Tag: Renaud Muselier

  • Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Martine Vassal d’accord « à 95 % » avec Renaissance

    Tout s’organise, tranquillement mais mécaniquement », sourit Renaud Muselier, pilote pour Renaissance de l’union de la droite aux municipales, à Marseille. Un mois après que le parti présidentiel a mis sur la table ses propositions ainsi qu’une charte des valeurs pour le scrutin à venir, le président de Région est venu annoncer, ce mercredi midi, au côté de la candidate Martine Vassal, dans une brasserie de la place Castellane, qu’un accord programmatique avait été trouvé pour cette campagne.

    « Le travail que l’on a présenté est issu d’un travail militant engagé il y a plus de six mois », présente Gérard Blanc, membre du bureau de Renaissance dans les Bouches-du-Rhône. « Dans ces propositions, il y en a 95% que je fais miennes, sourit de son côté Martine Vassal. ça ne m’étonne pas énormément, beaucoup de choses nous rassemblent. » Et de citer l’ouverture d’un bureau à Bruxelles pour travailler sur les financements européens, la végétalisation de la ville, un droit opposable à la garde d’enfants pour les familles monoparentales, des conventions pour transférer propreté, voirie et écoles aux mairies de secteur… En taisant les divergences. Quant à la charte de valeurs, « j’aurais pu l’écrire », jure-t-elle. Celle-ci défendait la nécessaire union, en appuyant : « Ces alliances devront exclure toute association, directe ou indirecte, avec l’extrême droite, LFI, ou des personnes dont la moralité serait incompatible avec nos principes d’intégrité, de transparence et d’humanisme. » Une alliance « exigeante », rappelle le co-responsable de la communication de Renaissance 13, Maxime Boudet. « Et c’est réciproque », rebondit la candidate.

    Sans Royer-Perreaut

    L’investiture officielle des Républicains obtenue une semaine plus tôt, reste à obtenir celle du parti présidentiel. « J’ai demandé que Marseille soit programmée dans le dispositif, la date arrivera en temps et en heure », explique Renaud Muselier. C’est que, pour l’instant, la formation d’un gouvernement accapare les esprits au niveau national. Mais, glisse-t-il, la candidature de Martine Vassal est regardée « avec un œil bienveillant ». Quant aux équilibres sur la liste, « on fait le quoi avant le qui », glisse le responsable départemental de Renaissance, Bertrand Mas-Fraissinet.

    Cela se fera, pourtant, sans l’ex-maire et député des 9-10, Lionel Royer-Perreaut. Dans un entretien à La Provence ce mercredi soir, celui-ci a annoncé se retirer de la vie publique, sans apporter de soutien à Martine Vassal. « Trop de choses aujourd’hui me séparent d’elle », explique-t-il. Et d’appuyer : « Pour qu’il y ait confiance, il faut qu’il y ait une forme de cohérence. »

  • Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Le plan régional contre les incendies porte ses fruits

    Prévenir, combattre et reconstruire. Voici les trois piliers du programme régional baptisé « Guerre du Feu ». Sept ans après son lancement, Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud, accompagné des acteurs du dispositif, en a présenté les résultats. « On a divisé par cinq les dommages entre 2017 et 2025 » se targue l’élu.

    C’est en 2017, après l’incendie ravageur de Bormes-les-Mimosas, que l’idée de ce programme a germé. « On s’est dit “plus jamais ça” », se souvient François de Canson, vice-président de la Région en charge de la prévention des risques majeurs. Quelques mois plus tard, en février 2018, la Région lance son plan « Guerre du feu ». L’objectif est clair : réduire les risques incendies, répondre plus efficacement aux départs de feu et permettre la reconstitution des forêts incendiées en coordonnant les différents acteurs et en apportant un financement.

    Depuis 2018, 40 millions d’euros ont été versés par la Région pour lutter contre les flammes. « Sur le territoire, nous avions les compétences humaines et techniques. Mais j’avais l’impression que chacun travaillait dans son coin », explique Renaud Muselier.

