Le chantier était à l’arrêt depuis le mois d’octobre. Depuis l’annonce d’une importante construction au sein de leur résidence de la Chevalière, les 61 familles de ces habitations HLM, proche du centre de secours et en partie occupée par des familles de pompiers, étaient montées au créneau. Début 2025, les habitants découvraient qu’un projet de trois bâtiments sur trois étages, soit 87 logements supplémentaires, était lancé dans cette résidence sous le giron de Pays d’Aix Habitat depuis les années 2000 et de Famille et Provence depuis la fusion entre les deux bailleurs sociaux. Le projet prévoyait 36 logements dans un bâtiment de la Chevalière « haute », 12 dans un bloc central (dont les habitants exigeaient la suppression), 40 logements dans un bâtiment de la Chevalière « basse ». Coût total estimé du projet : 18 millions d’euros. Le maire sortant, Sophie Joissains (UDI) avait bien tendu une oreille aux réclamations des habitants, qui demandaient la révision du projet. En avril, elle avait rencontré et d’entendre les récriminations des habitants avant de réajuster le plan. Après des mois de rencontres puis d’attente, le verdict est tombé : la construction du bâtiment central sera définitivement supprimée des plans. Ne reste plus que le bâtiment de la Chevalière haute et de la Chevalière basse, qui sera, elle, classée R+1 et à 26 logements. Au total, 26 logements ont été supprimés du projet. Ces informations, ce sont les habitants de la Chevalière qui les rapportent, à la suite d’une ultime réunion avec le maire et les représentants de Famille et Provence. Ils précisent : le permis modificatif n’a pas encore été acté. « Comparé à ce que l’on devait avoir, c’est très beau, ce que l’on nous propose. On est contents », rapporte Mélissande, l’une des habitantes et épouse de pompier de la Chevalière. Affaire à suivre. E.B.-G.
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Le dernier conseil municipal de l’année à Martigues sera dense
Le conseil municipal promet d’être long. Ce jeudi 4 décembre, les élus de Martigues se réunissent à 17h45, comme à l’accoutumée, pour la dernière séance de l’année. À l’ordre du jour, 98 délibérations qui augurent des débats animés, à quelques mois des élections municipales.
Parmi les points importants, plusieurs concernent le logement. Une délibération risque d’électriser les discussions : la cession de parcelles à la société Quartus, qui avait été retenue en juin pour la réalisation d’une résidence seniors de 163 logements dont 70% de logements sociaux sur le site de Figuerolles. À l’époque, le conseiller d’opposition (DVD) Jean-Luc Di Maria avait affirmé qu’il s’agissait « d’un choix discutable », pointant la distance du site, situé à l’angle de l’avenue Auguste-Baron et de la traverse Berthet, avec le centre-ville, « éloigné des commerces de la vie quotidienne est tout sauf adapté aux besoins de nos aînés ». Loin d’être un Ehpad, le projet, qui s’adresse aux personnes âgées autonomes, comprend des services de proximité, des salles de vie commune et des activités.
Les élus devront également rendre un avis sur l’enquête publique du contournement autoroutier de Martigues/Port-de-Bouc, qui devait initialement s’achever le 29 octobre après un mois de discussions mais qui avait été prolongée par le préfet jusqu’au 13 novembre vu les nombreuses questions et inquiétudes que suscite l’ouvrage. Les réserves des uns et des autres seront débattues lors de la séance.
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Les copros en crise se prennent en main à Marseille
Un mur de soutènement qui faute d’entretien conduit au péril et nécessiterait des travaux à hauteur de 600 000 euros à la Mazenode (11e). Des réparations d’ascenseurs à plus d’un million à Bel Ombre (11e). Des factures astronomiques pour des chantiers non réalisés à la Sauvagère (10e). Une dette abyssale de 3 millions d’euros à la Maurelette (15e) et 18 millions d’euros de travaux pour lever l’arrêté de péril. Et toute ces cités placées en cessation de paiement…
C’est un véritable « système » que sont venus dénoncer des co-propriétaires dont les logements se dégradent lentement ce lundi 10 novembre devant le Palais de justice. « Notre syndic nous a placés en redressement, nous sommes venus contester cette décision », explique Radhouane, secrétaire d’une association créée au nom des propriétaires et habitants de la Mazenode. Leur bâtiment abrite 106 logements sur les 500 que compte la résidence. Tout a basculé en avril, quand ils apprennent que l’état d’un des murs jouxtant l’immeuble a déclenché un arrêté de mise en sécurité, entraînant un chantier de taille. « Ce n’est pas un refus de payer mais nous demandons comment nous en sommes arrivés là, et nous ne voyons pas pourquoi il faut démolir et reconstruire. Rien ne nous démontre que c’est nécessaire, nous n’avons pas voté cette résolution », explique Radhouane, évoquant un conseil syndical incompétent et un syndic négligeant. Syndic qui s’est désengagé au profit d’un administrateur judiciaire, AJAssociés, concentrant nombre de dossiers marseillais.
