Tag: Rénovation urbaine

  • Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    Philippe Maurizot enterre cinq projets d’urbanisme

    « Nous ne signerons aucun chèque en blanc pour des projets qui risquent de finir comme d’autres, soit bien plus chers qu’au départ. » Philippe Maurizot, maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, a présenté sa volonté de stopper net cinq projets d’aménagement confiés à la Société publique locale (SPL) Sens urbain, détenue par la Ville, lors du conseil municipal de mercredi soir.

    Les cinq mandats confiés à la SPL par la Ville lors du dernier mandat consistaient en la rénovation de la maison des Salins, de la Halle de basket avec augmentation de la jauge des tribunes, de la requalification et création de logements à la Maison du gardien de la Cartonnerie, du réaménagement de la cuisine du foyer pour seniors Farigoule et de la création de centrales photovoltaïques, pour un montant total de 11,2 millions d’euros.

    « Après réexamen, nous estimons que ces projets ne répondent plus aux objectifs et priorités que nous avons fixés » justifie l’édile. Le conseiller d’opposition Nicolas Féraud (PCF) pointe le fait que « les honoraires forfaitaires de plus de 500 000 euros resteront à payer après résiliation » et que « la note de synthèse reconnaît explicitement que les éléments permettant la résiliation ne sont pas réunis ».

    Un contre-projet solaire

    La note motivant la délibération stipule qu’à date, les éléments permettant de connaître les conséquences techniques, administratives et financières de cette décision ne sont pas finalisés, et qu’il s’agit d’un vote de principe. Ce qui est assumé par le maire : « Nous les arrêtons pour que ça coûte le moins cher possible. Le risque est de perdre plusieurs millions sur ces chantiers », selon Philippe Maurizot, arguant du « fiasco » d’un autre chantier de résidence senior confié à la SPL, à l’arrêt pour cause de liquidation judiciaire.

    Le plus gros projet stoppé est celui d’équiper les bâtiments publics de panneaux solaires pour autoconsommation, pour 7 millions d’euros. « Nous avons un autre projet plus économique et rentable », oppose l’édile. L’opposant (PS) Jean-Michel Leroy estime que le projet original « profitait au plus grand nombre, on voulait équiper les bâtiments publics de panneaux pour faire profiter les riverains. C’était une manière de leur ramener du pouvoir d’achat », plaide-t-il.

    « Notre projet est de ne pas perdre d’argent », objecte Philippe Maurizot, voulant « anticiper les baisses d’aides financières à l’énergie » des collectivités. Le contre-projet est déjà pensé : « On pourrait produire l’équivalent d’un quart de notre consommation électrique avec 3 ha d’ombrières solaires sur Parsemain » développe-t-il. L’opposition s’est abstenue et les résiliations sont adoptées à la majorité.

    Le contre-projet doit être présenté ultérieurement.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.

  • En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    En pleine rénovation, Bellevue remise à neuf

    Les rues enchevêtrées du quartier de Bellevue, surnommé « Chicago » par les Port-de-Boucains, sont calmes. La seule animation à proximité vient du lycée Charles-Mongrand et du centre social Nelson-Mandela, où les habitants bêchent le jardin partagé. L’opération de rénovation urbaine a vidé les logements alentour. Dans l’immeuble collectif d’habitation, les 67 appartements sont vacants depuis deux ans. Le bâtiment est désormais en cours de grignotage, après avoir subi une phase de désamiantage. « Ce sera fini d’ici le mois de juillet », assure Fabrice Moulin, responsable territorial chez 13 Habitat.

    À la place, le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola (PCF) imagine « des appartements étudiants ». « Beaucoup de jeunes, qui suivent un cursus BTS ou se forment à l’institut de soudure, voire même des internes en médecine à Martigues, nous confient leurs difficultés à trouver un logement courte durée », explique-t-il. Rien n’est arrêté, mais il s’agit de la piste de réflexion privilégiée.

    En dessous de la barre, une vingtaine de familles vivent encore dans les petites maisons individuelles du quartier. « Ce sont des personnes qui voulaient rester en maison, donc on attend les reconstructions adéquates pour les reloger et tout raser », précise Fabrice Moulin. Le reste est inhabité, ce qui entraîne son lot d’inconvénients.