    L’une des premières actions a notamment été le déploiement de la garde régionale forestière. En 2025, 250 écogardes ont été mobilisés, entre juin et septembre, dans les massifs et parcs régionaux, pour sensibiliser aux risques et aux bons gestes. « De plus en plus de personnes sont au courant des gestes parce qu’ils croisent des écogardes », explique Manon Quezl-Ambrunaz, coordinatrice du Parc naturel régional du Mont Ventoux. Une prévention importante, puisque 9 incendies sur 10 sont d’origine humaine.

    Ce travail nécessaire en amont, pour limiter les départs de feu, est associé au développement de meilleurs moyens pour combattre les flammes. La Région a notamment soutenu certaines communes pour l’entretien des pistes de défense de la forêt contre les incendies (DFCI).

    Des rotations plus rapides

    La Région a également financé en partie la rénovation du pélicandrome, où les avions réservoirs peuvent venir se ravitailler en eau ou en produit retardant, à Hyères. Inauguré en juillet 2024, sa rénovation a permis d’améliorer la vitesse de remplissage, passant de 20 à 6 minutes. « Cela permet des rotations beaucoup plus rapides et de réduire les délais de réaction », insiste le lieutenant-colonel Michel Seitz, chef du groupement de conduite opérationnelle.

    Enfin, ce plan « Guerre du feu » a permis le déploiement du fonds de dotation Respir, dédié au financement du reboisement de territoires incendiés, notamment accompagné par l’office national des forêts, « pour retrouver rapidement une captation de carbone et le maintien du sol », explique Hervé Houin, directeur territorial Midi-Méditerranée de l’ONF. L’institution a aussi développé, avec la Région, des fiches réflexes à destination des maires pour gérer l’après-incendie.

    Un plan qui a porté ses fruits et « repris comme base de réflexion nationale », se félicite François de Canson.

  • La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    La réouverture de la piscine du lycée Marseilleveyre fait plouf

    Le tacle était appuyé. Le 5 septembre, lors de la rentrée scolaire, Renaud Muselier, le président (Ren) de la Région, accompagné de Martine Vassal, future candidate (DVD) à la mairie, inaugure la piscine de Marseilleveyre. Après des années de fermeture et 2,6 millions de travaux, le bassin, 25 m et 4 lignes, rouvre enfin.

    Le coup de ciseaux sur le ruban est symbolique et politique. « La dernière piscine ouverte à Marseille, c’était St-Charles en 2019. Puisque rien ne s’est fait depuis, je fais », tance Renaud Muselier, visant la municipalité de gauche. Dans ses pas, Sandra Blanchard (Une génération pour Marseille) lancée dans les municipales, s’enflamme sur le réseau X, et dénonce « la faillite totale de Benoît Payan sur les piscines ».

    « Défaillance de gestion »

    Mais le tacle était surtout glissant. Car depuis, le bassin est resté fermé. « Elle n’a jamais ouvert. Un souci technique dans la distribution de l’eau », avance un personnel de l’établissement. Un flou entoure le sujet. Même les associations de parents d’élèves peinent à être informées de la nature du problème et la durée de sa fermeture. Chaque lundi, un message Pronote informe juste les familles concernées que « la piscine n’est pas fonctionnelle ».

    « Un problème de communication interne », concède Robert Ciampi, à la tête de l’établissement depuis mars. « Quand vous inaugurez quelque chose, vous vous dites que c’est tout de suite fonctionnel mais c’est sous réserve. Il n’y a pas eu de cafouillage », assure-t-il, évoquant quatre créneaux reportés et un « décalage prévu » : « J’en ai pris la responsabilité, tant que les conditions optimales ne sont pas réunies, il n’est pas question que ça se fasse. »

    Sollicitée, la Région évoque « une défaillance de gestion des nouvelles installations techniques » ayant rendu l’eau du bassin trop froide. Elle a nécessité l’intervention d’une entreprise. « Lors de celle-ci, une vanne qui n’était pas correctement ouverte a généré une algue, et l’eau est devenue verte. Il a fallu la retraiter et remettre la piscine en eau », explique le proviseur, espérant que la température reste conforme pour les premiers cours, demain.

