortement implantées dans le territoire : leurs agences, ateliers et usines y sont installés et leurs salariés sont majoritairement recrutés localement. La route est ainsi décrite comme une « industrie de proximité qui ne se délocalise pas ».

    « Dès cette année, nous expérimentons l’Intelligence artificielle pour piloter l’entretien de notre patrimoine et de nos ouvrages d’art », précise le président du Département Jean-Louis Masson (LR).

    Bref, des engagements ont été pris pour une démarche plus vertueuse. Est-ce que ce sera suffisant ?

  • Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitants de Vergons sans réseau téléphonique depuis un mois

    Les habitats du village de Vergons, près du lac de Castillon, se retrouvent sans réseau téléphonique depuis une panne sur le relais Bouygues, qui opère pour le compte des quatre opérateurs Orange, Free et SFR, le 2 août. « La ligne est obsolète. Ils m’ont annoncé qu’il faudrait des mois pour la changer », explique le maire du village, Martial Joubert (DVD). Ce dernier menace de porter plainte contre Bouygues pour mise en danger de la vie d’autrui, alors que les secours sont difficilement joignables sans réseau dans le village en cas d’accident, très courants : seize en quatre ans, selon l’édile. « La route est hyper dangereuse, accidentogène, il y en a qui roulent à 110 km/h au lieu de 50 », regrette-t-il.

    « C’est plus que dangereux », lance le maire, d’autant plus qu’environ la moitié des habitations du village sont des résidences secondaires, sans wifi ou téléphone fixe : leurs occupants se retrouvent ainsi sans aucun moyen de communication ou d’appeler les secours en cas de besoin.

    Des habitants qui

    se sentent « abandonnés »

    Ces coupures de réseau sont récurrentes dans le village depuis plusieurs années. « Dès qu’il y a de la pluie ou de l’orage, on ne capte plus rien, et cela peut durer deux ou trois jours », déplore l’édile. Cela est dû, selon lui, à un manque d’entretien du relais. « J’ai un relais qui est complètement détérioré, parce qu’il n’a pas eu de maintenance pendant plusieurs années », affirme-t-il. Coupés du monde, entre ces coupures de réseau et la fermeture de la route nationale pendant 11 semaines, des habitants du village isolé ont menacé de couper le Tour de France Femmes, qui le traversait, avec des banderoles en protestation. Si le maire a réussi à les en dissuader, la colère persiste. « Je suis sur une poudrière. Ils considèrent qu’ils sont complètement abandonnés » , regrette le maire. Le seul restaurant du village, privé de tout commerce, a dû fermer pour deux mois et demi, dépendant du passage de la route nationale. Contacté, Bouygues n’a pu répondre dans l’immédiat. Après avoir été sollicité, l’opérateur téléphonique a annoncé jeudi au maire lancer des travaux la semaine prochaine, espérant rétablir le réseau entre le 1er et le 15 octobre.

  • Ouverture d’une enquête publique sur le réaménagement de la RN296

    Ouverture d’une enquête publique sur le réaménagement de la RN296

    Supprimer et rétablir des accès riverains de la RN296 pour permettre une sécurisation du parcours et la mise au statut de route express, mettre aux normes l’échangeur de Puyricard et prioriser les transports collectifs entre l’échangeur des Platanes et celui de Puyricard : les trois axes principaux du projet d’aménagement de la RN296 qui sera soumis à enquête publique à partir de lundi prochain.

    Cette infrastructure routière longue de 5,6 km située au Nord-Ouest de la ville permet notamment la liaison entre l’A51 Sud en direction de Marseille et l’A51 Nord en direction des Alpes mais aussi les échanges avec le Nord-Ouest et le centre d’Aix-en-Provence ou encore la liaison A51 (depuis le Nord d’Aix) vers A8 (en direction de Lyon). Le projet porté par porté par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) vise à renforcer la sécurité routière, améliorer l’accessibilité et la desserte des quartiers nord d’Aix-en-Provence et de Puyricard et la performance des transports en commun pour encourager le report modal.

