Tag: Réforme des retraites

  • [Entretien] Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté »

    [Entretien] Michaël Zemmour : « On peut s’attendre à une augmentation de la pauvreté »

    La Marseillaise : Quel effet aura la « suspension » de la réforme des retraites annoncée par le Premier ministre ?

    Michaël Zemmour : L’annonce a été détaillée par le Ministre du Travail. En fait, c’est un décalage du calendrier d’application de la réforme de 2023 qui reste fondamentalement la même. On part à la retraite à 64 ans avec 43 annuités de manière accélérée. Pour certaines générations, on va avoir un décalage de trois mois dans l’application du calendrier. Par exemple, les personnes qui devaient partir à 63 ans et 3 mois partiront à 63 ans. Cela concerne les personnes nées entre 1964 et 1968. Pour toutes les autres générations, la loi va conserver l’âge de 64 ans et 43 annuités.

    Cela peut être considéré comme une « victoire » ?

    M.Z. : Ça, c’est aux partis et aux syndicats d’en juger. Ce n’est pas un gros changement sur la réforme, ça n’en modifie ni les objectifs, ni les principes et ce n’est pas très cher pour le gouvernement. En réalité, c’est plutôt un décalage du calendrier de la même réforme. Une suspension, ça aurait été de dire : à partir de maintenant, on bloque les compteurs à 62 ans et 9 mois. Il faudra faire une nouvelle réforme pour repartir à la hausse ou à la baisse. Là, il n’y aura pas besoin de nouvelle réforme. Si on ne fait rien, on va à 64 ans, comme prévu, mais décalé d’une génération. C’est un bougé, ce n’est pas rien.

    Quand Sébastien Lecornu parle
    de «
     compenser » cette suspension, de quoi est-il question ?

    M.Z. : J’imagine qu’il parle de la question du financement. Pour financer ça, il faudrait moins de 0,3% de cotisations à partager entre employeurs et salariés. C’est vraiment peu à l’échelle du système de retraite. Dans le débat budgétaire qui s’annonce, il y a beaucoup de mesures plus importantes que ça. Le gouvernement prévoit par exemple de baisser la taxe exceptionnelle sur les grandes sociétés qui passera de 1 milliard à 4 milliards d’euros. Cette seule mesure représente un coût plus important que le décalage de la réforme de la retraite. Le budget sera « moins » dur à la fin qu’au début, c’est en tout cas ce qu’a annoncé le Premier ministre…

    Quelles sont ces autres mesures « plus importantes » auxquelles vous faites allusion ?

    M.Z. : Nous verrons dans quelle direction va le débat budgétaire, qui promet d’être sans doute un peu inédit, puisque le gouvernement s’apprête manifestement à faire bouger son texte dans des proportions importantes. Pour l’instant, dans ce budget il y a des mesures fortement antisociales, comme le gel des prestations familiales et des minima sociaux, qui, à ma connaissance, ne s’est jamais produit. Il y aura sans doute – parce que c’est très polémique – un débat sur la désindexation des retraites. Ainsi que des questions sur la fiscalité. Est-ce que, du côté de la droite, il n’y aura pas une volonté de bloquer une mesure fiscale ? On ne peut pas le dire à ce stade. Une des choses très inquiétantes, c’est le budget de l’État et des services publics, qui restent très très très serrés alors qu’on est au milieu d’une crise des services publics en général et de l’école en particulier. C’est un enjeu de lutte contre les inégalités. L’école peut être un outil de réduction des inégalités, mais il y a une fuite de celles et ceux qui ont les moyens vers l’école privée. C’est aussi un enjeu de préparation économique de l’avenir : les moyens qu’on ne met pas aujourd’hui dans l’école risquent de coûter en formation, au niveau de qualification, dans les années qui viennent.

    Quid du doublement des franchises médicales ?

    M.Z. : C’est une mesure budgétairement très importante qui représente de l’ordre de 2 milliards d’euros et qui va directement augmenter la facture pour les malades puisque c’est une dépense obligatoire. Soit les gens vont reporter leurs soins, ce qui est préoccupant en soi, soit ils vont se dire que c’est une dépense obligatoire et donc ça entamera leur pouvoir d’achat.

