Tag: Rassemblement national

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    Au soir du premier tour, Michel Bonnus n’a pas tergiversé : sans attendre les résultats définitifs, sa défaite, qui semblait déjà claire, l’a poussé à prendre ses responsabilités et à annoncer son retrait, tel qu’il l’a « toujours dit si (il) arrivait en troisième position ». « Ce soir, un seul mot d’ordre : éviter l’acte 2 de 95 et du Rassemblement national à Toulon le 22 mars », martelait-il, demandant cependant à celle à qui il avait chipé l’investiture LR de « discuter, pour montrer qu’on a réalisé du travail ».

    Une rencontre qui a eu lieu ce lundi entre les deux camps. Et si on se posait, au sortir du premier tour, la question d’une possible fusion des deux listes, les propos du sénateur Républicain n’excluant pas cette option, le camp de la maire sortante a tranché : « On conserve la même liste pour le second tour », a affirmé son colistier Julien Orlandini.

    Rupture définitive

    avec les Républicains ?

    S’il reconnaît qu’il y a eu « des discussions autour de la question de la fusion » le président de la CAF du Var confirme que « Josée Massi a été très claire. Les Toulonnais ne comprendraient pas qu’après avoir dit qu’on n’était pas une liste partisane, et qu’on n’était pas dans une approche d’appareils, on puisse travailler sur des fusions, sur des combinaisons politiques. Il faut être fidèle au choix qu’ils ont fait, car ils ont été près de 30% à soutenir Josée Massi ».

    Un postulat qui ressemble à une volonté marquée de rompre définitivement avec le clan Républicain, qui lui a tourné le dos il y a quelques mois, et qui aujourd’hui lui apporte, à l’image de Jean-Louis Masson, le président du Département, un soutien contraint et du bout des lèvres : « On accueille les soutiens, on les remercie. (Mais) on parle de projet, de vision pour Toulon, de comment converger et se rassembler pour une ville apaisée, qui ne soit pas divisée, ni gérée par un parti », confirme Julien Orlandini, qui reconnaît toutefois qu’« il y a des histoires communes avec Michel Bonnus. On a des convergences sur le projet, ça a été dit au premier tour. C’est cela qui nous occupe aujourd’hui », sans donner davantage de détails, répétant simplement que des discussions étaient en cours.

    Toulon en commun et Magali Brunel, qui ont aussi apporté leur soutien à la maire sortante dès l’issue du scrutin, lui ont également tendu la main, après la désillusion de ne plus compter d’élu de gauche ou écologiste à la mairie. « Nous souhaitons trouver un chemin avec Josée Massi pour continuer à porter un projet de progrès et à faire échouer le RN », appuyait la tête de liste (PS) ce lundi. Du côté de LFI et Isaline Cornil, pas de soutien formel, mais « une seule consigne : pas une voix ne doit aller à la liste RN de Laure Lavalette ».

  • Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face au RN, un retrait attendu à Carpentras

    Face à la progression de l’extrême droite à Carpentras et pour empêcher qu’elle ne s’empare de la mairie, il faudra mettre les différends de côté pour le maire sortant Serge Andrieu (DVG), qui récolte 25,17% des voix exprimées à l’issue de ce premier tour des élections municipales, et Francis Adolphe (DVG), crédité de 24,29 %. Soit seulement 95 bulletins d’écart. Car devant eux, c’est le candidat du Rassemblement national et député de la 3e circonscription de Vaucluse, Hervé de Lépinau, qui arrive en tête avec 26,17% des voix.

    Derrière suivent surtout deux autres listes d’extrême droite : celle de Bertrand de la Chesnais, qui obtient 14,33 % des suffrages, et celle de Christian Richaud-Simoni, privé de son investiture après la découverte de tweets racistes, avec 9,51 %. Ces deux listes pourraient se rallier à celle du député et franchir, théoriquement, la barre des 50 % des voix exprimées.

