Tag: Région Occitanie

  • Le secteur du livre occitan toujours debout

    Le secteur du livre occitan toujours debout

    Les études le confirment d’année en année : les Français lisent moins. La dernière enquête du Centre national du livre (CNL), publiée en avril 2025, le confirme. 63% des Français ont lu cinq livres au cours de l’année, un chiffre en baisse de 6 points par rapport à 2023. Un indicateur que la filière est mal en point. Il semblerait toutefois qu’en Occitanie, le livre fasse de la résistance. En effet, selon les chiffres de 2025 publiés par l’Agence unique Occitanie culture – portée par le Conseil régional – on compte 1 294 auteurs et autrices dans la région, un chiffre en progression de 5,63% sur deux ans. L’Hérault et la Haute-Garonne caracolent en tête, avec respectivement 411 et 314 écrivains.

    Néanmoins, 44% d’entre eux déclarent avoir perçu moins de 500 euros issus de leurs œuvres, témoignant d’une fragilité du secteur. « Il y a une accélération de cette précarité car il y avait eu un appel d’air à un moment donné du côté des solutions d’auto-édition et d’auto-publication qui laissait suggérer qu’embrasser ces carrières-là était plus simple que ça ne l’est en réalité », observe Adeline Barré, directrice du pôle livre à l’Agence unique Occitanie culture. À cela s’ajoute une baisse des ventes en librairie. « On voit aussi que la typologie des ventes est en train de changer. Auparavant, le chiffre d’affaires global se fondait sur un nombre de références plus important, aujourd’hui, les ventes se concentrent sur des best-sellers. Il y a un phénomène de concentration dans les ventes », poursuit Adeline Barré.

    Bien que les ventes baissent, des librairies ouvrent. Six établissements héraultais se sont ainsi lancés dans l’aventure entre 2023 et 2025 et on ne dénombre pas moins de 278 librairies en Occitanie. « Lors du Covid, le métier de libraire a été vu comme une valeur refuge, il y a eu un grand cri d’amour de la population pour la filière. Cela a suscité des vocations, pas mal de réorientations professionnelles. C’était une période idyllique », fait valoir la directrice du pôle lecture. Le livre s’était même retrouvé quasiment en situation de monopole dans le secteur culturel. C’était le seul commerce considéré comme « essentiel » alors que les salles de spectacles et les cinémas étaient fermés.

    278 librairies en Occitanie

    Ainsi ont germé plusieurs établissements, notamment en zone rurale. « Nous avons une assez forte densité des librairies par rapport au nombre d’habitants dans la Région », fait valoir Adeline Barré. Si cette parenthèse enchantée semble se refermer, d’autres facteurs permettent aux librairies de se maintenir à flot. « Nous sommes une région accordéon, nous bénéficions chaque été de la fréquentation touristique et par endroits, cela peut apporter un chiffre d’affaires supplémentaire, ce qui permet de maintenir un maillage territorial. Nous avons également une politique volontariste à l’égard de ce réseau de librairies avec des budgets plus élevés que dans d’autres territoires », reprend Adeline Barré.

    Les libraires ne sont pas les seuls acteurs de la chaîne à bénéficier de ce coup de pouce. Entre 200 et 300 publications sont également aidées chaque année par la Région. « On a la chance d’avoir un écosystème du livre en Occitanie qui est dense et divers. Nous avons beaucoup d’acteurs et on couvre beaucoup de champs. Notre rôle est de préserver au maximum ces acteurs, de les faire coopérer, de les valoriser, de les porter à la connaissance du public », insiste la représentante de l’Agence unique Occitanie culture. Une aubaine pour plus d’un dans cette période où la culture est souvent sacrifiée sur l’autel de l’austérité.

    « Une forte densité des librairies
    par rapport
    au nombre d’habitants »

  • [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    Françoise Verna : Diriez-vous, dans le contexte où nous sommes et après l’annulation par la mairie d’extrême droite RN de Vauvert du festival Jazz à Vauvert, que les festivals sont entrés en résistance ?

