Tag: Rénovation urbaine

  • À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    À Apt, le ministre du Logement promet « l’artillerie lourde »

    « Toutes les économies que j’avais faites en 43 ans de travail fondent à vitesse grand V, si je ne veux pas finir à la rue, je prendrai la décision qui s’impose ». Ces mots proviennent d’Arlette, retraitée de la fonction publique. Par décision qui s’impose, il faut comprendre suicide. Ce témoignage jette un froid, ce mardi midi, dans le réfectoire de l’école Saint-Michel d’Apt. Il est relaté par Ouarda Belaïd, secrétaire générale d’une association de défense de ce quartier de la capitale de Luberon, tristement mis en lumière depuis 4 ans au gré des vagues de gros désordres structurels relevés dans de nombreux bâtiments. Un autre propriétaire, Paul, est lui hospitalisé face à cette situation, « j’ai 1 800 euros de découvert, je vais dans le mur à 200 km/h sans airbag ».

    Des « témoignages poignants », ne peut qu’attester Vincent Jeanbrun. Après avoir visité le quartier, constatant notamment des fissures où il pouvait passer sa main, le ministre du Logement promet « de sortir l’artillerie lourde ». « Tout ce qu’on a vu montre qu’on a ici l’exemple type qu’on a envie d’accompagner avec le projet Anru 3 [rénovation urbaine] davantage tourné vers les sous-préfectures [Apt en est une] », annonce le ministre, convié par le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc. Bâtie à la fin des années 60 sur les hauteurs d’Apt pour loger les militaires du plateau d’Albion, la résidence Saint-Michel abritait alors 874 logements, tous réalisés à la hâte sur un sol argileux. Des logements vendus ensuite en partie à des propriétaires privés, dont beaucoup se retrouvent aujourd’hui pris au piège, avec un crédit à assumer tout en ne pouvant plus y vivre.

    Une crise immobilière pour 15% d’Aptésiens

    De logements de fonction pour militaires, Saint-Michel vire ainsi à la copropriété dégradée. Vincent Jeanbrun, sans annonce précise, confie « regarder collectivement comment on accompagne ceux qui ne peuvent plus habiter sur place », suggérant des dérogations pour qu’un « propriétaire puisse candidater à un logement social » et être accompagné pour suspendre au-delà de six mois son crédit immobilier et les taxes foncières. Côté mairie, « la Ville a déjà engagé 1,8 million d’euros, elle ne peut plus supporter seule cette crise immobilière qui touche 15% de sa population », implore le maire Jean Aillaud (DVD). L’édile sort rassuré de cette visite, souhaitant également que l’Anru englobe le centre ancien d’Apt.

  • Une petite lueur d’espoir pour les habitants du quartier Saint-Michel à Apt

    Une petite lueur d’espoir pour les habitants du quartier Saint-Michel à Apt

    « Jamais un ministre ne s’était déplacé à Saint-Michel depuis sa construction. 60 ans plus tard, un autre revient, cela veut dire beaucoup. S’il y a eu un ministre pour construire, il y en aura un pour réparer ». Après avoir pu échanger avec Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, Ourada Belaïd voit un signal positif. Secrétaire générale de l’association de défense des habitants de Saint-Michel (Adhasami), elle-même évacuée en octobre dernier, elle espère que cette visite soit le déclencheur d’un plan de rénovation indispensable pour reconstruire ce quartier.

    « Il nous a donné de l’espoir pour obtenir les fonds nécessaires », embraye Viviane McCreery, la présidente de l’Addhasmi. Car si une grande partie de Saint-Michel est une copropriété privée, c’est parce que l’État a progressivement vendu ces logements construits à la hâte sur un terrain argileux et destinés aux militaires. « Les propriétaires ont été victimes d’un système dévastateur et injuste », estime-t-elle. Mais avant une rénovation, de très longues années s’annoncent. Et face à l’urgence (crédits et charges en cours, chauffage cet hiver, possibles nouvelles évacuations), « nous avons rarement quelque chose de concret à annoncer aux habitants », déplore Viviane McCreery, pas vraiment rassurée sur ces points par la visite. « Il faut désigner une seule personne responsable qui gère tous les aspects car l’administration est trop découpée », revendique la présidente.

