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  • [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    [Patrimoine] L’Hôtel de Pesciolini et ses atlantes baroques

    L’hôtel de Pesciolini est classé au titre des monuments historiques depuis l’an dernier en tant que « rare témoignage de l’urbanisme, de l’architecture et de la sculpture baroques à Marseille, placé dans la scénographie urbaine exceptionnelle du Cours Belsunce issue de l’agrandissement urbain du dernier tiers du XVIIe siècle ». Sa porte a d’abord été inscrite au titre des monuments historiques en 1929. L’immeuble a subi il y a deux ans un incendie qui a heureusement vite été circonscrit.

    L’historien Georges Reynaud a retracé l’identité de cette demeure de la noblesse marchande qu’il qualifie de « pièce maîtresse du baroque marseillais ». En avril 1672, Amant de Venerosi-Pesciolini, issu d’une lignée de banquiers et de négociants toscans ayant fait souche à Marseille, achète à son beau-père un terrain à bâtir d’environ 180m2 près du couvent des Récollets qui alors fait face au cours à l’angle de la rue de Dauphine, actuel rue National. Ce beau-père, c’est Barthélemy Cousinéry, un conseiller du commerce élu second échevin de Marseille en 1668.

    Amant engage les entrepreneurs César Portal et Alexandre Casteau pour construire son hôtel particulier avec des boutiques au rez-de-chaussée au prix convenu de 10 200 livres. La pierre vient des carrières de la Couronne. Initialement, il demande aux bâtisseurs de prendre exemple sur les atlantes sculptés par Pierre Puget pour l’hôtel de ville de Toulon en 1657. En cours de projet, le commanditaire se ravise et veut des atlantes semblables au luxueux hôtel d’Espagnet bâti en 1651 au 38, cours Mirabeau à Aix-en-Provence. Les atlantes de l’hôtel de Pesciolini avaient leur pendant de l’autre côté de la rue d’Aix avec deux cariatides portant le balcon d’un hôtel disparu. Leur symétrie composait un fond de scène à l’extrémité montante de ce cours royal.

    On ne sait pas si Pesciolini y a vécu. Jean-Paul de Foresta, juge de paix, louait la demeure en 1692. L’hôtel est vendu en 1708 à Joseph Villet, un courtier royal qui le revend en 1714 à Gantel-Guitton, futur seigneur de Mazargues. Durant la Révolution, son fils qui fut maire de Marseille de 1779 à 1782, s’enfuit à Lyon après l’incendie de son château de Mazargues. L’hôtel particulier est alors vendu en 1794 aux enchères à Barthélémy Girard, un ancien charcutier, puis en 1806 à Jean-Sylvestre Reynard, raffineur de sucres et négociant en denrées coloniales. Endetté jusqu’au cou, il le revend quinze ans plus tard à Jean-Joseph Martin, le savonnier le plus riche de Marseille. L’historien Georges Reynaud identifie trois commerces en 1848 dont des bains publics coté rue d’Aix et un débit de tabac à l’angle. Une salle de billard est sans doute installée selon lui dans l’entresol.

    À présent, son propriétaire, l’important professionnel de l’immobilier Auguste Lafon, a prévu de restaurer l’édifice pour établir un commerce et un restaurant en pied d’immeuble, un local de stockage au premier étage, des bureaux associatifs au second, et des logements du 3e au 5e étage. Une autorisation de travaux a été délivrée par la conservation régionale des monuments historiques. Le permis prévoit de restituer les chapiteaux ioniques. Les pierres de parement et les modénatures seront restaurées en pierre de la Couronne. Les seuils des portes et commerces, et les soubassements, le seront en pierre de Cassis. Un protocole de restauration des sculptures doit être élaboré. Le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine sera associé aux protocoles de nettoyage des parties sculptées. Les menuiseries de fenêtres anciennes XVIIe et XVIIIe en façade et les impostes seront restaurés. Les vantaux de la porte d’entrée seront remplacés sur modèle du XVIIe. Un ferronnier d’art bichonnera le garde-corps de ce somptueux balcon.