    À l’issue des résultats, Serge Andrieu n’a pas souhaité s’exprimer oralement dans « une situation très compliquée » afin d’éviter de dire des choses qu’il « pourrait regretter ». Mais il rappelle, dans un message écrit avec son équipe, que lui et Francis Adolphe – qui avait perdu son siège de maire à la suite de sa condamnation pour violences contre son ex-compagne et avait alors été rendu inéligible – avaient tous deux annoncé que celui qui serait derrière allait « se retirer au profit de celui qui serait devant l’autre ce soir ». Il souligne que « cet engagement réciproque est la seule condition pour empêcher l’extrême droite de faire de notre ville un trophée au profit d’un parti parisien ». Il insiste sur le fait que ces « résultats de ce soir marquent, comme je le redoutais, une forte poussée de l’extrême droite à Carpentras » et que « c’est une très mauvaise nouvelle pour notre ville ».

    48 heures pour réfléchir

    Quelques centaines de mètres plus loin, au sein de son QG, entouré de son équipe, Francis Adolphe reste pour l’heure flou sur ses intentions. Car les relations avec son ancien adjoint Serge Andrieu sont au plus bas et l’hypothèse d’une fusion avait été initialement rejetée par le maire sortant. Un retrait face au risque d’un basculement de la mairie à l’extrême droite en cas de rassemblement de ces listes ? « C’est la question que nous allons nous poser, évidemment. C’est l’enjeu numéro 1 », glisse-t-il sans s’étendre sur la question. Il confie que la « première chose » qu’il va faire est de « consulter mon équipe » pour discuter de ce résultat très serré, et assure qu’il a « toujours été ouvert » aux discussions. « Le match n’est pas fini. Ce n’est que la première mi-temps. Est-ce que je serai dans la deuxième mi-temps ? C’est ce que je vais voir avec mon équipe », conclut-il, avant de sortir sous les applaudissements d’une dizaine de soutiens agglutinés devant son local de campagne.

    Pour rappel, en 2020, Serge Andrieu l’avait emporté avec 45,81% des voix exprimées devant Bertrand de la Chesnais et ses 39,17%. Suivait Claude Melchior (LR) avec 15%.

  • L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    L’extrême droite conserve Fréjus et remporte Puget

    En début de soirée, c’est David Rachline qui, le premier, annonce sa réélection dès le premier tour avec 51,33% des voix. Le ton est donné. Sous le coup de nombreuses affaires judiciaires, l’ancien bras droit de Marine Le Pen s’est vu retirer l’investiture du Rassemblement national, de même que la vice-présidence du parti. L’édile conserve néanmoins ce qui peut désormais être considéré comme l’un des bastions de l’extrême droite dans le département.

    Puget-sur-Argens bascule dès le premier tour de la droite à l’extrême droite, remportée à 51,85% des suffrages par le candidat ciottiste soutenu par la section varoise du RN, Guillaume Decard.

    Un sursaut républicain contre Lavalette

    En 2014, le camp brun avait également ravi Cogolin. Dix ans plus tard, il pourrait perdre la commune. En cause, la guerre de succession que se sont livrés les anciens proches du maire sortant, Marc-Étienne Lansade, condamné à trois ans d’inéligibilité en juillet dernier pour abus de faiblesse. Sur les sept listes présentées aux électeurs, quatre étaient d’extrême droite et de trois listes divers droite. Un cas unique en France. Et c’est celle de d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), élue d’opposition qui fait la course en tête, avec 33,57%.

    L’ombre de la dynastie Le Pen continue de s’étendre sur le département où elle essaye d’asseoir son emprise. Comme à Toulon, où l’amie de Marine Le Pen, Laure Lavalette devance largement ses adversaires. Celle qui a mené campagne sans l’étiquette repoussoir est pourtant militante du parti depuis 1997, catholique intégriste et fervente opposante à l’IVG. Mais un front républicain se prépare (lire p. 13) et pourrait préserver la capitale du département varois.

    L’extrême droite en tête

    à La Seyne et Six-Fours

    Pour ce second tour, les regards seront tournés sur des communes où l’extrême droite peut l’emporter comme la Seyne-sur-Mer, où le parti nourrit de grandes ambitions. Le candidat Dorian Munoz, bien implanté localement, est largement en tête avec plus de 30% des suffrages exprimés à l’heure où nous écrivons ces lignes. Un duel très serré opposera le député Frédéric Boccaletti – connu pour avoir tenu une librairie négationniste à Toulon dans les années 1990 – candidat pour la quatrième fois à la mairie de Six-Fours au maire LR sortant Jean-Sébastien Vialatte. À ce stade seuls 66 bulletins séparent les deux hommes, qui comptabilisent respectivement 45,23% et 44,86% des voix.