    Le PS prévoit de réintroduire la taxe Zucman, à travers un amendement, lors du débat à venir. Qu’en pensez-vous ?

    M.Z. : Pour l’instant, il n’y a pas dans ce budget de grosses mesures fiscales sur la taxation des hauts patrimoines. Je pense qu’il serait intéressant d’en avoir une, pas forcément avec un taux très élevé au départ, mais dont l’assiette prenne en compte l’ensemble du patrimoine. Aujourd’hui, le fisc connaît les revenus des ménages, le patrimoine immobilier, mais il ne connaît pas le patrimoine financier, y compris la détention d’actions de grandes sociétés. Donc il serait intéressant d’avoir une assiette qui permette de taxer ces patrimoines, peut-être progressivement, mais de manière plus importante dans le temps.

    Quelles seront à terme les conséquences de ce budget qui ressemble peu ou prou à celui présenté par François Bayrou ?

    M.Z. : Dans les grandes lignes, ça a l’air d’être le même, même si je n’ai jamais vu le budget de François Bayrou. Il y a aussi des modifications à la marge. Il y a des effets antisociaux assez nets. On voit le nombre de mesures inégalitaires. Il est prévu une austérité du côté des services publics. C’est un budget d’austérité, qui va à la fois avoir un effet de ralentissement de l’activité économique et avec des conséquences sociales assez directes. Par exemple, on peut s’attendre, dès qu’on aura l’échelle de la pauvreté, à une augmentation du taux de pauvreté en 2026. Quand vous ne revalorisez pas les minima sociaux et ni les prestations familiales, assez mécaniquement, vous avez une augmentation du taux de pauvreté.

  • Suspension de la réforme des retraites : la CGT réclame « l’abrogation »

    Suspension de la réforme des retraites : la CGT réclame « l’abrogation »

    L’annonce ce mardi par le Premier ministre Sébastien Lecornu de la suspension de la réforme des retraites n’a pas tardé à faire réagir les organisations syndicales. Pour la CGT « la suspension annoncée est en réalité un décalage de son application de quelques mois seulement. Ce simple décalage reviendrait à confirmer les 64 ans au mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses depuis 2 ans et demi », alerte la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué publié en début de soirée. « La seule suspension qui vaille est un blocage immédiat de l’application de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois et 170 trimestres », martèle-t-elle.

    Pour sa dirigeante, Sophie Binet, « c’est un premier bougé », précise-t-elle sur France Inter. La secrétaire générale pousse pour une abrogation et « pas un décalage de son application de quelques mois comme aujourd’hui, qui nous remettrait à la merci de n’importe quel candidat à l’élection présidentielle avec une réforme qui continuerait à s’appliquer à partir de 2027 », a-t-elle renchéri. « Pour la CGT, l’heure n’est ni à la retraite à points [défendue par la CFDT, Ndlr], ni à la capitalisation », a pointé Sophie Binet alors que le chef du gouvernement a indiqué que ces deux sujets pourraient être abordés lors d’une conférence retraites. Une version 2.0 du conclave convoqué à l’époque par François Bayrou qui s’est soldé par un échec cuisant. La participation de la CGT à cette conférence dépendra « de l’ordre du jour et des modalités » : « Si c’est pour travailler sur une hypothèse de réforme à points, ce sera sans nous », a-t-elle prévenu.

    Pour le secrétaire général de FO Frédéric Souillot, la suspension de la réforme des retraites est « un premier pas, mais la suspension n’est pas l’abrogation », selon une déclaration à l’AFP. Pour le dirigeant du troisième syndicat, « cette réforme imposée par 49.3 [sans vote du Parlement, Ndlr] et rejetée par l’immense majorité des salariés, reste injuste, brutale et injustifiée ».

    Solidaires va encore plus loin : « ce n’est qu’une première étape : il est nécessaire de revenir à une retraite à 60 ans et 37,5 années de cotisation », indique le syndicat dans un communiqué. « D’autant que Lecornu a annoncé dans la foulée qu’il devrait tout de suite y avoir une conférence sur les retraites et le travail avec les partenaires sociaux, que le système doit évidemment être financé (en appuyant sur le coût de la suspension) et qu’il faudrait y aller sans tabou, notamment avec la retraite par points ou par capitalisation. Autant de dangers réactivés pour le système par répartition », avertit-il.