    Des réunions mensuelles

    « On est confrontés à des problématiques de squat », affirme le responsable de 13 Habitat. « Il y a aussi des entreprises qui en profitent pour venir vider leurs bennes dans les cours inoccupées, mais aussi des tags et des ordures qui sont jetées », complète le directeur de la Régie de quartier Renaud Barbe. Alors, pour que « les habitants ne se sentent pas abandonnés », les services de la Ville et le bailleur social ont investi Bellevue en nombre mercredi matin pour mener des travaux d’élagage, de nettoyage des murs et d’enlevage des encombrants.

    « On fait des réunions tous les mois avec les services concernés, le centre social et la police municipale pour maintenir une surveillance accrue et s’assurer que les riverains soient bien suivis jusqu’à ce que le quartier ait son nouveau visage », Valérie Rambaud, du service gestion urbaine et sociale de proximité.

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • Aix : dans la cité Corsy, une place publique flambant neuve

    Aix : dans la cité Corsy, une place publique flambant neuve

    Lundi matin, la place Jean Michel – nommée d’après une « figure » du quartier – est presque déserte : l’esprit de fête installé la veille, jour de son inauguration, s’est consumé. Cet espace, en plein centre du quartier de la cité Corsy vient d’être entièrement reconfiguré, depuis les travaux lancés en juin 2025 et bouclés le mois dernier. Bilan de ces travaux : « Plus de 4 000m2 d’espaces réaménagés », 64 arbres plantés, une désimperméabilisation « d’une partie des stationnements » mais aussi l’installation de deux caméras de vidéoprotection, parmi les quatre installées dans le quartier, rapporte la municipalité. 342 heures d’insertion ont également participé à restaurer cette place désormais recouverte de pavés blancs. Sur la place et autour, il y a les quelques nonchalants. « Ça ne change pas grand-chose, visuellement c’est agréable, c’est vrai. Mais ça n’enlève rien aux problématiques d’un quartier », répond cet habitant, avant de tracer sa route. Assis devant les agents des espaces verts, deux hommes estiment être « surtout contents que les travaux soient terminés ». Mais sur le peu d’habitants rencontrés, les premiers retours restent relativement positifs. « C’est apprécié quand les travaux s’excentrent ! Quand on donne de l’attention aux quartiers, pas qu’au centre-ville », pointe une autre habitante de la cité.

    Continuité d’un projet

    À l’accueil du centre social Albert Camus, qui jouxte la place flambant neuve et qui, dimanche, a organisé la grande journée d’inauguration, on trouve avantage à cette transformation. « Autrefois, ce n’était qu’un espace de terre battue, ce n’était pas forcément esthétique, il y avait aussi une route proche, retrace Didier, agent d’accueil du centre social. Ces travaux, et la fête d’inauguration, sont profitables pour nous aussi. Ça nous permet de recentrer notre activité, d’avoir une meilleure visibilité aussi. » Pour rappel, cette requalification a nécessité un « investissement total de 1,53 million d’euros TTC », rappelle la municipalité, cofinancée par la Ville à hauteur de 53,11% et à 46,89% par la Métropole. Il fait suite à des projets similaires sur les places Joséphine Baker, dans le secteur nord d’Aix et Marcel Tavé, et la transformation récente de la place Romée de Villeneuve dans le quartier d’Encagnane.

  • Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Marseille reste en première ligne face à l’urgence sociale de la crise du logement

    Huit ans après le drame de la rue d’Aubagne, la question du logement reste brûlante dans une ville touchée comme le reste du pays par la crise de la construction. Avec ici un gros enjeu : répondre à l’urgence sociale. Si la Métropole détient la compétence logement, la municipalité de gauche, l’origine des États généraux du logement en 2022, a activé plusieurs leviers depuis 2020.

    Objectif de 4 500 logements par an

    En matière de lutte contre l’habitat indigne, elle agit d’abord avec le pouvoir de police du maire. Plus de 3 300 signalements de logements potentiellement dangereux ont été traités par la Ville en 2024 pour un total 254 arrêtés de mise en sécurité, 220 arrêtés de mainlevée, 45 arrêtés d’insalubrité et 900 mises en demeure pour non-respect du règlement sanitaire, conduisant à la mise en conformité de 700 logements.

