Tag: RN

  • Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Delga dénonce les propos « insultants » du RN

    Le 25 septembre, le député du Rassemblement national de Moselle Laurent Jacobelli a posté une vidéo après avoir visité le mémorial, à l’occasion de la journée nationale d’hommage aux harkis. Dans celle-ci, il reproche aux « Département et la Région » d’avoir fait du Mémorial « un temple du wokisme » où l’on « propose des expositions sur l’Ouganda, sur les LGBT, sur tout et rien, pour diffuser une pensée de gauche et pro-migrants » et où « on ne parle plus des harkis ».

    Michèle Martinez, députée RN des Pyrénées-Orientales, a confirmé le même jour qu’au Mémorial, « le passé harki est parfois invisibilisé par d’autres mémoires  », sans préciser que celui-ci n’avait pas été créé pour la mémoire des harkis mais pour l’ensemble des populations passées dans ce camp dont des Républicains espagnols qui ont fui le franquisme, des Juifs envoyés ensuite à Auschwitz, des migrants, des homosexuels ou des Tsiganes…

    Ces propos ont rapidement fait réagir plusieurs historiens qui ont dénoncé les mensonges de l’élu d’extrême droite, puisque l’exposition permanente par exemple traite largement des 22 000 harkis passés dans ce camp. Carole Delga s’est également émue de ces propos et a dénoncé des « propos indignes et haineux ». « Méconnaître l’Histoire est une chose, la salir en est une tout autre. Par ses propos indécents et insultants, Laurent Jacobelli témoigne tout à la fois de sa profonde ignorance de l’Histoire des Pyrénées-Orientales et de celle de la France, comme de son irrespect envers celles et ceux qui ici, à Rivesaltes, ont connu les heures les plus sombres de notre pays », a précisé la présidente socialiste de la Région.

    Dans un communiqué cosigné avec Hermeline Malherbe, la présidente du Département des Pyrénées-Orientales, Carole Delga réaffirme son soutien « aux équipes pour le travail remarquable qu’elles mènent » et ajoute : « Réécrire une partie de ce passé, en nier sa réalité mémorielle et scientifique comme l’a fait Laurent Jacobelli, porte un nom : provocation à la haine et à la discrimination. Tout cela dans quel but ? Falsifier l’Histoire pour fracturer la société française. Autant de méthodes qui rappellent la dangerosité du Rassemblement national, son histoire et ses idées d’extrême droite. »

  • A Barjols, le dissident François Volpi se (re)lance dans la course à la mairie

    A Barjols, le dissident François Volpi se (re)lance dans la course à la mairie

    à Barjols, la vie politique est bien plus animée qu’on ne pourrait l’imaginer d’une commune de 3 000 habitants. La maire, Cathy Venturino-Gabelle, a été élue en 2020. Mais, fin 2023, son adjoint à la culture, François Volpi, quitte le conseil municipal, avec deux membres de la majorité dans son sillage, et les cinq membres de l’opposition. Les raisons ? Des divergences idéologiques et de gouvernance, et un « point de rupture » concernant la mise à disposition des salles communales pour l’associatif, que l’actuel directeur du cabinet du maire du Beausset voulait garder gratuite. Plus d’un tiers des 23 membres du conseil ayant démissionné, des élections partielles ont lieu en mars 2024. La maire sortante l’a emporté avec 53,5% des voix contre 46,5% pour son ancien adjoint frondeur.

    La menace RN

    Malgré cet échec, celui qui se présente comme un candidat « de centre-gauche » n’a pas dit son dernier mot. Avec sa liste « Aimer Barjols, Village d’Avenir », structurée autour d’une association citoyenne visant à élaborer un programme participatif, ouvert à tous, mais avec une « une ligne rouge concernant l’extrême droite », François Volpi veut « sortir Barjols de l’immobilisme et du repli sur soi. Il est temps de bâtir un projet cohérent, structurant et ambitieux, avec les habitants, à la hauteur du potentiel de notre village et de son territoire ».