    De son côté, la CFDT se réjouit d’une « vraie victoire des travailleuses et des travailleurs », qui constitue « une première réponse à la blessure démocratique » de son adoption sans vote du Parlement grâce à l’article 49.3 de la Constitution. « Les impacts sont concrets et immédiats pour les travailleuses et travailleurs », relève le syndicat, qui estime que la suspension va bénéficier d’ores et déjà aux générations nées en 1964 et 1965. « Pour les travailleuses et travailleurs nés après, tout dépendra des élections de 2027 », selon la CFDT. « Les mesures en faveur des femmes négociées lors du conclave sont aussi des avancées importantes », salue encore le syndicat alors que Sébastien Lecornu a proposé qu’une « amélioration » concernant la retraite des femmes soit inscrite au budget de la Sécurité sociale. « Il faudra néanmoins que toutes ces annonces soient, au final, adoptées dans le PLFSS » (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), avertit la CFDT.

  • Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Lecornu convainc le PS et gagne du temps

    Un discours d’une trentaine de minutes et une phrase très attendue : « Je proposerai au Parlement, dès cet automne, que nous suspendions la réforme de 2023 sur les retraites jusqu’à l’élection présidentielle », annonce Sébastien Lecornu ce mardi lors de son discours de politique générale, suivi de quelques applaudissements sur les bancs socialistes. « Aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’à janvier 2028, comme l’avait précisément demandé la CFDT. En complément, la durée d’assurance sera elle aussi suspendue et restera à 170 trimestres jusqu’à janvier 2028 », précise le Premier ministre. Il a, quelques minutes auparavant confirmé l’abandon de l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution. « C’est la garantie pour l’Assemblée nationale que le débat, notamment budgétaire mais pas seulement, dans tous les domaines, vivra, ira jusqu’au bout, jusqu’au vote », assure-t-il face à la représentation nationale.

    Le chef du gouvernement a ainsi accédé aux requêtes du Parti socialiste, qui avait fait de la suspension de la réforme honnie, la condition sine qua non pour éviter la censure. C’est en tout cas ce qu’a implicitement confirmé Boris Vallaud, président des troupes socialistes. « La suspension de la réforme des retraites, la voici enfin », insiste-t-il, saluant une « victoire », un « premier pas » avant l’« abrogation ». Conspuant un budget « insupportable et gravement insuffisant », le député des Landes concède : « Nous faisons un pari, un pari risqué dont seul l’avenir nous dira ce qu’il est. » Le parti à la rose ne censurera donc pas – dans l’immédiat – le gouvernement Lecornu II.

    LFI, le PCF, EELV et le RN promettent la censure

    Mais ces concessions – temporaires – n’ébranlent pas la volonté du reste de la gauche de voir l’exécutif tomber. « La réforme des retraites est une faute originelle. Elle devient aujourd’hui l’assurance-vie des macronistes », ironise Cyrielle Châtelain, patronne des députés écologistes. « Le groupe Écologiste et Social ira à la censure, car nous refusons l’accaparement du pouvoir par Emmanuel Macron », renchérit la députée. Stéphane Peu, coprésident du groupe communiste et ultramarin voit dans la suspension annoncée « potentiellement une victoire ». Mais fait peu mystère sur l’issue de son vote jeudi : « Dernier grognard du président Macron, vous tomberez vous aussi pour le défendre », lance-t-il à l’adresse du locataire de Matignon.

    Plus tôt dans la journée, le président de la République a menacé les oppositions : les motions de censure sont « des motions de dissolution et doivent être vues comme telles », argue Emmanuel Macron en Conseil des ministres, en appelant à la « stabilité institutionnelle » et au sens du « compromis », selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Encore une fois, le chef de l’État renvoie la responsabilité de cette crise politique sur ses opposants. « La logique des insoumis a toujours été la même : nous ne participerons pas à votre sauvetage », prévient Mathilde Panot, cheffe des députés LFI. « Une réforme imposée contre tout un peuple, contre l’ensemble des organisations syndicales et contre l’Assemblée nationale, elle ne se conclave pas, ne se discute pas, ne se suspend pas, elle s’abroge », tranche-t-elle.

