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  • Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Après quatre mois comme nouvelle rectrice
    de l’académie de Montpellier, Carole Drucker-Godard s’apprête à vivre sa toute première rentrée occitane. Et va notamment inaugurer deux écoles -à Montpellier- ainsi que deux collèges (Juvignac et Maraussan). « Tous les recteurs doivent m’envier car la démographie française fait que nous sommes plutôt en train de fermer des écoles mais pas ici, dans l’académie de Montpellier », s’enthousiasme Carole Drucker-Godard. En effet, l’académie compte pas moins de 532 000 élèves et apprentis, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année dernière.

    Hormis ces inaugurations en cascade, la rectrice affiche trois priorités pour cette rentrée. « Une école qui fait réussir tous ses élèves, qui protège et qui permet de se projeter », liste-t-elle. La réussite pour tous passe notamment par « un personnel mieux formé » grâce à la réforme de la formation des professeurs permettant de passer le concours à partir de la licence. Une manière d’attirer dans une profession qui connaît une crise de la vocation.

    Pour faire réussir leurs élèves, les professeurs du premier degré devront composer avec un nouveau programme en français et en maths. Côté second degré, le fiasco des groupes de niveaux ou besoins -porté par l’éphémère ministre de l’Éducation d’alors Gabriel Attal et décrié par l’ensemble des professionnels- se poursuit. « Le rapport de l’Inspection générale sur les groupes de niveaux a des points positifs et négatifs. Parfois l’organisation des groupes de besoins dans certains établissements a été très bénéfique, les professeurs le disent. Dans d’autres cas, cette organisation a été tellement complexe qu’on ne voit pas réellement le bénéfice. Auquel cas, les principaux de collège pourront réajuster la manière et la composition de ces groupes », souligne Carole Drucker-Godard. Ou comment reconnaître à demi-mot l’échec d’une mesure.

    Qui dit tous les élèves dit école inclusive. En ce sens, cinq classes Ulis et cinq Pôles d’appui à la scolarité (PAS, ex-Pial, structure pour accompagner les élèves en situation de handicap) ouvriront à la rentrée.

    Sécurité et orientation

    De plus, l’initiative « mixité excellence » devrait permettre de favoriser la mixité sociale. Ce label sera décerné aux établissements respectant certains critères, à savoir : un projet porté par une collectivité, une « coloration » du périscolaire (par exemple le périscolaire en langue étrangère) et le renforcement de l’indice de position sociale. À Montpellier, l’école primaire Hypathie – qui ouvre cette année – est le premier établissement « mixité excellence ».

    L’autre priorité de Carole Drucker-Godard est la sécurité. « Tolérance zéro face aux atteintes à la laïcité, aux valeurs de la République, toute contestation des enseignements », martèle-t-elle. Les opérations de contrôle des sacs des élèves -dont l’efficacité reste encore à prouver- seront amplifiées. « On a beaucoup parlé de sécurité l’an dernier et on va malheureusement continuer. Nous avons mis en place un service défense et sécurité académique qui est piloté par le directeur de cabinet avec trois pôles : sécurité, sûreté et prévention ; tranquillité scolaire. Grâce à ce service, les interlocuteurs du rectorat vont être directement au contact des personnels dont la sécurité serait mise à mal », insiste la rectrice.

    Enfin, en ce qui concerne l’orientation des enfants, « on va continuer à ouvrir les élèves à la culture, au monde, à l’esprit critique », fait valoir Carole Drucker-Godard. Notamment via l’éducation artistique et culturelle ou encore l’éducation aux médias. « Aussi, à partir de la 5e, il est prévu un programme d’éducation à l’orientation qui sera mis en place sur le temps de classe, à savoir quatre demi-journées dans l’année obligatoires. On va apprendre aux élèves comment s’informer, comment réfléchir à l’orientation avec des visites d’entreprises, des découvertes de métiers… »

  • Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    « Il y a une volonté de masquer les choses, mais une chose est sûre : il va manquer du monde. » Pour Marion Chopinet, secrétaire académique du Snes-FSU pour Aix-Marseille, si le rectorat se refuse à faire remonter les chiffres au syndicat, aucun doute : « on se prépare à une rentrée compliquée » après une année 2024 de « bricolage ».

    Dans le premier degré, il manquait au niveau national, l’an dernier, « 700 postes de remplaçants, année dernière et rien que dans les Bouches-du-Rhône, le Dasen [Directeur académique des services de l’Éducation nationale Ndlr] a eu recours à près de 200 postes contractuels pour pallier le manque de postes », explique Sébastien Fournier, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU. Le syndicat a déjà demandé à ce que soient recrutés les jeunes diplômés de la liste, sans succès assure-t-il. Au manque de moyens s’ajoutent la perte de sens et l’épuisement à courir derrière des réformes qui relèvent d’une « mécanisation de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique » déplore Marion Chopinet. Un monde éducatif « déconnecté du réel », dénonce Élise Khalat, co-secrétaire du Snes-FSU 13, avec des élèves sans cesse évalués « jusqu’à Parcoursup ».

    La mise en place de groupes de niveau pour les 6e, 5e et 4e au collège, « à moyen constant, en supprimant une heure de technologie », a fini de tout désorganiser. Un « tri social », s’indigne Nicolas Bernard Hayrault, co-secrétaire Snes-FSU 13, déplorant qu’elle soit reconduite.

    Le 10 septembre en vue

    Infirmiers, documentalistes, assistantes sociales… D’une manière générale, avec une mutualisation forcée entre établissements, les élèves manquent cruellement d’adultes, estiment aussi les responsables FSU.

    Et que dire de l’enseignement professionnel… Sa situation relève du « mépris de classe », avec une « baisse continue du nombre d’heures d’enseignement », balance Nicolas Voisin, co-secrétaire du Snuep Aix-Marseille, rappelant que 30 000 élèves, soit un tiers d’une génération, ont choisi cette voie dans les 53 lycées de l’académie. Avec 620 lycéens supplémentaires, cette année, « on nous avait promis 59 équivalents temps plein, au final, ce sera une dizaine de profs titulaires », assure-t-il, le reste étant assuré par « les heures sup et les contrats précaires ».

    Le contexte politique « assez lourd », 44 milliards d’économie annoncés par le Premier ministre bientôt sur le départ, n’augure rien de bon, ajoute Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU 13. « L’Éducation nationale, premier budget du gouvernement, sera fortement impactée avec des suppressions de postes, un gel à nouveau des salaires et le refus de toute mesure catégorielle. Le département ne sera pas épargné », analyse-t-elle. La FSU s’inscrivant dans « le plan d’action visant à faire échouer tout budget austéritaire », elle sera mobilisée le 10 septembre.