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  • Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Au 51, boulevard Dahdah, dix ans de péril et d’insalubrité

    Le tribunal administratif a débouté un des 23 copropriétaires du 51 boulevard Dahdah (4e), en péril depuis 2019, qui contestait le recouvrement par la ville de Marseille des frais engagés pour reloger l’occupant de son logement.

    Interdit d’accès et muré, l’immeuble aux Chutes-Lavie est un ensemble collectif du XIXe siècle de type « courée ouvrière », organisé en 42 lots de copropriété depuis 1952, et qui a toujours concentré une population précaire exploitée par des investisseurs, dont certains connus pour être des marchands de sommeil. Sur la fin, il était devenu le dernier refuge de migrants. Son évacuation avait mobilisé des collectifs (Les expulsé.es du Bd Dahdah, Collectif du 5 Novembre, Al Manba/Soutien Migrant.e.s 13).

    Deux ans après l’évacuation d’urgence du 14 novembre 2019 de ces gourbis, la Ville a émis, en décembre 2021, contre la plaignante, deux titres pour une somme totale de 18 000 euros, mis en recouvrement par le fisc. La propriétaire objectait qu’elle n’avait pas signé de contrat de bail, mais une « convention d’occupation précaire » pour la mise à disposition gratuite d’une « pièce à vivre et d’une salle de bains avec toilettes » de 21,87 m2. Le tribunal a estimé qu’« une telle convention ne fait pas obstacle à ce que le logement occupé soit considéré comme sa résidence principale ».

    11 mutations immobilières depuis octobre 2021

    Une autre copropriétaire a été déboutée en avril 2025, obligée de rembourser 12 500 euros de nuitées hôtelières. Elle soutenait sans la moindre preuve avoir proposé en vain un hébergement de 30 m2 à Simiane-Collongue (20 km de Marseille) à son locataire, à qui son employeur proposait de lui prêter un véhicule. Des allégations sans preuve. « à supposer cette proposition établie, compte tenu de la distance entre les deux logements », la requérante « ne peut être regardée comme ayant satisfait à son obligation de relogement dans des conditions correspondant aux besoins de son locataire, ce qui justifiait que l’autorité territoriale se substitue à elle », cingle le tribunal.

    La copropriété est visée depuis plus de dix ans par un arrêté préfectoral d’insalubrité du 17 avril 2015 pour ses parties communes dégradées, suivi le 18 octobre 2016 d’une mise en demeure d’agir. Dix ans plus tard, les arrêtés de péril et d’insalubrité sont toujours actifs. Sous l’égide de la Métropole, l’opérateur Urbanis Aménagement devait organiser son expropriation. Pourtant aucune déclaration d’utilité publique n’a jamais vu le jour. Et, alors qu’il est toujours muré, en péril, insalubre et interdit d’accès, le « 51 Dahdah » a fait l’objet de 11 ventes de lots depuis 2021.

  • Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Une nouvelle résidence sociale pour étudiants rue Saint-Pierre

    Derrière la grue qui a pris place depuis quelques semaines rue Saint-pierre, élus de la ville de Marseille et promoteurs se sont réunis ce vendredi pour poser la première pierre symbolique de la résidence Op’timone. Dans 15 mois, c’est au croisement de cette rue et de la rue Crillon que devrait s’élever cette nouvelle résidence sociale pour étudiants.

    « Ce projet répond à un vrai besoin de logements étudiant. On sait qu’en France certains étudiants changent d’orientation ou abandonnent leurs études à cause de difficultés à se loger », insiste Jean-Philippe Trede, directeur général de Fac Habitat. Ce sont donc 87 logements qui devraient sortir de terre dans ce quartier où la demande est forte avec notamment la faculté de médecine à quelques centaines de mètres. La résidence proposera des studios ou des T2 avec ou sans balcons et sera pourvue d’un jardin, une laverie, une chaufferie et d’espaces communs. Le rez-de-chaussée devrait être occupé par des commerces.

    Un terrain qui n’a pas été choisi au hasard. « La rue Saint-Pierre est importante dans la vie étudiante, puisqu’elle relie la plaine à la Timone, affirme Didier Jau, maire (EELV) du secteur 4/5. C’est dans cette vie étudiante foisonnante que va s’inscrire cette résidence. » Un projet qui accompagne la transformation de la rue Saint-Pierre promise pour 2027 par la Métropole. « Ces projets vont permettre un renouvellement du quartier », affirme le maire de secteur.

