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  • [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    [Grand entretien] Florent Dasque : « On va passer un beau moment de partage »

    La Marseillaise : Votre nouvel album s’intitule « Je rentre à la maison ». Que signifie la maison pour des artistes qui partent régulièrement en tournée comme vous ?

    Florent Dasque : C’est un sujet qu’on interroge tout au long de l’album, notamment dans une chanson qui s’intitule elle-même « Je rentre à la maison ». Dans la chanson, notre personnage part de chez lui et repense à l’endroit où il a grandi, à tous ceux qu’il laisse derrière lui. Il doit se reconstruire ailleurs. C’est une question très présente chez les artistes : on vit dans les tourbus, on se reconstruit un peu à chaque endroit où l’on se produit. On a choisi ce thème en le laissant ouvert à toute interprétation, parce que c’est très difficile de définir ce qu’est une maison. Ce n’est pas une maison maçonnée, avec quatre murs et un toit. C’est un refuge intérieur, invisible, dans lequel on peut enfermer des visages, des souvenirs, des paysages, des couleurs, des saveurs, une langue, une région, un pays, peu importe. Notre identité transite dans notre maison au fil de la vie.

    Cette réflexion s’accompagne d’un projet pédagogique et culturel inédit. En quoi consiste-t-il ?

    F.D. : Ça fait des années qu’on est sollicité pour rendre visite à des publics scolaires ou associatifs, ces échanges nous plaisaient tellement qu’on s’est dit qu’il fallait leur consacrer davantage de temps. On s’est donc entourés d’enseignants, de chercheurs et de formateurs, qui ont créé des fiches pédagogiques autour des questionnements sur l’identité. C’est devenu un espace d’expression pour les scolaires, mais aussi pour n’importe quelle association, des personnes en situation de handicap, des foyers, etc. Aujourd’hui, n’importe quel enseignant ou éducateur peut trouver ces fiches sur le site du ministère. Ce sont des déroulés de séances adaptés pour des enfants de 8 ans jusqu’à des ados de 18 ans, voire des publics de 30 ou 40 ans. Il y a des exercices qui posent des questions comme : Qui suis-je ? Qu’est-ce qu’il y a dans ma maison ? Peut-on avoir plusieurs maisons ? Peut-on reconstruire une maison quand on a quitté la sienne ? C’est un support qui s’adresse à des publics très divers, pour que chacun, peu importe son parcours, d’où il vient, où il va, puisse réfléchir à ce que représente la maison pour lui. L’an dernier, avec l’aide du ministère de l’Éducation Nationale, on a récolté des milliers de projets de jeunes sur ce sujet. À chaque concert, on a réservé nos premières parties aux projets qui nous ont le plus interpellés, que ce soit de la poésie, du slam, de la lecture, de l’art plastique, de la musique… On a par exemple reçu des réécritures de couplets de « Je rentre à la maison » en roumain, en arabe ou en suédois. C’était une façon pour ces jeunes qui parlaient une langue différente chez eux de se rapprocher d’une maison qui leur ressemble et qui les rassure. Beaucoup de projets portaient aussi sur la lutte contre le harcèlement scolaire. Chez les plus grands, on a eu des réflexions plus philosophiques sur la quête d’identité, en perpétuelle construction tout au long de la vie. C’est un grand projet culturel qu’on mène depuis un an maintenant, on le reconduit à la rentrée avec l’Éducation nationale.

    Partager autant avec le public, notamment avec les jeunes, a-t-il influencé votre rapport à la musique ?

    Initiales : On dit souvent que Boulevard des Airs a été créé pour être sur scène, pour partager avec les gens. Effectivement, ce projet était aussi un prétexte pour aller à la rencontre d’un public nouveau, de faire de la musique différemment et ne pas s’enfermer entre concerts, tournées et studios. Ça a donné beaucoup de sens à notre démarche d’artiste et à cet album. Et puis les jeunes, c’est un public qu’on adore. À cet âge-là, il n’y a pas de filtre. Se poser des questions aussi intimes que les questions sur l’identité, qui interrogent en profondeur le parcours des gens, ça soulève des réflexions très intéressantes et très inspirantes pour nous.

    C’est la première fois que vous vous produisez à Ici Live La Ciotat. Pourquoi être présents cette année ?

