Tag: Région Occitanie

  • Déremboursement des cures : douche froide pour le thermalisme

    Déremboursement des cures : douche froide pour le thermalisme

    À l’arrêt puis sauvé par les aides d’État et des collectivités durant la pandémie de Covid, le thermalisme va-t-il finalement couler à cause de la politique d’austérité du gouvernement ?

    On n’en est pas encore là, mais lors des rencontres nationales du thermalisme, début novembre en Auvergne-Rhône-Alpes, la menace du déremboursement des cures était sur toutes les lèvres. Ce n’est pas la première fois que la menace est brandie mais elle se précise. Un décret de la loi de financement de la Sécurité sociale (qui reste à adopter) prévoit de baisser la part de remboursement sur les soins thermaux de 100 à 65% pour les malades en affection de longue durée et de 65 à 15% pour tous les autres. Un déremboursement considérable qui vient s’ajouter au complément tarifaire (le reste à charge) et aux frais (logement, transport, nourriture…) déjà supportés à 100% par les curistes. « La Sécurité sociale ne paye pas des vacances aux curistes, c’est une idée reçue », conteste Paul-François Houvion, directeur des thermes de Balaruc-les-Bains, première destination thermale en France avec 52 000 curistes soignés chaque année.

    Dans la foulée, Paul-François Houvion corrige un second cliché. Non, les cures ne servent pas à rien ! « Il existe une soixantaine d’études scientifiques et médicales qui démontrent le service médical rendu (SMR). » Face au scepticisme de certains généralistes, le directeur insiste. « Que je sache c’est à la Haute autorité de santé ou à l’Agence régionale de santé (ARS) de prouver le contraire. Mais qu’ils demandent à chaque établissement de prouver les bienfaits, nous y sommes prêts. » Chaque année, Paul-François Houvion mène sa petite enquête. Sur les 15 000 curistes interrogés, « 99% disent aller mieux après trois semaines chez nous et près de 90% diminuent significativement leur prise de médicaments ».

    7 000 emplois directs

    Autant dire que l’argument comptable du gouvernement lui paraît dérisoire. « Le coût du thermalisme pour la Sécu, c’est 270 millions d’euros sur un total de 6,8 milliards. Ce sont des économies de bouts de chandelle. » Le déremboursement serait loin de résorber le déficit. En revanche, il aurait des conséquences sur les patients pris en charge pour des problèmes de rhumatologie, phlébologie comme à Balaruc ou encore de dermatologie, affections des voies respiratoires ou des muqueuses buccales comme au centre flambant neuf des Fumades à Alès. « Le risque c’est celui d’une médecine à deux vitesses avec des gens aux faibles revenus qui ne pourront plus se soigner », alerte Florence Brutus. « Certains curistes de milieux modestes hésitaient déjà à y retourner en raison des coûts, là ils ne pourront plus », prévient la vice-présidente de la Région Occitanie.

    Aux côtés de la profession, qui a lancé des pétitions, l’élue (PRG) tente d’interpeller les députés sur les conséquences économiques néfastes pour les territoires ruraux. En tant que présidente des Régions de France, Carole Delga (PS) a fait cosigner aux autres présidents un courrier adressé au Premier ministre. « Des projections montrent que certains petits établissements devraient mettre la clé sous la porte. Quant aux plus solides, ils devront dégraisser leurs effectifs », alerte Florence Brutus.

    Or le secteur pèse lourd en Occitanie. Pas moins de 7 000 emplois directs répartis sur 28 stations thermales. Sans compter les milliers d’emplois induits dans l’hôtellerie, la restauration, les transports, les commerces dont certains pourraient être mis à mal. Une étude a chiffré le panier moyen de dépenses d’un curiste à 1 970 euros pour 3 semaines. Autant de retombées économiques en moins. Avec 471 613 curistes accueillis l’an passé (soit 31,07% du total hexagonal), l’Occitanie est la première région française et l’Hérault (63 493 curistes à Balaruc, Lamalou et Avène) le premier département. Pour Paul-François Houvion, la pilule a d’autant plus de mal à passer qu’il a le sentiment d’un « débat démocratique confisqué ». « Ça parle sans savoir, sans regarder plus loin que le bout de son nez. »

  • [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    [Vidéo] 2 847 Nîmois prennent leur avenir en main

    Au fil d’une présentation dense, les organisateurs ont mis en lumière les priorités exprimées par les Nîmois : une ville plus unie, où l’insécurité recule, où les jeunes trouvent leur place, où le logement et le cadre de vie redeviennent accessibles. Ce moment de restitution a permis de poser les premières pierres du projet que Vincent Bouget et les forces de gauche entendent porter en 2026, revendiquant un principe simple : partir de la parole des habitants pour refonder l’avenir de la ville.