    RÉACTIONS

    Fabien Roussel, secrétaire national du PCF

    « La suspension de la réforme des retraites à 62 ans, 9 mois, 170 trimestres est une première victoire pour les 500 000 salariés qui en profiteront dès cette année C’est le fruit de toutes les mobilisations Poursuivons le combat jusqu’à l’abrogation et pour un financement juste ! »

    Olivier Faure, 1er secrétaire du PS

    « Je reste dans l’opposition mais je veux que le débat ait lieu et je souhaite que l’on puisse avancer. Nous ne censurerons pas le Premier ministre (..) Je suis heureux pour les 3,5 millions de personnes qui pourront partir à la retraite plus tôt. Quand on fait de la politique, c’est pour changer la vie des gens et provoquer une dissolution, ce n’est pas changer la vie des gens (..) Le projet de budget n’est pas le nôtre, le combat ne fait que commencer. »

    Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV

    « Même si je me réjouis que notre opiniâtreté permette une avancée sur les retraites, Les Écologistes ne peuvent pas laisser passer ce gouvernement qui s’apprête à soutenir le budget que nous connaissons. Comme nous l’avions annoncé, nous censurerons ce gouvernement. »

    Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, député des BDR

    « Le budget Lecornu prévoit l’explosion de ce que l’on doit payer lorsque l’on fait une demande de titre de séjour ou de titre de nationalité. Retailleau est sorti, mais pas ses idées racistes. Comment un député de gauche pourrait-il accepter une telle faute morale ? »

    Benjamin Lucas, député Génération.s

    « Je n’ai pas été élu pour aménager le macronisme mais pour rompre avec cette dangereuse politique. Au nom de l’intérêt général, de la défense des classes moyennes et populaires, du respect des principes démocratiques et républicains, je voterai la censure. »

    François Ruffin, député Debout!

    « Enfin, après deux années de tensions, de crispations, un Premier ministre bouge sur les retraites… Mais sur le budget ? C’est toujours du Macron, Robin des bois à l’envers, qui prend aux modestes, aux malades, aux handicapés, pour donner aux plus riches. Les milliardaires paieront toujours moins d’impôts que leurs secrétaires. Ce sera donc la censure. »

    Bruno Retailleau, président LR

    « La gauche n’est pas au gouvernement mais elle le dirige. La suspension de la réforme des retraites et le silence du premier ministre sur l’immigration prouvent que ce gouvernement est l’otage des socialistes. (…) Pour éviter la censure, le gouvernement fait payer aux Français un prix considérable. »

    Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance et ex-ministre

    « Je salue la main tendue sur la réforme des retraites. Ce débat doit désormais s’ouvrir en responsabilité, en ayant pour seules boussoles l’amélioration de notre système de retraites pour les travailleurs et son équilibre financier, gage de sa crédibilité pour les plus jeunes. »

  • Sursis

    Sursis

    Après une semaine rocambolesque faite de démission, de reconduite, de tractations, Sébastien Lecornu a opéré un repli stratégique en annonçant la suspension de la réforme des retraites tout en réaffirmant qu’il renonce à faire usage du 49.3. Deux exigences posées par le PS pour ne pas censurer son gouvernement a priori.

    Il n’en fallut pas plus pour que Bruno Retailleau, juge le gouvernement « otage des socialistes » bien qu’il contienne six ministres membres des LR fraîchement exclus et que le groupe de son parti à l’Assemblée nationale refuse de le censurer.

    Indéniablement, Sébastien Lecornu a réussi à gagner un sursis alors même que l’attitude du chef de l’État qui l’a nommé à Matignon, l’a privé de toute légitimité.

    Une brèche dans le mur de mépris macroniste

    À gauche, en dehors du PS, même si la suspension de la réforme des retraites est vue comme une première victoire et une brèche dans le mur du mépris démocratique macroniste, le compte n’y est pas.

    Communistes, écologistes et insoumis s’accordent à juger une censure incontournable. D’abord pour sanctionner le refus du président de la République de nommer un Premier ministre issu de la coalition arrivée en tête : le Nouveau front populaire. Ensuite pour stopper l’examen d’un budget qui cache derrière l’arbre de la suspension de la réforme des retraites, une forêt de reculs sociaux. Doublement des franchises médicales, gel des prestations sociales, « l’année blanche » promise par le gouvernement sera plutôt une année noire pour la justice sociale.

