Tag: Rectorat

  • Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    « La Réussite de nos Élèves est Prioritaire. » Ce slogan, inscrit sur une banderole accrochée devant les grilles du collège La Dullague, à Béziers, reflète l’état d’esprit des parents, enseignants, personnels et élèves de cet établissement scolaire. Un sentiment de ras-le-bol général. Depuis 2019, ceux-ci militent pour que le collège soit classé en REP+. « Cela nous permettrait d’obtenir plus de moyens humains et financiers. Les élèves pourraient être moins par classe, les équipes auraient plus de temps. Ce qui leur permettrait d’effectuer plus de sorties, comme aller au musée par exemple », souligne Karen Anicet, représentante de parent d’élève Apeco.

    L’obtention de ce précieux Graal est un parcours semé d’embûches. « La carte REP+ a été mise en place en 2014 et devait être revue tous les cinq ans. Mais en 2019, rien n’a bougé. La réponse est la même chaque année, la rectrice nous soutient mais tant que la carte n’aura pas été revue, rien n’avancera », soupire Florian Georges, professeur d’histoire-géographie. Pourtant la situation se dégrade d’année en année. « Notre IPS (Indice de position sociale, Ndlr) est de 75, le plus bas, alors qu’en moyenne en France, l’IPS est de 106. La moitié de nos élèves provient du quartier Iranget-Grangette, un quartier prioritaire de la ville où le taux de pauvreté dépasse les 70 % », note une professeure qui a préféré rester anonyme.

    Le ministère ne bouge pas

    Preuve en est, « en 2020, le quartier faisait partie du top 20 des plus pauvres de France, aujourd’hui, nous sommes dans le top 5 », complète Karen Anicet. Le taux de boursiers a également explosé ces dernières années. « Nous en comptions 70 % en 2024, nous sommes passés à 84 % cette année, et encore, 58 dossiers sont toujours en attente », poursuit Florian Georges. Conséquences ? Un taux de réussite au brevet très bas et des élèves en difficulté pour la poursuite de leurs études. « L’éducation prioritaire a été conçue pour l’égalité des chances et lisser les inégalités. Mais on n’a pas ça ici, c’est du déterminisme social. Que vont devenir nos élèves ? On n’arrive pas à les orienter, ils sont sans solution », fait valoir une professeure. En cinq ans, ce ne sont pas moins de 2000 élèves qui auraient pu bénéficier de moyens plus importants et donc plus de chances pour la suite.

    Pourtant, l’établissement coche toutes les cases pour le fameux label : IPS bas, taux de boursiers élevé, part importante d’élèves venant de quartiers populaires. Chez le personnel, c’est l’incompréhension. « Certains collèges ont obtenu le classement et ne sont plus dans les critères aujourd’hui. Mais ils continuent à être en REP+ », s’indigne Karen Anicet. Alors, pour tenter de bouger les lignes, une délégation – ainsi que 4 autres collèges dans la même situation dont Lucie-Aubrac à Béziers – voulait se rendre à Paris afin de rencontrer le ministère, ce 5 novembre. « Le ministre nous a finalement contactés pour nous proposer une visio à la place de l’audience », reprend un enseignant.

    Mais rien n’a bougé. À l’issue de la visio, seule piste évoquée : la révision éventuelle de la carte en 2027… « On est abandonnés par le ministère, nous sommes les oubliés de l’éducation prioritaire », soupire Karen Anicet. Le personnel et parents d’élèves ne s’avouent pas vaincus. « On réfléchit pour monter réellement à Paris cette fois-ci ».

  • La Région Sud présente son plan contre l’antisémitisme

    La Région Sud présente son plan contre l’antisémitisme

    Ils étaient environ 500 à se retrouver pour l’agora contre l’antisémitisme, ce mercredi, à l’hôtel de Région. L’occasion pour le président (Ren) de la Région, Renaud Muselier, de présenter les ambitions régionales en matière de lutte contre cette forme de haine.