    F.D. : On est un groupe qui vient du sud de la France, on a collaboré avec plein d’artistes du sud, notamment Carbonne. Donc on a hâte d’y être pour partager avec le public. En plus, l’endroit est superbe, avec la scène sur l’eau. On va passer un beau moment de partage ! C’est toujours un plaisir d’aller à la rencontre de nouvelles personnes, de nouveaux endroits et de nouvelles équipes.

    Après la tournée des festivals, vous avez prévu un voyage aux États-Unis. À quelle occasion ?

    F.D. : Notre projet pédagogique autour de l’album s’est largement exporté puisque l’on part à la rencontre de jeunes américains mais aussi de jeunes d’autres horizons en fin d’année. On va sur une dizaine de villes de la côte ouest pour faire de la musique autrement, avec un public différent. Ce projet a énormément grandi, il n’avait pas du tout vocation à devenir ce qu’il est aujourd’hui ! C’est vraiment une réussite pour nous de pouvoir prendre conscience des questionnements sur l’identité qui ont lieu ailleurs que chez nous. À notre retour, on réattaque la tournée des salles début 2027. On est déjà en train d’écrire la suite, donc on a hâte de continuer notre histoire avec le public.

    Propos recueillis par Andréa Goyard-de castro

  • [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    [C’est l’été] Rencontre culturelle à Saint-Paul-sur-Ubaye

    Le documentaire réalisé par Cara Holmes présente le quotidien de Orla Barry, éleveuse et artiste irlandaise.

    G.C.

    Film en VO sous-titré français.

    Réservation sur le site ubaye-tourisme

  • [C’est l’été] Le cluedo des araignées à Cabrières-d’Avignon

    [C’est l’été] Le cluedo des araignées à Cabrières-d’Avignon

    Le Cluedo est une animation familiale proposée à partir de 7 ans. Encadrée par
    deux animatrices, cette rencontre mêle découverte de l’araignée et de son univers, jeu et observation pour explorer leur monde.

    G.C.

    9h, gratuit.
    Sur réservation.
    À la médiathèque, 23 Grande Rue.

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    [Tous dehors] Les rues aixoises transformées en scènes musicales

    Composez votre propre voyage musical », annonce le conservatoire Darius-Milhaud à l’occasion de la 13e édition du festival Musique dans la rue. Au programme, 47 rendez-vous dans quatre lieux d’exception : la cour Sainte-Catherine, la place d’Albertas, l’église du Saint-Esprit et le jardin du Pavillon de Vendôme. « L’objectif est de proposer un festival accessible, ouvert à tous, même au jeune public, et gratuit. Pour les Aixois comme pour les touristes, le but est de découvrir des lieux emblématiques de la ville et de venir écouter des répertoires très différents », explique Louisiane Toumelin, coordinatrice du festival.

    « On en a pour tous les goûts ! », se félicite-t-elle. Entre concerts et fanfares ambulantes, une large diversité d’artistes et de genres musicaux est proposée, du rock à la musique lyrique, en passant par la bossa nova, le classique et le jazz. Chaque concert dure une trentaine de minutes, afin de pouvoir « voir des choses très diversifiées », précise la coordinatrice. « Le but est de susciter la curiosité du public. Par exemple, on a un concert qui va proposer des reprises de musiques de Gainsbourg, de Rihanna, mais aussi de compositeurs classiques comme Mozart », annonce-t-elle.

    La soirée d’ouverture se déroulera au conservatoire Darius-Milhaud, ce vendredi 21 août de 20h à 21h15, pour une rencontre « placée sous le signe de l’excellence musicale et du dialogue entre les cultures ». Le violoniste franco-syrien aixois Bilal Alnemr jouera aux côtés du Jeune Ensemble de Berlin lors d’un concert symphonique.

    Des musiciens

    à la rencontre du public

    Trois déambulations festives sont prévues les 27, 28 et 29 août. Entre fanfare électrique et jazz créole, Louisiane Toumelin invite le public à « se raccrocher à la déambulation quand elle passera devant les terrasses de cafés ». Après des éditions compliquées dans le contexte du Covid, la coordinatrice du festival insiste : « On est ravis de proposer une belle édition, avec autant de concerts dans des lieux en simultané. Ce qui va être difficile pour le public, c’est de choisir ce qu’il a envie de voir ! »

    Programmation complète
    sur le site de l’office de tourisme.