    Il va faire l’objet d’une enquête publique à partir du lundi 14 septembre jusqu’au vendredi 16 octobre inclus. La participation à cette enquête peut se faire de plusieurs façons, par courrier (adressé à la commission d’enquête à la mairie d’Aix-en-Provence) ou en ligne (via le registre numérique www.registre-numerique.fr/reamenagement-rn296 ou par courriel : reamenagement-rn296@mail.registre-numerique.fr) mais aussi en se rendant aux permanences de la commission d’enquête, au service de l’urbanisme – 3, rue Loubet 13100 Aix-en-Provence – le lundi 14 septembre (9h-12h), le mercredi 30 septembre (16h-19h), le jeudi 8 octobre (12h-15h) et le vendredi 16 octobre (13h30-16h30). Ou à la mairie annexe de Puyricard- place des Combattants, le jeudi 17 septembre (11h-14h), le mardi 22 septembre (9h-12h), le vendredi 25 septembre (13h30-16h30), le vendredi 2 octobre (13h30-16h30), le lundi 5 octobre (11h-14h) et le mercredi 14 octobre (13h30-16h30).

  • La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    La RN202 fermée pendant deux mois, les commerces inquiets

    En visite sur le chantier en cours d’installation mercredi, la préfète Isabelle Tomatis a écouté les inquiétudes des maires des communes affectées et expliqué l’importance des travaux de sécurisation de la route nationale, qui sera fermée pendant deux mois et demi, entre Saint-Julien-du-Verdon et Vergons.

    « L’impact économique sur les commerces est catastrophique », regrette le maire de Vergons, Martial Joubert. Dans son village, le restaurant, dépendant du passage sur la route, a dû fermer pour deux mois et demi et mettre huit personnes au chômage technique. « En protestation, les habitants voulaient arrêter le Tour de France Femmes, qui passait par ici, avec des banderoles. Il a fallu faire de la diplomatie », se rappelle l’édile. « Cela nous impacte aussi, il y a déjà eu un début de saison difficile et cela vient s’ajouter », abonde le maire de Saint-Julien-du-Verdon, Thierry Collomp.

    La préfecture le martèle avoir fait de son mieux pour faire des concessions et satisfaire les besoins des entreprises locales, tout en garantissant la sécurité des usagers de la route.

    Une pause méridienne

    Elle a notamment mis en place une pause méridienne, qui permet aux deux entreprises locales de BTP et de biscottes de se faire livrer, d’expédier et de transporter du matériel. De 12h à 14h, ainsi qu’avant 8h30, après 17h et le week-end, les véhicules peuvent circuler. « Des efforts ont été faits à l’issue de la concertation », insiste la préfète.

    La préfecture tente également de mettre en place un remboursement pour les restaurateurs et commerces affectés.

    Si les maires des communes alentour ont essuyé des critiques sur le montant des travaux, 8 millions au total, et 1,5 million pour cette année, la préfète le martèle : « La sécurité n’a pas de prix » et les travaux de sécurisation sont « indispensables ». En visitant le chantier, en cours d’installation mercredi, elle le constate elle-même en levant la tête vers la roche : « Cela peut nous tomber dessus à tout moment, on comprend immédiatement le danger. »

    La préfecture et la Direction interdépartementale des routes Méditerranée (Dirmed) espèrent que les travaux, qui avancent petit à petit chaque année, avec des contraintes de temps importantes, s’achèvent d’ici 2028. Il est impossible d’intervenir sur la route pendant la période touristique, en hiver ou au printemps, pour respecter la biodiversité.

    Un drone passe toutes les semaines pour surveiller l’évolution et vérifier si les écrans, positionnés pour récupérer les chutes de pierres, sont endommagés. Les écrans pare-pierres installés à cet endroit sont « les plus importants de toute la France », selon la Dirmed.

  • [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    [C’est l’été] À Castellane, la route Napoléon a du succès

    Aujourd’hui, reportage sur l’historique route Napoléon devenue un itinéraire touristique incontournable.

    En mars 1815, Napoléon traversait la France à cheval, avec un millier d’hommes, du Golfe-Juan à Paris, pour reprendre le trône. Plus de 200 ans plus tard, la route Napoléon est devenue un itinéraire touristique très apprécié des motards et des rallyes automobiles, des Alpes-Maritimes jusqu’à Grenoble.