    Parmi les grandes lignes directrices : « Une gouvernance démocratique et transparente, un soutien au tissu économique local, assurer la sûreté et améliorer le cadre de vie, une vision d’avenir structurante pour la commune et une réponse aux enjeux climatiques et environnementaux. » Et une opposition ferme au Rassemblement national, soutenu par le député de la circonscription Philippe Schrek, dont il se murmure qu’une liste pourrait voir le jour : « Il a soutenu la maire sortante en 2024. Il n’a pas apprécié le côté non-assumé de ce soutien et ne le renouvellera pas. Je ne sais pas où en sont ses prétentions, mais quand on est fidèle aux valeurs républicaines et qu’on porte un héritage que le Var a tendance à trop facilement oublier, on espère qu’aucune commune ne tombera entre les mains du RN », clame François Volpi.

  • Censure rejetée, Lecornu sauvé, place au budget

    Censure rejetée, Lecornu sauvé, place au budget

    « Maintenant, au travail », répète Sébastien Lecornu en quittant l’Assemblée nationale direction l’hôtel de Matignon. Le Premier ministre peut souffler, il a échappé ce jeudi, et par deux fois, à la censure. Le texte porté par LFI et soutenu par et soutenu par le PCF, EELV et Génération.s, a été rejeté par 271 voix sur les 289 nécessaires pour atteindre la majorité. Seules 18 voix ont manqué pour faire chuter le gouvernement. Le texte déposé par le RN n’a recueilli que 144 voix.

    « Notre non-censure d’aujourd’hui n’est en aucun cas un pacte. (…) Nous ne renonçons à rien et si vous-même ou d’autres ici en doutaient, nous rappelons le précédent de François Bayrou qui s’était un peu vite bercé d’illusions à notre sujet », a justifié durant le débat le député socialiste Laurent Baumel, au nom de son groupe. Après avoir obtenu la suspension de la réforme des retraites, le PS avait annoncé qu’il ne soutiendrait pas la censure. Si sept élus ont néanmoins désobéi aux consignes, ces voix n’ont pas réussi à faire basculer le vote.

    À gauche, peu croient au pari du PS. « Ce que vous appelez suspension n’est en réalité qu’un ralentissement cosmétique », affirme la députée écologiste Léa Balage El Mariky. Pour Aurélie Trouvé, ce « n’est qu’un leurre, une tromperie, un subterfuge », conspue la députée insoumise. D’autant que le camp présidentiel, du moins ce qu’il en reste, n’a pas l’intention de lâcher sa seule réforme d’ampleur. « Nous nous exprimerons sans trembler, sans hésiter, sur la suspension de la réforme des retraites que nous jugeons déconnectée de toute réalité démographique et financière », prévient à la tribune Paul Christophe, député Horizons. « Ne pensez pas que nous pourrons accepter tout et n’importe quoi s’agissant de la réforme des retraites », renchérit Jean-Didier Berger, député LR.

    « La direction du Parti socialiste porte une responsabilité historique », lance à la sortie de l’hémicycle Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI. Elle appelle les militants, électeurs et « la jeunesse » socialiste à « rompre les rangs avec la direction du Parti socialiste et à venir aider le pôle de résistance ». Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a annoncé le dépôt, dans la foulée, d’une troisième motion de destitution visant Emmanuel Macron.

    Désormais, place au débat budgétaire, qui débute lundi et s’annonce pour le moins tendu. Les premières annonces du gouvernement font craindre le pire. Car il prévoit 30 milliards d’euros « d’effort » à travers le gel des prestations sociales, le doublement des franchises médicales, les suppressions de milliers de postes dans l’Éducation nationale… En bref, « un budget à l’image de ces huit dernières années : dur pour le monde du travail et les services publics, doux pour le capital et les plus riches, juteux pour l’industrie de la guerre et l’armement. Il faut tout faire pour le combattre, par tous les moyens, au Parlement comme dans la rue !  », fait valoir Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

    Journée d’action des retraités prévue le 6 novembre

    Face à un budget austéritaire et antisocial, la fronde s’organise. « Le budget présenté par M. Lecornu est catastrophique. Il est même sur certains points encore plus violent que le budget de François Bayrou. (…) Il faut absolument le modifier en profondeur », estime Sophie Binet ce jeudi matin, sur France 2. « Il va falloir se mobiliser. (…) La mobilisation va commencer dès le 6 novembre prochain, avec les retraités, qui organisent une journée d’action », annonce la secrétaire générale de la CGT. « Ça va être les premières victimes de cette explosion des frais de santé, parce que c’est eux qui ont besoin de se soigner le plus. En plus, ils ont une désindexation de leurs pensions pour 2026. Et en plus, cette désindexation, elle est gravée dans le marbre », détaille-t-elle, avant d’ajouter : « Et la dernière chose, c’est que les retraités aussi auraient une forte augmentation de leurs impôts, avec une remise en cause des abattements. »

    « Si on fait le cumul de ces trois mesures, on voit que les retraités sont dans le viseur. Tout ça parce qu’on refuse d’aller taxer les plus riches et d’affronter les multinationales et les rentiers », martèle la dirigeante syndicale.

