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  • À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    À Beaucaire, des listes citoyennes face au RN

    Depuis plus de dix ans, Beaucaire vit sous administration d’extrême droite. Julien Sanchez d’abord, puis Nelson Chaudon depuis 2024, ont ancré le RN au cœur de la mairie. Bilan des courses : des polémiques récurrentes, des projets structurants sans cesse reportés et des relations dégradées avec l’intercommunalité et de nombreux acteurs locaux. À l’approche de mars 2026, une question domine : existe-t-il une véritable alternative à gauche – ou simplement hors RN – capable de peser ? Deux dynamiques se dessinent. D’abord, la liste Unis pour Beaucaire (UPB), conduite par Luc Perrin, déjà présente en 2020, avec un ancrage progressiste affirmé. Ses priorités : remettre les services publics au centre, soutenir les associations, agir sur la santé et privilégier l’entretien du patrimoine. Une stratégie de terrain, faite de réunions publiques et de porte-à-porte pour capter la déception d’une partie de la population.

    En parallèle, la liste Beaucaire l’esprit libre (BEL) mêle anciens élus, commerçants, citoyens engagés, sans étiquette. Il prône un autre récit pour la ville : redonner un souffle économique, retisser du lien et sortir Beaucaire de son image de « ville-vitrine ». La liste se veut ouverte à la gauche comme à d’autres horizons, avec l’objectif assumé de battre le RN.

    Une union possible ?

    Reste la grande inconnue : l’union dès le premier tour voire au second ? En 2020, Julien Sanchez avait gagné dès le premier. Il est aujourd’hui directeur de campagne national du RN et couve particulièrement Beaucaire. Or, si les deux listes citoyennes se maintiennent, la division bénéficiera au RN. Aussi, aucun acteur ne ferme la porte à des convergences, d’autant que les membres d’UPB comme de BEL assistent régulièrement aux réunions des uns et des autres. Signe d’un dialogue encore ouvert.

  • [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    [Rue de la République] Laure-Agnès Caradec : « La première priorité de la liste de Martine Vassal, c’est la sécurité »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire.

    Ce week-end, Laure-Agnès Caradec, présidente de la fédération LR des Bouches-du-Rhône.

    la campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes directrice de campagne de Martine Vassal, ça y est Benoît Payan se lance. Votre ennemi principal est désigné ?

    Quelque part ce n’est pas une surprise puisque tout le monde s’attendait à ce moment. Ça va être l’heure de vérité pour lui parce que la fois dernière ce n’était pas lui qui était candidat, c’était madame Rubirola. Les Marseillais ont eu droit à un switch qui a été douloureux pour eux. Il va se présenter tel qu’il est.

    Didier Gesualdi : De chasseur il est devenu chassé ?

    Oui… je n’attendais pas cette formule.

    Didier Gesualdi : Il avait fait campagne sur la critique du bilan de Jean-Claude Gaudin, cette fois ce sont ses concurrents qui s’en prennent au sien.

    En 2020, il a été chassé par certaines forces politiques qui ne voulaient pas qu’il soit candidat. C’est plutôt à ça que je pensais.

    Léo Purguette : La campagne de Martine Vassal a été lancée depuis septembre sans que son adversaire principal ne soit déclaré. Vous n’avez pas eu le sentiment de boxer dans le vide ?

    Pas du tout parce que ça permet d’avoir une position claire vis-à-vis des Marseillais. Elle s’est déclarée suffisamment en amont en disant « moi je suis candidate » pour dérouler ses propositions, pour expliquer tout ce qu’elle a fait aussi pendant son mandat. Les Marseillais vont voter à la fois pour les mairies de secteur, la Ville de Marseille et la Métropole. Au titre de la Métropole, la séquence de cette semaine qui montre la révolution des transports avec l’inauguration du tramway jusqu’à capitaine Gèze et jusqu’à la Gaye, montre combien, en un mandat, elle aura respecté son engagement envers les Marseillais et les métropolitains aussi puisqu’il y a des BHNS, le Val’tram…

    Léo Purguette : Elle avait avancé sur un sujet qui n’est pas très en vogue dans votre camp politique : la gratuité pour les plus jeunes et les seniors. Pourquoi ne pas viser la gratuité pour tous ?

    La gratuité vous savez… il y a toujours quelqu’un qui paye. Malheureusement, les transports ont un coût important. Les efforts qui ont pu être faits, ont été faits. Après, il y a une réalité économique. Martine Vassal s’est engagée à ne pas augmenter les impôts, comme elle l’a fait au Département et à la Métropole. Je rappelle que Benoît Payan a augmenté de 14% la taxe foncière.

    le Bilan du Printemps marseillais

    Didier Gesualdi : Pour vous tout est à jeter dans le bilan de Benoît Payan ?

    En tout cas, j’attends qu’il nous fasse la démonstration de son bilan parce que justement, aujourd’hui, aux yeux des Marseillais il n’y a pas de projet qui soit sorti durant ce mandat. On ne peut pas dire qu’il y ait eu une piscine, un équipement public… Sur les écoles, on voit bien qu’il y a des couacs sur l’utilisation de l’argent du plan Marseille en grand et que les écoles qui devaient être livrées en temps et en heure ne le seront pas toutes. Donc quel acte majeur durant ces six ans ?

    Didier Gesualdi : Pour vous, le quotidien des Marseillais n’a pas changé ?

    Le quotidien des Marseillais a changé notamment grâce à l’action de la Métropole sur les transports, sur l’habitat indigne, Martine Vassal a mis en place la société publique de rénovation du bâti, mais à l’échelle municipale, démontrez moi ce qui a été fait.

    Léo Purguette : Le plan Marseille en grand, c’est quand même bien Benoît Payan qui l’a décroché. Cet argent-là a même ruisselé – si on peut dire – sur la Métropole.

    On a eu la chance d’avoir un président de la République qui s’est penché sur Marseille et a décidé d’octroyer des moyens supplémentaires, notamment pour la mobilité. Martine Vassal s’est saisie de tous les crédits débloqués par l’État et complétés, bien sûr, par la Région et le Département, pour mettre en place dans un temps record du transport en commun pour les Marseillais.

    Jean-Claude Gaudin

    Didier Gesualdi : En 2020, le Printemps marseillais ne l’emporte-t-il pas du fait de l’immobilisme de Jean-Claude Gaudin ? Renaud Muselier a même parlé de deux mandats de trop.

    Moi je défendrai toujours le bilan de Jean-Claude Gaudin. Non, je ne pense pas qu’il y ait eu deux mandats de trop. Chaque mandat a été rythmé par des choses importantes. Les premières lignes de tramway ont été réalisées sous l’impulsion de Jean-Claude Gaudin et de Renaud Muselier.

    Didier Gesualdi : Avec beaucoup de retard…

    Oui mais l’extension du métro également, la capitale européenne de la Culture, le Mucem, le Parc du XXVIe centenaire la piétonisation du Vieux-Port… En 1995, la Ville perdait des habitants, avait un taux de chômage record, les choses ont nettement évoluées. Marseille est devenue attractive, a accueilli des entreprises, des filières d’excellence.

    Léo Purguette : Vous ne pensez pas que la défaite de 2020 est due à son bilan notamment en matière d’habitat ?

    C’est sûr que le 5 novembre a impacté très fortement la campagne municipale, on est bien d’accord. Ça a été un drame qui a marqué tout le monde. Je pense que c’est essentiellement la division de notre côté qui a causé beaucoup de dégâts. Cela a servi de leçon. Aujourd’hui, l’UDI qui était la dernière pièce manquante, lui apporte le soutien dont elle bénéficie déjà, depuis les LR jusqu’au centre.

    Léo Purguette : Jean-Claude Gaudin était en revanche attentif à la cohésion de la mosaïque de communautés qui constitue Marseille. Où est passé ce discours dans votre camp ?

    Si, on est toujours sur cette ligne-là. Marseille est un port, a toujours accueilli. Marseille espérance a peut-être un peu moins de vigueur que sous Jean-Claude Gaudin, je crois qu’il faut retisser les liens entre les communautés et qu’elle se retrouvent dans un projet commun.

    Le bloc central

    Léo Purguette : Le bloc de droite et du centre qu’incarne Martine Vassal correspond à celui qui gouverne la France. N’est-ce pas un handicap dans un pays traversé de colères ?

    Oui tout à fait mais je pense qu’il faut dissocier le local du national. C’est sûr qu’au plan national c’est compliqué : pas de budget, des crises, la crise agricole et ainsi de suite… Mais ici localement, ce que nous souhaitons c’est que les Marseillais jugent sur ce qui a été fait et sur les engagements pris par Martine Vassal. Elle a une vraie volonté de faire. On est élu pour faire et pas pour gagner du temps comme on peut le voir aujourd’hui à l’échelle nationale. Nous sommes sur la rédaction de notre programme, il sera décliné début février.

    Notre objectif c’est faire ce qu’on dit et dire ce qu’on fait.

    Notre but, c’est de faire, de réaliser, dans l’intérêt des Marseillais.

    le Narco- trafic

    Léo Purguette : Vous dites que la sécurité est une priorité. À Marseille on voit l’ampleur qu’a pris le narcotrafic. Il semblerait que Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur ait préféré mettre plus de moyens contre l’immigration illégale.

    Il a quand même fait passer, avec Gérald Darmanin, la loi contre les narcotrafiquants qui a été un peu vidée de sa substance par le conseil constitutionnel, malheureusement. En tout cas, c’était une vraie volonté d’action contre le narcotrafic. Il faut poursuivre, on voit bien dans cette ville que sa présence est forte.

    Léo Purguette : Peut-on encore gagner face au narcotrafic ?

    Il ne faut surtout pas baisser les bras. On voit bien que la faculté a dû fermer temporairement ses portes à cause de cela. Orange quitte la Belle-de-Mai suite à des impacts de balles, c’est intolérable dans la 2e ville de France. Benoît Payan a minimisé les faits, je crois qu’il faut combattre le narcotrafic avec la plus grande fermeté.

    les adversaires

    Léo Purguette : Vous parlez d’union mais une liste très anti-Vassal se présente avec Erwan Davoux et Nora Preziosi, qui était élue de vos majorités. Ça vous inquiète ?

    Non, je crois qu’il ne faut pas qu’on soit inquiété par ce genre de listes. Je pense qu’elle prendra à la fois sur la liste de Benoît Payan, peut-être sur la nôtre. Je ne sais pas si elle aura un destin important, nous verrons bien. En tout cas, nous, nous sommes concentrés sur ce que nous avons à dire aux Marseillais.

    Léo Purguette : Il y a eu une polémique importante sur la question du rapport au RN. Une clarification a été apportée mais les centristes ont beaucoup grincé des dents. Est-ce que ça va tenir jusqu’au bout ?

    La ligne a été clarifiée de suite. Martine Vassal a toujours combattu l’extrême droite, dans tous les scrutins. Elle continue à la faire. Aujourd’hui, il y a trois blocs. Martine Vassal représente celui de la droite et du centre face à l’extrême droite et à l’extrême gauche car ne nous leurrons pas, Benoît Payan sera avec Sébastien Delogu au deuxième tour. Il ne s’en cache quasiment pas. Et Sébastien Barles qui soutient Sébastien Delogu n’a pas été exclu de la majorité de Benoît Payan, donc on voit bien qu’il y a des connexions. Ne trompons pas les Marseillais.

    Didier Gesualdi : Vous aurez besoin des voix du RN au second tour, à moins que cela ne soit le contraire.

    Mais pourquoi veut-on toujours franchir l’étape du premier tour ? Qu’est-ce qui vous fait dire ça ? Nous allons nous battre pour arriver en tête au soir du premier tour.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous aux électeurs du RN ? Ça veut dire quoi quand on dit qu’on « partage des valeurs » ?

    Un des objectif prioritaire et affirmé de Martine Vassal, c’est la sécurité. Est-ce que c’est là dessus qu’on pourrait se dire qu’on a un point commun ? Je n’en sais rien. C’est la priorité de Martine Vassal et aussi des LR dans la continuité de l’action menée par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Nous avons envie d’une ville apaisée où les Marseillais peuvent déambuler en toute sécurité. Des efforts colossaux ont été faits dans les transports avec 2000 caméras déployées et le Groupe d’assistance et de protection qui maintient des agents de sécurité dans le métro et le tramway. Ce sont des choses concrètes, Martine Vassal a démontré sa capacité à faire et elle veut continuer.

    Didier Gesualdi : La sécurité est plutôt une prérogative nationale.

    La police municipale peut venir en appui. Martine Vassal mettra une priorité sur le recrutement de 1 500 policiers municipaux supplémentaires, sur le déploiement de la vidéosurveillance. Elle veut une BAC municipale pour lutter aussi contre la criminalité. Tous les moyens qui pourront être utilisés le seront pour faire en sorte que les Marseillais puissent vivre en toute sécurité dans leur ville.

    Didier Gesualdi : Franck Allisio du RN semble enclin à venir sur un terrain « probusiness » qui est plutôt le vôtre. Ça vous surprend ?

    Il est député de Marignane, il y a des pôles économiques importants dans sa circonscription. Je ne l’ai jamais entendu défendre l’aéroport, l’aéronautique, le pôle économique de Vitrolles. On ne peut pas dire que le programme de la présidentielle de Marine Le Pen soit très pro-économie.

    Didier Gesualdi : Et pourtant quand il y a sur l’affiche Marine Le Pen ou Jordan Bardella ça fonctionne plutôt.

    Oui, papa-maman sur les affiches c’est un peu désespérant. En fait, je crois surtout que ce sont les Français qui sont désespérés et qui veulent retrouver une France dans laquelle ils se retrouvent. Dans laquelle il y a du respect, de la bienveillance. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les essayer ce n’est pas la bonne solution. Faisons confiance aux élus engagés pour le territoire.

  • Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Avec « Nîmes en commun » la ville va-t-elle basculer à gauche ?

    Nîmes sort de vingt-cinq années de « système Fournier » comme on se réveille d’une longue nuit : groggy, traversée de rancœurs, mais aussi d’espoirs confus. Le bilan est lourd. Dans une ville parmi les plus pauvres de France, plus de 30% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec des pics dépassant largement les 70% dans certains quartiers populaires comme celui Pissevin où les habitants subissent une double peine : l’insécurité sociale et celle de l’insécurité liée aux narcotrafiquants.

    La carte postale romaine
    – Arènes ripolinées, Maison carrée classée à l’Unesco, centre historique repeint pour les touristes – masque mal une ville à deux vitesses. Les habitants parlent d’une « ville d’en haut » et d’une « ville d’en bas », séparées par quelques rues et un gouffre social. Pendant que la majorité sortante vantait le « rayonnement » et louait son patrimoine, les immeubles lézardés du centre ancien et les barres des quartiers populaires s’enfonçaient dans l’humidité, la précarité et le décrochage scolaire.

    Sur cette toile de fond, l’insécurité est devenue l’obsession officielle. Nîmes aligne l’un des parcs de vidéosurveillance les plus denses de France – plus de 680 caméras, juste derrière Nice en ratio par habitant – sans que cela n’enraye durablement ni la petite délinquance ni les règlements de comptes liés au narcotrafic. Là où la droite promet toujours plus d’objectifs, de caméras de surveillance, les habitants réclament d’abord de l’humain : des policiers de proximité, des médiateurs, des éducateurs, du travail et des logements dignes. Les colères sont multiples : jeunes qui ne se projettent pas dans leur ville, locataires du vieux centre qui vivent dans des passoires, habitants des quartiers populaires relégués loin des équipements publics, commerçants étranglés par la hausse des charges. Les inégalités climatiques s’y ajoutent : à l’heure du dérèglement du climat, le projet « Nîmes 2035 » de Franck Proust un des candidats de la droite, avec ses palmiers de carte postale qui « ne font pas d’ombre », apparaît comme le symbole d’une droite plus préoccupée d’esthétique que de justice sociale ou de fraîcheur urbaine.

    Pourtant, les urnes ont déjà montré qu’une autre majorité est possible. En 2022, Jean-Luc Mélenchon arrive en tête avec 28,68% au premier tour de la présidentielle à Nîmes, en 2024, lors des élections législatives anticipées, le Nouveau front populaire rassemblant la gauche devance le parti d’extrême droite RN dans la ville, quand le reste du département bascule massivement à son profit. Cette contradiction – ville votant plutôt à gauche au premier tour dans les scrutins nationaux mais bloquée à droite au niveau municipal – « Nîmes en commun » veut en faire un atout, un point d’appui.

    « D’abord on se tait, on écoute et puis on construit »

    Face à ce paysage, la force de Vincent Bouget coordinateur et leader de « Nîmes en commun » n’est pas seulement d’incarner l’union de la gauche (PCF, PS, écologistes, PRG, Place publique, mouvements citoyens), mais d’avoir patiemment construit une autre manière de faire de la politique. Depuis plus d’un an, « Nîmes en commun » laboure le terrain : film participatif s’appuyant sur les témoignages des habitants projeté dans les quartiers, plus de 110 entretiens filmés, une trentaine de réunions publiques, puis un questionnaire portant notamment sur les vœux de chacun, rempli par près de 3 000 Nîmoises et Nîmois dans tous les quartiers.

    La soirée du 11 décembre de restitution de ce questionnaire devant 900 personnes, micro et parole qui circulent, – une assemblée décrite comme un « moment démocratique rare et enthousiasmant ». Là où la droite s’est enfermée dans l’entre-soi municipal, Vincent Bouget assume un pari inverse : « D’abord on se tait, on écoute », avant de « construire un projet ». Il promet de prolonger cette méthode après le scrutin de mars, pour que la démocratie participative ne s’arrête pas au soir du vote.

    Sur le fond, la colonne vertébrale qui se dessine est claire : une ville qui « prend en compte tous les quartiers » et ne se contente plus de bichonner l’hypercentre ; une politique de sécurité globale, articulée à l’emploi, au logement et aux services publics, plutôt qu’aux seuls slogans « musclés » ; une stratégie de réhabilitation massive de l’habitat, plutôt que de nouveaux grands « projets vitrines » ; une priorité assumée à la jeunesse, à l’éducation, au sport et à la culture ; une véritable politique écologique, où « on peut trouver mieux que les palmiers pour faire de l’ombre ». Vincent Bouget le martèle : « Face à la division, il faut faire du commun », et se présente comme « le seul à pouvoir battre l’extrême droite », non pas en moralisant, mais en proposant un espace démocratique où les habitants se reparlent et reprennent la main sur leur ville.

    « Faire du commun », ou « la guerre de succession »

    Car en face, le spectacle offert par la droite locale est aux antipodes de ce patient travail de terrain et de concertation populaire. À l’approche des municipales, sous la pression des ambitions personnelles, la majorité sortante se divise. Jean-Paul Fournier, affaibli, tire sa révérence après vingt-cinq ans à l’Hôtel de Ville, sans designer de successeur.

    D’un côté, Franck Proust, président LR de Nîmes Métropole, adoubé récemment par Horizons, parti de l’ancien premier ministre Edouard Philippe. De l’autre, Julien Plantier, ancien premier adjoint, qui refuse de se ranger derrière lui et finit par s’allier à la macroniste Valérie Rouverand sous la bannière « L’avenir des Nîmois ». S’ajoutera, une liste du RN, dont la dynamique est forte à l’échelle du département. Les communiqués assassins, les invectives sur « l’arrogance » de l’un ou « le mépris de l’autre » sonnent comme autant de coups de Jarnac : tout concourt à donner l’image d’un camp qui règle ses comptes sur la place publique et cherche sa survie électorale plutôt qu’il ne se préoccupe des Nîmois.

    Politiquement, cette fragmentation ouvre une fenêtre historique pour la gauche rassemblée. Publié fin novembre 2025, Un sondage Quorum pour Le Réveil du Midi dessinait les contours d’une ville en trois blocs : gauche, droite et extrême droite. Dans la plupart des scénarios, Vincent Bouget arrive en tête au premier tour, autour de 28-30%, devançant l’extrême droite RN autour de 25-27% et Franck Proust crédité de 22%. En cas de ticket Plantier-Rouverand, Proust est même relégué plus bas, et la quadrangulaire devient un cauchemar pour la droite traditionnelle. Rien n’est fait pour autant. Les mêmes enquêtes montrent que dans le cas d’une triangulaire classique, avec un RN qualifié au second tour, la droite espère encore arracher la victoire de justesse, « Nîmes en commun » considère que forte de sa diversité elle rassembler et devenir un rempart face à la menace RN et à une droite essoufflée et sans réel projet transformateur.

    C’est là que se noue la réponse à la question : Nîmes va-t-elle basculer à gauche avec Vincent Bouget porteur des couleurs de « Nîmes en commun » ? C’est possible, si la dynamique citoyenne enclenchée par « Nîmes en commun » dans les urnes, si les milliers de personnes qui ont pris la peine de remplir un questionnaire, d’aller aux assemblées votent et font voter glissent aussi un bulletin le 15 mars. Oui, si « Nîmes en commun » parvient à être entendue à la fois aux quartiers populaires aujourd’hui délaissés et à l’électorat traditionnel démocrate écœuré par la « fin de règne » chaotique aspire à un changement positif et serein. Dans un Gard saturé par la poussée lepéniste, le basculement de Nîmes serait bien plus qu’un changement de maire : un signal national, la preuve qu’une ville populaire du Sud peut encore choisir de résister et reconstruire ensemble, plutôt que de céder à la résignation ou à la haine.

    REPERES

    11 février 2025 : Projection du film-documentaire Si je vous dis Nîmes, donnant la parole aux habitants de tous les quartiers.

    Automne 2025 : Les militants et bénévoles sillonnent marchés, et quartiers pour interroger les Nîmois via un questionnaire. 3 000 réponses recueillies.

    11 décembre 2025 : 900 personnes réunies à la halle des sports Ludivine-Furnon pour débattre du résultat du questionnaire.

  • Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    Laure Lavalette officiellement candidate à la mairie de Toulon

    C’était un secret de polichinelle, et la nouvelle n’a surpris personne sur le fond, peut-être davantage sur le timing. Alors qu’elle avait laissé entendre qu’elle l’annoncerait le 14 janvier lors d’un meeting au Palais Neptune, Laure Lavalette, députée RN de la 2e circonscription du Var, a officialisé sa candidature à la mairie de Toulon ce mardi matin, via une lettre adressée à plusieurs médias dont l’AFP, et dans un entretien accordé à Ici Provence.

    Âgée de 49 ans, née à Talence (Gironde), fille d’un militant membre du mouvement néo-fasciste Ordre Nouveau et du Front National – parti pour lequel il a été candidat aux élections législatives en Gironde en 1993 et 1997 -, petite fille d’un membre des Croix-de-Feu (association d’anciens combattants devenue organisation nationaliste et fasciste selon certains historiens), Laure Lavalette baigne depuis sa plus tendre enfance dans un militantisme ancré à l’extrême droite. Elle revendique, à cet égard, des positions contre « la propagande LGBT », contre l’immigration, et contre l’IVG. En 2014, elle avait signé un texte appelant les élus locaux à soutenir les candidats s’engageant à « abroger, à terme, le droit à l’avortement » lors des élections présidentielles et sénatoriales.

    Sans étiquette RN

    Elle a par ailleurs débuté son activisme en tant que présidente de la section du Renouveau étudiant à Bordeaux, une organisation étudiante nationaliste et identitaire proche du Front National de la Jeunesse et du Groupe union défense (GUD) dissout en 2024 en raison de ses multiples exactions racistes et violentes. Elle rejoint le FN en 1997, avec lequel elle échoue, en 1998, aux élections cantonales dans sa ville de Talence. Elle se lie à Bruno Maigret, l’une des plus sulfureuses figures identitaires françaises, qu’elle suit lorsqu’il fonde le Mouvement national républicain en 1999, mais rebrousse chemin quelques mois plus tard. Avant d’être élue députée de la 2e circonscription du Var en 2022, Laure Lavalette a été conseillère municipale d’opposition RN à Toulon de 2014 à 2022.

    Si sa candidature ne surprend effectivement personne, l’absence d’étiquette RN un peu plus, eu égard à son statut de figure montante du parti, dont elle a été l’une des portes-paroles lors des élections présidentielles 2022. « Je suis un peu une étiquette à moi toute seule », s’est-elle targué sur les ondes d’Ici Provence. « Les gens m’arrêtaient dans la rue en me disant ‘’On n’est pas RN, mais on a envie de voter pour vous’’. C’est aussi ce qui a motivé cette candidature. »

    Dans cette optique, son entourage explique que sur 59 colistiers, 30 ne sont pas encartés au RN, parmi lesquels d’anciens colistiers d’Hubert Falco, dont Frédéric Seillier, tel que l’a annoncé l’intéressé sur sa page Facebook. Une position qui s’inscrit dans l’entreprise de dédiabolisation de l’idéologie d’extrême droite, en se détachant, en façade, de la mère nourricière lepeniste. Et surtout, de l’ombre de Jean-Marie Le Chevalier, maire FN de Toulon (première ville de plus de 100 000 habitants à tomber entre les mains du parti) de 1995 à 2001, dont le mandat a profondément et négativement marqué la ville et ses citoyens.

  • Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Gard : tourner la page des barons, unir les forces face à l’extrême droite

    Vingt-cinq ans de Fournier à Nîmes, trente et un ans de Roustan à Alès : en 2026, deux villes clefs du Gard tournent la page de mairies verrouillées à droite. À Nîmes, Jean-Paul Fournier (LR) se retire après quatre mandats. La droite laisse un paysage en friche, fracturé entre les ambitions concurrentes de Julien Plantier, ancien premier adjoint, et de Franck Proust, patron de Nîmes Métropole, adoubé par LR, l’UDI… et plus récemment Horizons. À côté, Renaissance tente d’exister, au prix de combinaisons illisibles pour beaucoup de Nîmois. Quant au RN en embuscade, il laisse planer la rumeur Julien Sanchez.

    En face, la gauche a tiré les leçons de 2020. Avec Nîmes en Commun, Vincent Bouget (PCF) conduit une union large – PS, EELV, PP – nourrie par une démarche participative au long cours : des réunions de quartiers et un questionnaire où plus de 3 000 habitants ont pris la parole. Dans une ville où la droite a confisqué les décisions pendant un quart de siècle, le message est clair : redonner la ville à celles et ceux qui l’habitent.

    À Alès aussi, c’est la fin d’une époque. Max Roustan, figure de la droite locale depuis les années 1990, a passé la main à son fidèle compagnon de route, Christophe Rivenq. Une continuité revendiquée, au moment même où l’extrême droite engrange des victoires dans les circonscriptions alentour. Le RN rêve de transformer l’ancienne « capitale des Cévennes rouges » en vitrine de sa normalisation. La gauche, elle, tente de reconstituer un front commun pour « reprendre la maison » via le mouvement du Printemps alésien et son chef de file Paul Planque (PCF).

    Mais l’enjeu dépasse les seules préfecture et sous-préfecture. Dans les villages viticoles et les petites villes, le RN lorgne sur les mairies (Bagnols-sur-Cèze, Pont-Saint-Esprit, Vauvert…). Là où les services publics se retirent, où les loyers flambent et où les fins de mois se tendent, c’est aussi le terrain de jeu des discours de haine et des clientélismes opaques. En 2026, le Gard joue donc gros. Soit les forces de gauche et du mouvement social parviennent à transformer les colères en projets, les citoyens en contre-pouvoirs locaux. Soit l’extrême droite continue d’essaimer, de Beaucaire à Vauvert, d’Alès aux hameaux des Cévennes, profitant des divisions et des rancœurs personnelles.

  • La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    La majorité fait adopter un budget très controversé à Aubagne

    « La Chambre régionale des comptes a confirmé que notre collectivité est exemplaire. Nos choix de gestion ont été reconnus. Il aura fallu deux mandatures pour relever Aubagne. Nous l’avons faite entrer dans le XXIe siècle. Les Aubagnais sont fiers de leur ville », se félicite l’adjointe aux finance,s Danielle Menet jeudi soir, salle du Bras d’Or.

    Elle vient de détailler le budget primitif 2026. Fixé à plus de 112 millions d’euros, il se compose de plus de 86 millions en fonctionnement (dont les dépenses de personnel, avec 47 M, représentent 61%) et plus de 26 M d’investissement. Ce budget, indique-t-elle, s’appuie « sur la stabilité des taux d’imposition, inchangés pour la 12e année consécutive », « et un niveau d’investissement élevé ». L’adjointe précise « qu’une part importante » de ce dernier – soit plus de 7 millions d’euros – seront consacrés au pôle éducatif des Passons. Sa construction, qui a débuté fin 2024, doit être achevée à la fin de l’été 2026, pour une ouverture prévue pour la rentrée scolaire, en septembre. « La création de la nouvelle voie desservant le parvis de l’équipement sera programmée au printemps 2026 », a-t-elle déclaré. Dans les écoles, la Ville programme, pour l’an prochain, l’installation de brasseurs d’air ou climatiseurs. Engagée depuis 2016 dans la rénovation énergétique de son réseau d’éclairage public afin d’économiser 75% de consommation annuelle, la Ville traitera « 8 000 nouveaux points lumineux en 2026 ».

    18 millions à rembourser

    Danielle Menet a assuré tenir bien serrés les cordons de la bourse, avec « la maîtrise des dépenses de fonctionnement », et « la poursuite de la trajectoire de désendettement engagée en 2024 », même si l’annuité (capital et intérêts) de la dette s’élèvera à 18 M en 2026. « Il ne s’agit pas d’une dette, mais d’un surendettement », a rugi Joëlle Mélin (RN). « Nous découvrirons les chiffres quand nous serons à la mairie le 22 mars », a-t-elle rêvé tout haut…

    Juste avant, après avoir estimé ce budget « fictionnel, car la Ville ne connaît pas l’impact réel du budget de l’État sur les collectivités locales », Jean-Pierre Squillari, conseiller municipal (RGE) et tête de liste de Aubagne en commun a lancé : « le 29 mars prochain, quel que soit le verdict des urnes, le travail sera à reprendre de fond en comble ». Ce à quoi a réagi le maire (LR) Gérard Gazay : « Il va y avoir embouteillage, le 22 mars… » En ce dernier conseil municipal de la mandature, chacun était bien déjà en campagne. Jean-Pierre Squillari a profité de son intervention sur le budget pour évoquer largement son programme. Candidat à sa réélection, Gérard Gazay a rétorqué : « C’est facile de dénigrer comme vous le faites. Vous ne rentrez pas dans le budget, cela montre votre incompétence. Vous faites de la mauvaise littérature. Les Aubagnais sauront apprécier le travail qui a été fait. »

  • Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Municipales : les écolos de Vitrolles en soutien de Loïc Gachon

    Le maire de Vitrolles Loïc Gachon (PS) a le soutien des Écologistes. Réunis en assemblée générale stratégique, les adhérents ont acté leur appui à la future candidature de l’édile.

    « Aujourd’hui, on ne peut que saluer toutes les positions prises par la Ville sur les sujets écologiques », affirme Frédéric Izacard, représentant du groupe local de Vitrolles, Rognac et Cabriès depuis 2024. Parmi les projets plébiscités : la communauté d’énergie citoyenne, qui permet aux particuliers de s’associer à la municipalité pour produire et consommer une électricité locale, d’origine renouvelable, en installant des panneaux solaires sur les bâtiments, le renouvellement du chauffage du centre urbain par des systèmes décarbonés ou encore le plan d’alimentation territorial. « Ce ne sont pas des positions programmatiques, ce sont des choses qui sont lancées, qui sont déjà en cours », constate Frédéric Izacard.

    Rassembler la gauche

    Avec ce soutien, le groupe local s’inscrit dans la ligne nationale des Écologistes. « On est souverain, on n’a pas de consigne mais les grandes orientations privilégient les rassemblements de gauche, ce qui explique le choix fait sur Vitrolles », explique le représentant.

    Loïc Gachon affrontera Damien Bravi, directeur de cabinet du maire de Rognac Christophe Gonzalez, investi par le Rassemblement national. Le groupe local des Écologistes dit ne pas avoir de « peur particulière par rapport à cette candidature-là », bien qu’elle soit « agressive et professionnelle », le délégué général du label d’extrême droite « La Provence qu’on aime » étant expérimenté. « La menace du RN est un sujet d’actualité puisqu’on a une dynamique assez forte au niveau national, on la suit avec beaucoup d’attention, mais Vitrolles fait partie des villes qui ont connu l’extrême droite et, aujourd’hui, la politique locale contribue à éviter ce risque, analyse Frédéric Izacard. Le travail de fond est fait. »

  • À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    À Béziers, la gauche veut tourner la page Ménard

    Tourner la page Robert Ménard. À Béziers, à trois mois des élections municipales, beaucoup espèrent ravir le fauteuil de maire à l’édile d’extrême droite après deux mandats ayant fait des dégâts dans la cité de Paul-Riquet. À gauche d’abord. Le Printemps de Béziers, liste composée de neuf partis et menée par l’écologiste Thierry Antoine, fait valoir son rôle de rassembleur. « Nous avons fait le choix de mettre en avant notre diversité, de travailler non pas uniquement autour d’une seule tête de liste mais d’un quatuor [T. Antoine, Évelyne Coulouma de Place publique, Marie Laloma du PS et Nicolas Cossange pour le PCF, Ndlr] pour montrer qu’au-delà de la gestion, c’est aussi une logique que l’on veut différente. Il n’y a pas une mairie qui tourne autour des desiderata d’un seul homme mais d’une équipe dans sa diversité », soutient Nicolas Cossange.

    Cavalier seul côté mélenchonistes

    Et ainsi prioriser « l’emploi, les transports, l’éducation, ces questions font partie de ce que l’on veut démontrer, qu’une autre gestion est possible que celle à l’œuvre depuis 30 ans [et le premier mandat de Courderc, Ndlr] inefficace et responsable de l’état actuel de Béziers et de son statut d’une des villes les plus pauvres de France ».

    Mais le Printemps devra faire sans LFI qui a décidé de faire cavalier seul pour le scrutin. Les Insoumis ont désigné deux têtes de liste, David Ocard, professeur et Wissal El Jarrari, assistante parlementaire de la députée Sylvie Ferrer. Le duo veut incarner une « gauche de rupture » face à Ménard avec un projet s’articulant autour de la justice sociale, la transition écologique, la démocratie locale et la lutte contre les discriminations.

    Ce ne sont pas les deux seules listes à vouloir tirer leur épingle du jeu. Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité -mais pas encore soutenu par la présidente PS Carole Delga- était entré dans l’arène en proposant de remunicipaliser les Halles, privatisées par Ménard. Mais pas que. « À Béziers, les écoles sont extrêmement différenciées, l’indice de position sociale est très faible. Nous voulons remettre des moyens pour les écoles publiques à travers deux packs : un pack scolaire où nous financerons les fournitures et une réussite avec des heures de soutien gratuites. La réussite éducative repasse par le travail », soutient le directeur de la CAF de l’Hérault, qui présentera son programme en 2026, issu « d’un travail de 12 commissions avec les acteurs locaux et de 3 500 formulaires de Biterrois ». Face à une droite déchirée et une extrême droite divisée (le RN aura sa propre liste), la gauche a une carte à jouer.

  • Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Face à la menace RN, un appel à l’union de la gauche et des démocrates à Bagnols-sur-Cèze

    Elle a beau s’être désintéressée* du sort de ses habitants durant tout le mandat qui s’achève, Pascale Bordes fait figure d’épouvantail à Bagnols-sur-Cèze. En 2022, cette avocate d’extrême droite faisait main basse sur la 3e circonscription du Gard. Aux législatives de l’an passé, elle y était encore mieux réélue raflant plus d’un millier de voix supplémentaires. Et voilà que le RN vient de l’investir candidate aux municipales (15-22 mars 2026).

    « Il ne s’agit pas d’agiter une peur, le RN peut gagner la ville », alerte Elian Cellier, le secrétaire de la cellule PCF locale qui (re)lance un grand appel pour « l’union de gauche et de tous les démocrates ». Sans liste de rassemblement, « les candidatures de gauche seraient mort- nées », redoute le socialiste Vincent Poutier qui relaie l’appel de son homologue communiste. Alors que « quand on est unis, on score ! Le NFP l’a prouvé. »

    PCF et PS sur la même longueur d’onde ? Pas si simple. Le travail partenarial n’ayant pas abouti, les socialistes ont désigné leur chef de file (Sylvain Hille) et semblent pencher vers Michel Cegielski, un ancien adjoint du maire macroniste Jean-Yves Chapelet. La position définitive du PS sera donnée en janvier mais V. Poutier concède une « proximité » avec Cegielski. Les communistes, eux, devraient soutenir Philippe Broche. Petit chef d’entreprise dans l’imprimerie, il est connu pour avoir fait ses preuves à la CCI. « On a déjà travaillé avec lui à la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône », insiste Elian Cellier comme gage de confiance. Enfin, sous la bannière « Unitaires 30 », l’élu d’opposition Jérôme Jackel, pro François Ruffin, veut repartir avec une « liste citoyenne ».

    Une ville de 18 000 habitants

    Si l’on ajoute que le maire Jean-Yves Chapelet, bien que décrit par ses opposants comme « affaibli », devrait briguer un nouveau mandat, cela fait beaucoup. Probablement trop dans une ville de 18 000 habitants qui va mal. Après avoir connu son âge d’or grâce à la centrale de Marcoule, Bagnols est une commune « paupérisée, gangrenée par le narcotrafic et le communautarisme », déplore Elian Cellier. Avec l’affaire de l’imam Mahjoubi expulsé ou de la pharmacienne assassinée, le RN pourrait y faire son terreau. D’où l’urgence pour les forces progressistes de prendre leurs responsabilités.

    * En 6 ans, l’élue d’opposition n’a jamais mis un pied au conseil municipal de Bagnols.

  • L’espoir d’une gauche soudée demeure à Alès

    L’espoir d’une gauche soudée demeure à Alès

    Depuis la dissolution de « Maison commune » fin septembre, on pensait les trois gauches alésiennes irréconciliables. En mars, le Printemps alésien de Paul Planque (PCF) avait déjà perdu ses alliés Insoumis, socialistes et écologistes. Et voilà qu’à la fin de l’été LFI divorçait elle aussi du PS et des Verts. Alors, game over ?

    Non, car la perspective de trois listes de gauche ne convient à personne. Si bien que chacun espère et appelle toujours à l’union. Le 28 novembre, les insoumis se sont prononcés majoritairement pour cette option. Les 6 et 13 décembre, deux réunions viennent d’être calées avec le Printemps alésien de Paul Panque (PCF) pour « dépasser les blocages », indique Armand Crépin. Si l’Insoumis avait quitté le Printemps alésien car, dit-il, « tout était verrouillé », il ne « désespère pas de mettre les ego de côté ». « On est d’accord sur le programme à quelques nuances près mais rien d’insurmontable », glisse-t-il à l’attention des socialistes avec qui il s’est brouillé au sujet du chef de file mais auprès de qui il veut encore bien discuter. « Avec le départ d’un baron (Max Roustan) après 30 ans de règne, on a une fenêtre, ce serait dommage de ne pas s’entendre ».

    Les raisons de se retrouver ne manquent pas. Le programme fait quasi l’unanimité, le volonté d’écarter le risque RN (Pierre Meurin) est forte et la moindre notoriété du maire LR Christophe Rivenq ouvre une brèche inédite.

    C’est aussi l’avis de Paul Planque. Fort de son expérience de 2020, désigné par 112 militants, il s’estime « légitime » pour conduire une liste d’union de la gauche. « On prend le chemin du rassemblement avec LFI. J’ai proposé un vote mais les socialistes refusent. Je vais les relancer, j’espère qu’au final ils seront avec nous ».

    Mais aujourd’hui, le jeune Basile Imbert (PS), qui voudrait incarner le changement, estime qu’il existe un « désir de renouveau à Alès ». « La désunion me chagrine mais j’en prendrais acte. Si nous échouons, le 1er tour sera la primaire de la gauche ». À condition de dépasser les 10%… « L’union ne sera pas suffisante pour gagner. On devra récupérer une partie de l’électorat roustanien. La gauche ne doit pas se parler qu’en vase clos ».

    Certes, mais elle doit d’abord faire bloc. Le déclic viendra-t-il de plus haut ? « Cette situation commence à interroger à Paris. Nos États majors pourraient nous obliger à nous entendre », confie Basile Imbert, misant sur la carte de l’équilibre PCF/PS entre Nîmes et Alès. Pas du goût de Paul Planque. « Pourquoi cet équilibre ne vaudrait-il que pour le Gard ? ».