    « On a le feu vert mais, on ne sait pas dans quelles conditions », confirme une enseignante, posant en creux la question de la surveillance du bassin. Car depuis sa fermeture en 2019, la législation a changé : un enseignant doit être accompagné d’un titulaire du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique. Un sujet qui n’est pas réglé.

    Des conventions partenariales avec cinq structures (Sardines triathlon, ASPTT, Staps, Smuc et Cercle des nageurs) prévoient notamment la mise à disposition de surveillants diplômés en échange de lignes d’eau. Mais elles sont en attente. Le conventionnement avec toutes les associations sera acté lors du conseil d’administration qui se tiendra à la rentrée des vacances de la Toussaint, indique la Région. « Jusqu’aux vacances, les cours se dérouleront en double surveillance avec un autre enseignant titulaire d’un brevet. S’il n’y en a pas, en attendant le CA, on le fera par une prestation à titre gracieux de nos partenaires », assure Robert Ciampi.

    « Les enseignants ont l’habitude de bricoler, mais ça ne peut pas durer », glisse une déléguée du Snes-Snep-FSU, regrettant ce « faux départ » après la fanfare politique de la rentrée. « C’est dommage que la Région qui l’a remis à neuf, ne mette pas de moyens pour surveiller la baignade et ne détache personne à l’entretien de la piscine ». Cette mission serait conventionnée avec le Cercle des nageurs.

    « La Région accompagnera le lycée pour trouver une solution pérenne en faveur des lycéens et autres utilisateurs afin que cet équipement fonctionne dès la semaine prochaine pour les élèves, dès novembre pour les associations », conclut la collectivité.

  • Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Isabelle Campagnola-Savon prend la tête d’Euromed

    Après dix ans à la tête de l’établissement public Euroméditerranée, la conseillère métropolitaine (LR) Laure-Agnès Caradec passe la main. Ce jeudi, le conseil d’administration a élu, à l’unanimité de six voix parmi ses 19 membres, la conseillère régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon à sa présidence. « Je m’attacherai à m’inscrire dans l’esprit collectif qui fait la force de l’établissement depuis sa création, et à porter haut les ambitions de développement de ce projet d’intérêt national », promet celle qui doit prendre ses fonctions à l’occasion d’un prochain conseil d’administration, le 22 octobre. Une façon de répondre aux protestations de la Municipalité.

    La veille du conseil d’administration en effet, ses trois représentants ont adressé un courrier commun au Préfet. Pointant « un accord entre l’État et la Région », la missive s’inquiète des positions de l’élue régionale, qui assumait en préfecture qu’Euromed devait « rester un outil de développement économique ». Là où beaucoup poussent pour qu’il prenne plus de place dans la lutte contre l’habitat dégradé. Surtout, la Municipalité assurait que c’était son tour de prendre la tête de l’institution selon le principe d’une présidence tournante entre collectivités et proposait de repousser l’élection après les municipales. Peine perdue. « Les membres votent dans une présidence tournante, mais en fonction de ceux qui ont la majorité », balayait en matinée le président (Ren.) de Région, Renaud Muselier, tandis que sa collectivité se réjouit de l’abstention des dix représentants de l’État « conformément aux usages et à la tradition républicaine ».

    « Il y a une logique de la droite locale d’accaparer cette présidence, cible l’adjointe (PS) marseillaise Audrey Gatian. Peut-être ont-ils peur des prochaines élections », où cinq administrateurs seront renouvelés. Et de jeter un froid dans le CA en citant Jean-Claude Gaudin : « La Ville de Marseille a approuvé bien entendu que la présidence soit tournante », disait-il en 2013 avant l’élection du socialiste Michel Vauzelle. Une autre époque.

  • Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    Marseille jumelée à Bethléem, un nom qui « résonne dans tous les cœurs »

    La municipalité de Marseille a choisi d’aller au-delà de la symbolique des drapeaux. Alors que la France a reconnu l’État palestinien à l’ONU, Benoît Payan a annoncé lundi le jumelage de Marseille avec Bethléem. L’initiative préparée avec le Quai d’Orsay, a été engagée depuis quatorze mois, expliquait la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola en conseil municipal le 20 juin. Une semaine plus tôt, le maire avait révélé être en discussion avancées avec deux communes palestiniennes.

