Tag: Rassemblement national

  • Le candidat RN de Carpentras désinvesti pour des tweets racistes

    Le candidat RN de Carpentras désinvesti pour des tweets racistes

    Des tweets à caractère raciste et sexiste qui auraient été postés par Christian Richaud-Simoni, candidat désigné par le RN et l’UDR, ont été exhumés par le journal Libération et lui coûtent son investiture.

    Dans son article publié ce mardi 4 février, le quotidien rapporte des dizaines de posts problématiques sur le réseau social X. Ceux-ci ont depuis été supprimés. Ce compte était celui que le compte officiel du Rassemblement national de Vaucluse utilisait pour identifier ce candidat sur ce même réseau.

    Sont visées dans ses attaques des personnalités politiques telles que la députée LFI de la 17e circonscription de Paris, Danièle Obono. « Que cette Obono retourne avec les bonobos (sic) de son pays : honte à elle et à tous ceux qui l’ont élue », aurait-il écrit en 2017 en réponse à un post du blog d’extrême droite Boulevard Voltaire qui expliquait que Jean-Luc Mélenchon s’opposait « à la fermeture des mosquées extrémistes ». Dans le même mois, il s’adressait à nouveau à l’élue insoumise ainsi qu’à son collègue d’alors, Adrien Quatennens, en affirmant que « le Front de gauche rassemble l’ensemble des anti-humains : ce ne sont que des aberrations de la terre, des êtres maléfiques ». Il s’en prend aussi à l’acteur Omar Sy en écrivant à son propos que « quand on a la bouche plus grande que la tête, on raconte forcément du vent » et « qu’il s’occupe de ses chèvres ».

    Islam et Outre-mer

    L’ancien juge du tribunal de commerce de Carpentras et ancien directeur d’un magasin de bricolage local s’en serait aussi pris à la religion musulmane. Tels que : « M. Valls, nous ne gagnerons pas la guerre contre l’islam avec nos lois et nos insoumis de gauche » ou encore « en fait, l’islam n’est pas incompatible avec… rien ». Ou encore que « les lieux de culte musulmans du 93 devraient être transformés en prisons ». Ainsi qu’une publication sur les territoires d’Outre-mer français. En réponse à un article du blog d’extrême droite Fdesouche.com sur X, qui évoque l’accueil de demandeurs d’asile « africains » par le sous-préfet de Mayotte, on peut lire : « Mayotte et la Guyane sont les deux furoncles de la France. Ils sont soignés par nos politiques bien-pensants. »

    Suspendu

    Des propos qui seraient en fin de compte bien les siens. Dans un communiqué de presse signé par le délégué départemental du Rassemblement national de Vaucluse, Thierry d’Aigremont, il est affirmé que le parti « a découvert par voie de presse, avec stupéfaction, de vieilles publications datant de 2017 mises en ligne sur les réseaux sociaux par M. Christian Richaud-Simoni ». Poursuivant qu’« il désapprouve et condamne sans réserve » ces écrits « qui ne sont pas compatibles et en totale contradiction avec les valeurs et le projet », la commission nationale d’investiture a décidé de désinvestir ce candidat immédiatement. Christian Richaud-Simoni est également suspendu de son parti « dans l’attente d’être convoqué devant ses instances disciplinaires ». Une nouvelle tête de liste pour ces élections dans la capitale du Comtat Venaissin sera « désignée très prochainement ».

    Ce coup de théâtre devrait profiter aux candidats restants, à savoir le maire sortant Serge Andrieu (DVG), l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité, et Bertrand de La Chesnais, ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour.

  • Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Procès de Yann Bompard : « Les faits ont permis l’enrichissement d’un allié politique »

    Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu, lundi, l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics pour avoir occupé un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Il a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis, 40 000 euros d’amende, la confiscation de 8 000 euros sur son compte bancaire et, surtout, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Ce qui le destitue immédiatement de ses trois mandats : maire, conseiller départemental et président de l’intercommunalité.