  • En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    En Occitanie, la chaleur rebat les cartes du recrutement

    Sur le littoral gardois, les établissements peinent moins à attirer des candidats qu’à répondre à leurs nouvelles attentes. « Depuis le Covid, il y a eu un gros changement sur le monde du travail. Il a fallu que nous, restaurateurs, nous nous réadaptions par rapport aux personnes qui venaient sur le marché du travail », précise Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    La professionnelle souligne néanmoins une amélioration grâce au forum de l’emploi saisonnier organisé par les acteurs économiques des communautés de communes. « Depuis deux ans, on arrive quand même à recruter. Cette année, sur le forum de l’emploi saisonnier, il y a eu plus de 600 offres, avec une cinquantaine de recruteurs. » Mais un obstacle demeure : « La grosse difficulté qu’on a, c’est le logement saisonnier. Recruter des gens, oui, mais il faut les loger. »

    Les fortes chaleurs pèsent aussi sur certains métiers. En cuisine, les conditions de travail deviennent particulièrement éprouvantes en période estivale. « Sur la question de la chaleur, c’est vrai que, on va dire, peut-être le point un peu plus difficile, ça va être sur les postes de cuisine à trouver », observe Nathalie Lallouette, déléguée des restaurants à l’Umih 30.

    Des travailleurs plus exigeants

    Au-delà du logement, les fortes chaleurs pèsent désormais dans les choix des travailleurs. « Personnellement je travaille en cuisine, donc il fait chaud tout le temps, mais c’est vrai que maintenant je suis plus regardant sur le restaurant où je vais aller travailler : un restaurant de plage oui, il y a de la fraîcheur et de l’eau pas loin donc j’irais. Mais travailler dans un mas en pleine canicule, je ne le ferais plus », indique Arthur, cuisinier saisonnier.

    « Moi je suis serveuse et c’est vrai que cette année par exemple je ne ferais que des extras. Je voulais aller travailler en montagne comme pour ma saison d’hiver mais je n’ai pas trouvé de poste et par chance, j’ai suffisamment travaillé cet hiver pour ne pas avoir à travailler 50h par semaine cet été », constate Léonie, jeune serveuse de 27 ans. « Je fais mes saisons en station, ou du moins en montagne, et beaucoup de mes collègues sont restés en montagne pour la saison d’été, je pense qu’ils avaient déjà prévu que ce serait plus agréable de rester dans les Alpes que de venir dans le sud où il fait une chaleur étouffante », poursuit la jeune femme.

    Pour Nathalie Lallouette, ces témoignages illustrent une évolution plus profonde. « Maintenant les gens vont regarder dans quel établissement ils vont travailler et quelle saison ils vont travailler. Ils vont regarder s’il y a une culture d’entreprise, l’image du restaurant, s’il y a une éthique. Les gens sont très regardants sur ça, c’est une chose qu’on n’avait pas avant le Covid », affirme-t-elle.

    Pour de nombreux saisonniers, la rémunération ne suffit plus à faire la différence. Les conditions de travail, l’exposition aux fortes chaleurs, l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle ou encore le cadre de vie deviennent des critères déterminants. La question du logement reste également une pièce déterminante dans le choix de l’entreprise.

    Certains privilégient désormais des postes en altitude ou près du littoral, quand d’autres limitent volontairement leur activité estivale afin d’éviter les périodes les plus éprouvantes. Une évolution qui oblige progressivement les employeurs à repenser l’attractivité de leurs établissements au-delà du seul salaire.

  • La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    La coupe est pleine, la justice ferme la Cabane du pêcheur

    Pour la « Cabane du pêcheur fou chez Za », l’été est fini. Le Conseil d’État a rétabli, mardi dernier, l’arrêté préfectoral du 3 juin 2026 fermant pour deux mois ce restaurant situé au bac du Sauvage, au bord du Petit Rhône, sur la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, en raison de « manquements graves et répétés à la réglementation ». L’établissement avait lancé une pétition en ligne signée par près de 4 700 personnes.