    Sébastien Lecornu sait bien qu’il ne tient que par un fil. La preuve ? Il a préféré ne pas poser la question de confiance.

    Son budget, inacceptable pour le monde du travail et les progressistes ne doit pas être adopté.

  • Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Le PS conditionne la non-censure à la suspension de la réforme des retraites

    Censurera, censurera pas ? Quelques heures avant la déclaration de politique générale de Sébastien Lecornu, le Parti socialiste conditionne la chute du gouvernement à une suspension de la réforme des retraites.

    « Nous demandons clairement la suspension immédiate et complète de la réforme des retraites. Il faut que les choses soient claires et que chacun prenne ses responsabilités. Alors que les Français ont donné la priorité à la gauche, depuis un an, trois Premiers ministres de droite se sont succédé, et aujourd’hui nous en sommes au quatrième. Il est temps que le Président accepte une idée simple : quand on a perdu les élections, on ne peut pas vouloir imposer ses décisions », assure Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste sur France 5 ce lundi soir.

    Lors d’une réunion avec les chefs de parti vendredi, Emmanuel Macron avait esquissé une concession : un décalage dans le temps de « la mesure d’âge » de départ à la retraite (passage progressif à 64 ans), symbole de son deuxième quinquennat. Un geste insuffisant aux yeux du PS, qui veut à la fois une suspension de la mesure d’âge légal et de l’accélération de la hausse du nombre de trimestres cotisés. Sur ce point, les socialistes vont plus loin que la CFDT.

    La CGT demande l’abrogation

    La CGT elle, demande l’abrogation de cette loi contre laquelle des millions de Français ont manifesté. « Le décalage reviendrait à confirmer les 64 ans dont l’application ne serait que décalée de quelques mois, au mépris de la mobilisation de millions de travailleurs et de travailleuses. La seule réelle suspension de la réforme des retraites c’est le blocage immédiat, par la loi, à 62 ans et 9 mois et 170 trimestres, qui doit ensuite permettre au parlement de voter son abrogation », pousse la centrale syndicale de Montreuil dans un communiqué.

    Une fois de plus, les socialistes sont faiseurs de roi, attendus au tournant par leurs (ex) partenaires du Nouveau front populaire. Une motion de censure a été déposée ce lundi matin par les insoumis, communistes, écologistes et Génération.s. Reste à savoir ce que feront les Roses. Leurs voix seront déterminantes pour faire chuter (ou pas) le gouvernement.

    Accusés d’avoir scellé un accord de non-censure avec la présidence, ils nient en bloc et qualifient l’information élyséenne « d’intox ». « Une partie des socialistes sont prêts à se faire acheter », a accusé le chef du RN, Jordan Bardella, dont le parti d’extrême droite réclame la dissolution. « Si nous devons aller aux urnes dans les prochaines semaines, nous irons sans crainte. Nous sommes prêts. Et nous vous battrons, comme nous vous avons déjà battus en juillet 2024 », rétorque le secrétaire général du parti Pierre Jouvet.

  • Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Lecornu II : dernières heures avant la chute ?

    Comme à l’accoutumée depuis la dissolution ratée de juin 2024, c’est une semaine cruciale qui s’ouvre pour le gouvernement en place. Le premier Conseil des ministres de cette équipe fraîchement nommée se tient ce mardi matin à l’Élysée, autour du président. Seront ainsi présentés les deux projets de budget, de l’État et de la Sécurité sociale, afin qu’ils puissent être transmis dans les temps au Parlement.

    « Notre seul objectif et seule mission » est « de surpasser et de dépasser cette crise politique » qui « sidère », et ce avec « sobriété » et « humilité », en mettant « les ego de côté », a déclaré le Premier ministre, en introduction d’une réunion de son nouveau gouvernement à Matignon, lundi après-midi. Il avait auparavant demandé des passations de pouvoir « sobres » qui se sont déroulées au moment du déjeuner, sans presse ni invités. Et, a fortiori, sans règlements de compte… La priorité pour le chef de gouvernement est de « donner un budget à la France d’ici la fin de l’année », assène Sébastien Lecornu. Parallèlement, la commission des Finances de l’Assemblée nationale, présidée par le député LFI éric Coquerel, commence ses auditions ce mardi.