    « Il y a une augmentation de 200% des actes antisémites à Marseille, qui abrite la deuxième communauté juive française, explique Renaud Muselier. Donc on doit se demander comment on continue de vivre ensemble dans une ville où on l’a toujours fait. »

    L’éducation contre

    la haine

    L’éducation des jeunes est le premier levier sur lequel la Région veut orienter la lutte contre l’antisémitisme. « D’ici 2028, tous les lycées de la région participeront à des programmes de sensibilisation en partenariat avec le camp des Milles et le rectorat, soutient Renaud Muselier. Car l’éducation est l’arme la plus puissante contre la haine. » L’élu a également annoncé un renforcement du soutien aux victimes d’antisémitisme, notamment au moment de leur dépôt de plainte, avec des associations comme France Victime. Enfin, la Région a annoncé sa volonté d’ouvrir un espace de dialogue interreligieux nommé « Région Sud fraternité » pour favoriser les échanges. Une façon pour le président de passer un message à la communauté juive : « vous êtes Français avant d’être juif et si l’on vous attaque, c’est la République française que l’on attaque. »

    Une vingtaine de personnes, à l’appel de la CGT région et de l’Union juive française pour la paix, ont dénoncé, devant l’hôtel de Région, la présence de certaines personnalités jugées polémiques, telle que la chroniqueuse de CNews Rachel Khan ou la journaliste Nora Bussigny.

  • [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    [Le Grand entretien] Carole Drucker-Godard : « On ne peut pas parler d’une crise de la vocation »

    AESH

    Comment résorber la pénurie d’AESH ?

    Carole Drucker-Godard : Il en manque parce qu’il y a des notifications de la MDPH qui croissent plus vite que notre augmentation d’emplois AESH. À la rentrée, on a recruté 95 AESH dans l’Académie. Nous en avions déjà 7 000. C’est beaucoup. Donc, lorsqu’un élève a une notification individuelle de 24h par exemple, on va peut-être faire que 18h voire 12h et le reste du temps on va mutualiser l’accompagnement. Donc oui, il y a des cas d’élèves en situation de handicap qui ne sont pas encore accompagnés. Mais on fait quand même, je trouve, notre possible aussi pour améliorer le travail des AESH, pour les intégrer beaucoup plus comme membre à part entière de l’Éducation nationale.

    Choc des savoirs

    Le choc des savoirs a été beaucoup critiqué, notamment les groupes de niveaux…

    C.D.-G. : Le choc des savoirs est surtout caractérisé par les groupes de besoins en 6e et 5e mis en place il y a un an. Ça a été effectivement très critiqué parce que de toute façon, dès qu’on opère un changement, ça ne contente jamais tout le monde et c’est normal. Ça a été décrié parce qu’il était compliqué pour les chefs d’établissement d’organiser des enseignements « en barrettes » afin d’avoir des groupes à effectifs réduits. Globalement, c’est quand même plutôt positif. Ce qui plaît beaucoup, c’est qu’on a offert la possibilité à des enseignants d’avoir des effectifs réduits. On le sait, l’hétérogénéité dans les classes est nécessaire. Mais, quand elle est trop importante, on ne fait plus avancer personne, ni ceux qui ont des facilités, ni ceux qui sont en fragilité.

    Plusieurs dispositifs ont été abandonnés par Élisabeth Borne, n’est-ce pas un aveu d’échec ?

    C.D.-G. : La ministre a proposé aux chefs d’établissements d’ajuster ces groupes. Certains n’ont rien bougé parce que ça fonctionne très bien. Pour d’autres, c’était trop compliqué en termes d’organisation. On leur a donné la possibilité d’ajuster différemment en gardant les mêmes moyens. C’est quand même une bonne chose. Et pour les 4e, 3e, de toute façon, sur un plan ressources humaines, c’était difficile d’organiser exactement la même chose. Donc a été proposé aux chefs d’établissements d’organiser un « plan réussite ». En 6e et 5e, on a les groupes de besoins et en 4e, 3e, il y a moins de moyens mais en fonction des collèges et des résultats, on a parfois permis aux chefs d’établissements d’avoir un groupe supplémentaire.

    Professeurs

    Il manquait 2 500 profs pour cette rentrée en France, qu’en est-il dans l’Hérault et le Gard ?

    C.D.-G. : Je n’ai pas eu une rentrée difficile sur le plan des effectifs enseignants. La réunion avait été très bien préparée, bien avant mon arrivée. Donc, on avait dans le premier degré un enseignant devant chaque classe, une rentrée sereine avec une brigade de remplaçants assez conséquente quand même. Il en manquait un peu dans le second degré mais ça reste quand même assez faible c’est-à-dire que ce sont des formations de niche dans les lycées professionnels ou alors des disciplines en tension comme les langues, les mathématiques, les sciences. On a encore des ajustements qui se font : quand les enseignants ont des services partagés sur plusieurs établissements, parfois, il peut manquer 9 heures de mathématiques par-ci, 3 heures de physique par-là. Ce n’est pas idéal. Mais globalement, l’Académie est vraiment très attractive.