    Pour garantir la sécurité des habitants, Marseille recourt aussi aux travaux d’office lorsque les propriétaires défaillants n’agissent pas. En 2024, 102 procédures ont été engagées, pour un investissement de 3,9 millions d’euros. Depuis 2025, la baisse de ces procédures témoigne, selon la Ville, d’un effet dissuasif auprès des copropriétaires et bailleurs concernés.

    La lutte contre les marchands de sommeil constitue un autre pilier de l’action municipale. 194 propriétaires ont été signalés au procureur de la République et la Ville s’est constituée partie civile dans 14 affaires. Depuis 2020, 29 marchands de sommeil ont été condamnés.

    La transformation de l’habitat passe aussi par une rénovation urbaine de grande ampleur. À Marseille le programme est doté de 2,5 milliards d’euros, dont 650 millions de subventions Anru. Il concerne 14 quartiers NPNRU et 41 quartiers prioritaires, avec 3 450 logements à réhabiliter, 3 600 logements reconstruits pour compenser 3 000 démolitions. Parallèlement, plus de 32 millions d’euros de travaux urgents ont été engagés depuis 2023 sur des copropriétés dégradées. Fin 2025, les décrets déclarant d’intérêt national des opérations de requalification des copropriétés du Mail, des Rosiers, de la Maurelette et de Consolat, ont enfin été signés. Ils étaient attendus depuis 2022.

    Sur le volet de la production, la Ville s’est engagée à atteindre 4 500 logements par an. En 2024, 3 340 logements ont été autorisés, et 1 315 logements sociaux ont été agréés.

    Enfin, afin de contenir la tension locative, la Ville a renforcé la régulation des meublés touristiques. En 2024, 80% des 800 demandes de changement d’usage ont été refusées et 130 boîtes à clés illégales, retirées de l’espace public. En février, deux propriétaires à plus de 255 000 euros d’amendes pour des locations illégales. En parallèle, l’encadrement des loyers, en attente de validation ministérielle, constitue l’un des leviers majeurs envisagés pour préserver l’accès au logement des Marseillais.

  • Une troisième vague de rénovation urbaine

    Une troisième vague de rénovation urbaine

    Dans le salon de la Paix de la préfecture de région à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas attendu, comme il était prévu, la fin du second comité de pilotage national du logement pour faire sa principale annonce. « Nous allons avoir une troisième édition de l’Anru [les opérations de renouvellement urbain, Ndlr.] », lâchait-il tout de go face aux acteurs nationaux du logement social, de l’immobilier, du bâtiment réunis là. Une nouvelle vague de rénovations qu’il a souhaité lancer en urgence avant la présidentielle, « pour nous adapter aux rythmes des mandats municipaux ». De quoi accompagner les mesures qui figureront dans le projet de loi présenté en première lecture, avant l’été, pour faciliter la production de logements et atteindre un objectif de 2 millions d’ici l’horizon 2030.

    150 quartiers concernés

    « Jean-Pierre Raffarin avait décidé d’un premier Anru, avec le parti pris de venir traiter l’ensemble des logements d’après-guerre, Manuel Valls avait décidé d’un deuxième Anru tourné vers la mixité sociale. Il nous appartient de lancer cette troisième génération, qui permettra de traiter la période 2030-2040 », décrit le Premier ministre, face à la presse. La feuille de route esquissée lors du comité national prévoit cette fois d’intégrer aussi bien les enjeux de sécurité que de changement climatique, d’électrification des logements pour ne plus exposer leurs locataires aux flambées du prix du gaz, d’accès aux soins et aux différents services. « Jusqu’ici, l’Anru se basait uniquement sur un diagnostic bâtimentaire, explicitait le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun. Si on y met un critère fort de sécurité, un bâtiment qui crée de l’impasse, favorise le narcotrafic, on peut se dire que ça vaut le coup de le démolir. »

    Au total, quelque 150 quartiers à l’échelle nationale pourraient être concernés par cette nouvelle vague de renouvellement urbain, avec une ambition de pouvoir adapter les périmètres pour toucher les petites villes de moins de 25 000 habitants. Parmi les dossiers qui doivent être déposés avant l’automne, le Premier ministre évoque « 3, 4 ou 5 quartiers dans une ville comme Marseille ».