    Sébastien Cabrié : Oui, c’est sûr. C’est compliqué depuis quelques années. Il y a festival et festival. Nous, on représente des festivals portés par des associations loi 1901 à but non lucratif, portés par une centaine de bénévoles. Moi, je suis salarié, seul à l’année, avec une collègue à mi-temps. Forcément la question économique pèse chaque année et tout est remis en question chaque année malgré que nous sommes, pour notre part, conventionnés avec l’État, la Région, le Département du Gard, la communauté de communes du Pays de Sommières et la mairie de Junas. C’est une chance de pouvoir discuter avec tous les partenaires publics autour d’une même table avec le même projet, en tout cas l’idée de défendre ce que l’on fait tout au long de l’année. Parce qu’il y a les festivals mais aussi les actions auprès des scolaires, en école, collège, lycée. Il y a aussi du cinéma. On essaie de parler du jazz le plus possible et dans tous les domaines.

    Olivier Nottale : Mais vous devez résister de plus en plus ?

    Sébastien Cabrié : On résiste déjà depuis de nombreuses années au fur et à mesure des différents gouvernements, c’est au-delà du jazz, cela concerne la culture en général. La culture, on sait que c’est la dernière roue de la charrette, celle qui est sacrifiée en premier. Et là se sont rajoutées les élections municipales. On en a vécu, cela 33 ans que jazz à Junas existe. Mais là la tendance nationale est assez alarmiste puisque le RN a progressé fortement dans plein d’endroits.

    Françoise Verna : Il y a eu des conséquences très concrètes puisque la mairie RN de Vauvert a décidé de supprimer le festival Jazz à Vauvert. Cela vous a surpris ?

    Sébastien Cabrié : On savait que le maire actuel ne nous aimait pas trop. Il nous l’a redit cordialement lors de notre rendez-vous. Il votait déjà contre la subvention quand il était dans l’opposition. Pour vous résumer l’historique du festival, il y a eu onze ans de festival porté par d’autres personnes et notamment par la mairie de Vauvert en place à l’époque il y a 23 ans. On est arrivé à la 12e édition.

    Olivier Nottale : Le festival a trouvé refuge à Vergèze. Comment on passe d’une commune à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Il y avait deux choses. D’abord l’aspect financier. L’association ne devait pas être mise en grande difficulté parce que la subvention supprimée était de 65 000 euros, deux mois avant le festival. On s’est appuyé sur une convention, votée par l’ancienne mairie, jusqu’en 2026 mais il manquait le vote au conseil municipal. Face au nouveau maire, on avait la convention mais pas les sous. Quand on a rencontré le nouveau maire, il nous a dit qu’il ne nous portait pas dans son cœur, que nous étions une association hors Vauvert. On ne pensait pas faire 2027 mais l’édition 2026, oui, mais il dit nous a dit qu’il l’annulait. On aurait pu couler et avec nous les emplois. C’était une question financière mais liée à une question artistique : on ne pouvait pas annuler. Nous avons téléphoné à tous les artistes, les agents, etc. et essayé de rebondir, trouver une solution de repli. Les musiciens étaient tous d’accord pour continuer et ont baissé leur cachet. Il y a eu la mairie de Vergèze qui a réagi très rapidement pour nous accueillir.

    Françoise Verna : La maire de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, a dit oui sans hésiter ?

    Sébastien Cabrié : Elle a fait preuve d’une rapidité de réaction et d’engagement. Parce que ce n’est pas un engagement neutre. Elle a assumé ça et on la remercie. On a aussi été aidé par le Département du Gard et de la Région Occitanie.

    Olivier Nottale : Il y a aussi une question de fond : la conception de la culture par l’extrême droite. Or, le jazz c’est l’ouverture à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Les mots qui ont été donnés lors de ce rendez-vous, c’était « élitiste » au moins 25 fois ! On touche pourtant 1 000 élèves chaque année ! Nous, on programme des musiciens vivants qui font la musique d’aujourd’hui.

    Françoise Verna : C’est un faux débat cette opposition entre culture élitiste et populaire ?

    Sébastien Cabrié : Nous n’avons pas essayé de les convaincre, ce n’est pas notre but mais, si on veut, tout peut être une niche : le rock, la chanson…

    Olivier Nottale : Les dates approchent pour jazz à Vergèze. Êtes-vous optimiste sur le niveau de fréquentation ?

