Tag: Réforme de la Métropole

  • Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Déjà en campagne en coulisse depuis plusieurs mois (notre édition du 24/03), le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, a profité de la conférence des Maires de Provence, ce lundi soir à Saint-Victoret, pour officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille, à mi-chemin entre le second tour des municipales et la réunion du premier conseil métropolitain de la mandature, le 7 avril.

    « L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous [l’ex-maire LR d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, Ndlr] appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous », défendait-il face aux 83 maires du département présents, en s’engageant « pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique, transpartisane ». Et d’annoncer : « Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires. »

    Des promesses qui viennent répondre à l’aspiration de la plupart d’entre eux, souvent exprimée dans la campagne des municipales. « Quand la Métropole s’occupe de ses compétences, elle travaille bien. Par contre, c’est dans la proximité qu’il y a un problème », partageait le président (DVD) du groupe métropolitain des Maires de Provence, Jean-Pascal Gournès. Avant d’assumer : « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! »

    Pas de RN dans l’exécutif

    « L’action publique en circuit court, nous savons produire et faire. Mais là, il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », opine aussi le président (SE) des Maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, qui a cependant pris le soin de faire applaudir la présidente sortante de la Métropole, Martine Vassal, et son « courage presque sacrificiel » pour avoir tenu l’institution.

    Alors Nicolas Isnard promet « une Métropole au service des maires et pas au-dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure », un établissement public de coopération intercommunale « ramassé sur ses compétences régaliennes et laissant les compétences de proximité au service des communes qui voudront s’en emparer ». Et ébauche la création d’antennes métropolitaines dans chacun des anciens conseils de territoire.

    Surtout, la majorité marseillaise devrait faire son retour dans l’exécutif. « Le soutien du maire de Marseille est indispensable », souligne Nicolas Isnard. Dans la matinée, il a ainsi échangé pendant plusieurs heures avec Benoît Payan (DVG). « Les échanges ont été plutôt constructifs, avec un alignement global sur ce que doit être la Métropole », apprécie-t-on dans l’entourage du maire marseillais. « Mettre en place les mesures que l’on préconise à Marseille coûtera de l’argent », reconnaît-on cependant dans les couloirs de l’hôtel de ville, tout en assurant ne pas réclamer plus que « sa part du gâteau ». Surtout, si l’heure de la répartition des postes et des outils métropolitains n’est pas encore venue, « si dans l’exécutif métropolitain, il y a des personnes d’extrême droite, ce ne sera pas pareil », avertit-on. Une option écartée par le candidat à la présidence : « Ils n’en ont pas fait la demande. Mais il est compliqué de dire comme l’extrême droite nous présentons des listes contre vous tous et une fois que vous êtes élus, nous voulons travailler avec vous ! » Même si, promet-il, chaque commune sera traitée de façon équitable.

    « Le soutien
    du maire
    de Marseille est indispensable »

  • L’option de la Métropole des maires avance

    L’option de la Métropole des maires avance

    Jouer le bras de fer politique au sein de l’hémicycle avec un clivage entre la gauche et la droite ou faire de la Métropole une instance dépolitisée, en visant le consensus entre les maires. Si les deux hypothèses sont encore aujourd’hui sur la table, alors que doit être désigné le 7 avril le successeur de son actuelle présidente Martine Vassal, la deuxième option prend au fil des jours de plus en plus de poids.

    Après le courrier adressé le 25 février par le maire (DVD) de La Ciotat Alexandre Doriol réclamant une réforme de l’institution métropolitaine, après la campagne très active menée en coulisses par le maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard pour aller en ce sens, c’est le maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade qui, dans un courrier ce mercredi, appelle à un « pacte de gouvernance autour des maires ». « La Métropole Aix-Marseille-Provence ne s’est pas construite avec les communes. Elle s’est décidée sans elles, souvent contre elles », y déplore-t-il. Et de poser une alternative entre « un fonctionnement centralisé, technocratique » et « un outil au service des communes et d’un développement territorial équilibré ».

    « La gestion des compétences de proximité doit être rendue aux maires, en dehors des clivages politiques », plaide-t-il, en réclamant aussi à travers son pacte en cinq points une décentralisation tant économique que dans les transports. « Une organisation en bloc, fondée sur les clivages partisans ferait basculer la Métropole d’un espace de coopération vers un lieu d’affrontement stérile », avertit-il encore.

    Ce refus du clivage partisan est partagé du côté de la majorité marseillaise, qui apporte le plus gros contingent d’élus (67 conseillers sur 238). « Le total à gauche est plus fort que la dernière fois, mais pas assez pour arriver à la majorité, partage un élu influent. Si on présentait un candidat, rien n’exclut que le RN ne soutienne pas la droite. » Alors en attendant, le Printemps marseillais regarde le positionnement des candidats, décidé cette fois à participer à la gouvernance métropolitaine. « Celui qui nous fera les propositions les plus sérieuses concernant la ville de Marseille, on ira sur ce chemin-là », précise l’élu.