    Cette sanction fait suite à l’accident mortel, le 14 décembre 2025, d’une cliente de 60 ans qui, rappelle le Conseil d’État, avait passé au moins quatre heures dans l’établissement en consommant des boissons alcoolisées et « avait pris la route en état d’ivresse manifeste ». Le Code de la santé publique interdit aux débitants de boissons « de donner à boire à des gens manifestement ivres ou de les recevoir dans leurs établissements ». La licence de la Cabane du pêcheur ne l’autorisait alors pas à servir de l’alcool « autrement qu’à l’occasion des principaux repas et en accessoire à la nourriture ».

    Pour fonder sa sanction, le préfet relevait encore que le 14 mars 2026, neuf conducteurs ayant participé à une importante fête organisée par l’établissement, rassemblant mille personnes, avaient été contrôlés avec des taux d’alcoolémie supérieurs aux limites autorisées, dont trois constitutifs d’un délit. Pour le préfet, ces faits étaient constitutifs « par leur gravité et leur répétition, d’une atteinte à l’ordre public » en relation avec l’établissement.

    Saisi en référé, le juge administratif avait suspendu l’arrêté en juin, estimant que la réitération des faits n’était pas établie, que l’exploitant avait acheté des éthylotests pour l’événement du 14 mars, mis en place des solutions alternatives à la conduite pour repartir, favorisé la désignation de « capitaines de soirée » sobres et fait la promotion publique de ces initiatives.

    Ivresse manifeste

    Le Conseil d’État retient, lui, que la conductrice décédée affichait 1,63 g d’alcool par litre de sang, soit trois fois la limite autorisée pour conduire, que son portable montre plusieurs enregistrements vidéo, dont un dans l’établissement, où elle présente « des signes manifestes d’alcoolisation avancée », qu’un des neuf clients contrôlés positifs au volant par les gendarmes, le 14 mars, avait 2,2 gr d’alcool par litre de sang.

    Le Conseil d’État ajoute que cette consommation excessive d’alcool par des clients est corroborée par un rapport de gendarmerie faisant état d’une nouvelle sortie de route, le 17 mai 2026, d’un véhicule à proximité de l’établissement, avec un conducteur y ayant bu, contrôlé avec 1,03 mg d’alcool par litre d’air expiré, soit 2,06 gr d’alcool par litre de sang. Le Conseil d’État rappelle de surcroît que la Cabane du pêcheur avait fait l’objet d’un avertissement, par arrêté préfectoral en septembre 2024, les gendarmes ayant dû intervenir pour une rixe entre clients en état d’ivresse manifeste.

  • À Marseille, un club frappé de six mois de fermeture par le préfet

    À Marseille, un club frappé de six mois de fermeture par le préfet

    Le juge des référés du tribunal administratif a débouté par deux fois la société exploitante d’un club bar restaurant à l’enseigne « Orma », anciennement « K-Baret », situé 97, promenade Georges-Pompidou, 8e, qui réclamait l’annulation d’un arrêté préfectoral de fermeture.

    La société Orma exploite en location-gérance depuis le 1er janvier 2026 cet établissement situé à deux pas de la statue du David. Le 30 mars, un arrêté préfectoral a ordonné sa fermeture pour six mois à la suite d’une série d’« atteintes à l’ordre public et troubles à la santé publique ».

    L’établissement a fait l’objet d’un premier contrôle le 28 septembre 2025 à 6h du matin au cours duquel ont été constatées de multiples infractions : violation de l’interdiction de fumer, vente de protoxyde d’azote, diffusion de musique sans inscription à la Sacem, non tenue du registre de sécurité. Présents à ce contrôle de police, des agents de l’Urssaf et des Finances publiques ont constaté de leurs côtés des infractions de travail dissimulé.