    Nous avons remboursé très peu de personnes. On a eu plutôt des soutiens avec des personnes qui ont pris le pass deux jours au lieu de ne venir qu’un soir, et nous les remercions. Après de changer de lieu, c’est compliqué. Mais on va gagner un nouveau public, à la fois des gens qui soutiennent la culture mais qui viendront aussi pour les musiciens de très haut niveau. La fréquentation est plutôt pas trop mal.

    Jazz à Vergèze les 26 et 27 juin

    33e édition du festival Jazz à Junas du 22 au 25 juillet

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    Sophie Binet et Carole Delga somment l’État d’agir pour sauver Fibre Excellence

    « Nous avons déplacé des montagnes. » Au pied des Pyrénées, dans l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne), Sophie Binet affiche sa satisfaction quant à la récente évolution positive du dossier. « Grâce à la combativité des salariés, nous avons réussi à trouver un investisseur qui souhaite la pérennité des sites », martèle la secrétaire générale de la CGT, aux côtés de Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie, et des représentants des salariés.

    Une référence à l’arrivée de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires, en soutien à l’unique offre de reprise pour sauver l’entreprise en redressement judiciaire (lire nos articles du 18/06). D’où le message emprunt de combativité de Sophie Binet : « Ces victoires nous permettent de déjouer le scénario que les vautours avaient organisé dans notre dos. Le scénario prévu était la liquidation. Maintenant, nous allons pouvoir construire un projet d’avenir pour les trois papeteries », développe-t-elle, citant les sites de Tarascon et de La Chapelle-Darblay (Seine-Maritime).

    Reste toutefois de sérieux points d’interrogation pour que le sauvetage de Fibre Excellence se déroule sans accroc : la position du gouvernement et le rôle de l’État dans le dossier. Car ce sont bien leurs actions qui peuvent, ou pas, « lever des conditions suspensives » dont dépend l’avenir de l’entreprise. Sophie Binet cite plusieurs « enjeux » liés à une intervention étatique et qui sont une question de survie pour l’entreprise. Parmi eux, une « révision du prix de rachat de l’électricité produite sur les sites » ou encore « garantir un approvisionnement en bois » à des prix raisonnables. C’est sur ce dernier point que la secrétaire générale tape du poing sur la table : « Les difficultés sont essentiellement dues à la désorganisation de l’approvisionnement en bois. L’État refuse d’organiser cette filière, nous lui demandons solennellement d’y remettre de l’ordre. »

    « Trois semaines pour corriger le tir »

    Autre demande formulée par Sophie Binet et Carole Delga : « Nous demandons au ministre de l’Industrie une table ronde avec l’investisseur, les porteurs du projet, les élus, l’intersyndicale. » En clair, si Matthieu Pigasse « s’est positionné sur un ticket d’entrée », comme le résume Sophie Binet, « la question reste bien les conditions suspensives ». « Pour faire les investissements, nous avons besoin que le marché du bois ne soit pas déséquilibré comme il est aujourd’hui », prend-elle pour exemple. Avant d’insister : « La balle est dans le camp du gouvernement. Nous avons besoin que l’État soit au rendez-vous. »

    D’autant que cela n’a pas vraiment été le cas depuis le début des difficultés de Fibre Excellence : « À ce stade, le ministre se contente à dire qu’il peut accorder des prêts garantis par l’État. Même quand on a un investisseur, les portes ne s’ouvrent pas en grand… Ça interroge. Si les usines ne sont pas sauvées, il y aura un seul responsable : l’État. Ça se paiera très cher. Il reste trois semaines pour corriger le tir. »

  • Front commun pour sauver Fibre Excellence

    Front commun pour sauver Fibre Excellence

    « Dans quelques jours, Fibre Excellence peut disparaître. » C’est le cri d’alarme lancé par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet lors d’une conférence de presse ce vendredi. Ce rendez-vous convoqué la veille a réuni acteurs politiques de la région Sud et Occitanie, aux côtés des membres de l’intersyndicale du groupe. « Nous serons mobilisés, cette usine elle ne fermera pas parce qu’on a besoin de production industrielle en France », martèle la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga.