    Dans un communiqué, l’USR CGT réclame, entre autres la revalorisation de toutes les pensions de retraite de 10%.

  • La députée RN Laure Lavalette poursuit un journaliste

    La députée RN Laure Lavalette poursuit un journaliste

    Laure Lavalette (RN) qui entend se présenter aux municipales à Toulon en mars vient de porter plainte contre un de nos confrères de Var Matin. Le journaliste a-t-il rappelé dans son article la position antiavortement d’antan de l’élue du parti à la flamme ? Non. A-t-il rappelé les propos racistes, antisémites et homophobes de son attaché de cabinet aujourd’hui licencié ? Non. A-t-il écrit qu’elle a dirigé, dans les années 1990 un groupuscule étudiant violent affilié au Front national, à Bordeaux ? Pas plus. C’est uniquement pour avoir précisé le nom de la commune où elle réside, et qui n’est pas Toulon – gênant quand on prêtant diriger cette ville – que Laure Lavalette a porté plainte. Cette révélation mettrait sa vie en danger ainsi que celle de sa famille. Le préfet est alerté. Le directeur des rédactions du groupe Nice-Matin, Denis Carreaux aussi. Il s’excuse et exige de ses équipes la modification de l’article. Un renoncement qui ne passe pas. Ce qui est certain en revanche c’est que cette atteinte au droit d’informer, typique de l’extrême droite, provoque une grande colère au sein la rédaction toulonnaise. La Société des journalistes du groupe apporte son entier soutien au collègue pris à partie. « Si sa convocation par un service d’enquête de police se confirmait, la SDJ manifestera concrètement sa présence à ses côtés jusque devant la PJ », prévient-elle. Et d conclure : « Nous ne devons pas fléchir. Non, le contenu de nos articles ne dépend pas d’influences extérieures. Nous ne devons pas donner raison à celles et ceux qui veulent restreindre la liberté de porter, dans la sphère publique, des informations d’intérêt général. » La Marseillaise apporte également tout son soutien à ce confrère.

  • À Toulon, le PCF demande à la droite de la clarté vis-à-vis du RN

    À Toulon, le PCF demande à la droite de la clarté vis-à-vis du RN

    « Les consignes de M. Retailleau lors des élections partielles dans le Tarn-et-Garonne de ne pas donner une voix pour la gauche face à l’extrême droite nous inquiètent », commence Gérard Permingeat, le secrétaire de la section PCF Gabriel Péri de Toulon.

    Un appel clair à ce qu’il nomme « un front antirépublicain » lancé par le président du parti Les Républicains qui l’amène à s’interroger sur les répercussions au sein de la droite locale de ses propos, qu’elle s’est bien gardé de commenter.

    Et de rappeler que les communistes toulonnais ont déjà interpellé par lettre ouverte le député de la 1ère circonscription du Var, Yannick Chenevard (Ensemble) sur le sujet. Le député a été élu grâce au report des voix de la gauche face au Rassemblement national (RN). Or, il soutient aujourd’hui le sénateur LR Michel Bonnus aux municipales des 15 et 22 mars.

    « Il faut que les Toulonnais sachent son positionnement, s’il fera barrage face au RN », poursuit le responsable politique.

    « Qu’est devenue la digue contre l’extrême droite ? Une passerelle pour le rassemblement national ? », interroge Didier Quattropani à ses côtés, en soulignant que Michel Bonnus a reçu en grandes pompes Bruno Retailleau à Toulon. Et de poursuivre : « On arrive à se demander, vu toutes ces positions-là qui sont prises de manière officielle, quelle serait la position d’un Michel Bonnus au second tour des élections municipales si son retrait devait empêcher le RN de prendre la ville ? » La question lui est donc posée publiquement.