    Protoxyde d’azote

    et travail dissimulé

    Deux mois plus tard, le 22 novembre 2025, à 8h30, les services de police étaient informés qu’une bagarre opposait des clients aux agents de sécurité de l’établissement. Un individu était blessé à l’œil, deux autres l’étaient par arme blanche. Ils quittaient les lieux par leurs propres moyens. C’est dans ce contexte qu’un nouveau contrôle était déclenché dans la nuit du 23 novembre, débouchant sur le constat de récidive de violation de l’interdiction de fumer, de diffusion de musique sans inscription à la Sacem, de travail dissimulé pour plusieurs employés et de non tenue persistante du registre de sécurité. La police municipale constatait à proximité la présence d’un groupe d’individus s’empoignant et d’un individu tenant un couteau.

    « Au regard du trouble à la tranquillité publique » et afin de « prévenir la continuation ou le retour des désordres liés aux conditions d’exploitation », le préfet a pris un arrêté de fermeture pour six mois qui entraîne l’annulation du permis d’exploitation.

    Saisi en mai par voie de référé, le juge administratif a débouté l’établissement de ses deux requêtes pour défaut d’urgence, estimant notamment qu’il ne démontrait pas le risque de cessation des paiements, ni ne justifiait de « la réalité de la conclusion des contrats de travail signés et complétés par des bulletins de salaire afférents ». Quant aux pièces communiquées, elles « ne permettent pas d’apprécier l’état de la situation financière globale de la société ».

  • Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Le Refugee Food Festival fait son retour pour des recettes du monde

    Un événement placé sous le signe du partage. Dans une centaine de restaurants, du bistrot à l’étoilé, mais aussi dans les cantines solidaires, restaurateurs, artisans de la région et cuisiniers réfugiés se réuniront afin de concocter des plats du monde entier, du 20 au 27 juin à Marseille. Au menu : banquet afghano-provençal, cuisines marocaines, palestiniennes ou encore ukrainiennes. « À travers ces rencontres nous voulons défendre l’idée que l’exclusion, la défiance et la peur s’effacent lorsque l’on apprend à se connaître », témoignent les organisateurs du Festival.

    C’est dans le cadre de la Journée mondiale des réfugié.es que s’organise chaque année autour du 20 juin, le Festival. « Nous voulons parler de chacun des individus qui sont appelés “réfugiés”. De chacune de ces personnes qui font preuve d’une résilience et d’un courage exceptionnels pour tout réapprendre », expliquent-ils.

    « La cuisine porte

    la mémoire »

    Manon Fleury, cheffe étoilée, parraine cette édition aux côtés d’Aïssa Maïga, réalisatrice, autrice et productrice française d’origine sénégalaise et malienne. « La cuisine fait partie de ces espaces très puissants où tout devient concret. Elle porte la mémoire, l’exil parfois, mais aussi la transmission, la joie. Elle permet de recréer du lien, même loin de chez soi », souligne-t-elle. « C’est ça la France, dans ce qu’elle a de plus beau : un lieu où les cultures se croisent, se transforment et inventent ensemble. »

    Programmation à retrouver sur festival.refuge-food.org/marseille

  • À Marseille, Albert Corrieri saisit la Cour européenne

    À Marseille, Albert Corrieri saisit la Cour européenne

    Débouté par la juridiction administrative qui a considéré qu’une loi de 1951 avait déjà statué sur les « personnes contraintes au travail en pays ennemi », le Marseillais Albert Corrieri, 104 ans, un des derniers survivants des 800 000 déportés du Service du travail obligatoire (STO) instauré par le régime collaborationniste de Vichy, a saisi, vendredi, la Cour européenne des Droits de l’homme pour être indemnisé.

    « Ce combat est pour la mémoire, l’Histoire et l’honneur. Le STO a été le plus grand déplacement de travailleurs forcés de la Seconde Guerre mondiale. Il est temps que l’Europe des droits de l’homme l’admette et en tire les conséquences », déclare son avocat, Me Serge Pautot, qui a posté vendredi la saisine officielle dans laquelle il demande à l’État français 43 200 euros au titre des heures de travail forcé accompli par Albert Corrieri, au camp 6, baraque 2 023 à Ludwigshafen, en Allemagne, du 13 mars 1943 jusqu’au 15 avril 1945, jour de sa libération.