    Avant même d’entrer dans le détail des résultats, les organisateurs ont rappelé ce qui avait conduit à cette restitution très attendue : avec 110 entretiens vidéos menés auprès de Nîmoises et de Nîmois représentatifs de la ville, puis prolongé par 30 projections-débats ayant réuni plus de 2 000 personnes. Ce cycle avait révélé un besoin profond : renouer le dialogue dans une ville où beaucoup disent manquer d’écoute.

    C’est pour répondre à cette demande qu’un questionnaire inédit avait été conçu, puis diffusé dès septembre dans tous les quartiers. Pendant trois mois, plusieurs centaines de membres du collectif ont sillonné marchés, parcs, arrêts de bus, pieds d’immeubles et halls d’immeubles pour aller chercher la parole là où elle se trouve, au plus près des habitants.

    À l’arrivée, 2 847 réponses ont été analysées -1 931 questionnaires papier et 917 numériques- formant un matériau statistique suffisamment robuste pour tirer des conclusions fines. Le profil des répondants reflétait une ville diverse : 58% de femmes, une forte représentation des 35-75 ans, des répondants plutôt « cadres » et « employés », et aussi des artisans-commerçants dans les contributions issues des entreprises. Surtout, la carte des réponses montrait que tous les quartiers de Nîmes avaient participé, des plus centraux aux plus périphériques, ce qui a permis d’établir un diagnostic précis des attentes, secteur par secteur, en amont des municipales de 2026.

    Retrouvez les résultats de cette enquête inédite dans l’édition papier ou numérique de La Marseillaise Hebdo d’Occitanie du vendredi 12 décembre.

  • Occitanie : ces maires qui se représentent

    Occitanie : ces maires qui se représentent

    Armand Rivière, Pézénas (Hérault)

    « On arrive encore à changer les choses »

    À quelques jours d’officialiser sa candidature (vendredi 12 décembre à 18h place des États du Languedoc), Armand Rivière, élu maire en 2020, a encore faim. « Les raisons de mon engagement et de ma passion sont intactes même si on se confronte aux difficultés financières, administratives et au changement de la société. » En repartant avec une équipe de gauche plurielle (hors LFI qui cherche à bâtir une liste concurrente), l’élu socialiste de 43 ans entend continuer à œuvrer pour le quotidien des habitants qu’il croise dans la rue. « On est amené à s’expliquer sur les projets contestés, sur des travaux qui durent… On est en proie directe avec les gens, on arrive encore à changer les choses. » Fier de son tarif progressif à la cantine (dès 1 euro), de la rénovation de l’école de musique ou encore de la création d’un festival, Armand Rivière insiste. « Gauche et droite ce n’est pas la même chose, il y a des choix politiques à faire. » S’il est réélu face à l’ancien député macroniste Philippe Huppé, le maire maintiendra le cap sur les « valeurs humanistes ». Sujet de discorde, le projet du quartier Saint-Christol avec son réseau de chaleur sera mené à terme « en préservant les espaces ». « Pézenas perd des habitants donc des dotations. Il y a un réel problème de logement. » R.C.

    Pierre Polard, Capestang (Hérault)

    « On va gérer en bon père de famille »

    Après deux mandats à la tête de Capestang, Pierre Polard a la conviction qu’il peut encore apporter à sa commune. Malgré les difficultés, il estime le mandat qui s’achève « satisfaisant car on peut encore agir sur la vie des gens, on se sent utile. L’envie d’agir est plus forte que les contraintes qui pèsent sur les communes ».