    Le groupe qui emploie 670 salariés sur les sites de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et de Saint-Gaudens, en Haute-Garonne, a été placé en redressement judiciaire le 27 avril dernier. Depuis, les deux usines sont à l’arrêt et l’inquiétude plane sur leur avenir. Au total, plus de 10 000 emplois pourraient être impactés par la décision de mercredi. Ce qui implique entre autres la Chapelle Darblay, en Seine-Maritime, dont Fibre Excellence est l’un des repreneurs. « L’État a tout intérêt à se mobiliser. Le coût de la facture qui nous attendrait, qu’elle soit humaine, sociale, environnementale ou territoriale, serait terrible », alerte Cyril Juglaret, président de la Commission d’appel d’offres de la Région Sud.

    À ce jour, une seule offre de reprise a été déposée par Fibre Excellence, soutenue par les salariés et les collectivités locales. Le ferrailleur SPB (Société de participation de la Braye) allié au papetier canadien Paper Mill Industry aurait montré son intérêt pour le papetier dans une lettre d’intention communiquée au tribunal. La CGT craint qu’une reprise par un concurrent vise en réalité à démanteler le groupe. « Nous ne voulons pas de projet porté par des liquidateurs, par des rapaces. Nous allons continuer à améliorer d’ici mercredi ce projet industriel parce que nous avons besoin d’une diversification de production de pâtes à papier », fait valoir Carole Delga. « Nous demandons deux choses au tribunal : la poursuite de la période d’observation pour permettre à l’État de lever les conditions suspensives et la lettre d’engagement de l’État. Ces deux demandes vont ensemble », appuie Romuald Fontaine, secrétaire fédéral de la CFDT Chimie Énergie.

    « Que l’État prenne

    ses responsabilités »

    Hasard du calendrier – ou pas – le ministre de l’Industrie a adressé une heure avant le point presse une lettre aux acteurs concernés dans laquelle il détaille ses « engagements », parmi lesquels « la réévaluation des tarifs de rachat de l’électricité de Fibre Excellence jusqu’à +20% dans le respect du cadre juridique applicable, national et européen », écrit Sébastien Martin. Une formulation alambiquée, qui ne convainc pas : « Cette réponse est insuffisante », tranche Sophie Binet.

    Le député PS de Haute-Garonne, Joël Avignaret, a demandé au gouvernement la « nationalisation temporaire » de l’entreprise et « l’entrée de l’État à son capital ». Et a reçu une fin de non-recevoir. « La solution immédiate existe. Que l’État prenne ses responsabilités et mette les bouchées doubles pour préserver les deux sites. (…) On est en train de détruire toute une filière industrielle », tempête René Sale de l’UD FO 13. Sophie Binet, qui a fait de la lutte contre l’extrême droite l’une des priorités de son second mandat, prévient : « Quand on laisse les territoires se désertifier, les industries fermer, le déclassement s’organiser avec du travail qui ne paye plus, qui récupère les dividendes ? C’est l’extrême droite. »

  • La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    La Région Occitanie réajuste sa stratégie énergétique

    D’ici 2050, faire de l’Occitanie la première région d’Europe à énergie positive, c’est-à-dire qu’elle produise plus d’énergie qu’elle n’en consomme. Fixé il y a plusieurs années par Carole Delga, le cap ambitieux qui nécessite de réduire la consommation des ménages par deux et de tripler la production d’énergies renouvelables, n’a pas changé. Mais pour tenir l’objectif, la présidente de Région passe à la vitesse supérieure. « Nous ne sommes plus dans les mêmes perspectives de partenariat avec les États-Unis et le réchauffement climatique s’accélère », argumente-t-elle.

    Un contexte international complexe et incertain qui a convaincu le conseil régional, jeudi 4 juin, à ajuster sa feuille de route en votant une adaptation du modèle de développement qui vise l’indépendance énergétique régionale. L’Occitanie ne part pas d’une feuille blanche. Depuis 2016, 1 milliard d’euros a été investi dans les énergies renouvelables. Côté mobilités, au moment où le train à hydrogène Montréjeau-Luchon s’apprête à circuler, Carole Delga rappelle que « partout où c’était possible, on a fait le choix du train. On a aussi développé le covoiturage qui marche de plus en plus vu le prix du carburant à la pompe ». Côté éolien, un demi-milliard d’euros a été investi dans les éoliennes offshore de Port-la-Nouvelle (Aude). L’hydrogène vert a aussi été développé avec Genvia à Béziers, Narbonne et à Sète où le port s’est doté de la première drague à hydrogène. Un « techno-campus à hydrogène (coût 65 millions d’euros) verra le jour au premier semestre 2027 », renseigne le vice-président Jalil Benabdillah.