  • [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette visite ?

    Farida Benaouda : Je suis venue ici pour mettre des mots, mettre des visages, voir des sourires, voir le regard que ces petits marseillais ont pendant ces « Vacances pour tous ». C’était important de venir à la rencontre des animateurs, des organisateurs, ces grands frères et grandes sœurs, qui travaillent toute l’année sans relâche pour essayer de donner aux enfants une première baignade dans un lac, des premières veillées, une première fois à la montagne… Et leur dire que la Ville de Marseille a été là pour porter ce projet. Car le maire, Benoît Payan, a maintenu le cap, malgré un contexte de restrictions budgétaires. Quand on regarde sur ce volet : en 2021 on était sur une enveloppe de 150 000 euros pour ce dispositif. Aujourd’hui, en 2026, on est sur 750 000 euros. D’autant que cette année, ça a été très difficile, parce que l’État s’est totalement désengagé de plusieurs dispositifs. Mais nous avons fait le choix de maintenir le budget, car on maintient surtout le départ de plus de 1 600 gamins. Ce ne sont pas des chiffres : ce sont des enfants qui vont pouvoir partir en vacances grâce aux « Vacances pour tous », qui vont se créer des souvenirs.

    En quoi ce dispositif permet un coût minime pour les familles ?

    F.B. : Il y a une participation d’un euro à 10 euros par enfant et par jour, en fonction du quotient familial. On essaie toujours de tabler sur le minimum pour les familles. Et ce, pour essayer de faciliter les départs. Il faut se dire que partir en vacances, ce ne doit pas être un privilège. On ne veut pas que les petits marseillais découvrent des vacances à travers des livres, ou à la télé, ou derrière un smartphone, il faut vraiment qu’ils arrivent à vivre ces vacances-là, à vivre cette expérience. Quand on retrouve des enfants qui reviennent de ces colonies et qui savent faire leur lit, alors qu’avant, c’était la maman ou le papa, qui s’en occupait, on a gagné quelque chose. « Les Vacances pour tous », ce n’est vraiment pas un dispositif banal.

    90 ans après le Front Populaire et les premiers congés payés, il faut sanctuariser ce droit aux vacances pour les enfants ?

    F.B. : Évidemment. On se bat pour maintenir ce dispositif, pour le développer. On est d’ailleurs en pleine discussion avec la CAF pour un engagement plus important et ainsi faire partir encore plus d’enfants. Ils partent d’ailleurs de différents quartiers de Marseille, ils ont tous une histoire et viennent de paysages différents, il y a une mixité, à l’image de la ville… Ces enfants et ces jeunes vivent des choses qu’ils ne pourraient pas forcément vivre à Marseille. J’ai discuté avec une petite de 8 ans, c’était sa première randonnée, sa première baignade dans un lac, sa première découverte de la montagne. Elle a découvert une autre vie. Quelque part, ils écrivent un chapitre de leur vie. L’avenir est à travers eux, si on veut rééquilibrer la ville et décloisonner les frontières qui ont été érigées pendant trop longtemps, ça sera grâce à eux. L’équité dans la vie part aussi de là : des vacances. C’est pour cela qu’on aimerait développer encore plus ce dispositif et que l’on va tout faire pour. On souhaiterait ouvrir le catalogue de manière plus large, et peut-être doubler le nombre d’enfants qui partent…

    Quelle importance ont ces colonies dans la vie des enfants ?

    F.B. : Là on n’est plus sur des lignes budgétaires, on est sur la vie en immersion, de comment c’est vécu, et aussi comment ils vivent ça, qu’est-ce qu’ils en ont gardé, quel a été le souvenir le plus marquant, comment ils ont préparé ces vacances…. Parce qu’il y a l’avant, le pendant et le après, et quand on discute avec ces jeunes, ils n’ont pas envie de rentrer chez eux, ils ont envie de prolonger leurs vacances, et nous, on est aussi là pour essayer de récupérer une petite partie de leur histoire, de leurs vacances. Car ce sont ces vacances-là qui vont se retrouver marquées dans leur mémoire à tout jamais. Une colo ce n’est pas juste partir et avoir une semaine de vacances, une colonie c’est vivre en collectivité, c’est l’apprentissage, c’est justement les règles qu’on doit aussi respecter, et c’est grandir, c’est changer, c’est être autonome, c’est tout ça. Ils partent avec une valise qui est pleine de souvenirs, et aussi un petit déclic qui se fait pour chacun d’entre eux.