    Depuis 2020, la cantine est passée à 1 euro, de l’argent a été injecté dans les écoles et le principe de gratuité des fournitures scolaires a été établi. Une patte sociale et solidaire que le maire veut sacraliser. À l’avenir, il n’envisage pas de « projets pharaoniques ». « En terme d’équipements, on a tout ce qu’il nous faut : salle polyvalente, station d’épuration, bon réseau d’eau… On va investir sur l’espace public, le cadre de vie. Gérer en bon père de famille et attendre des jours meilleurs. »

    Depuis son divorce politique avec Jean-Luc Mélenchon, l’ancien insoumis est aux côtés de François Ruffin (Debout). Mais le « bazar de la politique nationale » ne le passionne guère. Son équipe de gauche renouvelée pourrait avoir face à elle un ancien soutien, Pierre Cuestas, et peut-être une liste aux relents du RN. « Une élection n’est jamais gagnée mais on a de bons retours, je ne suis pas inquiet. »

    Cyril Meunier, Lattes (Hérault)

    « En gestion, il faut être un vrai pro. Je ne laisserai pas Lattes à des incompétents »

    Maire depuis 2001, Cyril Meunier qui à l’époque se revendiquait « frêchiste », n’en a pas fini avec Lattes, 3e commune de la métropole de Montpellier. S’il se représente pour un « dernier mandat », c’est d’abord « parce qu’il y a des choses qu’on n’a pas terminées ». Par exemple le quartier Ode à la mer ou le pôle autonomie santé qui vient d’ouvrir et doit être accompagné. Tandis que la crise immobilière se poursuit, Cyril Meunier veut « embellir l’espace public » et faire du logement une priorité. « Si on se livre aux promoteurs, on est mort. »

    Au contraire, celui qui est aussi vice-président de la Métropole entend « conserver mixité sociale et générationnelle ». « Depuis mon arrivée, le logement social a été multiplié par 10 et ça marche, tout le monde s’intègre. On est passé de 250 à 570 demandes annuelles de logement social émanant de Lattois. Si on veut que nos jeunes s’installent à Lattes, il faut faire aussi de l’accession libre. » Voilà pour les dossiers. Côté motivation : « Je ne laisserai pas la ville à des gens incompétents. » Une manière d’entrer en campagne contre Jean-Noël Fourcade (DVD), le Ciottiste Josyan Oliva et le proche du RN, Wassim Boughnim. Consultant en développement local (auprès des collectivités) de métier, Cyril Meunier insiste. « Le combat contre l’État sera très dur. En matière de gestion, il faut être un vrai pro. » Craignant des jours sombres, il veut continuer « dans l’intérêt général ». « On ne va pas s’en aller au bord du précipice. »

    Florence Brau, Prades-le-Lez (Hérault)

    « Il faut s’accrocher, agir pour le quotidien, être un acteur du changement »

    Le 23 novembre, Florence Brau annonçait qu’elle brigue un second mandat à Prades-le-Lez, près de Montpellier. « On a été confrontés à beaucoup de difficultés : le Covid qui a fait exploser nos devis et le coût des travaux, l’incertitude née de la dissolution et maintenant les errements du gouvernement. C’est difficile de se projeter et de monter un budget », souffle l’édile écologiste qui s’attendait à davantage de subventions. « On va les chercher avec les dents. »

    Au vu de la situation nationale et internationale, Florence Brau concède qu’il peut y avoir du découragement. « On se sent parfois démunis face à la détresse des gens. Mais il faut s’accrocher, je crois qu’on peut encore agir pour le quotidien, être un acteur du changement. » Consciente de ses limites à l’échelle d’une commune de 6 300 habitants, elle imagine un second mandat plus participatif. « On va se rapprocher de la population, des associations, des commerçants. Il faut se serrer les coudes », insiste celle qui se dit soutenue par son équipe municipale et sa famille.