    L’avocat se fonde sur l’article 3 de la Convention européenne des Droits de l’homme qui énonce que « nul ne peut être soumis à des peines ou traitements inhumains ou dégradants » et sur l’article 4 qui pose que « nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude, nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire ».

    « J’attends ce moment depuis des décennies. En vérité, j’ai été réduit à l’état d’esclave contraint d’effectuer les travaux les plus pénibles sous la menace des armes », a dit ce lundi Albert Corrieri, un centenaire qui frappe par la ténacité et la résilience qu’il a chevillées au corps. « Par miracle, j’ai survécu à ce traitement inhumain qui constitue un crime contre l’humanité, puisque je l’ai subi en groupe et parce que c’est l’État français qui l’a provoqué et qu’il n’est pas prescrit. »

    « Que la Cour européenne valide sa dignité »

    « Albert mène ce combat pour l’Histoire et la mémoire. Albert n’attend pas seulement une réparation financière, il attend que la Cour européenne valide sa dignité avant qu’il ne soit trop tard, soulignait lundi son avocat. L’État français aurait dû créer un Fonds d’indemnisation pour les rescapés comme Albert qui se comptent sur les doigts d’une main ! La Cour est donc notre ultime espoir. »

    Albert Corrieri avait 21 ans, quand il a été raflé le 13 mars 1943. De garçon de cuisine au restaurant La Daurade, rue Fortia, il se retrouve dans le complexe chimique d’IG Farben. « J’ai vu de mes yeux des gars brûler vivants, touchés par des crayons au phosphore. Ce sont des images qui m’ont hanté », avait relaté cet invisible, dont La Marseillaise a été le premier média à relater sa vie et son combat (La Marseillaise, 3 août 2019, « Travail forcé : à 97 ans, Albert ne lâche pas l’affaire »). 95 de ses camarades seront tués dans le long bombardement du 6 septembre 1943. « J’ai un ange gardien qui m’a sauvé plusieurs fois », dit celui qui rappelle que 60 000 des 800 000 travailleurs forcés du STO sont morts en Allemagne. Ni le président de la République, ni le Chancelier fédéral d’Allemagne, n’ont répondu à ses requêtes.

  • Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Camping, base nautique et restaurant labellisés

    Le label Destination d’Excellence est une reconnaissance officielle créée en 2024 pour remplacer la marque Qualité Tourisme et pour valoriser les professionnels du tourisme engagés dans une démarche de qualité et de développement durable.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, trois entreprises ont été labellisées ; les premières de la Région Sud-Paca. Elles ont bénéficié du dispositif de transition spécialement conçue pour les entreprises labellisées Qualité Tourisme qui souhaitaient se diriger vers le nouveau label Destination d’Excellence en étant auditées sur le pilier Ecoresponsable. Il s’agit de la Perle du Verdon à Esparron-de-Verdon, dirigée par Rémy Reffet spécialisée dans la location de bateaux électriques, de pédalos et de canoës sur le lac d’Esparron. Une entreprise familiale depuis 1998, qui gère la base nautique. Deuxième entreprise labellisée, le camping le Rioclar à Méolans-Revel. Un 4 étoiles avec piscine chauffée, restaurant et épicerie, dirigé par Benoit Clayette. Bordé par la rivière Ubaye, ce camping dispose d’emplacements nus et de locatifs diversifiés (chalets, mobil-homes, tentes lodges, tentes perchées) situés au cœur d’un parc naturel de 8 hectares avec un accès direct à la rivière pour les sports d’eau vive.