    Néanmoins, beaucoup parlent de crise de la vocation…

    C.D.-G. : De ce que je vois sur le terrain, je crois qu’on ne peut pas parler d’une crise de vocation. Je vous confirme que le métier est difficile, ils le disent tous. Mais l’année dernière, tous ceux que j’ai vus m’ont tous dit : « Par contre j’adore. » Ce qui change, c’est qu’aujourd’hui, on a des jeunes qui n’ont plus du tout envie de rester toute leur carrière dans l’Éducation nationale. Ils ont envie de changer de métier, il ne faut pas les retenir mais les accompagner. Donc la vocation est toujours là. Cependant, on attire un peu moins parce que oui, le métier est certainement plus difficile qu’avant. La réforme de la formation initiale peut pallier aussi ce manque d’attractivité en passant les concours à la fin de la licence, et non en 5e année.

    Sécurité

    Les violences dans les établissements, un phénomène en augmentation ou plus médiatisé ?

    C.D.-G. : Je pense qu’il y a vraiment les deux. On a aujourd’hui une culture du signalement avec des chefs d’établissements qui, dès qu’il y a un incident au sein de l’établissement, font ce que l’on appelle un « fait établissement », selon trois niveaux d’alerte. Aujourd’hui, on est informé de tous ces faits de violence dans les établissements donc forcément on en parle plus. Mais je pense quand même qu’il y en a plus. C’est la société, malheureusement. Les écrans doivent en expliquer une partie, tout comme la crise sanitaire. Il y a effectivement beaucoup de faits de violence. On a obtenu des moyens supplémentaires à la rentrée, 42 postes (32 AED et 10 CPE) qu’on a placés dans les établissements les plus sensibles, qui en avaient le plus besoin. On a donc ces contrôles visuels à l’entrée des collèges.

    Un bilan a été fait de ces opérations ?

    C.D.-G. : Ce sont parfois des ciseaux, des aérosols. Il y a quand même quelques couteaux qui ont été retrouvés. Dans ce cas-là, c’est conseil de discipline et signalement au procureur. Il y a aussi les fouilles de sacs devant les établissements en lien avec la préfecture, la justice. Les forces de police et les forces de sécurité viennent eux-mêmes fouiller les sacs, ils sont habilités. Il n’y a aucun personnel de l’Éducation nationale. Et en complément de cela, au sein même de l’établissement, nos personnels font ces contrôles visuels, ce ne sont pas des fouilles, mais viennent en complément avec vraiment une visée très pédagogique. L’élève ouvre lui-même ses affaires.

    LES SIX PREMIERS MOIS ?

    C.D.-G. : J’ai été vraiment accueillie très chaleureusement. Et puis je me suis assez rapidement insérée dans le territoire. J’ai fait mon bureau sur le terrain, j’ai eu à cœur d’aller 48 heures dans tous les départements dès ma prise de fonction pour essayer de bien comprendre chaque spécificité de chaque département, qui sont tous différents, ce qui fait aussi la richesse de cette académie. Une très grande diversité à la fois géographique, sociale. Je vois mon arrivée depuis six mois comme une grande chance, en fait.

  • « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « Le handicap, une question politique au sens premier »

    « L’autodétermination c’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. C’est un accompagnement adapté. »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et Divergence-fm.org) participe à l’émission « Quoi de neuf ? » . Cette semaine, notre invité est Jacques Mallet, président adjoint de l’Unapei 34, engagée auprès des enfants et personnes en situation de handicap mental.

    L’Union nationale des associations de parents d’enfants inadaptés (Unapei) est implantée dans toute la France et de nombreuses associations y sont affiliées. Dans l’Hérault, l’association Unapei 34 s’occupe de 1 300 personnes en situation de handicap mental, gère 33 établissements et services médico-sociaux et emploie 860 équivalents temps plein. Lors de la rentrée scolaire, elle a dénoncé l’absence de scolarisation pour plus de 700 enfants dans l’Hérault et révèle que près de 300 enfants sont sur liste d’attente pour une place en établissements médico-éducatifs (IME). Rencontre avec son président adjoint, Jacques Mallet, pour ce premier numéro de la nouvelle saison de Quoi de Neuf.

