Tag: Région Occitanie

  • [Protoxyde d’azote] Bientôt un grand plan de prévention en Occitanie

    [Protoxyde d’azote] Bientôt un grand plan de prévention en Occitanie

    Des petites capsules ou des grosses bonbonnes qui finissent le plus souvent dans la nature. Le détournement de l’usage du protoxyde d’azote comme gaz hilarant est si répandu qu’aucune ville n’y échappe désormais.

    Si elle a un coût environnemental non négligeable, cette nouvelle pratique fait surtout peser des risques pour la santé publique des jeunes friands de cette nouvelle méthode pour planer à moindres frais. Selon le baromètre Ipsos commandé par la Macif en juin 2026, pas moins de 12% des jeunes âgés de 16 à 30 ans ont déjà expérimenté le protoxyde d’azote comme euphorisant.

    Un phénomène de « mode » grandissant – même les villages sont touchés – qui pousse les pouvoirs publics à réagir. À l’image de Michaël Delafosse (PS) à Montpellier, les maires commencent à prendre des arrêtés municipaux pour interdire la consommation de ce produit sur la voie publique.

    Mais comme toujours, le seul volet répressif ne saurait être une réponse efficace contre ce qui constitue déjà un début de fléau sanitaire. Voilà pourquoi, en attendant que les parlementaires légifèrent, les pouvoirs publics se penchent sur le sujet. Lors de sa conférence de presse de rentrée, Carole Delga (PS) a indiqué que la Région Occitanie et le rectorat de l’académie de Montpellier travaillaient de concert avec l’Agence régionale de santé (ARS) et les acteurs de la prévention à l’élaboration d’un grand plan de prévention. « Une grande concertation va être lancée avec le Rectorat suite au travail au printemps. Un grand plan de prévention sera présenté d’ici l’automne », révèle la présidente de Région.

    Un kit d’action pour les maires et professionnels de l’éducation

    Si rien n’est encore gravé dans le marbre, on connaît déjà quelques actions qui seront mises en œuvre à l’échelle régionale dans le futur plan de prévention. Une « campagne de sensibilisation » sera déployée dans les lycées et les transports scolaires Lio. Un « kit d’action », dont le contenu n’a pas encore été révélé, sera mis à disposition des maires et des professionnels de l’éducation pour les aider à trouver la parade sur le terrain. On sait aussi qu’une « réflexion » est en cours sur l’enjeu de la collecte et du traitement problématique des bonbonnes abandonnées.

    L’Occitanie étant l’une des régions les plus touchées par l’usage détourné du protoxyde d’azote, le sujet est pris au sérieux. Car la consommation de ce produit entraîne des troubles neurologiques, des problèmes cardiovasculaires et des pertes de connaissance qui peuvent aussi générer des accidents de la route.

    Des interdictions très strictes

    Au plan national, la première loi (juin 2021) interdit la vente ou l’offre de protoxyde d’azote aux mineurs et aux majeurs dans les débits de boissons et de tabac.

    Depuis août 2026, la loi Ripost a durci l’arsenal. L’inhalation hors cadre médical devient un délit puni d’un an de prison et jusqu’à 3 750 euros d’amende. Le transport sans motif légitime est passible de 2 ans de prison et 7 500 euros d’amende. Enfin, la conduite sous emprise est réprimée de 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende.

    Dans le Gard, un arrêté préfectoral interdit depuis début 2026 l’usage récréatif, la détention et la consommation dans tout l’espace public, ainsi que le transport et l’abandon de bonbonnes. À Nîmes, la Ville verbalise la consommation et le jet de détritus. Même logique dans l’Hérault où les mineurs sont ciblés dans l’arrêté. À Montpellier, outre l’interdiction de consommation sur la voie publique, le maire Michaël Delafosse (PS) a pris un arrêté interdisant la vente de protoxyde d’azote dans les épiceries de nuit.

    R.C.

  • À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    Mille quatre cents élèves et cent trente agents. Jeudi 10 septembre, quelques jours après la rentrée des classes, le lycée de Cournonterral a été inauguré en présence de la philosophe et essayiste Elisabeth Badinter, dont l’établissement porte le nom ainsi que celui de son défunt époux. Il s’agit bien sûr du célèbre garde des Sceaux, Robert Badinter, dont l’engagement humaniste avait conduit à l’abolition de la peine de mort en 1981, puis à la dépénalisation de l’homosexualité en 1982.