    « Je suis particulièrement fier que Marseille et Bethléem deviennent des villes sœurs », indique le maire de Marseille dans un communiqué rappelant l’engagement de la ville pour la paix et une solution à deux états « seule à même de garantir une résolution pacifique et durable du conflit ». À travers ce jumelage, « Marseille dit haut et fort au peuple palestinien : vous n’êtes pas seuls. Marseille est une ville de dialogue, de diversité et de vivre-ensemble. Ce lien avec Bethléem sera un pont entre nos habitants, nos étudiants, nos artistes, nos cultures », justifie-t-il encore.

    « Magnifique initiative de notre maire qui choisit de jumeler Marseille avec Bethléem, ville ô combien meurtrie par l’histoire et les épreuves », a réagit le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi. « Par ce geste fort et symbolique, il unit nos destins pour toujours. Quelle fierté d’être marseillais ! »

    Ce partenariat officiel s’inscrit dans la tradition d’ouverture de la deuxième ville de France, déjà jumelée notamment avec la ville israélienne d’Haïfa. La démarche se lit aussi dans une posture d’équilibre alors que depuis des mois Benoît Payan, pressé par des collectifs palestiniens et des élus de gauche, refuse de rompre le jumelage avec cette dernière.

    Dans la nuit de dimanche à lundi, des insoumis en lien avec le collectif les bazoukeuses, ont d’ailleurs projeté des drapeaux palestiniens sur la façade de l’hôtel de ville, dénonçant « le silence et l’inaction de Benoît Payan face au gouvernement d’extrême droite israélien ».

    Par trois fois, le conseil municipal avait pourtant approuvé des subventions, pour un montant total de 260 000 euros, en faveur de l’Unrwa puis de l’Unicef, la dernière le 20 juin dernier. « Nous n’avons pas le droit de nous taire ni de fermer les yeux », assénait alors le maire à son opposition de droite qui refusait de soutenir la subvention pour les enfants de Gaza.

    La droite crie « au calcul politique »

    La droite qui dénonçait alors ce projet et l’accusait de « fracturer Marseille », se trouve gênée aux entournures. Car Bethléem reste une ville emblématique et singulière. Connue comme le lieu de naissance de Jésus selon la tradition chrétienne, elle abrite aujourd’hui une population majoritairement palestinienne musulmane.

    « Bethléem est une ville dont le nom résonne dans tous les cœurs », insiste d’ailleurs Benoît Payan. Alors, le groupe Une volonté pour Marseille attaque « une décision de jumelage prématurée, provocatrice et irresponsable », et dénonce le « coup de communication d’ampleur » d’un « apprenti sorcier » qui n’est que « calcul politique et manipulation ».

    Et d’apprécier plutôt la vingtaine de drapeaux tricolores pavoisant l’hôtel de Région, hissés lundi en réaction aux drapeaux palestiniens installés sur plusieurs mairies en France. « Certains, par calcul politique, voudraient nous manipuler, et nous faire oublier que la France et la République sont notre destin commun. J’ai souhaité que nous affirmions la fierté de notre pays, de notre République, de nos valeurs et de notre drapeau », martèle le président (Ren.) de la Région Sud, Renaud Muselier.

    Au même moment, Éric Le Dissès, le maire d’extrême droite de Marignane, déployait lui aussi ses drapeaux français et un portrait de Marianne en pleurs, sur la façade de sa mairie…

  • La droite fait sa rentrée sous le sceau du rassemblement

    La droite fait sa rentrée sous le sceau du rassemblement

    Tous unis sous les mêmes couleurs ! C’est le slogan de rentrée de la droite marseillaise, qui se retrouve à six mois des élections municipales, samedi, au Château de Forbin (11e). Une journée initiée par le collectif Une Génération pour Marseille, Marseille-Provence-Unie, le micro parti de Martine Vassal (DVD), et Cap sur l’Avenir, celui de Renaud Muselier (Ren).

    « On arrive à faire maintenant la preuve du rassemblement qu’on appelle de nos vœux depuis 18 mois », apprécie Sandra Blanchard, secrétaire générale du collectif. Une alliance de la droite et du centre, des macronistes aux LR, auto-baptisée « clan des raisonnables ».