  • A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    A Port-de-Bouc, la Maison des projets ouvre ses portes aux centres sociaux

    Vous savez où vous êtes ? » demande Fabienne Sanchez. « Au PAJ ! », lui répond Malek. La réponse, si évidente pour cette jeune Port-de-Boucaine, fait sourire la responsable de la Maison des projets. Car si le point accueil jeunes (PAJ) a investi l’aile sud du bâtiment de l’ancienne criée aux poissons, c’est avant tout la Maison des projets qui y est installée.

    La visite des jeunes du centre social Fabien Menot vendredi matin leur permet de découvrir le travail des différents services de la Ville qui y sont, comme la Gestion urbaine et sociale de proximité ou le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) dont Fabienne Sanchez est la responsable.

    Dans la salle de réunion qui accueille les jeunes, pour la plupart issus des quartiers des Aigues-douces et de la Lèque, les différents plans de situation exposés permettent de se projeter dans le futur de la grande rénovation urbaine que connaît la Ville. En montrant la carte de la Presqu’île, Fabienne Sanchez explique les grandes lignes de la démarche. « On souhaite raccrocher le port et le centre-ville, notamment par des cheminements piétons », explique-t-elle, notamment par l’axe de la rue de Turenne. Cela passe par la démolition de la barre de la Lèque. « Il y aura de nouvelles constructions, avec reprise des rues », qui passeront par-dessus l’ancien emplacement de la Barre, comme le montre la responsable sur le plan, « et on va réaménager le terrain pour les boulistes et le city stade qui existe déjà ».

    « On va planter des arbres partout »

    Actualité oblige, le programme chasse les îlots de chaleur. « On va planter des arbres partout, pour se protéger de la chaleur, comme c’est le cas devant le centre Fabien Menot », détaille-t-elle, « on va aussi retirer l’enrobé de la place Lazzarino pour que ça absorbe moins la chaleur. On pense au changement climatique car on sait qu’autrement, c’est invivable comme en ce moment ». Les nombreux petits pois verts sur le plan en attestent.

    Déjà introduits à la rénovation urbaine par leur travail dans le journal de quartier avec le centre social, les questions viennent facilement. « Quand on va démolir, y’aura pas de morceaux qui vont tomber sur les maisons à côté », demande Zakaria. « C’est une très bonne question qui ressort souvent » lui répond Fabienne Sanchez, « tous les gens autour s’inquiètent de tremblements ou de fissures dans leurs maisons. Mais les entreprises de démolition sont habituées à ne pas créer trop de nuisance », assure-t-elle.

    De quoi inquiéter au vu du programme de démolition aux Aigues douces. « Les bâtiments H, J, et F vont être démolis et tous les espaces du centre social et du théâtre vont être refaits en concertation avec les habitants », détaille Fabienne Sanchez, avant la rénovation des bâtiments. Amine se demande : « Pourquoi on ne démolit pas plus ? » « Car il faut reloger tous les gens », lui répond la responsable, ce qui n’est pas encore terminé pour le bâtiment F.

    Amine embraye sur le calendrier. « Le désamiantage et la démolition de H9 et J10 doivent se faire d’ici la fin de l’année, la barre de la Lèque en début 2027 comme pour la place Lazzarino, puis on passera à la rénovation des bâtiments », lui expose l’urbaniste. La concertation est un maître-mot à toutes les étapes, des réunions publiques sont prévues en septembre pour présenter les travaux de rénovation des logements aux habitants.

    En attendant, la Maison des projets reste ouverte pour accueillir tous les publics. « Ici c’est un lieu où vous et vos parents pouvez venir poser des questions », affirme Fabienne Sanchez. Et bientôt plus encore : « On construit une exposition avec des maquettes virtuelles où vous pourrez vous balader dans les quartiers pour voir les aménagements. » À découvrir d’ici la fin d’année.

  • À Marseille, la renaturation du parc de Bonneveine  tourne à l’abattage

    À Marseille, la renaturation du parc de Bonneveine  tourne à l’abattage

    Des riverains dénoncent la conduite non maîtrisée du chantier de rénovation et de renaturation lancé, en septembre dernier, du parc central de Bonneveine, avenue de Hambourg, 8e, et de la promenade de la Sarette. L’opération s’accompagne, selon eux, de destruction injustifiée d’arbres.