    Le Cheval Blanc, restaurant historique

    Le doyen des primés est le Cheval Blanc à Barcelonnette. Cet hôtel familial depuis 1911 est géré depuis quatre générations et situé au cœur de la cité alpine. Dirigé par Christophe Barneaud, le restaurant propose une cuisine du terroir, fait maison à base de produits frais de saison. Labellisé Qualité Tourisme depuis près de 10 ans, l’hôtel a reçu le nouvel label Destination d’Excellence . Les remises officielles des plaques ont été faites par des représentants de la chambre de commerce et d’industrie des Alpes-de-Haute-Provence, du Crédit agricole, et des mairies concernées.

  • [Recette] Les raviolis chinois et dentelle fine croustillante

    [Recette] Les raviolis chinois et dentelle fine croustillante

    Il vous faudra :

    – De l’eau, de la farine et du sel pour la pâte à raviolis

    – Des filets de poulet, un poireau, de l’ail des ours et un ou deux œufs pour la farce

    – De l’huile neutre pour la cuisson

    Un pliage harmonieux

    Commencez d’abord par réaliser la pâte à raviolis. Pour cela, faites bouillir de l’eau et mélangez la farine et le sel jusqu’à obtention d’une pâte lisse et homogène. Déposez dans du papier sulfurisé et laissez reposer une trentaine de minutes. Formez ensuite de petites boules de taille similaire et enfarinez-les pour éviter que la pâte ne colle aux doigts, notamment.

    Une fois vos boulettes prêtes, étalez-les en formant un cercle dont le diamètre est à peu près équivalent à la taille de la paume de votre main. Attention, la surface doit être bien plane et fine, mais pas trop pour éviter qu’elle ne se troue. Enfarinez de nouveau les deux côtés. Réservez.

    Pour la farce, libre à vous de mettre les ingrédients qui vous font plaisir, mais en général, celle-ci est composée de viande, de légumes et de sauce soja, par exemple. Pour la recette du restaurant Le Mandarin, la farce réalisée est à base de poulet, d’ail des ours, de poireau, d’œufs et de sel. Passez le tout au hachoir pour avoir une jolie farce fine, moelleuse et qui se tient.

    Des raviolis savoureux

    Déposez environ une petite cuillère à café de farce au centre du ravioli et pliez-le en deux pour former une demi-lune. Pour bien fermer le ravioli et éviter qu’il ne s’ouvre, il est important de serrer les bords avec le pouce et l’index en exerçant une pression et un léger pliage. Autre astuce qui semble évidente, mais qui a son importance : ne pas mettre trop de farce à l’intérieur !

    Enfin, pour la cuisson, c’est à vous de choisir ce que vous préférez. Vous pourrez les faire cuire dans de l’eau portée à ébullition : lorsqu’ils sont prêts, les raviolis remonteront à la surface. Sinon, un peu d’huile dans une poêle, déposez les raviolis en étoile, ajoutez un demi-verre d’eau et de farine mélangés. Couvrez, laissez cuire 7 minutes puis déposez l’assiette sur la poêle et retournez façon tatin. Bon appétit !

    PORTRAIT

    Le Mandarin, une institution en Provence

    Il est le plus ancien restaurant asiatique de Provence. Le Mandarin a ouvert ses portes pour la première fois en 1948 et, depuis, la tradition et l’établissement perdurent. Les propriétaires actuels y ont posé leurs valises il y a plus de 20 ans pour partager une cuisine fraîche, savoureuse et authentique.

    A.Lh.

    5, cours Jean-Ballard (1er étage) 13001 Marseille

  • Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    Après 46 ans à régaler les papilles sur le port, Loury bouillabaisse le rideau

    « Les petits restaurants comme le mien, avec un patron et deux ouvriers qui font des spécialités du terroir, sont amenés à disparaître », observe Bernard Loury, en ce samedi 30 mai, pendant qu’un flot de passants, victimes consentantes des attrape-touristes et enseignes de restauration guindées, inonde le Vieux-Port. Prenant quelques minutes à l’heure du café en cette dernière et ultime journée de service, ses souvenirs jaillissent, goûteux et raffinés comme la bouillabaisse qui participe à sa renommée depuis 1980, lorsque ce Bourguignon a établi son restaurant Chez Loury au 3, rue Fortia, avec sa femme Ghislaine. « J’aurais aimé passer la main, mais ce n’était pas possible », confie-t-il, les mains posées sur une nappe en tissu blanc, non loin d’un tableau figurant un matelot étreignant sa belle à l’heure du départ. Ce cuisinier aussi chevronné que sa si reconnaissable moustache avait démarré il y a 46 ans « avec une carte de spécialités de Bourgogne. Mais ça n’a pas marché. J’ai changé au bout de deux mois car j’ai compris qu’il fallait que je me mette dans le moule du quartier, en faisant du poisson et des coquillages ».