    C’est que son maire (DVG), Benoît Payan, a profité de ce comité de pilotage pour rappeler que « pendant des années, les acteurs locaux ont eu du mal à présenter des dossiers, avec des dossiers parfois inconsistants ». Et des centaines de millions d’euros de perdus derrière. Alors il accueille avec un large sourire cette nouvelle vague. « On sait qu’à Marseille, il y a des milliers et des milliers de logements indignes, qu’il y a des bailleurs sociaux qui ne font pas le travail, qu’il y a des copropriétés qui sont lourdement dégradées et notamment sous l’impulsion malsaine et malfaisante des marchands de sommeil », insiste-t-il face à la presse. Après la validation, en décembre, de quatre opérations d’intérêt national pour la requalification des copropriétés dégradées (Orcod-IN) à Marseille, il a profité de ce comité de pilotage pour défendre un renforcement de l’arsenal législatif. S’il est trop tôt pour indiquer où se porteront cette fois les chantiers du renouvellement urbain, il n’en souligne pas moins : « Il y a la question du centre-ville qui est très dégradé, et c’est vrai aussi pour le 3e arrondissement, mais il y a aussi des poches de pauvreté très fortes dans le 9e arrondissement. »

    Derrière l’annonce de la rénovation urbaine, le Premier ministre compte aussi, à travers son projet de loi, redonner la main aux intercommunalités sur les aides à la pierre et à la rénovation, donner le pouvoir aux communes de peser davantage sur les critères d’attributions de logements sociaux, y compris avec un veto sur celles-ci « qui puisse absolument être justifié par un trouble à l’ordre public ». C’est aussi la promesse de pouvoir créer des opérations d’intérêt local pour accélérer drastiquement les procédures administratives et restreindre les recours en justice en les unissant, l’allègement des critères d’aides pour la rénovation. Et le recul pour trois ans de l’interdiction des passoires thermiques, pourvu que les propriétaires promettent d’y faire des travaux. « Des propriétaires devraient dire à plus de 2 millions de personnes de sortir de leur logement, ce sera dramatique », justifie Vincent Jeanbrun. Dans une ville qui ne connaît que trop bien l’indécence de ces logements.

  • La Métropole lance une étude pour rénover le centre-ville d’Aubagne

    La Métropole lance une étude pour rénover le centre-ville d’Aubagne

    L’objectif énoncé au milieu du cahier des charges a le mérite d’être clair : « Éradiquer l’habitat indigne et très dégradé. » Ce lundi, la Métropole Aix-Marseille a lancé les procédures pour préparer le terrain à une possible opération programmée pour l’amélioration de l’habitat et de renouvellement urbain (Opah-RU), dans le centre-ville d’Aubagne, grevé par les logements vacants et les arrêtés de péril. Une étude pré-opérationnelle doit ainsi être conduite, pendant un an, pour identifier les habitations et copropriétés les plus fragilisées, le périmètre concerné et les moyens nécessaires, avant de lancer cette opération en sollicitant un soutien de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), dix ans après une première vague de restaurations encore insuffisantes.

    Recrudescence de périls

    Pour la nouvelle majorité aubagnaise, la découverte de cette procédure apparaît comme une « bonne nouvelle » au moment d’arriver aux affaires. « Le centre-ville d’Aubagne a besoin d’une nouvelle dynamique, c’est un engagement fort de la nouvelle majorité, appuie le maire (DVG) Jean-Pierre Squillari. L’amélioration de l’habitat va contribuer à cette redynamisation. » Alors que le premier conseil métropolitain de la mandature doit se réunir le 7 avril prochain, l’ancien lieutenant-colonel des sapeurs-pompiers promet d’ores et déjà : « Nous allons travailler avec la Métropole pour que les actions correspondent bien au besoin. »

    C’est que lors du dernier mandat du maire (LR) Gérard Gazay, l’opposition de gauche avait dû batailler sur la question du logement, portant en conseil municipal les combats des délogés de la rue de la République (notre édition du 21/03/2023). Des actions pourtant avaient été entreprises. Après Marseille, la Métropole avait instauré, en juillet 2023, un permis de louer dans le centre-ville historique d’Aubagne, avec un périmètre élargi depuis le 1er janvier dernier (notre édition du 24/12/2025). Une convention de lutte contre l’habitat indigne avait également été signée en 2024, avec l’État et la Métropole, pour une durée de quatre ans. Entre 2016 et 2021, quelque 232 signalements avaient été enregistrés, dont 100 encore actifs à la fin de la période. Mais le Plan local d’urbanisme adopté en 2023, s’il mentionne les nécessaires rénovations, s’attache davantage à mettre en avant les ravalements de façades et réaménagements de l’espace public pour recréer un décor de carte postale pagnolesque.