    Dans l’ouest de Montpellier soumis à la pression démographique, ce nouveau lycée est un soulagement pour les familles de nombreuses communes dont les enfants étaient contraints aux longs trajets en cars jusqu’à Montpellier. Pourtant, rien ne fut facile. Faire sortir de terre le 11e lycée (le second dans l’Hérault après celui de Gignac en 2020) depuis 2016 que Carole Delga est à la tête de la Région Occitanie, a eu des airs de parcours du combattant sur le plan juridique et administratif. « Ça a été un lourd combat avec 2 ans de retard et 6 millions d’euros de surcoût en raison de normes environnementales (coût total : 52 millions d’euros) », regrette Carole Delga qui a fini par hausser le ton auprès du préfet de Région. « Je lui ai rappelé l’essentiel : que le diplôme est le meilleur moyen de lutter contre l’isolement et le chômage. »

    « Un lourd combat »

    À l’instar de tous les nouveaux lycées, celui de Cournonterral est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à un système de géothermie et de panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 17 200 m² sur un site de 6 hectares dont 60% d’espaces verts (un millier d’arbres ont été plantés), le lycée est doté d’un plateau sportif de 4 000 m², d’un internat (50 places) et d’une maison des lycéens. L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique. Des métiers d’avenir à l’heure de l’intelligence artificielle.

  • Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    Carole Delga acte un cluster nucléaire pour « préparer l’avenir »

    À Laudun-l’Ardoise, le vieux bassin industriel gardois entend ouvrir un nouveau chapitre. Autour de Marcoule, près de 70 ans de nucléaire ont façonné un bassin de sous-traitants, d’ingénieurs, de chercheurs et d’ouvriers qui reste, avec près de 160 entreprises, le deuxième pôle industriel d’Occitanie. Vendredi 4 septembre, Carole Delga (PS) est venue y défendre une ligne claire : faire de cet héritage un levier de réindustrialisation et de souveraineté énergétique.

    « Nous avons besoin d’être de nouveau un pays producteur », a martelé la présidente de Région devant les représentants de Cyclium et du Collectif. Pour elle, « le débat pro ou anti-nucléaire est derrière nous ». Dans un contexte géopolitique tendu, elle assume son soutien aux EPR2 de Tricastin et de Golfech comme au développement des petits réacteurs modulaires. « Notre indépendance énergétique ou la dépendance au gaz russe » : elle pose le choix en ces termes, tout en appelant à ne plus opposer nucléaire et renouvelables.

    Sur ce territoire présenté comme le « berceau du nucléaire français » par Patrick Palisse, vice-président de la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien, les projets se multiplient. Hexana et Otrera travaillent sur des réacteurs de nouvelle génération autour de Marcoule. À quelques kilomètres, MGH Energy prévoit sur l’ancienne friche ArcelorMittal de L’Ardoise une usine de carburants de synthèse, avec un investissement annoncé d’un milliard d’euros et quelque 200 emplois permanents à terme. Des projets encore soumis à des calendriers, financements et autorisations, mais qui redonnent des perspectives à un bassin marqué par plusieurs abandons industriels.

    C’est dans ce contexte que Carole Delga a acté la création d’un cluster nucléaire, destiné à donner davantage de visibilité au tissu local et à coordonner entreprises, recherche, innovation et formation. Ses contours et son articulation avec les réseaux déjà existants restent à préciser. Mais derrière l’outil de structuration, une question demeure : quelle réindustrialisation et pour quels emplois ?

    Des milliards, mais quels emplois ?

    Car les milliards annoncés ne suffiront pas à eux seuls à faire vivre le territoire. Les industriels alertent déjà sur les départs à la retraite et le manque de salariés qualifiés. « La question de la formation initiale et continue est essentielle », insiste Carole Delga. Le CEA de Marcoule, l’INSTN, le Campus des métiers ou encore le futur dispositif Invictus doivent permettre de transmettre des savoir-faire parfois longs à acquérir et d’éviter que la relance industrielle ne se heurte à une pénurie de compétences.

    Encore faut-il que ces emplois soient suffisamment attractifs pour retenir les salariés. Salaires, conditions de travail, logement, services publics et transports pèseront autant que les investissements industriels dans une filière largement structurée par la sous-traitance. Carole Delga place elle-même le travail au cœur de son discours. « Nous avons besoin de créer des emplois qui rémunèrent et de garantir la dignité à tous nos habitants », affirme-t-elle. Une promesse qui donne aussi une mesure à l’ambition affichée : la réindustrialisation ne pourra être jugée seulement au nombre de milliards investis ou de réacteurs annoncés, mais à sa capacité à créer des emplois durables, qualifiés et correctement rémunérés sur le territoire.