Un scénario qui se reproduit, déplorent les manifestants. « C’est toujours la même spirale », raconte Mohamed venu de Bel Ombre, « les bâtiments s’abiment, l’insalubrité s’installe, les réseaux de drogue aussi », avec des atteintes « à la dignité humaine » quand les habitants sont coincés en haut de leur tour, faute d’ascenseur. À la Maurelette, Ahmed décrit un syndic « qui ne respecte pas son mandat », un administrateur qui laisse courir et « va finir le travail » par « la revente à des prix dérisoires ».
Unis, ils réclament dans une lettre ouverte commune de la transparence, un contrôle renforcé des syndics, un encadrement des mandataires, s’interrogeant sur leur rémunération et leurs « pratiques peu lisibles et difficilement justifiables ». Et en appellent à l’action des collectivités et de l’État.
Des dossiers à la pelleDu côté d’AJAssociés, on déplore des recours bien trop tardifs. « Après une ou plusieurs années d’impayés, les situations sont complexes », indique-t-on. Et de confirmer que l’administrateur judiciaire devient le seul maître à bord quand il est désigné par le tribunal car « les co-propriétaires n’ont pas été capables de gérer ». Quand on lui demande quelle est sa marge de manœuvre, AJAssociés dit avoir accès à des aides. « Prenons Bel Ombre, ils ont eu droit à 50% du montant des travaux pour les ascenseurs, estimé à 1,7 millions TTC, payés par l’État », précise-t-on. À la Maurelette, « dans un parc privé, ce sont 18 millions qui sont injectés », insiste-t-on. Quant au nombre de dossiers dont l’administrateur judiciaire a la charge, il va effectivement croissant. De quelques-uns « lors de notre arrivée à Marseille en 2017, nous sommes passés à 10 ou 15 de plus après la rue d’Aubagne ». Il y a eu aussi le rachat par Foncia, un des leaders du secteur, d’énormément de syndics. Le temps de « faire le tri », les copros les plus problématiques comme le Mail, la Sauvagère, Bel Ombre, sont passées sous administration provisoire. La loi du 9 avril 2024 où le syndic peut être condamné s’il ne demande pas de « mandat ad hoc » en cas de difficulté financière, en clair une mesure de protection avant d’arriver à la cessation de paiement, a aussi joué. Si AJAssociés s’est lancé dans ce secteur c’est parce que « sa structure nationale » le lui permet, ses « autres missions » comme le redressement des entreprises lui donnant l’assise financière en attendant de récupérer la mise avec des procédures. Et de se féliciter que les co-propriétaires se mobilisent, même s’ils auraient « dû le faire avant et payer leurs charges. » « Le pouvoir est entre leur main » estime-t-on.
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Apt : de grandes fissures obligent à évacuer 56 habitants
Mercredi dernier, 32 foyers, soit au total 56 personnes, ont été évacués de quatre immeubles de la résidence Saint-Michel, à Apt. Tous ont été relogés à ce jour par la municipalité ou par leurs propres moyens.
« Comme je m’y étais engagée, personne n’est abandonné ! Je suis soulagée que nous ayons trouvé un hébergement d’urgence pour toutes les familles sans solution », se réjouit dans un communiqué la maire d’Apt, Véronique Arnaud-Deloy. Et ce, accompagné d’images de la résidence où l’on voit d’immenses fissures sur les murs des immeubles. Sont concernés par l’évacuation, dont le délai était fixé à ce jeudi 6 novembre, les immeubles Rosiers 1 et 3 et une partie de l’immeuble Les Glaïeuls 3.