    Puis, vient le moment de vérité. Le Premier ministre est ensuite attendu à l’Assemblée nationale, où il prononcera son discours de politique générale à partir de 15 heures. Les socialistes y attendent notamment la suspension « immédiate et complète » de la réforme des retraites de 2023. Si tel n’est pas le cas, les députés PS pourraient voter la censure déposée par leurs partenaires de gauche (lire ci-contre).

    Macron s’en prend

    aux oppositions

    De son côté, comme à son habitude, l’artisan du chaos en cours renvoie la responsabilité à ses opposants. « Je trouve que beaucoup de ceux qui ont nourri la division, les spéculations, n’ont pas été au niveau du moment où vit la France et de ce qu’attendent les Françaises et les Français », a insisté le chef de l’État à son arrivée en Égypte, pour assister à un « sommet pour la paix » à Gaza. « Les forces politiques qui ont joué la déstabilisation de Sébastien Lecornu sont les seules responsables de ce désordre », a-t-il osé. Les réactions ne se sont pas fait attendre. « Comment cet homme méprisant le peuple, plus préoccupé par les marchés que par les Français, peut-il encore se dédouaner de ses responsabilités. Emmanuel Macron est le seul responsable et coupable du chaos », conspue Stéphane Peu, co-président du groupe communiste à l’Assemblée.

    Le locataire de l’Élysée persiste et signe, demandant « à tout le monde de se ressaisir, de travailler avec exigence, respect ». Interrogé sur une possible dissolution en cas de nouvelle chute du gouvernement, il a assuré ne « faire aucun pari ». « Je souhaite que le pays puisse avancer dans l’apaisement, la stabilité, l’exigence et le service des Français », a encore déclaré le président.

    130 ministres nommés depuis 2022

    Ces nouvelles accusations en irresponsabilité ne passent pas. « L’arrogance et l’absence totale de remise en question d’Emmanuel Macron sont des cas d’école à enseigner sur la toxicité de la Ve République. Son refus d’admettre sa défaite est le seul responsable du chaos actuel, mais il prétend incarner la stabilité. Hallucinant », tacle la patronne des Écologistes Marine Tondelier.

    En réunissant pour la première fois ses troupes, Sébastien Lecornu les a remerciés « d’avoir accepté de rentrer au gouvernement de la République dans un moment qui, on le sait, est difficile ». Et pour cause, cette nomination a des airs de mission d’intérim. Celui qui a participé à tous les gouvernements depuis 2017, sans discontinuer, le sait mieux que quiconque. Peu de doutes subsistent sur la durée de vie de ce nouvel effectif. Hasard du calendrier ou pas, l’AFP a compilé, lundi, des données qui donnent le vertige. Depuis la réélection d’Emmanuel Macron en mai 2022, 130 personnalités se sont succédé au gouvernement, brisant déjà, à un an et demi de la prochaine présidentielle, le record absolu de ministres nommés sous un mandat présidentiel sous la Ve République. Une énième preuve, s’il en fallait, de l’instabilité chronique dans laquelle Emmanuel Macron a plongé le pays.

  • Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu 2 : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Gouvernement Lecornu II : toujours aussi bancal et libéral

    Il fallait aller vite. À peine 48h pour composer une équipe gouvernementale destinée avant tout à déposer un projet de budget. En vertu de la Constitution, le Parlement doit disposer de 70 jours pour l’examiner, avant le 31 décembre. Il faudrait que le texte lui soit transmis en ce début de semaine, en principe après un passage en Conseil des ministres, ce mardi.

    Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon par un président jusqu’au-boutiste, a dit dimanche soir, selon son entourage, avoir « proposé un mélange de société civile avec des profils expérimentés et de jeunes parlementaires ». Une équipe de 34 ministres encore et toujours marquée à droite, avec la participation de membres des Républicains, à l’image d’Annie Genevard, reconduite à l’Agriculture, ou du député Vincent Jeanbrun, porte-parole du groupe LR à l’Assemblée nationale, nommé au ministère du Logement et de la Ville. Malgré le mot d’ordre du parti LR de ne pas participer au gouvernement, dans un contexte d’éclatement du fameux « socle commun », entendre ses potentiels alliés de la droite et du centre. Dans la foulée de l’annonce du gouvernement, le parti de droite a indiqué exclure les ministres LR.