    « Malgré la mise en place, depuis plusieurs décennies, de différents dispositifs, le centre ancien d’Aubagne connaît une recrudescence de procédures de mise en sécurité et de signalements de situation de non-décence, mettant en évidence une dégradation de son habitat avec principalement des désordres structurels et la nécessité d’une intervention publique », tranche le cahier des charges, publié ce lundi.

    L’étude pré-opérationnelle, prévue pour durer un an, devra ainsi réaliser un diagnostic complet du centre-ville, avec un recensement exhaustif des situations probablement concernées par l’habitat dégradé ou indigne, des copropriétés fragilisées, en identifiant les situations sociales des occupants et les mécanismes à déployer, notamment le déploiement de procédures coercitives, des travaux d’offices aux expropriations. Avec l’objectif de définir le périmètre précis d’intervention, potentiellement étendu au centre-ville moderne, et d’un programme d’action opérationnel, le tout sous l’égide de One Provence Promotion (ex-Façonéo). Un chantier majeur pour débuter la mandature.

  • Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Petitapeti en besoin de nouveaux locaux

    Les familles se regroupent jeudi 12 mars en face de l’école Hozier, dressant des pancartes avec inscrit : « Notre association ! Touche pas à mes enfants ! » ou encore « Sans local fixe, on sera dehors ! ». Pour cause, « le local de l’association Petitapeti a été racheté en juin dernier. Le bail arrivant à expiration, nous ne disposons plus que de quelques mois pour trouver un nouveau local », explique Camille Perdreau, coordinatrice de l’association.

    Véritable poumon du quartier de la Joliette, Petitapeti est un lieu de rencontre pour les enfants et leurs parents. L’association propose un accompagnement éducatif avec des activités culturelles et de loisirs pour les enfants de 6 à 12 ans. Camille Perdreau est consternée : « Les enfants ne doivent pas être les oubliés de la rénovation urbaine. »

    Un besoin de locaux

    L’association a tenté de mobiliser par une pétition, mais après 600 signatures, « aucune réponse concrète des collectivités », déplore la coordinatrice. « On nous parle de lutter contre l’errance de nos enfants, mais ils n’ont aucun endroit où aller ni où s’épanouir », déplore Nesrine Abdessade, mère de deux enfants et habitante du quartier. Elle rappelle qu’une de ses filles est restée un an et demi sur liste d’attente pour rejoindre l’association.

    Depuis 10 ans déjà, cette dernière bataille pour avoir accès à un local plus grand : l’actuel ne fait que 40m². Conséquence, un grand nombre de familles reste en attente. La coordinatrice précise : « Le problème n’est pas ce propriétaire, mais plutôt pourquoi il n’y a pas plus de réquisitions de locaux vides dans le secteur. Toute la rue Vincent-Leblanc, la rue de la Joliette, les rez-de-chaussée sont vides. »

  • [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    15 bonnes raisons d’aller voter ce 15 mars pour le premier tour des élections municipales. De la défense des services publics à la gestion du bâti scolaire en passant par une politique de soutien aux structures associatives et sportives… Les maires ont un impact direct sur le quotidien des administrés avec bien des leviers à leur disposition. Tour d’horizon des enjeux pour ce scrutin qui concerne le premier échelon de la démocratie.

    1.

    Au cœur de la campagne des municipales à Marseille il y a six ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, le logement se trouve au croisement de l’action municipale et métropolitaine. De la planification des constructions à la lutte contre le mal logement grâce aux permis de louer instruits par la Métropole ou les arrêtés de mise en sécurité et travaux d’office conduits par les communes, en passant par la signature des permis de construire, la régulation des locations saisonnières ou la conduite de la rénovation urbaine, l’action publique prend de nouvelles formes. Après la mise en place de véritables services municipaux dédiés, la tâche reste immense face à la crise du secteur pour assurer le droit au logement, et à vivre dans un logement digne grâce à la mise en place d’un gendarme municipal du logement proposée à gauche. Y compris pour le parc public, où la différence de traitement entre le bailleur municipal Marseille Habitat et métropolitain Provence Métropole Logement démontre l’importance du choix dans les urnes.

    2.