    « Tous ses représentants seront là. Et tout le monde a été assez clair, on appelle tous à la candidature de Martine Vassal. Pour l’instant, elle ne s’est pas déclarée, mais si elle le fait, on la soutiendra », ajoute l’avocate de 38 ans.

    Plus de 600 personnes sont inscrites pour cette journée ponctuée de tables rondes, ateliers et séminaires de formations. Les thèmes abordés incluent la répartition des compétences, la réforme de la loi PLM, l’engagement des jeunes, ou la conciliation d’une carrière professionnelle et politique. Un métier et une vie privée aussi…

    Le chirurgien marseillais Frédéric Collard (DVD), pressenti en 2020 pour être le 1er adjoint de Martine Vassal en cas de victoire, désormais candidat déclaré aux municipales, s’est fait excuser. Il sera retenu à un mariage, dans le Var.

    Parmi les intervenants nationaux annoncés, en revanche, figure un certain Louis Sarkozy. En fin de journée, un temps fort plus politique verra Martine Vassal et Renaud Muselier, les deux chefs de file de la droite locale, prendre la parole avant la photo de famille.

    Une ambiance qui tranche avec les turpitudes nationales de ces mêmes partis qui peinent à s’entendre pour diriger le pays. « Ils nous ont déjà fait la loi PLM, qu’ils nous laissent gérer Marseille entre nous. On s’entend tous bien ici, il n’y a pas de raison de se laisser polluer par les affaires parisiennes », balaie Sandra Blanchard.

  • La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    La CPME Sud n’attend qu’un gouvernement pro-entreprises

    Inquiets, mais combatifs. En cette rentrée politique agitée, Alain Gargani, le président de la CPME Sud, installé dans un fauteuil de salon, au 7e étage du Sofitel Vieux-Port de Marseille, prend le pouls des adhérents de l’organisation patronale défendant les intérêts des très petites et moyennes entreprises.

    « Jusqu’en juin, le moral de nos entrepreneurs affichait des indicateurs plutôt positifs », rappelle le conseiller régional (DVD) de la majorité de Renaud Muselier (Ren.). Mais selon lui, le vent tourne : les chiffres sont en baisse dans plusieurs secteurs – bâtiment et travaux publics, immobilier, restauration « jusqu’à -25% par endroits », automobile ou habillement.

    Au mois de juin, en France, les tribunaux de commerce ont enregistré 68 000 défaillances, « un niveau assez historique », avec 18% de déclarations de cessation de paiements et 31 000 procédures collectives ouvertes, une augmentation de 3% sur les cinq premiers mois de l’année. Avec 1 540 plans de sauvegarde, de redressement ou de liquidation, un chiffre en baisse de 4,7%, la région se portait jusqu’ici pourtant bien, à rebours de la tendance nationale (+1,3%).

    Coup politique

    Alain Gargani pointe, parmi les principaux défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs, des problèmes de trésorerie, des investissements au ralenti ou les difficultés de recrutement des patrons confrontés à une forme de « zapping des salariés ». Un contexte aggravé par l’instabilité gouvernementale de ces deux dernières années, assure le responsable de la CPME, fustigeant le « coup politique et médiatique » du Premier ministre François Bayrou, exécuté au détriment de « l’intérêt général ». Un intérêt qui se cantonne ici, surtout, à celui des entrepreneurs.

    « On veut un gouvernement rapidement parce que chaque jour perdu ne se regagnera plus. La priorité, c’est de regarder les économies pas d’augmenter les impôts », martèle le représentant d’un petit patronat « aligné sur 99% des sujets » avec les positions du Medef. Et peu importe le Premier ministre, ou presque. « Le seul critère que nous souhaitons, c’est qu’il soit pro-entreprise, qu’il allège les charges et les normes », poursuit Alain Gargani. Après huit années de gestion du pays par la droite et des décennies de politique libérales qui ont totalement démembré les services publics de la santé et de l’éducation, et plombé la dette de l’état, il met en garde contre un scénario à la grecque.