    La route Napoléon a été inaugurée en juillet 1932, « à l’instigation des syndicats d’initiative », raconte Jean-Christophe Labadie, directeur des archives départementales. « C’est vraiment parmi les tentatives des années 30 de lutter contre la désertification, contre l’exode rural, contre l’effondrement d’une certaine économie, donc on développe l’axe touristique. On avait même créé un musée Napoléon à l’Ermitage, le grand hôtel qui avait été construit pour le développement touristique de Digne », explique-t-il.

    Napoléon avait choisi d’emprunter cette route pour regagner Paris en 1815 car « c’était l’alternative à la route qui passait par la vallée du Rhône, qui était difficile à prendre parce qu’il y avait des troupes royalistes qui étaient favorables au roi. C’est une route qui n’était pas défendue, qui est pour lui la meilleure, la plus sécurisée pour remonter sur Paris, puisqu’il y a très peu de troupes dans les Alpes à ce moment-là », avance Jean-Christophe Labadie.

    Dans le département, Napoléon s’arrête dormir à deux endroits : chez le juge de paix, à Barrême ; et dans le château de Malijai. À Castellane, « il achète beaucoup d’animaux, de mulets pour transporter ses vivres, ses bagages et ses munitions », relate le directeur des archives. « Une troupe est en train de remonter la vallée du Rhône pour essayer de le rattraper, mais ne le rattrapera jamais », ajoute-t-il. « La route Napoléon ramène beaucoup de motards et de rallyes automobiles », témoigne Fabien Jacquet, vendeur et chauffeur de l’entreprise Easy Rafting, à Castellane. Lui-même a longtemps parcouru la route Napoléon à moto, du Golfe-Juan à Grenoble. « Beaucoup de touristes, notamment asiatiques, nous demandent où est passée la plaque qui montrait où Napoléon avait déjeuné à Castellane. Elle a dû être temporairement enlevée à cause de travaux », ajoute Martin Bastien, conseiller en séjour à l’office de tourisme. « On prend régulièrement la route Napoléon, à moto ou en voiture, en passant par Castellane, Saint-André, jusqu’à Grenoble ou Gap. On aime aller à Barcelonnette pour la fête mexicaine », racontent Hervé Fede et Chantal Berthier, sa belle-sœur, venus de Menton pour le week-end. « On croise beaucoup d’autres motards sur la route Napoléon. Elle est sinueuse, donc très agréable à conduire. On se la recommande entre motards », se réjouit Phil Gueroult-Milesi, en « petit tour de France », avec sa femme Marie-Anne.

    Plus de peur que de mal

    à Sisteron

    La citadelle de Sisteron, où Napoléon est également passé, a reconstitué avec sa nouvelle muséographie la route Napoléon au sol. « Entre Digne et Sisteron, le 4 mars 1815, il va séjourner au château de Malijai. Comme il arrive tard le soir, il demande à Cambronne et à Bertrand, ses officiers, de se rendre à Sisteron parce que le contexte politique fait que Sisteron ainsi que quasiment toute la Provence est royaliste, assez opposée au retour de Napoléon. Il sait qu’à Sisteron, le maire va refuser de le laisser passer parce que c’est un royaliste dur », explique Sylvie Normand, guide de pays, notamment à la citadelle de Sisteron. « Cambronne et Bertrand demandent à rencontrer le gouverneur de la citadelle et le maire de la ville. Ils refusent. Napoléon a peur, parce que la citadelle est censée être armée de canons. Mais il n’y a pas de poudre à la citadelle, et donc le maire est très hésitant », relate la guide. Napoléon va finalement pouvoir passer à Sisteron grâce à un « coup de poker, de bluff ». « Alors qu’ils ne sont qu’un millier d’hommes, Cambronne va dire qu’ils ont besoin de 5 000 rations. De plus, un ancien officier de Napoléon, qui s’appelle Loverdo, basé à Digne, avait gardé toute sa sympathie pour Napoléon. Donc il va faire traîner l’arrivée de la poudre », facilitant ainsi son passage.

    « Elle a été inaugurée dans les années 30 pour développer l’axe touristique. »

  • Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Le contournement routier ouest de Montpellier peut-il encore tomber à l’eau ?