    « Ce projet est la preuve que des partenariats publics, privés peuvent se faire pour l’intérêt commun », insiste Raphaël Emin, directeur général de Demathieu Bard Immobilier. Après la construction du gros œuvre par ce promoteur, la gestion sera donnée à Axentia et Fac Habitat, une association de gestion de résidences étudiantes. Dans tout ce processus, la Ville de Marseille a été un partenaire important.

    La résidence sera ouverte pour tous les étudiants sous conditions de ressources. Les loyers n’ont pas encore été définis, « mais ils devraient être autour de 540 euros toutes charges comprises : électricité, eau et wifi. Et les logements seront évidemment éligibles aux APL », explique Jean-Philippe Trede.

    L’immeuble devrait sortir de terre à la rentrée 2027, et les dossiers pourront être déposés 6 mois avant son ouverture.

  • Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    Le préfet fait un premier bilan, obnubilé par la « lutte contre l’immigration »

    « On ne peut pas penser séparément la lutte contre l’immigration clandestine et celle contre la délinquance. » Les mots du nouveau préfet de Paca et des Bouches-du-Rhône, Georges-François Leclerc, lors du bilan de ces huit premiers mois marque bien sa nouvelle stratégie. Malgré des actes de délinquances en baisse, continuant la dynamique entamée en 2024, et des chiffres de la lutte contre le narcotrafic encourageants, le haut fonctionnaire a martelé l’importance de la lutte contre les personnes en situation irrégulière.

    L’occasion pour Georges- François Leclerc de faire le bilan sur la réforme administrative de mars 2025 qui « permet une unité de commandement ». Une transformation qui a permis « de concentrer davantage les moyens et les techniques sur la lutte contre l’immigration clandestine », selon le haut fonctionnaire.

    Cette stratégie répressive des personnes en situation irrégulière s’aligne avec celle du ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau incitant à plus de contrôles et plus de délivrance d’obligation à quitter le territoire (OQTF). Le préfet s’est donc félicité d’une hausse de 72% d’interpellations de personne en situation irrégulière entre janvier et août 2025, par rapport à la même période en 2024.

    Intensification des contrôles

    Une augmentation liée à une intensification des contrôles. Le commandant de gendarmerie Pierre Baillargeat affirme d’ailleurs que sur les zones rurales : « Plus de 300 gares et trains sont quotidiennement contrôlés par les gendarmes pour assurer la tranquillité des voyageurs et pour nous inscrire dans cette dynamique voulue par monsieur le préfet de contrôle des individus et de lutte contre l’immigration irrégulière », explique-t-il.

    Une hausse des contrôles qui entraîne selon le commandant « des résultats significatifs, puisque trois fois plus de personnes en séjour irrégulier ont été contrôlées cette année ». Sur les 7 111 personnes sans papiers interpellés sur les Bouches-du-Rhône, aucune information n’indique s’ils ont été appréhendés lors d’un contrôle d’identité ou d’un autre délit.

    Le préfet met d’ailleurs en avant l’augmentation des émissions d’OQTF. « À chaque fois qu’un dossier est transmis à la préfecture des Bouches-du-Rhône, il y a l’émission d’une OQTF », affirme-t-il. Cette sanction administrative oblige la personne visée à quitter le territoire sous 30 jours. Elle peut être délivrée à toutes personnes n’étant plus en régularité sur le territoire ou ayant commis des troubles à l’ordre public.

    Lutte contre le narcotrafic

    La préfète de police, Corinne Simon, est ensuite revenue sur les réussites des forces de police dans la lutte contre le narcotrafic, avec notamment la présence constante de trois unités de CRS en résidence à Marseille. La création d’une brigade de CRS « nouvelle génération », déployable sur tout le territoire répond « à cette volonté d’être omniprésent sur toute la zone », affirme-t-elle. Le préfet se félicite également du déploiement de la stratégie utilisée dans les quartiers nord sur la zone entre Belsunce, Noailles, les Réformés et la Canebière. « Il n’y a pas un jour où il n’y a pas de patrouille », précise le fonctionnaire. Une stratégie qui permet notamment le contrôle des 9 points de deal du centre-ville identifiés. Le haut fonctionnaire a également insisté sur la baisse des chiffres des actes de délinquances sur le territoire (lire ci-contre). Pas un mot en revanche sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pourtant « grande cause nationale » d’Emmanuel Macron.