    Le député lepéniste Philippe Schreck arrive légèrement en tête à Draguignan devant le maire sortant 44% contre 40%. Julien Argento, le candidat d’union des extrêmes droites (UDR-RN) est en tête à La Valette avec 38, 28% des voix.

  • À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    À La Seyne, l’extrême droite vire en tête au premier tour

    Une seule chose demeurait certaine ce dimanche soir à la Seyne-sur-Mer : le candidat du Rassemblement national Dorian Munoz a réalisé un tour de force en se plaçant largement en tête des suffrages avec 35,30% des voix. Derrière suivent trois candidats : dans l’ordre, le maire sortant Joseph Minniti (LR, 15,91%), le dissident de la majorité Cheikh Mansour (HOR, 13,25%) et le candidat d’union de gauche Stéphane Sacco (11,93%).

    Le premier est en position de force. S’il n’a pas désiré s’exprimer avant que le résultat des votes soit complètement entériné (à l’heure où nous bouclons, des doutes persistent sur certains bureaux), le maire sortant a été vu en train de discuter avec Frédéric Dailleau (SE), crédité de 5,66%. En vue d’une fusion ?

    Sacco ne compte pas se retirer

    Une fusion à laquelle ne devrait pas prendre part Stéphane Sacco. Ce dernier a d’ores et déjà annoncé qu’il ne comptait pas se retirer dans l’idée d’un front républicain face au RN. « Cela signifierait ne plus avoir de conseillers municipaux. Nous l’avons fait à la région et aujourd’hui, nous n’avons plus aucun élu de gauche », justifie-t-il, croyant encore en la possibilité de mobiliser davantage d’électeurs au second tour, notamment dans les quartiers populaires. « Le RN avait fait 15,6% au premier tour en 2020, et 10,9 au second », rappelle-t-il. Une position inflexible même si des consignes nationales étaient données en ce sens ? Du côté de ses colistiers, on ne pense pas que cela changera quoi que ce soit. En revanche, et même si cela n’avait pas encore été fait dimanche soir, des discussions avec les deux autres candidats de gauche, Olivier Andrau (PS, 8,63%), et Zohra Sidi Driss (LFI, 3,99%), bien que celle-ci ne soit pas en position de fusion, étaient envisagées.

    Dans l’équation également, Cheikh Mansour. Arrivé en troisième position, l’ancien membre de la majorité, qu’il a quitté au moment de la condamnation de Nathalie Bicais – dont il reste proche – à une peine d’inéligibilité de 5 ans en mai dernier, se gardait de divulguer tout choix stratégique avant de s’être réuni avec son comité de campagne. Mais il se disait toutefois ouvert à toutes les options, que ce soit une alliance avec Minniti, ou même à travailler avec la gauche dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite. « Je ne pense pas que le RN soit une bonne chose pour la Seyne », glissait-il.

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    [Entretien] Christophe Terras : « L’enjeu est d’empêcher le RN de prendre Draguignan »

    La Marseillaise : Vous avez mené
    des consultations sur de nombreux sujets (école, démocratie, transports, santé, logement…). Quels enseignements en tirez-vous
     ?

    Christophe Terras : Ça répondait à un besoin. Les gens ont été contents de nous voir leur poser des questions. Certains pensaient même, au début, que c’était la municipalité qui s’était lancée dans une enquête sur l’école. Ce qu’ont révélé ces enquêtes, c’est que les gens ne se sentent pas du tout écoutés et qu’ils ont une soif de s’exprimer. Ce qui correspond tout à fait à la philosophie de notre liste, donc on en a été ravi.

    De manière plus générale, vous êtes la première liste de gauche à vous présenter à Draguignan depuis 2014. Comment évaluez-vous l’accueil que vous avez reçu sur le terrain ?

    C.T. : Beaucoup de gens nous ont remerciés en nous disant qu’ils allaient enfin pouvoir voter à gauche. Quant à l’accueil, il a été au-delà de nos espérances. On a fait du porte-à-porte, ce qui n’était pas évident, car certains militants découvraient cet exercice. Tout le monde en est ressorti ravi. On a vraiment reçu un très bel accueil de la part de la population.

    Quel sera pour vous l’enjeu principal de cette élection ?