    Quelle analyse de ce désengagement de l’État ?

    F.B. : C’est un signal très négatif. On s’y attendait un petit peu mais pas à ce point. Ce désengagement a mis un coup à beaucoup de structures. Il faut faire comprendre que les colonies, ce n’est pas juste des chiffres mais bien des moments de vie. Pour certaines familles, les enfants ne pourraient pas partir sans ces dispositifs.

  • [Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »

    [Entretien] Philippe Rio, maire PCF de Grigny, Essonne : « Les maires se cognent à toutes les réalités »

    La Marseillaise : Quel est l’objectif de votre visite dans la région ?

    Philippe Rio : Je viens à la rencontre de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens des Bouches-du-Rhône, aujourd’hui présidée par Paul Sabatino, maire (PCF) du Rove. J’ai prévu une belle balade, qui passe par Le Rove donc, mais aussi Aubagne, Belcodène, Septèmes-les-Vallons, Marseille, Port-de-Bouc et Martigues. L’objectif est d’échanger et d’apprendre avec l’ensemble du réseau de la coopérative. Mon premier point sera de dire un grand bravo aux élus communistes, républicains et citoyens. Alors que tout le monde s’attendait à une vague brune, ils sont parvenus à maintenir leurs élus et parfois même à en gagner, comme à Aubagne, où la ville a rebasculé à gauche. Ils ont su s’organiser et résister. Je suis donc venu m’intéresser aux méthodes qui ont permis à notre vision de la justice sociale, de la solidarité, et d’une autre société, de continuer d’exister. Ensuite, notre feuille de route est claire : conforter le réseau de la coopérative, mais aussi se former à la gestion communale et intercommunale, qui est complexe, en échangeant les uns avec les autres. L’objectif est de réfléchir ensemble à la meilleure façon de faire.

    La France est confrontée à de violents incendies et les maires se retrouvent en première ligne, même si leurs compétences en la matière sont limitées. Comptez-vous aborder cette question ?

    P.R. : Quoi qu’il arrive, que ce soit la question des incendies ou n’importe quelle autre, tout finit par atterrir sur les communes. Beaucoup de choses nous dépassent, le changement climatique en fait partie. Pour autant, on doit, là où nous sommes, comme de petits colibris, s’attaquer à la question de l’atténuation de nos émissions et en même temps s’adapter. Les communes, comme les maires, se cognent à toutes les réalités, y compris celles qui ne relèvent pas juridiquement de leurs compétences. Nous percutons tous de plein fouet les conséquences du changement climatique, et le bassin méditerranéen d’autant plus. Je suis président d’un réseau national et ce qui se passe aux quatre coins de la France me perturbe. L’arc méditerranéen est à l’avant-garde de ces questions, je suis donc aussi venu apprendre. Le réseau des élus de la coopérative est aussi là pour ça : récolter l’expérience des uns et des autres sur la gestion, anticiper les crises… Nous aussi, à Grigny, à quelques kilomètres de Fontainebleau [où un feu a brûlé 2 200 hectares mi-juillet, Ndlr], avons besoin de savoir comment réagir face au feu. De la même manière, la gestion des périodes de forte chaleur est quelque chose que nous avons à apprendre de la région Sud : comment adapter les équipements publics, les écoles, les dortoirs dans les maternelles, les crèches, les Ehpad ? C’est aussi à ça que servent ces rencontres car nous, dans le nord, nous ne savons pas comment faire.

    Vous vous êtes récemment exprimé sur le Pass Sport, qui devait être rétabli à la rentrée pour les 6-13 ans. Quelle est votre position ?

    P.R. : Le Pass Sport était une mesure simple, populaire, de pouvoir d’achat [aide financière à destination des familles pour l’inscription de leurs enfants à une structure sportive, Ndlr]. L’aide avait été retirée pour les 6-13 ans l’an passé, mais on nous avait promis un retour cette année. Et on apprend qu’à quelques semaines de la rentrée, rien n’est prêt. Le gouvernement est en train de retirer quelque chose qui commençait à bien fonctionner. C’est un outil précieux, notamment pour les familles nombreuses, qui n’ont plus à choisir quel enfant elles inscrivent au sport, sachant que, souvent, les garçons sont privilégiés. Dans ma commune, le dispositif a permis une augmentation d’inscription de 40% chez les filles.