Capteurs de mouvementUne évacuation qui fait suite « à l’alerte enregistrée par les capteurs de mouvements et aux conclusions d’une expertise diligentée sur le terrain », précise la Ville d’Apt dans un premier communiqué émis ce jeudi 30 octobre. Des capteurs posés après une première alerte il y a deux ans. En effet, le bâtiment Les Hortensias avait été évacué en novembre 2022. « Il est absolument déchirant d’avoir à prendre une décision aussi lourde de conséquences. Je m’attends à ce qu’elle suscite le désarroi, la confusion, voire la colère. Cependant, il m’est humainement impossible de faire courir le moindre risque à des habitants de la ville », poursuit l’édile de la capitale du Luberon. Concernant la suite, la Ville poursuit ses efforts sur l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), chargée d’analyser l’état de dix copropriétés privées et d’en diagnostiquer l’évolution. Mais aussi la maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS), chargée de répondre aux attentes des habitants désireux de se reloger de façon pérenne.
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À Marseille, la vente d’un taudis confisqué au « Campus 1 » interroge
L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) met aux enchères en ligne, à partir du 16 décembre, un studio occupé et son box au sein de la résidence « Le Campus 1 », au 5 avenue du Merlan (14e), à Marseille. Cette copropriété dégradée de 276 lots d’habitation était à l’origine, en 1997, une résidence pour étudiants qui l’ont progressivement désertée comme pour Le Gyptis, rue Cristofol (3e). Les désordres, la paupérisation, l’insécurité, les mutations entre marchands de sommeil et autres investisseurs « CAFistes » ont alimenté la spirale de sa chute. Le squat massif de studios a ensuite plongé les comptes de la copropriété.
Un administrateur judiciaire a fini par être nommé en juillet 2023, dans un contexte sécuritaire lourd. Caméras de surveillance et accès sécurisé par badge ont été installés en août 2024, avec un maître chien. Trois mois plus tard, le 14 novembre, la préfecture prêtait le concours de la force publique pour déloger des squatteurs retranchés dans 14 appartements. En juin dernier, un incendie a ravagé plusieurs appartements, entraînant l’évacuation d’une trentaine d’occupants.
369 ventes en 5 ansPour ne rien arranger, la copropriété est, depuis août, sous le coup d’un arrêté de mise en sécurité des équipements communs. Les propriétaires ne peuvent plus percevoir de loyer, réduisant à peau de chagrin des capacités déjà réduite de financement de travaux. C’est dans ce contexte périlleux que l’AGRASC met à prix, pour 8 864 euros, un studio de 18m2 avec son box. Si l’établissement public prend soin de rappeler que la perception de loyer (450 euros par mois) est interdite tant que la mainlevée du péril n’est pas intervenue, cette enchère interroge.
Qui a les moyens d’acquérir dans une copropriété dégradée, au prix d’une voiture d’occasion, un logement qui, loin de générer du profit, va produire du déficit ? Le risque de captation par un marchand de sommeil à l’affût ou une société qui serait son faux-nez n’est pas négligeable. En bradant un taudis, le ministère de la Justice ne s’expose-t-il pas à nourrir le cycle de l’habitat indigne que sa décision de confiscation était censée fustiger ? Comment l’état peut se prêter à être le relais entre le portefeuille d’un délinquant et celui d’un autre prédateur de l’immobilier dégradé ? Car, pour l’heure, aucune collectivité ou acteur institutionnel n’est positionné pour préempter au Campus et lancer une maîtrise foncière publique qui semble pourtant nécessaire pour sortir l’ensemble immobilier du naufrage. Le turnover des ventes y est considérable. En 5 ans, Le Campus a fait l’objet de 369 mutations. Une adjudication a même atteint en janvier 2024 le prix dérisoire de 4 000 euros.
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À Marseille, des policiers qui veulent démonter les a priori
« Mais vous êtes de vrais policiers ? C’est souvent ce qu’on nous demande quand nous organisons ces journées. » Gardien de la paix depuis une trentaine d’années en Seine-Saint-Denis, le bénévole qui encadre, ce mardi, le stand de tir laser au cœur de la résidence Val Plan (13e), ne boude pas son plaisir d’être là. Il fait partie de l’association Raid Aventure Organisation qui rassemble des représentants de tous les corps de métiers de la police et prennent sur leur temps libre pour aller à la rencontre de la population aux quatre coins de la France.