    Françoise Verna : Comment expliquez-vous les grandes difficultés de scolarisation en milieu ordinaire des enfants en situation de handicap ?

    Jacques Mallet : La grande difficulté de la scolarisation des enfants c’est déjà, tout simplement, la prise en compte du handicap, la prise en charge de l’enfant en difficulté. Qu’il ait simplement un trouble Dys : dysorthographie, dyscalculie, etc, ou autre. Nous travaillons en ce sens actuellement. Nous relançons madame la rectrice de Montpellier pour pouvoir mettre en place des passerelles, des liens et arriver à mutualiser nos efforts, à la fois l’éducation nationale et à la fois notre association, qui n’est pas la seule dans le département de l’Hérault à prendre en charge des enfants en situation de handicap mental ou de déficience intellectuelle, mais qui représente sur l’arrondissement de Montpellier, l’une des plus importante.

    Olivier Nottale : Il y a les accompagnants d’enfants en situation de handicap, les AESH. Est-ce que la difficulté vient du manque de ces accompagnants ? d’une mauvaise gestion ?

    Jacques Mallet : On pourrait dire d’emblée que c’est une question de moyens qui manquent. Je ne suis pas persuadé que c’est cela qu’il convient de mettre en avant, tout de suite. Je pense que la première des choses c’est la volonté politique, au sens premier du terme. Au sens de la vie dans la cité. Quelle place veut-on donner aux personnes en situation de handicap ? Quand on parle de handicap mental ou de déficience intellectuelle, c’est souvent un handicap invisible. je prends l’exemple de ma fille qui est atteinte d’un trouble autistique, et bien vous allez la voir très sociable, capable de communiquer sans problème, mais elle vous cachera toutes les périodes d’angoisse et de grandes difficultés. La question est avant tout politique : qu’est-ce qu’on veut faire dans notre société pour les personnes en situation de handicap ? Près de 65%d’enfants suivis par l’Unapei n’ont pas de numéro INE, c’est-à-dire d’identification de l’élève. Pour schématiser, ils n’existent pas pour l’éducation nationale.

    Françoise Verna : La loi de 2005 dit pourtant que la scolarisation est un droit. Nous pourrions revenir sur l’Histoire, Marc ?

    Marc Ossorguine [administrateur de Radio Divergence, ancien formateur et éducateur spécialisé ] : La loi de 2005 suit celle de 1975, dîte « loi d’orientation en faveur des personnes handicapées ». Elle a mis en place beaucoup de choses mais n’a pas atteint ses objectifs, loin s’en faut. La loi de 2005 était là pour la toiletter avec un slogan clé, « l’enfant au cœur du dispositif ». C’est là que l’on a commencé à parler de « personnes en situation de handicap » et non plus « d’élèves ou de personnes handicapé(e)s ». Je me suis toujours dit deux choses : la première c’est que beaucoup de gens ont pris cette formulation comme du politiquement correct sans mesurer toutes les conséquences que cela disait. Et puis, je me suis dit que cela n’allait pas assez loin et qu’il faudrait parler de « situation de handicap » tout court. Cela veut dire qu’il n’y a pas un enfant qui est « responsable » de son handicap mais qu’il y a une situation qui fait qu’une personne se retrouve handicapée. Cela tient aux déficiences et aux capacités qu’elle peut avoir mais pas seulement. Cela tient aussi à l’environnement, à l’organisation matérielle d’un espace, au suivi, etc. qui disent que l’on parle bien d’« une situation de handicap ». C’est une question collective, pas individuelle.

    Jacques Mallet : Il y a un mot très important dans la loi de 2005 : c’est une loi pour « l’égalité des chances ». Quand je vous parlais d’inclusion, ce n’est pas un mouvement qui va de la personne handicapée vers la société. C’est à la société d’aller vers l’enfant en situation de handicap. Ce n’est pas rien. Aujourd’hui, on avance un autre mot : l’autodétermination. Nous avons mis ce terme dans nos objectifs stratégiques et dans nos statuts de l’association Unapei 34.

    Olivier Nottale : Qu’est-ce que cela veut dire précisément « l’autodétermination » ?

    Jacques Mallet : C’est prendre en compte la personne dans ce qu’elle est capable de faire. Ce n’est pas laisser faire l’enfant tout seul ! L’autodétermination, ce n’est pas l’absence d’accompagnement. C’est un accompagnement adapté, mesuré, qui prend en compte les difficultés mais aussi le potentiel et les capacités d’un enfant.