    « Devoir exacerbé d’exemplarité »

    « Il n’a cessé, au cours de l’enquête et de l’audience, d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics », énonce le tribunal, lui rappelant qu’élu de la République, il avait « au titre de ses trois mandats électifs un devoir exacerbé d’exemplarité ». Pour le tribunal, Yann Bompard s’est inscrit dans « une relation de travail inversée, instaurant sur celle qui était non seulement son employeur, mais aussi une élue du Parlement, une forme d’autorité du fait de sa filiation et de l’ancrage politique de son père et de sa mère ». Les faits ont un « caractère lucratif » ayant permis « l’enrichissement de celui qui était au départ un allié politique » de la députée et qui était déjà rémunéré 5 800 euros mensuels pour trois mandats.

    La députée du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée de la Ligue du Sud au Rassemblement national, écope de dix-huit mois avec sursis, 10 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, pour détournement de fonds publics et subornation de témoin ayant fait pression sur un autre collaborateur pour mentir. L’écoute diffusée au procès était édifiante : « Bah vous êtes censé dire qu’il faisait les discours, qu’il a participé aux journaux, qu’il travaillait parce que sinon, on va être dans la merde hein. » Son collaborateur faisait aussitôt remarquer : « Vous comprenez que vous me demandez de mentir ? » – « Je sais, moi aussi je vais mentir », avait répliqué la députée. « C’est chaud quand même là. Ils vont voir que vous n’avez pas d’échanges de mails, de téléphone, y a aucun discours qui peut être justifié par lui, y a rien, y a rien, aucune trace de travail de part, donc faire une fausse déclaration là-dessus heu… », s’inquiétait son collaborateur bien conscient de la vacuité du travail de M. Bompard.

    « Alors que vous êtes une représentante du peuple, et non de vos électeurs, vous avez choisi de vous positionner, puis de vous maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Vous avez choisi de favoriser les intérêts financiers de sa famille, et ce partant de préserver votre propre avenir politique au détriment du bien public », a lancé le tribunal à la députée, seule présente, mais qui, une fois le jugement rendu, s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée pour ne pas affronter les micros et caméras.

    Les deux élus devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale partie civile la somme de 74 776 euros bruts de salaire de Yann Bompard, collaborateur parlementaire fictif.

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Condamné, Yann Bompard n’est plus maire d’Orange

    Yann Bompard n’est plus maire d’Orange. Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu l’élu de la Ligue du Sud coupable de recel de détournement de fonds publics – l’emploi fictif de collaborateur parlementaire du 30 novembre 2021 au 11 février 2023 – et l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis, 40.000 euros d’amende, confiscation de 8.000 euros saisis sur son compte bancaire et surtout 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui le destitue de son mandat et lui barre la voie à une candidature aux prochaines municipales. Il était absent au délibéré. Le préfet devra démettre l’élu d’extrême droite à moins qu’il ne démissionne de lui-même. « Il n’a cessé au cours de l’enquête et de l’audience d’affirmer qu’il avait parfaitement exercé ses missions de collaborateur parlementaire, ce qui laisse songeur quant à l’utilisation qu’il sait pouvoir faire des deniers publics » a dit le tribunal.

    La députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, passée au Rassemblement national, est condamnée elle aussi à 18 mois de prison avec sursis, 10.000 euros d’amende et à 5 ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, comme auteure principale du délit de détournement de fonds publics et subornation de témoins pour avoir demandé à son autre collaborateur parlementaire de mentir. « Alors qu’elle est une représentante du peuple, et non de ses électeurs, Marie-France Lorho a choisi de se positionner, puis de se maintenir sous la coupe d’un responsable politique local. Elle a choisi de favoriser les intérêts financiers de la famille de ce dernier, et ce partant de préserver son propre avenir politique au détriment du bien public » a énoncé le tribunal. La députée s’est enfuie du tribunal par une porte dérobée.

    Si elle ne faisait pas appel, elle devrait toutefois former un recours devant le Conseil constitutionnel pour pouvoir achever son mandat. Les deux élus condamnés devront solidairement rembourser à l’Assemblée nationale constituée partie civile la somme de 74.776 euros bruts de salaire de collaborateur parlementaire fictif indûment versés à Yann Bompard.