    C.T. : Ce sera d’empêcher le Rassemblement national de prendre la ville. C’est vraiment aussi l’un de nos axes de campagne. Et, pour cela, celle-ci aura été utile car on a mis en avant des problématiques sur lesquelles le RN n’est pas à l’aise : le social, le logement, les transports, l’écologie urbaine… Ça les a obligés à jouer en dehors de leur zone de confort. Ils pensaient faire une campagne sur les SDF et les crottes de chien (sic), et il a fallu qu’ils sortent des bois sur ces thèmes. Ce qui est apparu est une méconnaissance totale de la ville et des sujets techniques.

    Vous êtes l’une des rares listes à avoir rassemblé la quasi-totalité du spectre de la gauche avec LFI, mouvement de la numéro 2 de liste, Sylvie Borgogno. C’est une satisfaction ?

    C.T. : Oui, nous sommes très fiers d’avoir eu le soutien de LFI jusqu’au PS. Ça a fonctionné loin des bisbilles nationales et, pour nous, le seul moyen que la gauche existe, c’est justement l’union de toutes les gauches. Tant qu’elle sera divisée, elle sera condamnée, dans le pays et à Draguignan encore plus, à être inaudible, voire inexistante. Évidemment, on a eu des critiques du style « jamais LFI, c’est pas possible ». Les mêmes qu’on faisait au Parti communiste il y a 20 ou 30 ans d’ailleurs. Les militants locaux ne s’y sont pas trompés et ne sont pas du tout entrés dans ce jeu-là. Ces critiques, ce sont celles de la droite, et lorsque la gauche est unie, la droite, évidemment, lui tape dessus. Mais pour nous, c’est plutôt un bon signe.

    Avez-vous déjà une stratégie établie selon les différents scénarios du second tour ?

    C.T. : Elle est limpide depuis le début : nous ne mènerons aucune stratégie qui pourrait favoriser la prise de la ville par le Rassemblement national. On a différentes stratégies qui peuvent être décidées, et notre position pour le second tour sera décidée démocratiquement, avec l’ensemble des gens qui ont participé à la campagne et l’ensemble des colistiers, qui seront invités à se prononcer avant le second tour. Mais une chose est sûre, c’est qu’on a des principes qu’on a arrêtés depuis le début, et l’un des premiers, c’est de ne pas favoriser l’arrivée au pouvoir du RN.

  • Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    « La mobilisation du 14 mars aura une force particulière à Marseille avec la montée du Rassemblement national. On va leur dire que leurs idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville », affirme un membre de Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes 13 (VISA).

    Sur le Vieux-Port, mardi 10 mars, plusieurs collectifs ont appelé à une mobilisation antiraciste et antifasciste massive le samedi 14 mars au départ de la Porte d’Aix à 14h, veille du premier tour des municipales. Plus de 60 collectifs, associations, syndicats et organisations politiques marseillaises ont signé le texte de la Marche des solidarités, pour manifester de manière unitaire, et construire un rapport de force dans la rue contre le racisme, le fascisme, l’islamophobie et les violences d’État. « Nous prenons la rue pour affirmer un rapport de force. Nous prenons notre place, face à l’extrême droite et à toutes les politiques qui nourrissent la domination », martèle Dalila, membre d’Union pour la Palestine Marseille. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes en France.

    « Le vote ne suffira pas »

    Pour Mathilde du collectif Marseille contre la loi Darmanin : « Cette date est importante à Marseille avec la séquence des municipales. On le voit depuis plusieurs années, le RN a fait de la ville une priorité stratégique dans sa course vers la présidentielle. » L’extrême droite représente le « danger d’un saut répressif massif vis-à-vis des organisations syndicales, politiques, des associations et des acteurs culturels ». Elle rappelle que le vote ne suffira pas et que le RN « n’a pas le monopole des politiques racistes et sécuritaires ».

    Mobilisations antifascistes samedi

    Plusieurs rassemblements et manifestations sont organisés contre l’extrême droite dans notre région : Aix-en-Provence, 16h, à la Rotonde

    La Ciotat, 11h, devant les marches de l’église du vieux port, quai ganteaume.

    Toulon, à 16h30, place Louis Blanc.

    Brignoles, à 10h, Berges du Caramy, face au Auchan.

    Draguignan, à 10h30, devant la sous-préfecture.

    Avignon, à 14h, cours Jean Jaures.

    Gap, 10h30, sur la place de la République.