    Ce n’est pas la première fois que le projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) rencontre une difficulté. Longtemps les défenseurs (État, Région, Métropole de Montpellier…) de cette liaison de 6,3 km entre l’A750 et l’A709 ont buté sur la question du montage financier. En 2021, le Premier ministre Jean Castex pensait avoir trouvé la recette magique en faisant financer le futur tronçon autoroutier grâce à une hausse des tarifs de l’ensemble du réseau Vinci et sa filiale ASF. Une procédure « d’adossement » jugée illégale par le conseil d’État en 2023 qui a conduit à ce que seuls les usagers de l’A9 payent 10 centimes de plus aux barrières de péage Baillargues et Saint-Jean-de Védas pour financer les travaux estimés en 2021 à 270 millions d’euros.

    Cette fois, c’est la Déclaration d’utilité publique (DUP) qui pose problème. Dans son arrêt du 21 juillet, la cour administrative d’appel de Toulouse saisie d’un recours en annulation, a prononcé un sursis à statuer de 6 mois. Un laps de temps durant lequel elle exige de l’État qu’il corrige les insuffisances majeures relevées. Celles-ci concernent l’étude d’impact environnemental, en particulier les mesures de compensation des risques inondation.

    Repenser un projet

    « plus raisonnable »

    Il faut dire que le tracé du COM passe dans une zone du Plan de prévention des risques inondation (PPRI) classée rouge et que le projet consommerait 80 000m3 de zones d’expansion des crues, entraînant une surélévation de 5 à 20 centimètres du niveau de cours d’eaux (Mosson, la Fosse) adjacents.

    Pas de quoi décourager le directeur opérationnel de Vinci Autoroutes en charge du COM pour qui le projet n’est en rien remis en cause. « On n’a pas été surpris. Les intentions de conclusion de la cour avaient été communiquées », indique Salvador Nuñez qui dédramatise. « L’État va faire une enquête complémentaire par voie électronique (d’environ 21 jours) afin de ré-exposer les mesures que nous avions déjà présentées dans l’enquête environnementale mais qui étaient absentes de l’enquête publique de l’époque ». Selon lui « rien de nouveau ne sera annoncé » et le chantier peut suivre son cours. « Nous n’avons aucune consigne d’arrêter nos travaux préparatoires [débroussaillage, abattage d’arbres, dévoiement des réseaux]. »

    Pour les opposants au projet au contraire, les insuffisances relevées par la Justice sont telles qu’ils demandent à l’État de faire cesser les travaux en vertu du principe de précaution. Celui-ci étant juge et partie, Céline Scornavacca, porte-parole du collectif Autre-COM, ne s’attend pas à du zèle. « On va voir avec notre avocate ce qu’on peut faire. » Blocage ou pas, l’arrêt du 21 juillet prouve selon elle qu’en plus d’être « néfaste pour l’environnement et la santé des riverains », ce projet est mal ficelé. « Les jugements sur les DUP souvent ça passe crème, l’État est suivi. Là, la Justice lui reproche d’avoir changé le projet sans avoir réévalué les effets sur l’eau. Elle rappelle qu’il y a des règles sur les ouvrages d’art qu’il faut respecter. »

    Aux yeux de l’écologiste Lise Florès, cette absence de prise en compte de l’impact climatique est l’occasion de repenser le projet pour en faire une sorte de « boulevard urbain » en deux fois deux voies limité à 70 km/h. « Ne peut-on pas faire autrement que ce plan destiné à permettre aux camions de traverser la France ? Un projet raisonnable en développant les modes de déplacements alternatifs à la voiture, avec une étoile ferroviaire, des liaisons bus et un travail en profondeur sur les équilibres territoriaux afin de limiter les déplacements ? »

    Si dans son arrêt la justice administrative n’a pas retenu l’argument de la non prise en compte du « trafic induit » dans le projet, Céline Scornavacca reste persuadée qu’il s’agit bien d’une autre limite au dossier que l’Autorité environnementale avait soulevé dès 2019 (et ensuite le rapport des Shifters). Par ailleurs, un autre recours contre l’autorisation environnementale accordée fin 2025 par le préfet François-Xavier Lauch doit encore être jugé au Tribunal administratif de Montpellier. « À chaque décision de l’État, il y aura un recours, on s’y attend », soupire Salvador Nuñez. Toutefois, il ne « voit pas de raison objective » de déjà reculer le calendrier du COM. À savoir une livraison du chantier contesté fin 2030 début 2031.

  • Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Au tour du grand col du Noyer de faire peau neuve

    Cyclistes, randonneurs, touristes… À 1 664m d’altitude, sur le Col du Noyer, où s’achève abruptement le massif du Dévoluy pour laisser place à la vallée du Champsaur, règne une agitation de petit centre-ville. C’est pour mieux gérer ces croisements de flux que la signalétique, les espaces de stationnement, le mobilier public et les supports pédagogiques ont été repensés au Col du Noyer. Des aménagements que le président du Département Jean-Marie Bernard (LR) est venu inaugurer ce lundi matin sur place.

    Depuis plusieurs années, le Département s’est lancé dans une politique de réaménagement des « Grands cols », au Galibier, à Agnel, à Vars, à l’Izoard, au Lautaret, au Noyer et au Granon. « Je me suis interrogé en circulant dans le département, explique Jean-Marie Bernard. On voyait des cols un peu abandonnés, le col du Lautaret il y avait de vieux bâtiments et pas d’aménagements, le Noyer pareil, le col de l’Isoard, il n’y avait qu’une stèle ancienne qui datait de la guerre de 40, des stationnements un peu n’importe comment… Bref, rien d’organisé. Ce n’était pas la bonne solution pour valoriser la montagne haut-alpine. » Après le Noyer, Jean-Marie Bernard projette de terminer les travaux du Col du Lautaret avant la fin de l’année, ceux des cols Agnel, du Galibier et de Vars sont à l’étude. Au total, les opérations, à hauteur de 6 millions d’euros sont prises à 80% en charge par l’État, l’Europe et la région Paca. Enjeu spécifique du Noyer, le réaménagement a permis de mieux préserver les sols polygonaux, des renfoncements et surélévations des sols, formés durant la dernière ère glaciaire quaternaire.

    Protéger les sols polygonaux du Noyer

    Au printemps, une végétation spécifique pousse dans ces aspérités, dessinant ainsi des lignes et des motifs qui rappellent des polygones. « Le col était peu organisé et parcouru de manière libre et un peu anarchique, et les sols polygonaux étaient parfois utilisés comme zone de stationnement ou zone de déambulation motorisée, explique Guillaume Laulan, paysagiste concepteur chez Topo Grafik, entreprise qui a participé aux travaux. Or, c’est une formation géologique assez exceptionnelle, on en trouve dans l’Himalaya mais aussi et surtout sur Mars, car ce sont des sols qui se forment dans des moments très froids et des conditions géologiques très particulières. » Désormais, le stationnement réorganisé préserve ces sols que l’on peut observer depuis l’un des sentiers créés autour du col.

  • Incendies dans les Alpes

    Incendies dans les Alpes

    Un feu s’est déclaré samedi 1er août, « impactant un fourgon de livraison, en bordure de la Route départementale 1 » à Bayons, a communiqué le Service départemental d’incendie et de secours des Alpes-de-Haute-Provence. 80 sapeurs-pompiers ont été mobilisés, les flammes s’étant propagées dans la végétation, en zone montagneuse. Renforcés par un « groupe d’intervention feu de forêt supplémentaire composé d’engins du Vaucluse, de la Drome et de l’Ardèche, ainsi que des marins pompiers de Marseille », les soldats du feu poursuivent leurs efforts. Vers 19h dimanche, 50 hectares étaient déjà ravagés. Aucune victime civile n’est pour l’instant à déplorer. Dans la journée de dimanche un autre incendie a eu lieu sur la commune de Thorame-Basse. Le relief escarpé ne facilite pas la tâche de 70 sapeurs-pompiers. A l’heure où nous écrivons ces lignes, le feu avait parcouru 25 hectares.

  • Le maire d’Oraison hausse le ton contre la SNCF

    Le maire d’Oraison hausse le ton contre la SNCF

    Cinq ans d’études et un million d’euros demandés par la SNCF pour le projet de voie douce traversant le passage à niveau : la pilule a du mal à passer pour Benoît Gauvan, le maire (Renaissance) d’Oraison, depuis qu’il a appris cette nouvelle. « Je suis en colère, parce que le projet avançait bien et rapidement, et on se retrouve bloqués, scandalisés par le coût, déplore-t-il. Acheter un appartement sur les Champs-Élysées nous aurait coûté moins cher ! »