    15 000 formations à venir

    Si bien qu’aujourd’hui, la progression d’énergies renouvelables en Occitanie a bondi de 27% contre 16% dans l’Hexagone. La consommation finale d’énergie a baissé de 7% (-4% en France) et les émissions de gaz à effet de serre de 10%
    (-8% au niveau national). Actuellement, l’Occitanie est la seconde région française pour le solaire (4,4 GW installés) ou l’hydro-électricité (5,4 GW) et même la première pour la consommation électrique issue du renouvelable (58%). Mais à deux ans de la fin du second mandat de Carole Delga, il est temps d’accélérer. Un plan régional de 25 nouvelles mesures à lancer entre juin et décembre vient d’être validé.

    Il s’agit par exemple de rénover de nouveaux logements pour 50 000 habitants d’ici 2034 (coût : 70 millions d’euros, ME), ainsi que 500 copropriétés d’ici 2030 (30 ME) ou poursuivre la rénovation énergétique des lycées et autres bâtiments régionaux (230 ME). « Nos prêts permettent de baisser le reste à charge pour une transition juste », résume la vice-présidente Agnès Langevine.

    Côté mobilités, un éco-chèque de 1 600 euros va inciter les ménages à acheter une voiture électrique d’occasion (enveloppe de 8 ME). Les 30 premiers véhicules à hydrogène seront proposés aux professionnels en location (13 ME). Un pass TPE-PME permettra aux salariés de certaines entreprises de recharger leur véhicule aux bornes électriques. À noter aussi que 18 trains à deux niveaux avec une moindre empreinte carbone circuleront bientôt sur le réseau Lio.

    Pour s’affirmer comme un leader européen de l’éolien flottant, deux nouveaux parcs commerciaux doivent naître au large de Port-La-Nouvelle en 2032 et 2034 (5,8 GW escomptés). La Région compte aussi déployer le photovoltaïque sur les toits de ses bâtiments et des exploitations agricoles (8 GW en 2030), tout en travaillant le recyclage des panneaux.

    Outre le développement de l’hydrogène, un fonds d’électrification industrielle (100 ME) accompagnera les PME. La Région entend booster la géothermie qui ne pèse que 1% du renouvelable (bois-énergie 43%, hydroélectricité 39%, éolien 10%, solaire 6%) pour alimenter 440 000 habitants d’ici 4 ans contre 66 000 aujourd’hui. Enfin, la Région veut mettre le paquet sur la formation en visant 15 000 personnes aux métiers de la transition énergétique d’ici 2030.

  • Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    Dans l’Aveyron, deux entreprises annoncées sur l’ancien site de la SAM

    C’était une promesse de la présidente de la Région Occitanie. Il y a cinq ans, en avril 2021, alors que la Société aveyronnaise de métallurgie (SAM) fermait ses portes, un crève-cœur pour le bassin d’emploi de Decazeville, fortement impacté par la désindustrialisation, la socialiste Carole Delga se lançait dans une bataille afin de rouvrir l’usine.

    « Ici, nous avons subi beaucoup de fermetures. Il y a eu les mines, la sidérurgie puis les 3 330 emplois de la SAM », raconte Pascal Mazet, conseiller régional PCF de la majorité et également élu à Vivez, où est implanté le site. Alors l’annonce, le 27 mai, de l’arrivée, fin 2026 de Matière, spécialisé dans la fabrication de pylônes électriques et fin 2027 de Paragon-ID, société britannique de production de puces de traçabilité, est perçue comme une bouffée d’oxygène.

    375 emplois annoncés

    375 emplois sont annoncés pour 2032. « C’est intéressant pour le territoire : nous perdons des habitants, là nous allons en attirer. Sans parler des emplois indirects : quand il y a des salaires, les gens consomment dans les commerces. Tout le monde est gagnant », fait valoir Pascal Mazet.