    À lire demain dans La Marseillaise.

  • À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    À Marseille, l’extrême droite rattrapée par ses vieux amis

    On a les amis qu’on mérite. Le parti de la France a annoncé, vendredi, son soutien à Franck Allisio, candidat du Rassemblement national à Marseille. Il « a réussi à fédérer le RN, la section locale de Reconquête et le sénateur Stéphane Ravier », argumente son président qui voit pour « le camp national [a] une occasion historique » de ravir la mairie à « l’islamo-collabo Benoît Payan ». Fondé en 2009 par Carl Lang, ancien secrétaire général du Front national, en réaction à la « dédiabolisation » du parti lepéniste, le PDF se revendique d’une « droite nationale, sociale et identitaire », sur fond de nostalgie pétainiste, d’antisémitisme et de néonazisme documenté par nos confrères de StreetPress.

    « Les convictions et le parcours de Franck Allisio sont à l’opposé absolus de ce groupuscule aux relents antisémites et pétainistes. Comme Marine Le Pen et Jordan Bardella nous les combattons », a réagi Olivier Rioult, le directeur de campagne du candidat de l’extrême droite, y voyant « une provocation ». Lui n’assume que les soutiens reconnus, de Stéphane Ravier à Reconquête, et les ralliements « de LR à Horizon ». « A contrario, on défend nos compatriotes de confession juive et ils seront avec nous sur la liste », glisse-t-il en réponse à la droite montée au créneau contre ce soutien sans surprise.

    « Le RN et ses soutiens problématiques. Quand des groupuscules pétainistes, antisémites et néo-nazis se reconnaissent dans un candidat, ce n’est jamais un hasard », écrit Martine Vassal quand son directeur de campagne, Romain Simmarano (Ren) pointe « le silence collectif de la gauche et de Benoît Payan sur ce dossier ». Une gauche qui n’a pourtant jamais rien cédé à l’extrême droite et lui a toujours barré la route, tête haute.

    Distancée dans les sondages, la candidate (DVD) qui assumait cet automne partager des valeurs du RN, cherche surtout désormais à s’en démarquer. Une stratégie à la peine. Vendredi, La Provence soulignait que Christine Frontera, une ex-commandante de police mise à l’honneur jeudi lors de la présentation de son comité de soutien, tractait encore début janvier avec le RN. On a les soutiens qu’on mérite.

  • Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Quand le RN veut réduire les budgets des collectivités

    Coup de tonnerre sur les bancs de l’Assemblée nationale, le 14 janvier. Alors que la veille, les députés votaient pour une revalorisation de la Dotation globale de fonctionnement (DGF), un amendement déposé par le Rassemblement national (RN) et ses alliés ciottistes – prévoyant de réduire de 4,9 milliards d’euros la DGF – a été adopté. Pour cause, la faible présence de députés dans l’hémicycle (57 voix pour et 47 contre). Le RN a pu compter sur la docilité des députés gardois et héraultais puisque Stéphanie Galzy (RN, 5e circo de l’Hérault) et Yoann Gillet (RN, 1ère circo du Gard) ont voté pour le texte.

    Une mesure justifiée par le fait de lutter contre « le millefeuille territorial français […] source d’une véritable gabegie pour les finances publiques ». Dans le viseur, les Régions et les Établissements publics de coopérations intercommunales (EPCI) – on retrouve notamment les Communautés de communes, d’Agglomération ou encore les Métropoles. Une victoire pour le groupe présidé par Marine Le Pen, le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy fanfaronnait même « les autres partis blablatent et dépensent à tout va, le RN vote 5 milliards de dépenses en moins » sur son réseau X.

    Augmenter les impôts ?