    Site internet : Unapei34.org

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi dans l’Hérault

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    L’école Daugey conserve sa classe d’ajustement

    La mobilisation pour le maintien de la 8e classe d’ajustement de l’école élémentaire Robert Daugey de Martigues s’est soldée cette semaine par une victoire. « L’ouverture a été actée par le directeur académique » annonçait le rectorat dans une réponse laconique à nos sollicitations mercredi 3 septembre dernier.

    Pour les parents d’élèves, la nouvelle a été synonyme de soulagement. « Nous sommes ravis » souligne Magali Raymond, déléguée des parents d’élèves de l’école. Le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, également mobilisé depuis l’année dernière pour l’ouverture et le maintien de la classe, parle d’une « excellente nouvelle » dans un communiqué ce jeudi, « pour notre commune de Martigues, pour la communauté éducative et surtout pour nos élèves qui méritent d’apprendre dans les meilleures conditions », plaide l’édile.

    « Nous restons vigilants »

    Cette 8e classe d’ajustement avait été ouverte au regard de la situation à sept classes, conduisant au doublement des niveaux dès le CP et des effectifs à 27 enfants par classe, alors que « les recommandations ministérielles préconisent 24 élèves pour les niveaux CP CE1 » pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage comme le rappelait la secrétaire de la FSU de Martigues, Valérie Zikka Dussol avant la rentrée. Dès lors, les effectifs préconisés sont à nouveau atteints.

    Gaby Charroux a « salué » la décision du rectorat, en même temps que de « remercier toutes celles et tous ceux qui se sont engagés sur ce dossier ». Pour autant l’édile martégal affirme qu’« à l’avenir, nous continuerons à être vigilants et attentifs pour protéger nos écoles Martégales qui demeurent des piliers de notre vie locale ».

  • Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Carole Drucker-Godard fait sa rentrée

    Après quatre mois comme nouvelle rectrice
    de l’académie de Montpellier, Carole Drucker-Godard s’apprête à vivre sa toute première rentrée occitane. Et va notamment inaugurer deux écoles -à Montpellier- ainsi que deux collèges (Juvignac et Maraussan). « Tous les recteurs doivent m’envier car la démographie française fait que nous sommes plutôt en train de fermer des écoles mais pas ici, dans l’académie de Montpellier », s’enthousiasme Carole Drucker-Godard. En effet, l’académie compte pas moins de 532 000 élèves et apprentis, un chiffre en légère baisse par rapport à l’année dernière.

    Hormis ces inaugurations en cascade, la rectrice affiche trois priorités pour cette rentrée. « Une école qui fait réussir tous ses élèves, qui protège et qui permet de se projeter », liste-t-elle. La réussite pour tous passe notamment par « un personnel mieux formé » grâce à la réforme de la formation des professeurs permettant de passer le concours à partir de la licence. Une manière d’attirer dans une profession qui connaît une crise de la vocation.

    Pour faire réussir leurs élèves, les professeurs du premier degré devront composer avec un nouveau programme en français et en maths. Côté second degré, le fiasco des groupes de niveaux ou besoins -porté par l’éphémère ministre de l’Éducation d’alors Gabriel Attal et décrié par l’ensemble des professionnels- se poursuit. « Le rapport de l’Inspection générale sur les groupes de niveaux a des points positifs et négatifs. Parfois l’organisation des groupes de besoins dans certains établissements a été très bénéfique, les professeurs le disent. Dans d’autres cas, cette organisation a été tellement complexe qu’on ne voit pas réellement le bénéfice. Auquel cas, les principaux de collège pourront réajuster la manière et la composition de ces groupes », souligne Carole Drucker-Godard. Ou comment reconnaître à demi-mot l’échec d’une mesure.

    Qui dit tous les élèves dit école inclusive. En ce sens, cinq classes Ulis et cinq Pôles d’appui à la scolarité (PAS, ex-Pial, structure pour accompagner les élèves en situation de handicap) ouvriront à la rentrée.

    Sécurité et orientation

    De plus, l’initiative « mixité excellence » devrait permettre de favoriser la mixité sociale. Ce label sera décerné aux établissements respectant certains critères, à savoir : un projet porté par une collectivité, une « coloration » du périscolaire (par exemple le périscolaire en langue étrangère) et le renforcement de l’indice de position sociale. À Montpellier, l’école primaire Hypathie – qui ouvre cette année – est le premier établissement « mixité excellence ».