    Six ans après la pandémie de Covid, la santé occupe une place de plus en plus importante au cœur des politiques municipales. Conséquence, aussi, des reculs de la Sécurité sociale et de la désertification médicale. Ainsi le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux s’est battu pendant des années pour redonner des moyens au centre hospitalier qu’il préside. De nombreuses mairies doivent se battre pour attirer les médecins. La liste de gauche Demain Sisteron propose d’avoir des médecins salariés sans dépassements d’honoraires par exemple. Et de nombreux programmes défendent l’installation de centres de santé. Et s’ajoutent encore les nécessaires politiques de prévention.

    3.

    Pour renforcer le pouvoir d’achat de leurs administrés, les communes disposent de plusieurs leviers directs. Elles peuvent agir sur les tarifs du quotidien en gelant ou en modulant les prix des cantines, des crèches, des activités périscolaires ou des équipements sportifs et culturels. À Avignon, la remunicipalisation de la restauration scolaire orchestrée par la maire sortante (PS), Cécile Helle, a permis une baisse des tarifs : plus de 50% des élèves paient moins d’un euro. Les villes peuvent aussi distribuer des aides en nature, comme des kits de rentrée scolaire lancés en 2023 à Marseille par le Printemps marseillais. La maîtrise du foncier ou la production de logements sociaux permet également de limiter la hausse des loyers. La gestion en régie de services comme l’eau ou l’énergie peut garantir des tarifs stables et protéger les ménages des hausses. Enfin, les mutuelles municipales, proposant des tarifs plus attractifs, sont une autre manière de redonner du pouvoir d’achat.

    4.

    Loin de la dépolitisation affichée dans ce scrutin de proximité, les municipales permettent d’exprimer des visions différentes du service public. Au moment où ferment centres des impôts, bureaux de poste, caisses d’assurance-maladie, des collectivités se sont engagées pour défendre leur maintien comme à Martigues, ou pour assurer l’accès aux droits comme à Marseille avec la mise en place d’un territoire zéro non-recours aux droits. Le service public se décline dans les structures sportives et culturelles, les écoles, les crèches, la sécurité, mais aussi à travers l’accès à l’administration municipale, que ce soit par la dématérialisation des démarches ou surtout l’ouverture de bureaux de proximité. Se pose, enfin, la question d’agents en nombre suffisants et suffisamment formés et rémunérés, sans contrat précaire, pour assurer ce service public.

    5.

    La gestion du bâti des écoles publiques primaires et maternelles relève directement des mairies puisque propriétaires des bâtiments. Elles ont en charge les travaux, la restauration scolaire et sont organisatrices des activités périscolaires… D’où l’importance de la présence de mesures pour la rénovation dans les programmes. Le plan « Marseille en grand » et son pan de rénovation des écoles conduit par le Printemps Marseillais symbolisent la volonté d’action sur le sujet. Même principe pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique avec des propositions comme la végétalisation des espaces que l’on retrouve dans le programme de Magali Brunel pour la liste d’union de la gauche à Toulon. Cette dernière propose aussi une « carte scolaire inter-quartiers ». Bien loin de l’uniforme obligatoire proposé par la liste de l’extrême droite à Marseille. Même principe pour la restauration scolaire où certaines listes rivalisent d’idées pour améliorer la qualité des repas des minots : municipalisation du service pour les insoumis marseillais, « cap sur le 100 % bio et local » pour Marc Pena à Aix…

    6.

    Avec près de 900 000 visiteurs dans les musées marseillais en 2025, un record, le pari de l’adjoint à la culture Jean-Marc Coppola (PCF) avec la gratuité des musées est réussi. Preuve que l’action municipale a une incidence directe sur l’offre culturelle locale, outre le soutien via des subventions et autres accompagnements aux acteurs du milieu. Quand le cinéma de Sisteron ferme, la liste d’union de la gauche propose qu’il passe « sous gestion d’intérêt public ». À Avignon, le candidat PS, David Fournier propose justement de « soutenir la culture d’excellence accessible à tous avec la gratuité des musées, le théâtre hors les murs ». La liste insoumise à Marseille vise la création d’une « Maison municipale de la création »… De quoi favoriser, ou pas, l’accès à la culture.

    7.