  • [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    [C’est lété] « Ciao Moka », une vague culturelle italienne à Marseille

    Une vague aux couleurs criardes sort de la moka, cette cafetière italienne emblématique, pour répandre ses notes, couleurs et la culture de la Botte sur Marseille. Symbolisé sur l’affiche de sa 6e édition, l’ADN de Ciao Moka, ce festival qui, « comme une marée montante, apporte les saveurs, rythmes et histoires d’une Italie vivante, généreuse et toujours en mouvement ». Selon Sonia Nisi, sa fondatrice et directrice, une édition « encore plus pluridisciplinaire » lancée à l’Alcazar jeudi 16 juillet à 17h30 par une rencontre avec Arianna Cecconi, « anthropologue, enseignante à l’Université d’Aix-Marseille et chercheuse dans le domaine des rêves et du sommeil qui viendra présenter son deuxième roman La ronde des insomniaques ».

    Le lendemain, place aux arts vivants pour Ciao Moka, qui investira le Parc Longchamp dès 19h avec Yaraka. Originaire des Pouilles, un groupe qui « chante dans le dialecte de Tarento, tout en fusionnant les rythmes du sud de l’Italie et de la Méditerranée en général. Ils explorent aussi les musiques africaines et amazoniennes dans une idée de transe », décrit la directrice de ce festival qui poursuivra la soirée pour les amateurs de danse avec des ateliers de pizzica, tarentelle venue du sud de l’Italie, mais aussi de cinéma. Dans le cadre de l’été marseillais et du Ciné plein air, Nous nous sommes tant aimés sera projeté. Un chef-d’œuvre d’Ettore Scola (1974) qui « retrace 30 ans d’histoire italienne après-guerre et les changements de la société. Avec des acteurs phares du cinéma italien (Vittorio Gassman, Stefania Sandrelli, ndlr). Et c’est aussi un hommage au cinéma italien, on voit même Federico Fellini dans le film en train de jouer son propre rôle et de tourner La dolce Vita », développe avec plaisir Sonia Nisi.

    Italo-disco au sommet

    Ciao Moka fera son retour à l’Alcazar le samedi 18 juillet à 16h, où le maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université d’Aix-Marseille Stéphane Mourlan « va raconter l’histoire de l’immigration italienne à Marseille aux XIXe et XXe siècles », avant une visite guidée sur les traces qu’elle a laissées dans la ville. Cap ensuite, dès 19h30, sur le toit-terrasse de la Friche Belle de Mai avec une triple performance : la danseuse et DJ de house italienne Betty Wesh, la rappeuse et chorégraphe originaire de Vénétie Adriana et le groupe de Valentino Vivace, « nouvelle figure montante de l’italo-disco ». Clap de fin de cette 6e édition de Ciao Moka, dimanche à 17h30 avec une visite guidée de la Belle de Mai autour de l’histoire de ce quartier ouvrier irrigué par l’immigration italienne au siècle dernier. à 19h, la Friche accueillera Niente panico, spectacle de cascades et jonglages imaginé par le circassien florentin Giuliano Garufi, avant un karaoké géant basé sur le répertoire des chansons populaires transalpines.

  • Les Allemands en force au Mondial

    Les Allemands en force au Mondial

    Au milieu des équipes françaises, la triplette allemande d’Uli Mössinger, Frank Mössinger et Thomas Langer, fait ses débuts dans la compétition sur l’hippodrome du Parc Borély. Cet endroit, ils le connaissent bien, c’est la quatrième fois qu’ils participent au Mondial. « Marseille, c’est l’origine de la pétanque », exprime Uli, 55 ans, photographe. « Nous aimons jouer contre les meilleurs. C’est toujours un plaisir », s’enthousiasme son mari, Frank, 54 ans.