    Les électeurs de la première circonscription du Tarn-et-Garonne ont choisi dimanche, lors d’une élection législative partielle, un candidat soutenu par le RN, Pierre-Henri Carbonnel, plutôt qu’une socialiste, après l’appel du patron de LR, Bruno Retailleau, à ne donner « pas une voix » à la gauche.

    C’est dans ce contexte de rapprochement entre droite et extrême droite que Sébastien Lecornu s’était donné 48 heures pour rassembler un second gouvernement. « Repartir n’était pas une évidence pour moi » a-t-il confié à nos confrères de la Tribune Dimanche. Et de prévenir que « si les conditions n’étaient de nouveau plus remplies », il partirait de nouveau. « Je ne ferai pas n’importe quoi. On ne peut pas continuer comme avant, il faut un gouvernement plus libre, y compris dans la relation aux partis politiques », a-t-il ajouté. Une bonne partie des groupes de l’Assemblée nationale appellent à la censure.

    À droite, les Républicains ont explosé, leur bureau indiquant « un soutien texte par texte ». Décision sur laquelle le Modem et Horizons pourraient s’aligner. Laurent Panifous, président du groupe Liot, indique lui que son groupe ne censurera pas le futur gouvernement si celui-ci respecte quatre conditions : ne pas utiliser le 49.3, revenir sur la réforme des retraites, une mesure de justice fiscale et de nouvelles têtes.

    En embuscade, la cheffe de file du RN se frotte les mains, Marine Le Pen se disant prête à « censurer tout ». Mieux, 95 % de ses candidats seraient même pré-investis en cas de dissolution. De quoi inquiéter quand on se remémore le CV de ceux présentés aux législatives de 2024, entre incompétence crasse, casier judiciaire chargé et autres propos racistes.

    Le PS en arbitre ?

    À gauche, après avoir tenté la destitution, LFI opte aussi pour la censure sans attendre. Pour son coordinateur et député de Marseille, Manuel Bompard, « le cirque doit s’arrêter ! ». Du côté des communistes, réunis en conseil national samedi, la dissolution ne fait pas un pli non plus. Les Verts eux, ont encore besoin de se persuader. La secrétaire générale d’EELV, Marine Tondelier, appelle à un vote de confiance, préfère écouter le discours de politique générale avant une motion, persuadée que Lecornu ne parviendra pas à aboutir.

    Avec 69 députés, les socialistes se posent en arbitre. Sans l’abandon du 49-3, des mesures pour protéger et renforcer le pouvoir d’achat des Français et une suspension immédiate et complète de la réforme des retraites, ce sera la censure prévenait Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste depuis la fête de la Rose à Marseille ce 11 octobre. « Une telle suspension n’épuiserait pas le débat sur le budget et l’avenir de la France, mais ce serait un gage de sa bonne foi et de sa volonté d’ouvrir une nouvelle période », a précisé Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, toujours dans La Tribune Dimanche.

    Pour le Premier ministre démissionnaire remissionné, « il y aura un moment de vérité. » Reste à savoir laquelle…

  • La « carte blanche », une impasse

    La « carte blanche », une impasse

    C’est une nouvelle fois dans la précipitation et dans une vaste pagaille politique que le gouvernement a été nommé, dimanche soir. Un exécutif sans relief, bancal et toujours libéral, piloté par un Premier ministre en sursis.

    En reconduisant Sébastien Lecornu à Matignon, Emmanuel Macron ne cherche pas à résoudre la crise politique, il l’aggrave. Ce choix illustre un refus obstiné d’écouter le peuple.

    Car cette crise est l’héritage direct de la dissolution de 2024. Une manœuvre présidentielle qui a tourné au désastre. Le Nouveau Front populaire (NFP), rassemblant les partis de gauche, est sorti vainqueur de ces législatives, porté par une dynamique forte. Mais, au lieu de respecter ce verdict, Emmanuel Macron a préféré ignorer les urnes, contourner les équilibres parlementaires et imposer un Premier ministre sans majorité. Depuis, règne une instabilité sans précédent.