    Soutiens à droite

    Pour porter cette vision de ce que tous appellent la « Métropole des maires », « Nicolas Isnard ferait un très bon candidat » estimait le maire (LR) d’Allauch sur BFM Marseille, même s’il reconnaît que la maire (UDI) d’Aix-en-Provence Sophie Joissains « à toute sa légitimité ». « Nicolas Isnard est à l’instant où je vous parle le candidat qui semble convenir à l’ensemble des maires des Bouches-du-Rhône », défendait aussi leur président (SE) Georges Cristiani sur France 3 ce mardi soir, précisant lui-même ne pas être candidat. Le même jour selon nos informations, le groupe des maires de Provence et le groupe écologiste et centriste se sont chacun réunis, et apporté leur soutien au maire de Salon-de-Provence. La réunion lundi prochain à Saint-Victoret de l’ensemble des membres du collectif des Maires de Provence – ils étaient 100 à y adhérer dans le département en décembre – devrait permettre d’éclaircir les positionnements de chacun.

  • Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Au moment de la publication des premiers résultats ce dimanche soir, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier estimait qu’il « n’y a pas de bouleversement majeur » à Marseille. « Benoît Payan reste maire, et la Métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique », expliquait-il. Avec le second tour des municipales ont en effet été aussi désignés les conseillers siégeant à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Mais si l’intercommunalité reste inclinée à droite, les équilibres y sont bouleversés par l’effondrement de sa présidente (DVD) Martine Vassal. Balayée aux municipales avec à peine plus de 5% des suffrages à Marseille, elle n’a plus que quatre sièges dans son propre hémicycle, et a finalement reconnu dimanche soir qu’elle ne pourrait conserver son siège. « J’ai fait un choix de responsabilité. En politique, il faut rester fidèle à ses convictions », expliquait-elle à la presse. De quoi rebattre toutes les cartes. Et faire chauffer les téléphones.

    Une Métropole des maires

    Avec la très large victoire de Benoît Payan, Marseille amène en effet quatorze élus de gauche supplémentaires (67 au total), ce qui porte les rangs de la gauche métropolitaine à 93 élus, selon l’étiquetage préfectoral. De leur côté, les centristes comptent dans leurs rangs 18 conseillers, la droite 71. Il faut encore ajouter treize maires de petites communes, sans étiquette. Et surtout les 36 élus classés à l’extrême droite, dont 30 Marseillais portés par les scores du député RN Franck Allisio. Un hémicycle éclaté d’où il est difficile de sortir la moindre majorité.

    « La question des équilibres politiques n’est pas le sujet n°1, tempère le vice-président salonais sortant David Ytier (LR). C’est est-ce qu’il y a une vision commune partagée par l’ensemble des maires. » Chacun répète ainsi qu’il faut faire sortir la Métropole des chicayas politiques marseillo-marseillais dans lesquels elle s’était embourbée, pour qu’elle remplisse pleinement son rôle d’établissement public de coopération intercommunale (EPCI). « Dans la mesure où le législateur n’a pas pris de mesures, il faut qu’elle soit réformée de l’intérieur, avec une gouvernance plus partagée, qui soit plus respectueuse des maires », plaide ainsi la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains. « Il faut qu’on trouve les moyens pour que chaque sujet soit travaillé avec les communes concernées », explique ainsi le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Beaucoup plaident ainsi pour reprendre la main sur les compétences qui touchent à leur territoire, même indirectement, à l’image du « New Deal » proposé par le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan. « Il suffit qu’on ait la main sur les outils métropolitains qui concernent la ville de Marseille », expliquait-il au moment de présenter son programme, ne demandant qu’à « vivre notre vie de commune dans un cadre intercommunal, comme toutes les communes ».

    Cette « Métropole des maires » préservée des débats politiques, l’édile salonais Nicolas Isnard (LR) s’en est fait le promoteur, faisant campagne en coulisses pour prendre la tête de l’intercommunalité lors d’une première séance prévue le 7 avril prochain. « Il échange avec tous les maires, pour voir si tout le monde et prêt à passer à une nouvelle étape », explique David Ytier qui le présente comme « l’homme du consensus, qui fait le lien avec tout le monde ». « Le retrait très digne et immédiat de Martine Vassal permet de dépolitiser tout ça », pointe-t-il.

    Sophie Joissains

    ne s’interdit rien

    Mais le maire de Salon-de-Provence ne fait pas l’unanimité à droite, où le vide laissé à Marseille nourrit les appétits. D’autres noms circulent, à l’image du président de maire des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani (SE), auquel on prête surtout des ambitions sénatoriales. Sollicité, celui-ci n’a pas donné suite. Le nom de la maire UDI d’Aix-en-Provence revient aussi. « Je suis plutôt attentive à tous les programmes qui pourraient se dessiner de la part des candidats potentiels », explique-t-elle. Peut-elle ambitionner de présider la Métropole ? « Je fais partie de ceux qui ne s’interdisent jamais rien, mais je n’ai absolument pas décidé quoi que ce soit », répond-elle. Rappelant malgré tout que le conseil de territoire du Pays d’Aix avait su rassembler des municipalités très différentes.