    Bruno Retailleau n’est d’ailleurs pas le seul à draguer l’extrême droite souligne en substance André De Ubeda. Ce qui laisse supposer l’expression d’un fort courant plus que de simples dérapages. « François-Xavier Bellamy, mardi sur France Info, a dit qu’au deuxième tour, entre Jordan Bardella et un PS à l’élection présidentielle, il voterait Jordan Bardella. » Des propos suffisamment graves pour nous alerter, insiste le chef de file des communistes à Toulon pour les municipales et conseiller municipal Toulon en Commun. « Est-ce qu’il va falloir classer les Républicains dans le camp des extrémistes ? », interroge-t-il. Après ces mises en garde et demandes de clarifications, les communistes ont rappelé leur rôle au sein de la liste de rassemblement des forces progressistes et citoyennes de Toulon en Commun (TEC).

    « Notre section Gabriel Péri, soutenue par la Fédération du PCF, est partie prenante de cette aventure politique, associative et humaine », résume Didier Quattropani. Un rassemblement qui pour l’heure ne souffre d’aucune dissension malgré les événements nationaux, rassure-t-il. Et de poursuivre : « On fait quand même un peu la part des choses. On travaille depuis 2019 ensemble, on se connaît, on s’écoute et on se respecte pour débattre et prendre des décisions par consensus, et ça c’est le plus important dans nos assemblées populaires. »

    « La sécurité, c’est nous ! »

    La campagne a commencé depuis la désignation à l’unanimité de la tête de liste Magali Brunel (PS) lors d’une assemblée populaire au printemps dernier, comme c’était prévu, rappelle Didier Quattropani. Histoire de couper court aux velléités de LFI qui était parfaitement au courant du timing mais qui avait quitté le navire à ce moment-là.

    Les équipes travaillent dans différents ateliers pour faire avancer les sujets soumis ensuite à l’Assemblée populaire pour construire le programme. Le dernier concernait la sécurité. « La sécurité c’est pas la droite, c’est nous ! », intervient André De Ubeda. Un sujet qui n’est pas abordé par le seul volet répressif mais qui passe aussi par la prévention et l’anticipation des problèmes qui peuvent arriver, précise Didier Quattropani.

    « Nous sommes est en train de monter un comité de soutien qui va être costaud. avec des personnalités, des entrepreneurs… », conclut André De Ubeda. « La machine TEC avance », confirme Gérard Permingeat.

  • Au Pontet, un front républicain pour sortir le RN se profile

    Au Pontet, un front républicain pour sortir le RN se profile

    En 2020, Joris Hébrard, maire RN du Pontet avait été réélu pour un second mandat, dès le premier tour, récoltant 57% des voix face à trois listes divers droite. En juin, le premier magistrat a annoncé, dans le magazine municipal, sa volonté de briguer un 3e mandat. Pour se donner une chance d’éviter six nouvelles années d’extrême droite, ses opposants espèrent partir unis.

    « Le rassemblement des forces républicaines, sociales et solidaires est en bonne voie pour faire obstacle à la politique d’exclusion et de grippe-sou de l’extrême droite », annonce, dans un communiqué, Michel Lovera, chef de file du PCF, mandaté pour représenter la gauche, historiquement peu implantée au Pontet. Un soutien est acté auprès de Jean-Firmin Bardisa, actuel chef de file de l’opposition et qui a annoncé sa candidature il y a un mois et demi. En lice aussi en 2020, Christophe Roux (UDI) s’est rallié à Bardisa. « Début octobre, on a aussi rencontré Caroline Grelet-Joly [autre élue d’opposition] qui, a priori, ne souhaite pas nous rejoindre mais n’a pas encore décidé si elle sera candidate », fait valoir Michel Lovera. En face, l’extrême droite pourrait aussi avancer divisée. Le premier adjoint, Patrick Suisse, et éphémère maire lors de la parenthèse de moins d’un an d’Hébrard comme député, a des velléités de liste même si le maire œuvre pour l’en dissuader.

    En attendant, les représentants de cette large liste républicaine doivent se revoir encore ce mercredi soir et espèrent lancer leur campagne début novembre. « Même si on peut avoir des divergences, un travail sur des thématiques partagées est engagé », assure Michel Lovera.

  • Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Un discours d’une trentaine de minutes et une phrase très attendue : « Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », annonce Sébastien Lecornu ce mardi lors de son discours de politique générale, suivi de quelques applaudissements sur les bancs socialistes. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », précise le Premier ministre. Il a, quelques minutes auparavant confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », assure-t-il face à la représentation nationale.