    Pourtant, ces EPCI sont importants pour la vie locale. Ils permettent d’élaborer des projets d’aménagement, d’urbanisme que seule la Commune ne pourrait tenir. De plus, ceux-ci rendent possible la gestion commune de compétences telles que le ramassage des ordures ménagères, l’assainissement, les transports en commun. D’autres vont même plus loin en mettant en commun des compétences facultatives. À l’instar de la Communauté de communes de Cèze-Cévennes. « Nous exerçons ensemble la politique culturelle et celle concernant l’enfance-jeunesse. Ce sont des choix politiques forts. Nous gardons le même niveau d’engagement cette année car c’est important. Mais demain, si on a des recettes qui diminuent, on ne pourra pas garder ce même niveau d’engagement », soupire Olivier Martin, président de Cèze-Cévennes et maire de Gagnières.

    Et ainsi de se retrouver avec le dilemme entre une baisse des services publics – déjà mis à mal par le désengagement de l’État, notamment en ruralité – ou augmenter les impôts locaux, au risque de se mettre à dos ses propres administrés. Dans les deux cas, les citoyens sont les grands perdants de cette combine de l’extrême droite. Si le recours à l’article 49-3 par Sébastien Lecornu pour adopter le budget – le soutien du PS au gouvernement semble éloigner le risque de censure – a permis de ne pas retenir l’amendement décrié, l’affaire montre le vrai visage de l’extrême droite, qui, une fois au pouvoir, aura les mains libres pour mettre à mal les services de proximité.

  • [Entretien] Jean Denat (PS) : « Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire »

    [Entretien] Jean Denat (PS) : « Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire »

    La Marseillaise : Vous êtes le maire de Vauvert depuis 2014. Quel bilan tirez-vous de votre dernier mandat ?

    Jean Denat : Nous avons un très bon bilan ; les gens considèrent que la ville a bougé et qu’elle est plus attractive. D’ailleurs, le dernier rapport de l’Insee, paru en novembre dernier, nous dit que le nombre d’entreprises est passé de 712 à 902 en un mandat.

    Nous avons effectué une campagne de rénovation urbaine importante, sur l’habitat et sur le patrimoine bâti, comme avec la réhabilitation de la Tour de l’horloge. En termes de mobilité, la ville est passée en zone 30 et en zone 20 pour l’hyper-centre. Nous avons aussi développé le cheminement cyclable et piétonnier ; sans oublier la navette gratuite Vauveo et ses 36 arrêts, ou encore la navette gratuite Doveo, qui transporte les plus de 65 ans où ils le souhaitent… Enfin nous considérons aussi que la meilleure façon de s’opposer au Rassemblement national, c’est la proximité, l’écoute et la considération. C’est pour cela que nous avons développé nos cinq comités de quartier, que nous avons dotés d’un budget de 50 000 euros.

    Pourquoi souhaitez-vous poursuivre, et quels seront les axes forts du prochain mandat si vous êtes réélu ?

    J.D. : Je veux terminer le travail engagé… C’est comme si on avait réalisé une partie de la maison, qu’on était arrivé à l’étage et qu’il restait à poser le toit. Nous allons poursuivre l’effort en termes de sécurité : l’extension de la caserne de gendarmerie est l’investissement le plus important de la commune à ce jour ! La santé sera un autre axe fort. Nous allons poursuivre le développement de la Communauté professionnelle territoriale de santé, qui vient tout juste de commencer et qui vise à coordonner l’ensemble des acteurs du secteur pour faire en sorte que chaque usager ait un médecin. Dès 2026, nous voulons aussi mettre en place le dispositif des docteurs juniors, qui pourront pratiquer sous la houlette d’un tuteur, et dont nous souhaitons faciliter la venue en leur proposant un logement par exemple. En février, nous dévoilerons l’ensemble de notre programme, et il sera aussi question de pouvoir d’achat, de mobilité, de culture…

    Vous avez annoncé votre candidature depuis Gallician, l’un des deux hameaux que votre adversaire Nicolas Meizonnet (RN) vous reproche d’avoir abandonnés. Est-ce que c’était un pied de nez ?