    Lancé en septembre dernier, le marché de travaux prévoit la plantation de 70 arbres, la création de jeux, l’agrandissement de 5 000 m2 gagné sur l’ancien gymnase et la rénovation de l’éclairage, pour un coût annoncé de 2,4 millions d’euros. « Depuis quatre mois, tout est à l’arrêt sans raison valable, constate Jérôme Nardi, du collectif. Et la circulation le long du chemin de la Sarette est bloquée par des barrières de sécurité. On prend en otage les usagers du parc en pleine canicule. »

    « Quatre arbres de 50 ans sont tombés à la suite de l’arrachage des pavés qui habillaient les parois des cratères. Cela a déstabilisé leur système racinaire. Six autres ont été abattus sans précaution et 32 autres arbres sont menacés de destruction, dont 24 dans la pinède », explique Alain Senentz, qui montre comment le creusement de tranchées à la tractopelle a endommagé des sujets. « En février, un très gros pin de la place centrale s’est effondré peu après que des tranchées d’un mètre de profondeur ont été creusées à proximité pour passer le nouveau câblage des lampadaires. »

    Le soutien de France Nature Environnement

    La pétition du collectif a déjà obtenu 1 500 signatures et réclame le redémarrage du chantier avec des mesures « pour protéger les arbres restants en instaurant des méthodes de travail qui préservent l’environnement et évitent de renouveler les erreurs passées ». Ils demandent de la transparence sur les expertises techniques – et notamment le rapport complet de l’Office national des forêts (ONF) – qui fondent les décisions d’abattre les arbres. Au vu de « la fuite permanente devant les demandes d’explication », le silence de la mairie centrale et celle de secteur devant laquelle ils ont dû faire un sit-in pour être reçus, le collectif s’est résolu à aller au contentieux. Défendu par Me Sébastien Barles (ancien adjoint de Benoît Payan en charge de la transition écologique), il va assigner, la semaine prochaine, la Ville en référé devant le tribunal administratif.

    Vendredi, Richard Hardouin, président de France nature Environnement (FNE), était à leur côté : « Nous allons accompagner le groupe de nouveaux adhérents de FNE 13 du Parc Bonneveine dans le but de créer une instance d’échange avec la mairie et, si ça n’aboutit pas, nous agirons en justice. » Sa visite est édifiante. « Non, là, il n’y a rien qui justifie la coupe de cet arbre qui doit être conservé ! Ce cratère-là ne nécessite pas d’être touché. Il doit rester en l’état », tonne le militant, visiblement très mécontent. Elisabeth Parisot lui montre le grand pin qui est tombé sur le grillage de la résidence Le Véronese et qui est resté en place avec les autres.

  • À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    À Kalliste, un chantier témoin du plan écoles

    Là, nous sommes au rez-de-chaussée dans la maternelle, au-dessus, ce sera l’élémentaire… » Le directeur général de la Société publique des écoles marseillaises (SPEM), Nicolas Andreatta, assure la visite du futur groupe scolaire Parc Kalliste Nouvelle (15e) ce samedi 4 juillet. Un ensemble monumental de 21 classes avec bibliothèque, salle de motricité et autres espaces de restauration, construit aux dernières normes bioclimatiques, qu’il décrit à Antonio Costa, président du Conseil européen, accompagné du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). Il faut dire que l’Europe, par l’intermédiaire de la BEI (Banque européenne d’investissement), a octroyé un prêt de 200 millions d’euros pour soutenir le plan écoles de la Ville. Le projet Kalliste s’inscrit dans un quartier prioritaire et mettra à disposition des habitants une salle polyvalente.

    Un plan à 1,5 milliard

    Démarré en décembre 2025, l’établissement devrait être livré en septembre 2027. Coût de l’opération : 14,1 millions d’euros, dont 6,5 financés au titre de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). « Cette école doit être un lieu totem, estime Benoît Payan. Ici à Marseille, il y a deux grands fléaux : l’habitat, sur lequel nous n’avons pas beaucoup de prise, et les écoles, construites à la va-vite, dans les années 60, et, qui, elles, relevaient de notre responsabilité. »

    Le « plan écoles du siècle », rien de moins, lancé en 2021, prévoit la rénovation, la reconstruction partielle ou totale des 470 établissements de la ville, moyennant 1,5 milliard d’euros. Un plan organisé en plusieurs vagues, la 2e et la 3e sont en cours avec 35 écoles construites d’ici 2028, 48 entre 2026 et 2029, puis une 4e entre 2027 et 2030 avec 43 autres. Tout devrait être terminé en 2032. Depuis 2020, 27 établissements scolaires sont sortis de terre, comme l’école Baya, ex-école des Abeilles, en centre-ville, Toros Mater dans le 9e, Jolie-Manon à la Belle-de-Mai (3e).