    Le chef du gouvernement a ainsi accédé aux requêtes du Parti socialiste, qui avait fait de la suspension de la réforme honnie, la condition sine qua non pour éviter la censure. C’est en tout cas ce qu’a implicitement confirmé Boris Vallaud, président des troupes socialistes. « La suspension de la réforme des retraites, la voici enfin », insiste-t-il, saluant une « victoire », un « premier pas » avant l’« abrogation ». Conspuant un budget « insupportable et gravement insuffisant », le député des Landes concède : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le parti à la rose ne censurera donc pas – dans l’immédiat – le gouvernement Lecornu II.

    LFI, le PCF, EELV et le RN promettent la censure

    Mais ces concessions – temporaires – n’ébranlent pas la volonté du reste de la gauche de voir l’exécutif tomber. « La réforme des retraites est une faute originelle. Elle devient aujourd’hui l’assurance-vie des macronistes », ironise Cyrielle Châtelain, patronne des députés écologistes. « Le groupe Écologiste et Social ira à la censure, car nous refusons l’accaparement du pouvoir par Emmanuel Macron », renchérit la députée. Stéphane Peu, coprésident du groupe communiste et ultramarin voit dans la suspension annoncée « potentiellement une victoire ». Mais fait peu mystère sur l’issue de son vote jeudi : « Dernier grognard du président Macron, vous tomberez vous aussi pour le défendre », lance-t-il à l’adresse du locataire de Matignon.

    Plus tôt dans la journée, le président de la République a menacé les oppositions : les motions de censure sont « des motions de dissolution et doivent être vues comme telles », argue Emmanuel Macron en Conseil des ministres, en appelant à la « stabilité institutionnelle » et au sens du « compromis », selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Encore une fois, le chef de l’État renvoie la responsabilité de cette crise politique sur ses opposants. « La logique des insoumis a toujours été la même : nous ne participerons pas à votre sauvetage », prévient Mathilde Panot, cheffe des députés LFI. « Une réforme imposée contre tout un peuple, contre l’ensemble des organisations syndicales et contre l’Assemblée nationale, elle ne se conclave pas, ne se discute pas, ne se suspend pas, elle s’abroge », tranche-t-elle.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

    « La suspension de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois, 170 trimestres est une première victoire pour les 500 000 salariés qui en profiteront dès cette année C’est le fruit de toutes les mobilisations Poursuivons le combat jusqu’à l’abrogation et pour un financement juste ! »

    Olivier Faure, 1er secrétaire du PS

    « Je reste dans l’opposition mais je veux que le débat ait lieu et je souhaite que l’on puisse avancer. Nous ne censurerons pas le Premier ministre (..) Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. Quand on fait de la politique, c’est pour changer la vie des gens et provoquer une dissolution, ce n’est pas changer la vie des gens (..) Le projet de budget n’est pas le nôtre, le combat ne fait que commencer. »

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV

    « Même si je me réjouis que notre opiniâtreté permette une avancée sur les retraites, Les Écologistes ne peuvent pas laisser passer ce gouvernement qui s’apprête à soutenir le budget que nous connaissons. Comme nous l’avions annoncé, nous censurerons ce gouvernement. »

    Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, député des BDR

    « Le budget Lecornu prévoit l’explosion de ce que l’on doit payer lorsque l’on fait une demande de titre de séjour ou de titre de nationalité. Retailleau est sorti, mais pas ses idées racistes. Comment un député de gauche pourrait-il accepter une telle faute morale ? »

    Benjamin Lucas, député Génération.s

    « Je n’ai pas été élu pour aménager le macronisme mais pour rompre avec cette dangereuse politique. Au nom de l’intérêt général, de la défense des classes moyennes et populaires, du respect des principes démocratiques et républicains, je voterai la censure. »

    François Ruffin, député Debout!