    Premier échelon de la démocratie locale, les mairies sont, en théorie, les lieux où les citoyens sont les plus proches des décisions. Encore faut-il qu’elles proposent des dispositifs pour qu’ils se fassent entendre tout au long du mandat. De Magali Brunel à Toulon en passant par Marc Pena à Aix, la gauche table sur le duo « plus de concertation et d’association des citoyens aux décisions ». Le Printemps Marseillais peut se targuer de la mise en place des budgets participatifs mais aussi de « l’Assemblée Citoyenne du Futur » durant ce mandat. Quand l’insoumis Sébastien Delogu veut placer le curseur encore plus haut avec une mise en place de « comités populaires » dans moult strates de la politique municipale : comité populaire pour le budget, pour la commande publique…

    8.

    Pour améliorer la sécurité de leurs administrés, les communes disposent de leviers concrets, même si la police nationale reste compétente sur le judiciaire. La police municipale est revendiquée par la quasi-totalité des candidats dans des rôles et proportions différents. Sa présence, à pied, à vélo, à cheval, en voiture ou en bateau, comme c’est désormais le cas à Marseille, permet de prévenir les incivilités, d’apaiser l’espace public et de renforcer le sentiment de tranquillité. Les communes ont aussi la capacité de déployer des dispositifs de vidéoprotection, moins consensuels sur l’échiquier politique, certains à l’extrême droite y voyant faussement la solution miracle quand d’autres à l’inverse la rejettent totalement. À cela s’ajoutent les actions de prévention via les médiateurs de rue, les éducateurs, ou les conseils locaux de sécurité, au contact des habitants. Enfin, avec son pouvoir de police, le maire peut prendre des arrêtés encadrant l’alcoolisation sur la voie publique, les rodéos urbains ou les nuisances nocturnes.

    9.

    Les communes disposent de plusieurs leviers pour soutenir la vie associative, pilier de la cohésion locale malmenée par l’austérité budgétaire imposée par l’État. Le premier est financier : les municipalités attribuent des subventions de fonctionnement ou de projet, permettant aux structures culturelles, sportives ou sociales de déployer leurs activités. Derrière ce levier, le premier enjeu est leur indépendance. Les villes peuvent également mettre à leur disposition salles, gymnases, stades ou bureaux. Les communes apportent aussi une aide logistique dans l’organisation d’événements sur l’espace public. Certaines créent une Maison des associations pour accompagner les bénévoles, proposent des formations et centralisent les démarches. Le soutien se traduit enfin à travers des forums, des appels à projets ou des conventions d’objectifs.

    10.

    Les communes jouent un rôle central dans la politique sportive locale, avec des prérogatives qui en font les premiers acteurs du sport de proximité. Elles ont d’abord la responsabilité de construire, gérer et entretenir la majorité des équipements sportifs du quotidien : gymnases, stades, piscines, city-stades… À Marseille, l’état des piscines abandonné depuis des décennies constitue un frein à l’apprentissage de la natation. Les communes fixent aussi les conditions d’accès, les horaires et les tarifs, pouvant décider de la gratuité ou de tarifications sociales pour favoriser l’accès au sport. Elles soutiennent directement les clubs amateurs associatifs à travers leurs subventions, la mise à disposition de locaux et de matériel. Elles pilotent des activités périscolaires et l’accueil des scolaires dans leurs équipements municipaux.

    11.

    Compétence métropolitaine, les transports en commun du quotidien occupent une place nécessaire dans les programmes. D’autant plus dans les métropoles de la région qui ont un train de retard dans le développement des modes lourds, que ce soit à Toulon ou Marseille, tandis que les retards et la saturation des bus font partie du quotidien dans les quartiers populaires. Ainsi à Toulon la candidate de la gauche Magali Brunel (PS) met sur la table le retour du tramway dans le Port du Levant, d’Ollioules à La Garde. À Marseille, chaque liste y va aussi de ses propositions de tracé au nord, à l’est comme au sud, tant sont nombreux les quartiers qui restent enclavés. Les propositions pour étendre la gratuité d’usage des transports en commun montent également, à Toulon comme à Marseille où droite comme gauche proposent de l’étendre aux moins de 26 ans. Enfin, la question de la voirie reste présente dans le débat public, pour proposer plus de pistes cyclables ou encore trancher sur l’avenir du Boulevard urbain sud à Marseille.

    12.