    « La pétanque se professionnalise

    de plus en plus dans notre pays »

    En Allemagne, la triplette évolue au sein du VfL Sindelfingen, au Sud Ouest de Stuttgart. La section pétanque du club a été créée en 2023 par leur fils, Béla Mössinger, joueur de l’équipe nationale allemande. « La communauté de pétanque allemande est petite. Mais elle s’agrandit, la pétanque se professionnalise de plus en plus dans notre pays », se réjouit Frank, entraîneur au VfL Sindelfingen et architecte de métier.

    La triplette allemande s’est inclinée 13 à 2. Le concours s’arrête donc là pour eux. Une trentaine d’équipes allemandes se sont engagées à la 65e édition du Mondial.

  • Innovation et emploi au menu des rencontres économiques

    Innovation et emploi au menu des rencontres économiques

    Sophie Joissains. La maire (UDI) d’Aix a donné le coup d’envoi de la deuxième journée des rencontres, lors du petit-déjeuner du monde économique. L’occasion aussi pour l’édile de donner son traditionnel discours, aux côtés de Jean-Hervé Lorenzi, fondateur des Rencontres économiques. Un discours adressé aux entrepreneurs… et politique. « Ce matin, je voudrais dire ma reconnaissance, ma considération, mon admiration et vous féliciter d’avoir cette flexibilité. Aujourd’hui, vous investissez, vous continuez alors que les cycles économistes raccourcissent, vous recrutez dans un contexte ou les métiers évoluent de manière inédite, vous innovez tandis que les technologies bouleversent tous les modèles établis », pose Sophie Joissains, qui félicite la « capacité d’adaptation » des entrepreneurs et dirigeants d’entreprise face à elle. « Elle mérite d’être accompagnée justement par les territoires. Je suis convaincue qu’une politique locale, économique, réfléchie, ne consiste pas à se substituer à vous ou penser à votre place. Mais qu’elle doit contribuer à créer un environnement favorable pour anticiper dans un monde ou les repères s’effacent et se brouillent, poursuit la maire. C’est cette conviction qui guide notre action à travers une feuille de route économique qui vise à structurer dès aujourd’hui les filières qui feront notre compétitivité de demain. » À Aix, estime la maire, cette position se reflète notamment dans l’essor des Tech et Energy Valley, le développement du Technopôle de l’Arbois et du Pôle d’activité, les partenariats académiques…

    Aurore Bergé sur place

    La journée a ensuite été jalonnée de débats avec les participations du président François Hollande ou de Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle et ex-ministre. Les Rencontres ont aussi accueilli Aurore Bergé parmi le panel de responsables politiques. Dans la continuité du lancement de Talents de France, en janvier dernier, la ministre à l’Égalité des chances, est venue participer à l’atelier Patrons dans ma ville, initié par la Communauté des entreprises qui s’engagent. Habituellement, le format permet aux patrons et dirigeants de rencontrer des jeunes en recherche d’emploi. Ce vendredi, ce sont des jeunes accompagnés par la Région Paca ou élèves de l’École de la deuxième chance. Chacun a pu, face à un parterre de responsables, raconter son parcours, ses particularités, ses réorientations et ses ambitions. Côté dirigeants, l’on retrouve Sylvie Jéhanno, directrice générale de Dalkia ou Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail. Talents de France, rappellera la ministre, est né du constat « qu’il y a à la fois un immense gâchis humain, à la fois des femmes et des hommes qui restent à la porte des opportunités professionnelles pour de mauvais critères : leur origine, sociale géographique, ethnique, le fait d’être un homme ou une femme… » Mais aussi celui d’une « aberration économique, parce que les entreprises ne cessent de dire qu’elles cherchent à recruter ». « L’objectif de Talents de France, c’est d’avoir des propositions très concrètes, opérationnelles, et d’engager massivement les entreprises, d’où ma présence aujourd’hui. Ce matin on a franchi le cap de plus de 1 000 entreprises françaises qui ont accepté de signer la charte d’engagement, rappelle Aurore Bergé. Elles s’engagent à avoir 8% de recrutement de personnes issues de QPV et des territoires ruraux, 15% de stagiaires issus de [ces mêmes quartiers] (…) On est sur des objectifs très clairs et très chiffrés qui ont été pris par les entreprises, qui vont du CAC40, des établissements publics jusqu’aux PME (petites et moyennes entreprises) des ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui veulent s’engager ici. L’idée, c’est de recruter ici, tout au long du week-end. »