    « Enfin, après deux années de tensions, de crispations, un Premier ministre bouge sur les retraites… Mais sur le budget ? C’est toujours du Macron, Robin des bois à l’envers, qui prend aux modestes, aux malades, aux handicapés, pour donner aux plus riches. Les milliardaires paieront toujours moins d’impôts que leurs secrétaires. Ce sera donc la censure. »

    Bruno Retailleau, président LR

    « La gauche n’est pas au gouvernement mais elle le dirige. La suspension de la réforme des retraites et le silence du premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes. (…) Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable. »

    Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et ex-ministre

    « Je salue la main tendue sur la réforme des retraites. Ce débat doit désormais s’ouvrir en responsabilité, en ayant pour seules boussoles l’amélioration de notre système de retraites pour les travailleurs et son équilibre financier, gage de sa crédibilité pour les plus jeunes. »

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • [Rue de la République] Marc Pena : « Emmanuel Macron imagine une République sans le peuple »

    [Rue de la République] Marc Pena : « Emmanuel Macron imagine une République sans le peuple »

    La situation politique

    Didier Gesualdi : M. le professeur de Droit, puisque c’est votre profession d’origine, quelle confusion politique ! Comment continuer à intéresser les Français à la chose publique ?
    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on vit une crise politique grave qui peut déboucher sur une crise de régime. Ce n’est pas rien. Puisque vous parlez de ma profession de juriste, Emmanuel Macron a réuni ce vendredi les formations politiques, hormis le RN et LFI, or dans la Constitution l’article 20 nous dit que c’est le Premier ministre qui forme le gouvernement qu’il propose au président de la République. Ce n’est donc pas son rôle. Il y a de la confusion. Ce qui m’inquiète, c’est qu’en définitive, les citoyens ne comprennent plus rien. Il y a des problèmes de pouvoir d’achat, des difficultés à finir les fins de mois, 10 millions de pauvres dans ce pays… Et pendant ce temps, ils ont le sentiment d’une classe politique qui se chamaille pour des places. C’est plus complexe que ça mais il est évident que le pouvoir exécutif ne prend pas ses responsabilités, ne joue pas son rôle et imagine une République sans le peuple. Nous sommes là pour rappeler que les parlementaires, qui sont les représentants du peuple, sont bien là et doivent trouver la solution politique.

    Didier Gesualdi : Autrement dit toute l’addition est à présenter à Emmanuel Macron et à lui seul ?
    Il a fait son œuvre. C’est pour ça qu’il est aussi faible dans les sondages. Il s’entête à vouloir poursuivre la même politique, alors qu’elle a été désavouée plusieurs fois, que trois Premier ministres ont échoué, l’instabilité vient d’abord du cœur du pouvoir, d’Emmanuel Macron en particulier.

    Léo Purguette : Si Emmanuel Macron porte toute la responsabilité de la crise, doit-il partir ?
    Non. Pas par rapport à lui mais par rapport à l’institution. Il faut faire très attention aux institutions. On peut être d’accord ou pas. La fonction présidentielle est pivot. Pensez à une destitution improbable ou une démission me paraît dangereux pour la suite. Maintenant, la démission lui appartient. C’est à lui de voir.

    La Ve république

    Léo Purguette : L’hyper-présidence et des dispositions comme le 49.3 ont asphyxié la vie démocratique. Faut-il s’engager vers une VIe République ?
    Je n’ai jamais été favorable à ces institutions qui ont été faites pour un homme, le général De Gaulle, dans des circonstances exceptionnelles. L’équilibre dans cette République est largement en faveur de l’exécutif, parfois est une monarchie républicaine, et on a un Parlement, la plupart du temps, qui suit la direction du chef de l’État et donc une seule élection décide de tout. Il a vraiment des questions à se poser sur – au moins – une réforme de ces institutions. En même temps, ce sont les hommes et les femmes qui font vivre les institutions et nous avons un problème aussi de ce côté-là.

    Didier Gesualdi : D’autres pays connaissent un champ politique éclaté mais fonctionnent. On n’arrive pas à trouver des compromis en France ?
    C’est aussi dû aux institutions qu’on vient de décrire. Le chef de l’État devait avoir une majorité confortable, stable, à travers le scrutin majoritaire. Il y a eu des discussions sur la proportionnelle. Pour un véritable changement de régime, ce n’est pas le seul élément mais c’est un élément. Il faut réfléchir aux modalités, ce n’est pas pareil une proportionnelle intégrale et une proportionnelle à l’allemande, mais si on demandait aux Français de revoter, il se pourrait qu’ils élisent à nouveau trois blocs.

    Léo Purguette : Si on leur demande de revoter, êtes-vous prêt ?
    Nous, on est prêt à aller devant les Français. On ne pense pas que la dissolution soit la première solution mais on n’a jamais peur d’y aller. À nouveau, on se rassemblerait, on se mobiliserait pour éviter d’abord et avant tout l’extrême droite au pouvoir. C’est d’abord l’union de la gauche qui l’a empêché il y a un an et ensuite, le front républicain.