    Sujet particulièrement sensible à Marseille, la gestion de la propreté, et donc des services de collecte des déchets, est au cœur des débats. Compétence également métropolitaine puisque gérée par la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs listes dans différentes communes réclament de « récupérer la compétence du ramassage des ordures et des encombrants » comme la maire sortante et candidate à sa succession sur Aix, Sophie Joissains (UDI). Même principe à Martigues où Gaby Charroux a plusieurs fois critiqué la collecte métropolitaine. À Marseille, Benoît Payan table sur un retour en force des cantonniers, tout en laissant la compétence à la Métropole mais en récupérant sa gouvernance… De quoi poser en grand la question de l’enjeu métropolitain liée à ces élections municipales.

    13.

    Les municipalités disposent de leviers décisifs pour agir sur l’environnement : elles maîtrisent l’urbanisme via le PLU, choisissent où l’on construit, combien d’espaces verts sont protégés et comment la ville s’adapte au climat. Elles gèrent la végétalisation, les parcs, les arbres urbains, la lutte contre les îlots de chaleur ou la perméabilisation des sols. Elles agissent aussi sur la mobilité – stationnement, cheminements piétons, réseaux cyclables – et sur la performance énergétique de leurs bâtiments publics. À Marseille, la bataille que se livrent la municipalité de Marseille et la Métropole autour de la poursuite du boulevard urbain sud, est une illustration des clivages droite – gauche. À Avignon, la Ville a déployé un Plan Climat local, une « Charte de l’Arbre » et des opérations de végétalisation participative pour renforcer la biodiversité et impliquer les habitants. Partout, les mairies sont ainsi en première ligne pour adapter les territoires au changement climatique, protéger les ressources et améliorer durablement la qualité de vie.

    14.

    Si l’emploi n’est pas une compétence directe d’une commune, elle dispose de leviers pour agir. D’une part, les maires peuvent soutenir directement, ou pas, les installations d’entreprises sur son territoire ou l’arrivée d’infrastructures nécessaires pour leur développement. C’est tout le débat qui se joue sur la réindustrialisation de l’Étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône. D’autre part, les communes peuvent très concrètement jouer sur l’écosystème économique avec des aides aux commerces de proximité, dialogue ou partenariat avec les chambres consulaires ou encore les investissements…

    15.

    Dès le début de sa campagne, le Printemps marseillais avait alerté sur la menace. Le sud-est de la France est en effet en première ligne face aux ambitions de l’extrême droite. À Toulon, malgré la gestion calamiteuse du FN au pouvoir après 1995, la députée Laure Lavelette menace très sérieusement une droite divisée et affaiblie après la peine d’inéligibilité de l’ex-maire Hubert Falco.

    À Marseille, Franck Allisio est donné au coude-à-coude dans les sondages avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, avec un RN qui risque d’être nourri par les reports de voix d’une droite qui dégringole à chaque enquête d’opinion entre affaires et sortie de route fâcheuse.

    Dans les villes moyennes, l’extrême droite nourrit des ambitions autour de l’étang de Berre, pour conserver ses municipalités à Rognac ou Marignane voire s’imposer à Martigues, dans le nord ouest des Bouches-du-Rhône, de Tarascon à Sénas, ainsi que sur le littoral varois où Cogolin et Fréjus sont déjà dans ses mains. Restent aussi les petites communes de Vaucluse, dont cinq sont déjà à l’extrême droite, sans compter Orange et l’inénarrable dynastie des Bompard. Derrière ces conquêtes, des modes de gestion souvent autoritaires qui nourrissent les affaires judiciaires, et des choix qui poussent à diviser la population. Le président du RN Jordan Bardella n’a pas donné d’objectif chiffré de conquêtes, mais il a déjà annoncé qu’elles serviraient de marchepied pour la présidentielle de 2027. Alors derrière ce vote des municipales, c’est un choix de civilisation pour le pays entier qui se dessine.

    Garantir le droit au logement
    Défendre une santé de proximité
    Agir sur le pouvoir d’achat
    Se battre pour les services publics
    Bien gérer les écoles publiques
    Garantir l’accès à la culture
    Favoriser la démocratie locale
    Tranquilliser l’espace public
    Soutenir le monde associatif
    Avoir du sport pour tous
    Développer les transports
    Vivre dans une ville propre
    Protéger l’environnement
    Défendre l’emploi
    Repousser la vague brune