    Côté projets, l’édile écologiste entend poursuivre l’agrandissement des écoles maternelles, la rénovation thermique, la végétalisation, la déminéralisation et l’accessibilité en ville. « Il faut redonner leur place aux piétons. » Et plus généralement, tisser du lien entre les gens. « La ville a beaucoup grandi, il ne faut pas qu’on devienne une commune dortoir. »

  • Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Une pluie de stars au Festival de Nîmes

    Le Britannique, déjà passé plusieurs fois par Nîmes, y présentera sa tournée « Sting 3.0 », une formule trio resserrée avec le guitariste Dominic Miller et le batteur Chris Maas. Une configuration plus brute, plus directe, qui revisite ses grands classiques – de Roxanne à Fields of Gold – dans une atmosphère plus intime.

    Mais Sting n’est qu’un visage parmi une programmation qui s’annonce exceptionnelle. Le public pourra retrouver Vanessa Paradis et Gaëtan Roussel le 12 juin, Lenny Kravitz le 24 juin, ou encore le rappeur Damso le 1er juillet pour un show très attendu. S’ajoutent à la liste Sabaton (17 juin), les Pixies (7 juillet), Katy Perry (11 juillet), Nick Cave (14 juillet), Christophe Maé (17 juillet), Orelsan
    (22 et 23 juillet), ou encore le Béjar Ballet Lausanne (10 juillet). Entre rock, pop, rap, metal et danse, le Festival de Nîmes 2026 promet l’une de ses éditions les plus ambitieuses.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    La quinzaine du Japon est lancée dans le Gard

    Tout le Gard concerné

    Mais cette quinzaine qui séduit petits, adolescents et adultes autour d’une même culture va rayonner sur l’ensemble du territoire gardois. Ainsi, la Bambouseraie en Cévennes propose des « visites exclusives » du jardin d’inspiration japonaise « Le Vallon du Dragon » (les 8, 9 et 11 novembre). Toujours dans les Cévennes, le Vigan organise aussi une journée avec de nombreuses animations dimanche 9 novembre. Jusqu’au 28 novembre, la Maison de ma Région de Nîmes accueille une exposition sur les « Voyages autour du Mont Fuji ». Du 15 au 18 novembre, le Cinéplanet à Alès met, lui, en lumière le cinéma japonais.

    Quatre lycées du département vont également accueillir des animations autour du manga, du dessin, de la cuisine japonaise ou des expositions. La médiathèque de Saint-Christol-lez-Alès accueillera l’exposition « Curieux Japon » et celle de Saint-Hippolyte-du-Fort proposera de nombreux ateliers (8, 12, 15, 19 novembre). Enfin, le musée voisin de la soie présente une exposition de broderies japonaises traditionnelles.

  • Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Grâce à son voyage en Cévennes avec son âne, dont il fera un célèbre livre en 1879, Robert Louis Stevenson a donné à Saint-Jean-du-Gard une renommée continentale. Chaque année des milliers (au moins 15 000) de randonneurs se pressent sur le
    « chemin de Stevenson », qui relie le Puy-en-Velay à Alès avec, comme avant-dernière étape, Saint-Étienne-Vallée-Française – Saint-Jean-du-Gard. Le pas des Huguenots (qui court jusqu’en Allemagne), célèbre parcours qui retrace l’exil des protestants, passe également par Saint-Jean-du-Gard.

    Dans ce village cévenol qui a aussi été touché par la désindustrialisation, l’essor économique passe donc désormais par le tourisme. Dès 1992, un festival de randonnée (le Fira se déroule chaque année début juin) a vu le jour. Mais le nouveau maire, Pierre Aiguillon, élu en 2023 après la démission de Michel Ruas, a l’intention d’aller encore plus loin. Ainsi, en 2026, ouvrira en face de la mairie un café rando qui devrait être accompagné, quelques mois plus tard, par une Maison de la randonnée, accolée au café. L’idée est de regrouper dans un même lieu l’office du tourisme, les associations de randonnée et des expositions.

    Le tracé de Stevenson bientôt dévié ?

    « La partie café sera de 108 m² plus une terrasse. Le lieu sera dédié à la restauration type café de pays avec des produits locaux, et tous les produits dérivés du chemin de Stevenson. Il y aura aussi la mise en avant de randonnées sur les thématiques locales, historiques, culturelles et tout ce qui est découvert du parc national des Cévennes… Nous avons aussi prévu un point accueil vélo pour les mobilités douces », détaille Nicolas Friedli, le porteur de projet.