    Les lignes rouges

    Didier Gesualdi : Chacun a des lignes rouges mais personne ne semble se rendre compte qu’il n’a pas la majorité.
    Il y a trois blocs politiques mais 11 groupes à l’Assemblée nationale, donc il faut que chacun soit humble. Maintenant ce n’est pas parce qu’on est humble qu’on n’est pas capable de proposer, en tant que parlementaire, ce que l’on croit bon pour le pays. Je vais parler au nom du Parti socialiste : pendant que M. Macron veut se perpétuer, pendant que les Premiers ministres tombent les uns après les autres, nous, on fait des propositions pour la vie des Français, on ne reste pas les bras croisés. C’est ça un parti politique, ce n’est pas jouer les places.

    Léo Purguette : Sébastien Lecornu a reconnu que le dossier des retraites était « bloquant », Elisabeth Borne se dit ouverte à suspendre sa propre réforme. Qu’est-ce que ça dit de la situation du bloc central ? Il est en déshérence ?
    Je vais aller plus loin : il n’est plus un bloc et il n’est plus central dans la vie politique. On a des gens qui s’affolent aussi, qui se rendent compte de la réalité. Quand sur un totem comme celui-ci, la réforme des retraites, qui est la seule réforme structurelle d’Emmanuel Macron, celle qui l’a porté est capable de l’abandonner en chemin, c’est bien que ce bloc n’est plus en capacité de gouverner. Notre rôle est d’obtenir le plus possible pour le budget à venir.

    La fonction de maire

    Didier Gesualdi : Dans un contexte de crise généralisée de la politique, le lien est-il rompu aussi entre les maires et la population ?
    Je ne le crois pas. Il y a une crise de vocation des maires devant les difficultés et l’isolement qui est parfois le leur. La commune a été maltraitée dans le paysage institutionnel local. Elle devrait pouvoir retrouver plus d’autonomie, de capacité de faire. Elle est indispensable dans un certain nombre de domaines. Je crois que les Français continuent de s’identifier à leur maire. Les municipales sont une élection très importante, je crois même que la démocratie se recoudra, se reconstituera à partir du local. C’est notre histoire depuis 1789. J’en suis persuadé. Il faut pour cela, non pas des mairies d’autocrates qui se perpétuent au pouvoir mais des mairies qui ouvrent l’espace aux citoyens, où la proximité est la chose la plus importante. Ça doit permettre de proposer une autre perspective que le spectacle que l’on a au plan national.

    Les municipales

    Léo Purguette : En tant que chef de file de l’opposition de gauche à Aix, vous êtes pressenti pour conduire une liste d’union. La gauche a été en tête dans la commune aux législatives, Aix peut-elle basculer ?
    Je suis persuadé que c’est possible. Si nous sommes en capacité d’être unis, rassemblés, capables de porter un projet alternatif à celui qui est en place depuis 25 ans, cela est même, d’une certaine manière à portée de main. Si je m’engage dans cette campagne, ce n’est pas pour faire un tour de piste et témoigner ou penser, comme certains, qu’Aix serait une ville de privilégiés, immanquablement à droite… L’histoire a prouvé qu’il était possible de faire différemment à Aix-en-Provence. Les Joissains ont quand même 25 ans de pouvoir au compteur, ça use. Je suis convaincu que nous serons la seule alternative.

    Didier Gesualdi : Comment définiriez-vous ce pouvoir ? Autocratique ?
    Oui, quand vous avez eu le père, la femme et la fille, on a là une dynastie qui n’a rien à voir avec la République.

    Didier Gesualdi : Les Aixois ont voté quand même…
    Oui, enfin Sophie Joissains, n’a pas été élue directement. Elle n’est pas la seule dans le département mais c’est sa mère qui a conduit la liste. Elle n’est arrivée qu’après donc il y a un problème de légitimité. Je suis convaincu que les Aixois ont besoin d’une autre perspective. Cette ville qui a l’air d’aller bien quand on y va juste pour faire les courses ou manger au restaurant, est une ville chahutée, en difficultés par bien des aspects.

    Léo Purguette : Avec qui entendez-vous gagner ? Les difficultés de la gauche au plan national existent aussi localement ?
    Au plan local, comme national, LFI s’est mise de côté. Toutes les autres formations de gauche peuvent le dire, ce sont les insoumis qui se sont mis eux-mêmes de côté et qui, cette fois-ci, n’ont pas voulu l’union. C’est un constat que nous faisons mais on a un arc de forces très riche et très divers. Vous avez des gens de l’Après jusqu’à Place publique qui font partie de notre coalition, c’est un éventail large qui est proposé. Une gauche qui devient le centre de la vie politique aixoise. C’est autour de cela que nous travaillons à une liste représentative, pas seulement des partis mais aussi de la diversité citoyenne d’Aix-en-Provence.

    Le risque RN

    Didier Gesualdi : Le RN est très haut dans les sondages. Pourquoi est-ce pour vous un risque pour la France ? Après tout, certains disent qu’on ne l’a jamais essayé.
    On les a essayés dans l’histoire, dans les périodes les plus sombres. Le RN reste un parti profondément d’extrême droite. On a d’ailleurs une internationale d’extrême droite qui se constitue avec des régimes comme ceux de M. Orban, Mme Meloni ou M. Trump.

    Didier Gesualdi : Ça parle aux Français ça ?
    Le RN, que propose-t-il ? Notamment de revenir sur l’Aide médicale d’État au nom de la lutte contre l’immigration. Il ne va accroître que la précarité. C’est un parti qui discrimine constamment pour asseoir une politique qu’il présente comme sociale mais qui ne l’est jamais. Le RN n’a jamais été au rendez-vous des manifestations du monde du travail ni des propositions que nous avons pu faire en matière d’amélioration de la vie des Français. Il reste un parti dangereux

    Didier Gesualdi : Ça surprend qu’il n’y ait pas d’incidence des décisions de justice concernant Marine Le Pen sur le vote RN ?
    Non, c’est un vote structurel qui s’inscrit dans une crise européenne et mondiale.

    La gauche

    Léo Purguette : La gauche aussi est en crise. Il y a un an, elle était unie sans être majoritaire. Aujourd’hui, le contact est-il rompu avec la FI ?
    Il est évident qu’aujourd’hui LFI fait cavalier seul. Mais c’est de leur responsabilité. Les autres partis peuvent ne pas être d’accord sur tout mais nous discutons avec l’Après de François Ruffin, Clémentine Autain, les communistes, les écologistes et les socialistes. Les ponts ne sont pas rompus. Je pense que LFI enjambe toutes les élections en vue de l’élection présidentielle. Ce que les insoumis regardent, ce sont les sondages de Jean-Luc Mélenchon et ils mettent toutes leurs forces dans cette bataille-là, alors même qu’ils prétendent à une VIe République, ils sont dans la culture du chef à 200%. Après, si nous devons retourner aux urnes, nous verrons bien si la gauche dans son ensemble n’a pas la responsabilité très forte de se rassembler. Regardez dans les Bouches-du-Rhône, je suis le seul député non-RN hors Marseille. La gauche laissera-t-elle la main au RN ? Je n’ose y penser un seul instant.

    La question des lecteurs

    Sorf : Que proposez-vous sur les transports et en particulier pour les personnes handicapées qui manquent de mobilité pour pouvoir se déplacer ? C’est très important.
    Les personnes en situation de handicap sont des personnes comme les autres. On le dit constamment. Les choses se sont améliorées mais pas suffisamment, notamment en matière de transports en effet. À Aix, lorsqu’il s’agit du BHNS qu’il m’arrive de prendre et qui est un transport nouveau, les éléments d’accessibilité sont là. Mais en revanche, le réseau de bus aixois géré par Keolis demanderait à être rénové dans le sens de l’accessibilité. Il y a encore beaucoup à faire je crois. Il faut voir cette question de manière plus large. Les discriminations liées au handicap touchent les personnes concernées avec la même violence que les discriminations liées à l’origine, à la classe sociale, à l’orientation sexuelle… Elles doivent toutes disparaître dans notre société, c’est un combat que la gauche doit mener tous les jours. Une personne en situation de handicap qui ne peut pas accéder aux transports en commun est en réalité considérée comme un sous-citoyen. Ce n’est pas acceptable. Et puisque vous êtes lecteur de La Marseillaise, je dois dire que ce journal représente bien cette exigence d’égalité, embrasse bien l’ensemble des problèmes de la société. C’est cela que nous avons à traiter dans une République moderne, dans une démocratie mature. La gauche a la responsabilité de contribuer à émanciper les citoyens.