  • La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    La Région Occitanie met la culture camarguaise à l’étude

    Des sabots sur le bitume, des arènes pleines un soir d’été, des manades dans les prés et des villages qui vivent au rythme des abrivados. La culture camarguaise se voit, s’entend et se vit. Mais combien pèse-t-elle réellement ? C’est la question à laquelle veut répondre la Région Occitanie avec une étude consacrée à ses retombées économiques, sociales et culturelles.

    Depuis 2018, plus de 30 millions d’euros ont été engagés par la collectivité dans le cadre du Plan Camargue. Pourtant, les données permettant d’évaluer précisément ce que génère cet écosystème restent parcellaires. Courses camarguaises, fêtes votives, élevage, artisanat ou tourisme irriguent pourtant une large partie du Gard et de l’Hérault. Lors de la crise sanitaire, les seules traditions et fêtes votives avaient été créditées de 120 millions d’euros de retombées économiques.

    Mettre des chiffres derrière les traditions

    Pour y voir plus clair, le cabinet Pluricité a été chargé de conduire l’enquête. Après une première rencontre le 7 juillet avec les principales fédérations et associations camarguaises, professionnels, collectivités et habitants vont être sollicités. Deux questionnaires sont notamment proposés aux habitants et aux spectateurs. « Qu’ils soient habitant du territoire, spectateur d’un événement camarguais, chaque témoignage est précieux », insiste la Région.

    L’étude doit mesurer les retombées en matière d’emplois, d’économie, de tourisme, mais aussi de lien social et de transmission. Une culture « vivante » qui, selon la collectivité, « fait vivre les territoires » et contribue à leur attractivité. Les résultats serviront enfin « d’outil d’aide à la décision » pour orienter les politiques publiques. Des chiffres pour mieux défendre, préserver et transmettre ce patrimoine.

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf très mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois.

    Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître à la faveur de la reprise de l’usine occitane.

    « Les salariés ne baisseront pas la garde »

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période », explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’État assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre.

    « C’est une nouvelle étape, mais ce n’est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l’usine redémarrera », a déclaré Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne. « Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines ». La représentante du ministère public a demandé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité, conformément à la volonté de la Région pour permettre à un repreneur de finaliser une offre de reprise. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise.

    Un industriel portugais

    a manifesté son intérêt

    La présidente de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga (lire ci-dessous), avait appelé l’État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois afin de permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre de reprise. Selon les informations du journal La Tribune, un industriel portugais serait très intéressé et aurait visité le site de Saint-Gaudens. Il pourrait s’agir du groupe Papermar. Une lettre d’engagement aurait été déposée. Un autre partenaire industriel, le groupe alsacien Soprema fait aussi partie du tour de table.

    À l’issue de l’audience, Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence, délégué CGT chez Fibre Excellence, a qualifié de « geste fort » l’annonce du gouvernement et de la Région d’un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l’activité. Un représentant de la Région a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai de trois mois pour bien préciser leur projet de reprise.

  • À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    À Nîmes, le premier train à batteries de France prend les rails

    Lundi 31 août, 12h52, voie E de la gare de Nîmes-Centre. Extérieurement, la rame rouge et grise qui s’apprête à partir vers Vauvert a tout d’un train liO ordinaire. Sous ses planchers, pourtant, une petite révolution ferroviaire est en marche. Pour la première fois en France, un TER dont les moteurs diesel ont été entièrement remplacés par des batteries prend son service commercial. « Nous écrivons aujourd’hui à Nîmes une nouvelle page du transport ferroviaire », résume Gaël Barbier, directeur régional de SNCF Voyageurs Occitanie.

    Une première française, donc, mais pas un train flambant neuf. C’est même tout l’intérêt du projet : cet Autorail grande capacité, âgé d’une vingtaine d’années, a été transformé plutôt que remplacé. Ses moteurs diesel ont laissé place à seize batteries lithium-ion, représentant environ huit tonnes. Rechargée en environ une heure sous les caténaires, notamment lors de ses passages en gare, la rame peut ensuite poursuivre sa route sur les portions non électrifiées. L’énergie produite au freinage est elle aussi récupérée et stockée.