    Aux côtés de ces deux industries tournées vers des technologies d’avenir, la Région Occitanie entend construire un hôtel PME afin d’attirer d’autres entreprises sur le site, plus de la moitié du foncier étant encore disponible. Ces implantations d’entreprises montrent que la réindustrialisation reste possible dans l’Hexagone. Car, comme souvent, la puissance publique a été le moteur de l’opération. 11 millions d’euros ont été mobilisés par la collectivité socialiste pour le rachat, la dépollution et la réhabilitation du site et une trentaine de millions sont prévus pour la construction des futurs bâtiments, pour un montant total compris entre 45 et 50 millions d’euros. « Cela montre qu’avec de la volonté, on peut le faire. Le problème est le manque de conviction de l’État. Par exemple nous avons fait le choix de faire le train à 1 euro, si bien que de plus en plus de monde le prend. La SNCF aurait pu faire le même choix. Pour l’industrie, c’est pareil. Si la SAM a fermé, c’est l’État qui n’était pas intéressé et préférait que les fonderies partent à l’étranger. La réindustrialisation du pays se fait avec des actes, pas des mots », fait valoir Pascal Mazet.

  • La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    La CGT des portuaires suspend son action à Fos-sur-Mer

    Nous tenons à vous alerter que la fédération sera très attentive en attente de réponses claires lors de la réunion du 10 juin. » C’est de cette manière que la Fédération nationale des ports et docks CGT a indiqué la suspension de son action d’arrêt du travail initialement prévue vendredi.

    Dans son courrier adressé à l’Union des ports de France (UPF) et l’Union nationale des industries de la manutention (Unim) mercredi, la fédération CGT indique avoir « pris en compte la confirmation d’une table ronde qui se tiendra le 10 juin » avec les acteurs « divers et variés » en lien avec le sujet.

    Le sujet, c’est celui de « la problématique de Port-la-Nouvelle », dans l’Aude en région Occitanie, soulevée par la fédération. « Nous dénonçons l’évolution de ce nouveau port qui, dès sa création, suscite bien des interrogations », selon la fédération syndicale.

    Une « concurrence déloyale » selon la CGT

    Les interrogations sont notamment liées aux « nombreux trafics portuaires sont menacés ici ou là », d’après l’organisation, citant Sète, Bayonne, La Rochelle, Fos-sur-Mer et Le Havre. La fédération « n’acceptera pas qu’un nouveau port au modèle atypique remette en cause les équilibres actuels », se disant « consciente d’une concurrence dans les ports qui a toujours existé, mais pas une concurrence déloyale » qui selon l’organisation « remet en cause l’esprit et les engagements des réformes portuaires successives ».

    Ce conflit s’opère dans un contexte de mutation de la stratégie portuaire française. Comme pour d’autres modes de transports, la gestion irrite la CGT. « La Région Occitanie a investi plus de 650 millions d’euros d’argent public pour créer un hub hydrogène et la construction d’éoliennes à Port-la-Nouvelle, qui vient prendre des trafics rouliers vracs aux ports voisins », déplorait la fédération CGT fin avril.

    De même, l’organisation s’oppose au projet Deos de fabrication de flotteurs d’éoliennes en mer à Fos-sur-Mer, à destination de Port-la-Nouvelle. La Région Occitanie et la société d’économie mixte du Port « ne peuvent pas venir concurrencer les autres ports français dont Fos, et espérer la complémentarité sur l’éolien », assenaient les syndicalistes portuaires.

  • Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Région Occitanie : « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

    Trente mille habitants rencontrés lors de 330 manifestations, 5 000 questionnaires remplis qui ont donné lieu à 1 500 propositions. Voilà en quelques chiffres le bilan 2025 de la première édition de l’opération « La Région à vos côtés ».

    Décriée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 euros) et son côté communication, la seconde tournée vient de débuter. Jusqu’à mi-juillet, les élus d’Occitanie vont aller à la rencontre* des habitants sur les marchés, dans les gares, les parkings de supermarché, les universités, les salons ou dans des événements spéciaux tels que la fête de la transhumance. L’objectif est triple : leur expliquer ce que fait concrètement la Région Occitanie qui fête ses 10 ans, recueillir leurs doléances et tordre de cou à certaines idées reçues propagées notamment par l’extrême droite.