    Paysage fracturé

    Sébastien Lecornu se retrouve avec une « carte blanche » qui ressemble surtout à une impasse. Il a composé un gouvernement dans un paysage politique fracturé, où les soutiens traditionnels se dérobent et où les oppositions se préparent à censurer. À gauche, la colère est légitime, avec des exigences concrètes : retrait de la réforme des retraites, justice fiscale ou encore un meilleur pouvoir d’achat.

    La semaine qui s’ouvre s’annonce tumultueuse, avec un gouvernement équilibriste déjà proche de chuter, juste en place pour déposer un projet de budget dans les temps.

    Il est temps que la gauche prenne le gouvernail du pays, avec une alternative crédible, sociale, écologique et démocratique. Le peuple a parlé en 2024. Il est urgent que le pouvoir l’écoute, enfin.

  • Macron choisit le dernier de ses fidèles

    Macron choisit le dernier de ses fidèles

    Tout ça…pour ça. C’est donc Sébastien Lecornu, Premier ministre ayant rendu sa démission lundi, qu’Emmanuel Macron choisi ce vendredi soir, pour rempiler à Matignon. Le président de la République se tourne vers le dernier de ses fidèles, l’autoproclamé « moine-soldat », pour poursuivre la politique menée depuis 2017.

    Sans surprise, la rupture promise n’aura pas eu lieu. C’était attendu. À la sortie des 2h30 de réunion à l’Élysée, les représentants de la gauche – arrivés ensemble – ont conspué la teneur des échanges. « Nous sortons de cette réunion sidérés », lance la patronne des Écologistes Marine Tondelier. « Nous n’avons eu aucune réponse, si ce n’est que le Premier ministre qui sera nommé dans les heures prochaines ne sera pas de notre camp politique », prédit elle, avant d’alerter : « tout ça va très mal se terminer ». Après elle, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, poursuit « si le nouveau Premier ministre est dans le camp macroniste, nous ne pourrons pas l’accepter », prévient-il. C’est désormais chose faite. Les Socialistes menacent : « il n’y a aucune garantie de non-censure notre part », tranche Olivier Faure, Premier secrétaire du parti.

    Seuls la gauche et le président des députés Liot ont pris la parole sur le perron du palais présidentiel. Aucun des membres des partis censés former ce qui était jusqu’alors nommé « socle commun » ne s’est exprimé. Pour Bruno Retailleau, « l’expression “socle commun” est morte dimanche soir, faute de confiance ». Pour lui, « s’il doit y avoir un avenir en commun, ce sera sur le fond, par une plateforme programmatique », a avancé le président des LR devant Emmanuel Macron. Une réunion du parti est prévue ce samedi matin.

    Avec qui Sébastien Lecornu va-t-il former le gouvernement censé plancher sur le budget dès lundi en Conseil des ministres ? Son camp a implosé. Et la réforme des retraites, totem du second quinquennat d’Emmanuel Macron, semble être l’un des points de crispation majeur.

    Ces derniers jours, la question d’une suspension de la réforme honnie s’était immiscée dans le débat, à l’initiative d’Elisabeth Borne, l’ex Première ministre qui a forcé par 49-3 l’adoption de cette loi. Les forces progressistes attendaient des gages, il n’en fut rien. Cette simple évocation provoque l’ire de la droite et d’une partie du camp présidentiel. « Il n’y aura pas de ministre Horizons dans un gouvernement qui revient sur la réforme des retraites », indique Arnaud Péricard, porte-parole du parti d’Edouard Philippe sur BFMTV ce vendredi soir.

    Dissolution, destitution, censure…

    Dans la matinée, le chef de file de la France insoumise a dit refuser « de renoncer à la dissolution et à la présidentielle anticipée », averti Jean-Luc Mélenchon. Insoumis, au même titre que le RN, n’ont pas été convié au rendez-vous élyséen. Une fois de plus, le macronisme tire dangereusement un trait d’égalité entre LFI et le parti d’extrême droite lepéniste, auquel il déroule le tapis.

    À l’heure où nous écrivons ces lignes, les promesses de censure s’enchaînent. La chute d’un gouvernement Lecornu II semble inexorable et avec lui, celle du macronisme.