    « C’est à l’État de suivre l’exemple »

    Résultat annoncé : plus de 80 kilomètres d’autonomie, jusqu’à 20% d’économies d’énergie et, sur les tronçons parcourus grâce aux batteries, ni émission directe de CO₂ ni particules fines liées à la combustion du diesel. Avec, en prime, moins de bruit pour les voyageurs et les riverains. « C’est une solution qui permet de nous affranchir petit à petit des énergies fossiles », souligne Olivier Delecroix, vice-président d’Alstom France.

    Entre Nîmes et Vauvert, le laboratoire grandeur nature durera au minimum deux ans. Sur cette ligne de 21 kilomètres, la rame effectuera trois allers-retours chaque jour en semaine. Son arrivée accompagne surtout deux allers-retours supplémentaires par rapport à septembre 2025, portant l’offre à onze trains liO quotidiens. Une manière, pour la Région, de lier transition écologique et renforcement du service public plutôt que d’opposer les deux.

    Avec cette rame, l’Occitanie pousse un peu plus loin sa stratégie de sortie du diesel. Après un Régiolis hybride expérimenté autour de Toulouse, elle doit également accueillir des trains à hydrogène sur la ligne Montréjeau-Luchon. Elle devient ainsi la seule Région française à tester simultanément hybride, batteries et hydrogène.

    Mais derrière la vitrine technologique se pose déjà la question du passage à l’échelle. Le programme national, associant cinq Régions, représente plus de 41 millions d’euros : 30 millions apportés par les collectivités régionales, 6 millions par SNCF Voyageurs et 5,5 millions par Alstom. Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président régional chargé des mobilités, l’expérimentation ne peut cependant rester à la seule charge des territoires. « Nous faisons la démonstration que c’est possible. Désormais, c’est à l’État de suivre l’exemple et de prendre le relais pour lancer un grand plan de transformation du ferroviaire », interpelle l’élu communiste, estimant que le ministère de l’Industrie n’a jusqu’ici « pas été au rendez-vous ». « L’État doit aider concrètement ce genre de projet », insiste-t-il.

    Une revendication qui dépasse la seule rame inaugurée lundi. Car si la technologie fait ses preuves, l’élu imagine déjà son déploiement ailleurs en Occitanie. « Le Gardois que je suis pense à la ligne Nîmes-Alès », glisse-t-il.

    D’autres lignes non électrifiées pourraient suivre. Reste désormais à éprouver les batteries dans la durée : autonomie réelle, vieillissement, maintenance, contraintes d’exploitation. « Il s’agit d’une première génération et d’un fonctionnement nouveau pour tout le monde », rappelle Bogdan Vulturescu, chef de projet à la SNCF. Les deux prochaines années doivent fournir ce retour d’expérience.

  • [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    [Entretien] François Batista, CGT : « Il y a toujours un espoir pour trouver un repreneur »

    La Marseillaise : Quelle analyse faites-vous de la situation de l’usine de Fibre Excellence Tarascon ?

    François Batista : Il faut, avant tout, avoir en tête que Fibre Excellence est un dossier qui a un impact départemental. Sa situation a une multitude d’effets sur plusieurs écosystèmes, avec des intérêts multiples pour plusieurs acteurs, comme le port de Marseille-Fos ou encore les centaines de forestiers qui fournissent l’usine en bois. Problème : nous avons eu une rencontre avec la Région, il y a deux semaines, non pas pour sauver l’outil industriel ou les emplois, mais trouver une porte de sortie pour le site… La Région Sud est la collectivité qui s’est le moins investie et qui a mis le moins de liquidités lorsqu’il y avait des projets de reprise pour éviter la liquidation du site. Elle est clairement moins impliquée que la Région Occitanie, qui a mis sur la table 13 millions d’euros, contre 2 millions et des brouettes pour la Région Sud. D’un autre côté, la CGT de Fibre Excellence a des propositions et des projets pour sauver le site et trouver un repreneur. L’usine a des avantages, elle produit de la pâte à papier dite « kraft », qui a une grosse demande notamment pour le carton et ses variantes. Il y a donc des possibilités réelles de débouchés et donc une reprise de l’activité. Les salariés ont un projet qui table sur un équilibre financier dans les 2-3 ans à venir, avec l’investissement nécessaire. En clair, même si le site est liquidé judiciairement, il y a toujours un espoir de trouver un repreneur et de sauver les emplois. Mais il y a urgence.

    Vous évoquez une urgence, pourquoi ?