  • L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    L’Union locale CGT de Port-de-Bouc vote Laurent Belsola

    Une communication sans équivoque. L’Union locale CGT des syndicats de Port-de-Bouc a diffusé sur les réseaux sociaux, ce lundi 9 mars, un tract au message clair : « Le 15 mars, votez pour la liste “Avec Laurent Belsola, poursuivons de l’avant”. »

    Une montée au créneau loin d’être anodine à moins d’une semaine du premier tour : « Les municipales auront lieu dans un contexte de poursuite des attaques sociales menées contre les droits des travailleurs. Elles seront déterminantes : la commune peut être soit un rempart face à l’austérité, soit en devenir le relais. » Pour rappel, les travailleurs de Port-de-Bouc devront choisir entre le maire sortant, Laurent Belsola (PCF) et son opposant Pascal Spanu (DVD).

    Des valeurs communes

    D’où l’explication de l’organisation syndicale : « Le candidat de l’opposition, parrainé par le Rassemblement national et proche de l’union des droites, porte un projet dangereux.» Une référence au soutien du « RPR », mouvement fondé par le député d’extrême droite Franck Allisio à Pascal Spanu. Ce dernier porterait un projet avec « les mêmes logiques de régression sociale que le gouvernement macroniste : réforme des retraites, de l’assurance chômage, de la santé, etc.»

    A contrario, « la candidature communiste conduite par le maire sortant, Laurent Belsola s’inscrit dans une continuité claire : celle des valeurs de solidarité, du vivre ensemble, de défense des services publics et de progrès social », juge l’UL CGT. Des valeurs évidemment communes avec celles de la CGT. Qui conclut : « Nous sommes attachés à une politique municipale dans l’intérêt de toutes et tous, nous appelons à soutenir une équipe engagée pour l’intérêt général ! »

  • Marine Le Pen en soutien de ses affidés dans le Var

    Marine Le Pen en soutien de ses affidés dans le Var

    Bains de foule et selfies. L’extrême droite se pare de son plus grand sourire pour cacher l’horreur de son projet. La cheffe du Rassemblement national s’est rendue samedi 28 février dans le Var pour soutenir les candidats de son parti. Le camp brun rêve de recouvrir la rade de son ombre. Pour commencer Marine Le Pen rejoint son « amie » Laure Lavalette, qui brigue la mairie de Toulon. Adhérente depuis 1997, membre du bureau national du parti à la flamme, députée et porte-parole, elle est à la tête d’une liste qui n’est pas estampillée RN mais « sans étiquette ». « Le principe des municipales, c’est d’être capable de rassembler au-delà d’une étiquette politique. Ça n’est pas un reniement de la part de Laure, sinon elle ne m’aurait pas invitée, parce que moi, je suis un peu une étiquette sur pattes », défend Marine Le Pen. Elle prend pour exemple les mairies dirigées par ses affidés, Perpignan et Hénin-Beaumont, toutes deux remportées sans l’étiquette RN et loue l’action des édiles.

    Le couperet de la justice attendu le 7 juillet

    Avec Louis Aliot, « à Perpignan, [où] l’insécurité a baissé », assure-t-elle. Des affirmations démenties par les faits, sur l’année passée, la délinquance est en hausse de 10% par rapport à 2024, selon le ministère de l’Intérieur. Tandis qu’à Hénin-Beaumont, Steeve Briois « a baissé sept fois les impôts locaux », pousse-t-elle encore. « Entre 2009 et 2014, les maires divers gauche Daniel Duquenne et Eugène Binaisse, ont rétabli les finances – et Steeve Briois a eu le luxe de baisser les impôts et mettre des fleurs partout », expliquait dès 2024 auprès de l’AFP Marine Tondelier, élue d’opposition et secrétaire nationale des Écologistes. Le RN veut renforcer son ancrage local, 2027 dans le viseur. « Comme candidate à l’élection présidentielle, j’aurai besoin de m’appuyer sur des maires qui seront capables de mettre en œuvre les priorités qui sont les nôtres : pas d’augmentation d’impôts, et la fin du gaspillage de l’argent des Français ! », ose Marine Le Pen. La cour d’appel de Paris rendra le 7 juillet sa décision dans le dossier des assistants des eurodéputés RN. Marine Le Pen a été condamnée en première instance à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate. Le préjudice est estimé à 4,6 millions d’euros au total.