    Pour le maire de Marseille, la présence d’Antonio Costa vient conforter le bien-fondé de cette vaste ambition. « Il a été chef de gouvernement au Portugal mais aussi maire de Lisbonne. Il sait la difficulté qu’il a eue aussi dans sa ville sur les écoles. Il sait que ce chantier est pour l’avenir », pose Benoît Payan.

    Le président du Conseil européen insiste sur des institutions européennes qui « doivent être proches des citoyens ». « L’école est au cœur de notre projet, parce que cela veut dire tout d’abord : opportunité », défend-il. Selon lui, l’école reste aussi « l’endroit décisif pour la citoyenneté. Et la citoyenneté, c’est décisif pour bâtir une société avec des valeurs. L’Union européenne, c’est une union des valeurs ». Interrogé sur le choix de Marseille pour y faire une halte, Antonio Costa met en avant une « ville européenne au cœur de la Méditerranée », qui représente une certaine idée de l’Europe, celle « d’une union dans sa diversité ».

    Il repartira en mer faire un point sur les projets menés sur le littoral après avoir rencontré le bataillon des marins-pompiers, pour évoquer la dimension européenne de ses actions.

  • Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    « Nous ne signerons aucun chèque en blanc pour des projets qui risquent de finir comme d’autres, soit bien plus chers qu’au départ. » Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, a présenté sa volonté de stopper net cinq projets d’aménagement confiés à la Société publique locale (SPL) Sens urbain, détenue par la Ville, lors du conseil municipal de mercredi soir.

    Les cinq mandats confiés à la SPL par la Ville lors du dernier mandat consistaient en la rénovation de la maison des Salins, de la Halle de basket avec augmentation de la jauge des tribunes, de la requalification et création de logements à la Maison du gardien de la Cartonnerie, du réaménagement de la cuisine du foyer pour seniors Farigoule et de la création de centrales photovoltaïques, pour un montant total de 11,2 millions d’euros.

    « Après réexamen, nous estimons que ces projets ne répondent plus aux objectifs et priorités que nous avons fixés » justifie l’édile. Le conseiller d’opposition Nicolas Féraud (PCF) pointe le fait que « les honoraires forfaitaires de plus de 500 000 euros resteront à payer après résiliation » et que « la note de synthèse reconnaît explicitement que les éléments permettant la résiliation ne sont pas réunis ».

    Un contre-projet solaire

    La note motivant la délibération stipule qu’à date, les éléments permettant de connaître les conséquences techniques, administratives et financières de cette décision ne sont pas finalisés, et qu’il s’agit d’un vote de principe. Ce qui est assumé par le maire : « Nous les arrêtons pour que ça coûte le moins cher possible. Le risque est de perdre plusieurs millions sur ces chantiers », selon Philippe Maurizot, arguant du « fiasco » d’un autre chantier de résidence senior confié à la SPL, à l’arrêt pour cause de liquidation judiciaire.

    Le plus gros projet stoppé est celui d’équiper les bâtiments publics de panneaux solaires pour autoconsommation, pour 7 millions d’euros. « Nous avons un autre projet plus économique et rentable », oppose l’édile. L’opposant (PS) Jean-Michel Leroy estime que le projet original « profitait au plus grand nombre, on voulait équiper les bâtiments publics de panneaux pour faire profiter les riverains. C’était une manière de leur ramener du pouvoir d’achat », plaide-t-il.

    « Notre projet est de ne pas perdre d’argent », objecte Philippe Maurizot, voulant « anticiper les baisses d’aides financières à l’énergie » des collectivités. Le contre-projet est déjà pensé : « On pourrait produire l’équivalent d’un quart de notre consommation électrique avec 3 ha d’ombrières solaires sur Parsemain » développe-t-il. L’opposition s’est abstenue et les résiliations sont adoptées à la majorité.

    Le contre-projet doit être présenté ultérieurement.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.