    Et de mettre sur la table les propositions de la CPME : suppression de la fiscalité sur les quatre dernières heures des 39 heures hebdomadaire, suppression de l’impôt sur les sociétés si l’argent reste dans l’entreprise, suppression des « normes abusives », telles les « normes poissons » lance-t-il en amusant l’auditoire, ou faciliter de l’accès aux prêts bancaires.

  • « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    « Nous allons recentrer le débat à Marseille, sortir des invectives »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette charte et de ses 26 propositions ?

    Maxime Boudet : On veut respecter toutes les sensibilités de Renaissance et notre ADN, qui est un socle solide autour du « en même temps ». On défend ces valeurs au national avec un renouvellement des visages. Localement, Renaud Muselier pilote les échanges avec les autres partis, mais on voulait montrer que pendant ce temps, nous bossons. On a donc travaillé avec l’ensemble des présidents de comités signataires du document et nos 250 adhérents sur Marseille, sur ce qu’on veut défendre : la laïcité, l’humanisme, le progrès, la modernité, le dépassement, l’écologie pragmatique…

    Il y a des propositions qu’on peut mettre en avant ?

    M.B. : Dans ce qui me parle le plus, il y a la citoyenneté. La République est en pleine turbulence, mais les élections municipales vont redonner envie aux gens de s’engager. On propose aussi des mesures sociales comme la création d’un droit opposable à la garde des enfants pour les mères isolées. Il y en a sur la santé aussi, sujet d’actualité avec les derniers événements à Belsunce…

    C’est bien de l’aborder ainsi.

    M.B. : Et c’est ce qu’on est censé défendre, on doit regarder les faits en face. D’accord, l’immigration irrégulière est un vrai problème, mais quand la personne est en situation régulière, il y a d’autres problèmes de fond qu’il faut traiter. Là, le monsieur avait des problèmes psychiatriques et c’est un vrai sujet à Marseille. Ça fait deux ans que le CMP du 1er et du 2e arrondissements est fermé. On voit bien les gens qui errent dans la rue, sans soins, en rupture sociale totale, sans accompagnement. Il faudrait négocier un vrai partenariat Ville – Aphm comme il existe des partenariats Ville – Port. Laisser les gens sans soins, on voit là ce que ça donne : une personne qui a une errance médicale, qui ne prend plus de traitement, qui se réfugie dans des produits stupéfiants… Certes, le monsieur était Tunisien, mais il avait surtout un gros problème psychiatrique. Et qu’est-ce qu’on en a fait ? On l’a ignoré.

    La charte s’inscrit dans une démarche « centriste, humaniste et progressiste ». C’est un message aux Républicains qui courent après l’extrême droite ?

    M.B. : On veut être droit dans nos bottes et le garant de ces valeurs fondamentales dans la coalition. On ne veut pas se renier. On dit à la droite républicaine, attention, on doit défendre ce côté humaniste. Et des Républicains le font très bien, comme les UDI ou le Modem. On est sur cette ligne. Mais aussi, on veut chercher les centres gauches, les sociaux-démocrates modérés. Il faut vraiment se rassembler. En fait, on ne peut pas pactiser ni avec la LFI, ni avec le RN. Marseille n’a vraiment pas besoin de ça, surtout en ce moment.

    Vous n’avez pas le sentiment que cette alliance tire à droite ?

    M.B. : Je suis persuadé que beaucoup vont nous rejoindre parce que nous allons recentrer le débat, et sortir des invectives et de la surenchère. Rien n’est figé. Plus on sera nombreux dans cette alliance, mieux ce sera pour gagner la ville en 2026.

  • Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Muselier et Vassal font rentrée commune à Marseilleveyre

    Le rendez-vous était prévu lundi mais décalé en raison du report de la rentrée scolaire décidé par le préfet. Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud, et Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, ont donc fait leur rentrée commune à Marseille, vendredi, du côté de la cité scolaire mixte Marseilleveyre.

    à six mois des municipales, par-delà les distributions de tablettes aux lycéens et d’ordinateur aux collégiens, le message politique se voulait assez clair. De la sénatrice (LR), Valérie Boyer, à l’ancienne secrétaire d’État chargée de la Ville et de la Citoyenneté, Sabrina Agresti-Roubache, une grande partie de la droite locale était là… même si l’heure des déclarations de candidature n’est pas venue, note Renaud Muselier, conseillant d’attendre la nomination d’un Premier ministre et d’un gouvernement qui à ses yeux « ne tardera pas ».