    J.D. : Oui, à Gallician on est chez nous, et d’ailleurs nous avons été très bien accueillis (rires). Répéter un mensonge dix fois, ça n’en fait pas une vérité. Des investissements importants ont été réalisés dans les deux hameaux, Gallician et Montcalm. On a travaillé sur le centre de Gallician, réalisé une fontaine, investi dans l’école… Mais le RN parle aussi d’explosion fiscale alors que nous n’avons pas modifié le taux de la taxe foncière depuis 10 ans.

    Vous faites office d’exception dans ce coin du Gard acquis à la cause de l’extrême droite. Comment l’expliquez-vous ?

    J.D. : Je suis un flamant rose au milieu de la marée noire. Ici, le FN existe depuis 2002 ; Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête au deuxième tour de la présidentielle. Il y a un phénomène ancien, et je crois qu’il existe un fond de racisme. Mais en réalité, à Vauvert je n’ai jamais perdu contre l’extrême droite. Quand j’ai perdu le canton, ici j’étais encore devant. J’ai toujours déconnecté la politique nationale de l’enjeu local. Je ne veux pas aller sur les débats qui ne nous concernent pas. La démarche politicienne est du côté de l’extrême droite.

    Vous n’avez pas encore présenté votre liste, mais elle sera citoyenne et de gauche plurielle. Est-ce que l’union est la dernière façon de s’armer contre l’extrême droite ?

    J.D. : Absolument ! J’ai rassemblé des gens qui ont pour dénominateur commun un socle de valeurs humanistes. Il y a des militants de gauche (socialistes et communistes) et une majorité qui ne milite nulle part. Je vais vous faire une confidence : je suis élu dans le Gard depuis 1989, mais si des gens de droite n’avaient pas aussi voté pour moi, je n’aurais jamais gagné. À Vauvert la clé tient pour partie à l’attitude d’une portion non négligeable de l’électorat issu de la droite modérée. Parce qu’ici, il n’y a plus de droite ; le Front National l’a digérée. Donc il faut que ces gens aussi arrivent à se retrouver dans notre projet.

  • Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    Le RN parachute Julien Sanchez pour faire main basse sur Nîmes

    « Le prochain maire de Nîmes sera communiste ou Rassemblement national ». C’est par cette prophétie destinée à siphonner une droite en fin de règne et divisée que Julien Sanchez (RN) a officialisé, samedi 17 janvier à l’hôtel Imperator, sa candidature à la mairie de Nîmes.

    Après avoir (en vain) tendu la main à Franck Proust (LR-UDI-Horizons) pour constituer une liste d’union des droites, Julien Sanchez, le vice-président du RN qui est aussi le directeur de la campagne pour le parti d’extrême droite, s’est auto-adoubé candidat RN en se parachutant à Nîmes avec le soutien de l’Union des droites pour la République (UDR), du Rassemblement pour la République (RPR) et de l’Avenir français. Si l’actuel président de l’Agglo Franck Proust (soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier) et l’ex-premier adjoint Julien Plantier s’étaient entendus, « je n’y serais pas allé », prétend Julien Sanchez, opportuniste. « Avec deux listes, c’est fini pour eux, ils ont perdu », estime celui qui espère faire main basse sur la capitale gardoise.

    Sans rien dévoiler de son programme, Julien Sanchez a indiqué que deux députés seraient sur sa liste : Yoann Gillet et Sylvie Josserand. Actuel député européen, le vice-président du RN serait lui-même touché par le cumul des mandats si il venait à s’emparer de Nîmes. Un appétit qui confirme qu’il n’avait que faire des Beaucairois qu’il avait délaissés en 2024 pour aller se faire élire au Parlement européen.

    Dans un département qui est tombé dans le piège de l’extrême droite aux législatives 2024 (6 circonscription raflées sur 6), Julien Sanchez sera une menace majeure pour le camp des progressistes incarné par la liste « Nîmes en commun » de Vincent Bouget. Réalisé en novembre par l’institut Quorum pour Le Réveil du Midi, un premier sondage (à la méthodologie critiquée par la commission des sondages) donnait Vincent Bouget (en tête au premier tour dans 2 configurations sur 3), au coude-à-coude avec le RN et la droite en fonction du nombre de listes en lice.