« C’est une journée organisée aussi par la Métropole Aix-Marseille et 13 Habitat. On veut réintroduire le dialogue avec la police, mais aussi les partenaires sociaux comme les pompiers, les centres sociaux, les bailleurs », précise Florence, coordinatrice départementale de l’association. Boxe, escalade, parcours en tenue, gestes professionnels ou massage cardiaque, les neuf ateliers proposés ce jour-là montrent « toutes les facettes du métier », mais appuient aussi sur « certaines valeurs » comme « l’entraide, le secourisme, l’écoute », ajoute la policière.
Faire confianceForce est de constater que tout le monde est à fond. Les plus petits apprennent à menotter allègrement leur moniteur parce qu’« il a pas été sage et va aller en prison ! », des plus grands ont enfilé des lunettes qui reproduisent les effets de l’alcool ou de la drogue avant d’entamer un parcours routier. « Mais comment on peut payer des millions d’amendes ? » interroge un minot, estomaqué par les peines encourues pour détention de stupéfiants. Avec un jeune marin pompier, on apprend la position latérale de sécurité et le massage cardiaque, quitte à « casser des os, parce que c’est mieux que d’être mort ! »
À l’atelier « dialogue », on entre dans le vif du sujet. Manelle et Hana, 12 ans, boivent littéralement les paroles de Johanna, jeune policière venue de la région parisienne. « Combien vous êtes payée ? Vous travaillez aussi la nuit ? C’est quoi la plus grande intervention que vous ayez faite ? » Les questions pleuvent. Les réponses sont franches et directes. « Je me souviens, j’étais stagiaire, c’était un papa qui abusait sexuellement de son bébé de 9 mois. Les voisins avaient appelé parce qu’il pleurait et le papa nous avais dit que c’était parce qu’il ne voulait pas faire la sieste, mais mon collègue a eu du flair, il s’est dit que ce n’était pas normal… », témoigne la jeune femme. Le racisme ? Cela existe « envers les gens », reconnaît-elle, assurant qu’il n’est pas question de laisser faire, « ce n’est pas une opinion, mais un délit. » Délit qui existe aussi au sein même de la police, « j’ai fait deux rapports sur des collègues. » Mais « ne pensez pas que les policiers sont tous les mêmes », assure-t-elle, « il ne faut pas faire de généralités. »
Les petites repartiront convaincues, mais avec une certitude : « On peut leur faire confiance, mais moi je ferai pas ce métier, c’est trop dangereux », tranche Hana.
Prochains rendez-vous ce mercredi 29 octobre au Castellas, ce jeudi 30 octobre au centre social de St-Antoine de 13h à 17h.
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Un référé pour la carrière antique de la Corderie
Louis Alesandrini, président de l’association ART 13, a plaidé, lundi, en l’absence de son avocat pour demander au tribunal administratif l’arrêt en urgence des travaux en cours de requalification du jardin municipal Saint-Nicolas, présumant leur impact sur la conservation des vestiges antiques réensevelis au printemps.
« Les travaux d’aménagement du jardin vont rajouter de l’eau qui va descendre par percolation et dégrader les vestiges. L’exhaussement de 4 m de terre n’était déjà pas autorisé au PLUi. Le mur de l’immeuble de la résidence des Loges fait barrage à l’eau et ils ont rajouté en avril une bâche en plastique », a-t-il expliqué tout en pointant la caducité du permis initial. « La ville s’était engagée à valoriser ce site historique, mais sa visibilité est réduite à un bloc abrité sous quelques bouts de bois posé à la va-vite. On est loin de la promesse d’une ombrière de 160m2. Le plus vieux monument de Marseille est en train de pourrir car ils étaient tous pressés de l’enfouir. »
Des cadres municipaux sont venus réfuter cette analyse. « Aucun élément n’est produit sur un éventuel risque qu’aurait ce projet sur la conservation du monument, a dit une directrice de l’urbanisme. La commune produit des avis favorables de la Métropole sur la gestion des eaux pluviales. Tout a été pensé avec les Affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des bâtiments de France pour conserver et valoriser ce site. » De son côté, le directeur de la construction a souligné que « l’impluvium [système de captage des eaux de pluie] est total sur le jardin public. On ne rejette pas d’eau de pluie. La terre absorbe, le sol fait son œuvre. C’est un jardin fermé depuis trop longtemps. C’est sa vocation de service public d’y accueillir les enfants et leurs parents ». Délibéré mercredi.



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