    Le projet, porté par le Département et la mairie d’Oraison depuis de nombreuses années, a pour objectif de relier Oraison à la gare de La Brillanne en mobilités douces. « Depuis le Covid et la démocratisation du télétravail, on a beaucoup d’Aixois et de Marseillais qui se sont installés à Oraison et qui font fréquemment des allers-retours », explique Benoît Gauvan. Cette voie douce d’1,6 km leur permettrait de rejoindre la gare à moindre coût environnemental, et en toute sécurité, alors que le trajet est pour l’instant très dangereux à parcourir à pied ou à vélo, selon le maire. « On a besoin de sécuriser de la sortie d’Oraison jusqu’à Intermarché, parce qu’on a beaucoup de gens qui y vont à pied, et que c’est très dangereux puisque les gens marchent sur la route pour faire le tour des platanes », précise-t-il.

    Le projet coûte très cher, puisqu’il nécessite de déplacer une partie de la voie routière pour laisser place à la voie verte, sur un terrain pentu.

    « Il s’agit d’un dossier pour lequel la SNCF est en relation avec le département, qui a récemment fait l’objet d’une convention de financement », a indiqué la SNCF, qui ne pouvait fournir plus d’éléments dans l’immédiat.

  • Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    Juliette, 24 ans, a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence

    « Je me dis tous les jours “heureusement que je l’ai repris”, parce que beaucoup de routiers me remercient car ils avaient peur que le dernier relais routier du département disparaisse » : à seulement 24 ans, Juliette Corcione a repris le dernier relais routier des Alpes-de-Haute-Provence, situé à Villeneuve, sur la route des Alpes. « La route des Alpes est encore très fréquentée par les routiers. Les entreprises de pommes, d’amandes, de lavande ont besoin de transporteurs », explique-t-elle. En reprenant le relais, Juliette a également redonné vie au village de Villeneuve, vidé de ses commerces. « Il n’y a plus grand-chose, tout a fermé », regrette-t-elle.

    Une équipe 100% féminine

    Dans un milieu très masculin, l’équipe composée par Juliette est 100% féminine : deux serveuses, une cuisinière, une plongeuse et sa mère, co-gérante. « Le monde des routiers et celui de la restauration sont très masculins. J’ai déjà travaillé dans des restaurants où j’étais la seule femme. En cuisine, c’est rude. C’est la première fois que j’ai une équipe 100% féminine », se réjouit l’ancienne cuisinière, tout en chantonnant un air de Barbie Girl avec l’une de ses serveuses.

    « Quand on m’a proposé de racheter, je n’avais pas conscience de l’ampleur que cela prendrait de reprendre ce restaurant, confie la nouvelle gérante. Avant de le reprendre, je ne savais pas que c’était le dernier relais routier du département. Ceux de Montfort, Mallemoisson, Sisteron ont tous fermé car il y a moins de routiers, ils ont moins de pouvoir d’achat pour manger au restaurant, certains partent à la retraite et ne sont pas remplacés, et l’autoroute fait énormément de mal. »

    C’est pour cette raison que Juliette a été « obligée de développer autre chose à côté » : elle a pour projet d’ouvrir prochainement une guinguette à côté du relais pour diversifier son public, les routiers se faisant de plus en plus rares. « On est en train d’aplatir le terrain du parc à côté. Dans l’esprit routier, on va récupérer une remorque de camion pour créer une cuisine toute équipée à l’intérieur pour faire guinguette, tapas, burger, salade, avec une identité propre, totalement différente du relais, pour amener une autre clientèle », détaille Juliette.

    « C’est un des métiers les plus difficiles physiquement et mentalement. Les gens se croient tout permis, certains parlent mal aux serveuses et veulent nous apprendre le métier parce que nous sommes des femmes », déplore la jeune gérante. En plus du sexisme, la jeune femme a également parfois subi des remarques dues à son âge, 24 ans. « Quand j’étais encore en cuisine, un routier a demandé à mon patron si je n’allais pas l’intoxiquer parce que j’étais jeune », se rappelle Juliette.

    Les routiers arrivent généralement entre 17h et 20h, peuvent prendre une douche et dormir sur le parking dans leur camion. Le relais peut accueillir une vingtaine de remorques.

    3 100 RN 96, 04180 Villeneuve. Ouvert de 6h à 15h, puis de 18h
    à 22h.