    Depuis, l’offre politique s’est éclaircie et la campagne s’apprête à entrer dans le sprint final. Outre Vincent Bouget (Nîmes en commun), Franck Proust (LR-UDI-Horizons), le dissident Julien Plantier associé à la macroniste Valérie Rouverand (Renaissance) et donc l’extrême droite avec Julien Sanchez, la France Insoumise mènera une liste portée par Pascal Dupretz. L’ancien gilet jaune Jean-Marc Philibert entend lui aussi présenter une liste citoyenne « Vivons Nîmes ».

  • Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Les CRS postés dans la station de métro rond-point du Prado donnent le ton. Devant la monumentale grille en fer forgé du Parc Chanot, près de 500 manifestants antiracistes sont rassemblés derrière une banderole : « Éteignons la flamme RN ». La foule entonne un « siamois tutti antifascisti ». Face à eux, un cordon de CRS barre l’entrée.

    Les sympathisants d’extrême droite venus assister, ce vendredi, aux vœux de Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, se faufilent, accompagnés de huées lorsqu’ils franchissent la porte. « C’est pas au parc Chanot… Le Pen et Allisio c’est en prison », lancent les manifestants avant de craquer des fumigènes. Il est 18h40 lorsque les CRS se mettent en position.

    Plus loin, à l’intérieur, dans la file qui se dirige tranquillement vers l’auditorium, l’ambiance est détendue. « T’as vu Delogu ? » glisse un homme à son voisin avant de sourire. L’allusion n’a rien à voir avec l’indiscret du Canard enchaîné (lire ci-dessous). Le député insoumis de Marseille est dans le comité d’accueil devant les grilles. La mobilisation s’achèvera sans incidents graves.

    à l’intérieur, l’auditorium est plein, le balcon a été ouvert. Bien plus qu’en mars 2020, lorsque celle qui était encore présidente du RN était venue dans une campagne municipale sous Covid soutenir Stéphane Ravier, alors candidat de l’extrême droite à la mairie. Six ans plus tard, à l’image du petit film d’introduction, le ton est plus policé.

    « Le mistral va souffler »

    Avec son timbre nasillard, « Francky » reste à sa place habituelle, derrière Marine Le Pen qui a déplacé la foule. Le député de Marignane invite les Marseillais à un « rendez-vous avec l’histoire », rappelle les succès électoraux de son parti et cite Pagnol.

    Mais il fait surtout penser à M. Brun lorsqu’il vante son identité marseillaise et se dépeint en « petit-fils de maçon piémontais » et de « policier rapatrié d’Afrique du Nord », avant de fustiger, Benoît Payan qui « voulait faire de Marseille le 1er port d’accueil des migrants ». La foule hue. Ne manquant pas de s’adresser au monde économique, lui va « tourner la page du socialo macronisme », « rompre avec le déclin » et propose « un projet tourné vers les Marseillais plus que SOS Méditerranée ». « Priorité absolue », il remettra « Marseille en ordre ». « Le mistral va souffler jusqu’à la victoire à Paris », conclut-il avant de devenir inaudible.

    Marine Le Pen lui succède pour dénoncer « six années de gauchisme à Marseille » et lui apporter « son soutien et sa confiance ». L’escapade à Marseille lui « offre l’occasion de quitter quelques heures la vie parisienne et de ressentir toute la ferveur et l’enthousiasme des Marseillais ». En plein procès en appel des assistants parlementaires, pour lequel elle a été condamnée à 4 ans de prison et à 5 ans d’inéligibilité en première instance, la légèreté n’étonne pas. Elle, réclame de nouvelles élections, raille « Calimero Lecornu » et appelle au « sursaut national » en 2027…

  • Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marseille comme une prise de guerre… En faisant « l’amitié » à Franck Allisio, député RN de Marignane et candidat à la mairie, d’assister ce vendredi 17 janvier à ses vœux, transformés du coup en « meeting populaire », c’est un message clair qu’envoie Marine Le Pen pour son premier déplacement dans la campagne des municipales : pour la cheffe de file du Rassemblement national, la ville est gagnable.