    « Ici, on aime les gens »

    Mais au-delà des rascasses et autre faune méditerranéenne dont il s’approvisionne chaque matin auprès des pêcheurs du Vieux-Port, la terre s’ancre aussi dans sa carte avec daube provençale et pieds paquets que l’acteur Philippe Noiret aimait venir déguster, se remémore-t-il entre autres. « Je ne le connaissais même pas et un jour, alors que je revenais du marché aux poissons, Loury m’a demandé si je savais les mettre en filet. Il m’a appris à le faire dans la cuisine du restau. Je suis triste qu’il parte », témoigne Laure, jeune habitante du quartier. « Tellement tu es connu ici, il y a des cartes postales avec toi dessus », s’adresse-t-elle en direction du restaurateur, tout en pointant l’objet qui orne des murs tapissés d’œuvres et souvenirs d’épopées culinaires de Loury.

    « Ici, on aime les gens. Quand on leur fait du bien, ils vous le rendent », dit, ému mais serein et le sentiment du devoir accompli, cet homme « issu d’une famille communiste. Ma grand-mère, Eugénie Loury, a été l’une des premières femmes à se présenter sur une liste communiste en 1946. Et mon frère est élu en Bourgogne », précise Loury, compagnon de route du journal La Marseillaise dont les lecteurs ont vu pendant des décennies les encarts et articles imprimés sur ses pages. De beaux souvenirs qui ne le rendent pas pour autant nostalgique. « ça tourne, la vie avance. Je m’aperçois juste que j’ai pris un coup de vieux », plaisante-t-il, entre une photo prise avec groupe achevant son déjeuner et l’étreinte de son petit filleul.

    « Ce que je retiens de lui, c’est la rigueur. Il m’a transformée », se souvient Dania, apprentie serveuse il y a 20 ans chez Loury.

    Rigueur et humanité

    « Moi qui venait de Frais-Vallon, travailler chez lui m’a fait rencontrer un autre monde. ça m’a donné confiance en moi. Et ensuite, il ne m’a pas lâchée, s’est même porté garant pour que je loue mon appartement », rappelle-t-elle sur le toit-terrasse du Rowing club, au Pharo, où Bernard Loury a organisé dimanche un apéro d’au revoir avec ses proches et une cinquantaine d’anciens collègues de travail qui se retrouvent chaleureusement après tant d’années. « C’est le seul restaurateur qui a bien voulu m’employer. À l’époque, on n’embauchait pas les femmes dans ce secteur. Il est rigoureux dans le travail mais toujours très humain », fait part Carine, première apprentie femme en cuisine chez Loury. « Moi qui partais de zéro, il m’a tout appris : la découpe du poisson, le respect du client. Il m’a donné un espoir et m’a fait renaître », va même jusqu’à dire son ultime serveur, Ayoub, qu’il convie à chaque mois de novembre pour la récolte des olives. « Chaque fois que je remonte un Saint-pierre ou un chapon, je pense à toi », lui promet Achraf, l’un de ses fournisseurs. Autant de membres de la grande famille enfantée depuis 46 ans par Loury qui regrettent tous « la fin d’une époque », mais comptent bien continuer à cultiver les liens qui les unissent à leur chef.

  • Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    Le futur hôtel sur la corniche d’une toque a fait table rase

    À Marseille, enfreindre les règles d’urbanisme est un sport. À quelques dizaines de mètres du rooftop illégal d’un bar, un chantier est à l’arrêt depuis l’intervention du service de l’urbanisme de la ville de Marseille alertés par des habitants que des travaux avaient entièrement rasés l’ancien cabinet dentaire au 247, Corniche Kennedy, (8e), qui devait être conservé.

    Affiché sur la grille, le permis de construire délivré en accord tacite fin juillet 2025 et que nous avons pu consulter, ne prévoyait à l’origine aucune démolition, même partielle. L’opération était présentée sous un angle étonnement peu interventionniste. « Le projet est une demande de changement de destination pour l’aménagement d’un petit hôtel constitué de 12 chambres. Il comprend la surélévation des trois bâtis afin d’harmoniser les hauteurs et les volumétries, le tout articulé autour d’un patio » peuvent lire les passants sur le panneau d’affichage de ce projet hôtelier porté par un chef cuisinier.

    C’est en effet la société de restauration SOCOMREST de Christian Ernst, le chef cuisinier du Rowing Club de Marseille, qui se lance dans l’hôtellerie sur la célèbre corniche marseillaise. Baptisé « Le Kennedy by Mr Ernst », l’établissement « s’adresse à une clientèle simple et esthète qui souhaite découvrir la cité phocéenne, les ruelles du quartier de Malmousque et ses plages attenantes » en leur « offrant une expérience intime et confidentielle » dit la présentation annexée au permis.

    Décidément, les grandes toques sont meilleures à leurs fourneaux que devant des agglos. Son confrère étoilé Gérald Passédat a démontré récemment aussi sa difficile assimilation du code de l’urbanisme. Le tribunal correctionnel l’a reconnu coupable en novembre 2025 d’avoir édifié une villa à Endoume avec un permis périmé et en infraction au PLUi. Un permis pour régularisation lui a été délivré pour se conformer au nouveau PLUI avant le prononcé de la peine que le tribunal a fixé au 4 septembre prochain.

    « Il l’a fait à la marseillaise comme on dit, mais quand on démolit de façon aussi cavalière, on s’arrange au moins pour que ça ne fragilise pas les mitoyens » commente Alain, un riverain qui nous montre les désordres occasionnés sur le bâti voisin. Une partie d’un commerce a été endommagée du fait que les charpentes étaient solidaires du bâti rasé. Interrogée, la ville s’est bornée à nous confirmer pudiquement qu’« une procédure était en cours », sans préciser si un arrêté interruptif de travaux avait été pris, comme ce fut le cas pour le chantier en infraction de l’hôtel cinq étoiles Amédée Armand, au 11, rue Lafon. Il nous a été indiqué qu’il avait été demandé au maître d’ouvrage de mettre urgemment en sécurité l’immeuble mitoyen, ce qui a été fait : un mur a été remonté et la toiture voisine refaite. Depuis le chantier est arrêté.

    La parcelle litigieuse de 244 m2 a été acquise 650 000 euros en 2021. Elle comprenait un bâtiment principal d’un niveau et d’anciens petits bâtiments en retrait organisés en patio et un bâtiment ruiné en pierre conservé. Le dossier d’urbanisme ne comporte aucune photo du bâti démoli, ce qui est une anomalie. Le descriptif rédigé par un cabinet d’architecte présentait l’opération comme un simple « réaménagement (décoration) du bâtiment existant sans toucher aux structures et aux planchers ». Il décrivait « la création de trois ailes attenantes à R+1 d’une surface totale de 140,1 m2 (hors bâtiment existant) entourant un espace à l’air libre de 72 m2 ».

    S’agissant du traitement du bâtiment sur rue, l’Architecte des bâtiments de France avait émis un « avis favorable de principe » sous la réserve de la reprise du porche central et l’ajout d’un balcon ajouré sur le modèle des architectures des années 30. Le permis de construire accordé le 15 octobre 2025 a bénéficié d’une dérogation du préfet sur la non-accessibilité des personnes handicapées, après un refus initial. Contacté, Christian Ernst, n’a pas donné suite à notre demande.