    Reste aussi le risque de voir une majorité obtenue grâce aux voix de l’extrême droite, Franck Allisio proposant fin février « un contrat de gouvernance avec des maires qui partagent nos valeurs ». Après avoir joué du chantage auprès des maires sortants, agitant la menace de listes RN face à eux s’ils ne signaient pas son label « La Provence qu’on aime ».

    S’ajoute aussi des dossiers très politiques au menu de l’intercommunalité pour les années à venir, à l’image de l’arrivée à terme des grandes délégations de service public, depuis celle de l’eau jusqu’à celle de l’incinérateur de Fos, en passant par le tunnel Prado Carénage. Un exemple parmi les nombreux dossiers qui peuvent rester clivants.

    Candidature à gauche ?

    Tandis que le maire de Marseille doit rencontrer ceux de Salon et Aix, l’hypothèse d’une candidature unique à gauche n’est pas écartée, à l’image de celle de Gaby Charroux (PCF) en 2020. Avec l’espoir de « chercher la première place même avec une majorité relative », glisse un connaisseur. « Le futur président doit être un maire, et si possible d’une ville », pointe Loïc Gachon, qui écarte les nouveaux venus comme Robin Pretot et Jean-Pierre Squillari, le temps qu’ils s’installent. « J’ai un rôle à jouer dans cette institution, je suis disponible pour le jouer », assure l’édile vitrollais. Mais il faudrait pour cela avoir le soutien de la gauche marseillaise.

    Quoi qu’il en soit, le futur président aura fort à faire entre les enjeux de la réindustrialisation et les murs budgétaires qui menacent les finances des transports et déchets. Avec des compétences au cœur du quotidien des habitants des 92 communes de la Métropole.

    Des satellites à remettre en orbite

    Derrière la Métropole se pose l’enjeu de la présidence des nombreux organismes qui gravitent autour d’elle. C’est ainsi le cas pour la Soleam, l’aménageur métropolitain, aujourd’hui présidé par Gérard Gazay (LR), battu dans les urnes dimanche à Aubagne. Avec des finances à redresser, qui ont pu pousser à accélérer certains projets comme les 1 000 logements de Vallon Régny dans le 9e. Le bailleur social Provence Métropole Logement est quant à lui aujourd’hui présidé par Solange Biaggi (LR), qui n’a pas réussi à se qualifier au second tour dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille. Avec un parc de logements dégradé, sous le feu des critiques durant la campagne des municipales. À la RTM, l’ancienne présidente du groupe d’opposition de droite Catherine Pila (LR) ne siège plus en conseil municipal. Son successeur devra mener à bien la refonte du réseau et la « révolution des transports » amenée à se poursuivre.

    Y.S.

  • Métropole : Benoît Payan appelle à un nouveau « deal »

    Métropole : Benoît Payan appelle à un nouveau « deal »

    « Les ressources, nous allons les chercher là où elles sont, là où les Marseillais payent de l’argent : à la Métropole, au Département, à la Région », répond le maire (DVG) sortant Benoît Payan.

    Au cœur du programme de la liste de la gauche unie à Marseille figure en effet l’ambition d’un « new deal » avec la Métropole. « La Métropole a suffisamment joué contre Marseille depuis des années pour que cela s’arrête », tempête Benoît Payan. Qui compte sur la réforme du mode de scrutin à Marseille pour que la majorité qui sortira des urnes obtienne un poids déterminant au sein de l’hémicycle métropolitain. « Si les Marseillais nous font l’honneur de nous permettre de continuer à diriger la Ville, le destin de la Métropole changera », assure l’édile.

    Le Printemps marseillais avait déjà présenté, sur les compétences métropolitaines, son programme pour la propreté dans lequel il compte multiplier par deux le nombre de cantonniers. La « gazette » programmatique distribuée par les militants promet aussi d’étendre les tramways vers le Nord, l’Est et le Sud, de renforcer la fréquence et la fiabilité des bus avec des transports gratuits jusqu’à 26 ans et pour les privés d’emplois. « Il suffit qu’on ait la main sur les outils métropolitains qui concernent la ville de Marseille », avance Benoît Payan, déplorant que la municipalité paye plus qu’elle ne reçoit malgré ses charges de centralité.

    Au risque de braquet les 90 autres maires ? «Ils ont compris pourquoi la Métropole a été vampirisée, ils disent qu’ils n’auraient eux aussi pas supporté qu’un opposant la dirige, assure l’édile. Je veux un deal avec eux sur la question des finances, il y aura une discussion. » Et de préciser : « Ce que l’on demande n’est pas de capter toutes les richesses de la Métropole, mais de vivre notre vie de commune dans un cadre intercommunal, comme toutes les communes. » Sans forcément toucher directement aux attributions de compensation, l’argent reversé directement aux communes qui grève les deux tiers du budget métropolitain. « Il faut que le gouvernement tranche cette question-là », glisse le maire sortant.