    Le sondage La Marseillaise/ Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi 12 janvier dans nos colonnes, qui donne à égalité son poulain et le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, avec 30% des intentions de vote au premier tour, ouvre le champ des possibles. Entre opération de dédiabolisation réussie, indifférence et transposition de la politique nationale au local, l’extrême droite fait désormais moins peur aux électeurs marseillais que La France insoumise (LFI), apprend-on dans le second volet de notre enquête exclusive. à propos des personnalités en lice, à la question « diriez-vous que si elle devenait maire, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ? », 32% des sondés estiment que ce serait « une bonne chose » concernant Franck Allisio, avec une part importante qui estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ». L’élection du candidat LFI, Sébastien Delogu, serait jugée comme « une mauvaise chose » par 54%des personnes interrogées. Au sujet du RN, cela « fait une majorité potentielle, analysait Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA, mardi. Clairement, le repoussoir, c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille. »

    S’emparer des villes fait aussi partie de la stratégie du parti d’extrême droite pour s’enraciner durablement dans une région Paca où il sévit depuis longtemps. « Le seul mandat qui permet d’ancrer solidement un territoire, c’est celui de maire », confiait ce jeudi 15 janvier au Figaro, un des cadres locaux du RN.

    À surfer sur l’insécurité, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a bien compris qu’elle risquait de nouveau de boire la tasse. Au lendemain du sondage, son porte-parole, Romain Simmarano (Ren), a tenté de renverser la vapeur : « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

    Unis pour résister

    À gauche, conscients que la bataille sera rude, le maire sortant et ses soutiens se posent en rempart. « On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre », déclarait Benoît Payan dans La Marseillaise du 14 janvier. « On a joué un rôle historique pour libérer cette ville de la menace fasciste, on ne les laissera pas venir », assène Anthony Gonçalvez, chef de file PCF aux municipales.

    En mettant la pression sur la deuxième ville de France, Marine Le Pen, si prompte à dénoncer « les magouilles » chez ses adversaires, voit là une occasion de faire oublier ses propres casseroles. Condamnée en première instance, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’inéligibilité, 4 ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100 000 euros d’amende dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle joue son avenir politique avec un procès en appel démarré ce mardi. Pour mémoire, son candidat est lui aussi visé par une enquête pour détournement de biens publics…

    Des élus d’extrême droite inquiétés par la justice

    Franck Allisio inquiété pour détournement de biens publics

    Le député fait l’objet d’une enquête du parquet suite à un signalement de la Région Sud, où il préside le groupe RN. Le travail de deux collaborateurs employés par la collectivité n’a pas été déclaré auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Des véhicules de service auraient par ailleurs servi à du tractage et des réunions de la campagne des européennes de juin 2024, puis des élections législatives anticipées.

    Marc-Etienne Lansade condamné

    Après les affaires de gestion du port de plaisance, d’un restaurant de plage et de marchés publics, l’ex-élu d’extrême droite a perdu la mairie de Cogolin, le 1er juillet. Il a été condamné par la cour d’appel d’Aix à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité immédiate de 3 ans pour abus de confiance après avoir fait signer une procuration à un « ami » sur son lit d’hôpital, permettant la vente d’un bien immobilier au profit de son ex-maîtresse.

    Yann Bompard et Marie-France Lorho jugés pour emploi fictif

    Le tribunal correctionnel de Marseille rendra sa décision, le 26 janvier, sur l’affaire d’emploi fictif et détournement de fonds concernant Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange, et Marie-France Lorho, députée RN. Deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ont été requis par le parquet pour le premier, 18 mois de prison avec autant d’inéligibilité pour la seconde.

    David Rachline poursuivi pour favoritisme

    Poussé à la démission de son poste de vice-président du parti par Marine Le Pen, début décembre, car mis en cause pour « prise illégale d’intérêt » et « corruption », le maire de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour favoritisme, sera jugé le 22 septembre pour avoir favorisé la société de sécurité d’un de ses proches dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie.