Au lycée professionnel du Parc Saint-Jean, vendredi matin, de nombreuses pancartes garnissent le portail. Mais ils sont peu nombreux – une dizaine – à les porter, malgré les appels lancés à leurs camarades depuis le début du mouvement. « On essaie de rassembler, mais c’est compliqué », déplore Elizéa, une des meneuses. Pourtant, « tout le monde pense la même chose », assure-t-elle. À savoir que « l’on étudie dans des conditions déplorables », se désole Lilou, l’organisatrice, qui dresse la liste des désagréments matériels : « On a des fuites d’eau. Le plafond tombe quand il pleut, c’est arrivé pendant le bac l’année dernière. Les toilettes dégagent une odeur immonde, on n’a pas de papier, pas de savon, pas de lumière, de la moisissure au plafond. En été il fait vraiment chaud, on a des clims mais elles ne marchent pas ». Des difficultés organisationnelles apparaissent aussi : « L’application pour réserver la cantine ne marche pas non plus, du coup c’est premier arrivé premier servi. Notre professeur d’enseignement professionnel, la plus importante pour le bac, n’est pas là pendant un mois et pas remplacée. Des profs d’espagnol sont aussi absents ».
des parents, de la police »
Profitant de la récréation pour essayer de capter d’autres élèves, les jeunes tentent de bloquer, sans violence, l’entrée de l’établissement. Mais malgré quelques fumigènes craqués pour réchauffer l’ambiance, leurs efforts sont vains. « Ce n’est pas un vrai blocus, il ne se passe rien », entend-on çà et là. « Le problème est qu’on fait ça calmement, alors que certains attendent que ça prenne feu, comme ça a été le cas jeudi dernier », pointe Elizéa. Selon elle, beaucoup ont « peur des professeurs ou des parents », mais aussi « de la police. Un élève du lycée a été étranglé, on voit les nombreux jeunes qui subissent des violences ».
Lilou pointe par ailleurs le fait que, contrairement à d’autres lycées où le dialogue est instauré avec la direction, il n’en est rien au Parc Saint-Jean : « Je vais demander un rendez-vous au proviseur, mais on se sent davantage dans la confrontation ». Il leur est également difficile de trouver des soutiens au sein du corps enseignant. « Je les comprends, je suis au lycée depuis plus de 30 ans et il n’y a jamais eu de travaux, mais beaucoup de problèmes ne me concernent pas directement », résume succinctement l’un d’entre eux. « Il y a des professeurs syndiqués, mais comme dans de nombreux lycées professionnels, c’est calme en salle des profs », regrette un cadre syndical varois. Pour autant, Lilou, Elizéa et les autres élèves mobilisés seront présents mardi aux côtés des autres lycéens toulonnais à l’appel de l’intersyndicale. « S’il faut continuer après, je continuerai, mais je veux qu’il y ait du monde avec moi », espère cette dernière, sans quoi « ça n’avancera pas ».









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