  • En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    Les rues enchevêtrées du quartier de Bellevue, surnommé « Chicago » par les Port-de-Boucains, sont calmes. La seule animation à proximité vient du lycée Charles-Mongrand et du centre social Nelson-Mandela, où les habitants bêchent le jardin partagé. L’opération de rénovation urbaine a vidé les logements alentour. Dans l’immeuble collectif d’habitation, les 67 appartements sont vacants depuis deux ans. Le bâtiment est désormais en cours de grignotage, après avoir subi une phase de désamiantage. « Ce sera fini d’ici le mois de juillet », assure Fabrice Moulin, responsable territorial chez 13 Habitat.

    À la place, le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) imagine « des appartements étudiants ». « Beaucoup de jeunes, qui suivent un cursus BTS ou se forment à l’institut de soudure, voire même des internes en médecine à Martigues, nous confient leurs difficultés à trouver un logement courte durée », explique-t-il. Rien n’est arrêté, mais il s’agit de la piste de réflexion privilégiée.

    En dessous de la barre, une vingtaine de familles vivent encore dans les petites maisons individuelles du quartier. « Ce sont des personnes qui voulaient rester en maison, donc on attend les reconstructions adéquates pour les reloger et tout raser », précise Fabrice Moulin. Le reste est inhabité, ce qui entraîne son lot d’inconvénients.

    Des réunions mensuelles

    « On est confrontés à des problématiques de squat », affirme le responsable de 13 Habitat. « Il y a aussi des entreprises qui en profitent pour venir vider leurs bennes dans les cours inoccupées, mais aussi des tags et des ordures qui sont jetées », complète le directeur de la Régie de quartier Renaud Barbe. Alors, pour que « les habitants ne se sentent pas abandonnés », les services de la Ville et le bailleur social ont investi Bellevue en nombre mercredi matin pour mener des travaux d’élagage, de nettoyage des murs et d’enlevage des encombrants.

    « On fait des réunions tous les mois avec les services concernés, le centre social et la police municipale pour maintenir une surveillance accrue et s’assurer que les riverains soient bien suivis jusqu’à ce que le quartier ait son nouveau visage », Valérie Rambaud, du service gestion urbaine et sociale de proximité.

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • Aix : dans la cité Corsy, une place publique flambant neuve

    Aix : dans la cité Corsy, une place publique flambant neuve

    Lundi matin, la place Jean Michel – nommée d’après une « figure » du quartier – est presque déserte : l’esprit de fête installé la veille, jour de son inauguration, s’est consumé. Cet espace, en plein centre du quartier de la cité Corsy vient d’être entièrement reconfiguré, depuis les travaux lancés en juin 2025 et bouclés le mois dernier. Bilan de ces travaux : « Plus de 4 000m2 d’espaces réaménagés », 64 arbres plantés, une désimperméabilisation « d’une partie des stationnements » mais aussi l’installation de deux caméras de vidéoprotection, parmi les quatre installées dans le quartier, rapporte la municipalité. 342 heures d’insertion ont également participé à restaurer cette place désormais recouverte de pavés blancs. Sur la place et autour, il y a les quelques nonchalants. « Ça ne change pas grand-chose, visuellement c’est agréable, c’est vrai. Mais ça n’enlève rien aux problématiques d’un quartier », répond cet habitant, avant de tracer sa route. Assis devant les agents des espaces verts, deux hommes estiment être « surtout contents que les travaux soient terminés ». Mais sur le peu d’habitants rencontrés, les premiers retours restent relativement positifs. « C’est apprécié quand les travaux s’excentrent ! Quand on donne de l’attention aux quartiers, pas qu’au centre-ville », pointe une autre habitante de la cité.

    Continuité d’un projet

    À l’accueil du centre social Albert Camus, qui jouxte la place flambant neuve et qui, dimanche, a organisé la grande journée d’inauguration, on trouve avantage à cette transformation. « Autrefois, ce n’était qu’un espace de terre battue, ce n’était pas forcément esthétique, il y avait aussi une route proche, retrace Didier, agent d’accueil du centre social. Ces travaux, et la fête d’inauguration, sont profitables pour nous aussi. Ça nous permet de recentrer notre activité, d’avoir une meilleure visibilité aussi. » Pour rappel, cette requalification a nécessité un « investissement total de 1,53 million d’euros TTC », rappelle la municipalité, cofinancée par la Ville à hauteur de 53,11% et à 46,89% par la Métropole. Il fait suite à des projets similaires sur les places Joséphine Baker, dans le secteur nord d’Aix et Marcel Tavé, et la transformation récente de la place Romée de Villeneuve dans le quartier d’Encagnane.