    L’autre priorité de Carole Drucker-Godard est la sécurité. « Tolérance zéro face aux atteintes à la laïcité, aux valeurs de la République, toute contestation des enseignements », martèle-t-elle. Les opérations de contrôle des sacs des élèves -dont l’efficacité reste encore à prouver- seront amplifiées. « On a beaucoup parlé de sécurité l’an dernier et on va malheureusement continuer. Nous avons mis en place un service défense et sécurité académique qui est piloté par le directeur de cabinet avec trois pôles : sécurité, sûreté et prévention ; tranquillité scolaire. Grâce à ce service, les interlocuteurs du rectorat vont être directement au contact des personnels dont la sécurité serait mise à mal », insiste la rectrice.

    Enfin, en ce qui concerne l’orientation des enfants, « on va continuer à ouvrir les élèves à la culture, au monde, à l’esprit critique », fait valoir Carole Drucker-Godard. Notamment via l’éducation artistique et culturelle ou encore l’éducation aux médias. « Aussi, à partir de la 5e, il est prévu un programme d’éducation à l’orientation qui sera mis en place sur le temps de classe, à savoir quatre demi-journées dans l’année obligatoires. On va apprendre aux élèves comment s’informer, comment réfléchir à l’orientation avec des visites d’entreprises, des découvertes de métiers… »

  • Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    Dans les Bouches-du-Rhône, la FSU s’élève contre l’austérité et le bricolage

    « Il y a une volonté de masquer les choses, mais une chose est sûre : il va manquer du monde. » Pour Marion Chopinet, secrétaire académique du Snes-FSU pour Aix-Marseille, si le rectorat se refuse à faire remonter les chiffres au syndicat, aucun doute : « on se prépare à une rentrée compliquée » après une année 2024 de « bricolage ».

    Dans le premier degré, il manquait au niveau national, l’an dernier, « 700 postes de remplaçants, année dernière et rien que dans les Bouches-du-Rhône, le Dasen [Directeur académique des services de l’Éducation nationale Ndlr] a eu recours à près de 200 postes contractuels pour pallier le manque de postes », explique Sébastien Fournier, co-secrétaire départemental du Snuipp-FSU. Le syndicat a déjà demandé à ce que soient recrutés les jeunes diplômés de la liste, sans succès assure-t-il. Au manque de moyens s’ajoutent la perte de sens et l’épuisement à courir derrière des réformes qui relèvent d’une « mécanisation de l’enseignement au détriment de la liberté pédagogique » déplore Marion Chopinet. Un monde éducatif « déconnecté du réel », dénonce Élise Khalat, co-secrétaire du Snes-FSU 13, avec des élèves sans cesse évalués « jusqu’à Parcoursup ».

    La mise en place de groupes de niveau pour les 6e, 5e et 4e au collège, « à moyen constant, en supprimant une heure de technologie », a fini de tout désorganiser. Un « tri social », s’indigne Nicolas Bernard Hayrault, co-secrétaire Snes-FSU 13, déplorant qu’elle soit reconduite.

    Le 10 septembre en vue

    Infirmiers, documentalistes, assistantes sociales… D’une manière générale, avec une mutualisation forcée entre établissements, les élèves manquent cruellement d’adultes, estiment aussi les responsables FSU.

    Et que dire de l’enseignement professionnel… Sa situation relève du « mépris de classe », avec une « baisse continue du nombre d’heures d’enseignement », balance Nicolas Voisin, co-secrétaire du Snuep Aix-Marseille, rappelant que 30 000 élèves, soit un tiers d’une génération, ont choisi cette voie dans les 53 lycées de l’académie. Avec 620 lycéens supplémentaires, cette année, « on nous avait promis 59 équivalents temps plein, au final, ce sera une dizaine de profs titulaires », assure-t-il, le reste étant assuré par « les heures sup et les contrats précaires ».

    Le contexte politique « assez lourd », 44 milliards d’économie annoncés par le Premier ministre bientôt sur le départ, n’augure rien de bon, ajoute Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale de la FSU 13. « L’Éducation nationale, premier budget du gouvernement, sera fortement impactée avec des suppressions de postes, un gel à nouveau des salaires et le refus de toute mesure catégorielle. Le département ne sera pas épargné », analyse-t-elle. La FSU s’inscrivant dans « le plan d’action visant à faire échouer tout budget austéritaire », elle sera mobilisée le 10 septembre.