    Financeurs d’une partie du projet, les élus régionaux Jean-Luc Gibelin (PCF), Aurélie Genolher (DVG) et Régis Bayle (PS) étaient à Saint-Jean-du-Gard pour suivre l’avancée du café, visiter les futurs locaux et échanger avec les porteurs du projet. Ils ont surtout été alertés par le maire et les associations d’un problème qui pourrait s’avérer fatal pour l’avenir de la randonnée dans ce village de plus de 2 500 âmes.

    « Il y a eu des inondations sur le parcours du GR en 2020. Nous avons trouvé un tracé de remplacement provisoire, jusqu’en 2027, qui passe chez un particulier. Il faudrait donc des travaux pour sécuriser 2,5 km à l’entrée du village, entre la route et la rivière. Cela coûterait 850 000 euros et le Département n’est pas prêt à investir cette somme. La solution avancée, c’est de prendre un autre chemin, qui ne demande aucuns travaux, mais qui rajoute 8 à 10 km de trajet et un énorme dénivelé. Nous craignons soit que les randonneurs prennent l’ancien tracé, qui ne sera pas sécurisé, soit qu’ils ne viennent plus jusqu’à Saint-Jean-du-Gard puisque cette dernière étape sera très longue », a prévenu Pierre Aiguillon qui ajoute : « C’est complètement paradoxal que le tracé ne passe plus par la commune au moment où un café rando et une maison de la randonnée vont ouvrir. »

    Les trois élus régionaux se sont engagés à porter cette question auprès du Département du Gard. Mais au vu des difficultés financières de la collectivité, il sera très difficile d’arracher le financement du projet. Sauf que pour Saint-Jean-du-Gard, cet investissement est jugé « vital ».

    « Les marcheurs ne viendront plus jusqu’à la commune »

  • Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Pas moins de 330 déplacements sur le terrain pour 30 000 personnes rencontrées, 5 076 questionnaires remplis et 1 500 propositions de citoyens. La tournée de la Région Occitanie, qui s’est déroulée d’avril à août 2025, fut quelque peu intense pour les élus de la majorité, regroupée derrière la présidente PS Carole Delga. « Nous traversons un épisode de crise politique qui abîme le lien entre citoyens et politiques. L’étude “Fractures françaises” [qui montre que 90% des Français se disent mécontents de la situation du pays, Ndlr] confirme cette défiance entre les élus et le peuple. Notre souhait était d’avoir une relation réinventée avec les citoyens, c’est le fil rouge de nos mandats », souligne Carole Delga.

    Pouvoir d’achat en tête

    Ainsi, au fil des rencontres avec la population, les élus ont pu prendre le pouls de leurs attentes mais aussi recueillir leur avis sur les politiques publiques menées depuis plus de 3 ans, date de l’élection de Carole Delga à la tête de l’Occitanie pour un second mandat. « Nous sommes allés sur le terrain hors contexte électoral, ce qui est d’autant plus intéressant car le dialogue est beaucoup plus franc. Nous n’avons pas toujours bien été accueillis mais assez vite, on voit que ce dialogue apaise la relation des citoyens avec la démocratie, on en a particulièrement besoin », soutient Benjamin Assié, président du groupe Occitanie Écologie.

    À l’analyse des questionnaires, il semblerait que plusieurs préoccupations soient primordiales pour les Occitans. « La question du pouvoir d’achat revient spontanément, toutes les mesures qui viennent en aide aux familles comme celle visant à faire la rentrée scolaire la moins chère de France. Les soins, ensuite, avec les recrutements de médecins dans les déserts médicaux. Enfin, la question des déplacements car nous sommes la région la plus enclavée de France, les citoyens nous demandent de rouvrir des lignes de train hors métropole », énumère Carole Delga. Autant de requêtes résonnant avec les dispositifs mis en place par la Région.