    F.B : Le mandataire-liquidateur, qui a pris la main sur le site suite à la liquidation judiciaire, a la responsabilité de s’assurer de la sécurité du site, des personnes et de l’environnement. Le problème, c’est qu’il veut mettre en place des procédures d’arrêt du site qui rendraient très difficile tout redémarrage du site, notamment car une partie des installations s’abîmeraient. Il y a une vraie problématique de sécurité sur un site classé Seveso, avec des produits chimiques qui ne sont pas anodins et donc un risque industriel. L’enjeu est de respecter les normes environnementales pour maintenir l’outil industriel, le plus longtemps possible, en état de service. On estime à plusieurs mois le temps de vider et évacuer l’ensemble des produits du site. Il y a donc le temps de trouver un repreneur, si l’arrêt est fait en bonne et due forme. Garantir la sécurité du site, c’est procéder à un arrêt qui empêche tout impact environnemental et protège les installations. Ce mardi, il y a plusieurs incidents sur des vidanges. Il y a d’ailleurs eu plusieurs arrêtés préfectoraux pris pour encadrer l’action du liquidateur. C’est la preuve que le risque industriel qu’on évoque est réel.

    En quoi la fermeture définitive du site serait un non-sens industriel ?

    F.B : C’est très simple : redémarrer l’outil serait de l’ordre de quelques millions d’euros. Pour le démanteler, le dépolluer, on est sur plusieurs dizaines, voire des centaines de millions d’euros. Au-delà de ça, c’est une question de souveraineté industrielle, de garder une expertise et un savoir-faire.

  • Sortir du fatalisme

    Sortir du fatalisme

    La situation de Fibre excellence est un scandale à plus d’un titre.

    Dernière entreprise productrice de pâte à papier en France avec ses deux sites majeurs, Tarascon et Saint-Gaudens, elle a été abandonnée par le gouvernement qui a refusé d’apporter les garanties nécessaires au plan de reprise présenté, cet été, au tribunal de commerce de Toulouse. Et cela, en dépit des grandes déclarations sur l’importance des relocalisations d’usines et de la souveraineté industrielle après le covid.

    Fibre excellence a ensuite été disloquée : à la différence de l’usine de Saint-Gaudens, celle de Tarascon a été liquidée et ses salariés licenciés.

    Malgré les alertes lancées par les salariés et leur intersyndicale sur la dangerosité de l’arrêt de ce site classé Seveso, plusieurs incidents ont eu lieu, laissant craindre des conséquences environnementales en plus de la casse sociale et industrielle. Des peurs dans la population sur lesquelles la mairie RN de Tarascon, très discrète lorsqu’il s’agissait de défendre l’avenir de l’usine, n’a pas manqué de surfer.

    Nationalisation temporaire

    Dans ce contexte, Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie, et sa majorité de gauche ont raison de se battre pour sortir du scénario de la catastrophe annoncée.

    En demandant au président de la République une nationalisation temporaire, elle ouvre une brèche dans le fatalisme ambiant et montre un autre chemin que celui que les dogmes libéraux infligent au monde du travail.

    Oui, Fibre excellence est une entreprise stratégique. Oui, des milliers d’emplois sont en jeu. Oui, il est temps d’agir. À Saint-Gaudens et à Tarascon !

  • [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    [Occitanie] Carole Delga veut une nationalisation temporaire pour Saint-Gaudens

    La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), ne lâche pas le morceau pour sauver l’usine sœur de Fibre Excellence Tarascon, située à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne. Lors d’une conférence de presse, ce mercredi, l’élue a notamment appelé l’État à procéder à une « nationalisation temporaire » pour l’aider dans sa quête d’un repreneur pour le site occitan. Le tout, alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit se prononcer, le 8 septembre prochain, sur son avenir.

    Concrètement, Carole Delga réclame « une prise de participation de l’État pour laisser le temps à un partenariat industriel de se former ». Avant de développer : « Je demande une participation de l’État à hauteur de 15 millions d’euros en capital et en trésorerie, sachant que la Région Occitanie a prévu 13 millions d’euros ». Si elle explique que l’Aris (Agence régionale des investissements stratégiques), a déposé une offre de reprise de 90 millions d’euros, il faut encore la consolider avec l’apport d’un « investisseur étranger » qui reste à trouver.

    Avec la nationalisation temporaire, Carole Delga espère donc gagner du temps. Concernant le site de Tarascon, elle ne baisse pas les bras non plus : « Nous avons demandé à ce qu’il n’y ait pas de démantèlement de l’outil industriel de Tarascon pour qu’il puisse y avoir de nouveau un projet ».