    L’inauguration de la piscine de l’établissement (2,5 millions de travaux), un bassin de 25 mètres et quatre lignes, « la seule piscine qui fonctionne sur Marseille », se gargarise Renaud Muselier, a été l’occasion de quelques piques adressées à la municipalité de gauche. L’équipement, opérationnel après des années de fermeture, servira aux élèves mais aussi aux associations et clubs dont le Smuc, l’ASPTT Marseille ou le Cercle des nageurs qui lancera en 2026 une section water-polo féminin.

    À Marseilleveyre où près de 2 500 élèves sont accueillis, 57 millions de travaux doivent être engagés fin 2026, a par ailleurs indiqué le président de Région en marge de la visite. De quoi alléger les « 700 000 euros de facture énergétique », espère Laurent Malfettes, le représentant FCPE de cet établissement vieux de 80 ans dans lequel les syndicats enseignants pointent eux l’état des salles d’eau de l’internat et des toilettes qui ne peuvent attendre les grands travaux.

    « Une rentrée apaisée »

    Un dossier qui devra être suivi de près. Comme celui des transports en commun desservant la cité scolaire. Le sujet de la fréquence des lignes RTM 20 et 19, et celui du bus spécial pour les élèves venant du 9e arrondissement, a été rappelé à Martine Vassal par l’historique Association des parents d’élèves de Marseilleveyre (Apem), et reste en suspens.

    Dans un contexte politique national tendu, Renaud Muselier préférait apprécier lui « une visite de rentrée apaisée », installé derrière les portiques mis en place pour les élèves et la garde régionale des lycées présente depuis un an aux abords des établissements du secteur. L’ensemble de Marseilleveyre a été clôturé par des barrières anti-intrusion, « notamment ici contre les sangliers », et les CDI inondés ont été refaits. Pass Zou études, Pass santé jeunes… « C’est un gain de pouvoir d’achat de 2 200 euros pour les familles », martèle Renaud Muselier avant de partager un repas dans la cantine de l’établissement.

  • Renaud Muselier veut faire « bloc » pour les municipales

    Renaud Muselier veut faire « bloc » pour les municipales

    C’est en président de parti que Renaud Muselier s’est affiché entouré d’élus de droite et centristes. Ce vendredi soir, son parti Cap sur l’Avenir fait sa rentrée régionale. « Tu nous as donné une mission, celle de rassembler le plus d’élus possible. Aujourd’hui, il y a quasiment 400 élus de la Région Sud Paca, plus de 150 maires adhérents à ton mouvement », introduit Camille Galtier, maire (DVD) de Manoque. D’ailleurs, diverses figures de la droite sont venues afficher leur soutien. Parmi elles, l’ex-ministre marseillaise Sabrina Agresti-Roubache (Ren.) ou la sénatrice (LR) Valérie Boyer.

    Barrer les « extrêmes »

    La méthode souhaitée par Renaud Muselier, c’est celle « du rassemblement des forces politiques républicaines » pour Bénédicte Martin, vice-présidente du conseil régional en charge de l’agriculture. Ou celle de « chasser en meute » pour François de Canson, maire de la Londe (Var). Et ce, avec l’ambition de faire barrage aux extrêmes, notamment au RN, et remporter les scrutins des élections municipales 2026, sur le modèle de la Région, « décalé du national ». L’engagement se veut basé sur une charte, incluant notamment l’adhésion à la « mobilisation de fonds européens » pour financer les projets locaux, à un « rassemblement au service des communes » et des budgets « 100% climat ». « On a réussi à bâtir ensemble quelque chose d’exceptionnel en France, s’est félicité Renaud Muselier. On a réussi à regrouper des gens fondamentalement différents (…) On a réussi à faire un bloc central ou l’on a rejeté les extrêmes et fait en sorte que tous les gens qui ont un peu de bon sens viennent s’additionner (…) Vous avez le RN contre vous, vous êtes divisés, vous perdez, point barre. Il faut être unis. »