    Ensuite, vient le « mieux vivre ensemble » avec l’égalité femmes-hommes et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une manière de montrer que les Occitans sont en réalité bien éloignés de la frénésie autour de l’immigration chère à l’extrême droite. « On veut présenter la France comme excédée par les immigrés mais ce n’est pas vrai. Certains populistes présentent l’immigration comme facteur d’insécurité mais ce n’est pas vécu comme tel par les Français », observe Carole Delga. La transition écologique quant à elle arrive en troisième position dans les propositions faites par les Occitans. « Il y a un éco-bashing de l’extrême droite, par certains médias. Mais en réalité, les habitants voient d’un bon œil le développement de cette filière », poursuit Benjamin Assié.

    Néanmoins, la collectivité socialiste a essuyé quelques critiques. « Nous étions parfois interpellés sur le fait d’avoir une meilleure connaissance de l’offre des transports. Nous allons faire des efforts pour avoir une meilleure lisibilité. Tout comme l’installation de médecins où dans certains départements, il n’y en a pas encore assez », reconnaît la présidente. Concernant le projet quelque peu décrié de l’A69, « elle est citée dans le Tarn mais les gens ne nous en parlent pas en dehors du département. C’est un phénomène monté en épingle », précise Carole Delga. Forte de ces échanges, la Région prévoit un acte 2 de cette tournée après les élections municipales, en mars 2026. La collectivité compte également lancer un Comité régional du dialogue citoyen, afin de pérenniser cette relation.

  • En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    En Occitanie, le livre a pignon sur rue

    C’est une tendance qui semble se confirmer d’année en année. De plus en plus de Français boudent la lecture. La dernière étude publiée par la Commission nationale du livre (CNL), en avril 2025, confirme cette inexorable déliquescence. « 63% des Français ont lu au moins 5 livres au cours des 12 derniers mois, hors lectures professionnelles et livres lus aux enfant », note la CNL. Soit une baisse de 6 points en deux ans. La part de la lecture quotidienne est au plus bas depuis dix ans : 45 % des Français liraient chaque jour.

    Un état des lieux peu reluisant, reflétant le contexte national. « On observe une baisse de fréquentation dans les librairies, donc une baisse des achats, il y a une désaffection par rapport à la lecture. Ce à quoi s’ajoutent la problématique des charges sans cesse croissantes au niveau des maisons d’édition et des charges fixes également dans les librairies, de la situation de précarité des auteurs », détaille Yanik Vacher, chargée de mission Édition à l’agence régionale Occitanie livre et lecture [devenue l’Agence Occitanie culture depuis le 1er octobre, Ndlr]. Toute la chaîne du livre se retrouve ainsi impactée. Afin de prendre le pouls de la filière régionale, l’agence réalise chaque deux ans un baromètre de suivi du livre. À l’aune de la publication des chiffres clés de 2025, Occitanie livre a réuni plusieurs acteurs de la filière le temps d’une journée d’échange sur les mutations observées du livre.

    La force du maillage

    Car il semble que l’Occitanie est moins touchée par cette désaffection pour la lecture qu’au niveau national. En effet, fin 2024, on comptait 1294 autrices et auteures occitans (écrivains, illustrateurs, scénaristes BD, traducteurs littéraires) avec un tirage initial de plus de 500 exemplaires. Soit une hausse de 5 points en deux ans. Cette bonne santé se confirme également dans le nombre de libraires – 278 avec des plusieurs ouvertures au cours des deux dernières années – et dans le nombre de bibliothèques avec 1947 points de lecture, faisant de l’Occitanie la seconde région de France la plus garnie.

    « La force d’un territoire pour maintenir sa vitalité, c’est le maillage. Si vous avez de la création, des éditeurs, des libraires, une agence dynamique qui va du coup faire du lien entre les différents cloisonnements, les points de vente, les médiathèques, de forts événements. Tout ceci vient casser cette dynamique nationale », détaille David Demartis, éditeurs aux Éditions du Murmure et invité lors de la journée interprofessionnelle. À cela s’ajoute le bouche-à-oreille entre libraires, médiathécaires et auteurs. Un bon réseau régional qui permet une meilleure information de la chaîne du livre. « Les auteurs sont assez peu au courant des problématiques d’éditeurs, des problématiques des imprimeurs, des distributeurs, des diffuseurs, des libraires, des médiathèques. Il y a vraiment ce travail d’identification d’une profession. On était il y a encore quelques années incapables de faire une liste des auteurs et autrices qui avaient référencé dans telle ou telle région », souligne Stéphanie Le Cam, maître de conférences en droit privé à l’Université Rennes 2 et directrice de la ligue des auteurs professionnels. La précarisation des acteurs lors de la crise sanitaire a fait bouger les lignes. « C’est souvent suivi de mise en place de dispositifs d’accompagnement, de soutien, pas forcément par le biais d’aide à la publication, parfois de permanence juridique », poursuit Stéphanie Le Cam.