    « Nous reprenons le chemin du terrain », synthétise la présidente Carole Delga (PS). Une initiative « unique en France » d’autant plus « nécessaire » au vu du « désamour » qui grandit entre élus et citoyens. Paradoxalement, ces derniers seraient demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner quel que soit leur âge », se souvient l’écologiste Zina Bourguet.

    20 spécialistes recrutés dans les hôpitaux

    Cet exercice de « démocratie participative » a permis de « conforter certaines de nos intuitions devenues des certitudes », résume Christian Assaf (PS). Par exemple le fait que les transports, le pouvoir d’achat ou la santé sont les priorités des habitants. Mieux sonder leurs attentes a permis d’ajouter 20 spécialistes dans 12 hôpitaux aux 150 médecins recrutés par la Région dans les maisons de santé. Plutôt agréablement surpris de la démarche, les sondés ont aussi fait part de leurs mécontentements. « Souvent les trains en retard et la paperasse administrative », observe Carole Delga. Cela a permis à la Région de développer l’application Fairtiq pour avoir tous les tarifs des trains ou d’instaurer le TER à un euro pour les clubs sportifs.

    Aller à la rencontre des citoyens permet aussi de « démonter les contrevérités de l’extrême droite qui réécrit l’Histoire », insiste Carole Delga, attachée à la décentralisation. Et de rappeler, ajoute Jérôme Monamy (PCF), que « le RN vote contre le TER à un euro » ou que la première mesure du nouveau maire RN de Carcassonne est un « arrêté anti-pauvres ».

    * Premières dates : marché de Lodève (25 avril), gare Saint-Roch à Montpellier (28 avril), marché de Méjannes-le-Clap (27 avril)
    et du Vigan (5 mai).

  • Fibre excellence : la procureure demande deux mois d’observation

    Fibre excellence : la procureure demande deux mois d’observation

    Quelques dizaines de personnes, rassemblées au cri de « Pour nos emplois, la cellulose vivra ! », ont empêché pendant une trentaine de minutes l’entrée des représentants de la direction à ce que le secrétaire général de la CGT Haute-Garonne, Cédric Caubère, a qualifié de « tribunal des patrons et des fossoyeurs ».

    « Les travailleurs ne peuvent plus subir le diktat du grand capital », a déclaré, au milieu des drapeaux rouges de la centrale syndicale brandis par des manifestants, Nathalie Bazire, secrétaire confédérale CGT, demandant au gouvernement de mettre les usines de Fibre excellence à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon (Bouches-du-Rhône) « sous protection », afin d’éviter une éventuelle liquidation.

    Lors de l’audience tenue à huis clos, la procureure a demandé au tribunal de commerce d’accorder à Fibre excellence, qui emploie quelque 670 personnes, « deux mois d’observation » lui permettant d’avoir plus de temps pour chercher une solution, a affirmé Laurent Quinto, délégué CGT de l’usine de Tarascon.

    De son côté, la direction du groupe a affirmé dans un communiqué avoir sollicité auprès du tribunal « un redressement judiciaire avec poursuite d’activité » afin « d’examiner les solutions les plus appropriées pour assurer la pérennité de l’entreprise ». Contacté par l’AFP, le tribunal de commerce a refusé toute communication sur cette audience « confidentielle ».

    Le gouvernement a pressé vendredi l’actionnaire de Fibre excellence d’investir pour sauver l’entreprise.

    Engagement de la Région Occitanie

    Outre la pâte à papier, la société produit de l’électricité à partir de bois et de copeaux dont le cours a beaucoup augmenté. Le gouvernement a récemment proposé de relever le tarif de rachat de cette électricité à Fibre excellence (jusqu’à 20%), accédant à une demande récurrente de la direction.

    En contrepartie, il demandait notamment à l’actionnaire de « couvrir les besoins de financement courant du groupe sur l’horizon d’un plan d’affaires (2030) », et de « procéder aux investissements nécessaires au développement de l’activité du groupe les prochaines années ». Or, dans un courrier daté de jeudi les représentants de l’actionnaire Jackson Wijaya, dont la famille dirige le géant indonésien de la papeterie mondiale Asia Pulp and Paper, n’envisagent pas d’investissement supplémentaire. « Tous les moyens seront mis en œuvre pour que l’actionnaire assume ses responsabilités », a notamment déclaré le ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin. La Région Occitanie, dont la présidente Carole Delga a rencontré le Premier ministre le 9 avril, a proposé « l’instauration d’une nouvelle gouvernance et d’un pack d’actionnaire ambitieux et durable » et annoncé être prête « à y prendre part ».

  • Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Pour sortir de la crise, la Région Occitanie mise sur la souveraineté alimentaire

    Si pour la première fois depuis le début du Salon international de l’agriculture, aucun bovin n’était présent pour cause de dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la Région Occitanie, elle, est bien là. Pas moins de 130 producteurs régionaux étaient présents pour mettre en valeur les produits du terroir, sous l’œil de Carole Delga, présidente (PS) de la Région. Car la collectivité socialiste a mis la main à la poche depuis plus de dix ans pour sauver un secteur victime de crises successives : aléas climatiques (gel, sécheresse, etc.) ou encore épizooties. Une nécessité tant la filière agricole représente un poids considérable dans l’économie occitane : avec 165 000 actifs et 17 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle est le premier secteur employeur régional. Ainsi, depuis dix ans [date de l’élection de Carole Delga à la tête de la Région], pas moins de 1,63 milliard d’euros a été investi dont 750 millions d’euros de fonds européens. Le budget régional dédié à l’agriculture a lui doublé sur la même période, passant de 30 à 74 millions d’euros.

    Des filières déficitaires

    Malgré ces efforts, les agriculteurs peinent à joindre les deux bouts. Leurs revenus sont parmi les plus faibles de France avec 13 200 euros par an, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Dès lors, il devient urgent d’amplifier cette aide. « Depuis plusieurs années, je rencontre des agriculteurs fatigués, parfois découragés et en colère, qui ont le sentiment de devoir encaisser crise après crise sans jamais souffler. Trop souvent, on leur demande de changer, de s’adapter toujours plus vite, sans leur donner les sécurités nécessaires. Je refuse que celles et ceux qui nous nourrissent deviennent les oubliés d’un système qui exige beaucoup et protège trop peu », soutient Carole Delga.

    Alors, la Région entend mettre en place un Pacte de souveraineté alimentaire qui devrait être adopté à l’été 2026 – dont 16 millions d’euros seront mobilisés cette année. Nourri par les contributions de professionnels du secteur et de citoyens, ce dernier vise à assurer une meilleure souveraineté alimentaire. « Il fixera une ambition claire : structurer nos filières, sécuriser les revenus et renforcer la valeur ajoutée sur nos territoires », poursuit la présidente. Car si l’agriculture occitane compte nombre de filières, certaines sont déficitaires – telles les poires, les œufs, la viande bovine – or, les capacités de productions sont possibles. Ainsi, la collectivité prévoit d’accompagner ces filières via un contrat d’objectifs de production ou encore soutenir les initiatives souhaitant développer, produire ou commercialiser ces produits locaux, à l’instar de la Brique rose, brique de lait collectée, conditionnée et transformée en Haute-Garonne.

    Mais produire nécessite des terres. En ce sens, la Région mise sur la foncière agricole d’Occitanie. « La Région achète des terres, les garde un certain temps, les met à disposition des agriculteurs. Au bout de quelques années, quand les agriculteurs ont l’argent, ils rachètent leurs terres au même prix où nous les avons achetées, il n’y a pas de spéculation », détaille Carole Delga. Créée il y a trois ans, la foncière a permis de venir en aide à 26 agriculteurs en acquérant 620 hectares pour 2,7 millions d’euros. Nouveauté cette année, la foncière s’ouvre au financement participatif citoyen. L’autre levier que la Région souhaite mobiliser est l’accès à l’eau, ressource se raréfiant sous l’effet de la sécheresse. « Nous allons multiplier par deux le nombre de retenues collinaires aidées [100 projets ont été soutenus depuis 2024, Ndlr], remettre en service d’anciennes retenues collinaires qui ont 30, 40 ans, en créer de nouvelles dans certains territoires. Nous allons aussi étendre le tuyau Aqua Domitia », précise Carole Delga. Assez pour résorber la crise agricole en Occitanie ?