    Malgré les bons chiffres, la lutte contre le narcotrafic et la délinquance semblent être détrônée dans l’ordre des priorités par « lutte contre l’immigration clandestine », l’alpha et l’oméga de la politique de Bruno Retailleau, de l’État, de ses représentants… Comme de l’extrême droite.

  • Un nouvel outil testé contre le dépôt sauvage

    Un nouvel outil testé contre le dépôt sauvage

    Au nord d’Aix, près d’une résidence ou s’affiche, noir sur blanc, un panneau « dépôt sauvage interdit », Hervé Beguin et Malik Khemaissia, agents de la brigade de l’environnement s’affairent, perchés sur une nacelle. À bout de bras, les brigadiers installent l’un des deux premiers pièges photographiques « nouvelle génération » du secteur aixois, dispositif flambant neuf visant à lutter contre les dépôts sauvages. Une dizaine d’« ancienne génération » sont déjà dispersés sur la ville d’Aix et ses pourtours. Moins discrets, mais plus autonomes car dotés de panneaux solaires, d’un boîtier en fibre de verre, ces appareils élaborés par la société de matériel vidéo HD Protech aux Milles, ont été installés dans deux secteurs de la ville. La décision d’adopter ces outils a été adoptée en conseil municipal, en 2024. Pour des raisons évidentes, la brigade de l’environnement souhaite que la localisation des appareils reste inconnue. « Ici, on a un détecteur de présence, décrit Stéphane Leconte, chef de la brigade environnement aixoise. À chaque fois qu’il y a un passage, l’appareil déclenche la photo. Les agents de la brigade, de surveillance de la voie publique, le garde champêtre et moi-même auront accès aux photos. On a un routeur Wifi, une carte SIM, et les photos nous sont envoyées dès qu’elles sont prises. On estime que c’est de la photographie à partir du moment où il y a moins de six prises de vues par seconde. »

    Moins contraignant, moins onéreux

    À la différence d’une caméra de vidéosurveillance, qui enregistre l’image en continu. Pas besoin non plus, pour les pièges photographiques, d’obtenir une autorisation préfectorale pour son installation, contrairement à une caméra, qui doit être déclarée en préfecture avec une localisation spécifique. « À condition que l’on soit sur le domaine public, précise Stéphane Leconte. On gagne donc du temps, c’est moins onéreux, et je peux les déplacer à loisir. Je pense que l’on va se laisser un délai de deux mois pour l’expérimentation. On n’est pas dans l’urgence, et on ne veut pas non plus risquer d’acheter trop de matériel qui ne fonctionne pas, mais normalement, la qualité devrait être meilleure », estime le chef de la brigade de l’environnement. À ce stade, les deux types d’appareils, « anciens » comme « modernes » continueront d’être utilisés à Aix. « Les lieux où l’on aura moins de passage, on va privilégier celui-ci [les plus anciens, Ndlr], qui est plus discret et moins cher. On attend de voir comment ça marche, si ça fonctionne », souligne Stéphane Leconte.

    Pour l’un des nouveaux pièges, il faut compter un budget de 1 200 euros. Contre 250 euros pour les traditionnels. Les deux emplacements pour les pièges photographiques « dernière génération » ont été choisis en fonction des signalements citoyens, recueillis par les associations de quartier ou la mairie, ou selon les conclusions tirées des rondes de la brigade de l’environnement. Villages, quartiers, hyper-centre : le dispositif a pour vocation de pouvoir être installé dans tous les secteurs d’Aix-en-Provence et ses alentours. Un listing permet de garder la trace de l’état des pièges, leur type, et la nature du constat ou de la plainte ayant motivé leur installation. Ici, au nord de la capitale de Provence, ce sont les signalements d’une association de quartier qui ont poussé à la décision d’installer l’un des deux pièges : en cause, des passages de voiture, profitant de l’espace sous la résidence pour déposer des piles de déchets. « On va avoir tendance à continuer nos patrouilles. Si on voit qu’il y a un nouveau dépôt près de l’endroit où l’on a installé le piège, on pourra également l’exploiter dans ce cadre-là », ajoute Stéphane Leconte. L’agent rappelle : pour un dépôt sauvage, le coupable encourt 135 euros d’amende forfaitaire, avec un procès-verbal électronique, 750 euros en cas de convocation au tribunal. « Là où ça fait mal, c’est avec un véhicule. Dans ce cas c’est 1 500 euros d’amende avec une confiscation possible du véhicule. En cas de récidive, la peine peut aller jusqu’à 3 000 euros », ajoute Stéphane Leconte. Un avertissement sans frais.