    Tout cela étant permis grâce à la politique volontariste de la Région Occitanie. « Par rapport à l’édition, on est sur un système d’aide qui est particulièrement remarquable puisque nous sommes la seule Région justement où les aides à la fabrication et à la création de collection font partie de la ligne investissement », insiste Yanik Vacher. Une aubaine en cette période de sape des budgets culturels, premières victimes de l’austérité.

  • La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    La Région Occitanie en lutte contre le racisme et l’antisémitisme

    En 2015, la France est frappée par une série d’attentats qui plongent le pays en deuil. « Dans les mois qui suivent, on se rend compte que l’antisémitisme émerge de manière spectaculaire dans notre société, tout comme le racisme. Parce que l’antisémitisme, c’est une parole qui se libère, ce sont des agressions. Et parallèlement, on a une montée aussi du racisme, certains considérants que tous les Arabes sont musulmans et que tous les musulmans sont islamistes et fanatiques. Et ils finissent par amalgamer toute la population musulmane », soupire Hussein Bourgi, sénateur PS de l’Hérault et conseiller régional.

    Pour faire reculer ces actes, la Région Occitanie s’est lancée dans une série de consultations destinées à faire émerger un plan d’actions. Pendant un an et demi, les conseillers Hussein Bourgi et Marie Piqué ont mené des auditions auprès d’associatifs, de représentants de la justice, de l’Éducation nationale, etc. Ainsi, en 2020, était présenté un plan de lutte contre l’antisémitisme et le racisme, courant jusqu’en 2024 et se déclinant autour de trois objectifs : la déconstruction des préjugés en éduquant à l’antiracisme et l’antisémitisme ; la transmission de l’Histoire et de la mémoire – notamment via le mémorial de Rivesaltes ou encore la visite des camps d’Auschwitz, plus de 1 000 lycéens emmenés depuis 2019. Enfin, la collectivité dirigée par la socialiste Carole Delga soutient les initiatives des associations. « Par exemple, la Ligue de l’enseignement réalise depuis plusieurs années un DVD “Discrimétrage” avec des lycéens qui vont écrire un scénario puis le réaliser. La Région va accompagner financièrement le tournage, le montage. Il nous a semblé intéressant de parler de la question de l’intolérance et des discriminations, non pas à travers un propos très académique, une parole qui peut parfois apparaître comme moralisatrice, mais plutôt d’utiliser leurs mots, leur vécu », illustre Hussein Bourgi.

    Accompagner les victimes

    Pour ce faire, la Région a mobilisé pas moins de 11,8 millions d’euros qui ont bénéficié à 3,5 millions de personnes. Fière de son engagement, la collectivité ambitionne de lancer un second acte de ce plan pour la période 2025-2029. Une des premières actions devrait être l’hommage rendu aux Justes parmi les Nations avec le dévoilement de plaques commémoratives – Montagnac étant la première commune héraultaise à le faire, le 11 novembre prochain.

    « Aujourd’hui on réactualise, parce que le racisme, l’antisémitisme, ça bouge. L’antisémitisme et le racisme flambent sur les réseaux sociaux, sur des sites et des forums de certains médias et donc nous voulons vraiment sensibiliser les médias à la nécessité de modérer, tout comme les Gafam », fait valoir le sénateur. Cette seconde phase priorisera donc les réseaux sociaux, mais également un meilleur accompagnement des victimes et la création d’espaces de résistance, de lutte.

    Un combat crucial à l’heure où l’extrême droite dédiabolisée infuse dans toutes les strates de la société pour véhiculer son discours raciste et antisémite. « Les époques changent mais l’idéologie de l’extrême droite, elle, reste la même. »

    « Les époques changent mais l’idéologie reste la même. »